Skip to content

Identité inférieure et identité supérieure



Psychologie Cosmique


20-10-90 1/4


Lignes directrices :
– Le mouvement de la vie.
– Identité inférieure et identité supérieure
– Les différentes expressions de la sensibilité
– Les émotions

Question initiale :
Comment, en fonction des évènements à venir, réagir au mieux dans le quotidien ?
Y a-t-il des différences entre l’énergie dite de transformation et ce que vous entendez par l’énergie de mort ?

Bonsoir,
Je vous souhaite à tous la bienvenue et pour que vous soyez à l’aise dans la relation avec moi, comme je le dis à chaque fois, il ne s’agit pas tant de m’écouter en ayant soin de tout comprendre, en essayant de trouver des relations avec ce que vous avez déjà étudié ou entendu. Il ne s’agit pas non plus de mémoriser afin d’être sûrs de vous être enrichi de quelque chose et de pouvoir ensuite le partager avec d’autres. Il s’agit simplement, l’espace de ces quelques minutes vécues ensemble, de découvrir en vous comme un autre espace.

S’il est vrai que j’emploie pour beaucoup la parole (quelque chose donc qui parait très physique), s’il est vrai que vous, vous utilisez l’écoute (quelque chose qui ne semble pas forcément méditatif), il est encore plus vrai que grâce à cette relation où moi, je suis actif et où vous, vous êtes passif, vous devez avoir la possibilité d’entrer dans certains états.

Quand je parle d’entrer dans certains états, je ne propose pas toute la séance comme étant une ouverture pour la méditation, en vous disant que cette méditation sera la plus belle de votre existence. Je dis tout simplement : « Profitez de ce qu’il y a des choses que vous ne comprendrez pas, de ce que l’écoute est longue et difficile, de ce que le mental sera tué, de ce que le mental sera massacré, de ce que vous serez révoltés, pour justement découvrir un autre espace, et grâce à cet espace, peut-être, un agrandissement de votre être ou la libération d’une joie.

Chaque fois, en fait, que j’attaquerai un point précis en vous (parce que cela correspond à votre sexe, à vos idées ou à vos principes) il faudra que cela soit pour vous l’occasion, non pas de me laisser entrer chez vous afin que j’y accomplisse cette destruction, mais l’occasion de saisir l’énergie et de bien remarquer le mouvement qu’elle implique dans votre être.

Chaque fois qu’un individu éprouve une émotion ou une idée (et d’autant plus les deux à la fois) il y a une énergie qui circule le long de la colonne vertébrale, le long de tout le système nerveux. Cette énergie peut être porteuse de joie, de fertilité, de vision spirituelle ou bien, au contraire, elle peut être porteuse de mauvaise santé, de destruction et d’amoindrissement des cellules. Ce qui ne veut pas dire qu’il faudra toute la journée faire le tri entre les bonnes et les mauvaises idées à cause de l’énergie de jeunesse ou de mort qu’elles transportent. Ceci ne serait pas un bon choix, tout simplement parce que l’individu essaiera de se cantonner dans ce qui lui est agréable et dans ce qui est paisible. Il faut aussi savoir assumer les obstacles, les problèmes et les émotions plus fortes et catastrophiques.

Cependant, il y a une façon de le faire pour que, même à l’intérieur d’une catastrophe, les émotions et les pensées engendrées puissent être des pensées et des émotions de construction et non de destruction. Et ainsi, l’homme peut passer à travers les problèmes de son existence sans sombrer, autour de la quarantaine, dans la dépression . Les dépressions, voire certaines maladies, sont en fait l’aboutissement d’une somme immense de face à face avec des obstacles, des émotions fortes, des situations difficiles à gérer et à négocier.

Donc si je trouve le moyen de transformer toute énergie provenant d’un obstacle ou d’un problème en énergie de construction, je vais pouvoir passer à travers ma vie comme à travers une bonne vie, comme si en fait je n’avais eu dans cette vie-ci que les bonnes choses que la terre offre.

Cependant, s’il y a un champ initiatique, c’est bien parce qu’il faut aussi que j’éprouve des émotions dites catastrophiques. Il faut bien que je sois mis en face de mes idées négatives. Je vais donc être face à face avec le négatif plus d’une fois dans la journée et je vais devoir éprouver ce négatif en étant moi-même négatif. Par exemple, lorsque je suis jaloux, lorsque je ne veux pas céder, lorsque je ne veux pas reconnaitre quelque chose ou lorsque je n’arrive pas, malgré mes efforts, à me transformer.

Ce négatif fait partie, non pas de la nature humaine comme si l’homme était né avec le noir et le blanc, mais du mouvement qui existe dans le monde. Cela n’a rien à voir avec la nature de l’homme, car celle-ci est absolument neutre. Seulement le mouvement, pour s’exercer, dépend d’une friction. Cette friction s’exerce entre ce qui est lourd et ce qui est léger (ou entre ce qui est opposé, comme vous le dites vous-même). S’il y a identification avec le mouvement, par exemple s’il y a identification de -ma- personne avec -ma- jalousie alors, forcément, je vais être ma jalousie. Je vais descendre toutes mes émotions et toutes mes idées à ce niveau-là. Et puisque je me suis identifié à ce mouvement de l’humeur, je vais en souffrir. Cela peut déterminer toute une part de ma vie, car à cause de cette jalousie, je vais perdre la personne aimée ou éloigner mes amis ou devenir insupportable pour moi-même (puisque je n’aime pas éprouver cette souffrance).

Ce que je veux dire, c’est qu’en fait, puisqu’il y a mouvement dans la vie, il y aura toujours une occasion d’être jaloux, d’être insatisfait, d’être malmené, d’être humilié ou félicité. Parce qu’il y a mouvement et qu’en plus, il y a mouvement dans la multitude.

Il existe des millions et des millions de gens au comportement imprévisible, même s’il s’agit de vos proches parents. Donc mouvement dans la multitude implique forcément qu’il va y avoir du bon et du mauvais, de l’agréable et du désagréable. Cela ne veut pas dire que votre vie est orientée vers quelque chose qui va ressembler au bonheur ou au malheur ni même à un mélange des deux. Cela n’est pas -votre- vie. C’est la vie du monde, tout simplement.
Par contre, ce qui va être -votre- vie c’est la réaction que vous allez avoir à l’intérieur de cette situation et qui ne dépend que de vous, à ce moment-là, et non plus de la multitude.

Puisque je vis avec les autres, entouré par les autres, et que je ne peux pas pré-programmer ces autres, je vais donc devoir trouver le moyen de vivre avec les autres et parmi les autres. Et le meilleur moyen de vivre dans la multitude, dans le mouvement (alors que je ne peux pas toujours ni contrôler, ni conditionner, ni prévoir afin de m’ajuster) sera de ne pas m’identifier au mouvement extérieur.

Ce qui veut dire que, si je reprends mon petit homme qui est jaloux (puisque la jalousie est quelque chose qui va arriver parce qu’il y a préférence, parce qu’il va y avoir amour ou amitié et qu’à un moment donné, il peut y avoir des problèmes dans cet amour ou dans cette amitié) mon seul moyen pour ne pas devenir esclave de la jalousie (alors qu’elle va apparaitre naturellement à cause de la situation) sera simplement de la regarder. Je la regarde comme je regarde mon voisin. Je me mets à la fenêtre de ma conscience, de ma raison et je regarde cette émotion qui passe comme passe un passant.

Certaines personnes vous diront que cela peut se résumer au mot « détachement ». Mais tous ces grands mots spirituels, je préfère ne pas en faire usage, car sitôt que je les prononce il y a des concepts forts différents qui s’élèvent dans l’esprit des uns ou des autres. Or, je ne veux pas perdre de temps à déterminer le concept exact que j’entends par là.
Alors employons des figures composées.

Je regarde. Simplement, je regarde mon émotion.

Comment vais-je faire pour regarder mon émotion alors qu’elle existe en moi, qu’elle a été créée à l’intérieur de mon être ?
Comment vais-je pouvoir me dissocier ?

Tout simplement en construisant, petit à petit, une identité supérieure à celle que je compose par les réactions que le mouvement du monde me suscite.

Je m’explique :
Quand un homme vient au monde, pour sa survie, il est nécessaire de le conditionner. Il est nécessaire de lui apprendre comment est-ce que l’on mange, ce que l’on doit manger. Il est nécessaire de lui indiquer le langage et comment on l’utilise. Il est nécessaire de lui apprendre le travail. Il y a ainsi une multitude de fonctionnements qui sont appris.

Et pourquoi sont-ils appris ? Pourquoi, puisque l’on s’est déjà réincarné une multitude de fois, faut-il réapprendre à chaque fois ?

Tout simplement parce qu’à chaque époque le conditionnement est différent. Même lorsque l’on se rappelle des réincarnations passées, on en a une appréciation par rapport à des valeurs d’aujourd’hui. Ce qui fait que l’on ne comprend pas toujours très bien pourquoi à telle époque tel « mouvement », telle décision, a eu autant d’importance dans les directions karmiques. C’est parce qu’à chaque époque, il y a des valeurs très différentes, tout simplement, des appréciations différentes, une culture différente, un système nerveux aussi, plus ou moins réceptif, plus ou moins intuitif.

Le conditionnement étant nécessaire, l’individu apprend à vivre en rapport avec l’extérieur (puisque le conditionnement a à voir avec le monde extérieur et avec la communauté) et donc la conscience apprend à faire référence à l’extérieur. Par exemple, dans le fait de s’alimenter, l’enfant comprend, que s’il porte quelque chose à sa bouche, il va ressentir un goût, il va ressentir un bien-être et il comprendra que la croissance dépend de l’alimentation et sentira les forces augmenter en lui. Puis sa conscience, automatiquement, se rappelle qu’elle doit se nourrir et elle renvoie l’indication à la matière.

Mais si cela est bon pour les fonctionnements vitaux, cela s’exerce aussi pour la psychologie, comme le fait que tels ou tels critères de beauté, à une époque, rend quelqu’un très content parce qu’il les possède et rend quelques autres très mécontents parce qu’ils ne les possèdent pas. Le comportement va donc dépendre de l’extérieur, de ce qui, à l’extérieur, fait la pluie et le beau temps. Et plus en détail encore, mon comportement va dépendre du regard des autres, du regard de mes amis, de mes proches, de mes collaborateurs et de mes ennemis aussi. Et petit à petit, à force de regarder dans le miroir de Pierre, de Paul ou de Jacques pour voir quelle image je peux obtenir de moi-même, une certaine identité va être composée. Ce petit moi sera le moi auquel je crois, le moi auquel je m’identifie, le moi que j’aime parce qu’il est performant ou que je déteste parce qu’il n’arrive à rien de bon, parce qu’il n’a pas de brio, parce qu’il ne sait pas parler, parce qu’il ne sait pas exercer un grand métier, parce qu’il n’a pas de grandes jambes ou de beaux yeux…

Cette identité inférieure est donc composée par tous les signaux que je vais obtenir de la société lorsque je suis en mouvement dans la société. C’est exactement comme lorsque l’on prend une matière quelconque, qu’on la plonge dans une solution et qu’il y a réaction chimique. L’identité dont j’ai besoin sera la réaction chimique que mon petit moi, plongé dans cette solution qu’est la société, va déterminer.

Ce petit moi, bien sûr, n’est pas construit par moi puisqu’il est construit par le bain que représente la société. Je vais donc m’identifier à ma profession, à mon physique, au timbre de ma voix, la grandeur de mes yeux, à la longueur des cheveux, à la beauté des cheveux, à la beauté de toute ma personne, à mon magnétisme etc… Toutes ces indications vont composer mon moi inférieur.

Mais lorsque je m’intéresse à la spiritualité (ou lorsque je veux tout simplement devenir un peu plus heureux), lorsque je veux prendre les choses en main plus « réellement », je m’aperçois que même si Pierre pense quelque chose de mauvais sur moi, j’ai la conviction intérieure que je ne suis pas si mauvais que ce qu’il dit. Je le sais. Je remarque au fur et à mesure qu’il apparait des contradictions entre ce que les autres vont penser, dire ou établir sur moi, et moi.

Et c’est là où commence le problème relationnel. Parce que si j’étais intégralement ce que la société, mes amis, mes collaborateurs pensent de moi, il y aurait un grand jeu d’authenticité, de liberté et tout le monde serait content. Mais il y a une différence entre ce que je pense de moi, ce que je sais de moi et ce que les autres pensent et savent de moi. Je vais alors mettre certaines personnes à distance, en rapprocher d’autres, en annuler d’autres. Il y a des métiers que je vais abandonner, oublier, et d’autres que je vais essayer de pratiquer même si je n’y arrive pas. Il y a ainsi tout un jeu qui consiste à se mentir à soi-même ou aux autres pour essayer d’être la meilleure personne possible. Et dans ce jeu de relation il y a des proies de choix. Il y a une personne sur laquelle on va un jour inévitablement tomber, qui que l’on soit, et qui va supporter le plus gros miroir. De cette personne, on va tout exiger.
On va exiger qu’elle soit capable d’admirer, qu’elle soit capable d’être confiante, qu’elle soit capable de faire toutes sortes de choses les yeux fermés, pour soi. Et cette personne sera le seul miroir absolu dans lequel je vais pouvoir me réaliser et m’épanouir.
Généralement, on trouve cette relation difficile à l’intérieur du couple, tandis que cela ne peut pas vraiment exister au niveau de l’amitié ou de la relation de travail où je ne peux pas complètement soumettre l’autre à mes projections, à mes désirs, car il reste trop indépendant. L’époux ou l’épouse, selon la faiblesse de son caractère, va pouvoir être complètement soumis. Il deviendra concave, comme un miroir et je vais donc pouvoir projeter tout ce que je désire y voir puisque je vais obliger l’autre à jouer tel ou tel jeu. Je vais abuser de sa bonne foi, de ses bons sentiments ou de sa naïveté. La relation devient donc une relation de pouvoir.

Et à cause de quoi le pouvoir a-t-il commencé à naitre ? Puisque mon déroulement est clair vous devriez pouvoir le conclure vous-même !

L’intervention du pouvoir a été mis en place à cause du déséquilibre. D’un seul coup, il n’y avait plus adéquation entre ce que je savais de moi-même et ce que les autres pensaient de moi. Ce déséquilibre de l’image m’oblige, pour redresser le dos, à faire usage du pouvoir. Je vais chercher à m’imposer quelque part, soit dans une profession, soit auprès de quelqu’un.

On peut donc considérer que le sens du pouvoir n’existe que par déformation, et dans le règne humain uniquement. Lorsque l’on monte la vision et que l’on contemple la vie des initiés ou des maitres, on s’aperçoit que la notion même de pouvoir n’existe pas. Le mot peut être employé dans certains livres mais en fait, le concept que la plupart des gens y attache est faux. Ce n’est pas une question de pouvoir, c’est une question de cohésion, de capacité pour le cosmos à se maintenir ensemble, ou pour l’initié, à focaliser sa pensée et à déclencher un processus.
Le pouvoir va avec cohésion. Ce n’est pas véritablement une force; la force qui démonte les obstacles ou qui écrase quelque chose.
La notion de pouvoir en tant que notion de force n’existe que dans l’esprit humain et par déviation, par déséquilibre entre l’image que j’ai de moi (ou que je souhaite de moi) et l’image qu’on les autres.

Donc, lorsque je m’intéresse à la spiritualité (ou lorsque je veux simplement sortir de ce nuage où il ne fait pas bon vivre), quelle identité vais-je devoir construire ?

Je viens de décrire le processus de construction et de maintenance du moi inférieur. Maintenant nous allons décrire le type de construction et les réalités du moi que j’appellerai « supérieur » et qui est en fait votre réelle identité, votre vrai moi, celui que vous cherchez partout dans le regard des amis ou dans le fait de bien faire quelque chose.

Il y en a chez les hommes qui sont tellement soucieux de bien faire ce qu’il font… Ils sont heureux et ne tirent de joie, d’amour pour eux-mêmes, que si ils font bien ce qu’ils font. On appelle ces individus des perfectionnistes, mais en fait, ils ne sont pas perfectionnistes. La chose à faire n’est qu’un prétexte pour le déclenchement d’un état intérieur qui est un état harmonieux. Et c’est pourquoi faire quelque chose qui sera mal fait, va être insupportable pour ces personnes parce que cela va construire immédiatement un état intérieur qui sera dysharmonieux. Et ça c’est insupportable, le plus souvent.
Les perfectionnistes (ou ceux qui cherchent à bien faire ce qu’ils font) sont donc des individus qui cherchent leur divinité, qui cherchent à déclencher en eux des états plus ou moins agréables, plus ou moins divins. Mais ces individus étant quand même dans un certain piège (le piège de l’identité), ils ont donc recours à l’image d’eux-mêmes pour déclencher cet état intérieur méditatif et divin. C’est-à-dire qu’ils vont obtenir cet état divin, cet état de joie intérieure en se disant qu’ils ont bien réussi telle chose, qu’ils ont bien fait telle chose, qu’ils ont donc une bonne image d’eux-mêmes, qu’ils se sentent propres, qu’ils se sentent droit et l’état intérieur se déclenche.
Pendant un certain temps, le disciple joue ainsi sur son image, tout autant que le profane, mais il ne se sert que du positif de l’image qu’il a de lui.

Qu’est-ce donc que le moi ?
Puisque tout le monde est si rempli, si plein, si saturé de moi moi, je moi moi moi… qu’est-ce qui fait qu’un homme se trouve prisonnier d’un processus qui pousse vers l’identification ?

Le processus de l’identification, lorsqu’il est supérieur (lorsqu’il est inférieur, je viens de le décrire) appartient tout simplement à une volonté de retrouver les principes originels.
L’illusion du moi va exister. Je vais sans cesse construire une image de moi, même lorsqu’il s’agit d’un moi spirituel parce que je ressens une poussée, une volonté, à obtenir des renseignements par des expériences et, grâce à ses renseignements, à constituer une connaissance.
Et voilà le piège !

L’égo, petit ou grand, inférieur ou supérieur, profane ou spirituel n’existe que parce qu’il y a la volonté de connaitre !

Dans le processus de l’égo inférieur, ce sera la volonté de me connaitre au quotidien : je me connais par mes cheveux, je me connais par ma couleur de peau, je me connais par ma voix, je me connais parce que j’ai tant de bonnes ou de mauvaises notes à l’école ou parce que j’ai tant ou tant de points dans mon entreprise, je me connais parce que j’ai dit telle chose à tel individu et cela l’a laissé bouche bée, je me connais avec honte parce qu’à un certain moment j’ai dit telle bêtise et j’étais très gêné.
Toutes ces références sont des connaissances de moi au quotidien et en relation, donc, avec le mouvement inférieur de la vie, la relation avec les autres, le terrain lourd !

Lorsque je construis mon moi supérieur , que je plonge dans les expériences et que je ramène péniblement ces fameux renseignements, la construction de mon moi est davantage motivée par les évènements intellectuels plutôt que par les évènements émotionnels. On voit donc les hommes être sévèrement coupés en deux ! D’une part, leur nature émotionnelle et de l’autre part, leur nature intellectuelle, leur nature pensante.

Si les individus maintiennent trop longtemps cette séparation, on les voit arriver dans les endroits initiatiques avec de sérieux problèmes de contrôle d’eux-mêmes. Ils ne sont pas capables de s’administrer eux-mêmes. Quand ils viennent dans les écoles, les endroits initiatiques, il y a la partie pensante qui avance tandis qu’ils ont laissé la partie quotidienne des émotions dehors parce que cette partie-là n’est pas assez mure, pas assez performante, alors ils n’osent pas la ramener à l’intérieur de l’école. Et lorsqu’il y a réaction émotionnelle, ils essaient de dégager l’émotion qui sera la plus princière ou la plus forte, par rapport à un autre.
La séparation entre l’homme éprouvant et l’homme pensant vient donc du fait qu’il y a une vie parallèle dans l’homme : la vie quotidienne et la vie de l’esprit. Construction de deux moi, dans l’homme. Le moi inférieur et le moi supérieur.

Comment faire en sorte que ces vies parallèles se retrouvent, que ces deux moi fusionnent et s’enrichissent l’un l’autre ?
C’est la toute la clé de la spiritualité.
C’est ce que l’on vous indique depuis tant de siècles. Que ce soit grâce à la philosophie ou grâce à la religion, c’est de la réunion de ces deux principes dont il est question.

Mais voilà qu’il y a encore un problème. Parce que si cela parait facile lorsque j’en parle, le faire contient un obstacle. Cet obstacle est léger mais en même temps très lourd pour l’homme. Il serait léger pour l’esprit si l’esprit seul avait à résoudre le problème, mais il est en même temps très lourd pour l’homme, car il y a aussi le moi inférieur qui doit résoudre le problème.

Pour réunir les deux identités, de manière à ce qu’elles s’enrichissent l’une l’autre et ne se combattent plus, de façon à ce que l’homme devienne une harmonie et non pas un cœur qui aime à droite et une pensée qui dit « non, non » à gauche, il faut tout simplement que l’individu sache identifier ses passions, identifier ses émotions et qu’en les identifiant il leur trouve une place correcte, à la mesure juste.
Ce qui veut dire que, dans le flot de la vie, à un moment, je vais prendre connaissance d’une émotion, je vais la connaitre. Et tout mon travail va être de négocier cette émotion.
Bien sûr la première fois je ne vais pas négocier cette émotion comme il faut. La plupart des individus se trompent, pour une multitude de raisons : le poids des illusions, l’usure du tempérament, la somme des problèmes déjà endurés. Tout ceci fait que, face à une situation nouvelle, l’individu ne va pas forcément réagir de façon initiatique.
Simplement, je peux réfléchir à propos de la chose et me préparer la prochaine fois à remporter la victoire.

Pourquoi les émotions semblent être des états sur lesquels je dois prendre pouvoir ?
Pourquoi est-ce qu’il semble que ce soit la nature des choses, le déroulement classique de la vie sur la terre, de l’initiation sur la terre ?
On pourrait simplement me demander pourquoi l’émotion existe ?
Est-ce que c’était prévu dans le plan initiatique ? Tiens, je fabrique l’homme, je lui donne des émotions et s’il arrive à les dominer alors il redevient mon fils ?
Non.

Il faut comprendre une chose (je l’ai déjà dit de nombreuses fois, mais je le répète) : c’est qu’il n’y a pas un Dieu qui a prévu un Fils, qui a prévu un univers et qui a prévu une échelle pour descendre et pour remonter, chaque barreau étant une initiation. Ce n’est pas comme cela que cela fonctionne. Il y a tout simplement une nature qui s’exprime, qui devient à la fois le rocher, l’oiseau, l’homme ou Dieu. C’est une nature. Et c’est une nature extrêmement  sensible. Qui dit sensibilité (parce que lumière) dit automatiquement, selon les règnes habités, d’autres formes de sensibilité.

Par exemple, dans le règne végétal, on peut encore remarquer la sensibilité de la nature divine par la photosynthèse que tous les végétaux font, leur capacité à capter le soleil ou plus exactement les particules du soleil, à les intégrer à leur vie et les rendre à l’environnement. C’est là que l’on peut remarquer encore la sensibilité.

On remarque aussi la sensibilité dans le règne animal parce que les animaux ont un certain nombre d’émotions et même une pensée à l’état de germe. Quand je parle de pensée, je parle d’une capacité de déduction, exactement. Un animal ne pense pas. Il ne dit pas « Tiens, voilà mon maitre qui rentre, pour lui faire plaisir je vais lui faire un bisou ». L’animal ne pense pas cela. Il déduit. Il reconnait le maitre, il ressent son émotion d’attachement et c’est cette émotion d’attachement qui le propulse vers le maitre et qui le pousse à lui faire la fête. Il ne se dit pas « Tiens, pour faire plaisir à mon maitre, je vais faire ceci ou cela ».

Dans le règne humain, la sensibilité est hautement développée. On remarque la sensibilité dans le système nerveux d’abord. Tout le système nerveux est équipé comme un grand rosier ou une grande et belle fleur… pour capter la lumière ! Je dirais que le système nerveux est l’endroit où il y a la photosynthèse, non pas par rapport à la nature mais par rapport à la lumière cosmique. Et c’est pour cela que quelqu’un d’intuitif ou quelqu’un qui travaille avec les énergies (que ce soit en étant guérisseur, voyant, clairvoyant ou quoi que ce soit d’autre) aura un système nerveux beaucoup plus aiguisé et sensible qu’une autre personne.

On remarque aussi la sensibilité divine en l’homme par l’expression des émotions. Une fois qu’il y a eu des ressentis grâce au système nerveux, grâce au système intellectuel, automatiquement des émotions vont naitre. Il y a donc d’abord mes sens qui vont fonctionner avant que je ne sois capable de construire une émotion. Tout le monde veut tuer l’émotion sous des prétextes spirituels : l’émotion n’est pas bonne. Il faut ne jamais avoir de peine, ne jamais éprouver de la jalousie ou même de la bonté parce que même le positif nuit à la spiritualité. C’est ce que l’on vous enseigne. Cependant, en tuant l’émotion, je prétends que l’on tue en même temps l’âme et le principe d’évolution.

La création d’une émotion est quelque chose d’extraordinairement délicat. L’émotion est un aboutissement. C’est une réaction chimique. Si c’est une réaction, cela veut dire que l’émotion dépend d’un tas de petits processus pour avoir lieu. Cela veut donc dire que les sens sont avant l’émotion, que la pensée est avant l’émotion et que l’émotion est née du mariage entre la pensée et les sens.

On dit souvent que l’émotion est inférieure. Certes, si l’on en fait quelque chose d’inférieur. Mais en soi, l’émotion est une création non seulement utile, mais très belle. C’est une synthèse. C’est la synthèse, par exemple, de ma main qui parcourt un tissu, une laine, un bois, un objet d’art… et de ma pensée qui contemple cet objet d’art. J’en déduis une émotion qui est celle de l’admiration, et par cette émotion je suis mis en contact avec la beauté qu’exprime l’objet créé. Mes sens seuls n’arrivent pas à m’induire dans cette sensation de beauté. Mes yeux seuls n’arrivent pas à me faire remarquer qu’il y a de la beauté dans cet objet. Lorsque je regarde un tableau, mes yeux seuls, ma pensée seule, ne peuvent pas me dire « Tiens regarde, telle couleur est belle ». Impossible ! Parce que pour savoir pourquoi le bleu est beau il faut que, lorsque mon cerveau a enregistré la fréquence du bleu, il y ait un agent qui interprète cette fréquence. Et cet agent qui interprète, ce n’est rien d’autre que cette magie de la vie qu’est l’émotion. Cet agent qui interprète, c’est le manteau inférieur de l’âme, ce manteau ultra-sensible qui fait que, notamment et en plus, l’homme est une grande et belle émotion.

Vous n’avez pas le droit de tuer vos émotions. Que ce soit au nom de Jésus-Christ, de Bouddha ou de qui que ce soit.

Ce n’est pas le langage correctement interprété. Bien sûr, il faut tuer l’émotion, comme il faut tuer le mental, comme il faut tout tuer lorsque vous lisez vos livres de philosophie, bien sûr. Il faut simplement dissoudre les aspects inférieurs. Cela ne veut pas dire que vous ne devez plus être un cœur aimant, une tête pensante ! Si vous détruisez tout en vous et bien vous n’aurez même plus d’évolution à accomplir. Il n’y aura simplement plus rien !

Si je tue mon cœur, avec quelle énergie je vais monter au ciel ? Si je tue ma tête, avec quelle décision je vais monter au ciel ?

Par contre, si je tue les sentiments et les idées inférieures, alors là oui ! J’applique les paroles de Jésus-Christ, j’applique les paroles de Bouddha et de tous les anciens et je les applique, cette fois, correctement. Et ces paroles porteront du fruit. Tandis que, tant qu’avec mon ignorance je me contente de bloquer tout ce qui peut bouger en moi, forcément, je vais créer un arbre sec et un arbre tout inversé, tout malade, un arbre infernal qui ne se supportera pas lui-même et qui dira « Mais je ne comprends pas, voilà des années que j’essaye de me transformer en spiritualité et je deviens de pire en pire. Je le constate bien : je ne supporte plus mes enfants sous prétexte qu’ils font du bruit pendant que je médite ». Mais ils sont la vie ! Et une vie plus belle que moi, une vie innocente, une vie qui sait encore rire ! Alors pourquoi une vie qui est belle et encore innocente et encore pleine de joie pourrait m’embêter pendant ma méditation ? Au contraire ! C’est une énergie apportée, une énergie en plus que je devrais utiliser pour ma méditation. Mais je comprends si mal les choses que dès que mon enfant rit, voilà que cela casse ma méditation.