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"⇩ Votre Série Spiritualité et Illumination ⇩"

L’agressivité



Psychologie Cosmique

21-10-85 1/2

Comprendre l’agressivité

Question :

Comment comprendre l’agressivité dans le monde ?

Cette question repose sur le plan psychologique. Si l’individu n’a su contrôler sa psychologie, il ne pourra être la lumière de l’âme. C’est pour cela qu’il est dit : l’objet principal de tous les travaux, même des travaux spirituels, est et reste d’abord les attributs de la personnalité.


Alors comment ne pas ressentir l’agressivité du monde, tel que vous me le demandez ? D’abord, pourquoi la ressentir, pourquoi un individu se sent-il attaqué par le monde ?

Si l’individu sait reconnaître la faille qui va lui faire sentir cette attaque, immédiatement, il va en connaître le remède. Le monde est tel qu’il est, les hommes sont ce qu’ils sont. Donc, ce qui est à changer, c’est votre conception à propos du monde, puisque le monde dans sa masse ne peut pas changer du jour au lendemain afin que les êtres fragiles ne se sentent plus attaqués.

Lorsque je dis cela, il ne faut pas croire qu’il faut se bâtir une philosophie irréelle par rapport à la réalité du monde. Le fait de ne pas se sentir agressés, ne veut pas dire que vous allez imaginer un monde où tout est beau et où tout est parfait, où tous les hommes sont frères et rient, et ne pas croire que l’horreur existe. Il faut croire à une force supérieure, et je ne veux pas dire Dieu. Je parle de la force de la connaissance, de la sagesse, du contrôle, la force en fait qui est en vous.
Lorsque quelqu’un se sent attaqué, c’est qu’il a, en lui, toute une mécanique qui l’implique à se sentir attaqué.




Quelle est cette mécanique ?

Le premier symptôme est de se sentir en infériorité par rapport au monde, l’individu va se sentir dominé par lui. C’est pour cela qu’il se sent agressé. Alors, plutôt que de vivre sa vie, plutôt que de vivre le monde qu’il a le droit de vivre à sa manière, l’individu subit le monde des autres qui le vivent à leurs manières.
Le monde n’a pas en lui-même de nature. C’est-à-dire que le monde que vous connaissez, le monde des hommes, le monde social, le monde des structures, n’a pas de nature, n’a pas de réalité en lui-même. Ce sont les hommes, qui composent cette structure, qui donnent une réalité à ce monde. Mais une réalité qui n’est valable que dans la mesure où les hommes entretiennent entre eux ce code, code qui n’a pas plus de vie que la volonté que mettent les individus à le perpétuer. Vous êtes tous à vous plaindre du monde, à le trouver vilain ou cruel, alors que la nature vous a été donnée comme un simple décor, c’est à vous d’y jouer la pièce que vous désirez.

Qui crée la pièce ?

Certains se disent, c’est la fatalité, d’autres, c’est Dieu, alors que ce sont les hommes qui bâtissent la pièce qu’ils sont en train de jouer.
Donc, il faut changer le jeu d’acteur que vous entretenez les uns avec les autres.

Qu’est-ce que la société ?

La société n’est rien qu’une sorte de concorde que les hommes entretiennent entre eux. Qu’est-ce que le principe de l’argent ?
L’argent en lui-même n’a aucune valeur, vous ne naissez pas avec la notion de l’argent. On vous l’apprend, on la perpétue en vous l’enseignant, parce que les hommes ont ce code entre eux, qui détermine, d’après eux, une certaine valeur, une certaine possibilité d’action, de grandeur, de pouvoir dans ce monde.
Mais quel pouvoir, quelle grandeur ?
Juste le pouvoir que les hommes ont imaginé. Est-ce qu’un pauvre doit accuser Dieu de sa pauvreté ? Eh ! Bien non, parce que Dieu, les Maîtres, la hiérarchie, n’ont pas inventé l’argent.

L’homme, s’il veut aller vers de plus en plus de bonheur et de liberté, doit apprendre à se dépouiller de tout cet acquis illusoire, qui le pousse à refuser Dieu. C’est le nom que j’emploie pour vous faire comprendre. Beaucoup d’hommes refusent Dieu parce qu’ils croient que Dieu est une irréalité par rapport à la réalité sociale.
Le phénomène est bien connu, lorsqu’un individu rêve la nuit, il croit que le seul monde qui existe est celui qui est dans son rêve. Or, à un moment donné le réveil sonne et l’individu s’éveille à une autre réalité. Les hommes rêvent, parce qu’ils ont des ignorances, des voiles, à propos d’une certaine façon de vivre, de penser, de se comporter.

Pour que je puisse vous faire comprendre ce qu’est le monde de la fraternité, le monde de la lumière, de l’amour, il faut qu’un réveil sonne quelque part en vous. Parce que je pourrais vous parler de l’au-delà, vous parler du paradis, vous parler de Dieu, des anges, pour vous cela n’aura pas plus de réalité que si j’essayais de parler à l’oreille de celui qui est en train de rêver. Il ne m’entendrait pas, il ne me comprendrait pas, ou pire encore, il assimilerait mes paroles et il les façonnerait à sa manière pour les inclure dans son rêve.

C’est ce qui se passe lorsque les Maîtres, les guides donnent des paroles de sagesse. Les paroles du Maître ne sont pas entendues telles quelles sont dites, même si l’individu semble avoir tout son esprit. Les paroles du Maître sont assimilées et traduites par l’esprit de celui qui entend, façonnées par la couleur de son rêve, intégrées à son rêve, et c’est pour cela que les religions existent.

Les religions, ne sont-elles pas pour vous une énigme ?

Comment est-ce que Dieu parfait, des Maîtres parfaits n’ont pu donner naissance qu’à des religions qui finalement deviennent fratricides et ne servent pas l’évolution humaine dans un sens d’universalité, puisqu’elles se dogmatisent avec le temps ?

Qu’est-ce qui fait qu’une parole pure et juste soit devenue un dogme ?

La faute n’est pas à la parole, la faute est à celui qui entend, parce qu’il est en train de rêver. Alors il assimile et il intègre la parole juste, la parole réelle à son monde de rêve et il embellit son rêve, mais ce n’est que du rêve.

Prenez la parole de Jésus, il a prononcé peu de paroles, parce qu’il suffisait de parler juste, et parler juste n’est pas parler beaucoup, et regardez tout ce qui a été fait autour de sa parole: des églises ont été bâties, des croisades sont parties pour des terres lointaines, il y a eu l’inquisition, les dogmes, les excommunications, parce que les hommes rêvent.

Qu’est-ce que je veux dire par là ?

Les hommes n’ont pas eu encore ce réveil intérieur, parce que toute leur bonne volonté est absente. L’homme de bonne volonté, même s’il ne croit pas en Dieu, même s’il ne prie pas, du moment qu’il a, en lui, de la bonne volonté à aider, à être chaque jour de plus en plus parfait, à aimer, toutes ces dispositions sont autant de sonneries qui vont faire sortir l’individu de son rêve pour le faire entrer dans la réalité cosmique.

Alors quel rapport avec le sentiment d’être agressé ?

Vous pourrez très vite conclure vous-mêmes, c’est quand l’individu rêve le même rêve que les autres. Et de quoi rêvent les autres ?
Ils rêvent de faire la guerre, ils créent le mal, les insultes, les pensées négatives, les humiliations, les coups, et celui qui rêve comme eux, croit que ce rêve est la réalité. Lorsqu’un coup a été donné, il dit : j’ai été battu. Lorsqu’une insulte a été envoyée, il dit : j’ai été humilié. Il ne se rend pas compte qu’en fait, les autres sont en train, les yeux fermés, de se battre les uns les autres, et qu’il devrait avoir les yeux ouverts pour vivre au-dessus de ce rêve. C’est pour cela vois-tu que les sages ne se vexent jamais et ne se mettent jamais en colère, pas de la vôtre en tout cas.

Comment surmonter cet état de rêve ?

Il faut savoir ce que l’on veut, et vous avez peut-être pu l’expérimenter. Dans votre rêve, si vous êtes suffisamment alertes, vous pouvez contrôler votre rêve et en être conscient. Cela a dû vous arriver, et pourtant vous continuez à participer à votre rêve, vous contrôlez l’action. Par rapport à la vie, c’est exactement pareil. Un individu qui veut, non pas fuir le monde, mais qui veut en être dans la réalité, doit justement être hors du monde.

C’est la parole de Jésus : « Allez dans le monde, mais ne soyez pas du monde. »
Si, à un moment donné vous appartenez au monde, alors vous entrez dans le cycle infernal du rêve, c’est l’attachement à la terre qui commence et en même temps, toute votre éducation qui doit recommencer.

Alors, comment ne plus se sentir agressé ?

Lorsque quelqu’un vient vers vous et qu’il vous veut du mal en paroles, en gestes ou en pensées, il faut que vous le considériez, lui, et non pas ce qu’il va dire de vous.
Il ne faut pas que vous vous fâchiez à cause de ce que je vais dire, mais je veux que vous connaissiez exactement le mécanisme.

C’est l’égocentrisme qui est à la base de ce problème. L’individu vit trop sur lui-même et pour lui-même. Non pas que cela soit un défaut, non pas que cela soit de l’égoïsme, c’est à cause de la nature de l’esprit à un certain moment et pendant un certain degré d’évolution. En évaluation terrestre, un enfant, lorsqu’il est petit, il est égocentrique, devenant adulte, il l’est moins. Lorsque l’on se place sur des évaluations cosmiques, par rapport à l’âme, on s’aperçoit qu’il existe encore de l’égocentrisme dans l’individu. Si l’individu est un peu trop égocentrique, (je vous le dis, c’est quelque chose de très répandue, l’humanité entière est comme cela, donc vous n’êtes pas en faute), quoi qu’ils fassent, son frère ou sa sœur va devenir pour lui objet de tristesse ou de joie, alors que le seul bonheur est dans la neutralité par rapport à ces stimulations extérieures.

Éprouver de la joie à cause de ce qu’un individu vous fait, veut dire que vous serez susceptibles d’éprouver aussi de la tristesse. Ce qui ne veut pas dire que vous devez tous devenir indifférents. Vous comprendrez ma parole lorsque vous saurez reconnaître ce qu’il se passe en vous en appréciant un compliment, au lieu que cela soit vécu comme un couronnement, comme une grande satisfaction de votre personnalité, ou que cela vous fasse rougir.

Lorsque vous aurez une attitude simple, la tristesse ne pourra même plus venir sur vous, parce que la joie et la tristesse sont les mêmes énergies. Ce qui fait que, l’individu en expérimente le positif et le négatif, c’est l’effet de la pensée qui juge que là, il faut ressentir de la tristesse, et que là, il faut ressentir de la joie. C’est la pensée qui détermine le sentiment, c’est la pensée qui ordonne et indique ce qui doit être vécu par votre personnalité.

Mettez-vous dans une situation inverse, soyez un enfant élevé en toute simplicité et naïveté dans un monde où on ne vous aurait dit que de bonnes et belles choses, et qu’on vous envoie ensuite dans le monde. Vous n’avez aucune idée de ce qu’est l’humiliation ou l’insulte, et le premier individu que vous rencontrez dans la rue, vous traite de tous les noms. L’enfant que vous êtes, ne connaît pas l’insulte, cela n’est pas programmé dans son esprit, puisque vous n’avez entendu que de belles choses. Malgré l’insulte, l’enfant va sourire et va croire à la fraternité de l’autre, parce que ses interprétations se situent au niveau de la pensée.

Je le dis souvent, pour être heureux, pour être libre, pour être dégagé des souillures du monde, il faut avoir une pensée pure, une pensée juste. Ce qui ne veut pas dire que l’insulte ne sera plus une insulte. Il ne faut pas, d’un seul coup, devenir des gens ébahis, qui rient pour n’importe quoi. Mais en vivant pleinement pour la réalité, la réalité supérieure, en vivant dans le calme et l’équilibre, alors l’insulte ne vous touchera plus, l’agression des autres ne vous touchera plus, parce que sitôt que votre pensée devient pure, l’équilibre se crée en vous.

Pourquoi les gens sont-ils déséquilibrés ? Pourquoi cela, que l’on peut considérer comme une maladie existe-t-il ?

Parce que l’individu ne sait plus à quoi se référer pour entretenir l’équilibre en lui, parce que c’est une chose dont on ne lui a jamais parlé. Je suis sûr que si vous vous demandez profondément qu’est-ce que l’équilibre ? Vous ne trouverez aucune réponse. Par contre, si je vous demande de réfléchir sur ce qu’est la joie ou la tristesse, qui sont les extrêmes de cet équilibre, vous allez pouvoir me répondre, parce que vous les avez senties, vous les avez expérimentées, mais le juste milieu, ce neutre, personne ne le connaît, parce que cette chose ne fait pas partie des enseignements de ce monde. C’est un problème de civilisation.

Cette civilisation n’est pas encore suffisamment réveillée, suffisamment soucieuse de la réalité, soucieuse des choses justes pour que l’équilibre, avant tout, soit enseigné aux enfants. On leur enseigne plutôt le déséquilibre. Ouvrez vos romans, on raconte des passions, des drames, des passions qui mènent jusqu’au meurtre ou jusqu’au suicide. Regardez la télévision, les films ne racontent aussi que des passions menant aux extrêmes. Rien n’est fait pour l’équilibre, et pourtant tout le monde court vers son médecin pour se faire soigner. Tout le monde va voir le petit conseilleur du coin, que ce soit le cousin ou la tante ou le voisin.
Autrefois, tout le monde allait se confesser, tout le monde a besoin de se décharger et de trouver un guide. L’humanité engendre son propre mal, parce qu’elle n’a pas encore compris que l’humain est quelque chose de précieux et qu’il faut, comme une plante, couver chaque créature et la faire grandir. L’humanité se comporte très mal. Les hommes se comportent mal les uns envers les autres.

Que vous apprend-on à l’école ?

À devenir très fort, à gagner de l’argent, à avoir un métier performant et si vous avez le malheur à ne pas avoir l’intelligence suffisante pour comprendre ce qui est enseigné, on vous apprend à accepter votre statut de pauvre, votre statut de dégénéré. On ne vous apprend pas à être des gens équilibrés et épanouis, parce que cette société n’a que faire de l’humain.

Les gens se comportent comme s’il s’agissait de s’exploiter, de se dominer, de se dépasser les uns les autres. Tant qu’un homme voudra dominer l’autre, cet autre sera déséquilibré. Comment être en paix, si vous pensez que vous êtes inférieurs, que le monde est affreux, qu’il vous domine et vous maltraite ?
C’est impossible. Même pour ceux qui se réfugient dans la foi, une foi aveugle, cela ne les aide en rien. Il faut avant tout chercher l’équilibre. Je n’engage pas forcément les gens à aller vers Dieu, vers la foi, ou la lumière. Je ne suis pas un prêcheur qui veut forcer les brebis à retrouver le troupeau de Dieu. Je veux tout simplement vous permettre d’être des gens libres et épanouis, et par cette liberté vous irez à la lumière sans que personne ne vienne vous chercher, parce que ce sera naturel. La foi doit être quelque chose de naturel. La foi ne doit pas être quelque chose d’artificiel, comme lorsqu’elle est vécue comme un refuge, lorsqu’elle stimule le sens de la culpabilité.

Comment créer cet équilibre ?

J’en ai déjà parlé longuement, mais je vous précise, il faut que vous contempliez le monde comme étant le jeu obscur et maladroit de millions d’enfants désemparés et aveugles. Lorsque vous aurez compris que les hommes sont en train de jouer à ce jeu stupide, et que pour eux c’est leur seule réalité, qu’ils ne croient en rien d’autre, alors vous serez hors de ce jeu de massacre, et si un d’entre eux vient vous faire du mal, vous ne le ressentirez pas comme une domination de leur force sur vous. Vous sentirez la douleur, mais vous ne serez pas envahis ni déséquilibrés par elle.
Vous sentirez la douleur parce que vous êtes un être humain, parce que vous ne vivez pas dans les nuages, avec Dieu pour refuge, mais vous ne serez pas atteints et vous pourrez trouver le repos, la délivrance, le soulagement, alors que cela est impossible pour celui qui subit le monde. Je voudrais que cette notion soit claire dans les esprits de chacun.

Le monde, les hommes, vivent leurs réalités, celles qu’ils se sont crées avec les siècles. Puisque ces réalités sont des codes qu’ils entretiennent entre eux, personne ne vous demande de participer à leurs codes. Si, par exemple, en bas de chez vous il y a des individus qui se mettent à boire, à en devenir saouls, et que vous savez qu’être saoul n’est pas bon, qui peut vous obliger à rejoindre cette troupe ? Personne, si ce n’est votre volonté ou votre faiblesse, même si c’est un peuple entier qui se comporte comme cela.

Aucune loi ne vous oblige à les rejoindre. Il y a l’effet de la majorité qui pousse les gens à jouer ce jeu morbide.

Si c’est la majorité, c’est forcément la normalité se disent-ils.
Le nombre ne révèle pas ce qui est réel, dans le cas des choses cosmiques, ce serait plutôt le contraire. Si les hommes en masse exercent la débauche, est-ce pour cela que vous allez trouver la débauche normale ? Pour la débauche, vous avez l’esprit clair, alors, parce qu’il s’agit en fait de la même attitude, pourquoi ne pas avoir le même réflexe pour les agressions, les humiliations ?

Le fait que vous souffriez, ne va jamais retirer l’insulte de la bouche de l’autre. Le fait que vous vous mettiez à pleurer ne va jamais le changer.
Donc, pourquoi prendre sur vous une souffrance qui ne va rien changer au monde ?

Avec l’énergie de ces souffrances inutiles, nous pourrions changer le monde si vous nous les donniez, mais inutilement, vous pleurez, vous souffrez. Si vous voulez que plus jamais un homme soit capable d’insulter un autre homme, et qu’ainsi l’insulte déserte la terre, il ne faut pas que vous vous mettiez à souffrir de son insulte. Il faut au contraire que vous fassiez sortir de vous tout l’équilibre que vous devez avoir et que vous essayez d’enseigner à celui qui vous a insultés, que sa parole est mauvaise, qu’il ne fait du mal qu’à lui-même, et que cela révèle un individu ayant des problèmes.

Donc, toutes ces choses qui encombrent le monde, qui l’empêche d’être heureux, il ne faut pas les vivre, il faut au contraire leur faire face et essayer de les changer. D’un homme qui fait du mal, ne pensez rien, ne lui envoyez aucune pensée, essayez de l’instruire. C’est dans le pouvoir des hommes de s’aider les uns les autres, de s’améliorer les uns les autres. Mais pour que cet échange ait lieu, il faut que chacun se sente le pouvoir d’instruire et d’aider l’autre, au lieu de subir le fait que l’autre ne vit finalement que pour lui-même.

Quelqu’un qui a l’habitude d’agresser n’est pas un homme normal, il a un problème, vous le comprenez bien. Donc, pourquoi souffrir d’un problème qui n’appartient qu’à lui. Ayez l’esprit clair, la connaissance, gardez votre calme et votre lucidité et essayez de trouver ce qui l’empêche d’être un homme cordial. Il faut que vous ayez ce souci entre vous.

Alors, dés demain, n’allez pas vous installer sur la place publique en grand prêcheur de vérité et vouloir changer en qualités tous les défauts des gens. Cela ne va pas marcher. Il faut d’abord trouver en vous, l’équilibre, et c’est sur le plan des énergies et du témoignage que cela ne fonctionnera pas.

Les hommes sont très friands de preuves. Si vous dites à quelqu’un, « Tu es trop coléreux, cela vient de tel problème. Pense à autre chose et tu ne seras plus coléreux ». Puis, deux minutes après vous manifestez de la colère. Il va mettre en doute votre technique et va vous dire : « Tu me vends un pain qui ne me nourrira pas. Regarde-toi, tu as encore de la colère. »

Donc, quoi que vous vouliez enseigner, soyez-en le témoignage, pour que cela donne aux gens la force d’appliquer ce que vous dites, parce que leur foi, pour l’instant, ne s’établit que sur la preuve. Si vous parlez du bonheur et du bien-être, il faut que vous soyez le bonheur et le bien-être, sinon tout le monde fuira votre technique, en se disant, finalement, il vaut mieux que je prenne les conseils de l’autre qui me dit d’aller en boite de nuit, parce que je le vois chaque lundi matin rayonnant dans les couloirs du travail, alors que l’autre, ce dévot, a la mine toujours triste.

Donc, il faut avoir souci du témoignage que vous rendez.
Sur un plan plus simpliste, pour que la chose soit accessible à tout le monde sans que cela devienne un service, ayez conscience de ce que les autres sont en train d’exercer des irréalités. Être méchant c’est irréel, parce que tout le monde sait que la seule réalité du cosmos c’est la bonté, c’est l’abondance, c’est la chaleur, l’amour, et les hommes qui vivent dans le contraire manifestent la méchanceté, l’aigreur, etc. Donc, ne vivez plus dans ce pôle contraire négatif, vivez dans le pôle positif, dans la réalité.

Pourquoi le monde, pour l’instant, vit-il le côté négatif de la création ?

C’est parce que l’homme ne manifeste pas de bonne volonté. Il est assailli par les mauvaises, et dès qu’en lui, son cœur malgré tout pur, essaie de lui parler de bonne volonté, il l’étouffe et se dit que la bonne volonté ne paie pas, que les gens qu’il a aidés lui causent des problèmes. Même lorsque la bonté de l’homme parle, l’homme étouffe, pensant que ce n’est pas la réalité de ce monde, que la réalité est d’être le plus fort, de ne pas se laisser duper, de dominer les autres. Ils entrent dans un cercle infernal et ils n’en sortent plus.

Je ne veux pas dire, que seule la bonté habite votre cœur, que vous devez aller dans le monde comme des petits anges, ou comme de fragiles agneaux. Ce n’est pas dans ce sens qu’il faut aller dans le monde. La bonté et la lumière doivent habiter votre cœur, mais l’intelligence doit guider votre langue et vos gestes.

Faites du bien à tous ceux qui en ont besoin, mais soyez conscients que le bien que vous faites est un bien gratuit, et ainsi vous ne serez pas étonnés de ne rien recevoir. Ayez conscience que le bien physique, matériel, ne vous reviendra pas nécessairement en retour, et surtout pas de la part des gens que vous aidez. Ce qui ne veut pas dire que le bien ne vous reviendra jamais, en retour. Il vous reviendra mais sous bien d’autres formes.

Demain vous allez aider votre voisine, à faire le ménage et les commissions parce qu’elle est malade. La plupart des réactions mentales humaines vont être de penser qu’elle vous doit une bonne action, et ainsi, dès que vous serez malades, vous allez espérer que votre voisine vienne vous aider. Tragédie, si elle ne vient pas. Dieu à fait chaque homme libre. Vous avez exercé votre liberté en allant l’aider, elle exerce la sienne en ne vous aidant pas.

De qui attendre le retour ?

Vous devez l’attendre à tout instant, de nulle part, en fait. Vous devez être en prédisposition à recevoir le bien. Vous ne devez pas penser comment, de qui, et sous quelle forme, vous allez recevoir.
Parce que l’action que vous avez eue envers votre voisine et qui ne se trouve pas manifestée en retour lorsque vous en avez besoin, a été comptabilisée par votre guide et les maîtres. Ils peuvent juger que, pour vous, il sera plus capital de vous aider dans dix ans lorsque vous aurez une plus grande maladie, ou pour faire une démarche importante, plutôt que de la dépenser maintenant parce que le rhume vous retient chez vous.

Les formes du bien sont innombrables et imprévisibles, et l’homme qui vit dans la réalité sait les reconnaître, et il remercie chaque jour, même s’il n’a rien reçu, parce qu’il sait, qu’immanquablement, un jour il recevra énormément.

Pour revenir au problème initial, l’agression, vous indiquer comment sortir de ce climat, implique immanquablement que je vous parle aussi d’un comportement spirituel. Étant donné que l’aspect psychologique a été dépassé, que la notion d’équilibre a été relevée, vous devez entrer dans les notions de spiritualité. Pour trouver des raisons de maintenir cet équilibre, il vous faut connaître les éléments qui mènent le monde spirituel.

Demain vous pouvez être de très bonne volonté, remonter vos manches en pensant qu’il faut changer le monde : je ne dis plus rien à ceux qui m’insultent, je souris à ceux qui me frappent, je ne dis plus rien si on me vole car je sais qu’on me le rendra. Tout cet équilibre est fragile parce qu’il est simplement élevé par la force de votre conviction mentale, et le mental n’est qu’un fétu de paille. Un jour vous croyez à quelque chose, le lendemain vous n’y croyez plus. Observez vos opinions comme elles changent d’un moment à l’autre, d’une année à l’autre. Donc, immanquablement un jour vous penserez que cette théorie ne vaut rien.

Qu’est-ce qui va édifier votre conviction mentale en une foi spirituelle ?

C’est la connaissance des principes même de la spiritualité. Et ainsi vous trouverez un justificatif pour chacune de vos actions, chacunes de vos pensées. Il faut vous nourrir, autant de connaissance que de foi et de lumière. Une foi sans la connaissance ne va pas bien loin, même si elle a commencé par la pureté du cœur.
Il faut étayer et rendre digne, en quelque sorte, cette foi, pour qu’elle devienne une lumière de l’esprit, et pas simplement une dilatation du cœur. Les exaltations religieuses ne durent pas, parce qu’elles sont soumises, comme vos émotions au mental, et s’il décide un jour que ces choses ne valent plus rien parce qu’éprouvées sur plusieurs plans, votre foi va tomber.
Tandis que si vous avez la connaissance juste des principes cosmiques, des réalités cosmiques, rien ne pourra vous ébranler.

L’homme de connaissance est pour nous aussi cher que l’homme de la foi, parce qu’une foi sans connaissance ne tient pas, et en même temps, la connaissance sans la foi, manque un petit peu d’amour. Il ne faut jamais négliger les deux pôles qui vous habitent.

Qu’êtes-vous ?

Lorsque vous vivez, vous vous rendez compte que vous pensez, que vous éprouvez des sentiments, des émotions, donc, vous êtes un cœur et un esprit. Développer l’un sans développer l’autre, c’est être une moitié et pas un entier.

C’est pour cela que les religions sont toutes en train de mourir, elles ne sont pas des entiers, donc elles ne sont pas universelles. À l’heure actuelle tout le monde attend la religion universelle, le messie universel, c’est un mot à la mode, l’universalité. Les hommes ont compris que n’être que religieux n’est pas entrer dans le bonheur, puisque toute la vie physique, la vie mentale, psychologique, restaient des problèmes. Ils ont compris qu’un individu terrestre occupé à la connaissance de la terre, de la science, de la psychologie, de la médecine, cela ne menait pas non plus à une finalité, puisque tout ce qui est science, maintenant, bute à un certain plan.

Comme ces peuples d’autrefois qui n’osaient pas s’engager sur l’océan, parce qu’ils croyaient que la terre était plate et qu’à un moment donné la terre finissait.
L’homme avec la connaissance matérialiste, n’ose pas aller dans l’au-delà. Il faut donc faire maintenant une synthèse des deux, et c’est l’universalité qui vous est promise. Développez-la en vous, comme des individus d’avant-garde. N’attendez pas qu’elle arrive, soyez maintenant, développez le cœur et l’esprit, ayez la connaissance, ayez l’amour, ayez la foi et la sagesse.

Comment appliquer votre amour, si vous n’avez pas la sagesse ? Ce sera un amour tous azimuts qui va flamber tous les environs. Même l’amour doit être donné avec sagesse et ainsi, il sera un amour vrai et profond et non pas une simple satisfaction personnelle et le jeu des miroirs qui recommence.

Lorsque vous faites du bien à quelqu’un, observez-vous. Votre pensée est à ce moment-là comme un miroir dans lequel vous vous contemplez et si vous agissez bien, vous vous trouvez beau, si vous agissez mal, vous vous trouvez laid. Agir avec sagesse, c’est détruire ce miroir de la pensée contrôlée par les extrêmes dont je parlais tout à l’heure.

La pensée qui n’est plus que neutralité, qui ne vit que par votre équilibre, ne fait pas miroir, elle fait canal. Canal de l’énergie christique, canal pour être un serviteur, pour aider encore plus, pour aimer encore plus, et qui va vous permettre de vous développer.
Une pensée pure est une pensée qui ne pense plus, qui ne se juge plus, qui ne se regarde plus. C’est une pensée qui est semblable à celle de Dieu, et qui, par sa ressemblance, permet à Dieu de s’exprimer.

Si les hommes veulent devenir des canaux, c’est-à-dire des serviteurs sur un plan énergétique comme sur un plan tout simple de l’inspiration, ces personnes doivent avoir le souci d’être des pensées pures, au lieu d’être dans la joie et la tristesse et être sans cesse balancées dans l’un ou l’autre plateau de la balance.

Être un canal c’est être fixe.

Donc, ceux qui veulent devenir des serviteurs doivent cultiver cet équilibre, cette centralisation dont je parle, et ainsi, toutes leurs pensées sont sous leur contrôle. Avoir une pensée sous le contrôle, c’est en même temps sortir de la domination qu’exercent le monde et son irréalité sur vous.

Donc, en étant ou en voulant devenir serviteur, immanquablement vous marchez vers la perfection, parce que le souci même d’être un canal chaque jour plus performant, chaque jour plus parfait, pour aider et soulager davantage, va vous impliquer à contrôler votre pensée, à acquérir de la sagesse, à dilater votre cœur pour aimer, et ne serait-ce que par amour pour les autres vous allez devenir semblables à Dieu.

C’est pour cela qu’il existe une voie que l’on appelle la voie de la dévotion et du service. Cette voie a été faite par les hommes, parce qu’ils ont compris que pour ceux qui avaient cette attitude intérieure de vouloir servir coûte que coûte, il se trouvait là une porte pour aller vers Dieu.

Ce que je vous propose, c’est de ne pas vivre le service comme un service, vivez toutes les choses du monde comme un service, et ainsi vous serez des hommes et des femmes comblés et complets.
Que votre but ne soit pas simplement d’aller soulager votre voisin, mais d’aller le soulager, d’acquérir de la connaissance, de devenir parfait, de contrôler votre pensée etc. et ainsi vous développerez votre totalité et vous n’aurez pas à revenir pour développer un petit morceau, et une prochaine fois un autre petit morceau.

Prenez-vous en main comme une totalité, et développez la totalité que vous formez.