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S’individualiser



Psychologie Cosmique

09-06-89 2/2

 


Qu’est-ce que le plan attend du disciple ?
S’individualiser.
L’action de Pluton.

 

( suite de 1/2 )
Que se passe-t-il pour ces êtres-là ?

 

Ces êtres ont une certaine puissance, puisqu’ils sont plus évolués que le reste de l’humanité. S’ils mettent leurs désirs en action, ils sont écoutés, se font obéir, ils arrivent à charmer les foules, à décider un certain nombre d’individus à suivre leur volonté. Ils arrivent à avoir des fidèles, des disciples, et au bout de quelque temps on peut trouver à la tête d’un pays un tyran politique, un tyran financier, ou un tyran religieux.

Ce tyran est lui-même aidé par d’autres mages noirs qui sont très contents de voir arriver un tyran. Et la pauvre humanité qui est là, se demande où aller, implore Dieu ou les maîtres et se dit : « Dieu nous a abandonnés. »


 

Lorsque les hommes nous demandent de neutraliser ce genre de tyrans, il faut que j’explique que nous n’avons pas le droit de les neutraliser, parce qu’ils sont arrivés à un point d’évolution et de cristallisation de la conscience plus grande que la majorité du reste de l’humanité. Et quand ce point de cristallisation a été atteint, nous n’avons pas le droit de le détruire, car, étant donné que ce point de vie est aussi un point de vie dans le cosmos, nous serions en train d’assassiner, avant tout, ce point de vie, l’archétype, soit la monade de cet individu, qui, malgré toute sa divinité, n’est qu’un tyran sur le plan physique. Et comme la monade est une partie intégrante de Dieu, nous serions par là même en train de scier des morceaux de Dieu, de l’envoyer dans la destruction, et nous serions en train de scier la branche de vie sur laquelle nous nous tenons.

Ce que nous pouvons faire, c’est vous éduquer suffisamment pour que vous ne soyez jamais charmés par les tyrans ; leur laisser suffisamment de champ libre, de capacité d’actions pour qu’ayant fait certaines actions, le poids du karma leur tombe dessus et anéantisse complètement la connexion qui existe entre son entité inférieure qui est la personnalité, l’endroit où il y a le tyran et l’entité supérieure, soit la monade, son archétype, son Dieu intérieur.

À partir du moment où le karma devient trop lourd, ce pont est complètement coupé, car l’archétype ne veut plus avoir à faire avec ce type de personnalité. L’archétype se replonge dans une série de cristallisations, recommence l’histoire à la base et la petite sphère de conscience, que représente la personnalité s’épuise dans le monde astral et il lui faut un certain temps.

L’épuisement ne va pas avoir lieu du fait que l’archétype a coupé les ponts avec la personnalité. La personnalité, pendant des âges et des âges, a été gonflée, suralimentée par des énergies qui n’ont pas su mener vers la libération. Donc cette personnalité se retrouve dans l’astral avec énormément d’énergie et va continuer à y vivre pendant un certain temps et continuer à être utilisée par d’autres mages noirs, d’autres tyrans qui n’ont pas encore connu la scission entre l’archétype et la personnalité.

C’est pour cela que, lorsque l’on veut aider les hommes, le travail est de nettoyer le ciel qui entoure la terre, afin que l’homme ne soit pas mis sous pression par des entités néfastes, sans âme, sans relation avec l’archétype, qui ne sont que des ombres. C’est ce qui se passe en ce moment.

Pour ceux qui ont étudié l’astrologie, la compréhension sera facile. On parle en ce moment de l’influence de la planète Pluton. Tous les astrologues lèvent les bras au ciel en disant : « Tout ira mal, Pluton est celui qui peut incarner l’enfer comme le paradis et en voyant l’état d’avancement de l’humanité, il est normal de penser que Pluton sera l’enfer. Il y aura donc l’enfer sur la terre. »

Les hommes imaginent que la mauvaise influence vient de Pluton. En fait, Pluton n’est ni une planète de mauvaises influences, ni une planète de bonnes influences. C’est simplement une planète de choc, qui par son onde va faire éclater la coque astrale de la planète avec laquelle Pluton a rendez-vous.

La planète Pluton ne peut absolument rien faire sur la terre. Pluton ne peut pas déterminer que pour un tel groupe d’humains il devra envoyer des énergies néfastes pour châtier ce groupe d’humains ayant des activités décadentes. Pluton ne peut pas concocter des maladies comme le sida, la peste ou le choléra pour châtier ces groupes d’humains.

Pluton est une planète très concentrée, comme peut l’être la puissance d’un exorciste. C’est cela qu’est Pluton, un exorciste. Avec toute sa puissance il vient frapper sur l’astral de la planète, sur l’astral des hommes, et comme un coup de pied dans une fourmilière, tout ce qui est dans l’astral se trouve éparpillé aux quatre coins de la planète. C’est ce qui se passe en ce moment, Pluton frappe sur l’astral de la terre, Pluton frappe sur l’astral des hommes, il est le coup de poing de Dieu sur la table où tout ce qui est dessus et ne tient que sur ses pieds tombe et parfois dans un grand bruit.

Ce qui ne veut pas dire que Pluton avait décidé de faire tomber tout ce qui était sur la table. Ne tombe que ce qui n’est pas suffisamment équilibré, ce qui ne tient que sur deux pieds au lieu de trois.

Tenir sur deux pieds est une dualité. Tenir sur trois pieds est une perfection.

Donc il n’y a de risque pour personne à ce que Pluton frappe sur la planète en ce moment, car lorsqu’il frappe il ne fait que libérer ce qu’il y a en trop. Il ne vous accuse pas et n’est pas là en train de vous juger. C’est vous qui vous jugez. C’est vous qui allez vous accuser et vous charger de problèmes. Pluton est celui qui vient de temps en temps et qui frappe, et ce qui est faible s’écroule. Et ceci est un bien, sinon, on aboutirait au bout de quelque temps à une race complètement abâtardie, qui ne serait capable d’aucune libération, d’aucune évolution, relayé au niveau de sous-homme et cela s’arrêterait là. L’aventure serait complètement avortée.

Pour que l’arbre qui pousse soit un bel arbre, pour que l’enfant qui est à naître soit un bel enfant, il faut qu’il y ait une éducation et de temps en temps un redressement de ce qui commençait à être un petit peu trop courbé.

Lorsqu’il n’est plus possible d’éduquer les entités, Pluton se retire. Il ne juge pas, il laisse Dieu s’occuper de sa propre entité, la personnalité, qui se trouve au bout dans l’incarnation. C’est l’archétype lui-même qui coupe le pont de vie avec sa personnalité et qui la relègue dans la dissolution, dans l’inexistence, au niveau du sable, tandis que l’archétype cherche à recommencer une nouvelle histoire.

Donc pour celui qui veut évoluer, il ne s’agit pas de croire en un Dieu de perfection vers lequel on tend désespérément et que l’on essaie d’imiter. Il ne s’agit pas non plus de craindre la dissolution finale, l’enchaînement éternel à la matière comme si le diable était capable de tenir l’homme par ses pieds sur la terre. Il ne s’agit pas d’aimer qui que ce soit ou de craindre qui que ce soit, de louer un Dieu ou d’avoir peur du diable. Il s’agit tout simplement d’être un homme, mais un homme libre, pas un homme qui va adorer un Dieu ou craindre un diable, ce qui va par là même renforcer son adoration vis-à-vis d’un Dieu.

Sois un homme libre.

Un homme libre est un homme qui connaît les contraires. Il sait qu’existe Dieu, il sait qu’existe aussi la matière et que dans cette matière il peut y avoir des passages, qui s’appellent cristallisation où la conscience risque de traîner un certain temps, et où elle peut engendrer des souffrances dont elle seule est coupable et capable.

Le témoin spirituel qu’est l’âme, qui est le pont entre l’archétype, le Dieu intérieur et la personnalité, va permettre un certain aménagement des forces et un dialogue entre les deux opposés. C’est pourquoi, vous, si vous voulez être disciple, vous devez absolument vous efforcer de devenir votre âme. C’est ce que je dis à chaque discours. Prenez contact avec votre âme, fabriquez le pont avec votre âme et ainsi vous aurez créé un mode de communication qui va entre les deux opposés.

À partir du moment où ce pont est créé, vous allez découvrir que ces deux opposés ne sont pas des contraires mais des complémentaires. À ce moment-là, la monade, le Dieu intérieur va envoyer un maximum de ses énergies sur l’intermédiaire qu’est l’âme, la personnalité va faire de même, et pour l’âme ce sera une véritable renaissance. C’est ce dont parlait Jésus quand il disait qu’il fallait renaître.

En fait, il parlait de mariage. Il faut que les deux opposés qui se font la guerre, Dieu d’un côté, la matière ou la personnalité de l’autre, se rencontrent en un lieu commun et neutre. Ce lieu c’est l’âme. C’est pour cela que l’âme existe. Ce n’est pas pour autre chose. L’âme est l’intermédiaire. C’est pourquoi celui qui a développé une connexion avec son âme peut parler avec son Dieu intérieur, le Dieu de l’univers, et avec le Dieu de toutes les planètes.

L’âme est l’endroit de la communication, l’endroit où la parole va passer, où le plan va être contemplé et où le disciple va dire : « J’ai compris. J’ai compris parce que j’ai contemplé ta volonté, j’ai contemplé tes besoins. J’ai surtout contemplé ta nature et j’ai vu les hommes. Alors j’ai compris ce que je devais faire pour toi, servir et libérer les hommes. Comme tu es les hommes, comme tu es l’humanité, si je veux te servir, je ne peux qu’aller vers les hommes, libérer les hommes de leurs conditionnements, de leurs prisons, de leurs mirages, et ainsi je libère le Dieu que j’aime. »

Donc, toi qui es un disciple, je te le dis, si tu veux servir Dieu n’imagine pas que tu dois servir une puissance céleste. Tu n’as pas tout à fait tort, mais tu n’as pas tout à fait raison non plus. Tu dois avant tout servir un Dieu qui est en bas, dans la matière, prisonnier, qui croit être un homme et un homme malheureux. Et cet homme croit que pour ne plus être malheureux, il a le droit de se droguer, de boire, de se vautrer dans le ventre des femmes ou les femmes sur le ventre des hommes, de se vautrer dans le meurtre, dans le vol, dans l’ambition, dans la tyrannie. C’est ce Dieu que tu dois aller servir et pas un autre. C’est ce Dieu qui a besoin de toi. L’autre, l’archétype, celui que tu pries, celui que tu aimes, celui qui est resté au ciel, n’a pas besoin de toi. Il est resté lui-même.

Vois-tu pour te faire comprendre cette situation et te rendre responsable sur la terre, je vais te raconter une histoire.

Il était une fois, un Père qui avait deux fils.

L’un de ses fils, resté dans le royaume, faisait tout ce que décidait le Père. Il connaissait les lois et arrangeait si bien les choses que le Royaume allait bien dans son train d’universalité.

L’autre de ses fils a été envoyé loin du royaume. Son destin était de voyager et de ramener tous les trésors qu’il allait trouver aux confins de l’univers.

Périodiquement, le fils resté auprès du Père venait sur le quai scruter l’horizon de l’océan. Il attendait avec impatience de voir revenir le bateau de son frère chargé de tous les trésors pour glorifier le Royaume et glorifier le Père. Mais point de bateau à l’horizon. Le temps passait et toujours pas de bateau au port.
Très inquiet du retard de son frère, ce fils alla voir le Père et lui dit :

« Père, je ne comprends pas. Mon frère, parti aux confins de l’univers, n’est toujours pas là, alors que ce serait normalement l’heure de son retour. Cela m’inquiète. »

Alors, n’écoutant que la loi du Royaume, il va chercher son frère qui connaît quelque retard, retenu par trop d’attachements. Mais surtout, il sait que son frère est une part de lui-même, une partie du Père, car les deux frères n’ont pu être créés que parce que le Père s’est coupé en deux et s’est créé en deux frères apparemment différents et opposés. Il va chercher son frère, parce que cette autre partie du Père, à cause d’un conditionnement trop humain s’est mise à écouter le chant des sirènes.

Alors cycliquement, il vient sur la terre et il rappelle ce qu’est la vérité, il rappelle ce qu’est Dieu. Il redit aux hommes : « Tu es ce Dieu, tu es ce frère qui est l’autre moitié de moi-même et si nous nous unissons nous composerons ce Dieu dans le haut des cieux. »

C’est ce que chante le Christ aux cœurs des hommes. C’est ce que chante l’aspect christique à l’intérieur de chaque homme.

Ainsi, le frère du ciel et le frère de la matière s’étant réunis, l’humanité dans son entier se retire du plan physique et comme une fusée monte à travers les plans. Un être immense que l’on appelle Dieu se dessine et se dresse dans le ciel.

L’univers n’est que le déploiement de Shiva. Shiva qui s’amuse , Shiva que naît, Shiva qui meurt.

En fait, Shiva ne meurt pas, mais lorsque sa vie a été pleinement reconstituée, il retourne à l’intérieur, à l’endroit où a eu lieu sa véritable vie, que l’homme n’arrive pas à supposer autrement que par le concept et le mot de néant. La véritable vie de l’être divin est dans cet endroit.

Pour l’homme, conceptualiser cet endroit est tellement difficile, que, lorsqu’il s’en approche du seuil, il ne peut pas dire autre chose que néant, tout est néant. Tout est néant, parce que tout ce qui a été sa vie jusque-là, paraît être anéanti au moment où il faut basculer dans la vraie vie. C’est donc un véritable instant d’anéantissement, mais anéantissement de la manifestation, qui n’était qu’un aspect de la vie de Dieu, pour passer au cœur de la vie même, qui est un état non manifesté. Mais lorsqu’à l’homme on dit non manifesté, il croit que c’est un endroit de l’univers, un endroit de Dieu où plus rien n’a lieu. En fait, c’est l’endroit où Dieu est le plus vivant, où il n’est pas manifesté, où il n’a même pas recours à un symbole, à aucun élément même le plus subtil soit-il. Il n’y a que Dieu, rien que Dieu, éternellement, à perpétuité, à perte de vue, à perte de conscience.

C’est ce que je vous souhaite d’expérimenter. Vous pouvez expérimenter ceci à l’état individuel, et vous l’expérimenterez un jour à l’état collectif, car c’est ce qui est demandé à l’humanité. Ce qui est attendu, c’est que le Dieu enfant, incarné dans la planète et qui est en état de gestation dans l’être androgyne qu’est le logos de la planète, soit le Roi du monde.

Il faut donc imaginer qu’existe ce Roi du monde androgyne, enceinte d’un futur Koumara, d’un futur Roi du monde qu’est l’humanité dans sa collectivité. Lorsque l’humanité n’est pas assez développée, qu’elle est à l’état de fœtus, Koumara porte en lui cette humanité. Il nourrit cette humanité, essaie de la faire évoluer bien que cette humanité ait de l’influence sur sa propre vie et puisse même empêcher son propre développement, jusqu’au jour, où l’humanité sort des eaux astrales.

Ce sera la dernière œuvre de Pluton. Pluton viendra percer la poche, comme les eaux que perd la femme, et toutes les eaux astrales s’évanouiront, se déverseront et disparaîtront dans le cosmos, et enfin, le Roi, le nouveau Roi du monde qu’est l’humanité prise dans son entier, sera accouché.

Le Koumara donnera vie à un être qui sera son semblable, qu’il devra continuer à éduquer pendant un certain temps. Ce n’est pas parce qu’un nouveau Roi du monde est né, que l’on peut lui donner toutes les responsabilités. Pendant un certain temps, il faudra lui donner quelques planètes pour qu’il puisse s’exercer. Pour les débuts on lui donnera une vielle planète qui ne sert plus à rien, une lune pour s’amuser. Sur la lune il essayera de créer certaines énergies, certaines accélérations, certaines rotations et inclinaisons. Il s’amusera aussi à modeler une planète en dosant les influences lunaires qui vont aboutir jusque sur une autre planète physique comme la terre, et ainsi de suite, il apprendra à fabriquer son propre monde, parce que lui-même doit devenir un endroit de création.

Devenir un père qui va devoir enfanter une humanité, être responsable de cette humanité, permettre donc à une nouvelle vague de vies qui vient du Dieu vivant et unique de s’incarner, d’accomplir une individualisation, de développer sa puissance, de retrouver son universalité en redevenant un être unique. Ainsi de suite jusqu’à ce que toutes les vagues de vies soient passées à travers toutes les sphères. Que ces sphères soient regroupées en un nombre restreint, et après une ronde d’incarnations finir en une seule sphère et à la fin de cette sphère, il ne reste plus qu’un seul et unique Dieu.

Pour l’homme, il s’agit donc de sortir d’un état divin plongé dans la matière et dans les divers règnes de cristallisation où la vie est collective et relativement inconsciente. Puis vient le goulet que représente la condition humaine, où se trouvent individualisation et construction du discernement, du moi je, des désirs, des prises de position. Puis l’évolution, où l’homme s’ouvre sur sa divinité et recommence une vie collective mais cette fois en toute conscience et pleine d’épanouissement.

Il y a donc un Dieu, qui passe de la vie collective inconsciente à la vie individuelle pour retourner à une vie cette fois universelle. Une vie universelle pleinement conçue et vécue, alors que la vie collective ne l’est pas. Elle est simplement collective comme peut l’être la vie d’une fourmilière. Chacun ne sachant pas qui il est, faisant la tâche parce qu’un ordre venu de plus haut a été donné. Il y a donc le premier cercle de l’infini qui est la vie collective inconsciente, le goulet de la condition humaine qui est l’individualisation, puis de nouveau ouverture sur la vie universelle vécue comme un épanouissement et comme une libération. C’est à cela que vous devez vous entraîner.

Donc, dans votre vie quotidienne essayez de contrôler et de maîtriser en vous tout ce qui vous fait vivre d’après la collectivité de façon inconsciente. À ce moment d’individualisation, hors du goulet humain, hors de la matière, essayez avant tout, grâce à ce conditionnement humain, d’aboutir à la notion de vie universelle.

Plus tôt vous aurez cette notion d’universalité, plus tôt vous connaîtrez la libération et plus tôt vous saurez ce qu’a voulu dire Jésus lorsqu’il disait :
« Ce que tu feras au plus petit d’entre mes frères, c’est à moi que tu le feras. J’étais en prison et vous êtes venus me visiter. J’avais froid et vous m’avez couvert. J’avais faim et vous m’avez nourri. »

Mais les disciples disent : « Mais Seigneur, nous te connaissons et jamais nous ne t’avons vu en prison, avoir froid ou mourir de faim. De qui parles-tu ? » Les disciples montraient par là qu’ils n’avaient aucune connaissance du périple de la conscience dans les règnes ou dans le cosmos. Alors que Jésus savait exactement de quoi il parlait grâce à la part christique qui vit et vibre dans chaque individu, même le plus misérable.

Ce Christ qui vit et ne vibre que par la notion d’universalité, qui est le frère resté dans le royaume, est le même Christ que celui qui est dans le frère parti aux confins du monde physique. C’est le même Christ qui est dans le drogué, dans le violeur, dans l’assassin, dans le tyran, dans le fanatique, le mystique, l’occultiste, et ce Christ est en peine. C’est un Christ qui pleure, c’est un Christ qui appelle.

Donc quand toi tu viens m’écouter et que tu me dis : « Grand frère, j’ai écouté tes paroles, je connais ta voix, je connais ton enseignement et je te trouve fantastique. » Alors je te dis : « Tu me trouves grand à cause de ce que je dis, mais tu ne sais toujours pas où est la grandeur, où est la beauté. »

La grandeur et la beauté ne résident pas en moi. Je n’ai aucun mérite à être grand, ou à être beau, parce que je sais qui je suis. C’est donc très facile d’être beau, d’être sage, quand on connaît tout. C’est très facile de paraître initié lorsque l’on est dans le royaume. Par contre aimer un Dieu qui ne sait pas qui il est, complètement à l’envers de lui-même, ça, ce n’est pas facile.

Donc quand tu viens vers moi, que ce soit par admiration, par louanges ou par vœux sincères de devenir un disciple, ou pour travailler pour moi ou d’autres guides, quand tu viens vers moi avec cet esprit de révérence je te dis :
« Tu te trompes d’homme. Ce n’est pas à moi que tu dois faire la révérence. Ce n’est pas moi que tu dois louer, trouver beau. Ce n’est pas moi que tu dois aimer. Je n’ai pas besoin de cela. Moi, j’ai l’amour éternel. Je suis une fontaine d’amour et je me régénère dans mon propre amour que j’ai su réveiller en moi-même. Je n’ai rien à faire de ton amour.»


Que crois-tu que ton amour puisse m’apporter petit homme ? Que crois-tu que je puisse faire avec ta flamme ?

Rien ! En moi il y a un incendie, je n’ai pas besoin de toi. Je n’ai pas besoin non plus de ta collaboration. Pour qui te prends-tu, pour croire que je puisse avoir besoin de toi, alors que tu es imparfait, alors qu’il est impossible de te manipuler, alors que tu es fermé à toute intuition, alors que tu te hérisses dès que tu dois faire un petit sacrifice. Comment penses-tu que je puisse t’utiliser ? Je n’ai besoin de rien.

Donc, si tu ne veux pas m’offenser, offenser la sagesse et la vérité, surtout ne viens pas vers moi en m’offrant tes services. Je serais obligé d’être le plus dur des frères, même si je suis un frère resté dans le royaume. Il te semblerait qu’en te refusant, je sois soudain un frère venu de l’enfer, car tu ne comprendrais pas ma réaction. Tu te demanderais : Comment un frère d’amour, un frère de lumière me renvoie et m’envoie un magistral coup de pied au derrière ?

À quoi sert, que pendant des années j’ai essayé de développer de la bonne volonté, un canal, que ce soit par le pendule ou tout autre chose ? J’arrive très content le cœur ouvert, très sincère et je dis à Dieu « Prends-moi, utilise-moi » et voila que Dieu me prend comme une chose sans importance et me dit retourne parmi les hommes. Alors que j’étais un disciple bien intentionné, qui avait fait naître bon gré mal gré une bonne volonté, il me semble soudain que le ciel est devenu très noir, que toute la terre s’est retirée alentour et qu’il ne reste autour de moi qu’un immense océan noir menaçant de m’engloutir à chaque instant. Je me rétrécis sur mon petit bout de rocher et je me sens seul, terriblement seul.

Est-ce que Dieu ne serait pas aussi divin que cela ?
Est-ce que les Maîtres ne seraient pas aussi Maîtres que cela, pour qu’ils me traitent de la sorte et qu’ils refoulent loin les bonnes volontés ?

À ce moment-là, le disciple qui a été refusé, refoulé et non pas parce qu’on ne le voulait pas, mais parce que les intentions avec lesquelles il venait n’étaient pas les bonnes, ce disciple-là, s’étend sur l’océan et n’a plus qu’un désir c’est d’être englouti, de ne plus exister, de ne plus penser, surtout pas à Dieu, le grand traître.

Il y a beaucoup de disciples qui vivent ce moment-là. Ils font des choses, donnent énormément aux autres, construisent des temples ou des lignées initiatiques, construisent des œuvres humanistes et croient avoir Dieu avec eux. Le disciple prie Dieu et lui dit : « C’est pour toi que je fais cette chose. C’est pour ta gloire et c’est pour que tu sois content que je sauve d’autres hommes. C’est pour vous, les Maîtres. »

Et au bout d’un certain temps arrivent obstacle sur obstacle sans qu’apparemment il y ait le soutien que le disciple imaginait et sur lequel il comptait pour faire toutes ces choses. Et il se dit : « Mais ce n’est pas possible, tu ne dois sans doute pas être avec moi puisque chaque fois je rencontre des obstacles insurmontables. Dieu m’a abandonné, Dieu ne me veut pas. Je n’ai pas réussi à avoir la collaboration des Maîtres malgré tout ce que j’ai fait. » Alors il laisse tout tomber et se laisse lui-même aller dans une sorte d’anéantissement.

Cependant, si tu connais un tel moment, ou si tu es proche de le connaître, je te le dis : « Est-ce que Jésus a abandonné son travail ? Est-ce que le Christ a abandonné l’humanité parce qu’elle l’a mis sur la croix ? »

Il savait, qu’à un moment donné, les choses allaient forcément se retourner contre lui. Apportant des énergies de baptême, des énergies de transformation, il allait soulever la révolte de la part d’énergies qui n’ont d’amour que pour l’attachement. Il n’est pas question d’abandon. Il est question, soit dans un premier cas de figure d’un manque de collaboration des Maîtres parce que les énergies avec lesquelles tu travailles ne sont pas tout à fait justes, soit, parce que même si Dieu en personne était avec toi, il ne pourrait pas empêcher les hommes d’être libres de te refuser et de t’anéantir, parce que les hommes sont aussi ce Dieu tout puissant qui a le droit de faire ce qu’il veut.

Donc ne désarme pas face à l’adversité, reste toi-même, et avant tout, si tu veux nous aider, si tu veux m’aider, si tu veux être employé dans la grande fraternité que représentent les Maîtres et tous les initiés, tu ne dois pas enfantinement et puérilement venir nous offrir tes services. Tu dois t’approcher de nous comme un frère responsable, qui marche debout. Tu dois venir nous voir en disant « Écoute frère, tu es plus grand que moi c’est certain, mais grâce à ma bonne volonté je saurai faire canal à ton amour, à ta droiture, à ton énergie, et j’implanterai sur la terre le drapeau du royaume et j’irai chercher Dieu, libérer Dieu de la matière, du cœur des hommes ignorants. »

Lorsque nous rencontrons ce genre de volonté, de sens de la réalité et de l’effort qu’il faut porter, nous n’attendons pas que le disciple soit parfait. Dès qu’il a ce sens de la réalité et ce sens des responsabilités, quel que soit le nombre de ses imperfections nous l’utilisons tout de suite, malgré ses imperfections. C’est en l’utilisant, en travaillant à travers lui que ces imperfections petit à petit disparaissent. C’est le bonus que nous lui donnons. Mais il faut qu’il ait le sens de la réalité. La réalité, ce n’est pas d’offrir ses services à Dieu comme si Dieu avait besoin de l’homme, c’est offrir ses services à l’autre partie de Dieu qui est dans la matière.

Lorsque vous venez vers moi avec votre âme, avec votre amour, parce qu’il vous semble que je parle bien, ou que je dois être un grand frère et qu’il doit être bon d’être dans mon amour, je vous renvoie vers les hommes. Ne venez pas vers moi. Allez vers les hommes. C’est en allant vers les hommes que vous irez vers moi, parce que c’est dans le cœur de tous les autres hommes que vous pourrez me rencontrer.

Vous pourrez me rencontrer dans un épanouissement et une joie immense, car je serai le frère qui est libéré et qui est heureux de rencontrer son frère libérateur. Tandis que si vous venez me voir maintenant, étant donné que je suis depuis longtemps libéré, tout ce que vous rencontrerez c’est un instructeur très sévère qui te dira : « Je ne te veux pas. Tu te trompes de voie. Le Dieu que tu dois aimer ce n’est pas moi, c’est le Dieu qui est prisonnier. »

Si vous m’entendez parler de la sorte vous allez repartir la mort dans l’âme et vous allez noircir l’univers. Un instructeur est toujours très sévère. Tout le monde rêve de rencontrer un instructeur parce qu’il s’imagine qu’un l’instructeur est comme un grand ange, qui va révéler par amour tous les secrets, qu’il va vous prendre dans ses bras et vous bercer, qu’il va vous faire vivre une communion extraordinaire, qui va vous faire fondre jusque dans vos chaussures. C’est très beau, mais c’est très enfantin.

Un instructeur est avant tout extrêmement sévère. Il est la sévérité incarnée, même si en même temps il est l’amour le plus immense et capable du plus grand sacrifice. Seulement lorsqu’il va vous parler, il sera d’une sévérité absolue, car il ne s’agira pas de vous parler, mais de vous instruire, de vous modifier, de vous sauver. Tandis que le frère que vous pouvez rencontrer dans le cœur des autres hommes, c’est un frère qui vous fera une fête immense, la fête que vous attendez de la part du frère que vous imaginez en haut. Quand vous rencontrez dans le cœur de l’autre, le Dieu que vous avez libéré, c’est la fête qui a lieu.

Donc encore une fois je vous le dis : « Allez vers les hommes. » Vous pouvez nous aimer si vous le souhaitez, nous acceptons tout l’amour des hommes. Ne croyez pas que nous ne sommes que sévérité. Mais allez avant tout vers ceux qui ont besoin de notre amour. Et dans ce canal, oui, communiez avec notre amour afin d’en être porteur vis-à-vis de ceux qui en ont besoin.

Soyez porteur de notre amour, de notre lumière, de notre sagesse et assumez ce rôle vis-à-vis de ceux qui n’ont rien de tout ce que je viens de citer. Je vous souhaite de bien travailler. Je vous souhaite de comprendre les choses comme je vous les ai expliquées, non parce que c’est moi qui en ai parlé et que je souhaite être obéi, mais parce que si vous voulez quelque part, à un moment donné, et dans une certaine mesure être considéré comme nos frères actifs et libérateurs sur le plan terrestre, vous devrez un jour ou l’autre être amené à concevoir les choses comme je vous en ai parlé.

Si je vous en parle, ce n’est pas parce que je suis grand et que je sais tout. C’est parce que j’ai été longtemps un homme qui n’a rien compris, longtemps un homme qui commençait à comprendre, longtemps un homme qui avait compris et enfin une âme qui commençait d’être. À partir du moment où j’ai commencé d’être, par là même j’ai commencé à être tous les hommes qui ne sont pas encore. Le Maître est dans le cœur de tous les hommes qui ne sont pas encore.

Si tu veux aider le Maître, n’aide pas la part du Maître qui sait ce qu’elle est, aide la part du Maître qui ne sait pas encore qu’elle est le Maître, et ainsi tu m’aideras plus que tu ne peux l’imaginer. Fais cela.

Je vous salue.