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"⇩ Votre Série Spiritualité et Illumination ⇩"

L’effort est à faire dans la conception juste



Psychologie Cosmique

20-05-90 1/4


L’effort est à faire dans la conception juste,
dans l’idée juste.
L’identification au statut de mère.
Les maladies de l’enfance.


Question :
En spiritualité, sur quoi faut-il porter l’ascèse et l’effort spirituel ?

Chaque fois que je prends la parole je ne souhaite pas être écouté. Je ne souhaite pas être entendu comme on souhaiterait entendre la voix de celui qui a raison. Je ne veux pas non plus être respecté, être aimé. Je ne veux pas non plus que l’on fasse de ma parole quelque chose qui est répété, quelque chose qui va servir de point d’obéissance et de référence.

Ce que je préconise, plutôt qu’un enseignement, c’est vivre un instant présent un peu plus absolu que les autres moments de votre vie. S’il se trouve que vous êtes ici, c’est bien sûr pour entendre parler quelqu’un, quelque chose, pour entendre des renseignements, pour avoir des éclaircissements ou pour ouvrir sur une attitude intérieure plus grande. Mais avant toutes ces choses, il faudrait que vous appreniez à vous regarder vous-même. Là, je vais répondre à la question qui a été posée.

Quelle est la place de l’effort et de l’ascèse dans la spiritualité ?

Lorsque l’on parle de spiritualité on invente un terme qui n’a rien à voir avec la réalité. On met d’un côté le monde dit profane ou matérialiste et de l’autre côté on invente et on nomme un monde spirituel. Comme s’il y avait dans l’univers créé par Dieu deux mondes qui se font la guerre. Un monde d’où l’on vient et qui serait ignorant, aveuglement, matière, limite et mort et un monde où l’on va, que l’on appellerait le monde de Dieu où n’y a qu’immortalité, plénitude, régénération, etc.

En fait, si l’on veut concevoir exactement la spiritualité, il faut lui ôter cette racine matérielle et matérialiste. Il faut lui ôter ce que l’on appelle le monde profane. On ne peut pas être un homme ou une femme de spiritualité si l’on pense qu’il y a un monde profane, un monde aveuglé, un monde sourd et muet, un monde de la matière. Si on pense à la spiritualité et au monde profane de cette manière-là, le disciple n’arrivera ni à trouver sa place, ni à faire l’effort correct, ni à le faire depuis le bon endroit.

Donc, devenir spirituel ne vient pas du fait que l’on va s’intéresser à la spiritualité, que l’on va apprendre tous les mots sanscrits qui existent, que l’on va suivre tous les séminaires, que l’on va prier Dieu, que l’on va faire des méditations, du yoga, ou je ne sais quoi d’autre. Ce sont des activités comme d’autres, mais cela ne veut pas dire que c’est de la spiritualité. Vous pouvez objecter, que si je médite, c’est un acte spirituel et que donc la méditation fait partie du monde spirituel.
Bien sûr tu peux me rétorquer cela et que donc la pratiquant tu agis en tant qu’élément spirituel, mais je te dirais que ça, c’est le monde vu de ton balcon.

Les notions vues depuis mon balcon sont complètement différentes. Pour nous, il n’y a ni monde profane ni monde spirituel, il y a tout simplement une intention de réalité. Ce qui fait qu’il y a des hommes qui sont enfoncés dans la spiritualité depuis des années et des années et qui ne sont pas pour autant spirituels.
Pourquoi ?

Tout simplement parce que toutes leurs attitudes et surtout leurs attitudes morales, mentales, toutes leurs conceptions sont en fait dans le monde profane. Même lorsqu’ils essaient d’imaginer Dieu, ils l’imaginent avec la lunette du monde profane. C’est un peu comme un homme qui est sur le quai et qui voit passer des bateaux qui vont vers des pays fantastiques et d’ailleurs ils n’en reviennent pas.

Alors lui aussi il veut partir sur ces bateaux, il veut faire comme les autres, ces autres qui semblent si heureux de prendre un ticket de voyage et de ne pas en revenir. Donc il s’imagine déjà acheter un ticket et c’est ce qu’il va faire. Il va au guichet et il fait comme tout le monde, il va à la messe ou aux rituels ou a des séminaires. Mais il n’empêche qu’il ne construit jamais son bateau et qu’il reste sur le quai et que ce sont bien les autres qui partent et jamais lui.

Alors pour se donner l’illusion du déplacement, du voyage, il trotte sur la rive. Il suit les bateaux et il pense qu’en les suivant en parallèle sur la rive, il arrivera au même endroit que les bateaux. Mais à un moment donné, les bateaux filent droit vers l’horizon et il ne peut plus les suivre.

Ce qui fait que le marcheur reste sur la rive, ce n’est pas parce qu’il a été stupide ou aveugle et qu’il n’a pas su acheter le bon ticket ou bâtir un bateau. C’est tout simplement le poids de ses conceptions qui l’ont retenu sur la rive.

Un homme ou disons un esprit en lui-même n’a aucun poids. Il n’a pas plus le poids de la matière, le poids de l’aveuglement, aveuglement dont on parle tant lorsque l’on imagine l’âme descendue dans la matière. L’esprit ne connaît pas le poids. Par contre, ce qui va lui donner un poids immense, c’est la conception qu’il va avoir du monde qui va s’ouvrir à lui et du ciel qu’il va essayer d’imaginer une fois qu’il sera tombé dans le monde. Car c’est tout ce qui lui restera, s’imaginer ce qu’est le ciel.

De ce fait, le disciple entame une pensée dualiste, il contemple le monde dans lequel il est, il l’analyse, il essaie de se défendre et par poussée, inspiration ou intuition, il essaie d’imaginer un monde spirituel, un monde divin. Et pris entre deux chaises, comme vous dites, il ne sait pas toujours doser la part d’effort qui doit être fait sur le monde de la matière ou sur le monde de l’esprit, de même que la part de discernement ou de défense, la part de force qui doit être appliquée sur le monde de la matière ou sur le monde de l’esprit.

À partir du moment ou l’individu entretient une pensée dualiste, tout l’univers de la spiritualité lui semble un mystère, un mystère si immense qu’il ne pourra pas le résoudre de sitôt. Alors il se trouve le besoin d’avoir un Maître et il s’invente comme cela une dépendance, et en haut des Maîtres il place Dieu, le suprême initiateur, celui qui va libérer toutes les âmes. En partant d’une pensée dualiste, on voit un homme qui s’achemine vers une dépendance vis-à-vis d’un système, qu’il soit social, religieux ou philosophique, puis vis-à-vis d’un homme parce qu’il cherche un initiateur et qu’il se l’invente, puis vis-à-vis d’un Maître, d’un Dieu.

Ce qui fait que ce disciple ne peut pas bouger le petit doigt sans se poser la question : est-ce que je fais l’effort correct, est-ce que je dois faire cet effort-là ou celui-là, ce choix-là ou tel autre ? Sa vie devient un véritable casse-tête et la spiritualité lui apparaît comme une véritable énorme jungle, où se cachent plein d’énigmes qu’il lui faudra beaucoup de temps à résoudre. Et il pense, pour qu’il y en ait autant, c’est forcément les Maîtres qui les ont posés là comme des éliminatoires.

Rien n’est plus faux. En fait, il n’est pas besoin que les Maîtres posent de ci, de là, des éliminatoires, des obstacles, des épreuves. Le Maître n’invente rien, Dieu n’invente rien. Il n’a pas posé un piège X ou Y à un moment du chemin de la vie du disciple. Par contre dans la sphère intérieure du disciple, chaque émotion, chaque attitude morale, mentale, chaque débordement vient s’inscrire comme une leçon à apprendre. Ce qui fait que c’est le disciple lui-même qui engendre dans sa sphère intérieure le besoin d’être éprouvé, et il le démontre par l’erreur commise.

Autrement dit, l’homme est celui qui engendre ses propres épreuves. C’est lui qui plante le germe de l’épreuve. Ce n’est pas Dieu qui envoie qu’à tel endroit il y aura une épreuve sur le plan sentimental, sur le plan physique ou sur le plan philosophique. Absolument pas, tout simplement parce que les degrés spirituels n’ont pas été établis comme l’homme l’imagine.

Il faut savoir que du point de vue cosmique un homme commence à exister que lorsqu’il a quitté la matrice de la terre et qu’avant ce départ, on ne peut pas dire qu’il existe. C’est pour cela qu’avant, il n’est pas question de l’éprouver en quoi que ce soit. Par contre, dans sa poche, dans son œuf, œuf que créent son aura et son esprit replié sur lui-même, l’homme va générer des ombres, des trous, des failles et automatiquement il va devoir en boire tout le jus. C’est cela que l’on appelle le karma. Ce n’est pas le fait qu’il existe un seigneur quelconque qui active une loi X pour que l’élève Y soit purifié. Ce n’est pas une loi qui vient d’en haut, c’est une loi qui vient d’en bas. Je dirais même que c’est une loi qui vient de l’intérieur de l’individu.

C’est pour cela qu’en fait, même si Dieu n’existait pas, ou plus, cela n’aurait aucune importance car il y a à l’intérieur de l’homme suffisamment de principes pour que l’évolution continue, pour que l’homme aille toujours vers une purification et un meilleur.

Chaque fois donc que l’homme dit quelque chose, fait quelque chose, pense quelque chose, il ne doit pas imaginer que cela est sans importance, que Dieu lui pardonnera, ou qu’il pourra racheter son débordement en faisant ceci ou cela.

Chaque fois que tu fais un geste, tu plantes une graine dans ton œuf, l’œuf de ton esprit replié sur lui-même pour le temps de ton incarnation. Et chaque fois que tu plantes une graine, la graine va germer et elle va donner un fruit et tu vas vivre avec. Et lorsque tu t’apercevras que son goût est amer, tu ne seras pas heureux de ta vie.

Mais il ne faut pas croire que tous les germes ont des mauvais goûts. Il y a aussi ce que l’on appelle le bon karma, une bonne pensée, un bon geste, une bonne attitude. Ces choses vont engendrer de bonnes graines et vont donner de bons fruits. Ce qui fait que généralement un homme se trouve avec une part de bons fruits et une part de mauvais fruits en lui.

Tout le travail du jardinier, tout le travail du guide en fait, sera d’apprendre à l’homme, dans un premier temps, à ne plus engendrer de mauvais fruits. Donc arrêter la catastrophe, la création négative, et ensuite à arracher les fruits mauvais, sans qu’il ait besoin de les manger, comme le karma vécu inconsciemment conduit le disciple à manger toutes ses négativités.

C’est là, que se posent l’effort et l’ascèse, c’est là qu’entre en jeu le véritable engagement spirituel, l’effort sur soi-même, la prise en charge, la prise en main, la volonté spirituelle.

Il faut savoir qu’il y aura toujours une part de karma que l’homme devra expérimenter, vivre. Donc une part de karma qui le conduira vers des situations inévitables, c’est certain. Mais il y a aussi une autre part de karma qui est là comme une somme d’erreurs sans trop d’importance, qui sont de mauvaises herbes plantées sur le chemin. Là, il faut simplement être bon jardinier et savoir désherber, il n’est pas nécessaire de manger toutes ces mauvaises herbes. Il suffit de savoir se prendre en main et de changer les choses.

L’homme a suffisamment à faire avec le karma inévitable sans qu’il s’oblige à manger toutes les mauvaises herbes du jardin de sa vie, ce n’est pas utile et ce n’est pas la loi.
Par contre, prenez un être fainéant qui ne veut ni se regarder, ni s’analyser, ni se prendre en main, alors celui-là devra manger toutes les herbes, bien sûr et il aura une vie infecte.

Alors à quoi sert la spiritualité ?

Dans un premier temps elle sert à savoir ne plus créer de mauvais fruits. C’est vers cette attitude que tendent toutes les églises, tous les rituels, et c’est pour cela qu’elles paraissent si intransigeantes et qu’elles élaborent de grands livres d’interdictions, tu ne feras pas ceci, tu ne feras pas cela, tu ne penseras pas à ceci ou à cela.

L’homme vit cela comme une grande domination, il se révolte même contre la chose. Mais s’il se révolte, c’est parce qu’il a déspiritualisé le conseil qui était donné soit par les églises ou certains frères ou certains Sages.

Lorsque la société change, lorsque la vie change, automatiquement on déspiritualise le conseil qui avait fabriqué et tenu debout une société, celle qui était avant. C’est pour cela qu’un monde qui avait poussé droit semble éclater dans tous les coins et s’éparpiller. Mais en fait, il faut savoir que ce n’est pas par décadence ou par chute, du moins pas toujours et pas forcément, c’est uniquement par déspiritualisation des conseils qui avaient élaboré la société qui était avant.

Donc, avant que la majorité des hommes accepte de respiritualiser certains conseils des Sages, il y a toujours un petit moment d’égarement où chacun ne sait plus ce qui doit être fait, ou comment le faire, si Dieu existe et de quelle manière, si ce sont les scientifiques qui ont raison. Ce qui fait tous les égarements que tout le monde connaît aujourd’hui en occident.

Seulement il faut savoir que ce n’est pas de l’égarement, les choses n’ont pas changé, les lois n’ont pas changé. Les lois ne meurent pas, la spiritualité ne change pas parce que l’on passe dans un nouveau monde. Les grands principes restent les mêmes. Donc l’homme qui se veut disciple n’a pas le droit de se sentir abandonné, déstabilisé ou sans référence. Ce sont simplement les appréciations morales et mentales qui sont extirpées du concept, du conseil qu’avait donné l’église ou des Frères de Lumière. Ce n’est que le conseil extirpé qui est en train de tomber ou de changer, ce n’est pas le principe.

Donc, toutes les choses restent debout aujourd’hui comme hier et elles le seront encore demain. Simplement il faut avoir l’œil qui regarde un peu plus loin que le concept actuel. Il faut donc passer au delà les idées qui ont mené le monde, le monde social jusqu’à aujourd’hui.

Ce qui veut dire que l’homme doit faire un effort de philosophie. Il aurait pu le faire il y a deux cents ou trois ans s’il avait voulu évoluer un petit peu plus que les autres qui croyaient dans ces anciens concepts. Donc le même effort est à faire à n’importe quelle époque. Il ne s’agit pas spécialement d’une époque comme le passage dans le nouveau monde. Rien n’est spécial dans le ciel.

Par contre sur la terre, oui, il y a des changements. D’un seul coup on ne pratique plus une telle chose, on ne croit plus à telle autre chose, et le monde paraît changer. Mais en fait, celui qui croit que le monde change et autant dans l’illusion que celui éparpillé qui est victime de ce changement. La spiritualité est ce qui ne bouge pas à travers les âges.

Pour entrer en contact avec ce qui ne bouge pas, il faut avoir la sagesse à un moment donné de se mettre au-dessus de ce qui bouge, abandonner donc les concepts traditionnels, les concepts de la masse, qui ont pourtant, par leurs bienfaits, alimenté toute une civilisation.

Mais l’homme est plus qu’une civilisation. Même s’il est bon qu’une civilisation existe, même si son creuset est indispensable et que des évolutions ont eu lieu à travers ces creusets, l’homme est au delà et au-dessus de la civilisation. Il ne doit pas en être esclave, il doit s’amuser d’elle au contraire.

Seulement celui qui est aveugle va être moulé par la civilisation, il pensera comme la civilisation, il parlera, il mangera et il mourra comme la civilisation. Donc, tant que je n’existe pas, je vais exister selon les modèles et les critères d’une civilisation, d’un groupe, d’une famille, d’une nation, d’une idéologie ou d’une église. Mais cela n’est pas de la spiritualité, même si je prends le cas d’exister selon une idéologie, selon une église, cela n’est pas de la spiritualité. Même si l’on se veut méditant, dans la prière, cela ne veut pas dire que cette prière-là est spirituelle. Puisqu’elle est toujours prisonnière d’une dualité et d’une conception dualiste, automatiquement elle reste dans le monde profane, elle ne peut pas emmener l’individu vers la contemplation, c’est impossible.

Donc où doit se poser plus particulièrement l’effort spirituel, quand le disciple veut véritablement en faire un ?

Il doit poser son effort au niveau des conceptions, pas du tout au niveau de ses intestins et faire des lavements pour avoir le côlon propre afin de méditer avec l’esprit plus clair. Il ne doit pas avoir non plus l’effort posé au niveau de son mental pour surveiller ses pensées et répéter des mantras plutôt que de dire des bêtises. Il ne doit plus poser son effort au niveau de son sexe pour l’empêcher de se brandir si c’est un garçon. Tous ces centres-là sont des illusions. Il n’y a plus de problème mental, il n’y a plus de problème sexuel, il n’y a plus aucun problème lorsque l’individu arrive à la conception juste.

Mais tant que la véritable idée n’est pas apparue dans le monde mental du disciple, de nombreux fantômes vont pouvoir l’assaillir et lui mener une vie infernale. Le disciple va enregistrer toutes les pulsions de son corps et s’y identifier. Ce qui fait que la faim va devenir l’occasion d’une jouissance ; la soif, le sexe une occasion de plaisir ; la parole, tout le monde est content de faire de beaux discours et d’être écouté. Tout devient sujet à plaisir ou à déplaisir selon que l’on va pouvoir réussir à se satisfaire ou pas.

Tout cela a commencé à cause de quoi ?

À cause d’une chose toute simple et capitale l’idée juste.

Donc, on pourrait dire en résumé de ma pensée générale, que l’homme n’est rien d’autre qu’une idée qui traverse le temps et l’espace, les formes et les règnes et qu’il doit retrouver l’idée juste.

Tant qu’il n’est pas capable de cette conception juste, il va être entraîné dans des rêves plus bizarres les uns que les autres. Et l’homme va croire à ces rêves et lorsqu’il sera dans le moment de souffrir, il va croire à sa souffrance. Lorsqu’il sera dans un moment d’être heureux, il va croire à son bonheur. Dans un moment il doit être riche, il va croire à sa richesse et à la pauvreté lorsque la pauvreté viendra dans le rêve.

Ce qui fait que la femme va croire être femme, voudra être mère, va s’identifier à ce phénomène et elle va désirer l’enfant. Et si l’enfant ne vient pas, elle en sera malheureuse et elle va prier un Dieu qu’elle imagine, pour que ce Dieu lui envoie un enfant. Mais qu’est-ce que Dieu peut faire dans ces cas-là ?

Considérant la réalité du monde Divin, que représente la demande : je veux avoir un enfant. Cela ne représente rien du tout. Lorsque l’on pense à l’équilibre des mondes, à l’équilibre des continents sur la terre, à l’équilibre des politiques, qu’est ce que cela représente, la demande d’une femme qui se sent seule simplement parce qu’elle ne peut pas occuper son temps avec les cris d’un enfant. Il y a des millions d’enfants dans le monde, alors occupe-toi de ceux qui sont déjà nés au lieu de faire des problèmes psychologiques, des blocages, voire même des maladies parce que le ventre reste plat.

Cela n’a aucune importance, d’autant plus que tu imagines forcément un bel enfant, un bon enfant. Mais s’il te vient un bandit, un scélérat, un être sans respect, qui ne te donnera que de la honte, là, j’en suis sûr, tu ne seras pas du tout contente que Dieu ait répondu à ta demande.

Toute cette quête, toute cette demande et ardeur ne reposent que sur une chose, sur l’identification au statut de mère.

Être mère qu’est ce que cela veut dire ?

Tu veux avoir un enfant, très bien. Tu le voudrais le plus divin possible, très bien. Mais allons plus loin ensemble dans cet acte pour que tu y découvres la véritable raison et non pas simplement le fait de suivre la nature et le beau sentiment que l’on en retire.

Dans un premier temps cela veut dire obéir à une loi, la loi de la nature. Une loi qui dit que tout être qui aura bénéficié d’un corps de par les grâces de la nature, devra en créer un pour une âme qui cherche aussi à s’incarner. Donc c’est avant tout cette loi qui agit dans ton esprit. Mais tu n’es pas simplement l’endroit froid et platonique d’une liste de lois.

L’homme est aussi un être de sentiments, ce qui fait qu’il va sentimentaliser la loi. C’est un acte qui peut parfois être un acte de beauté, mais aussi un acte qui peut devenir un acte d’illusion et d’esclavage. Le fait de mettre le sentiment et l’amour à chaque loi est un acte de beauté si on y ajoute que le sentiment qu’il faut, le sentiment qui suit en même temps la règle du détachement et de la liberté.

En tant qu’être humain, si je veux avoir un enfant, je ne suis pas libre vis-à-vis de la vie, je ne pense qu’à ce fait et toute ma pensée est préoccupée par le désir. Donc mon esprit en tant qu’éclat, éclat de conscience, éclat de spiritualité ne peut pas regarder l’absolu, c’est impossible. Tout le désir occupe la scène et il semble que ce désir soit légitime puisque toutes les femmes ont des enfants. Et c’est le premier piège.
Puisque les autres en ont et que c’est la nature, j’en voudrais aussi, mais cela est un piège. Ce n’est pas parce que cela est la loi pour les autres ou le destin des autres, que cela doit être ton destin. À partit du moment où tu as compris qu’engendrer est un acte de respect et de retour vis-à-vis de la nature et des autres âmes qui attendent pour s’incarner, tu comprends bien que le fait de devenir mère n’est pas si important que cela. C’est un devoir, mais ce n’est pas un moment de bien-être pour toi.

Beaucoup de femmes confondent la joie d’être maman avec le devoir d’être maman. C’est parce qu’elles mélangent dans ce devoir un sentiment trop humain, qu’un beau jour elles ne savent plus être maman. Elles ne savent plus avoir la patience, ou elles ne savent plus s’investir et d’un coup, elles ne veulent plus les enfants.

Le devoir est quelque chose qui se fait depuis un véritable point d’amour, un amour mûr, un amour qui sait être responsable et qui donne chaque jour ce qu’il faut.
Tandis que, si l’individu veut être père ou mère depuis un point sentimental, le devoir ne pourra pas être exécuté. Et l’on voit comme cela des couples devenir de très mauvais parents, parce qu’en fait, ils étaient saisis par un idéalisme trop primaire, ils n’étaient pas prêts pour le devoir d’être père ou d’être mère.

Il y a une énorme différence entre la joie d’être parent et assumer le devoir parental. Tant que l’on confondra les deux, les gens de la terre ne sauront pas engendrer, ne sauront pas élever leurs enfants. Les parents qui engendrent pour la joie d’avoir des enfants peuvent se lasser très vite d’être parents, et très vite ils sentent leurs propres limites, et ils trouvent en eux uniquement l’enfant. Lorsque l’on met deux enfants face à face, il n’y a que des bagarres.

C’est ce qui se passe dans les familles, le père se dispute avec le fils, la fille avec la mère ou vice versa. Mais en fait, ce sont des batailles d’enfants. Si le père est une véritable autorité et s’il fait l’acte de paternité depuis un point de devoir, automatiquement l’enfant ressent l’autorité, une autorité qui est juste, qui est absolue, qui est pour son bien et il ne peut qu’obéir.

Mais s’il voit qu’il doit obéir au père parce que telle est la loi du père, alors la plupart des enfants se révoltent contre ce père et contre cette loi, car d’un foyer à l’autre la loi est différente. Il y a le père qui invente que l’enfant ne doit pas se mettre à table après dix-neuf heures, ou que pour se mettre à table il doit se laver les mains, ou se tenir très droit, les mains sur la table, qu’il ne doit pas parler durant le repas.

Chaque famille va inventer ses propres lois et les enfants sentent très bien que ce sont des lois arbitraires, qui ne sont là, en fait, que pour créer plus de confort aux parents et non pas un milieu de vie pour la collectivité que représente la famille. C’est pour cela que face à cette tyrannie souvent l’enfant se rebelle et souvent tombe malade.

On dit que c’est tout à fait normal que les enfants contractent toutes les maladies enfantines. C’est faux, rien n’est plus faux. Un enfant n’a pas à tomber malade. Jusqu’à l’âge de sept ans, plus que quiconque, il est adombré par un prâna que je qualifierais excessif tellement il en est entouré, et ensuite, même si ce prâna se déverse moins fort, il est de toute façon largement alimenté.

Donc, il n’y a aucune raison pour que l’enfant tombe malade et pourtant les enfants ont toutes sortes de maladies, pourquoi ?

C’est uniquement en réaction à un milieu familial qui n’est pas conçu d’après les lois cosmiques, mais d’après des lois arbitraires, la loi des parents qui veulent le confort ou qui veulent l’enfant comme ceci ou comme cela et le foyer rangé de telle ou telle manière.

Bien sûr il faut un certain nombre de règles, mais ce que les parents doivent avoir à cœur, c’est de découvrir les véritables règles et non pas de les fabriquer pour avoir la paix ou pour avoir raison. On n’a jamais raison sur un enfant. L’enfant est quelque chose de puissamment, je ne dirais pas spirituel, mais disons pur, quel que soit ce qu’il ait fait en tant que réincarné d’une autre vie. Lorsqu’il revient et qu’il n’est qu’un enfant, il est puissamment pur.

C’est pour cela que l’enfance existe à chaque fois, parce qu’elle permet de revenir quelques années durant à un Éden et donc de se refaire quelques constructions plus propres, de se refaire des énergies un peu plus neuves, pour avoir l’occasion de réparer les fautes durant la vie adulte.

Donc, on ne pourra jamais avoir raison sur un enfant et l’enfant est celui qui va sans arrêt montrer aux parents ce qui ne va pas chez eux. Et lorsqu’il ne pourra pas le dire, ou lorsqu’il ne pourra pas se révolter contre les parents, puisqu’il sait qu’il sera puni ou battu, il aura une maladie. Ne voyez pas dans cette maladie l’épidémie que l’on rencontre à l’école ou le fait de la nature. Non.

Je dirais que les enfants par leurs maladies enfantines purgent toutes les injustices des adultes, toutes les injustices qui viennent vers eux et ils s’en trouvent affaiblis dans leur corps éthérique. Étant affaibli, ils sont envahis par des maladies.

Un enfant qui serait élevé dans les principes spirituels avec des parents équilibrés et de justice, cet enfant-là ne serait jamais malade. Il pourrait à l’occasion pour les besoins de son karma, purger quelques maux, mais cela ne passerait jamais par une maladie.

Donc, il faut savoir que si les enfants de notre monde sont malades, c’est parce que les adultes pensent à tort et à travers, agissent à tort et à travers, ont des lois qui ne sont pas celles de la spiritualité. Et tout cela, comme un cancer préfabriqué dans la tête, attaque le monde des enfants et le corps éthérique des enfants. C’est comme cela aussi qu’un beau jour naît une génération d’individus complètement disloqués qui ne pense qu’à la révolution ou à la déchéance ou à ne rien faire.

Parce qu’à force de préfabriquer à ces enfants une coque sentimentale et mentale pleine d’erreurs, automatiquement un beau jour les enfants dignes de cette création vont naître et seront des monstres. C’est normal. Mais il faut savoir que les enfants qui naîtront en tant que monstres, monstres au niveau de la philosophie, du mental, des actions, ce ne sont ni plus ni moins que les anciens parents qui ont avec acharnement construit ces lois. Ce sont donc eux-mêmes qui viennent manger le plat qu’ils se sont préparé quelques générations avant.

C’est pourquoi le monde est bien équilibré, croyez-moi.
Lorsque l’on voit le karma se balancer d’une génération à l’autre, on s’aperçoit que tout est vraiment bien équilibré. Cependant l’homme n’a pas les yeux pour voir le balancement de ces poids et de ces mesures, alors il lui semble que son monde est triste et qu’il devient de plus en plus triste et lourd, alors qu’en fait le monde ne cherche qu’à se purifier, s’alléger.

Comme je l’ai dit tout à l’heure le véritable effort spirituel est à poser au niveau de la conception. Vous n’avez pas besoin de méditer pendant des heures, de vous forcer à cela, ou de prier pendant des heures, vous n’avez pas besoin d’aller chercher des Maîtres, des guides, des Saints. Ce que vous devez faire, c’est chez vous, à chaque instant d’essayer de développer la conception juste, l’idée juste. L’homme est une idée en formation et cette idée doit devenir de plus en plus divine.

On dit que l’homme est esprit, mais qu’est-ce que cela veut dire ?
Qu’est-ce que l’esprit, pouvez-vous me l’expliquer ? Vous me posez des questions mais moi je vous en pose aussi, parce que vous inventez tellement de conceptions, que des fois je suis obligé de vous demander des explications à propos de ces inventions.

Donc vous dites : l’homme est esprit, Dieu est esprit, mais qu’est-ce que cela veut dire ?

Essayez un moment de supposer, d’intuitionner, de dessiner dans l’esprit, l’esprit. Vous vous apercevez que vous ne pouvez qu’abstraire, vous ne pouvez pas définir l’esprit. Vous pouvez imaginer un nuage plus ou moins conscient, mais qu’est-ce qu’être conscient ?
Définissez-moi, ressentez la conscience. Essayez de la sentir ?

Vous allez me dire, j’ai conscience d’être assis ici, j’ai conscience d’avoir chaud ou froid, mais la conscience je ne la sens pas, je ne sais pas ce que c’est.
Alors employons un autre mot. Employons le mot idée. Tout le monde sait ce qu’est une idée, tout le monde peut appréhender, ressentir une idée, tout le monde a des idées à propos de tout, tout le monde sent les idées naître, se développer, soulever des sentiments, des émotions, faire palpiter même le cœur. Donc, tout le monde sait très bien ce qu’est une idée.

Une idée, c’est donc l’interprétation que je fais d’une chose et qui dit interprétation, dit aussi que l’idée dans sa teneur va dépendre de moi, va dépendre de mon tempérament, de mon caractère, de mes expériences passées, de ma disponibilité en cet instant précis. Une idée c’est donc quelque chose qui est produit par une puissance créatrice qui est l’homme et cette production dépend de tout un passé et de tout un présent. Ce qui fait que si par exemple je pense à la mère, automatiquement je vais penser à la mère suivant la mère que j’ai eue, suivant la mère que j’espère ou que j’espérais, et suivant la mère idéale que la femme aspire à être, lorsqu’il s’agit de la femme.

Ce qui fait que l’idée de la mère n’est pas une idée pure, un concept pur. C’est une production qui vient du passé, qui est confronté à un présent et confronté à un idéal, un idéal qui représente pour celui qui pense le futur.
Or, une idée qui est comme cela produite par le passé, le présent et le futur ne peut pas être une essence en elle-même.

Les hommes sont remplis d’idées à propos de Dieu, de la politique, des idées à propos de la spiritualité, mais que sont les idées.
Vous allez peut-être trouver que le sujet ne correspond pas à la spiritualité et pourtant je vous assure que oui, si vous avez la patience de m’écouter, vous verrez à quel point le monde de l’idée est un monde important, un monde primordial. Sans l’idée juste il n’y a pas l’attitude juste, il n’y a pas d’ouverture sur le Divin. Tout est dans la tête, dans la conception.

Qu’est-ce que le monde de l’idée ?

Le monde de l’idée est le monde de l’interprétation. Je suis dans un réseau intellectuel et un réseau de sens. Par ce réseau intellectuel et ce réseau de sens je vais dans le monde et je l’appréhende. Et mon appréhension, selon qu’elle sera agréable ou pas, va devenir pour moi une sorte de loi. Ce qui fait que je vais identifier le chaud au chaud et le froid au froid, mon voisin gentil à un voisin gentil et mon mauvais voisin à un mauvais voisin. De ce fait, petit à petit, il va se créer un comportement. Mon comportement n’est donc pas dû à mes planètes, n’est pas dû à mon caractère, mon comportement est dû à la somme des idées que j’ai créées, et ces idées sont dues à la somme des expériences que j’ai interprétées.

Donc un homme n’est pas un homme, n’est pas un caractère, un tas d’humeurs.