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"⇩ Votre Série Spiritualité et Illumination ⇩"

Qu’est-ce que le silence



Psychologie Cosmique

14-06-92  3/4

Qu’est-ce que le silence
Exercice de méditation
Le mental permet de rejoindre l’âme


(fin du 2/4)
Pense à ce concept, non seulement je suis l’âme , mais que ce ne soit pas simplement une pensée que tu te répètes pour qu’un jour finalement, bingo, tu t’es  tellement convaincu que maintenant l’âme est là.

(suite 3/4)

Répète-toi cette phrase en cultivant l’intention. C’est là où il y a une grande différence entre le disciple sensible et le disciple trop intellectuel. Le disciple qui est sensible va pouvoir facilement, puisqu’il est un artiste, créer une intention, tandis que celui qui se serait trop polarisé dans l’intellect et qui ne profiterait pas d’une sensibilité créatrice, celui-là ne pourra pas avoir recours à l’intention. Il va devoir maîtriser son mental et le mental concret. Il va devoir maîtriser ses pensées, maîtriser ses émotions pour aboutir à ce même espace qu’est l’âme libre.

Mon discours ne peut pas convenir à tout le monde puisqu’il y a deux grandes familles dans le monde, les gens sensibles qui peuvent travailler avec l’intention et les gens plus intellectuels qui doivent travailler par la maîtrise de l’âme, à ce grand espace que tu imagines être l’âme.

Tu vois donc la difficulté de tous ces instants de création. Il faut d’abord que tu sois suffisamment sensible, puis artiste, pour avoir recours à une émotion que tu crées, mais que tu empruntes déjà au connu. Donc tu vas voir dans toutes tes sensations antérieures ce qui t’a donné l’impression de grandir ta conscience et ta perception. C’est là où la musique et les sons sont des aides magnifiques.

Par la musique, celui qui est sensible dilate son champ de conscience, dilate l’espace intérieur dans lequel il vit. Sitôt que par ce voyage, tu as ressenti ta nouvelle dimension, le cerveau la répertorie, s’en souvient et lorsque tu veux méditer et que tu dois créer une intention, tu n’as qu’à aller prendre dans la mémoire, la sensation que te faisait tel ou tel morceau de musique. Tu ne vas peut-être pas te rappeler le morceau de musique, mais tu vas aller reprendre la sensation que tu as connue.

Tout au long de la méditation, tout au long du cheminement spirituel, l’homme est fort embêté, car il va lui falloir méditer sur des éléments connus, des sensations connues, des agrandissements connus, afin de se propulser suffisamment haut pour qu’éventuellement il puisse avoir une expérience spirituelle.

Cela fait beaucoup de complications et c’est pour cela qu’il te semble si peu réussir en méditation. Tu peux utiliser tout ce cheminement comme tu peux aller très vite au but, très vite aller à ce royaume qui est l’âme et t’y dissoudre si tu comprends la nature du silence,  grandir et défaire tes illusions. C’est un travail qui demande une plus grande compréhension alors que l’artiste, le sensitif va uniquement s’appuyer sur le monde des sensations et du connu, tu vas devoir par cette voie rapide, utiliser énormément la compréhension, mais si tu sens que cela est ta voie alors prends-la, n’attends pas, car elle est plus rapide.

Pour accepter le silence, il faut énormément comprendre ce que sont les illusions, car on ne peut s’asseoir pour méditer, si l’on est tiraillée par l’envie de ceci, par l’envie de cela.

Qu’est-ce que le silence ? En ce moment même, écoute.

Quand je te dis, écoute, tu t’aperçois que tu es en train de faire quelque chose, tu écoutes. Tu écoutes d’abord tous les sons extérieurs, c’est la première étape. Deuxième étape, écoute encore, mais plus profondément. Allez vas-y fais-le, tu es embêté n’est-ce pas ? Mais je dois écouter quoi, mon Dieu? Il n’y a pas de son divin à l’intérieur. C’est là où tu t’aperçois que ce sens qui permet à tes oreilles d’entendre des bruits, lorsqu’on le retourne véritablement à l’intérieur, ne doit plus s’attendre à entendre quelque chose. Il ne doit plus se tendre pour écouter quelque chose, ce qui est une manifestation, une énergie qui va vers l’extérieur de nouveau.

Comment peux-tu te mettre à l’intérieur en utilisant un mouvement qui en fait va à l’extérieur ? Tu ne peux pas écouter ce qui est dedans, écouter le monde spirituel. Ce qui veut dire que l’écoute dans le domaine spirituel va être remplacée par une affirmation, je n’entends plus rien.

Maintenant, suis ce que je te dis et ce que j’essaie de te démontrer, suis mes mots. «Tu n’entends plus rien.» Tu t’aperçois de quoi ?
Tu t’aperçois que tout à l’heure, alors que tu étais tendu dans l’activité d’écouter et d’entendre, par le « je n’entends plus rien », tu t’aperçois que c’est la sensation d’exister qui cesse. De l’écoute tu es passé à la sensation et cela a influencé ton souffle. Tu respires d’une manière plus calme, très rangée et si tu pousses plus loin l’exercice cela suspend le souffle tout naturellement. Tu t’aperçois que cette sensation, qui est en fait comme une antenne qui cherche à entrer en écho avec la vie intérieure, que cette antenne petit à petit se calme aussi et au moment où ces trois sensations, ces trois quêtes inévitables mais illusoires se sont tues, l’existence apparaît, ton âme apparaît.

Alors, reprend l’exercice, dans un premier temps, écoute, et dans cette écoute tu te relaxes, tu abandonnes ton corps, écoutes tous les bruits qui sont à l’extérieur et en les écoutant tu défais tes muscles, tes articulations. Maintenant, tu intériorises cette énergie cette tension qui est ton existence. Tu l’intériorises et tu sens que le souffle se ralentit. Tu es dans un premier temps comme un grand œil qui essaie de regarder à l’intérieur de la vie, de ta vie et par ton attention le calme s’installe, le souffle ralentit. À ce moment-là, si tu pousses plus loin ta capacité d’introspection, les énergies montent à la tête et c’est là que tu découvres une nouvelle sensation d’exister et plus loin même plus tard, l’âme, si tu as de la chance.

Alors, tu vois que ce n’est pas difficile, il n’est pas nécessaire de te martyriser pour arriver à cette écoute, c’est un effet de balancement. Toute la journée, tu balances inconsciemment à l’intérieur, pas très consciemment d’ailleurs non plus vers l’extérieur, mais toute la journée c’est un va-et-vient qui va, d’un point d’inconscience lorsque ta conscience retourne à l’intérieur, à un point semi-conscient qui est dans le monde.

La méditation est la cessation de ce balancement. Il n’est plus question de manifestations, d’extériorisation, d’incarnation, il est question de rapatriement de toutes les énergies par un silence absolu donc d’une mort. C’est exactement la même chose qui se passe au moment de la mort, durant l’alignement, la percée vers le royaume supérieur. C’est ce qui se passe au moment de la mort si on s’y est suffisamment préparé.

Alors qu’est-ce que la méditation ?
C’est une petite mort et c’est pour cela que cela t’est si difficile. Acceptes-tu de mourir ?
Non ! Tu n’as pas envie de mourir, n’est-ce pas ?
Tu veux vivre le plus longtemps possible même si des fois tu en as assez, des fois tu troquerais volontiers ton destin pour celui d’un artiste ou d’une célébrité. C’est parce que la mort est si difficile à accepter que la méditation a une obligation laborieuse. Si tu enlèves de la mort l’idée de la fin, si tu ne vois plus la mort comme étant une fin dont on ne revient pas, quelque chose qui fait mal, tu vas voir que tu pourras aller dans la méditation sans aucun problème.

Pourquoi ?

Parce que si tu exorcises le phénomène qu’est la mort, ta pensée est libre de vivre. Si tu t’éveillais comme disciple et que tu décides de méditer, puisque tu es une pensée libre qui n’a plus peur de la mort, tu es détaché du monde et tu n’obéis à qui que ce soit, tu fais les choses par amour de la liberté. Les grands obstacles qui sont face à la méditation sont l’extraversion des énergies et en ce sens elles suivent un flot naturel puisque vous êtes incarnés, en manifestation, avec la peur de la mort.

Depuis ces deux grands piliers, il y a une suite de petits bâtards, qui vont avoir des attitudes diverses. Par exemple, je vais combler ma peur de la mort avec un besoin impératif de me gaver de télévision. C’est ce qui fait que je n’arriverai jamais à méditer parce que je veux sans arrêt me repaître des spectacles.

Pourquoi la télévision à une si grande importance dans la vie des hommes ?
Pourquoi son impact est-il si fort que l’on en redemande ?

La télévision, le phénomène de l’image distribuée et animée s’apparente au monde et au phénomène de la mère. Maman nous raconte des histoires lorsque l’on est bébé. Maman nous montre des paysages et nous les décrit. Maman nous montre des peluches, les anime comme des marionnettes et nous raconte une histoire. Maman est associée à l’histoire et maman par ces histoires me soulage de mon ennui. L’ennui que j’ai, puisque je suis un bébé qui ne tient pas debout, qui ne dispose pas du langage, qui ne peut rien faire de ses mains pour s’occuper. Croyez-moi un bébé s’ennuie énormément.

Lorsque je suis un homme et un homme qui n’a pas réussi à découvrir un sens à sa vie, je suis encore un bébé qui s’ennuie, je vais avoir besoin des histoires de ma douce maman pour oublier mon ennui. Ce n’est pas simplement que je regarde avec plaisir un spectacle, je comble mon ennui.

C’est pour cela que la télévision a un pouvoir si grand sur l’humanité. Lorsqu’elle changera de rayon, lorsqu’elle passera sous le rayon du patriarche, la représentation du père, elle ne sera plus une boîte où l’on verra des histoires se dérouler, ce ne seront plus des images qui rappellent les belles histoires que racontait maman. La télévision prendra un rôle éducatif très sérieux, ce qui ne veut pas dire que les spectacles auront déserté l’écran, au contraire. Mais dans le spectacle il y aura une dimension qui apporte à l’homme quelque chose de plus que de simplement rompre l’ennui.

Quand on veut rénover la vie, il ne s’agit pas simplement de nettoyer les éléments pollués de la planète, il faudrait aussi nettoyer la pensée des hommes. Pour nettoyer cette pensée, il faudrait commencer à arrêter d’envoyer tous ces déchets intellectuels, comme la publicité, comme les jeux idiots, qui ne rapportent aucune dimension, aucune découverte à l’individu ou les spectacles aberrants qui ne parlent que de l’égocentrisme et des bassesses de certaines émotions.

On s’occupe de nettoyer les rivières et les fleuves alors que l’on engorge de déchets immondes l’esprit des enfants. On ne peut pas simplement considérer un aspect de la vie pour pouvoir même sauver cet aspect de la vie auquel on s’intéresse. Il faut rénover tout un comportement, y compris le comportement intellectuel, y compris les pensées avec lesquelles on éduque nos enfants, y compris les spectacles qu’on leur donne et qui deviennent pour eux des exemples de comment on vit la vie, comment on vit la relation humaine.

Est-ce que pour cela que je fais un triste bilan de la vie sur cette planète ?

On pourrait le croire à m’entendre, n’est-ce pas ? Cependant, je ne fais pas un triste bilan, j’essaie de vous montrer les points où l’homme essaie de travailler. C’est très bien qu’il essaie d’y travailler, c’est très bien qu’il fasse des sommets pour enrayer la pollution. Mais en même temps si on ne tient pas compte des autres éléments, il ne faut pas penser, il ne faut pas que vous investissiez vos espoirs et vos énergies à penser que la terre sera dépolluée parce qu’on va la dépolluer. Si l’on n’a pas soigné les autres attitudes, on n’arrivera à rien.

Et c’est comme cela qu’ensuite, on va se dire lorsque l’on aura 60 ans : «Tiens l’histoire recommence ! De mon temps on m’avait parlé du sujet, de mon temps on avait prévu de faire quelque chose , on avait bien essayé.» Mais la nouvelle génération arrive et répète tous les problèmes comme si aucune expérience n’avait porté ses fruits !

Pourquoi ?

Parce que l’on a programmé les enfants. Nous en tant qu’adultes, nous pouvons tirer une conclusion de nos agissements, prévoir des sommets prendre des décisions. Mais pendant ce temps, nous continuons à programmer nos enfants et à les remplir de tous ces déchets. Ce qui fait que lorsqu’ils sont grands, ils peuvent peut-être faire des sommets, c’est certains, mais des sommets qui ne feront que répéter les sommets que nous avons faits, qui ne sont que la répétition de sommets encore plus antérieurs qui n’ont jamais rien réglé.

Tant que définitivement, on ne s’occupe pas de la pensée et de la nature de la pensée, de la subtilité qu’est la pensée, on ne peut pas régler les problèmes du monde. C’est pour cela qu’avant de penser à dépolluer la terre, avant de penser à la rénovation de la bourse et du monde des finances, je devrais penser éducation, je pense à éduquer les esprits, je pense à éduquer le comportement. Et lorsque par le phénomène des ruptures de système, puisque chaque système arrive à une fin de lui-même, toute chose qui est créée aboutit à une fin, lorsque les systèmes arrivent à leur fin naturelle, ayant éduqué la pensée, le comportement, l’individu arrive à développer un système plus grand.

Nous ne pouvons pas vous imposer par exemple de détruire un système que l’on sait mauvais, comme le système financier actuel avec toute la spéculation triste et ravageuse qui a lieu. On ne peut pas penser détruire ce système pour vous imposer un meilleur système. Vous refuseriez, même vous ici dans cette salle, vous refuseriez, absolument.

Pourquoi ?

Vous invoqueriez la justice, eh oui, la justice, c’est tout le temps cette idée de justice qui vient et qui détruit l’évolution. Ce n’est pas juste, on m’a pris ma place au guichet de La Poste, ce n’est pas juste on m’est passé devant. Ce n’est pas juste, tel garçon que j’aime souri toujours à telle autre fille, je ne sais pas ce qu’il lui trouve ou vice versa. Ce n’est pas juste, on m’a fait ceci, ce n’est pas juste, on m’a fait cela. Si j’inventais un nouveau système financier que je vous l’apporte, vous diriez ce n’est pas juste, il n’y a que moi qui travaille.

Ce qui veut dire quoi ?

Avant d’imposer ou d’implanter ou d’inspirer un nouveau système financier aux hommes, il faut avoir mis tout le monde au travail. Il faut avoir éduqué, il faut avoir inspiré suffisamment la responsabilité pour que chacun fasse sa part de travail.
Sinon on aboutirait à quoi ?
On aboutirait à un système parfait en lui-même, mais qui détruirait les hommes. On aboutirait à un système parfait, mais qui ne construirait aucune vie parfaite, au contraire.

C’est pour cela que la perfection que vous cherchez tant, la perfection en vous-même, la perfection d’un monde, je te le dis, cette perception que tu cherches est une illusion. Non pas parce qu’elle n’existe pas, mais parce que ce qui te fait rechercher la perfection ce n’est pas l’idée de la perfection, tu te trompes toi-même, tu te dupes, c’est la fuite.

Tu ne veux pas de la laideur, tu ne veux pas de l’ignorance, tu ne veux pas de la lourdeur du travail. Alors si travailler c’est lourd, si travailler c’est embêtant, si être ignorance c’est douloureux, tu te dis que forcément quelque part il existe une perfection, un « je peux tout », un « je sais tout » facilement, une société idéale où tout le monde s’aime. Oui une société idéale existe c’est sûr, mais elle ne peut pas exister pour les raisons que tu lui prêtes.

Elle existera le jour où tu ne cherches plus une société parfaite, mais ou chacun est responsable et de ce fait une société parfaite sera en train de naître. Tandis que si tu expliques à chacun ce qu’est la perfection, que tous ensemble on peut prouver que la perfection existe, qu’elle est manifestable, ce système devient ensuite un système de pensée, puis une religion pour que Dieu règne sur la terre.

Mais en fait, chaque fois depuis une aspiration à la perfection on a fini par construire un système de pensée, puis une religion pour que Dieu règne sur la terre. Qu’est-ce que cela supposait ?

Cela ne supposait pas, voilà Dieu je t’ai fait une planète parfaite pour que tu y règnes toi le patriarche.
Non, ce que l’homme ne voit pas, ce qu’il ne peut pas supposer à propos de lui-même, mais qu’il vit, qu’il articule à chaque instant, c’est que l’homme aspire à faire un monde parfait pour que Dieu y règne, mais afin que l’homme règne à côté de Dieu. Il pense que si Dieu régnait sur la terre, lui le brave disciple régnerait avec lui sur les méchants, sur ceux qui ne sont pas disciples. Ce qui fait que non seulement aucun Dieu ne peut venir régner sur la terre par ce comportement, mais qu’en plus, tu te trouves coincé. Piégé par le monde des illusions, la dualité qui te montre d’un côté l’imperfection ou la douleur de l’imperfection, et comme tu n’aimes pas la ressentir alors tu cherches une perfection pour ton plaisir, le plaisir qu’elle apporte.

Très souvent à propos du Nouveau Monde, j’entends le mot de justice, on voudrait un monde plus juste, cependant tu es le premier à être injuste. Quand je te dis cela, ce n’est pas pour te démoraliser, pour te renvoyer la balle et te dire: « travail». C’est une réalité, tu es le premier à être injuste. Lorsque tu réclames un monde juste, c’est pour que tu y aies le plaisir de ne pas être volé, c’est pour que tu y aies le plaisir de ne pas être insulté, pour que tu y aies le plaisir que l’on respecte ta place au guichet de La Poste ou dans la ligne d’attente au restaurant, c’est pour que tu y aies une vie pleine de plaisir.

Est-ce un comportement spirituel ? Je te le demande.

C’est une fuite, tu l’admets avec moi que c’est une fuite. Même si c’est une fuite, il te semble que cela te permettrait de vivre en meilleure intelligence. Non pas du tout.

Qu’est-ce que vivre en bonne intelligence ?
Qu’est-ce que  vivre ensemble ?
Est-ce que vivre ensemble c’est avoir le bonheur de ne pas s’insulter ?
Est-ce que vivre ensemble c’est avoir le bonheur de ne pas se dire des choses qui créent des traumatismes et des complexes?
Est-ce que c’est de s’aimer les uns les autres, de s’accepter les uns des autres ?

Non, vivre ce n’est pas cela. Vivre au contraire c’est prendre l’autre comme un miroir, pas comme le bon comédien qui va jouer la même pièce que moi. Moi qui vais m’enfoncer dans mon rôle dans lequel je me prélasse en bon narcisse. L’autre est mon miroir, l’autre est mon obstacle, l’autre est mon démon qui m’empêche de trouver le bonheur parce que mon bonheur est un bonheur factice.

Si l’autre m’insulte, bien sûr, ce n’est pas agréable dans un premier temps. Cependant il m’aide à voir à quel point je suis assis dans une idée du bonheur, une idée faite de guimauve, de douceur, de pâquerettes et de lilas. Une idée très enfantine, une idée qui a peur des obstacles, des heurts et qui veut absolument les abolir tous. Tandis que le disciple est quelqu’un qui va dans le monde, pour que le monde soit contre lui, afin que tous ses masques tombent et si les masques tombent, il peut devenir l’âme.

Donc le disciple ne sera jamais à la recherche du bonheur, il sera la recherche de son ennemi. Il vivra avec son ennemi, il choira même son ennemi, il le chérira, il ne le quittera pas d’une semelle, il écoutera chacun de ces mots. Il observera chacun de ses gestes qui sont faits à son encontre d’ailleurs parce que l’ennemi devient le maître, ou le doigt du maître, la baguette du maître, qui détruit ton orgueil par-ci, ta fierté par-là, tes émotions par-ci, tes traumatismes par-là.

De qui veux-tu que le maître se serve pour détruire tes masques ?

Il se servira de tes ennemis. Toi tu vas croire que tu es accablé par le monde alors qu’au contraire à ce moment-là le monde devient comme une meule qui va user tes angles pour faire de toi une sphère parfaite.

Alors dès demain, je veux que tu regardes tes ennemis d’un tout autre œil, je veux que tu regardes le monde d’une tout autre façon. Non pas comme celui qui t’accable, non pas comme celui qui t’humilie, non pas comme celui qui finalement aura ta peau à force de te taper dessus. Je veux que tu voies ton ennemi et je veux que tu voies le monde comme étant ton épreuve initiatique, comme étant la baguette du maître, qui te montre où tu dois travailler.

Tu vas me dire que c’est trop lourd et que de toute façon ça n’enlèvera pas les méchants, car dans le monde il y a de vrais méchants qui font la méchanceté pour le plaisir de nuire.

Oui c’est vrai, mais dans la mesure où tu auras fait tout le travail de détachement dont je parle, tout le travail d’installation dans le royaume de l’âme dont je parle, à ce moment-là, lorsque tu es face à un véritable méchant, tu as la connaissance de sa méchanceté et tu sais tout de suite comme une épée, quoi dire, quoi faire pour le détruire ou le détourner.

Tu obtiens donc une sagesse qui te permet de ressentir celui qui est méchant sans le vouloir, simplement parce qu’il n’est pas assez éveillé spirituellement, simplement parce qu’il est accablé d’une maladie ou parce qu’il a trop de problèmes, trop de complexes. Tu le différencies du méchant qui est là pour nuire et ce n’est pas du tout pareil.

Donc, au fur et à mesure, que tu vas avancer sur le chemin, à mesure que tes jours vont s’écouler, je te demande de travailler au niveau de tes conceptions.

La méditation ne sert à rien si tu ne développes pas tes conceptions. Tes conceptions à propos de l’âme, tes conceptions à propos des sens, tes conceptions à propos du geste qu’est la méditation.

Quant au pouvoir d’introspection, de compréhension à propos du sens de la vie, tu vas me dire que tout ça fait beaucoup de bouillonnement intellectuel. Peut-être ! Mais sitôt que tu réfléchis à ces thèmes élevés, ce n’est plus simplement une activité intellectuelle, les feux du mental s’allument, et à force de chercher, à force de t’interroger, à force de pressentir, d’un seul coup tu as une intuition qui te donne une compréhension qui fait qu’à ce moment-là, où que tu sois, tu es en train de méditer.

Concrètement, qu’est-ce que cela veut dire ?

Cela veut dire que le voyage de la conscience à travers l’homme est une lente affaire de maturité. Au début on essaie de s’accommoder du corps physique et de le comprendre. Ensuite on essaie de s’accommoder des émotions et de les comprendre.

Maintenant pour toi, il s’agit de t’accommoder du mental et de comprendre ce que celui-ci te permet de faire, soit rejoindre l’âme. Le mental ce n’est pas simplement celui qui te permet cette perception, qui te permet d’approcher les grandes substances de l’univers, les grandes idées de l’univers, les grands dessins de l’univers. C’est aussi tout un royaume où l’âme par cette étincelle bleue répète le verbe et ça, il ne faut pas que tu le rates, vois-tu.

Tu pourrais rater une multitude de choses, mais pas celle-ci. Fais un silence tellement profond qu’un jour tu arriveras à ce point bleu et à ce verbe. Ne t’attends pas à entendre quelque chose, à entendre des sons, mais à être pris dans la vibration du son. Tu n’entendras pas le son, car le son de l’âme n’est pas audible. Si tu entendais quelque chose, cela voudrait dire que ton oreille est peut-être introvertie, mais qu’elle entend toujours quelque chose qui appartient au monde phénoménal. Tu ne serais donc pas dans le royaume de l’âme.

Lorsque tu percevras ce verbe, cela veut dire que tu seras comme une feuille prise dans la vibration d’une onde. Étant bougée par cette vibration, la feuille en ressentira un plaisir divin et ce plaisir divin d’exister porte un nom, c’est l’âme.

Vous allez me dire comment se fait-il que l’âme puisse avoir un plaisir, le plaisir d’exister?

Il ne faut pas s’attendre à ce que ce soit un plaisir comme on le connaît au niveau charnel. C’est une vibration consciente du rôle qu’elle a à jouer, entend ardemment jouer ce rôle, remplir cet ouvrage. Cela lui donne un immense plaisir d’exister parce que c’est au nom de quelque chose, et cette ardeur d’exister peut s’apparenter à un plaisir. Donc, parce que c’est au nom de quelque chose que ta vie te semble si vide, parce que tu ne sais pas au nom de quoi tu es né, seule l’âme le sait.

Tu vas me dire, dépêche-toi de me donner le moyen de rencontrer l’âme pour que je sache pourquoi je suis né. Mais je ne fais que de t’en parler, non seulement dans ce discours-ci, mais aussi dans tous les autres. C’est ce à quoi j’essaie de te convaincre, d’utiliser suffisamment par la compréhension et la conception juste, le  silence, pour aboutir à l’âme que tu es. Et d’un seul coup tu vas prendre connaissance du sens de ta vie.

Je peux t’en parler c’est certain. On peut en parler bien que tu n’en auras pas l’état de conscience et c’est dommage. Je vais essayer de te faire une description approximative
Quel est le dessein de l’âme et le but de la vie ?
Quelle est ta raison d’exister ?

L’âme est une grande missionnée et c’est pour cela que dans un écho parfait en tant que personnalité tu te cherches toujours un but, un but pour exister. L’âme est une missionnée, elle sait qu’elle doit aller dans la matière au nom de Dieu et pour Dieu. Elle sait qu’elle n’est qu’une intermédiaire, une poche, une servante par laquelle l’étincelle divine que l’on appelle l’esprit ou la monade dans certains enseignements, par laquelle l’étincelle de Dieu peut aller se régénérer dans la matière grâce à ses soins, à sa bienveillance, et à l’alchimie dont elle seule est capable.

L’homme n’est capable d’aucune alchimie, bien qu’ils se disent alchimiste et qu’il invente pour cela toutes sortes de concepts et de gestes à faire. La véritable alchimiste est l’âme. Elle seule sait comment extraire de la matière solide les éléments spirituels qui sont l’or de l’esprit, l’eau de l’esprit, le feu de l’esprit. Elle seule sait faire ces choses et pour qu’elle y arrive, il faut qu’elle reprenne sa place.

Pendant toute une suite d’expériences et d’incarnations, l’âme n’a pas sa place, on ne lui laisse pas le droit de s’exprimer. Le fait que les sens existent, ces sens, qui sont en relation avec la matière, décomposent la conscience en plusieurs phases de conscience, dans plusieurs secteurs, ce qui fait qu’immanquablement va se construire la personnalité, l’égo inférieur. Mais au fur et à mesure que le karma, donc la purification, l’éducation, l’entité qui est la somme de ces trois aspects, étincelle – âme – personnalité, va petit à petit en développant son intelligence donc son mental s’apercevoir que la vie ce n’est pas ceci ou cela, va s’interroger à propos de l’âme et va finir par laisser une place prédominante à l’âme. On appelle cela un initié.

En vérité, qu’est ce qu’un initié ?

C’est une âme qui a repris son droit à l’expression, c’est une âme qui a repris son droit à la manifestation. C’est une personnalité qui s’est donc rangée, mais surtout qui a offert tous ces matériaux dans le feu de la Kundalini. La Kundalini a transformé ces matériaux en substances différentes qui désormais donnent à l’âme le pouvoir d’exister et de dominer.

Qu’est ce que tu vas faire dès demain pour essayer de mettre tout cela en application ?

Eh bien je te propose tout simplement de ne pas oublier l’âme. Quand tu fais quelque chose, essaie de le faire en y mettant ton âme. Bien sûr au début tu vas être embarrassé, tu ne vas pas savoir comment laisser apparaître l’âme, pour que l’âme fasse le repas, pour que l’âme nettoie les chaussures, pour que l’âme soit le guérisseur, pour que l’âme soit le voyant.

Tu vas être tout embarrassé parce que c’est l’âme, comment la laisser exister ?

Je te propose une petite tactique toute simple, déjà ait l’intention, envoie lui une carte d’invitation. Chaque fois que tu vas dire ou que tu vas essayer de le faire depuis le royaume de l’âme et que tu vas te dire moi l’âme j’accomplis ceci, moi l’âme j’accomplis cela, c’est comme une invitation que tu envoies à l’âme et le courrier finit toujours par arriver. Et un beau jour, l’âme s’écrit : « j’ai reçu ta carte invitation, il m’a fallu un petit moment pour venir jusqu’à ton royaume, mais voilà, je suis là et ensemble nous allons travailler. » Laisse-lui le temps d’arriver, n’exige pas que tout de suite l’âme soit là, laisse-lui le temps d’arriver.

Faut-il vraiment ce temps pour arriver? Oui, ce n’est pas comme si elle devait traverser l’univers, mais elle doit, petit à petit, préparer certains aspects de ta compréhension pour que la rencontre soit faisable.

Alors en attendant, gave-toi de cette intention, rayonne complètement cette intention, et tu vas voir qu’au moment où tu te mets au travail, c’est avec un amour plus grand, une capacité à faire la chose bien, avec une joie, une envie de partager avec l’humanité, petit à petit le geste va devenir le support pour le développement de la conscience. Tu vas trouver que le corps, selon si tu bouges les bras, selon que tu bouges les jambes, tu vas trouver qu’à chaque mouvement du corps, il y a un certain champ de conscience qui se déclenche et qu’il y est attaché.

Et là, tu vas découvrir petit à petit qu’en faisant un geste rythmique par exemple, tu arrives à te mettre dans une sorte de transe. Tu découvriras qu’en faisant un geste d’une autre manière, tu arrives à aligner le corps émotionnel, qui te permet une meilleure écoute.

Donc, il existe un certain type d’activité qui favorise la méditation.

Ce qui favorise énormément la méditation ce sont tous les mouvements des bras. Pourquoi ? Parce que les bras sont en relation directe au niveau du torse avec le cœur physique, avec le cœur spirituel. Tous les mouvements que je vais donc faire comme cela avec mes bras vont créer des attitudes, des sensations intérieures qui petit à petit vont agrandir mon cœur spirituel.