🔥 Conférence 110

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Conférence 110

Question

Comment, en fonction des événements à venir, réagir au mieux dans le quotidien ?

Y a-t-il une différence entre l'énergie dite de transformation et ce que vous entendez par l'énergie de mort ?

Réponse

Bonsoir,

Je vous souhaite à tous la bienvenue. Et pour que vous soyez à l'aise dans la relation avec moi, comme je le dis à chaque fois et comme je le répète donc encore une fois, il ne s'agit non pas tant de m'écouter en ayant soin de tout comprendre, il ne s'agit non pas de m'écouter et essayer de trouver des relations avec ce que vous avez déjà ou étudié ou entendu, il ne s'agit pas non plus de mémoriser afin d'être sûr de vous être enrichi de quelque chose et de pouvoir ensuite le partager avec d'autres, avec tous vos amis. Il s'agit simplement de l'espace de ces quelques minutes vécues ensemble, de découvrir en vous comme un autre espace.

Ouvrir un espace en soi

S'il est vrai que j'emploie pour beaucoup la parole, quelque chose donc qui paraît très physique, s'il est vrai que pour cela vous, vous utilisez l'écoute, quelque chose qui ne semble pas forcément méditatif, il est encore plus vrai cependant que grâce à cette relation où moi je suis actif et où vous, vous êtes passif, vous aurez la possibilité de rentrer dans des états.

Quand je parle d'entrer dans certains états, je ne propose pas toute la séance comme étant une ouverture pour la méditation en vous disant que cette méditation sera la plus belle de votre existence. Je dis tout simplement : profitez de ce qu'il y a des choses que vous ne comprendrez pas, de ce que l'écoute est longue et difficile, de ce que le mental sera tué, de ce que le mental sera massacré, de ce que vous serez révolté pour justement découvrir un autre espace et, grâce à cet espace, peut-être un agrandissement de votre être ou la libération d'une joie.

Chaque fois en fait que j'attaquerai un point précis en vous, soit parce que cela correspond à votre sexe ou à vos idées ou à vos principes, il faudra que vous saisissiez là l'occasion, non pas de me laisser entrer chez vous afin que j'y accomplisse cette destruction, mais il faudra que vous saisissiez l'énergie et que vous remarquiez bien le mouvement qu'elle implique dans votre être.

Chaque fois qu'un individu éprouve que ce soit une émotion ou une idée, et d'autant plus les deux à la fois, il y a une énergie qui circule le long de la colonne vertébrale, le long de tout le système nerveux. Cette énergie peut être porteuse de joie, de fertilité, de vision spirituelle ou bien au contraire peut être porteuse de mauvaise santé, de destruction et d'amoindrissement des cellules.

Ce qui ne veut pas dire que toute la journée il faudra faire le tri entre les bonnes et les mauvaises idées à cause de l'énergie de jeunesse ou de mort qu'elle transporte. Ceci n'est pas un bon choix, parce que tout simplement l'individu essaiera de se cantonner dans ce qui lui est agréable, dans ce qui est paisible.

Il faut aussi savoir assumer les obstacles, les problèmes et les émotions plus fortes et catastrophiques.

Cependant il y a une façon de le faire pour que même à l'intérieur d'une catastrophe, les émotions et les pensées engendrées puissent être des pensées et des émotions de construction au lieu de destruction. Ce qui fait que l'homme peut passer à travers les problèmes de son existence sans aboutir à la quarantième année à une dépression.

Les dépressions voire certaines maladies sont en fait l'aboutissement d'une somme immense de face à face avec des obstacles, des émotions fortes, des situations difficiles à gérer, à négocier. Donc si je trouve le moyen de transformer toute l'énergie provenant d'un obstacle ou d'un problème en énergie de construction, je vais pouvoir passer à travers ma vie comme à travers une bonne vie. Comme si, en fait, je n'aurais eu dans cette vie-ci que les bonnes choses que la Terre offre.

Cependant s'il y a un champ initiatique, c'est bien parce qu'il faut aussi que j'éprouve des émotions dites catastrophiques. Il faut bien que je sois mis face à mes idées qui parfois sont négatives. Je vais donc être face-à-face avec le négatif plus d'une fois dans la journée. Je vais donc devoir même éprouver ce négatif en étant moi-même négatif.

Le négatif

Par exemple lorsque je suis jaloux, ou lorsque je ne veux pas céder, ou lorsque je ne veux pas reconnaître quelque chose, ou lorsque je n'arrive pas malgré mes efforts à me transformer.

Ce négatif fait partie - non pas de la nature humaine, comme si l'homme était né avec le noir et le blanc - le négatif fait partie du mouvement qui existe dans le monde. Cela n'a rien à voir avec la nature de l'homme. "L'homme est né moitié ange et moitié démon" : non !

La nature humaine est absolument neutre.

Seulement le mouvement pour s'exercer dépend d'une friction. Cette friction s'exerce entre ce qui est lourd et ce qui est léger, ou entre ce qui est opposé, comme vous dites vous-même.

S'il y a identification avec le mouvement, par exemple s'il y a identification de ma personne, avec ma jalousie. Alors forcément, je vais être la jalousie. Je vais descendre toutes mes émotions, toutes mes idées à ce niveau-là. Et, puisque je me suis identifiée à ce mouvement de l'humeur, je vais donc en souffrir. Et cela peut déterminer toute une part de ma vie, car à cause de cette jalousie, je vais, ou perdre la personne aimée, ou éloigner mes amis, ou devenir insupportable pour moi-même puisque je n'aime pas éprouver cette souffrance.

Ce que je veux dire, c'est qu'en fait, puisqu'il y a mouvement dans la vie, il y aura toujours une occasion d'être jaloux, d'être insatisfait, d'être malmené, d'être humilié ou félicité. Parce qu'il y a mouvement. Et qu'en plus, il y a mouvement dans la multitude. Il existe des millions et des millions de gens aux comportements imprévisibles, même s'il s'agit de vos proches parents. Donc, mouvement dans la multitude implique forcément qu'il va y avoir du bon et du mauvais, de l'agréable et du désagréable.

Cela ne veut pas dire que votre vie est tout orientée vers quelque chose qui va ressembler au bonheur ou au malheur, ou bien quelque chose qui sera un mélange des deux. Cela n'est pas votre vie, c'est la vie du monde tout simplement.

Par contre, ce qui va être votre vie, c'est la réaction que vous allez avoir à l'intérieur de cette situation qui ne dépend que de vous à ce moment-là et non plus de la multitude.

Puisque je vis avec les autres, entouré par les autres, et que je ne peux pas pré-programmer ces autres, je vais donc devoir trouver le meilleur moyen de vivre avec les autres et parmi les autres.

Et le meilleur moyen de vivre dans la multitude, dans le mouvement, alors que je ne peux pas toujours ni contrôler, ni conditionner, ni prévoir afin de m'ajuster, le meilleur moyen sera de ne pas m'identifier au mouvement extérieur.

Ce qui veut dire que si je reprends mon petit homme qui est jaloux, puisque la jalousie est forcément quelque chose qui va arriver, parce qu'il y a préférence, parce qu'il va y avoir amour ou amitié, et qu'à un moment donné il peut y avoir des problèmes dans cet amour ou dans cette amitié, mon seul moyen pour ne pas devenir esclave de la jalousie alors qu'elle va apparaître naturellement à cause de la situation, ce sera simplement de la regarder.

Regarder

Je la regarde comme je regarde mon voisin, je me mets à la fenêtre de ma conscience, de ma raison, et je regarde cette émotion qui passe comme un passant.

Certaines personnes vous diront que cela peut se résumer au mot détachement, mais tous ces grands mots spirituels je préfère ne pas en faire usage, car sitôt que je les prononce, il y a des concepts fort différents qui s'élèvent dans l'esprit des uns ou des autres. Et je ne veux pas perdre de temps à déterminer le concept exact que j'entends par là. Alors employons des figures composées.

Je regarde. Simplement, je regarde mon émotion.

Comment est-ce que je vais faire pour regarder mon émotion ?

Alors que puisque cette émotion existe en moi, qu'elle a été créée à l'intérieur de mon être, elle est donc déjà à l'intérieur de moi, elle fait partie de mes meubles, comment est-ce que donc par rapport à quelque chose qui est déjà dans mon être, je vais pouvoir me dissocier ?

Tout simplement en construisant petit à petit une identité supérieure à celle que je compose par les réactions que les mouvements du monde me suscitent.

Je m'explique.

Le conditionnement

Quand un homme vient au monde, pour sa survie il est nécessaire de le conditionner. Il est nécessaire de lui apprendre comment est-ce que l'on mange, ce que l'on doit manger. Il est nécessaire de lui indiquer le langage et comment on l'utilise. Il est nécessaire de lui apprendre le travail. Il y a une multitude de fonctionnement qui sont ainsi appris.

Et pourquoi est-ce qu'ils sont appris ? Pourquoi, puisque l'on s'est déjà incarné une multitude de fois, pourquoi est-ce qu'il faut réapprendre à chaque fois ?

Tout simplement parce que à chaque époque le conditionnement est différent. Même lorsque l'on se rappelle des réincarnations passées, on en a une appréciation par rapport à des valeurs d'aujourd'hui. Ce qui fait que l'on ne comprend pas toujours très bien pourquoi à telle époque tel mouvement, telle décision a eu autant d'importance dans les directions karmiques.

Parce qu'à chaque époque il y a des valeurs très différentes, tout simplement, des appréciations différentes, une culture différente, un système nerveux aussi plus ou moins réceptif ou intuitif.

Donc, le conditionnement étant nécessaire, l'individu apprend à vivre en rapport avec l'extérieur, puisque le conditionnement à avoir avec le monde extérieur et avec la communauté.

Ce qui fait que la conscience apprend à faire référence à l'extérieur.

La conscience vis-à-vis de l'extérieur

Par exemple dans le fait de s'alimenter, l'enfant comprend que s'il porte quelque chose à sa bouche, il va ressentir un goût, il va ressentir un bien-être et il comprendra que la croissance dépend de l'alimentation, il sentira les forces augmenter en lui. Ce qui fait que sa conscience automatiquement se rappelle qu'elle doit se nourrir et elle renvoie l'indication à la Matière.

Mais si cela est bon pour les fonctionnements vitaux, cela s'exerce aussi pour la psychologie, comme le fait que tel ou tel critère de beauté, à une époque, rend quelqu'un de très content parce qu'il les possède ou rend quelqu'un de très mécontent parce qu'il ne les possède pas. Ce qui fait que mon comportement va dépendre de l'extérieur, de ce qui à l'extérieur fait la pluie et le beau temps.

Et plus en détail encore, mon comportement va dépendre du regard des autres, du regard de mes amis, de mes proches, de mes collaborateurs ou de mes ennemis aussi.

Ce qui fait que petit à petit, à force de regarder dans le miroir de Pierre, de Paul ou de Jacques pour voir quelle image est-ce que je peux obtenir de moi-même, à force de regarder dans ces miroirs, une certaine identité va être composée. Et ce petit-moi sera le moi auquel je crois, le moi auquel je m'identifie, le moi que j'aime parce qu'il est performant, ou que je déteste parce qu'il n'arrive à rien de bon, parce qu'il n'a pas de brio, parce qu'il ne sait pas parler, parce qu'il ne sait pas exercer un grand métier, parce qu'il n'a pas de grandes jambes ou de beaux yeux.

Cette identité inférieure est donc composée par tous les signaux que je vais obtenir de la société lorsque je suis en mouvement dans cette société.

C'est exactement comme lorsque l'on prend une matière quelconque et qu'on la plonge dans une solution et qu'il y a la réaction chimique. L'identité dont j'ai besoin sera la réaction chimique que mon petit-moi plongé dans cette solution qu'est la société va déterminer.

Ce petit-moi bien sûr n'est pas construit par moi puisqu'il est construit par le bain que représente la société, ce qui fait que je vais m'identifier à ma profession, à mon physique, au timbre de ma voix, la grandeur de mes yeux, à la longueur des cheveux, à la beauté des cheveux, à la beauté de toute ma personne, à mon magnétisme, etc. Toutes ces indications vont composer mon moi inférieur.

Mais lorsque je m'intéresse à la spiritualité ou lorsque je veux tout simplement devenir un peu plus heureux, lorsque je veux prendre les choses en main plus réellement, je m'aperçois que, même si Pierre pense quelque chose de mauvais sur moi, je le sais, j'ai la conviction intérieure que je ne suis pas si mauvais que ce qu'il dit. Je remarque au fur et à mesure que telle personne pensait telle chose de moi et puis au contraire j'ai réagi tout différemment.

Ce qui fait que l'on s'aperçoit qu'il y a des contradictions entre ce que les autres vont penser, dire, établir sur moi et moi.

Et c'est là où l'on commence le problème relationnel.

Le problème relationnel

Parce que si j'étais intégralement tout ce que la société, mes amis, mes collaborateurs pensent de moi, et bien il y aurait un grand jeu d'authenticité, de liberté et tout le monde en fait serait content. Mais où commence le problème relationnel ? C'est qu'il va y avoir une différence entre ce que je pense de moi, ce que je sais de moi et ce que les autres pensent et savent de moi.

Ce qui fait que je vais mettre certaines personnes à distance, que je vais en rapprocher d'autres, que je vais en annuler d'autres. Ce qui fait qu'il y a des métiers que je vais abandonner ou oublier, d'autres que je vais essayer de pratiquer même si je n'y arrive pas.

Il y a ensuite donc tout un jeu qui consiste à se mentir à soi-même ou aux autres pour essayer d'être la meilleure personne possible.

Et dans ce jeu de relations il y a des proies de choix.

Il y a une personne sur laquelle l'on va un jour inévitablement tomber, qui que l'on soit, et qui va supporter le plus gros miroir. À cette personne on va tout exiger !

On va exiger qu'elle soit capable d'admirer, qu'elle soit capable d'être confiante, qu'elle soit capable de faire toutes sortes de choses, les yeux fermés pour soi. Et cette personne sera le seul miroir absolu dans lequel je vais pouvoir me réaliser et m'épanouir. Parce que je l'oblige à l'admiration, à la confiance, etc.

Généralement on trouve cette relation difficile à l'intérieur du couple, tandis que cela ne peut pas vraiment exister au niveau de l'amitié ou de la relation de travail. Je ne peux pas véritablement soumettre l'autre complètement à mes projections, à mes désirs. Il reste trop indépendant. Tandis que l'époux ou l'épouse, selon la faiblesse de son caractère, va pouvoir être psychologiquement complètement soumis. Et il deviendra concave comme un miroir, et je vais donc pouvoir projeter tout ce que je désire y voir. Parce que je vais obliger l'autre à jouer tel ou tel jeu. Ou bien je vais abuser de sa bonne foi, de son bon sentiment ou de sa naïveté.

Ce qui fait que la relation devient tout de suite une relation de pouvoir.

La relation de pouvoir

Et le pouvoir a commencé à naître à cause de quoi ?

Puisque mon déroulement est clair, vous devez pouvoir le conclure vous-même.

L'intervention du pouvoir a été mise en place simplement à cause du déséquilibre.

Tiens, d'un seul coup, il n'y avait plus adéquation entre ce que moi je savais de moi-même et ce que les autres pensaient de moi. Ce qui fait que ce déséquilibre de l'image m'oblige, pour redresser le dos, à faire usage du pouvoir. Et je vais chercher à m'imposer quelque part, ou dans une profession, ou auprès de quelqu'un.

On peut considérer donc que le sens du pouvoir n'existe que par déformation dans le règne humain uniquement.

Lorsque l'on monte la vision et que l'on contemple la vie des initiés ou des Maîtres, on s'aperçoit que la notion même de pouvoir n'existe pas. Le mot peut être employé dans certains livres, mais en fait, le concept que la plupart des gens y attachent est faux. Ce n'est pas une question de pouvoir, c'est une question de cohésion, de capacité pour le Cosmos à se maintenir ensemble, ou de capacité pour l'initier à focaliser sa pensée et à déclencher un processus. Le Pouvoir va avec Cohésion.

Ce n'est pas véritablement une force. La force qui démonte les obstacles ou qui écrase quelque chose. La notion de pouvoir en tant que notion de force n'existe que dans l'esprit humain et par déviation, par déséquilibre. Déséquilibre entre l'image que j'ai de moi ou que je souhaite de moi et l'image qu'ont les autres.

Donc lorsque je m'intéresse à la spiritualité ou lorsque je veux simplement sortir de ce nuage où il ne fait pas bon vivre, quelle identité vais-je devoir construire ?

Je viens de décrire le processus de construction et de maintenance du moi-inférieur. Maintenant nous allons décrire le type de construction et les réalités du moi que j'appellerai supérieur.

Le Moi-supérieur

Et qui est en fait tout simplement votre réelle identité, votre vrai Moi, celui que vous cherchez partout, celui que vous recherchez dans le regard des amis, dans le fait de faire bien quelque chose.

Si l'homme est tellement soucieux de faire bien ce qu'il fait, il y en a qui sont comme cela. Il y en a qui ne sont heureux et qui ne tirent de joie, d'amour pour eux-mêmes que s'ils font bien ce qu'ils font. On appelle ces individus des perfectionnistes, mais en fait ils ne sont pas perfectionnistes. La chose à faire n'est qu'un prétexte pour le déclenchement d'un état intérieur qui est un état harmonieux. Et c'est pourquoi faire quelque chose qui sera mal fait va être insupportable pour ces personnes parce que cela va construire immédiatement un état intérieur qui sera désharmonieux. Et ça c'est insupportable le plus souvent.

Les perfectionnistes ou ceux qui cherchent à bien faire ce qu'ils font sont donc des individus qui cherchent leur Divinité, qui cherchent à déclencher en eux des états plus ou moins agréables, plus ou moins Divins. Mais ces individus étant quand même dans un certain piège, le piège de l'identité, ils ont donc recours à l'image de eux-mêmes pour déclencher cet état intérieur méditatif et Divin.

C'est à dire qu'ils vont obtenir cet état Divin, cet état de joie intérieure en se disant : “Tiens j'ai bien réussi telle chose, j'ai bien fait telle chose, j'ai donc une bonne image de moi, je me sens propre, je me sens droit.” Donc l'état intérieur se déclenche.

Ce qui fait que pendant donc un certain temps, le disciple joue sur son image tout autant que le profane, mais il ne se sert que des positifs de l'image qu'il a de lui.

Qu'est-ce que donc que le Moi ?

Puisque tout le monde est si rempli, si plein, si saturé de moi moi je, moi moi moi, qu'est-ce que donc que le Moi ?

Qu'est-ce qui fait qu'un homme se trouve prisonnier d'un processus qui pousse vers l'identification, qui le pousse à se croire brun ou à se croire Dieu ?

Le processus de l'identification - lorsqu'il est inférieur, je viens de le décrire - lorsqu'il est supérieur appartient tout simplement à une volonté de retrouver les principes originels.

Ce qui fait que l'illusion du Moi va exister. Ce qui fait que je vais sans cesse construire une image de Moi, même lorsqu'il s'agit d'un Moi spirituel. C'est tout simplement parce que je ressens une poussée, une volonté à obtenir des renseignements par des expériences et grâce à ces renseignements à constituer une connaissance. Et voilà le piège ! L'ego petit ou grand, inférieur ou supérieur, profane ou spirituel, n'existe que parce qu'il y a la volonté de connaître.

Alors dans le processus de l'ego-inférieur, ce sera la volonté de me connaître au quotidien. Je me connais par mes cheveux, je me connais par ma couleur de peau, je me connais par ma voix, je me connais parce que j'ai tant et tant de bonnes ou de mauvaises notes à l'école ou parce que j'ai tant et tant de points dans mon entreprise. Je me connais parce que j'ai dit telle chose à tel individu et cela l'a laissé bouche bée. Ou je me connais, mais avec honte, parce qu'à tel moment j'ai plutôt dit telle bêtise et j'étais très gêné. Toutes ces références sont des connaissances de moi mais au quotidien et en relation donc avec le mouvement inférieur de la vie, la relation avec les autres, le terrain lourd.

Lorsque je construis mon Moi-supérieur et que je plonge dans les expériences, que je ramène péniblement ces fameux renseignements, la construction de mon Moi est motivée davantage par les événements intellectuels, plus que par les événements émotionnels. Ce qui fait que l'on voit les hommes être sévèrement coupés en deux, d'une part leur nature émotionnelle et de l'autre part leur nature intellectuelle, leur nature pensante.

Si l'individu maintient trop longtemps cette séparation, l'on voit des individus arriver, que ce soit dans les loges, les écoles, les endroits initiatiques, avec de sérieux problèmes de contrôle d'eux-mêmes. Ils ne sont pas capables de s'administrer eux-mêmes. Il y a, quand ils viennent à l'école, à l'endroit initiatique, la partie pensante qui avance, tandis qu'ils ont laissé la partie quotidienne des émotions dehors. Parce que cette partie-là n'est pas assez mûre, elle n'est pas assez performante, alors ils n'osent pas la ramener à l'intérieur de l'école. Et lorsqu'il y a réaction émotionnelle, ils essayent de dégager l'émotion qui sera ou la plus princière, ou la plus forte par rapport à un autre.

La séparation entre l'homme éprouvant et l'homme pensant vient donc du fait qu'il y a une vie parallèle dans l'homme, la vie quotidienne et la vie de l'esprit. Construction de deux mois dans l'homme, le moi-inférieur et le Moi-supérieur.

Comment faire en sorte que ces vies parallèles se retrouvent, que ces deux mois fusionnent et s'enrichissent l'un l'autre ? C'est là toute la clé de la spiritualité.

Fusionner les deux mois

C'est ce que l'on vous indique depuis tant de siècles, que ce soit grâce aux exercices, que ce soit grâce à la philosophie, que ce soit grâce à la religion, c'est la réunion entre ces deux principes dont il est question.

Mais voilà qu'il y a encore un problème, parce que si cela paraît facile lorsque j'en parle, le faire contient un obstacle. Cet obstacle est léger mais en même temps très lourd pour l'homme.

Il serait léger pour l'esprit si l'esprit seul aurait à résoudre le problème, mais il est en même temps très lourd pour l'homme parce qu'il y a aussi le moi-inférieur qui doit résoudre ce problème.

Réunir les deux identités de façon à ce qu'elles s'enrichissent l'une l'autre et ne se combattent plus, de façon à ce que l'homme devienne une harmonie et non pas un cœur qui aime à droite et une pensée qui dit "non, non !" à gauche.

Il faut tout simplement que l'individu sache identifier ses passions, identifier ses émotions et qu'en les identifiant il lui trouve une place correcte à la mesure juste.

Ce qui veut dire que, dans le flot de la vie, à un moment, je vais prendre connaissance d'une émotion, je vais la connaître. Dix minutes avant je ne la connaissais pas, je ne savais pas de quoi j'aurais pu être capable, en bien ou en mal. Un instant précis, je prends connaissance de l'émotion et tout mon travail va être de négocier cette émotion.

Bien sûr la première fois je ne vais pas négocier cette émotion comme il faut, la plupart des individus se trompent, pour une multitude de raisons : le poids des illusions, l'usure du tempérament, la somme des problèmes déjà endurés. Tout ceci fait que face à une nouveauté, une situation nouvelle, la première fois l'individu ne va pas forcément réagir de façon initiatique. Simplement, je peux réfléchir à propos de la chose et me préparer, la deuxième fois, à remporter la victoire.

Pourquoi est-ce que les émotions semblent être des états sur lesquels je dois prendre pouvoir ?

Pourquoi est-ce qu'il semble que ce soit la nature des choses, le déroulement classique de la vie sur la terre ou de l'initiation sur la terre ?

Parce qu'on pourrait tout simplement me demander mais pourquoi est-ce que l'émotion existe ?

Est-ce que c'était prévu dans le plan initiatique, tiens je fabrique l'Homme, je lui donne des émotions et s'il arrive à les dominer alors il redevient mon Fils ? Non ! Il faut comprendre une chose - je l'ai déjà dit nombreuses fois mais je le répète - qu'il n'y a pas un Dieu qui a prévu un Fils, qui a prévu un Univers et qui a prévu une échelle pour descendre et pour remonter de cet Univers, chaque barreau étant une initiation, ce n'est pas comme cela que cela fonctionne.

Il y a tout simplement une nature qui s'exprime, qui devient à la fois le rocher, l'oiseau, l'Homme ou Dieu, c'est une nature, et c'est une nature extrêmement sensible.

La sensibilité

Qui dit sensibilité, parce que Lumière, dit, automatiquement, selon les règnes habités, d'autres formes de sensibilité.

Par exemple, dans le règne végétal, on peut encore remarquer la sensibilité de la nature Divine par la photosynthèse que tous les végétaux font. Leur capacité à capter le Soleil, plus exactement les particules du Soleil, à les intégrer à leur vie et à les rendre à l'environnement. C'est là que l'on peut remarquer encore la sensibilité.

On remarque la sensibilité aussi dans le règne animal parce que les animaux ont un certain nombre d'émotions et même une pensée à l'état de germe. Quand je parle de pensée, je parle de capacité de déduction exactement. Un animal ne pense pas, il ne dit pas : “Tiens, voilà mon Maître qui rentre pour lui faire plaisir, je vais lui faire un bisou.” Un animal ne pense pas cela. Il déduit, il reconnaît le Maître, il ressent son émotion d'attachement et c'est cette émotion d'attachement qui le propulse vers le Maître et qui le pousse à lui faire la fête. Il ne se dit pas : “Tiens, pour faire plaisir à mon Maître, je vais faire ceci ou cela.”

La sensibilité dans le règne humain est hautement développée.

On remarque la sensibilité dans le système nerveux d'abord. Tout le système nerveux en fait est équipé exactement comme un grand rosier ou une grande belle fleur pour capter la Lumière. Je dirais que le système nerveux est donc l'endroit où il y a photosynthèse mais non pas par rapport à la nature, par rapport à la Lumière cosmique.

Et c'est pour cela que quelqu'un d'intuitif ou quelqu'un qui travaille avec les énergies, que ce soit en étant guérisseur, voyant, clairvoyant ou quoi que ce soit d'autre, cet individu aura un système nerveux beaucoup plus aiguisé et sensible qu'une autre personne.

On remarque aussi la sensibilité Divine en l'homme par l'expression des émotions, une fois qu'il y aura eu des ressentis grâce au système nerveux, grâce au système intellectuel.

Automatiquement des émotions vont naître. Il y a donc d'abord mes sens qui vont fonctionner avant que je sois capable de construire une émotion.

L'émotion

Tout le monde veut tuer l'émotion sous des prétextes spirituels. “L'émotion n'est pas bonne ! Il faut ne jamais avoir de peine, ne jamais éprouver de la jalousie ou même de la bonté parce que même le positif nuit à la spiritualité !” C'est ce que l'on vous enseigne. Cependant en tuant l'émotion, je prétends que l'on tue en même temps l'âme et le principe d'évolution !

La création d'une émotion est quelque chose d'extraordinairement délicat. L'émotion est un aboutissement, c'est une réaction chimique. Si c'est une réaction, cela veut dire que l'émotion dépend d'un tas de petits processus pour avoir lieu.

Cela veut dire donc que les sens sont avant l'émotion. Cela veut dire que la pensée est avant l'émotion. Et que l'émotion est née du mariage entre la pensée et les sens.

On dit souvent que l'émotion est inférieure, certes si l'on en fait quelque chose d'inférieure, mais en soi l'émotion est une création, non seulement utile, mais très belle. C'est une synthèse !

C'est la synthèse par exemple de ma main qui parcourt un tissu, une laine, un bois, un objet d'art et de ma pensée qui contemple cet objet d'art. J'en déduis une émotion, qui est celle de l'admiration, et par cette émotion je suis mise en contact avec la beauté qu'exprime l'objet créé. Mes sens seuls n'arrivent pas à m'induire dans cette sensation de beauté. Mes yeux seuls n'arrivent pas à me faire remarquer qu'il y a de la beauté dans cet objet.

Lorsque je regarde un tableau mes yeux seuls, ma pensée seule ne peuvent pas me dire : “Tiens !Regarde ! Telle couleur est belle !” Impossible ! Parce que pour savoir pourquoi le bleu est beau, il faut que, lorsque mon cerveau a enregistré la fréquence du bleu, il faut qu'il y ait un agent qui interprète cette fréquence. Et cet agent qui interprète ce n'est rien d'autre que cette magie de la vie qu'est l'émotion.

Cet agent qui interprète c'est le manteau inférieur de l'âme, ce manteau ultra sensible qui fait que, notamment et en plus, l'Homme est une grande et belle émotion.

Vous n'avez pas le droit de tuer vos émotions ! Que ce soit au nom de Jésus Christ, de Bouddha ou de qui que ce soit ! Ce n'est pas le langage correctement interprété !

Bien sûr il faut tuer l'émotion, comme il faut tuer le mental, comme il faut tout tuer lorsque vous lisez les livres de philosophie, bien sûr ! Il faut simplement dissoudre les aspects inférieurs. Cela ne veut pas dire que vous ne devez plus être un cœur aimant, une tête pensante !

Si vous détruisez tout en vous, eh bien vous n'aurez même plus d'évolution à accomplir, il n'y aura simplement plus rien.

Si je tue mon cœur, avec quelle énergie je vais monter au Ciel ?
Si je tue ma tête, avec quelle décision je vais monter au Ciel ?

Par contre si je tue les sentiments inférieurs, les idées inférieures, alors là, oui, j'applique les paroles du Bouddha, les paroles de Jésus-Christ, les paroles de tous les anciens. Et je les applique cette fois correctement, et ces paroles porteront du fruit !

Tandis que tant qu'avec mon ignorance je me contente de bloquer tout ce qui peut bouger en moi [...], forcément je vais créer un arbre sec et un arbre tout inversé, tout malade, un arbre infernal qui ne se supportera pas lui-même, et qui dira : “Mais je ne comprends pas, voilà des années que j'essaye de me transformer en spiritualité et je deviens de pire en pire ! Je le constate bien, je ne supporte plus mes enfants sous prétexte. [...] la vie est une vie plus belle que moi, une vie innocente, une vie qui sait encore rire ! Alors pourquoi est-ce qu'une vie qui est belle et encore innocente et encore pleine de joie pourrait m'embêter pendant ma méditation ? Au contraire, c'est une énergie à porter, une énergie en plus que je devrais utiliser pour ma méditation. Mais je comprends aussi mal les choses que dès que mon enfant rit, voilà que cela casse ma méditation !”

Si les choses cassent tes méditations ou tes concentrations, c'est parce que tu es ignorant, tu ne sais pas intégrer les énergies en provenance du monde extérieur, tu ne sais pas intégrer les signaux, tu te concentres simplement sur ton propre carburant et tu essayes de faire avec ça. Et c'est à ce moment-là que, le jour où tu es fatigué, t'étant concentré sur ton propre carburant, eh bien tu t'aperçois que tu n'arrives pas à méditer.

Tandis que même si tu es fatigué, du moment que tu sais intégrer tous les signaux de l'extérieur, tu arrives à te recharger. Si tu écoutes par exemple le bruit de la nature, tu vas me dire : “Mais moi je ne suis pas dans la nature, je suis plutôt dans les carrefours !” Eh bien écoute même le bruit des voitures. Les bruits ne sont pas forcément disgracieux parce qu'ils appartiennent au monde technologique. Il faut savoir tout utiliser, comme il faut savoir se nourrir d'un seul haricot en période de guerre ! Vas-tu laisser cet haricot en te disant : “Mais il n'y en a qu'un, il ne me nourrira pas ?” Non ! Tu le prends et bien content de le prendre !

Alors intègre tout ce qui est dans ton univers que ce soit les bruits des marteaux piqueurs, des voitures, des ascenseurs, des voisins qui crient. Essaye de faire de tout cela un plomb lourd, qui d'autant plus qu'il est lourd va donner du bon or, bien brillant.

Il est très facile de méditer sous un chêne ou sous un saule. Il est très facile de rencontrer Dieu en descendant une rivière restée sauvage. Il est très facile de voir les anges lorsqu'on va au sommet de l'Everest. Mais lorsque tu seras allé au sommet de l'Everest, tu te diras il y a peut-être encore plus d'anges si je vais sur la Lune !

Chaque fois l'homme se conditionne et se limite en se disant : “Dieu ne sera pas dans une cave, Dieu ne sera pas dans une maison close, Dieu ne sera pas dans une gare ou dans un wagon lit, Dieu ne sera pas à l'endroit de mon travail face à ma machine à écrire !”

Ce qui fait que toute la journée tu vas te battre contre des endroits, contre des situations où il te semble que Dieu n'est pas et où il n'y a qu'ennui et stress. Il n'est donc pas étonnant que puisque tu as résisté à ce point toute la journée, en ayant l'impression de combattre les ténèbres, il n'est donc pas étonnant que le soir lorsque tu rentres chez toi et que tu veux méditer, tu n'as plus d'énergie, tu n'as même pas l'envie ! Alors en constatant que tu n'as pas l'envie, tu as honte de toi ; tu conclus à propos de toi que tu es sans ambition, que tout n'est que dans ta tête et que tu ne réalises rien ; tu dis encore sur toi que tu ne seras jamais capable, que finalement tu n'es pas un disciple.

Et c'est à ce moment là où l'idée de trouver un Maître entre dans ton esprit ! Et tu te dis : “Mais si je trouve mon Maître tout ira bien ! Il m'enverra de l'énergie depuis le bout du monde et quel que soit l'endroit où je me trouve, je pourrais faire toutes ces choses spirituelles !” Et voilà que je chasse une illusion avec une autre qui est dix fois plus grande et dix fois plus maladive !

Il vaut mieux que j'ai un sentiment de solitude, que je me sente seul au monde mais que je sache combattre, plutôt que de chercher mon Maître !

C'est cette force dont je voudrais te parler, c'est cette force à laquelle je cherche chaque fois, non pas à t'initier comme si j'allais te transmettre quelque chose mais à t'initier par la compréhension.

Être seul au monde ou du moins avoir le sentiment de l'être, la sensation de l'être. Être seul et vivre quand même, être debout quand même, faire les choses quand même et croire en Dieu quand même, c'est là un niveau initiatique magnifique !

Alors que chercher son Maître et plier les valises pour le trouver, dépenser tout son argent, priver les enfants de vêtements pour aller chercher ce fameux Maître, cela n'est pas initiatique ! Même si toi tu le crois, même si tu en as l'espérance, même si tu me montres, noir sur blanc, que cela fut l'expérience d'autres avant toi, qui en allant à tel endroit ont rencontré tel grand initié et que leur vie en fut changée.

Mais qui te dit que ton destin est le même que celui de monsieur Z ? Ton destin est à toi ! Et le destin actuel de la plupart des occidentaux, ce destin est de devenir un homme debout et responsable.

Un homme qui croit en Dieu non pas parce qu'il l'a rencontré et qu'il en fait son camarade de méditation mais parce qu'il a la force du Bien en lui. Un homme qui croit en Dieu non pas parce qu'il croit en quelqu'un qui va libérer l'humanité, mais un homme qui se dit : “Je vais libérer l'Humanité ! Je vais faire chaque jour ma part de travail et grâce à moi et à cette part de travail effectuée, Dieu va exister sur Terre !”

Alors que le disciple débutant qui fonctionne encore avec une pensée profane attend que Dieu fasse les choses. Il attend que les Maîtres arrivent en rimbambelle, qu'il plante des totems à gauche, des portails à droite, des entrées automatiques pour les bons, des fermetures automatiques pour les mauvais. Exactement comme petit Pierre attend que père et mère rentrent à la maison. On attend Papa Bon Dieu sur la Terre, Papa Koot Humi ou Papa Morya, et on se plaint de ce qu'ils ne viennent pas, de ce qu'ils sont en retard, en train de faire les courses à la Shambhala.

“Qu'est ce qui se passe ? Le chocolat est pourtant à droite dans le placard ! Et moi, pendant ce temps je meurs de faim ! Il faudrait qu'ils se dépêchent de venir, il faudrait qu'ils se dépêchent de venir fabriquer la paix sur la Terre de façon à instiller plus de guerre nulle part, plus d'enfants torturés nulle part !”

Oui, bien sûr ! Ce serait beau si tout était réglé d'un coup !

Et lorsque je vous dis ces choses ne croyez pas que je me moque de vos appels et que je les tourne en dérision, absolument pas ! Nous sommes non seulement au courant de la souffrance humaine, mais nous en sommes au courant doublement parce que nous l'éprouvons nous aussi.

N'imaginez pas que le Maître soit cet être amphibie entre Terre et Ciel, qui arrive aussi bien à flotter dans le Nirvana qu'à effleurer la poussière du sol. Et que, là haut, dans son endroit, que cet endroit s'appelle Shambhala ou quoi que ce soit d'autre, il est comme à l'abri de tout et désintéressé du monde. Même si de temps en temps il envoie un livre, un prophète, un guérisseur...

Un Maître qui reste en relation avec l'Humanité, parce qu'il en choisit la charge, reste en relation avec la souffrance du monde. Et, non seulement il l'éprouve, mais elle circule dans tout son être, comme votre sang circule dans votre corps. Et pourquoi est ce que cela se peut cela se peut ?

Cela se peut, tout simplement parce que la souffrance est une énergie. Lorsque j'éprouve ma souffrance, que ce soit à cause d'un mal physique ou d'un mal intérieur, lorsque j'éprouve cette souffrance, j'émets un rayonnement dans le monde. Et ce rayonnement s'accumule à d'autres rayonnements qui sont en souffrance eux aussi. Et ce rayonnement devient une sève, une sève de souffrance, qui circule dans le corps de la Terre. Et comme les Maîtres font absolument synthèse avec le corps de la Terre, c'est une sève qui circule en eux aussi.

Et c'est pour cela que Jésus vous a dit : “Tout ce que vous ferez à mes enfants vous le ferez à moi-même !” Et c'est pour cela qu'il peut prétendre aussi continuer à souffrir, avec vous, jusqu'à la fin du temps. Et ce n'est pas une parole de religion et une parole de poésie, ce n'est pas une parole d'encouragements comme on tape sur l'épaule de quelqu'un lui disant : “Je suis en pensée avec toi !” C'est effectif, c'est du concret, c'est du réel !

Chaque fois qu'un homme souffre, comme l'homme est une cellule de l'esprit ou du corps du Christ et du Logos de la planète, c'est donc immédiatement ressenti. Le Maître de l'Humanité, ou disons le Père de l'Humanité, ne peut pas ne pas être au courant de ce qu'un de ses enfants vient de mourir ou de naître. Il le sait parce qu'il sent, dans son propre corps, qu'une âme vient d'être activée et qu'une autre vient de retourner dans le sommeil. Tout est connu. Et c'est pour cela que vous n'avez pas besoin de vous faire du souci, lorsque vous pensez à votre Maître, lorsque vous vous dites : “Mais quand est ce que je vais le rencontrer ? Est ce que je ne loupe pas quelque chose en n'allant pas dans cet endroit, parce que peut-être il s'y trouve ?”

Puisque vous êtes contenu vous faites partie du corps du Christ et du Père de l'Humanité, dès que vous aurez la fréquence exacte l'oscillation juste, automatiquement vous allez vous situer à un autre endroit du corps de ce Père de l'humanité. Et c'est en voyageant à l'intérieur de ce corps magnifique ce corps planétaire, que vous allez rencontrer soit des initiés, soit des Maîtres.

Les Maîtres ne se trouvent pas dans l'orteil ! Tant que vous êtes dans le pied du corps planétaire, vous ne rencontrerez que le sol, qu'une vie qui paraît profane est stupide et insensée. Mais dès que part votre oscillation, votre compréhension, votre joie, vous allez commencer à circuler dans le corps du Logos et que vous allez monter dans des organes vitaux du Logos, alors vous allez rencontrer celui qui règne dans cet endroit vital, dans ce chakra du corps. Et c'est comme cela que d'un seul coup vous rencontrez un initié ou un Maître, un initiateur.

Cela ne veut pas dire que l'homme doit absolument se transformer fondamentalement pour rencontrer quelqu'un de lumineux. Il y a de temps en temps des êtres de Lumière qui descendent jusque dans le pied du corps planétaire, jusque dans la vie traditionnelle, donc.

Ce sont des moments où le corps planétaire créé des postures, qui ressemblent étrangement d'ailleurs aux postures de hatha yoga, selon les mouvements du corps planétaire, il y aura une certaine circulation des énergies du Logos. Il y aura par exemple la tête en contact avec le pied, ou la tête en contact avec le ventre, ou la main en contact avec le cœur. Ce qui fait que ces êtres qui normalement ne se connaissent pas, les êtres de la main et les êtres du cœur, au moment où le Logos fait ce mouvement, les êtres vont se rencontrer. On appellera cela des alignements de planètes, on appellera cela des alignements d'Ères, appelez cela comme vous voulez. Mais c'est aussi la danse du Logos. Et par son mouvement, il fait se rencontrer les êtres et les royaumes. Il y a donc un moment où le Logos met sa tête complètement au niveau de ses pieds, et c'est à ce moment là que la Lumière entre dans le monde profane. Qu'il y a la naissance d'un grand messie d'un grand illuminateur. Il est porteur de la couronne à ce moment-là. Et puis il dit, ce porteur, il dit qu'il s'en retourne. Que tout ce qu'il ferait dorénavant ce ne serait plus que par son propre pouvoir et plus par le pouvoir du Père. Donc, il se retire. C'est parce que le mouvement du Logos change. La tête se met désormais ailleurs.

Est ce qu'il faut vivre tout cela comme un esclavage ? “Tiens ? Il y aura de Lumière que la prochaine fois que le Logos mettra sa tête au pied !” Non ! Il faut vivre cela comme une joie et penser que s'il y a des cycles des âges qui dépendent de la danse du Logos, de ses mouvements, rien ne m'empêche à moi, petit homme, petit individu, de monter cette échelle, de monter cette corde où se trouve des endroits de Lumière.

Je peux choisir d'attendre donc que le Logos exécute chaque fois un mouvement différent, ou je peux commencer à danser ma propre danse. Une danse qui est la même d'ailleurs que celle du Logos. Et c'est en faisant en exécutant cette danse moi même, que je vais attirer des énergies qui normalement ne viendraient qu'en d'autres Âges. Je vais pouvoir attirer sur moi l'énergie de la tête du Logos aussi sûrement que si j'attendais les prochains 2000 ans.

Donc, si je peux à ce point intervenir, cela veut dire que puisque je peux intervenir, j'ai le devoir d'être un homme avant tout ! Et un homme qui va savoir vivre son statut d'homme.

J'ai le devoir d'être un homme qui va savoir vivre son statut d'Homme.

Qu'est ce que cela veut dire être un homme ? Exister ? Puisque être un homme cela va être en relation avec un certain nombre d'images, comme j'expliquais tout à l'heure.

Qu'est ce que c'est qui va me permettre d'exister ? Et comment est ce que je vais programmer cette existence pour qu'elle ne soit pas une catastrophe ?

Comme j'ai dit tout à l'heure, en spiritualité l'on va donc favoriser la construction du Moi-supérieur.

Se connaître soi-même

Et la construction de ce Moi-supérieur est inspiré par le fait que l'homme est dépositaire d'une volonté de connaissance.

Au début c'est se connaître soi même, d'après ses cheveux, sa peau ; ensuite c'est se connaître soi même d'après des valeurs ; puis c'est se connaître soi même d'après la nature Divine.

Pour construire cette identité supérieure, je vais devoir contempler ma nature inférieure. Malheureusement, c'est la première étape. Et c'est la plus délicate parce que cela ne plaît pas aux débutants. Ce n'est pas tant parce qu'il faut faire des efforts, ceux qui sont vraiment intéressés par la spiritualité sont souvent assez motivés pour faire l'effort. Mais ce qui brise leur effort, ce qui supprime l'énergie de l'effort, c'est qu'ils se mettent à s'apprécier ou se désapprécier eux-mêmes !

Ils se disent : “Tiens, là je ne suis pas bon pour telle chose ! Ah ! Cette l'aideur m'encombre ! Ah ! Cela me fait un désagrément ! Je n'ose pas me montrer avec ça !” Puis quand ils font autre chose ils se disent : “Non, je n'ai pas été vraiment performant. Bon, je m'en suis pas trop mal tiré. On n'a pas trop vu on n'a pas trop remarqué mes bêtises. Mais quand même, alors voilà encore quelque chose que je vais casser.” Et puis lorsque je vais faire autre chose et que là je vais le réussir brillamment, alors je vais en faire un bruit intense ! Si bien qu'il y aura une énorme dépense d'énergie dans l'appréciation de cette chose faite, pour une fois joliment. Et je vais éprouver une excitation très forte, le cœur va battre très fort, et toute cette énergie va être brûlée dans cette joie inférieure.

Tout cela parce que je m'apprécie ou je me désapprécie moi-même. Automatiquement je brûle les énergies de ma volonté. La Volonté Une n'est pas une volonté de jugement. Le Feu Volonté, le Feu Pouvoir, n'est pas un feu qui doit être utilisé pour : “Tiens je m'aime ou tiens je ne m'aime pas !”

Ma raison peut dire : “Là je n'ai pas fait correctement mais là oui j'ai réussi.” Un point, c'est tout. Tandis que mon Feu Volonté, mon Feu Pouvoir doit rester intact, pour justement accomplir la prochaine fois la chose qui a été ratée maintenant.

Tandis que si je prévois que, par exemple, la situation où j'ai échoué va se représenter dans 15 jours ou dans un mois. Si pendant ces 15 jours ou ce mois, je pense à l'échec que j'ai enduré, je pense au désagrément que cela me fait, je pense aux émotions que cela implique, lorsque j'arrive au moment de refaire l'expérience, j'ai déjà la moitié moins d'énergie pour réussir ! Parce que pendant un mois j'aurais gaspillé ces énergies.

Qu'est ce qu'il faut faire alors ?

Il faut tout simplement, pendant un mois, penser à la tactique pour réussir. Ne travailler qu'avec la tête. Faire un bilan.

Tiens là peut-être si j'avais fait comme cela, j'aurais réussi. Mais cela aurait impliqué de faire cela, cela, et cela, comme autres mouvements. De façon à ce que lorsque je me retrouve dans l'expérience je sois déjà prêt à faire tous les mouvements en question. Alors je réussis.

Lorsque je suis en état d'expérience, bien que l'émotion soit quelque chose d'extraordinaire, comme j'ai dit tout à l'heure, je ne dois pas avilir cette beauté en brûlant l'énergie, en la détournant de son but de construction, pour en faire une jouissance immédiate. Une jouissance qui ne me plaît qu'à moi moi moi le petit-moi-moi.

“Ça me plaît, je me plaîs. À ce moment-là j'ai réussi. Ou bien je ne me plaîs pas, je ne m'aime pas ce moment-là. J'ai échoué !”

L'émotion est quelque chose que je dois, au contraire, situer au niveau de l'appréciation de la beauté et uniquement cela.

L'émotion est comme une antenne pour apprécier la Beauté. Et par cette capacité à apprécier la beauté redevenir sensible à Dieu, tout simplement.

Lorsque j'agrandis ce pouvoir de ressentir la Beauté, lorsque je le pousse aux confins de ce dont il est capable, c'est celui-là seul qui me permet de rentrer en contact avec le Cosmos, de partir très loin pour sentir de quel manteau est entouré Vénus, et pour ressentir la douceur sa chaleur sa transparence. Mais il faut pour cela que mon émotion soit capable de se tendre très haut, très fort, comme une note qui va à l'infini.

Si au contraire je prends la même note et je l'enferme dans un tambour et je tape sur le tambour, eh bien je n'arriverai pas à ressentir ni la vie, ni le cœur de Vénus. Je ne verrai que les bus qui passent, je n'entendrai que les voitures qui claquent, sonnent, et je ne penserai qu'à mon mari ou à ma femme qui vont pour la Xième fois me faire le même problème.

Dès que j'emprisonne la note sensible de ma vie dans un instrument qui est lourd - et cet instrument dépend de mon jugement à ce moment-là - je ne remarque que désolation et ce monde devient très pesant. Et c'est en le remarquant pesant que je me dis : "Tiens peut-être qu'en spiritualité on me donnera des ailes !”

Mais tu te trompes ! En spiritualité on ne donne pas d'ailes ! Au contraire ! Tu as du poids ? On te met dans le vide pour que tu tombes bien au fond ! “En voilà un qui est lourd ! Balancez-le !” Et c'est dans la chute que tu te dis : “Tiens, si je plonge jusqu'au fond, là je vais m'écraser, là c'est la mort, là c'est fini.” Alors tu trouves le moyen de défaire le boulet que tu as au pied. Vite, vite ! On enlève le boulet. On se dit : “Je ne veux pas mourir !” Alors on scie, on scie, on scie, et c'est à ce moment-là que les ailes poussent !

Ce n'est pas parce que tu as rencontré Dieu mais plutôt le Diable non ?

Le Diable

Et voilà que d'un seul coup l'initiateur n'est plus le même...

Tiens ? Et si l'initiateur était celui que l'on redoute ? Et si l'initiateur sentait le souffre ? Et si l'initiateur se trouvait en Enfer au milieu de colonnes de feu ? Et si lui même crachait du feu comme un dragon ? Voilà que cela changerait tout !

Moi qui tous les matins pense aux petits dévas roses et aux petits dévas bleus ; moi qui tous les matins refais la tapisserie de Shambhala, me disant “non aujourd'hui ça doit être du jaune” ; moi qui tous les matins essaye de visualiser Morya ou Koot Humi ou qui que ce soit d'autre dans les plus belles soies... Voilà que mon Père, mon Libérateur, celui qui va libérer mon âme, lui donner sa vie, est rempli de feu et qu'il sent le souffre et qu'il est à l'intérieur de l'Enfer !

Voilà que d'un seul coup, aussi, dans ma tête tout se fracasse !

Mais comment !?! On m'a dit que le Diable était mauvais ! En religion, c'est bien celui qui perd l'Humanité ! C'est bien celui qui est là, chaque fois, tous les soirs, à me pousser dans le lit de ma femme ou de mon mari ! Et à me donner envie des pires choses ! Le Diable, c'est bien celui-là qui se cache chaque fois dans les crèmes au chocolat et qui m'en fait sentir toute l'odeur, jusqu'à ce que je ne puisse plus résister ! Le Diable, c'est bien celui-là qui me fait regarder la télé, la télé, la télé, et que je n'ai plus, donc, envie de méditer ! C'est bien lui, n'est ce pas ?

Tu me demandes...

Eh bien non ce n'est pas lui !

Le Diable n'est ni celui qui te pousse dans un lit, ni celui qui te pousse à dévorer les sucreries, ni celui qui te pousse aux divertissements. Ce qui te pousse à tout ça c'est autre chose. C'est tout simplement ton appétit de vivre et de vivre tout à la fois, comme un tambour et comme la note d'un violon haut perchée.

Tandis que celui qui est l'initiateur et qui te fait si peur, parce qu'on l'a appelé le Diable et parce que l'on n'a rien compris à propos de lui, et parce qu'à travers les siècles on l'a habillé de quelque chose de très différent...

Parce qu'il fallait bien faire peur aux hommes pour les faire avancer ! Il fallait bien les motiver pour aller vers le Ciel ! Si aux hommes avait été enseigné : “Écoute, il n'y a pas de jugement, tu à l'éternité pour faire ton chemin.” Croyez-vous que les individus auraient pensé à s'améliorer ? Non !

Même en les poussant à l'amélioration, même en leur faisant éprouver des peurs pour y aller, malgré cela regardez à quel point les choses vont lentement ! Si bien qu'aujourd'hui encore il existe la guerre ! C'est pour vous dire à quel point le Diable fait peur, n'est ce pas ?

L'Enfer

L'Enfer ne concerne que ceux qui y croient, mais celui qui n'y croit pas, il s'en moque ! Le guerrier se moque complètement de l'Enfer ! Ce n'est pas un moyen de le faire devenir un ange. Il est dommage que, donc, ceux qui tombent en Enfer ce soient toujours les mêmes, toujours ceux qui croient en Dieu finalement. Tandis que celui qui a décidé de faire le mal, parce que cela l'arrange, celui-là ne le connaît pas. Il fait ce qu'il a envie de faire et il ne connaît aucun remord moral. Parce que c'est cela le véritable Enfer : celui dans lequel je me mets moi-même par ma pensée.

*Le véritable Enfer, c'est celui dans lequel je me mets moi-même par ma pensée.

Il n'y a pas une zone dans l'Univers qui s'appelle l'Enfer. Même lorsque je me désincarne !

Lorsque je me désincarne, je me retrouve dans mon paysage intérieur - quel que soit la localisation dans l'Univers que j'occupe à ce moment-là, je me retrouve dans mon paysage intérieur. Ce qui fait que si j'ai passé ma vie à être alcoolique, forcément ce sera l'enfer pour moi, mais c'est un enfer que je me suis construit à force de boire et je m'y retrouve au moment où je quitte mon corps.

Cela ne veut pas dire qu'il y a une couche dans l'astral : "logement spécial pour les alcooliques" ! Et qu'à cet endroit-là il y a les tourmenteurs ! Des tourmenteurs qui prévoient de faire, par exemple, passer des bouteilles jusqu'à ce que l'envie vous vienne à la bouche et que vous ne puissiez jamais les attraper !

C'est un univers qui est intérieur. L'homme, puisqu'il n'a plus de corps, bascule complètement dans son propre univers, un peu comme lorsque vous dormez vous basculez complètement dans votre propre univers. Eh bien la différence entre l'Enfer et le Paradis c'est la même chose une fois que l'on décède : je bascule dans le cauchemar ou dans le rêve, selon ce que j'ai fait, selon comment j'ai aimé, selon ce que j'ai pensé, tout simplement.

Donc si je me souviens bien que l'univers d'ici et l'univers de l'au-delà dépendent toujours en fait de ma création intérieure, comment est ce que je vais juger le Diable maintenant ?

Faisons un petit exercice !

Si ce n'est pas celui qui est dans l'Enfer et qui m'attend pour me griller, qui est il ? Qui est il ?

Cherche un petit peu, avant que je réponde !

J'adore faire cet exercice !

Cherche !

Qui est-il ?

S'il est celui qui est dans le feu et que notamment l'Homme doit être initié au Feu de l'Esprit, immédiatement le Diable apparaît comme le seul initiateur de l'Homme !

Le Diable apparaît comme le seul initiateur de l'Homme.

Comment se fait-il que cet initiateur soit devenu un concept diabolique à travers les âges ?

Tout simplement parce que les religions ont transformé la figure de l'épreuve, la figure de l'initiation, donc aussi la figure de l'initiateur.

Lorsque l'on vous dit : “C'est le démon qui te tente, lorsque tu veux de l'amour ou de la crème au chocolat !” Ce n'est pas un démon qui vient et qui veut te retenir dans son royaume, parce qu'il a besoin de valets, et qu'il fait concurrence au bon Dieu, et que ça lui fait plaisir ! C'est tout simplement qu'en étant vivant et en étant sur Terre et en ayant cette émotion palpitante, en ayant cette conscience ouverte à tout, tu vas immanquablement avoir des désirs ! Désir d'amour, parce que désir de vivre ; désir de chocolat, parce que désir de joie. Mais là où l'initiation intervient, où le Diable intervient, c'est que si tu manges par trop cet amour, ou cette crème au chocolat, tu y deviens attaché. Et à ce moment-là, l'instant initiatique n'est plus un endroit de libération mais d'emprisonnement.

C'est pour ça que l'initiateur est le Diable de l'Enfer ou le bon Dieu de la Lumière, exactement comme une pièce à un côté pile et un côté face.

L'initiation te libère si tu la remportes et elle t'emprisonne si tu la rate.

“Voilà ! D'un seul coup je suis emprisonné ! Et il y a dans ma prison, qui s'appelle gourmandise, moi et ma crème au chocolat, tous les soirs de ma vie ! Et il n'y a pas de gardien dans ma prison. Personne pour m'aider, pour me soulager, pour me tenir sur la chaise et m'attacher les bras ou me bander les yeux. Je suis tout seul ! Ma petite prison et ma grosse crème au chocolat ! Et chaque soir, chaque soir j'en mange.”

Se libérer de l'Enfer

Quand est ce que je vais me libérer de ça ? Quand le démon aura fini de me fabriquer de la crème au chocolat ? Non ! Ça ne sert à rien d'aller étrangler le pâtissier, il n'est pas plus le démon que qui que ce soit d'autre !

Simplement, il faut que, une bonne fois pour toutes, je connaisse, je contemple cette crème au chocolat. Voyons ce qu'elle a de si magnifique pour qu'elle soit capable de me mettre dans un tel esclavage ! Et que ce soit la crème au chocolat ou le désir d'être beau, belle, de bien parler, d'avoir un beau métier, toutes les crèmes du monde !

Je contemple en profondeur cette crème : qu'est ce qu'elle a pour pouvoir me mettre en état d'esclavage ? Et lorsque je contemple bien cette crème, que je la désosse avec ma raison, que je la pèse avec mon jugement, que je rentre dans l'expérimentation avec cette émotion, mais cette fois une émotion qui est pesée et en état de discernement, je découvre tout simplement que c'est une fabrication. Qu'il y a là-dedans un peu de lait, un peu de cacao, un peu de sucre, et qu'il n'y a pas de quoi en faire un monde !

Et je découvre que si je prends ces éléments séparément, je n'ai pas la même attraction ! Si je prends du lait tout seul, je ne deviens pas esclave du lait ; si je prends du cacao tout seul, je n'en deviens pas esclave non plus, au contraire c'est amer ; si je prends du sucre tout seul, au bout d'un moment je suis écœuré ! Mais si je les mélange ces trois éléments, je compose quelque chose qui me met sur les genoux et qui excite ma gourmandise !

La vie est tout le temps comme cela. La vie fait des cocktails. La vie est une grande cuisinière ! Et avec un élément qui pris de façon isolée ne vous plairait pas, mélangé à d'autres éléments ce tout devient appétissant.

Sexualité

Si par exemple je considère l'activité sexuelle toute seule et que je considère froidement. Eh bien quoi, il y a un sexe mâle qui rentre dans un sexe femelle et après ? Pourquoi est-ce que tous les deux s'excitent tellement ? Qu'est ce qui fait que tous les soirs ils y retournent ?

C'est parce que plusieurs éléments sont ensemble. Il n'y a pas, tiens, qu'un sexe mâle qui rentre dans un sexe femelle, il y a d'un seul coup dans ma tête des idées qui passent, des rêves ou des cauchemars. Vous appelez cela les fantasmes.

Il y a donc d'un seul coup, dans mon cœur, des sentiments qui passent. Je me mets à aimer, je me mets à tellement aimer que je veux posséder jusqu'au fin fond des Âges. Et c'est le cocktail de ces trois éléments qui fait que chaque soir j'y retourne, qui fait que je ne peux pas m'en passer, qui fait que lorsque je me regarde le matin dans une glace je me dis : “Encore une soirée où j'aurais diminué Kundalini, c'est pas ce matin que je vais m'illuminer ! Encore, donc, une série de méditations où je vais traîner, traîner ma fréquence physique !”

Mais si je décompose les trois éléments, je m'aperçois que j'arrive à ce moment-là à maîtriser toute la situation. Parce que je vois qu'il y a tout simplement deux sexes qui se rencontrent. Deux sexes qui se rencontrent, cela ne fait pas quelque chose de terrible ! Cela ne fait pas jouir ma voiture quand je lui mets la clef dans la serrure, elle ne klaxonne pas pendant des heures !

  • Rires dans l'assemblée.

Je vous fais rire à propos de la chose mais ce n'est pas pour l'enlaidir. Croyez-moi ! C'est au contraire pour l'embellir encore plus !

Si donc je considère cet élément de façon séparée, que je l'admets comme un fait naturel, et puisque fait naturel, comme une beauté aussi. Puis, je regarde ma tête, parce que c'est là qu'il y a le plus souvent le problème, c'est ma tête ! Ce que je veux, ce que je pense, ce que j'imagine, ce que je rêve ! Ce que je projette, pour compenser. Pour être, malgré tout !

Combien d'individus créent un véritable harcèlement sexuel auprès de leurs épouses ou de leur époux, simplement parce qu'au travail ils n'arrivent pas à la brillance qu'ils espèrent ? Ils n'arrivent pas à être chef de service, comme ils espèrent, alors toute la puissance de leur envie de dominer ou de diriger passe dans la sexualité. Combien d'autres, à l'inverse, parce qu'ils ne peuvent pas dominer n'arrivent pas non plus à exercer leur sexualité ? L'on retrouve les deux tendances.

Donc lorsque je nettoie ma tête, que je me dis : “Il ne faut pas tout mélanger ! Ce n'est pas parce que mon patron vient de faire une mauvaise réflexion, parce qu'il vient de me refuser l'avancement, ce n'est pas parce que je viens d'échouer, à ceci ou à cela, que je dois forcément faire subir mes vagues de pouvoir à mon époux ou à mon épouse !”

Mes idées sont donc un territoire que je dois nettoyer par d'autres idées. Et le plus souvent par la raison, la patience, le choix de justes mouvements.

Mes idées sont un territoire que je dois nettoyer par d'autres idées.

Puis il y a mon cœur, mon cœur qui aime, et qui fait que je suis attiré vers l'autre. Celui-là bien sûr, c'est celui qui fait la meilleure union avec la sexualité. C'est ce qui fait que la sexualité est le plus joliment justifié.

Cependant, mon cœur n'est pas obligé de passer par mon sexe. Il n'y a donc pas seulement le jour où je fais l'amour à ma femme ou à mon époux que je dois me souvenir que je l'aime ! Parce que, dans les couples, c'est le profil le plus rencontré ! Ce qui fait que quand il y a l'amour tout va bien, il y a des mots gentils, il y a des grands projets qui sont faits, et puis, dès que les pieds sont debout dans les pantoufles, eh bien cela ne va plus ! “Où tu as mis ma chemise ! Et pourquoi n'est-elle pas encore repassée !” ou bien l'épouse va dire : “Et pourquoi tu n'as pas réussi tel travail pour avoir un peu plus d'argent !” Et, immédiatement, la tête reprend le dessus et recrée la dispute. On a oublié le cœur !

Le cœur ce n'est pas simplement quelque chose dont on se souvient quand on est dans le lit, il faut s'en souvenir tout le temps. Et surtout en dehors du lit, de façon à ce que, lorsque les amoureux ou les époux se rencontrent, ce soit véritablement un instant de communion, un acte quasiment Divin !

Si le cœur est palpitant toute la semaine, au moment où les époux se rejoignent il y a vraiment un acte d'amour. Si au contraire c'est la tête qui a existé toute la semaine et qu'au dernier moment, à cause d'un regard, d'une petite musique que l'on met, on se souvient qu'il y a le cœur, alors à ce moment-là c'est comme de mauvais comédiens qui essayent vite de rejouer la scène, et ils improvisent, et souvent ce n'est pas bien.

Séparer les éléments

Lorsque donc je veux dominer une situation, je dois séparer les éléments. Et, en les séparant, non seulement j'arrive à exorciser leur pouvoir d'attraction, mais en plus j'arrive beaucoup mieux à me positionner face à eux. Et je deviens profondément humain.

Parce que, par exemple, j'approfondis la qualité du cœur. Parce que, par exemple, je nettoie ma pensée. Je ne fais plus un gros sac où tout s'entremêle et où je deviens terriblement malheureux et où personne ne peut me rejoindre. Je dois dissocier.

Lorsque je comprends cela, lorsque j'arrive à dissocier, j'arrive à trouver en moi ou l'énergie ou la motivation pour sublimer ce que j'ai décidé de sublimer, pour accélérer la spiritualité. Ou bien j'arrive à trouver la corde juste, l'émotion juste, la beauté juste, pour effectuer la chose sans que cela devienne une contrainte vis à vis de la spiritualité.

Et c'est ainsi que je peux conserver ma vie de couple, conserver cette activité sexuelle, si cette activité reste une relation de profond amour avec l'autre. À ce moment-là il n'y a pas d'ombrage vis à vis des Principes de la spiritualité.

Bien sûr, si je veux maintenant aller plus loin que simplement être un Homme le meilleur possible, si je veux arracher le ventre des étoiles et m'installer sur les étoiles, alors forcément il faudra que, en plus que de faire les choses bien, que j'accepte, pour certaines choses, de ne plus les faire du tout. Mais si je poursuis mon regard, ce regard qui transperce les éléments qui composent une situation, alors je peux trouver en moi l'énergie qui me permettra même de [...].

[...] me priver de ma crème au chocolat ou de la nuit avec un être aimé.

Ce qu'il faut, c'est savoir qui l'en est. On ne peut pas décider simplement par que : tiens, on a envie du meilleur pour soi-même, on ne veut pas perdre de temps, alors on décide de se priver de ceci, de cela pour obtenir l'initiation.

Il faut se connaître. Et, pour se connaître, c'est encore une fois, appliquer ce regard qui va séparer les éléments.

Qui suis-je ?

Car pour bâtir mon Moi-supérieur, il va d'abord me falloir connaître ce moi-inférieur.

Qui suis-je ?

Alors je vais faire la liste de tout ce qui me semble évident à propos de mes qualités, de mes défauts, de mes tendances. Lorsque je prends profondément connaissance ainsi de tous mes élans, de toutes mes tendances, j'arrive à mesurer le point exact qui est le prochain point d'évolution. Et j'arrive donc à faire l'évaluation exacte du type d'effort, du type de sacrifice pour aller au prochain endroit.

Je ne peux pas vouloir aller tout de suite à la borne 10 si je ne me suis pas installé d'abord à la borne 4, c'est impossible ! Et la plupart des individus en spiritualité commettent cette erreur !

Griller les étapes

Et c'est ainsi qu'au bout de plusieurs années de méditation, ils se disent : “Je ne suis pas doué !” Ou bien ils recherchent dans leur passé et disent : “C'est à cause de mon père qui m'a battu pendant tout mon enfant. C'est à cause de ma mère qui n'était jamais là quand elle rentrait. Alors maintenant il y a des énergies bloquées qui me manquent pour ma méditation !” Quand ce n'est pas la faute du bon Dieu qui a tort de ne pas venir vous initier. Ce sera toujours la faute de quelqu'un d'autre. Alors que c'est le plus souvent un défaut de position.

Je veux aller à tel endroit, malheureusement j'ai encore un pied qui est largement encore en arrière, là bas de l'autre côté. Ce qui fait que je me retrouve complètement écartelé et que je suis déséquilibré. Et que, sous prétexte de faire de la spiritualité, je trouve que je deviens un être humain de plus en plus sensible, de plus en plus irascible, de plus en plus fragile. Et je me brise sur n'importe quel obstacle ! C'est comme si je ne supportais plus la vie, alors je projette, d'un seul coup, de me réfugier dans les monastères ou de trouver mon Maître et d'en finir avec cette vie, avec cette société, avec ce monde technologique !

Si tu veux d'un seul coup tout rejeter loin de toi, t'enfermer dans les capes de la méditation, les voûtes des monastères, c'est parce qu'il y a en toi le déséquilibre. Tu es déséquilibré. Tu as un pied encore en arrière et tu as jeté l'autre tout devant ! Forcément tu viens de tomber sur tes fesses. Et tu te dis : “Mais oh ! À tel moment j'ai réagi de la sorte, mais alors ça je ne m'attendais pas à ça de ma part, comme quoi il y a toujours un petit démon qui nous pousse à quelque chose !”

Ce n'est ni le démon, ni l'initiation qui a sonné, c'est ton déséquilibre qui t'a fait chuter.

Faire le vide dans sa tête

Alors, commence par purifier ta pensée en ne projetant rien à propos de l'initiation, des initiateurs, ou de Dieu ! Ne t'imagine pas ce que cela peut être d'être dans le Nirvana ! Ne te dis pas : “Je veux la plénitude ! Je veux la paix suprême ! Je veux la paix de l'Esprit ! Je veux voguer dans le Cosmos comme une vibration libre, libre de la Matière. ne projette rien !

Car tout ce que tu pourrais projeter est forcément mensonge par rapport à la Vérité. Car tu ne peux que imaginer ce que peut être le Nirvana. Si je te dis : “Nirvana c'est la Paix”, comme tu connais énormément le malheur, tu vas te dire : “La Paix égale l'absence de malheur, le contraire du malheur.” Mais c'est faux ! La Paix... et déjà rien que ce concept n'a rien à voir avec le fait d'être dans une joie contraire au malheur ! Donc n'imagine rien à propos de l'initiation ou des états initiatiques ! Va dans le Ciel avec une tête propre et une tête vide, c'est le plus sûr moyen pour que tu puisses rencontrer la dimension céleste : une tête vide.

Tu vas me dire : “Mais c'est très difficile d'avoir une tête vide avec tous les livres que je lis !”

Forcément, si tu lis énormément et que tu connais déjà le nombre de boutons que Bouddha porte sur son vêtement, tu ne vas pas pouvoir l'imaginer tout nu, tu ne vas pas pouvoir imaginer son inexistence. Eh bien, je te propose de savoir tout ça et de l'oublier en même temps. De le connaitre et de ne pas t'en servir pour aller au Ciel. Sers-t'en toi-même uniquement pour marcher sur la Terre, pour trouver un peu mieux le Chemin, pour faire le meilleur choix possible entre deux émotions, deux situations. Mais ne t'en sert surtout pas pour aller au Ciel, c'est la plus grande bêtise que tu puisses commettre !

Et j'en veux pour preuve le fait que lorsque ce sera le moment pour toi et que tu iras dans un véritable temple initiatique, où il y a le Maître que tu cherches et que tu imagines, il n'y aura aucun livre. Aucun ! Le Maître à lui seul est le Grand Livre. Et il va te falloir apprendre. Tu devras découvrir comment entrer dans le Maître, pour lire chaque jour une page. Il t'autorisera ou pas à lire cette page, selon que tu seras bien positionné en lui ou pas. Il contient toute la connaissance, puisqu'il a appris le Cosmos, il a appris les Lois. Il n'est donc pas nécessaire d'avoir des étagères remplies de livres. Mais par contre, il va falloir savoir, intensément, faire Un avec le Maître, faire Un avec ce Soleil central qu'il représente, fusionner avec, pour pouvoir l'absorber, de façon à ce qu'en l'absorbant, il révèle ce qu'il contient.

Tant que l'homme vit, donc, en état de séparativité à propos de tout, à propos de la Nature, à propos du Maître, à propos de sa propre âme, à propos de Dieu en personne, il va devoir lire. Ce sera le seul moyen pour lui de savoir quelque chose, d'apprendre à faire les bons choix, d'apprendre un peu à discerner le vrai du faux. Il n'aura plus que sa tête et il ne pourra plus que lire !

Et c'est à ce moment-là qu'il va entrer dans les douleurs. Il va aimer Dieu ou le Maître ; il va chercher Dieu ou le Maître ; il va supplier les colonnes du Ciel de faire quelque chose pour lui, de l'aider un peu et malheureusement il n'aura que sa tête. Et avec la tête, on ne rentre pas au Ciel. C'est là qu'il va souffrir ! Il va lire, dévorer les livres, il va pleurer face au Maître... Mais le Maître sera toujours comme derrière une vitrine inaccessible, flottant, le regard perdu ailleurs, ailleurs où, lui, le disciple, ne regarde pas encore.

Alors tu veux une solution ?

La solution est simple, mais comme toute chose simple, je sais très bien que même si je te le dis, tu ne le feras pas ! Dès que tu sortiras d'ici, tu feras autre chose ! Je le sais très bien, mais je te le dis quand même, j'ai du temps à perdre, vois-tu ?

Alors, comment est-ce que l'on fait ?

Puisque l'on s'aperçoit que le Maître regarde dans un endroit où l'on ne regarde pas encore nous-mêmes, première des choses à faire, cela me semble naturel : regarde dans la même direction que lui !

Au lieu de l'attraper, de le regarder lui, de le vouloir, de l'appeler, de taper contre la vitre, regarde dans la même direction que lui !

Regarder dans la direction du Maître

C'est comme les badauds dans la rue. Pour les choses inférieures, tu sais très bien te comporter. Dès que quelqu'un a le nez levé quelque part, tu le lèves toi aussi. Dix personnes passent et dix personnes vont lever le nez aussi.

Mais pour les choses de Dieu, voilà que, d'un seul coup, tu ne sais plus être sensé, tu ne sais plus être naturel, tu ne sais plus imiter comme tu peux imiter les autres hommes sur Terre.

Regarde dans la même direction que le Maître !

Qu'est-ce que je veux dire ?

Les images sont bien belles mais concrètement, qu'est-ce que cela veut dire ?

Cela veut dire que je ne vais pas quitter l'étoile des yeux.

L'Étoile

Que symbolise l'étoile ?

Réfléchissons ensemble et essayez de trouver, de pressentir, afin que cela s'intègre en vous, essayez de pressentir avant que je dise les choses, si vous avez la chance de pressentir avant que je prononce, alors c'est une parole vivante, sinon c'est un mot de plus, une page de plus, un livre de plus.

Que veut dire l'étoile ?

Il n'est pas nécessaire d'avoir étudié l'ésotérisme pour pressentir le symbole de l'étoile. Alors que se déculpabilise ceux qui me diront : “Mais je n'ai pas lu ! Je ne sais pas ! Je n'ai jamais lu qui soit en rapport avec le symbolisme !”

Regarde bien l'étoile !

Avec ton esprit...

Suis ses arêtes, remonte chaque branche, va jusqu'au sommet, redescend jusqu'à son pied.

Essaye de pressentir sa géométrie. Si tu arrives à faire cela et à la ressentir, tu sauras faire tout autre chose aussi, sans que je sois obligé de te l'expliquer. Tu prendras aussi le cercle et tu rentreras en Dieu.

Suis bien avec ton esprit la forme de cette étoile et regarde à quel point elle est mesure, équilibre, et, surtout, à quel point, sur ses deux branches stables, elle est debout, les bras écartés et la tête droite.

Qu'est-ce que donc l'étoile ?

L'étoile c'est l'Homme Parfait, l'Homme Debout, l'Homme qui dit : “Je suis sur Terre pour être Dieu, pour les autres et pas pour moi-même !”

Si je ne suis pas une étoile déployée, debout, qui réceptionne la Lumière, qu'est-ce que je suis ? Je suis un petit colimaçon, tout replié sur moi-même. Et c'est là que j'appelle Dieu et les Maîtres et c'est là que je demande mon initiation, et que je marque tous les soirs les arguments pour que, dans la nuit, on emmène à Shambhala pour me montrer la Vérité.

Mais si je comprends que c'est vrai, Dieu est une entité à l'extérieur, un Père. Cela réconforte bien de le penser. Mais c'est vrai aussi que Dieu c'est ma propre histoire, c'est mon propre avenir, c'est ma vie, c'est moi, c'est mon déroulement, c'est mon futur. À ce moment-là, j'essaye, du mieux possible, par mon sentiment de responsabilité, puisque j'ai cette connaissance, j'essaye le mieux possible d'être Dieu sur Terre et pour les autres.

Cela me sert à quoi d'avoir trouvé Dieu pour moi ? D'être heureux, moi tout seul, dans mon grand château couvert d'or et d'entendre dans le silence résonner mes propres pas ? Mes pas parfaits certes, mais mes pas solitaires !

Très vite, cette solitude, même au cœur le plus parfait, n'est plus supportable ! Car l'être humain est un chaînon vivant. Et qui dit Vie, dit échange, dit circulation. Et très vite il regarde de nouveau vers le bas et se dit : “Mais je vais faire quelque chose pour ces hommes. Mais surtout parce qu'ils sont Dieu, Dieu enchaîné dans cette illusion. Alors puisque j'aime Dieu, puisque je veux le servir, puisque je le loue, puisque je lui fais tous ces cinémas tous les soirs pendant mes rituels, il s'agirait d'aider Dieu là où il a le plus besoin de moi. Et il n'a pas besoin de moi quand il est Dieu au Ciel, dans son grand carosse, il a besoin de moi quand il est Dieu-enfant dans le ventre de la Terre et qu'il ne sait pas comment naître et que l'accouchement est difficile ! Et que, quelquefois même, il risque d'en mourir, tellement il ne sait pas comment est-ce que l'on renaît à soi-même !

Si j'aime Dieu c'est pour l'aider à ce niveau-là de son existence. Et si j'ai un peu de respect pour moi-même, pour mon statut d'être humain devenu conscient, si je veux pouvoir me regarder chaque matin et dire : je suis conscient, je ne peux pas m'empêcher de regarder les autres.”

Donc, pour tout individu qui voyage le long du Chemin de la spiritualité, dès qu'il aura abouti à quelque chose, la première Loi sera de donner ce qu'il a trouvé.

Donner

Même si vous vous considérez comme étant des débutants, vous avez déjà trouvé une multitude de choses dans la vie. Vous avez peut-être trouvé une certaine philosophie ; vous avez trouvé comment juger telle ou telle situation parce que vous y êtes passé vous même ; vous avez trouvé comment négocier avec telle ou telle émotion parce que vous l'avez éprouvée ; vous savez comment se comporter en société ou vous savez comment imaginer telle ou telle chose... Vous avez appris, vous avez des connaissances, donc donnez-les ! Donnez-les aussi souvent que vous le pouvez !

Mais bien sûr il y a une façon de donner, il ne faut pas arriver et donner son cours magistral à propos de comment on divorce ou comment on se marie, alors que vous-même tout ce que vous avez appris du mariage c'est qu'il faut supporter sa femme telle qu'elle est. Parce que chaque soir elle vous fait des scènes ! Si bien sûr votre propre mariage n'est pas parfait, au moment où vous allez discuter de comment choisir l'époux, vous serez bien malvenu et l'on se moquera de vous.

Ce qui veut dire - et vous pourrez le penser alors - que, puisque, si je n'ai pas maîtrisé telle événement, je peux savoir comment on le maîtrise mais que je ne l'ai pas maîtrisé dans les faits, alors est-ce qu'il faut que je me taise ?

Je dirais simplement que vous vous compliquez toujours la vie. Il faut agir avec humilité. Et, lorsque l'on agit avec humilité, on peut porter témoignage, même à propos de l'échec que l'on endure, si cela est fait avec humilité et tempérance.

On peut dire : “Ben tu sais, je ne suis pas l'exemple le plus vivant de ce que je vais te dire, mais c'est justement parce que je représente l'échec de telle ou telle situation que je peux te dire qu'il est capital que tu fasses ça et ça, sinon tu auras les mêmes douleurs que moi.”

Sitôt que l'on veut instruire, il faut être très humble.

Sinon soit les individus se moqueront de vous, soit vous serez démenti par la Sagesse elle-même parce que la Sagesse essaiera de casser votre orgueil, cette fausse instruction que vous donnez.

Enseigner réclame toujours beaucoup d'humilité.

Mais qu'est ce que l'humilité ?

L'Humilité

Que ce soit pour enseigner un enfant comment manger avec une petite cuillère, à des élèves comment apprendre la géographie, à son propre enfant comment se conduire dans la vie, ou à des individus comment ils peuvent estimer Dieu, c'est le même enseignement et cela réclame la même humilité. Mais qu'est ce que l'humilité ?

L'humilité sera de faire passer cette connaissance d'abord, sans jouer un rôle par rapport à la connaissance que l'on donne.

Sans donc faire intervenir l'image et dire : “C'est moi qui sais et je vous dis ! C'est moi qui connais et je vous instruis ! C'est moi qui sais donc obéissez ! Faites comme je dis !”

Il faut être celui qui, anonymement, transporte l'eau ou la perle, en sachant bien que c'est cette perle qui est importante et pas le porteur.

Mais beaucoup de porteurs se remplissent de nacre beaucoup plus que la perle ! Et ils n'ont en fait qu'un caillou des fois à donner. Et vous avez raison d'être très suspects, d'avoir toujours des doutes quant à tel auteur, tel instructeur, voire même tel ou tel initiateur, parce qu'il y en a tellement qui ne donnent que des cailloux !

Mais, comme disait Jésus, car j'aime faire référence à ses paroles : que celui qui est sans péché lui jette la première pierre !

Donc on ne doit pas se moquer non plus de ces gens-là. On ne doit pas constater une illusion pour tomber soi même dans une autre illusion et puis devenir rouge de rire tellement que l'on se moque de cet individu. Il faut simplement le laisser à son rêve.

Il faut être conscient, donc, de la perle que l'on porte et non pas du fait que l'on n'est porteur de la perle.

Et cela a lieu et peut avoir lieu très facilement, sitôt que l'on n'est plus piégé par le système des images. Sitôt que l'on n'a plus envie d'exister mais que l'on veut simplement faire circuler l'existence. Sitôt que l'on n'attend pas d'avoir une image de soi, un statut à propos de soi, mais sitôt que l'on veut partager la vie découverte avec les autres.

La différence qu'il y a entre le vaniteux, l'orgueilleux et un homme simple, un homme de vérité, un homme sans vanité, c'est que l'un désire exister. Et puisqu'il va tirer un certain plaisir à cette existence, il va donc essayer de s'entourer des meilleures images possibles. Il va désirer les meilleures références possibles. Il y a donc, lui, qui va désirer exister et l'autre qui ne désire plus exister mais qu'il passe tout son temps à faire exister les autres.

La différence qu'il y a entre le vaniteux, l'orgueilleux et un homme simple, un homme de vérité, un homme sans vanité, c'est que l'un désire exister et que l'autre ne désire plus exister mais qu'il passe tout son temps à faire exister les autres, à faire circuler l'existence.

Il passe tout son temps à donner la vie aux autres, la parole aux autres, l'initiation aux autres, le réconfort aux autres, tout ce qu'il peut donner, tout ce qu'il a compris.

L'orgueil n'existe pas simplement parce que : “tiens ! Voilà un piège que Dieu avait prévu !” La fierté, la vanité, toutes ces choses existent simplement parce que l'homme désire exister et qu'il tire plaisir face à son image. C'est une autre jouissance.

Lorsque l'on est suffisamment intelligent - car c'est un acte d'intelligence à ce moment-là - lorsque l'on est suffisamment intelligent pour ne plus vivre d'après les plaisirs personnels que l'on tire vis à vis de sa propre image, on peut commencer vraiment à être un disciple.

Être suffisamment intelligent. Être un disciple.

Cela se passe comment ?

Cela se passe tout simplement parce qu'en étant vide de toutes ces illusions, de toutes ces images, les énergies vont déclencher, à l'intérieur de l'individu, un processus d'aimantation. Cette aimantation le met en relation avec le Maître, avec l'initiateur.

Plus je me vide à propos de mes images entretenues par moi-même pour moi-même, plus je déclenche l'aimantation qui me permet chaque jour de me rapprocher de l'initiateur. L'aimantation devient d'autant plus forte que le vide existe à propos de mes images.

C'est pourquoi, chaque fois que je fais sacrifice de ma vanité, chaque fois que je fais sacrifice de mon orgueil, il me semble monter d'un cran dans l'Univers.

Chaque fois que je fais sacrifice de ma vanité, chaque fois que je fais sacrifice de mon orgueil, il me semble monter d'un cran dans l'Univers.

Et non pas parce que : “Tiens ! Voilà que j'ai de l'énergie ! Voilà que Kundalini a pu monter un petit peu.” Non ! C'est au contraire parce que vous vous êtes rapproché, l'un comme l'autre, vous comme votre initiateur, vous vous êtes rapprochés.

Et son feu, son rayonnement, commence ainsi à circuler à travers vous. Longtemps avant que l'on puisse rencontrer le Maître, le rayonnement du Maître circule à travers vous. Exactement comme un petit arbre qui commencerait à pousser sur un grand arbre, la sève du grand arbre circule à travers le petit arbre qui pousse. C'est même ce qui fabrique sa croissance, c'est même ce qui fabrique toute sa vie.

Puis, lorsqu'une certaine croissance est atteinte, il y a séparation. Le petit arbre, pop, s'enlève et il peut prendre racine dans la terre du Paradis, ses propres racines. Mais, avant cela, il était sur le corps du Maître, le corps spirituel du Maître. Et c'est ainsi que l'on peut voir des grands arbres de Lumière - que, vous, vous appelez les Maîtres - ces grands arbres portant sur leurs flancs une multitude, une forêt de petits arbres naissants, qui sont Pierre, Paul, Jacques, vous, elle... Tous ceux qui aspirent, tous ceux qui essaient de faire de leur mieux. Et chaque fois qu'un petit arbre est assez nourri, qu'il a rempli suffisamment de fonctions, qu'il commence à connaître un petit peu l'Univers, il peut construire ses propres racines, il les plonge dans la Terre, il devient lui-même un arbre. Il ne peut pas tout de suite porter d'autres arbres, il doit encore poursuivre sa croissance.

Et c'est ainsi que l'on peut imaginer Shambhala, non pas rempli de toits magnifiques et de temples extraordinaires, mais comme une grande forêt de Lumière avec des arbres majestueux et tout illuminés, comme les arbres de noël.

Que faire dès demain ?

Tous ces discours sont peut-être beau à entendre mais que construire avec eux dès demain ?

Vous ne pourrez rien construire si je n'ai pas réussi ou si vous ne m'avez pas suffisamment permis de casser en vous le processus de l'image !

Casser les images

Même si vous n'avez retenu que cela ce soir, il faut que cela soit incisif en vous :

Je casse les imagesa ! Je casse le miroir !

Cela veut dire quoi concrètement ?

Eh bien, cela veut dire que je ne vous donne aucune méditation, cela veut dire que je ne vous donne aucun renseignement ni sur Shambhala, ni sur l'avenir de la Terre, cela veut dire que je ne vous donne rien ! Sinon que le conseil, dès demain, lorsque vous passez vos vêtements, de ne plus être l'esclave de votre image, de votre allure.

De ne plus mettre vos chaussures parce que ces chaussures vous font un joli pied, mais parce qu'elles sont belles.
De ne plus mettre votre chemise parce qu'elle vous fait belle allure, mais parce que la chemise est belle.
De ne plus vous coiffer parce que les cheveux ainsi mis vous donnent belle allure, mais d'aimer vos cheveux parce qu'ils sont beaux.

Sitôt que vous vous appropriez la beauté de quelque chose pour servir votre propre image, alors vous êtes dans le malheur.

Car sitôt que vous n'aurez plus la paire de chaussures magnifiques, vous allez vous dire : “ Mais ! Je ne peux pas descendre dans la rue mon Dieu avec ces vilains pieds ! Je ne peux pas porter telles espadrilles ! Mon Dieu, ce n'est pas élégant ! Je ne veux pas me rendre à tel endroit avec ces godillots ! Mon Dieu que c'est vilain !” Et ainsi, c'est comme si toute votre crédibilité était en jeu. C'était comme si tout votre passeport, le passeport pour être accepté par les autres, était en jeu.

Je suis accepté par moi-même, je suis mon meilleur ami. C'est déjà beaucoup ! Si je ne suis pas accepté par les autres, tant pis ! Mais tant que je ne suis pas accepté par moi même, même s'il y a des milliards d'individus dehors qui m'acceptent, je me trouverai toujours quelque chose, chaque matin, qui ne va pas. Que ce soit le café trop sucré, ou l'horloge qui avance, ou mon pantalon qui est serré, ou les cheveux qui ne sont pas comme je veux, ou la voiture qui n'est pas comme je veux, il y aura toujours quelque chose qui n'ira pas.

En fait ma course pour être accepté par les autres, aimé par les autres, me démontre ceci : c'est que finalement, quand je suis chez moi cela ne compte plus, et que je me retrouve seul avec mon propre malheur. Et c'est pour cela que la plupart des gens ne peuvent pas rester chez eux, il faut toujours qu'ils sortent. Parce que pour s'aimer, pour être bien, pour être heureux, il leur faudra rencontrer les hommes [...].

[...] éprouver du bonheur à être seul, alors tu pourras dire que tu as brisé les images.

Si, au contraire, au bout de quelques heures, tu commences déjà à vouloir téléphoner à tel ami ou à écrire à tel autre ou bien à entretenir ton journal personnel, à ce moment-là, tu contemples à quel point tu es malheureux avec toi-même, donc à quel point tu dépends des images pour exister.

Tu veux un travail spirituel ?

Fais celui-là : essaye de rester trois jours tout seul, sans aucun son, avec ta seule présence !

Et tu verras à quel point toutes les images vont remonter depuis tes profondeurs. Tu verras à quel point tu auras besoin d'entendre du bruit, à quel point tu auras besoin de voir, ne serait-ce que passer un chat, et mon Dieu ce chat à ce moment-là représentera toute la présence de Dieu. “Tiens, voilà un autre être vivant !”

Si tu arrives à rester seul, alors tu es prêt pour la méditation.

En fait, vois-tu, si vraiment je voulais travailler à des exercices spécifiques sur la Terre, c'est ce que je ferais. Avant d'enseigner quel que soit l'exercice de méditation, avant de l'enseigner, je demanderais une isolation de trois jours pour tous les aspirants. Dans ces trois jours, la mémoire se nettoie.

Tu as envie de pleurer ? Pleurs !

Tu n'arrives pas à te séparer, par exemple, d'un souvenir. Ce souvenir va revenir et t'harceler. Eh bien, laisse-le, laisse-le se débattre ! Il doit sortir hors de toi. N'essaie pas de l'étouffer avec de la bonne musique. Tu le laisses sortir. Et lorsque tout sera sorti, tu pourras commencer la méditation parce qu'il n'y aura plus d'image.

En fait, si tu essayes de méditer et que tu es rempli d'images, tu vas méditer automatiquement sur une image qui est l'image de Dieu, l'image du Maître. Tu vas imaginer ce que peut être Dieu, le Dieu que tu cherches et ce que tu vas trouver quand tu vas le rencontrer. Tu vas imaginer le Maître. Et plus tu auras son portrait, plus tu seras content.

Alors que le meilleur portrait du Maître, sais-tu ce que c'est ?

Une feuille blanche et un point noir au milieu.

C'est ça le meilleur portrait du Maître.

Un infini et un éclat de Lumière dans cet infini.

Tu n'as donc pas besoin de t'entourer des portraits les plus vrais ou les derniers reçus pour être sûr d'être affilié à une réalité, à une confrérie. Non seulement la confrérie te connaît, puisque tu t'es animé d'une volonté, mais en plus c'est elle qui dirige le jour de la rencontre. Tu n'y es pour rien... Si ! Tes efforts y sont pour quelque chose ! Mais tu ne peux pas déterminer.

Alors débarrasse-toi de toutes les images, de tous les niveaux ! Que ce soit l'image de Dieu, l'image du Maître, l'image des crèmes en chocolat, mais aussi tes propres images, ta personnalité.

Et lorsque tu seras allé au bout de cette épuration, même si tu ne t'es jamais assis un quart d'heure pour faire un exercice de méditation, tu seras en état de méditation, je te l'affirme !

C'est quelque chose que je te prononce en l'affirmant très fort !

L'exercice de méditation n'est pas absolu ni nécessaire ! Ce n'est pas la voie !

Tu peux faire une méditation tout aussi bonne mais active, mais plus difficile parce qu'elle est celle de la purification.

Je dissous les images, toutes les images !

Je crée donc en moi une pensée tellement pure, que même si je ne me suis jamais mis une seconde en méditation, ma pensée est semblable à l'Esprit de Dieu.

Souvent je t'ai dis : cultive la pensée pure !

La Pensée Pure

Mais qu'est-ce qu'une pensée pure ?

Une pensée qui n'est plus agitée par les images, plus aucune image.

Ni la nécessité d'être beau ou belle, ni la nécessité d'avoir un grand métier, d'avoir de l'argent, de voyager pour s'évader, ni même la nécessité d'obtenir l'initiation, de rencontrer son Maître, de connaître Dieu.

Plus rien !

Il y a tout simplement la Présence, un instant qui devient éternel.

Et c'est ça, méditer, c'est ça, être Dieu.

Tu es constamment Dieu, on te l'a dit très souvent. Mais ce qui te fait être un homme, c'est que tu es Dieu en train de penser qu'il est Pierre ou Joséphine, qu'il est femme ou homme, qu'il s'habille bien ou mal, qu'il ferait mieux de mettre tel pantalon plutôt que celui-là, qu'il ferait mieux d'avoir telle voiture plutôt que telle autre, tel métier plutôt que tel autre, qu'il aurait préféré telle époque plutôt que celle-ci. Sitôt que la Divinité pense toutes ces choses, elle les devient et, à ce moment-là, il y a le malheur.

Alors si tu veux produire une méditation intense et réelle, ne t'assois jamais, ne médite jamais, n'écoute aucune instruction, ne lis aucun livre, mais je t'en prie, essaie d'avoir une pensée pure ! Dissous toutes les images ! Et si tu ne fais que cela, tu arriveras exactement au même niveau initiatique que celui qui aura lu tous les livres, médité tous les jours et fait des efforts insurmontables sur sa nature inférieure.

Quel chemin te semble, non seulement le plus facile, mais aussi le plus sincère ?

C'est bien celui qui consiste à dissoudre les images, n'est-ce pas ?

Alors ne t'imagine plus rien à propos de la difficulté de la spiritualité !

Intègre ta famille dans ta méditation ! Intègre le bruit du foyer, le bruit du frigo, le bruit du quartier, le bruit des enfants ! Intègre tout cela ! Et tu verras que, non seulement ton paysage va devenir beaucoup plus riche de sons, d'énergies, mais qu'en plus ce paysage va s'embellir parce que tu y introduis toi-même la spiritualité. Tu n'interdis plus au paysage de rentrer dans ton monde spirituel. Tu lui dis : "Bienvenue !". Il rentre et il s'en trouve enrichi. Et, puisqu'il en est enrichi et puisqu'il reste quand même ton paysage, alors tu as face à toi un paysage qui est plus riche et c'est un confort réciproque !

Si tu n'intègres pas ta vie à la spiritualité, ta famille à la spiritualité, tous les bruits de ton quartier à la spiritualité, alors tu continues à vivre une spiritualité qui rêve, qui idéalise, qui met Dieu toujours plus loin. Parce qu'il y a toujours plus de bruit et qu'il est donc toujours plus difficile à atteindre. Et tu rends ton paysage, ton environnement, encore plus infernal chaque jour. Et tu le transformes en une agression perpétuelle sur toi-même. Et, à force d'être agressé, c'est vrai, tu finis par avoir besoin de repos. Et si tu n'as pas assez d'argent pour avoir ce repos, alors tu deviens malade. Et lorsque tu es malade, tu vas courir les guérisseurs et tu vas chercher le remède miracle et tu vas demander au Maître et à la Sagesse : “Pourquoi est ce que cette maladie est arrivée dans ton corps ?” Et tu vas dire : “Mais qu'est ce que j'ai fait au bon Dieu pour mériter cela ? Ça ne suffisait pas d'avoir tous les bruits du quartier, mes enfants qui ne me comprenaient pas, mon mari ou ma femme qui ne me suivaient pas, il faut en plus maintenant que je sois malade !”

Alors, si tu ne veux pas t'avouer vaincu malgré tout tu diras : “C'est la dernière initiation la plus dure mais c'est mon initiation !”

Ce n'est pas ton initiation ! C'est le dernier pas, le dernier geste de ta bêtise ! De ta mauvaise interprétation ! Ça, oui !

Regarder ses propres erreurs

Mais combien de disciples sont capables de contempler leurs propres erreurs, très peu, très peu ! Parce que c'est le rêve qui compte avant tout. Alors, dès que le rêve ne peut plus cadrer avec la réalité, on se trouve des ponts, on se construit des passerelles pour faire cadrer la chose quand même !

Celui qui croit que, par exemple, tout est prévu, tout arrive dans un déroulement logique, inébranlable et pour le bien chaque fois, celui-là ne s'expliquera pas pourquoi à tel moment, alors que pendant des années il a cultivé la pensée positive, qu'il a été généreux autant qu'il l'a pu, pourquoi est ce que ce moment X, un bandit arrive, dévalise complètement son appartement. Il essaie de trouver là quelque chose d'initiatique, son rêve ne colle plus avec la réalité.

“Tiens, j'ai été positif, généreux, courageux, méditatif, et paf, quelque chose de négatif m'arrive ! Ha ! Ça, ça ne va pas !” Alors il se dit : “Ça doit être initiatique, peut-être je ne suis pas si généreux que ce que j'imaginais et les Maîtres veulent tester si oui ou non je suis avare, attaché à ma télévision et à mon canapé !”

Réfléchis une minute, s'il te plaît !

Pourquoi veux tu que du fin fond de l'Himalaya un Maître ait l'esprit assez mesquin et tordu pour commander un voleur pour qu'il aille te cambrioler le canapé et la télévision pour voir si tu étais attaché à la télévision ?

Si un tel Maître existe il a vraiment beaucoup de temps à perdre, mais surtout cela veut dire qu'il revend des meubles ! Ça c'est certain ! Plus qu'il est un Maître, il est vendeur de meubles, je t'assure ! Alors plutôt que de chercher l'instant initiatique, va à la police et déclare ton vol !

Lorsque le rêve ne cadre peu avec la réalité, tout de suite on fabrique des passerelles. Et ce sont ces passerelles, accumulées les unes aux autres, qui un beau jour bouchent complètement l'accès au Ciel.

Parce que l'accès au Ciel vois-tu c'est juste un pas par dessus l'abîme, c'est tout !

Et si, pour faire ce pas par dessus l'abîme, au moment de le faire, tu t'aperçois que tu as construit dix étages de passerelles empilées les unes sur les autres, eh bien le pas n'est plus possible ! Il te faut monter les dix étages pour passer par dessus et chuter d'autant plus d'étages ensuite de l'autre côté. Et c'est ce qui se passe !

L'homme essaye de se surpasser, de se surpasser, il met des passerelles, il se surpasse encore... Je trouve qu'il y en a qui ont vraiment beaucoup de courage ! Et s'ils n'avaient pas employé la mauvaise méthode pour aller vers Dieu, il y seraient déjà arrivé avec le courage qu'ils ont.

Et lorsque tu te trouves en haut de la somme de tes passerelles, il y a la chute ! Voilà que d'un seul coup lorsque tu rencontres un initié ou quelqu'un qui sait quelque chose on te dit : “Mais non. Tu sais ? Ça, ce n'est pas la vérité.” Et voilà que, d'un seul coup, tu toooombes !

Et parfois, tomber même n'est pas possible, parce qu'au moment de la chute tu vas chercher à attraper une passerelle, parce tu vas te dire : “Mais ce n'est pas possible que la réalité que la vérité soit si contraire à toutes ces passerelles que j'ai construites !” Alors tu t'accroches ! Ce qui fait que, souvent, te libérer est même quelque chose d'impossible pour toi ou pour le Maître qui t'aide.

Alors commence par ne pas accumuler de passerelles !

Les deux continents

Il y a un homme, toi, sur une falaise, la Terre, la condition humaine, la Matière, le mental, les émotions, c'est tout un continent, le continent humain.

Il y a un vide.

Et il y a l'autre continent, c'est le Divin.

Et il y a un pas à faire, un pas au dessus du vide.

Tu peux me demander : “Pourquoi est-ce qu'il y a cette description et qu'est ce que ce vide ?”

Le vide, ce n'est pas quelque chose qui existe parce qu'il fallait un vide entre deux continents qui sont très différents l'un de l'autre, comme il y a l'océan entre le continent Américain et l'Europe. Ce vide fait partie aussi des deux continents.

Ce qui veut dire qu'en réalité - et si tu me suis bien tu pourras faire ce pas dans ton esprit - en réalité vu du continent de l'Homme, tu verras un vide.

Et c'est ça qui te fera construire des passerelles. C'est ça qui te fera dire : “Mais je ne peux pas sauter ! Je dois mettre un pont !” C'est ça qui te fera dire : “Mais je ne peux pas sauter ! Je dois me fabriquer des ailes ! Je ne peux pas y aller ! Il me faut un Maître, il faut que le Maître se couche, là, dans le vide, et que je puisse marcher sur son corps. Comme a dit le Christ : nul n'ira au Père sans passer par moi... Et pourquoi pas sans passer sur moi ?”

En fait, ce n'est que le type de vision depuis le continent humain qui fait croire qu'il y a un vide. C'est une vision d'optique (illusion optique), c'est tout.

Qu'est ce qu'il y a en fait entre le continent Divin et le continent humain ?

Il y a tout simplement la différence de la conception, la différence de l'attitude.

Ce qui fait que, quand je suis dans le continent humain je pense avec les images, je cherche les images, et à cause de cela je vois un vide. Puis, lorsque je regarde depuis le continent du Divin, je vois tout cela comme étant un grand plein magnifique ! Il n'y a même plus le vide entre les deux, il n'a jamais existé !

Il faut simplement que je pense différemment. Et cette différence est la Pensée Pure, la pensée sans images. Et ce vide apparent, ce vide illusoire, c'est la cassure de toutes les images.

Le continent Divin te dit : “En fait, tu devras laisser toutes tes images dans cet abîme et si tu le passes sans avoir laissé tes images, alors tu sombreras avec tes images dans le fond de l'abîme.”

Ce qui fait que d'autant plus un homme est monté dans son idéal, d'autant plus il en redescendra, il sombrera dans la folie un jour. C'est inévitable ! Et comme il y a toutes sortes d'idéaux, il y a toutes sortes de folies, forcément ! Ce qui fait qu'il est très difficile de les soigner parce que chaque fois une folie est d'un type particulier et d'un type particulier parce qu'elle correspond à un idéal particulier qu'entretenait l'individu.

Tu veux être sain de corps et d'esprit ? Tu veux être un disciple réel ayant une chance d'obtenir la Vérité et non pas la folie ? Eh bien je te le dis et je te le répète :

Dissous toutes les images !

Et commence par tes vêtements ! Tu verras que, en commençant par quelque chose de très physique de très concret, tu t'apercevras de la profondeur du système, de la profondeur du piège, et de tous les endroits où tu es tombé dans ce piège.

Lorsque tu mettra un vêtement sur toi, ne commets pas l'erreur inverse - puisque je t'ai renseigné à propos de l'image et de l'allure - ne commets pas l'erreur inverse
d'aller dès demain dans un magasin de prendre le plus vilain vêtement jamais inventé, de façon à tuer ton égo. Ne pense pas qu'en osant mettre quelque chose qui ne te va pas du tout, qui t'enlaidis, tu as une chance de tuer ton égo ! Non ! Tu le rends fou ! C'est tout ! Tu le rends simplement fou, comme un lion qui tourne en cage. Et, à un moment donné, dès que tu verras un homme ou une femme qui peut devenir l'être aimé, tu seras terriblement blessé, torturé, de te présenter face à cet être dans ce vilain vêtement ! Et d'autant plus que tu t'es avili pour casser ton égo, d'autant plus après tu vas vouloir bien t'habiller. Ce sera une façon de compenser.

Donc choisis le plus beau vêtement qui soit, oui, mais choisis le vêtement pour lui-même. Comme tu aimerais t'entourer d'oeuvres d'art, comme tu aimes vivre à la campagne parce que c'est plus beau parce que c'est plus sain, aime l'objet pour lui même et ne t'approprie pas son image pour toi même, pour ton image. C'est là où tu deviens libre de l'objet et libre de toi-même, donc plein de Dieu.

Aime l'objet pour lui-même, et ne t'approprie pas son image pour toi-même, pour ton image.

Sois fier de porter de beaux habits, mais dans l'esprit de faire plaisir aux autres, de leur donner un beau paysage à voir.
Sois fier de te faire belle coiffure mais pour faire plaisir aux autres, pour être agréable au regard de l'autre.
Comme tu aimes nettoyer tes vitres pour que tes visiteurs puissent voir ton beau jardin et tes belles fleurs qui poussent, c'est pour leur plaisir à eux ! Ce n'est pas pour qu'ils pensent : “Tiens, la maîtresse de maison est bonne, elle a nettoyé ses vitres !”

Si tu fais toute chose ainsi, ou pour la Beauté elle même, ou pour l'agréable des autres, non seulement toi-même tu te mets à vivre dans la Beauté, mais tu te remplis d'une Beauté qui est Divine. Ton geste n'est plus égoïste, ne vise plus ton image, donc tu deviens éternel.

Car c'est l'image qui meurt, vois-tu ? c'est pour ça que le corps meurt aussi. Parce que, aussi solide que te semble être le corps, il n'est que l'image. L'image de l'âme. L'image de Dieu. N'est-il pas écrit dans le Livre : “Et Dieu fit l'homme à son image ?” Cela veut dire quoi ?

L'Image de Dieu

Cela veut dire que même toi, vois-tu, tu n'existes pas. Il n'y a que Lui, uniquement Lui, celui que tu appelles Dieu. Lui qui voyage et qui devient un homme, qui est une âme, et même cette âme s'évapore, et tout redevient Lui, rien que Lui.

Même le corps n'est qu'une image et puisqu'il n'est que image il doit mourir. Parce qu'on ne peut pas aboutir à la création d'une image parfaite tout de suite, ce n'est pas possible !

Parce que l'on ne va pas savoir tout de suite comment est-ce que l'on doit penser, comment est-ce que l'on doit éprouver. Ce qui fait que, dans les premiers temps, les corps seront maladroits, Parce que les pensées seront désorganisés et les émotions mal habiles. Puis, plus j'avance dans l'expérience, plus j'établis mes émotions, j'établis mes pensées, plus je crée une harmonie dans mon esprit et plus l'image devient, elle aussi, harmonieuse. Cette image qui est la somme des énergies de mon esprit.

Pas étonnant donc que je veuille me débarrasser de mon image, de mon corps, tant qu'il n'est pas parfait ! Le corps doit aboutir à une image parfaite. Parfaite dans le sens où toutes les énergies circulent, parfaite dans le sens où une beauté solaire s'en échappe, parfait dans le sens où il n'y aura plus aucune maladie.

Parfait !

Et c'est lorsque l'Esprit aura réussi à construire ce corps parfait, que le corps se trouve transformé alchimiquement pour devenir le corps de gloire, c'est à dire un corps purement vibratoire. Mais ces vibrations auront eu besoin d'un moulage physique, d'un moulage émotionnel, d'un moulage mental pour exister. L'âme étant enfin habillé de son corps de gloire, elle peut être reçue à Shambhala, elle peut dîner avec les Maîtres. Même si elle n'est pas un Maître elle-même, elle est à table avec les autres.

Tout mon discours veut s'orienter, donc, vers la compréhension de la dissolution des images. Et c'est là dessus que je vais te quitter. Je le répète avant de me taire :

Tu dois dissoudre les images !

Je t'ai suffisamment expliqué le processus de construction des images pour que tu ne tombes plus dans le piège. Et, même si je ne te donne jamais aucune technique de méditation, si tu comprends bien cela tu peux aboutir au même état de contemplation que si tu ne t'assois jamais en lotus de ta vie. Simplement, cette méditation te sera plus dure à faire. Beaucoup plus dure que si tu fais des respirations, beaucoup plus dure que si tu mets le portrait de Koot Humi, là, sur ton troisième oeil, en imaginant toute sorte d'arc-en-ciel qui vont de toi à lui. Ça sera beaucoup plus dur, parce que c'est un acte de purification quotidien.

Il ne s'agit plus de construire un idéal, il s'agit de détruire l'irréel !

Il ne s'agit plus de poursuivre un rêve, Shambhala, les Maîtres, les chevaux volants, il s'agit de bien tailler sa pierre, d'en faire un beau carré.

Cristal

Et s'il vous plaîtn un carré transparent, pas un carré en charbon ! Parce qu'il y en a qui sont malins voyez-vous ? Ils ont une certaine force, ils ont une certaine motivation, ils nous font un beau carré, mais il est tout en noir, il est tout en charbon ! On ne peut rien faire circuler dans ce charbon ! Il a déjà brûlé. On ne peut rien faire ! Et si on le fait bouger un petit peu sur une arête, puisqu'il n'est pas solide, le voilà qu'il est abîmé ! On ne peut pas nous tromper avec des pierres carrées en charbon, non, non, non !

Nous il nous faut du cristal. Un beau cristal, bien pur, bien blanc, bien nettoyé, pourquoi ?

Parce qu'il n'y a que ce cristal pour pouvoir recevoir la Lumière, c'est tout ! Ce n'est pas parce qu'on ne veut être entouré que de beaux disciples en cristal, comme tu veux t'entourer de beaux objets. C'est pour toi que nous disons cette chose, parce qu'au moment de recevoir la Lumière, si tu n'es pas en cristal, pauvre ami, tu ne verras pas la Lumière, tu ne recevras pas la Lumière et tu ne pourras pas la garder.

Alors, tu nous regarderas avec ton petit cube en charbon et tu nous dira : “C'est ça l'initiation ? J'ai même pas vu une étincelle ! Même pas un coup de grisou !”

C'est ce qui se passe quand tu vas voir des initiés quand tu sais qu'un initié à marché pour ton ami et que tu cours vite au fin fond de l'Inde, du Bengladesh pour le voir toi aussi, et que tu arrives face à cet initié qui a fonctionné pour ton ami, mais pour toi, il ne se passe rien ! Tu médites, il n'y a rien ! Tu serais face à un arbre ça te ferait le même effet. Tu retournes voir ton ami et tu lui dis : “Je ne comprends pas ce que tu lui a trouvé cet individu ! Il n'y a rien qui se soit passé ! Je suis rentré les valises aussi vides de spiritualité ! Mais plein de blue jeans, ça oui ! Tous les pantalons que j'avais emmené ils y sont toujours, mais il n'y a pas Dieu là dedans !”

Il faut un cube en cristal et ce cube devient cristal quand il n'y a plus d'image.

Imagine même dès l'origine un cube en cristal, mais imagine qu'à l'intérieur, le penseur pense à une multitude de choses de toutes couleurs de toutes formes, et tu comprendras vite que le cube a lui aussi une multitude de couleurs et qu'il devient, comme une télévision, animé d'une multitude de paysages, de formes. Eh bien c'est ce qui se passe avec toi !

Alors on enlève ces images ! On enlève ces couleurs ! Et tu deviens blanc, transparent !

Et le peu de Lumière qui circule dans l'Univers, à ce moment-là sera pour toi tellement intense que tu sauras t'illuminer avec !

Maintenant sur ce carré, imagine l'étoile debout, et tu comprendras quel est ton destin.

Ce n'est pas la peine de me demander : “Quel destin ais-je sur Terre ? Qu'est ce que je dois devenir ? Est-ce que je dois travailler à l'initiation, à l'illumination, à la libération ? Est-ce que je dois me contenter d'être serviteur de mon gourou ?” Ton destin te paraît clair à ce moment-là. Que tu sois professeur, conducteur de camion, balayeur de rue, femme au foyer, ou même que tu sois désincarné, le destin est le même.

Accomplis ce destin !

C'est ce que je te souhaite et je t'y encourage.

Je te salue.

(Date de la conférence : 20 10 1990)

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19-11-25 13:13