🔾 ConfĂ©rence 143

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Conférence de Pastor - 143

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Question 1

Dans l’enseignement qui nous a Ă©tĂ© communiquĂ©, il est souvent question de mĂ©ditations, de priĂšres, d’incantations, etc. Compte tenu de l’évolution spirituelle trĂšs lente de l’humanitĂ©, comment utiliser des techniques pour mieux participer Ă  l’action des entitĂ©s qui Ɠuvrent sans relĂąche sur les plans invisibles ?

Réponse

Laissez-moi quelques secondes pour fabriquer autour de nous une colonne de lumiĂšre, vous pouvez m’aider et y participer, il suffit de vous polariser mentalement. En vous relaxant, en le voulant, en l’espĂ©rant et par l’imaginaire, sous l’effet de l’imaginaire, construisez un grand cercle de lumiĂšre tout autour de nous.

Ceci pas simplement pour notre protection, mais pour l’intensification de nos Ă©nergies, celles qui vont monter du bas en haut et du haut en bas. Si les courants d’énergie sont intensifiĂ©s, il y aura un plus grand enrichissement pour vous. Ce qui ne veut pas dire que je vous promets que des Ă©nergies vont se faire ressentir et transformer votre vie. Nous pouvons espĂ©rer que les diffĂ©rents courants vibratoires, qui naturellement descendent du ciel et viennent sur la terre, ou qu’ils montent de la terre par l’ĂȘtre humain et montent jusqu’au ciel, nous espĂ©rons que ces courants restent intacts, que ceux qui ne sont pas suffisamment purs soient purifiĂ©s et ainsi la rencontre peut se faire d’une maniĂšre agrĂ©able.

II est important de prendre soin de la sorte, non seulement des endroits oĂč l’on vit, mais aussi de ce que l’on mange, mais aussi des pensĂ©es et des mots que l’on prononce. Il faudrait passer un peu plus de temps, non pas Ă  consacrer les choses, mais Ă  les rendre conscientes. Car consacrer les choses ou les rendre conscientes c’est exactement la mĂȘme technique et produit le mĂȘme effet. Et on verrait trĂšs vite que non seulement les Ă©nergies de la terre seraient moins polluĂ©es, parasitĂ©es, mais que les diffĂ©rentes tensions nerveuses Ă©prouvĂ©es par les ĂȘtres humains seraient facilement dissipĂ©es.

Il y a toujours des courants de tension, de tension nerveuse, tension psychologique, qui voyagent d’un ĂȘtre humain Ă  un autre, mais pas simplement sur la planĂšte, mais aussi d’une hiĂ©rarchie de vie Ă  une autre.

Je viendrai Ă  la question qui m’a Ă©tĂ© posĂ©e ensuite, car elle est trĂšs intĂ©ressante, mais avant laissez-moi terminer cette parenthĂšse.

Par exemple le monde de la peur. Qu’est-ce que la peur ?

Qu’éprouve le rĂšgne animal ?
La peur d’un prĂ©dateur, la peur des saisons trĂšs froides qui engendrent une certaine misĂšre et qui vont donc crĂ©er la mort, que ce soit dans la tribu, que ce soit dans la horde. À ce moment-lĂ , la vibration de la peur qui se rĂ©pand va toucher le rĂšgne humain dans la mesure oĂč un certain nombre d’ĂȘtres humains vivent dans la mĂȘme peur.

Je sais qu’il est difficile d’admettre pour un ĂȘtre humain, pour un homme qui est d’autant plus conscient et fier de son niveau humain, de sa situation humaine, je sais qu’il est difficile d’admettre, que du fait de ces peurs et de leurs vibrations, il se retrouve Ă  ce moment-lĂ  semblable Ă  l’animal. Vous allez trĂšs vite comprendre pourquoi. De cette maniĂšre, j’espĂšre non pas vous empĂȘcher d’avoir le courage, la franchise, l’honnĂȘtetĂ©, mais essayons petit Ă  petit de comprendre la peur de l’homme et en le lui faisant comprendre, que la lumiĂšre mentale arrive pour qu’il puisse se maĂźtriser.

Chaque fois que je suis en face d’un Ă©vĂ©nement, d’une situation, d’un choix, d’une pensĂ©e, chaque fois que je suis face Ă  un mystĂšre, de quelque nature qu’il soit, je veux forcĂ©ment faire ce qu’il y a de mieux, trouver la vĂ©ritĂ©, gagner. Je ne peux pas tolĂ©rer qu’il y ait une erreur, un Ă©chec, je ne peux pas tolĂ©rer souffrir Ă  propos de cette erreur, de cet Ă©chec. Étant donnĂ© que je connais trĂšs bien le monde de la souffrance puisque j’y suis nĂ©, puisque c’est quelque chose qui m’accompagne tous les jours, l’erreur et l’échec ne sont plus simplement une simple erreur, un simple Ă©chec, cela devient un Ă©vĂ©nement dramatique, puisqu’à la suite je vais en souffrir.

Ce qui fait que cette erreur, je ne vais pas la tolĂ©rer, elle porte la souffrance et la souffrance c’est ce que je dĂ©teste le plus. Comme un chien qui n’aime pas ĂȘtre battu, comme un chien qui n’aime pas qu’on le laisse dormir dehors les jours d’orage. À partir du moment oĂč je comprends que le phĂ©nomĂšne mĂȘme de la souffrance n’est pas de la mĂȘme nature que celle que j’imagine, alors l’échec et l’erreur ne me font plus peur, cela devient une occasion d’enrichissement.

Si j’enlĂšve le drame de la souffrance, qui se trouve Ă  l’intĂ©rieur, je deviens un ĂȘtre libre, pas forcĂ©ment plus intelligent. Je ne vais pas forcĂ©ment savoir faire de meilleurs choix, pas forcĂ©ment mĂȘme gagner, mais au moment oĂč je vais choisir de croire ou de ne pas croire, de faire ou de ne pas faire, d’aller ou de ne pas aller, ce sera en tant qu’homme totalement libre, et quelle que soit l’issue de ce que je vais accomplir ou penser, je vais m’enrichir d’une expĂ©rience. Si c’est bien, je le constate tout de suite et je m’en enrichis, si c’est mal je rĂ©flĂ©chis, je comprends et je sais dĂ©sormais ce qu’il faut faire pour ne plus faire cette erreur. Mais quel que soit le cĂŽtĂ© pile ou face de la situation, de toute maniĂšre mon intelligence se construit.

Si donc au fur et Ă  mesure des Ă©vĂ©nements, je trouve que je ne m’enrichis pas, que mon mental ne s’éveille pas, que ma grandeur humaine n’arrive pas Ă  se dĂ©velopper, c’est que je ne suis pas totalement conscient et investi dans l’expĂ©rience, dans mes pensĂ©es, dans mes choix. J’aurai beau chercher partout, j’aurai beau aller voir tous les psychiatres, tous les grands phĂ©nomĂšnes de la planĂšte, tout le monde me ramĂšnera Ă  ce point unique, qui me retient de faire cette expĂ©rience : la peur.

Si je n’ai pas peur, non seulement je vais dans l’expĂ©rience, mais en plus je l’assume et surtout j’en tire un bĂ©nĂ©fice. Si j’ai peur de l’expĂ©rience, si j’ai peur de l’échec durant l’expĂ©rience, durant le choix, durant une pensĂ©e, non seulement je ne vais pas complĂštement dans l’expĂ©rience, mais je ne peux mĂȘme pas m’apercevoir fondamentalement de mon Ă©chec. Ce qui fait que mĂȘme un Ă©chec peut Ă  ce moment-lĂ  me paraĂźtre ĂȘtre une victoire, ma vision est complĂštement troublĂ©e. Seulement les amis, les observateurs verront que je suis en Ă©tat d’échec, pas moi. La chose la plus malheureuse dans cette histoire, c’est que du moment que je ne suis pas conscient, ni consentant totalement et que je suis rempli de peur dans cette expĂ©rience, automatiquement je vais manquer des moyens mĂȘme de l’analyse. Je ne vais pas ĂȘtre un esprit objectif et mon corps va se remplir de dĂ©sirs car au fur et Ă  mesure que je me dĂ©veloppe dans le discernement, je me rends compte, si je suis un disciple Ă©clairĂ©, subtil, intuitif, qu’automatiquement mes peurs sont liĂ©es Ă  mes dĂ©sirs. Je ne peux donc pas approcher une situation sans une certaine peur, grande ou petite, sans qu’immanquablement je ranime et je rehausse mon corps de dĂ©sirs, car c’est exactement la mĂȘme chose.

La peur, c’est la sĂ©paration.

C’est un peu comme lorsque je tire un rideau dans une piĂšce, que je sĂ©pare en deux une piĂšce grĂące Ă  ce rideau. Si la piĂšce est rectangulaire il y aura un carrĂ© d’un cĂŽtĂ© et un carrĂ© de l’autre, on n’aura rien ajoutĂ©, rien enlevĂ©. Lorsque je vais entrer dans ce vaste rectangle je vais me trouver en fait entre deux carrĂ©s.

La peur, c’est ce mĂȘme rideau, qui ne fait que sĂ©parer ce qui apparemment est sĂ©parable et qui ne l’est pas, la peur et le dĂ©sir. Un certain carrĂ© va rester Ă©clairĂ© car il y a une fenĂȘtre, l’autre carrĂ© va rester dans l’obscuritĂ© parce qu’il n’y a pas de fenĂȘtre. Le carrĂ© le plus obscur sera la peur fondamentale, le carrĂ© le plus Ă©clairĂ© recevant un peu de lumiĂšre sera la part du dĂ©sir. Et je vais aller comme cela, moi qui suis fondamentalement le rectangle composĂ© de ces deux carrĂ©s, je vais aller d’un carrĂ© Ă  l’autre, d’une piĂšce Ă  l’autre, alors que si je comprends que ce qui me fait passer du cĂŽtĂ© obscur au cĂŽtĂ© Ă©clairĂ© du monde du dĂ©sir, c’est uniquement ce rideau que j’ai mis.

À ce moment-lĂ  je dĂ©couvre simplement que je vis dans un rectangle, et la lueur qui est entrĂ©e par la seule fenĂȘtre qui permettait d’éclairer un peu la zone du monde du dĂ©sir, la lueur peut complĂštement entrer jusqu’au fin fond du rectangle et que se passe-t-il ? Il n’y a plus de coin obscur, c’est un rectangle totalement Ă©clairĂ©. Bien sĂ»r, cela reste encore une piĂšce animĂ©e du monde du dĂ©sir, des aspirations, de l’exaltation, mais du moment que la piĂšce est toute entiĂšre Ă©clairĂ©e alors ce dĂ©sir, cette exaltation, cette aspiration est bonne.

Dans le cas contraire, il peut y avoir de gros problĂšmes. Admettons que j’ai une intense aspiration Ă  ceci ou Ă  cela, que ce soit dans le domaine artistique, dans le domaine religieux, dans le domaine spirituel, Ă  partir du moment oĂč je maintiens mon carrĂ© obscur, une exaltation pourrait toujours tomber et je me recouvrirais de peur, la peur d’échouer, la part de mes limites et j’essaierais de les cacher pour qu’on ne les voie pas trop. Donc, il est important au fur et Ă  mesure que l’on souhaite devenir libre, ou que l’on veuille tout simplement devenir heureux, il est important d’apprendre Ă  retirer ce rideau.

Comment allons-nous identifier ce rideau ?

Qui crée cette séparation ?

Sans vous promener trop longtemps dans des choses intellectuelles, essayons quand mĂȘme d’aller ressentir et de pouvoir penser ce qui crĂ©e cette sĂ©paration. Qu’est-ce qui fait qu’en moi ce corps du dĂ©sir, qui pourrait ĂȘtre un objet, un vĂ©hicule extraordinairement utile, devient un endroit oĂč je me loge dans la peur, dans les superstitions, dans les haines, dans les vĂ©hĂ©mences, dans l’agressivitĂ©. Essayons de rĂ©flĂ©chir ensemble, n’attendez pas sans cesse que je vous donne la rĂ©ponse. Nous sommes ici pour rĂ©flĂ©chir en commun et ensemble, mĂȘme si vous allez prĂ©tendre que vous ne pouvez pas connaĂźtre la rĂ©ponse parce que vous n’avez pas Ă©tudiĂ©. Essayer de l’attraper comme quand vous Ă©tiez petit, que vous alliez au manĂšge et qu’il s’agissait d’attraper le pompon. Eh bien, lĂ  aussi c’est pareil. On essaie d’attraper, pas simplement ma pensĂ©e, pas comme si vous alliez capturer ma voix, il s’agit d’attraper dans le fin fond de votre cƓur, Ă  l’endroit qui est en vous le plus Ă©clairĂ© et oĂč forcĂ©ment il y aura une intuition, une petite chandelle qui va vous dire c’est ceci, c’est cela, allez mets-toi Ă  cette Ă©coute.

Entre gentiment dans le calme, n’essaie rien d’attraper avec ardeur. Au contraire, fais comme si tu te trouvais sur l’ocĂ©an en train de faire la planche comme tu dis si souvent et laisse venir. N’essaies pas de savoir si tu as tort ou raison, n’aies pas peur Ă©ventuellement d’avoir tort. Tu vois, Ă  nouveau tu ramĂšnes la peur, tu vois Ă  nouveau, tu essaies de faire l’exercice et tu as peur d’avoir faux, de te tromper. Je me moque si tu te trompes et tu dois pouvoir t’en moquer tout autant. C’est Ă  force d’essayer que tu obtiendras les petits Ă©clats de la lumiĂšre, de l’intuition. Ce n’est pas en me regardant avec des yeux grands ouverts, ce n’est pas en m’écoutant avec de grandes oreilles bien lustrĂ©es. Allez, essaie, recommence. Dans ton esprit, tu fais la planche sur l’eau, tu n’attends rien, ne te pose mĂȘme pas la question que j’ai envoyĂ©e, car tu l’as forcĂ©ment entendue. Laisse simplement venir, et si tu ne reçois rien, ce n’est pas grave.
Lorsque tu te trouves chez toi, choisis comme cela des Ă©vĂ©nements simples, des questions simples, ne va pas demander au Bon Dieu pourquoi le soleil nous apparaĂźt blanc, nous apparaĂźt rouge le soir. Ne va pas demander non plus le nom kabbalistique de MichaĂ«l, ne va pas demander des choses compliquĂ©es. Commence avec des interrogations simples, comme quand tu apprends Ă  taper Ă  la machine, comme quand tu apprends l’alphabet pour la premiĂšre fois, comme quand tu essaies de devenir mĂ©decin. Pour le premier jour, du simple.

Pourquoi ce « simple » dans la relation de disciple à guide ?

Pour cela il faut que je t’explique tout d’abord que la relation que tout disciple peut avoir avec un guide, avec un groupe, avec l’intelligence cosmique, avec sa propre Ăąme, peu importe, appelle cela comme tu veux, la relation que le disciple peut avoir avec ces intelligences n’est pas une relation aussi simple que celle que nous entretenons en ce moment. C’est-Ă -dire moi, objectivement, essayant de te repĂ©rer, essayant de te rĂ©pondre, et toi objectivement me recevant.

C’est quelque chose d’un petit peu plus complexe, pas forcĂ©ment compliquĂ©, mais complexe et surtout diffĂ©rent de la communication dont tu as l’habitude et c’est pourquoi, pour toi, cela apparaĂźt si obscur. Parce que l’on ne t’entraĂźne pas Ă  ces choses, ce n’est pas quelque chose que l’on Ă©tudie Ă  l’école, ce n’est pas quelque chose qui est retransmis par les parents les soirs de veillĂ©es. Maintenant tu es un adulte et tu vas devoir apprendre comme si tu Ă©tais un petit enfant.

Bien sĂ»r, l’adulte est impatient, exigeant. Bien sĂ»r, l’adulte a des grandes et fondamentales questions, mais je te demande d’ĂȘtre comme cet enfant qui va poser d’abord les questions les plus simples, et qui va attendre une rĂ©ponse simple. Ne t’attends pas que, d’un seul coup, jaillissent dans ton esprit des feuilles et des feuilles, des livres et des livres et des heures de conversation. C’est inutile, mĂȘme si je te donne aujourd’hui une mauvaise dĂ©monstration parce que je prends la parole pendant des heures. Ne t’attends pas Ă  ce que la relation avec un guide soit de la sorte. La relation peut durer une seconde et cette seconde comporte peut-ĂȘtre des livres pour toute ta vie.

Pourquoi ?

Tout simplement parce que nous communiquons par le moyen de l’archĂ©type. En rien nous ne communiquons par les mots, les mots sont retransmis par le disciple que j’utilise et rien de plus, et pas par le disciple lui-mĂȘme, mais par le corps mental uniquement par cela. C’est lui, qui Ă  cause d’un certain Ă©veil et Ă  cause d’un certain rĂ©pertoire, permet la retranscription. Exactement comme lorsque tu poses la question Ă  un ordinateur, cette machine que vous avez construite et qui imite fort bien le processus psychique et spirituel qui se passe dans toutes sortes de communications. À ce moment-lĂ , automatiquement toutes les cellules qui ont Ă©tĂ© prĂ©vues pour la rĂ©ponse, se mettent au travail, communiquent et affichent la rĂ©ponse. LĂ , il s’agit exactement du mĂȘme travail, mais cela ne veut pas dire que c’est comme cela que systĂ©matiquement cela doit avoir lieu, pas du tout.

Le meilleur moyen de communiquer avec une intelligence quelle qu’elle soit, c’est de se mettre dans un Ă©tat de silence et de rĂ©sonance et de recevoir non pas forcĂ©ment de longues phrases, ou devenir capable d’écrire des livres, mais de soudainement recevoir l’énergie qui Ă©tait transportĂ©e, soit dans un symbole qui a Ă©tĂ© envoyĂ©, soit dans l’archĂ©type qui peut ĂȘtre prononcĂ© comme un son, envoyĂ© comme une couleur, envoyĂ© comme chiffre, mĂȘme comme une gĂ©omĂ©trie.

Il y a Ă©normĂ©ment d’individus qui reçoivent des couleurs. Tiens, dans ma mĂ©ditation j’ai vu du bleu, j’ai vu vert, j’ai vu des Ă©toiles, j’ai vu des petites bulles, j’ai vu ceci, j’ai vu cela, ils pensent que cela n’a aucun sens. Cela a un sens Ă©norme et trĂšs important, mais cela paraĂźt insensĂ© pour l’ignorant, car il ne sait pas comment il va pouvoir travailler avec.

Que veut dire le bleu, que veut dire le rouge, que veut dire le vert, et pourquoi le rouge nous allons spĂ©cialement le regarder depuis l’Ɠil droit ? Mais voilĂ  que pendant la vision on aura l’impression que les deux yeux ont vu, n’est-ce pas ?

Mais c’est faux. Il y a une couleur qui s’adresse Ă  chaque Ɠil, mĂȘme si apparemment nous avons l’impression de voir avec les deux yeux, mĂȘmes s’ils sont fermĂ©s pendant la mĂ©ditation. Il y a une couleur qui correspond Ă  chaque Ɠil et chaque partie de l’Ɠil. Si tu vois Ă  un moment donnĂ© une tĂąche rouge, une Ă©toile rouge, un cube rouge, une vague rouge, une feuille rouge peu importe, en vĂ©ritĂ© quel que soit ce que tu crois, tu le perçois avec l’Ɠil droit.

Cela veut dire quoi ?

Eh bien, cela veut dire que depuis le centre de la terre et avec le consentement de la confrĂ©rie Ă  laquelle tu appartiens ou du guide qui te veille plus spĂ©cialement, ou du temple dans lequel tu vas de temps en temps et que tu en rĂ©pĂštes la priĂšre de rassemblement, ou que tu fais la mĂ©ditation Ă  heure fixe, cela veut dire qu’une Ă©nergie en provenance de la terre, mais consentie par ces guides, t’est envoyĂ©e pour te renforcer.

D’abord pour dynamiser un petit peu ce que je vais appeler l’énergie spirituelle qui se trouve dans la matiĂšre, pour qu’à certains moments la Shakti (ou le Saint-Esprit) qui doit prĂ©parer le terrain, prĂ©parer la voie Ă  l’éveil de la Kundalini. Ce n’est pas pour faire lever la Kundalini que le rouge est envoyĂ©, mais pour en animer l’esprit, afin qu’un certain travail de purification, d’intensification des cellules soit opĂ©rĂ© avant que peut-ĂȘtre dans six mois, dans un an ou dans deux ou trois incarnations, cette Ă©nergie spirituelle puisse vraiment circuler en toi.

Donc qu’est-ce qu’il te faut faire si tu vois du rouge ?

Tout simplement te mettre le plus souvent possible Ă  la terre, prendre les Ă©nergies dans la terre. De quelle maniĂšre ? D’abord en le sachant, d’abord en y pensant, en Ă©tant Ă©clairĂ©. Il y a une multitude de choses que l’on peut faire sitĂŽt que l’on sait que cela se fait. Alors plus besoin d’utiliser des grands mots d’invocations, des grands outils trĂšs compliquĂ©s, le simple fait de le savoir mentalement et de vouloir l’expĂ©rimenter dans le cƓur dĂ©jĂ  permet une relation avec les Ă©nergies quelles qu’elles soient. Au fur et Ă  mesure que tu te dĂ©veloppes, tu vas obtenir une plus grande intuition du comportement propre Ă  faire l’accĂ©lĂ©ration de tes vibrations, la purification de ta matiĂšre et peut-ĂȘtre pourquoi pas Ă  savoir nous rencontrer.

Si tu vois du rouge, tu dois aller un petit peu plus t’alimenter aux sources de la nature. PromĂšne-toi de façon consciente, non pas en te promenant et en pensant Ă  tes factures par exemple. Cela ne sert Ă  rien, au contraire, tu vas charger les arbres avec tes problĂšmes et ils vont devoir se secouer les feuilles pour se dĂ©gager de ton influence.

Va dans la nature d’une maniĂšre consciente en regardant bien la nature, en la ressentant, en la reniflant, en la respirant, mĂȘme si ce n’est qu’un quart d’heure. Je ne te dis pas de faire des longues cĂ©rĂ©monies toute une journĂ©e. L’important est la qualitĂ© de ta prĂ©sence, pas le temps que tu vas passer Ă  une chose. Dans la communication c’est pareil. C’est pour ça que je t’ai dit : tu peux ĂȘtre enrichi pour toute une vie par dix secondes de communication avec une entitĂ©, alors que peut-ĂȘtre tu ne le serais pas en travaillant 300 ans la communication tĂ©lĂ©pathique ou autre, en Ă©tudiant des montagnes et des montagnes de livres. C’est la qualitĂ© de ta prĂ©sence qui va faire toute la diffĂ©rence que ce soit dans ta mĂ©ditation, dans les Ă©changes vibratoires, dans l’influence que tu cherches Ă  avoir sur les autres, pour les aider, pour les guĂ©rir, pour les Ă©lever, pour les orienter, peu importe. Soit totalement lĂ .

Comment ĂȘtre totalement lĂ  ?

On s’aperçoit que c’est une abstraction, on ne sait pas trop oĂč chercher. Si je vous dis qu’il faut avoir les deux pieds bien sur terre, on sait ce que cela veut dire. On les pose, on le ressent et il y a un alignement.
Mais comment ĂȘtre totalement prĂ©sent ? On ne sait pas oĂč aller chercher en soi n’est-ce pas ? La difficultĂ© de l’enseignement, c’est que la plupart du temps nous nous heurtons Ă  des abstractions. À ce moment-lĂ , nous devons essayer de vous entraĂźner avec quelques pirouettes, qui vont apparaĂźtre intellectuelles au dĂ©but, mais qui en fait ne le sont pas. Il s’agit tout simplement d’éveiller votre sensibilitĂ© en juxtaposant soigneusement et correctement quelques pensĂ©es semences, qui elles seules vont pouvoir, comme des ailes qui se dĂ©ploient, vous permettre d’aller plus loin. Ne pensez pas que j’essaie de vous intellectualiser, ou de vous donner des informations. Nous utilisons le monde subtil et dĂ©licat de la pensĂ©e et puisque ce que vous pensez, vous allez l’ĂȘtre ensuite.

Si nous Ă©tions sur une scĂšne de théùtre, que nous dĂ©cidions de jouer une piĂšce et que je te demande de te mettre en colĂšre, car tel est ton rĂŽle, imagine la colĂšre. Mets-toi en colĂšre, ressens la couleur, joue la colĂšre. Tu t’aperçois que tu arrives Ă  jouer la colĂšre parce que tu la connais et au bout d’un moment, tu te sens presque en colĂšre.

De la mĂȘme maniĂšre si j’arrive dans le monde de la pensĂ©e Ă  orienter plus ou moins quelques-unes des idĂ©es fondamentales en prenant d’abord le soin d’évacuer certaines idĂ©es qui t’empĂȘchent de pouvoir penser lĂ  oĂč je veux t’emmener et bien rien que par le monde de l’unitĂ© et de l’abstraction tu peux devenir sensible et percevoir quelque chose. Donc agis. N’imaginons pas que nous devons nous remplir et nous saturer de pensĂ©es, d’idĂ©es, d’informations, d’instructions, de livres. L’enseignement, l’information, la parole, le livre ne sont lĂ  que pour permettre un raffinement de la pensĂ©e puisque tu vas ĂȘtre ce que tu penses.

Si tu penses que tu vas ĂȘtre malheureux, tu vas le sentir, tu vas l’éprouver, tu vas te suicider, c’est ta vĂ©ritĂ©. Pourtant, il se trouve que tu es l’homme le plus riche du monde, que tu as plusieurs voitures, que tu es bien mariĂ©, que tu n’as pas de problĂšmes de santĂ©, alors comment veux-tu qu’un observateur puisse comprendre pourquoi tu te suicides ? Toi seul sais rĂ©pondre Ă  cela, puisque tu es ce que tu penses. Que tu penses que tu es seul au monde, parce que tu n’as pas pu vraiment Ă©pouser la femme que tu voulais, parce que tu n’as pas pu vraiment faire la profession que tu voulais, peu importe.

Et s’il passait un psychiatre, un guĂ©risseur, n’importe qui, qui arrive Ă  te convaincre que cette pensĂ©e-lĂ  qui te donne ce sentiment d’échec est faux, automatiquement tu t’apercevrais que ton environnement est fantastique, que tu as du confort, que tu es finalement pas si mal mariĂ© que cela, que tu as des vacances, que tu es beau garçon, que tu es belle fille et que tout va bien.

Entre ces deux Ă©tapes de ta vie, qu’est ce qu’il y a eu ? On a dĂ©chirĂ© le rideau tout simplement. On l’a enlevĂ©, on t’a libĂ©rĂ©, on t’a fait penser d’une autre maniĂšre. C’est pourquoi le monde de la pensĂ©e est si important, non pas parce que pour ĂȘtre dĂ©veloppĂ© il faut intellectualiser, certainement pas ! L’intellect est peut-ĂȘtre mĂȘme un dĂ©faut, je m’en mĂ©fie. Par contre, le monde de la pensĂ©e est un instrument, une voie en soi, cela permet d’aller trĂšs loin mĂȘme dans le cƓur et lorsque l’on a suffisamment subtilisĂ© la pensĂ©e pour n’avoir qu’une seule pensĂ©e, et ayant compris, la vĂ©ritĂ© se dit : « je suis Dieu, je suis Dieu » et ta pensĂ©e fonctionnant uniquement d’aprĂšs cette vĂ©ritĂ©, tu deviens un homme libre.

Mais qu’avons-nous en vĂ©ritĂ© ? Une pensĂ©e qui s’est subtilisĂ©e, qui s’est dĂ©veloppĂ©e qui a appris oĂč Ă©tait le bien, le mal, le vrai et le faux, et qui, au fur et Ă  mesure, s’est rapprochĂ©e de la pensĂ©e une et unique qui anime tout l’univers. La pensĂ©e de Dieu, la vie fondamentale, l’entitĂ© cosmique, appelle cela comme tu veux.

Donc, il est important pour moi de travailler sur ta pensĂ©e, mĂȘme si je ne veux pas t’instruire. Je ne t’instruis pas, tu sais trĂšs bien que j’ai toujours refusĂ© cela, cependant, fais marcher ta tĂȘte pendant que nous communiquons. Cela ne sert Ă  rien de t’asseoir et de vouloir retenir tout ce que je dis, c’est inutile. Alors Ă©changeons, pose-moi tes questions, envoie-moi tes interrogations et mĂȘme si je ne te rĂ©ponds pas maintenant, mets-toi Ă  l’écoute dans la semaine, la semaine prochaine, la semaine qui vient aprĂšs, le mois suivant et l’annĂ©e tout entiĂšre, peu importe, persiste et tu verras que le monde des communications et le monde de l’amour ne sont pas si loin que cela.

Toute communication est avant tout fortement imprĂ©gnĂ©e par l’amour.

On ne peut imaginer une communication qui ne passe pas par l’amour. J’aime mon disciple et mon disciple m’aime. C’est Ă  partir de cette Ă©nergie, de ce mouvement, de cette spirale, qu’un archĂ©type, qu’une gĂ©omĂ©trie, qu’un son, qu’une couleur peut voyager et venir se manifester jusqu’à celui qui Ă©coute.

Pour toi, il s’agit de produire le mĂȘme effet. Il ne faut pas forcĂ©ment que tu m’aimes, parce que je ne te suis pas forcĂ©ment destinĂ©, ce n’est pas forcĂ©ment avec toi aussi que je dois communiquer. Il y a une multitude de frĂšres aĂźnĂ©s qui n'attendent que cela : communiquer, guider, informer.

C’est un travail magnifique, donc ne vous focalisez pas sur moi. Cependant, il faut que fondamentalement il y ait l’amour pour qu’une communication puisse se faire. Nous sommes au courant de tout, nous voyons tout, nous entendons tout, nous sommes heurtĂ©s aussi par tout.

Mais si le voyant que tu es n’est pas douĂ©, que tu persistes et qu’il y a une grande qualitĂ© d’amour qui demeure dans ton cƓur, Ă  ce moment-lĂ  nous essayons d’amĂ©liorer en toi ce que l’on peut amĂ©liorer sans te faire trop de mal, sans trop de perturbations, afin qu’une communication intuitive puisse avoir lieu.

LĂ , oĂč il y a cet appel, nous ne pouvons pas rĂ©sister c’est impossible. C’est comme si tu me demandais d’aller retenir les riviĂšres, je ne peux pas. La riviĂšre descend de la montagne, elle est animĂ©e par sa propre force. Il y a en plus l’esprit de l’eau qui pousse et qui tend toujours Ă  rejoindre l’ocĂ©an, car c’est ça aussi qui fait le mouvement de l’eau, c’est l’esprit qui se trouve dans l’élĂ©ment et qui tend Ă  rejoindre cette grande unitĂ© qu’est l’ocĂ©an. Exactement comme toi, petite goutte d’eau, tu essaies par de grands mouvements de rejoindre la conscience cosmique.

Tout le monde veut rejoindre quelque chose, sans arrĂȘt, mĂȘme la graine qui pousse dans la terre, au fur et Ă  mesure que le printemps passe, la graine se dĂ©veloppe et devient un arbre qui essaie de monter de plus en plus vers le ciel.

Qu’est ce qu’elle veut cette petite graine ? Elle veut devenir un arbre ! Mais non. Par contre entre-temps, il est bon que cette graine Ɠuvre en tant qu’arbre, parce que cela permet Ă  la planĂšte d’exister, cela permet aux hommes de respirer, cela remplit une fonction, mais cela n’est pas une fin en soi d’ĂȘtre un arbre. VoilĂ  une forme de vie qui se dit : j’aime les ĂȘtres humains, je veux leur rendre service, qu’est ce que je pourrai faire ?

Les architectes consultent la richesse de cette petite Ăąme et voient qu’il y a lĂ  une bonne volontĂ©, ils disent : il serait utile que tu fasses ceci, cela, est-ce que cela te va ? La bonne volontĂ© dit oui, du moment que cela me permet de grandir et de monter jusqu’au ciel.

Cette petite graine, cette petite forme de vie qui devient un arbre, qui s’étire vers le ciel, permet aux hommes de respirer et d’animer la planĂšte. En mĂȘme temps cette forme de vie monte sa propre Kundalini vers le ciel pour retourner au cosmos.

Il ne s’agit pas du mĂȘme retour spirituel que pour un ĂȘtre humain, mais c’est Ă  son niveau la seule maniĂšre pour rejoindre une sorte de conscience cosmique. Ce qui fait que cette petite forme de vie va passer dans un autre rĂšgne, qu’elle servira aussi d’une certaine maniĂšre et qui servira Ă  d’autres rĂšgnes en mĂȘme temps. Ce qui lui permettra chaque fois d’atteindre le plafond du niveau de vie, du rĂšgne de vie oĂč cette forme de vie s’est installĂ©e. Chaque fois, ce plafond sera pour cette petite forme de vie, cette petite Ă©tincelle, Dieu.

L’appel à Dieu se retrouve partout.
Que ce soit dans la vie minĂ©rale, vĂ©gĂ©tale, dans la vie humaine, dans la vie des anges, mĂȘme dans la vie des Ă©toiles. Cela se retrouve partout, mais chaque fois le plafond est un peu diffĂ©rent.

Par exemple, le plafond, Dieu, pour une Ă©tincelle, qui a pour destin de devenir une petite graine puis un arbre, cette forme de divinitĂ© est d’une nature diffĂ©rente que la divinitĂ© que vous vous pouvez atteindre, qui commence Ă  ĂȘtre dĂ©jĂ  la vĂ©ritable divinitĂ©, et plus simplement un plan quelconque.

Au fur et Ă  mesure que tu vas comprendre, qu’il s’agit de devenir magnĂ©tique par ton amour, tu vas non seulement pouvoir attirer les Ă©nergies sur toi, attirer peut-ĂȘtre des guides, mais cela n’est pas la chose la plus importante en vĂ©ritĂ©, mais tu vas pouvoir transmettre aux autres, soit parce que tu vas pouvoir parler, soit parce que tu vas rayonner, peu importe, laisse arriver ce qui doit arriver.

L’énergie qui te choisit sait mieux que toi, ce que tu peux faire. Elle sait mieux que toi si tu dois uniquement rayonner par les pieds, et oui, pourquoi pas aprĂšs tout. Accepte ! Elle sait mieux que toi si tu dois rayonner par le cƓur, parler ou Ă©crire des livres, te retirer dans une montagne et mĂ©diter pour l’avenir du monde. Laisse venir, n’exige pas de la divinitĂ© que ton destin soit ceci ou soit cela, que tu veux servir comme ceci, que tu veux servir comme cela.

Si par discernement, tu arrives Ă  te connaĂźtre, parce que tu arrives Ă  bien cerner tes talents et aussi tes limites, alors si tu y ajoutes ta volontĂ©, c’est magnifique.
Mais dans les premiers temps, les dĂ©buts, tu ne peux pas avoir une opinion claire quant Ă  tes talents, tes limites, ou mĂȘme ta destinĂ©e. La preuve, tu ne sais mĂȘme pas qu’elle est ton destin. Au fur et Ă  mesure que tu aspires Ă  simplement servir, n’essaie pas d’imaginer quoi que soit Ă  propos du service, fais le vide total, rends-toi simplement disponible, allez on vide la maison, on enlĂšve tous les meubles, et on ne cherche pas Ă  demander au Seigneur, si on veut un style chinois, un style rococo, si on veut du Louis XV, du Louis XVI. Si mĂȘme on veut des meubles, on vide la maison.

Par contre, ton travail absolu, nĂ©cessaire, immanquablement nĂ©cessaire, car sans lui tu n’arriverais Ă  rien, reste dans ta maison et allume le feu dans ta cheminĂ©e. C’est cela qui attire le Seigneur, c’est ce qui lui fait installer ses meubles, parce qu’il a envie de rester chez toi, tout simplement. Il s’est dit lĂ , il y a un bon foyer et je vais installer mes meubles et je m’installe.

Comment se dépouille-t-on ?

Mais comment arriver Ă  se dĂ©pouiller de la sorte, sans pour autant utiliser des grands mots, comme se dĂ©pouiller de l’égo, se dĂ©pouiller de ses limites, de ses dĂ©fauts. Oublions ces grands mots, ces grandes misĂšres, essayons de le vivre complĂštement, non seulement dĂšs maintenant, mais de pouvoir le rĂ©pĂ©ter sans arrĂȘt autant qu’on le veut.
Comment on se dĂ©pouille ? C’est un acte simple, mais un peu douloureux, douloureux parce que l’individu Ă  l’habitude de penser ce qu’il a envie de penser, ce qui lui plaĂźt, ce dont il croĂźt, selon ses convictions. Alors forcĂ©ment faire la sonnette, pour lui, cela veut dire quelque part se vider de lui-mĂȘme, ce n’est pas simplement enlever quelque chose comme lorsqu’on enlĂšve des meubles. Il s’agit de se vider de soi-mĂȘme. De nouveau on ne comprend pas, voilĂ  une abstraction. Je comprends enlever mon dĂ©faut, enlever mes meubles, mais comment me vider de moi ?

Et c’est lĂ  que l’on s’aperçoit de l’endroit exact oĂč se trouve la crise spirituelle. SitĂŽt que j’imagine me dĂ©barrasser de moi-mĂȘme, je ne sais plus qui je suis, qui va continuer d’exister, car je ne suis conscient que de ce petit moi Ă  la fois matĂ©rialiste et Ă  la fois un petit peu aspirant spirituellement, mais qui est avant tout une somme de plusieurs centres d’intĂ©rĂȘt.

Ce n’est pas un moi authentique, ce n’est mĂȘme pas un moi objectif. C’est une somme de diffĂ©rents intĂ©rĂȘts, mon intĂ©rĂȘt pour les sciences Ă©sotĂ©riques, pour telle personne avec qui j’aimerais avoir une relation amoureuse, pour mon employeur sur lequel je compte pour mon augmentation de salaire, pour tel ou tel plaisir, mon intĂ©rĂȘt pour ceci, pour cela. Chaque fois, je pense en Ă©tudiant cette chose, en parlant comme il faut Ă  telle personne, en m’intĂ©ressant Ă  telle chose, en offrant ceci Ă  telle autre personne, je vais pouvoir amĂ©nager mon environnement comme cela me plaĂźt afin d’y ĂȘtre confortable, afin d’ĂȘtre en toute sĂ©curitĂ©, afin d’ĂȘtre dans le bonheur.

Il se trouve que certaines personnes assez persistantes arrivent Ă  s’organiser de la sorte. Mais quelquefois, il y a de mauvaises surprises. J’ai Ă©tĂ© assez rusĂ© pour savoir qui contacter pour avoir tel emploi et que j’ai un bon salaire. J’ai Ă©tĂ© assez rusĂ©, malin, pour savoir m’adresser Ă  tel endroit pour avoir une grosse rĂ©duction pour la voiture de mes rĂȘves ; assez rusĂ© pour offrir un beau bouquet de roses, au bon moment Ă  ma secrĂ©taire parce que je convoite son oreiller, son lit et tout ce qui est dedans, elle a acceptĂ© et me voilĂ  donc trĂšs heureux. Un bon salaire, une belle voiture, une belle maĂźtresse, des vacances qui s’annoncent bonnes, les enfants trĂšs intelligents qui grandissent tout seul, mais voilĂ  que plus rien ne va.

J’ai tout cela et de maniĂšre stable et plus rien ne va. Ou bien, finalement, je ne suis pas bien avec moi-mĂȘme et sans arrĂȘt je trouve que mon nez est trop gros, ou que je ne suis pas assez musclĂ© et pour les femmes que je ne suis pas suffisamment bien faite, je vais sans arrĂȘt taper sur un Ă©vĂ©nement qui va ĂȘtre le point oĂč je vais fixer ma crise spirituelle.

En fait, mon problĂšme, ce n’est pas que je ne me plaise pas, que mon nez est de travers, que je suis trop gros, trop grosse, que je ne suis pas belle, pas beau, c’est parce que la conscience en mouvement va trouver coĂ»te que coĂ»te un moyen de vous faire poser une question fondamentale.

Mais pour que vous vous posiez cette question fondamentale, que vous fassiez un effort et que vous vous intĂ©ressiez Ă  autre chose et Ă  quelque chose d’essentiel, la conscience en mouvement va chercher des points de crise. Et qu’est ce qu’elle trouve ?

Elle trouve que tout va trop bien dans votre vie, qu’effectivement, le salaire, la voiture, la maĂźtresse vous ravit, les enfants vous ravissent. Alors qu’est ce qu’il se passe ? Elle va chercher ce qui, en vous, pourrait devenir l’occasion d’une souffrance, d’un mĂ©contentement et d’une recherche.

Alors qu’il ne s’était jamais rendu compte de rien, d’un seul coup il s’aperçoit dans sa glace que ses oreilles sont vraiment grandes. Alors il se dit : que peut-ĂȘtre un jour ma maĂźtresse me trompera, parce que quelqu’un qui a des oreilles si grandes n’est pas sĂ©duisant. Et en allant retrouver sa secrĂ©taire qui est sa maĂźtresse, cet individu va regarder autour de cette femme tous les hommes qui l’approchent et ont de petites oreilles, et il va se dire, celui-lĂ , il a de trop belles oreilles, je suis sĂ»r qu’elle va ĂȘtre sĂ©duite, des oreilles pareilles, ça ne peut pas passer inaperçu. À cause d’une paire d’oreilles, il va devenir jaloux et il rĂȘvera de pouvoir couper les oreilles Ă  tous ces hommes afin que sa fiancĂ©e ne puisse pas les remarquer.

Cela va le mettre dans un Ă©tat d’agressivitĂ©, de jalousie. Il va prendre sa voiture pour rentrer chez lui. Il va s’apercevoir que sa voiture ne lui permet plus d’ĂȘtre heureux, et n’a plus le pouvoir d’évacuer sa jalousie, ni le chagrin dans lequel sa jalousie le porte. Finalement, il va se dire que ce n’est qu’un tas de ferraille et le jour oĂč elle va rouiller, il n’aura pas de peine.

Il rentre chez lui et il s’aperçoit que ses enfants ne sont pas si Ă  l’aise que ça dans la vie. Sa propre souffrance lui permet de sentir la souffrance des autres, et il s’aperçoit qu’un tel a des problĂšmes d’adaptation Ă  l’école, un autre Ă  des problĂšmes de pubertĂ©, ou un petit chagrin d’amour ou quoi que ce soit d’autre.

Il s’aperçoit que c’est dur d’entrer dans la communication, il ne s’agit pas simplement de remplir le frigo, d’acheter des ballons de football, de payer l’entrĂ©e dans des clubs en pensant que les enfants sont heureux comme il le faisait jusqu’alors.

Il s’aperçoit que communiquer avec l’enfant, l’éduquer, lui donner les moyens de peser les Ă©vĂ©nements, c’est difficile. Il s’aperçoit que l’enfant fait obstacle, que quelquefois mĂȘme il doit heurter l’enfant, que celui-ci se met Ă  dĂ©tester son propre pĂšre. C’est difficile Ă  supporter un enfant qui se met en colĂšre contre son pĂšre et se met Ă  le haĂŻr, mĂȘme si ce n’est que pendant une journĂ©e.

Et d’un seul coup son monde bascule complùtement, à cause de quoi ? Des grandes oreilles !

Comme cela, chacun va ĂȘtre incitĂ© Ă  la souffrance, pour que la conscience se rĂ©veille.

Non pas, parce que sur la planĂšte il en est immanquablement ainsi. Que les grands architectes n’ont pas trouvĂ© les moyens de faire un homme ou une femme idĂ©ale, afin que tout le monde se plaise, parce que nous aurons tous de grands beaux yeux, tous des corps magnifiques, de grandes belles voix, tous un grand talent. Si nous supportons si mal tous nos dĂ©fauts physiques, notre manque de talents, notre manque de brio, ce n’est pas parce que nous avons des problĂšmes avec une matiĂšre qui n’est pas assez bien construite, avec un dĂ©veloppement qui n’est pas assez performant, c’est parce que c’est pour nous le meilleur moyen d’aller voir un peu plus loin, d’ĂȘtre dĂ©rangĂ© afin de travailler sur quelque chose de plus essentiel.

Alors, chaque fois que vous allez vous regarder dans la glace et que vous allez Ă©changer des considĂ©rations intĂ©rieures, que vous vous sentez ĂȘtre en peine Ă  cause de vos grands pieds par exemple, Ă  cause de votre maigreur, de votre grosseur, votre voix qui n’a pas la tonalitĂ© que vous cherchez, ou du talent de peintre, ou je ne sais pas quoi, qu’un autre vous dĂ©montre sans arrĂȘt, voyez cela, non pas comme un problĂšme de la nature, un problĂšme de destinĂ©e, dans le cas oĂč vous voudriez devenir un grand peintre que vous n’ĂȘtes pas et que votre voisin va devenir, prenez ceci comme un travail que vous allez pouvoir faire sur vous-mĂȘme et qui va vous permettre non seulement d’accepter vos grands pieds, mais en plus, d’y trouver une utilitĂ©, mais aussi de devenir un grand peintre, un grand chanteur.

Vous allez me dire que cela ne changera pas la situation physique, un gros nez restera un gros nez. C’est vrai, mais pas forcĂ©ment. Le nez a une fonction, il est au monde pour une fonction, il n’est pas nĂ© pour ĂȘtre l’admiration du public. Un nez est fait pour fonctionner, pour respirer, et il fait son travail. Il ne se dit pas, aujourd’hui je suis complexĂ©, je me replie sur moi-mĂȘme, je ne vais pas respirer parce que je me trouve trop laid.

L’homme sait cela. Il a honte d’approcher une femme ou une femme d’approcher un homme, ou un employĂ© d’approcher son employeur, ou un ami d’approcher un autre ami pour demander un service. On est lĂ  tout repliĂ© sur soi. Et ainsi petit Ă  petit on altĂšre le rythme cardiaque, la circulation d’énergie dans les diffĂ©rents mĂ©ridiens, les diffĂ©rents canaux, on brouille mĂȘme la ligne droite des veines et des artĂšres en les rendant de plus en plus tortueuses repliĂ©es sur elles-mĂȘmes, collĂ©es mĂȘmes parfois sur elles-mĂȘmes. On a l’impression mĂȘme de plus trop toucher la terre comme s’il y avait de la ouate juste sous les pieds qui nous empĂȘche d’avoir un rĂ©el contact avec la terre. Tout cela parce que l’on est, repliĂ© sur soi, dans la peur de dire, dans la peur de faire, dans la peur d’ĂȘtre idiot ou tout simplement parce que l’on n’ose pas montrer sa figure. Moi, comment pourrais-je demander cette chose alors que j’ai un si vilain nez !Tout le monde va voir mon nez quand je vais parler. Puisque je suis si vilain, je ne parle pas.

Il y a comme cela une multiplicitĂ© d’attitudes qui n’ont rien Ă  voir avec vos capacitĂ©s ou vos talents ou vos limites connues, mais avec ce que vous pensez de votre nature physique tout simplement, avec la nature de votre voix, la lumiĂšre de votre regard ou pas, la façon dont vous ĂȘtes habillĂ©s, si vous faites impression ou pas.

Savoir se donner confiance.

Puisque ces choses sont importantes au point d’altĂ©rer votre confiance, par contre utiliser ces choses pour construire votre confiance. Exactement comme un Ă©sotĂ©riste ou un occultiste sait ce qu’il faut utiliser pour crĂ©er un rituel, sait oĂč mettre la lumiĂšre, l’encens, les livres sacrĂ©s, les couleurs, eh bien, crĂ©ez un rituel dans votre vie dont vous ĂȘtes le centre.

Est-ce que, par exemple, vous habiller de façon classique vous donne confiance en vous-mĂȘme ? C’est tout Ă  fait bĂȘte et banal ce que je dis, mais pour certains cela peut ĂȘtre le levier d’une assurance. Si vous vous sentez Ă  l’aise avec vous-mĂȘme, rassurĂ© et ainsi qu’un certain esprit d’initiative peut se manifester lorsque vous vous trouvez dans certaines chaussures et pas dans d’autres, faites-le.

Si vous vous sentez plus sĂ»r de vous en ayant les cheveux relevĂ©s pour les femmes ou trĂšs courts pour les garçons, faites-le. Mais utilisez cela consciemment, et plus vous allez l’utiliser consciemment et plus vous allez vous dĂ©tacher de cette nĂ©cessitĂ©.

Ce qui fait qu’un beau jour, mĂȘme en pyjama, vous pourrez descendre en centre-ville pour demander Ă  votre employeur une augmentation. Et vous le ferez avec tellement de naturel, de simplicitĂ© et de conviction, que l’employeur ne dira rien, il pensera simplement : "il est peut-ĂȘtre somnambule. S’il revient Ă  la pause, redemander la mĂȘme augmentation et s'il est habillĂ©, eh bien, peut-ĂȘtre nous allons le reconsidĂ©rer."

Il y a une multitude d’évĂ©nements qui peuvent s’enrichir, se simplifier, sitĂŽt que je dĂ©cide d’accomplir un petit peu, de me rĂ©veiller, de bouger et de faire. Alors, composez non pas comme cela un personnage, car il ne s’agit pas de jouer quelqu’un, mais uniquement d’utiliser des outils. C’est de lĂ  que provient l’utilisation dans certains endroits de la terre des « gris-gris ». Bien sĂ»r, il ne faut pas tomber dans la superstition et penser : "puisqu’aujourd’hui, je n’ai pas fait de chignon, je n’aurai pas de chance". À ce moment-lĂ , votre chignon deviendrait un vrai « gri-gri ». C’est de lĂ  que provient l’utilisation du porte-bonheur, et aussi du porte-malheur. Utilisez tous ces relais pour votre Ă©nergie.

Ce que je pense, je le suis.

En fait quand je vous propose ce genre de comportement, ce n’est pas pour que vous ayez une attitude psychologique dĂ©tendue, positive, sachant s’affirmer. C’est parce que si votre pensĂ©e arrive Ă  se libĂ©rer d’une douleur, d’une inquiĂ©tude, d’une infĂ©rioritĂ©, grĂące Ă  un chignon, grĂące Ă  une veste coupĂ©e classique, un ton de la voix que vous allez travailler pour l’imposer aux autres, Ă  ce moment-lĂ , vous orientez votre pensĂ©e d’une certaine maniĂšre et vous aboutissez Ă  une nouvelle orientation de la pensĂ©e, et ce que je pense, je le suis.

Vous voyez, que nous revenons toujours sur le mĂȘme point : ce que je pense, je le suis.

Seulement comment arriver à penser d’une maniùre aussi positive, aussi libre, d’une maniùre qui sache aller à l’aventure ?

Je m’aperçois qu’à ce moment-lĂ , je peux utiliser une multitude d’instruments qui peuvent soulever une attitude mentale. Que ce soit une Ă©motion, qui peut ĂȘtre purifiĂ©e ou enrichie par l’encouragement de quelqu’un, ou que ce soit parce que moi-mĂȘme je sais comment calmer une de mes Ă©motions nĂ©gatives, en me coiffant, en m’habillant, en faisant du sport ou en Ă©coutant une musique.

Utilisez tout le matĂ©riel que vous avez Ă  disposition autour de vous : les amis, les proches, la musique, les couleurs, les sons, les vĂȘtements. J’insiste, faites-le. Vous verrez, qu’en peu de temps, vous allez accomplir sur vous-mĂȘme plus de dĂ©passement qu’en essayant journellement de rĂ©pĂ©ter des dizaines de milliers de mantras. Ça sert Ă  quoi de rĂ©pĂ©ter un mantra, une priĂšre ou de rĂ©pĂ©ter une mĂ©ditation, dans la mesure oĂč en mĂȘme temps vous continuez d’entretenir Ă  l’arriĂšre de votre cerveau une affirmation destructrice, comme j’ai de grandes oreilles, j’ai de grandes oreilles, j’ai de grandes oreilles 
 J’ai de grands pieds, je ne suis pas beau. Ça ne peut pas marcher.

Se dĂ©barrasser de soi-mĂȘme.

Donc voilĂ  les outils que je vous propose pour l’ouvrage quotidien, mais qui peuvent devenir une longue journĂ©e de mĂ©ditation si vous faites un effort. Par contre, le prochain pas qui est Ă  faire est un peu plus abstrait, car il va s’agir, Ă  mesure que l’on se dĂ©veloppe, de se dĂ©barrasser de soi-mĂȘme.

Savoir-faire, un certain vide. Lorsque je me sens suffisamment positif, et positif dans le sens oĂč non pas je crois au meilleur de moi-mĂȘme, mais oĂč je ne suis plus perturbĂ© par des pensĂ©es destructrices et nĂ©gatives Ă  propos de moi-mĂȘme, du monde ou de Dieu. À ce moment-lĂ , je m’aperçois que je dispose d’un capital d’énergie que je ne connaissais pas avant, car toute cette Ă©nergie Ă©tait utilisĂ©e Ă  me dĂ©truire en vĂ©ritĂ©. Je la transformais en un fiel, en un poison de destruction. Maintenant, je ne compose plus ce poison avec une pincĂ©e de ceci, avec une pincĂ©e de cela. Je suis simplement une Ă©nergie et je m’aperçois qu’elle-mĂȘme connaĂźt mon destin, connaĂźt ce qu’elle doit faire, si je dois faire une mĂ©ditation bouddhiste, une mĂ©ditation tibĂ©taine, hindoue, chrĂ©tienne ou une martienne, n’ayant pas peur des excentricitĂ©s.

Elle le sait, pourquoi ?

Parce qu’elle est responsable de l’entitĂ© que vous ĂȘtes. Elle est responsable du cheminement que vous allez ensemble accomplir.

Beaucoup de gens s’interrogent : quel est mon destin ? Que dois-je faire dans ma vie ? Est-ce que Je dois ĂȘtre garagiste ou mĂ©decin, pharmacien ou instituteur, puis plus loin, guĂ©risseur et je laisse tomber la pharmacie ? Tout le monde se pose beaucoup de questions alors que la Shakti qui est en vous, l’esprit saint ou l’ñme, rĂ©sumons cela Ă  ce mot, sait dĂ©jĂ  ce qu’elle doit faire.

Mais pour que cela puisse avoir lieu, il faudrait que celui qui remet toujours la mĂȘme chanson, « j’ai de grandes oreilles, j’ai de grandes oreilles, j’ai de grands pieds, je finirai par l’avoir » arrĂȘte de rĂ©pĂ©ter sa chanson. Sinon, tant que cette chanson est jouĂ©e, la petite voix de l’ñme ne peut pas se faire entendre et le dĂ©ploiement de l’énergie ne peut pas avoir lieu.

Alors, j’insiste, et j’insiste fort, et celui qui ne serait pas content de ce que je vais dire n’aura qu’à me quitter ici et maintenant et ne pourra pas me suivre plus loin. Il sera obligĂ© de reprendre son paquet, ses convictions et de vivre sa vie comme il veut. Cela m’est Ă©gal. Cependant, si vous m’avez acceptĂ© jusqu’à prĂ©sent, c’est sans aucun problĂšme que vous allez aussi accepter ma parole.

Celui qui au fur et Ă  mesure de son dĂ©veloppement comprend que le plus difficile ce n’est pas d’atteindre Dieu, d’atteindre un niveau de mĂ©ditation, mais c’est de faire taire l’enfant infernal lĂ -dedans, qui n’arrĂȘte pas de bouger, de crier, de rĂ©pĂ©ter des insanitĂ©s. Lorsque le disciple comprend cela, il peut alors trĂšs facilement atteindre Dieu.

Beaucoup d’individus pensent qu’il faudra faire telle priĂšre, telle mĂ©ditation, tel culte, tel gourou, aller Ă  tel endroit, dans tel lieu pour obtenir telle ou telle chose, de telle ou telle personne. Alors que si je me mets suffisamment en rĂ©sonance avec la rĂ©sonance magnĂ©tique de l’univers, je n’ai plus besoin de sĂ©duire mon employeur pour avoir mon augmentation de salaire, je n’ai plus besoin de me fatiguer Ă  l’emmener au restaurant, de me fatiguer Ă  sourire, mĂȘme lorsqu’il me rĂ©primande alors que j’ai envie de lui arracher ses grandes oreilles. Je n’ai plus besoin de me renier, de me prostituer Ă  ce point, d’accepter la domination d’untel ou d’untel dans ma vie sans qui je ne sais pas m’en sortir.

Si je me mets en rĂ©sonance magnĂ©tique avec l’univers, dont la grande fonction est de donner la vie en abondance, ainsi que tout ce qui est nĂ©cessaire Ă  la vie, je m’aperçois que je vais obtenir une augmentation de salaire, non pas parce que je sĂ©duis mon employeur, mais parce que je le quitte et que je vais ailleurs. C’est aussi simple que cela.

Mais comment vous persuader de ce phĂ©nomĂšne alors que votre peur est lĂ  et vous dit : si je quitte cet employeur, je ne sais pas quand je vais retrouver du travail. Alors le principal obstacle de la rĂ©sonance magnĂ©tique de l’univers, ce n’est pas de vous donner la voix la plus sĂ©duisante possible pour que vous puissiez sĂ©duire votre employeur, c’est de combattre votre peur du chĂŽmage, tout simplement.
Ce qui ne veut pas dire que dĂšs demain, de maniĂšre effrĂ©nĂ©e et Ă©cervelĂ©e tous ceux qui ne sont satisfaits de leur employeur vont devoir donner leur dĂ©mission, en pensant que sitĂŽt que j’aurai pris l’autobus il y aura Ă  cĂŽtĂ© de moi un employeur qui cherche un employĂ© et qui me cherche moi.

La rĂ©sonance magnĂ©tique est une loi, qui permet Ă  l’univers de se maintenir en vie, mais il faut aussi savoir de quelle maniĂšre elle se dĂ©roule pour que l’on puisse l’utiliser. Il ne s’agit pas d’apprendre Ă  faire de la magie, il s’agit tout simplement de devenir un ĂȘtre intelligent dans sa maison qui est l’univers et de savoir y vivre.

Alors, comment établir cette résonance magnétique ?
Comment faire en sorte que l’abondance de l’univers soit l’abondance dans votre vie ?

Eh bien, en premier lieu, il faut enlever ces nĂ©gativitĂ©s dont j’ai parlĂ©, que ce soit mes grands pieds, mes grandes oreilles ou que ce soit toute autre chose. Alors, je vais avoir un moment de ma vie, peut-ĂȘtre une heure, peut-ĂȘtre quinze jours, dix ans, cela dĂ©pend de l’épaisseur de mon problĂšme, de l’impact de mes anciens problĂšmes d’autres vies sur ma vie-ci, cela dĂ©pend d’un certain nombre de choses pour que le temps de purification s’effectue.

Mais je vais devoir travailler lĂ -dessus, comme je vous l’ai expliquĂ© au dĂ©but. Puis lorsque mes nĂ©gativitĂ©s sont enlevĂ©es et que je ne suis pas forcĂ©ment plein de la certitude de mes qualitĂ©s, mais que je suis simplement un ĂȘtre humain dans l’attente, je ne sais pas encore qui je suis, mais je ne suis plus ce cauchemar qui Ă©tait derriĂšre moi. Je ne me pose pas de question sur ce que je vais ĂȘtre, comment je vais ĂȘtre, ce que je vais faire, si je vais faire bien, si j’ai des risques, si je dois me faire faire un pentacle de protection pour ĂȘtre sĂ»r que mon travail soit bien fait. Je ne me pose pas ces questions, je suis dans l’attente. Je peux ĂȘtre dans l’attente parce que je ne suis plus ce cauchemar, qui dĂ©truisait mon Ăąme elle-mĂȘme. C’est en acceptant d’ĂȘtre dans l’attente que tout mon corps et que toute mon Ăąme va se mettre en rĂ©sonance magnĂ©tique avec l’univers.

C’est un peu comme une larve entre dans un cocon pour y passer un certain temps et ainsi la transformation se fait. Mais voilĂ , l’homme est impatient, il ne tolĂšre pas d’ĂȘtre dans un cocon, dans cette attente, en laissant silencieusement et invisiblement les transformations s’opĂ©rer. Il veut que l’on lui donne des ailes tout de suite, il veut devenir un papillon tout de suite.

Mais que se passerait-il s’il devenait un papillon tout de suite ? N’ayant pas encore les couleurs fixĂ©es sur ses ailes, le premier rayon de soleil va le brĂ»ler. N’ayant pas encore la bonne dimension de ses ailes, au premier envol, il aura l’air de quoi ? Une petite punaise qui va tomber et se faire dĂ©vorer par le premier animal qui passe. N’ayant pas encore les antennes suffisamment dĂ©veloppĂ©es, il ne pourra pas connaĂźtre les courants magnĂ©tiques et ne saura pas ramasser les poussiĂšres de pollen pour savoir oĂč aller manger, oĂč aller nicher et comment communiquer avec les ĂȘtres de son espĂšce.

Alors que retrouve-t-on lorsque l’on est pressĂ© ?

Une petite punaise abandonnĂ©e, brĂ»lĂ©e par le soleil et qui meurt de faim. LĂ  il y aurait de quoi se mettre en colĂšre, c’est vrai. Mais heureusement, la vie et le dĂ©veloppement se passent d’une tout autre maniĂšre.

Je rentre dans le silence qui se referme sur moi comme un cocon et je prĂ©pare mes grandes ailes et ses belles couleurs, je soigne mes antennes, qui chaque jour poussent un peu plus. J’apprends Ă  ouvrir les yeux et Ă  dĂ©jĂ  repĂ©rer les quelques sons que produisent mes frĂšres aĂźnĂ©s et qui connaissent dĂ©jĂ  la vie des papillons.

Ce qui fait qu’au moment oĂč mon cocon s’ouvre, je n’ai pas peur, le monde ne m’est pas inconnu, je sais, je suis. Et les frĂšres aĂźnĂ©s devenus papillons avant moi viennent me chercher et je m’aperçois que la vie est riche. Mais combien d’ĂȘtres humains acceptent de rester comme cela dans l’attente ? Combien d’ĂȘtres humains acceptent, comme le bon vin, de dormir dans le tonneau pour ensuite dĂ©gager le meilleur de sa saveur ?

Non, on voudrait tout, tout de suite, avant mĂȘme d’avoir chassĂ© le cauchemar. Et lĂ  on ne peut rien faire. Dans un premier temps, j’essaie de comprendre mes nĂ©gativitĂ©s, leurs fonctionnements, pas forcĂ©ment leurs origines, mais ce qui produit aujourd’hui leur nĂ©gativitĂ©, mon malheur.
Et n’y a-t-il pas un moment oĂč je peux arrĂȘter ce malheur ?

Et lorsque j’analyse, que j’observe, je m’aperçois qu’il y a toujours un endroit, un rebord oĂč je peux poser les pieds et dire, non je ne vais pas plus loin dans ce jeu cynique. Mais voilĂ , il y a une volontĂ© d’aller dans ce jeu cynique, soit parce que je l’ai dĂ©cidĂ©, parce que je suis curieux, parce que mon dĂ©sir est trop fort et me fait passer par-dessus le rebord, cette limite. C’est Ă  ce moment-lĂ , que je m’aperçois que moi-mĂȘme je vais dans le malheur. Ce n’est pas que le malheur existe et vient sur moi, c’est moi-mĂȘme qui franchis la limite pour aller dans le malheur.

Si je ne suis pas conscient de cette limite, de ce rebord oĂč je peux m’arrĂȘter et dire non, un pas de plus et c’est une grande souffrance, c’est que je vis d’une maniĂšre automatique, beaucoup trop investi dans le monde des dĂ©sirs fulgurants et que je ne suis pas suffisamment conscient. Car si je suis suffisamment conscient, je ressens toujours l’endroit, le point exact oĂč il y a un Ă©quilibre et que je peux dire non et arrĂȘter. MĂȘme si cela me coĂ»te, car j’ai trĂšs envie de faire telle ou telle chose. Mais Ă  cet endroit d’équilibre j’ai la force de dire non, je n’y vais pas, je ne le fais pas. Un pas de plus et j’ai peut-ĂȘtre ce que je veux, mais je vais aussi beaucoup pleurer.

Au fur et Ă  mesure que vous allez comme cela, observer vos nĂ©gativitĂ©s, leurs crĂ©ations, leurs dĂ©roulements, vous allez sentir ce point oĂč vous allez dire non. Aujourd’hui oĂč il vous semble difficile d’avoir le contrĂŽle sur vous-mĂȘme, en quelque temps d’observations, il vous sera facile d’avoir le contrĂŽle sur vous-mĂȘme. Non, pas parce que vous serez devenus trĂšs fort et trĂšs spirituel, mais par votre acte de prĂ©sence, vous allez dĂ©celer l’endroit oĂč vous pouvez arrĂȘter.

Maintenant, imaginons que la chose vous tente Ă©normĂ©ment, que vous soyez curieux et prĂȘt Ă©ventuellement Ă  prendre le risque de la souffrance, allez-y, franchissez cette limite, mais allez dans la souffrance elle-mĂȘme avec conscience, c’est trĂšs important. Cela veut dire, que mĂȘme si une partie de vous va souffrir, une grande partie sera dans une parfaite sauvegarde. C’est comme s’il n’y avait que la partie la plus humaine en vous qui souffrirait, tandis que la partie la plus disciple, n’aurait aucun problĂšme.

Donc si vous voulez vous investir dans quelque chose d’un petit peu fou, faites-le consciemment. Faites-le d’aprĂšs une dĂ©cision et non parce que vous brĂ»lez de faire la chose. Ça, c’est ce qui va aveugler votre capacitĂ© Ă  ĂȘtre conscient, et c’est depuis ce point que la plus grande souffrance va ĂȘtre endurĂ©e. Dites : je veux. Dites : j’ai dĂ©cidĂ©, je le fais, parce que je le veux, et non pas parce que je brĂ»le. Si tu dis, je le fais parce que je le veux, alors tu es conscient, et Ă  la limite et bien souvent, une situation qui n’aurait eu qu’en elle-mĂȘme qu’un lot de souffrances, se transforme soudainement en une situation magnifique, d’expĂ©riences, d’échanges. Parce qu’il y a comme cela, certaines souffrances, certaines limites qui peuvent ĂȘtre transformĂ©es par l’énergie de la conscience et de la prĂ©sence. D’autres ne le peuvent pas, tu ne peux pas le savoir au dĂ©but, mais cela peut avoir lieu. Quelque soit ta dĂ©cision, je te souhaite, bonne chance, mais qu’elle soit faite en toute conscience rappelle-toi. Je dĂ©cide, et non pas, je brĂ»le.

Une autre chose que je voulais aborder, c’est la question que l’on m’a posĂ©e.

Comment donc Ă  l’heure actuelle, et du mieux que possible et sous la plus grande protection, arriver Ă  collaborer que ce soit avec des entitĂ©s, des Ă©grĂ©gores ou des plans de conscience ?

J’ai bien dit avec des entitĂ©s, des Ă©grĂ©gores ou des plans de conscience.

Si l’ĂȘtre humain cherche une communication, une collaboration avec une entitĂ© qui va parler, qui va se montrer, qui va se faire sentir, il y a une collaboration merveilleuse qui peut s’effectuer, trĂšs riche et trĂšs efficace. Ça veut dire quoi ?

Tout simplement avec une pensĂ©e qui est entretenue par un groupe de MaĂźtres, qui connaissent l’avenir de la famille humaine, l’avenir de la terre et qui construisent cet avenir, les pensĂ©es semences qu’émettent les frĂšres aĂźnĂ©s de l’humanitĂ©, qu’émettent les grandes entitĂ©s comme le Christ ou Bouddha, le seigneur de VĂ©nus, sont-elles Ă  disposition de tous ?

Tout le monde peut essayer d’en devenir conscient et dĂ©dier sa vie Ă  cette manifestation. C’est comme si tu rentrais dans une grande piĂšce avec une grande table et un grand-livre. La piĂšce, la table, le livre sont tellement grands que finalement tu ne vois rien. Tu vois bien une table, mais tu ne vois pas ce qu’il y a dessus. Tu tournes autour en te disant : « quand est-ce que l’instructeur va rentrer pour m’apprendre ma leçon ? Il est dĂ©jĂ  midi moins le quart, puis midi, midi et quart. Je ne veux pas consacrer toute ma vie Ă  cette attente et pour qui il se prend celui-lĂ  ! Est-ce qu’il n’a pas conscience que j’aspire, que je mets toute ma vie en sacrifice lĂ , dans la piĂšce de l’enseignement et voilĂ  que Monsieur ne vient pas ! Mais quelle heure est son heure, et quelle heure est la bonne heure ? Est-ce qu’il va falloir que je hurle aux fenĂȘtres pour qu’il arrive ? »

Le disciple espĂšre un rendez-vous, il croit qu’à ce rendez-vous il va ĂȘtre face Ă  une entitĂ© et qu’elle va lui dire quelque chose et que tout cela va se passer comme dans un beau conte de fĂ©es entre lui et moi, entre vous et nous. Je te dis ce que tu dois faire, tu me dis ce que tu en penses et puis on dĂ©cide.

Malheureusement, ce n’est pas comme cela que les choses arrivent. Il ne sert Ă  rien que tu vocifĂšres : « regarde tout ce que je sacrifie pour toi, toute ma vie je te la mets Ă  disposition et tu ne viens pas m’enseigner ».

Cela ne sert Ă  rien. Si je pouvais faire un geste, sais-tu ce que je ferais ?
Je te mettrais le nez sur le livre posĂ© sur la table que tu ne vois pas, et je te l’écraserais bien fort pour que tu voies au moins la premiĂšre lettre, je ne suis pas ambitieux. Je veux que tu lises au moins la premiĂšre lettre : A, A, A, ça fait mal la premiĂšre lettre, la premiĂšre fois. Puis que tu lises la deuxiĂšme lettre : U, U, U, ça fait mal l’alphabet, surtout quand on le lit complĂštement le nez Ă©crasĂ© contre la feuille. M, M, M, et je relĂącherais la pression et tu regarderais partout en disant quel est le fou qui m’écrase Ă  ce point le nez contre le livre.

Et puis tu te poserais la question. Qu’est-ce que j’ai lu ? A U M, qu’est ce que cela veut dire ? Il m’écrase le nez contre le livre et me propose un mot mystĂ©rieux, et il repart, sans me donner une instruction et sans me dire, voilĂ  ce qu’est le A, le U, le M, voilĂ  comment tu dois le dire, voilĂ  comment tu dois faire avec. Et de nouveau, le disciple va tourner autour de la table et attendre, 2 heures, 2 heures et quart, 2 heures et demie pour que le guide revienne et lui dise ce qu’est le A, le U, le M.

Huit jours aprĂšs, il tourne toujours autour de la table et il recommence ces grandes litanies : « Moi qui sacrifie toute ma vie pour lui, pourquoi ne vient-il pas m’expliquer ces trois lettres ? ». Puis de nouveau la pression arrive parce que fondamentalement, tu es habitĂ© plus par l’amour que par la bĂȘtise. Immanquablement, on revient et on t’écrase le nez sur une autre page oĂč il est Ă©crit : « RĂ©pĂšte, rĂ©pĂšte » et puis on s’en va, et le disciple se retrouve tout Ă©tonnĂ© et regarde autour de lui, il essaie de voir d’oĂč cela vient et il ne voit rien. Mais il a entendu, rĂ©pĂšte, et il se dit « Tiens, on me demande de rĂ©pĂ©ter le A U M, et comment je vais rĂ©pĂ©ter cela ? »

Et il commence Ă  avoir confiance, par deux fois son nez a Ă©tĂ© Ă©crasĂ© contre l’évidence, par deux fois, il a senti l’impĂ©ratif de la prĂ©sence, la nĂ©cessitĂ© de cette chose invisible, impalpable. Il commence un certain comportement, un certain engrenage. Il se dit, je n’ai qu’à essayer, au moins essayer, et il va commencer Ă  dire A
U
M, puis il va se dire non, c’est presque cela, mais pas vraiment. Peut-ĂȘtre, pendant des heures, des jours, des semaines, il va dire A
U
M
 en sentant que ce n’est pas vraiment cela, mais que c’est aussi proche de cela et il va espĂ©rer, vraiment comme un disciple, que le maĂźtre revienne et lui dise Ă  l’oreille comment l’on chante. Non pas que le maĂźtre revienne l’instruire, le rencontrer, mais qu’au moins il lui chante le verbe Ă  l’oreille.

Et c’est au moment que le disciple dĂ©clenche cette attitude, oĂč il ne demande ni la prĂ©sence, ni la rencontre, oĂč il ne demande plus quelque chose de personnel, mais oĂč il demande quelque chose d’essentiel, le Verbe. C’est Ă  ce moment-lĂ  que le verbe, que la prĂ©sence, que le maĂźtre arrive, car le Verbe est le MaĂźtre et le MaĂźtre est le Verbe.

DĂšs qu’il a cette attitude intĂ©rieure, le livre disparaĂźt, la table disparaĂźt, la lumiĂšre entre dans la piĂšce en mĂȘme temps qu’un son magique et grandissant AUM et au fur et Ă  mesure que la syllabe se dĂ©roule, la prĂ©sence apparaĂźt. Et avec la vĂ©ritable prĂ©sence, toutes les prĂ©sences qui servent la prĂ©sence du monde, tous les maĂźtres, tous les guides, tous les initiĂ©s, tous les apprentis et mĂȘme tous les cloche-pied, tout le monde est lĂ  autour de la prĂ©sence.

As-tu besoin de plus ? Non. On pourrait rĂ©sumer le dĂ©veloppement, la collaboration avec les pensĂ©es semences des maĂźtres, ou avec leur Ă©grĂ©gore, leur intelligence Ă  cela. Avoir Ă  l’intĂ©rieur une attitude dĂ©nuĂ©e suffisamment d’égoĂŻsme pour ne plus ĂȘtre Ă  la recherche du MaĂźtre, mais du son qui fait vibrer le maĂźtre lui-mĂȘme.

Ce qui fait que l’on recherche le MaĂźtre, ce n’est pas parce que l’on veut par aspiration spirituelle rencontrer, trouver le maĂźtre. Ce n’est pas une aspiration spirituelle, c’est une manifestation de l’égoĂŻsme. De quel genre d’égoĂŻsme ?
Non pas « moi je veux mon maĂźtre », ce n’est pas cette manifestation-lĂ . Cela veut dire que toute la conscience est encore imprĂ©gnĂ©e des manifestations de l’égo terrestre.

Donc chaque fois que l’on aspire Ă  la spiritualitĂ©, Ă©tant donnĂ© que la conscience est trop imprĂ©gnĂ©e par l’égo terrestre, on va vouloir rencontrer une personne, le maĂźtre, sous quelque forme que ce soit. La rencontre est impossible, d’une part parce que le MaĂźtre ne peut pas se manifester de la sorte, parce que l’on claque du doigt, parce que l’on pleure, que l’on tape des pieds. DeuxiĂšmement, parce que dans aucun endroit de l’univers, vis-Ă -vis d’aucun ĂȘtre humain, il ne peut se manifester lorsque l’égo terrestre est trop prĂ©sent. En fait, je pourrais vous affirmer que la prĂ©sence du MaĂźtre, des MaĂźtres et de Dieu, ces prĂ©sences-lĂ  sont constantes, sans arrĂȘt manifestĂ©es et proche de vous. Ce qui fait le voile, ce qui vous empĂȘche de sentir, c’est l’écorce et l’étoffe de l’égo terrestre dont vous vous entourez.

Je ne vais pas sans arrĂȘt taper sur le mĂȘme clou, puisque je vous ai mĂȘme dit que l’égo terrestre Ă©tait utile, et qu’il fallait savoir travailler avec. Mais en mĂȘme temps qu’il faut savoir l’utiliser, il ne faut pas que vous le rameniez dans la spiritualitĂ©, dans la relation que vous voulez avec Dieu, la lumiĂšre, et les MaĂźtres. Travaillez avec les outils de votre personnalitĂ© pour dĂ©velopper des qualitĂ©s dont mĂȘme l’ñme a besoin. Mais au moment d’une rencontre spirituelle, mon Dieu, dĂ©barrassez-vous de cela !

Ne soyez qu’un verbe à la recherche d’un autre verbe. Comment cela se peut ?

N’ayez pas peur. La plupart du temps la recherche du MaĂźtre en plus de s’établir dans l’égoĂŻsme, s’établit dans la peur. Si je ne trouve pas mon MaĂźtre, je vais mourir, mourir de peur, d’ignorance, dans les tĂ©nĂšbres, de bĂȘtises, de malheurs. J’ai peur. Comment le MaĂźtre pourrait franchir le mur de cette peur ?
Il ne peut pas. Non pas parce que son pouvoir ne le lui permet pas, mais parce que s’il enlevait un voile, toi-mĂȘme tu mettrais un deuxiĂšme voile et tu ne bĂ©nĂ©ficierais mĂȘme pas de l’éclat d’une seconde de la lumiĂšre qui passe au moment oĂč il enlĂšverait le voile. Parce que sans arrĂȘt, tu rĂ©pĂštes que tu as peur, que tu as peur, que tu voudrais, que tu voudrais.

Donc, le calme. La quĂȘte du MaĂźtre ne doit pas ĂȘtre plus importante que d’aller chercher un saucisson un samedi soir dans un supermarchĂ©. Si tu lui donnes plus d’importance, cette quĂȘte t’empĂȘche de rencontrer le MaĂźtre. C’est pour cela que je veux que tu le dĂ©dramatises et mĂȘme que tu le dĂ©valorises s’il le faut, au point mĂȘme oĂč pendant quelque temps les MaĂźtres n’aient plus aucune importance pour toi. En mĂȘme temps soit cet amour, soit ce magnĂ©tisme qui attire l’abondance de l’univers, l’énergie des MaĂźtres et qui te donne la patience d’entrer dans le cocon de la transformation.

Au fur et mesure que tu accomplis ces choses, tu t’aperçois non seulement, que ta vie est entre tes mains, mais que tu arrives Ă  grandir. Tu n’as plus besoin d’aller Ă  la recherche des gourous, d’aller Ă  tous les sĂ©minaires, de faire quatre heures de mĂ©ditations sur la pointe des cheveux en inhalant de l’alcool de menthe ou de l’encens, tout devient trĂšs simple
. AUM
.

Est-ce qu’en te prononçant cette syllabe, je veux te l’imposer ou te la conseiller comme Ă©tant la chose la plus merveilleuse au monde ? Non, ce sera Ă  toi de choisir, je ne veux pas systĂ©matiquement tout t’indiquer. Tu dois apprendre dans le livre en ayant toi-mĂȘme la force de soulever les feuilles, que je ne sois pas obligĂ© sans arrĂȘt de t’écraser le nez contre les lettres. Aie un peu d’initiative, essaie toi-mĂȘme, un peu de poivre, un peu de sel, un petit peu d’eau, un peu de feu, un peu de pĂątes, un peu de temps, et ainsi tu arrives Ă  te faire un repas. Au lieu de me dire, qu’est-ce qu’une pĂąte ? Quand est-ce que je mets l’eau ? OĂč sont les allumettes, oĂč est la bouteille de gaz ?

Le grand problĂšme qu’il y a dans la relation entre l’humanitĂ© et les frĂšres suffisamment avancĂ©s, que vous appelez les guides et les maĂźtres, est que l’homme attend toujours que l’on lui dise quoi faire, comment le faire. Le maĂźtre ne le dira jamais. Pourquoi ? Parce qu’il sait que l’art de la vie, l’art d’ĂȘtre vivant, l’art d’avoir du talent pour faire quelque chose, ne provient pas de l’instruction. C’est pour cela que je me suis toujours dĂ©fendu de faire de l’instruction, de vous donner des informations. La vĂ©ritable instruction passe par l’expĂ©rience.

Vous ne devez pas lire la syllabe AUM, en l’écrivant partout sur les murs de votre chambre, en l’ayant sur un petit papier bien coincĂ© dans votre poche. Vous devez la prononcer, vous ne devez pas savoir l’écrire dans toutes sortes de styles, vous devez la prononcer.

La mĂ©ditation, c’est pareil, vous ne devez pas essayer de vous enrichir de toutes sortes de techniques en vous disant : « quelle technique est la meilleure, si j’essayais celle-ci ? Si j’essayais celle-lĂ  ? » Entrez en mĂ©ditation, c’est tout.

Vous allez me dire : « Comment entre-t-on en mĂ©ditation ? Ce n’est pas si facile que cela, vu que j’essaie tous les jours.»

Je te dirais que tu n’as pas vraiment essayĂ©, c’est tout. Peut-ĂȘtre chaque jour tu t’es dit, aujourd’hui je vais mĂ©diter, et pendant que tu t’asseyais, tu Ă©tais dĂ©jĂ  en train de penser Ă  tout autre chose, au repas de midi, aux factures d’électricitĂ©, Ă  ta rencontre amoureuse du soir, au film que tu es en train de rater pour faire ton saint sacrifice pour Dieu. Mais dans aucun cas ce n’était de la mĂ©ditation, car si tu avais essayĂ©, tu aurais rĂ©ussi, car qu’est-ce que la mĂ©ditation ?

Je sais que c’est le silence absolu. Alors je ferme la porte de ma chambre, je m’assois et je ne considĂšre plus rien. Plus rien n’est capable d’attirer mon attention, ni ma conscience autre que la syllabe divine AUM, rien d’autre ne peut m’attirer. Or il se trouve que sans arrĂȘt je suis attirĂ© par quelque chose, mon dĂ©sir d’ĂȘtre dehors plutĂŽt que de m’enfermer Ă  mĂ©diter, Ă  un vilain mot que m’a dit un ami il y a un quart d’heure. Zut, j’aurais dĂ» lui rĂ©pondre ceci ou cela pour le moucher celui-lĂ . Ou bien, tel ou tel souci, tel ou tel dĂ©sir.

Au fur et Ă  mesure, je m’aperçois que ma pensĂ©e est difficile Ă  maĂźtriser, et je vais chercher des techniques pour maĂźtriser ma pensĂ©e. Ce qui fait qu’aprĂšs le AUM, je vais m’assommer Ă  coup d’encensoir. C’est certain. Bien heureux que personne n’ait pensĂ© Ă  inventer la mĂ©ditation qui consisterait Ă  se lancer contre un mur pour se calmer vraiment afin de mĂ©diter. Donc, si j’en conclus que ma pensĂ©e est difficile Ă  maĂźtriser, parce que je suis sans arrĂȘt attirĂ© par des choses extĂ©rieures, et que sans arrĂȘt je vais chercher des techniques performantes qui de toute façon ne vont pas marcher, c’est que mon point de vue Ă  la source est faux.

Ce n’est pas la pensĂ©e qui est difficile Ă  maĂźtriser, c’est le mouvement de la vie. Tu es un mouvement, comprends-tu cela ? Il n’y a pas la pensĂ©e, il y a le mouvement de la vie. Si tu Ă©tais clairvoyant, tu pourrais voir Ă  quel point les Ă©nergies tournent, les Ă©nergies physiques, les cellules mĂȘmes, les Ă©nergies de tes pensĂ©es, de tes Ă©motions, les Ă©nergies de ton corps Ă©thĂ©rique, tout cela tourne, de temps en temps en spirale, en montant, en descendant, en s’élargissant, en se rĂ©trĂ©cissant, en dĂ©gageant de temps en temps des sons et des couleurs, en s’imprĂ©gnant des autres Ă©nergies qui sont autour. C’est beau Ă  voir. Pour mĂ©diter, il va falloir, crĂ©er le mouvement correct, celui par lequel la mĂ©ditation arrive.

Je te donne un exemple, admettons que la mĂ©ditation ce soit, je suis sur un vĂ©lo et je pĂ©dale. À la suite de confusions multiples, car l’ĂȘtre humain est trĂšs talentueux pour crĂ©er les confusions, on ne sait pas pourquoi, mais tu te mets Ă  penser que mĂ©diter ce n’est pas pĂ©daler sur un vĂ©lo, mais courir dans un champ. Chaque matin, tu te lĂšves et tu te dis je vais faire ma mĂ©ditation, donc tu vas courir dans le champ, mais comme l’état de bonheur, de fusion, ne vient que si tu es sur un vĂ©lo et que tu pĂ©dales alors tu cours dans ton champ et tu n’arrives jamais Ă  l’état de bonheur.

Tu te dis dans ce champ il devrait y avoir quelque chose qui me permette d’ĂȘtre un bon mĂ©ditant, peut-ĂȘtre une petite herbe, un peu chimique qui m’aiderait Ă  stimuler telle ou telle glande, ou peut-ĂȘtre en Ă©coutant le bruit du ruisseau ou peut-ĂȘtre en sachant devenir l’ami des esprits de l’air afin qu’ils me soulĂšvent de terre. Et c’est lĂ , que l’on commence Ă  inventer toutes sortes de techniques abracadabrantes, alors qu’il faut comprendre que demain tu dois aller dans ta cave, qu’il y a le vieux vĂ©lo, construit par le grand-pĂšre du grand-pĂšre, du grand-pĂšre, du grand-pĂšre, du grand-pĂšre, du grand-pĂšre, le vĂ©lo cosmique en quelque sorte, et il n’a qu’une roue ce vĂ©lo, problĂšme, il faut le reconnaĂźtre.

Le plus souvent on accepte de descendre dans la cave, on commence Ă  comprendre que l’on va trouver un vĂ©lo, mais comme l’homme crĂ©e toujours des confusions, il va se dire un vĂ©lo cela a deux roues et puis des freins au cas ou j’irais trop vite, puis une petite lanterne afin que lorsqu’il fait nuit je puisse encore savoir oĂč aller. Ce qui fait que lorsque je tombe sur une roue, je me dis c’est une roue, ce n’est pas un vĂ©lo, il n’y a pas de lanterne, il n’y a pas de pĂ©dales, il n’y a pas de freins, pas de selle. VoilĂ  que passe encore un temps de confusion, un temps de recherche, un temps de douleur, peut-ĂȘtre plusieurs vies, plusieurs morts, et je comprends que cette roue va rouler d’elle-mĂȘme et que je n’ai qu’à m’asseoir dessus.

Et puis plus loin, je comprends que je suis cette roue, que je suis cette cave et que je ne suis pas simplement celui qui cherchait le vĂ©lo. Je suis la cave, la roue et je suis celui qui cherchait. Tout devient clair d’un coup.

Revenons Ă  ce mouvement, je dois crĂ©er le mouvement propre qui doit m’induire en mĂ©ditation, et pour crĂ©er ce mouvement, il y a non pas plusieurs maniĂšres, mais un certain nombre de facteurs. Il faut considĂ©rer que les techniques en soit ne sont pas porteuses de la mĂ©ditation, ne peuvent pas amener la mĂ©ditation, mais un certain nombre de facteurs arrivent Ă  crĂ©er dans les Ă©nergies les alignements nĂ©cessaires pour que le bon mouvement, qui correspond Ă  l’état de mĂ©ditation s’installe.

Le premier alignement, je me recueille

De quoi il s’agit ?

Le premier alignement, le premier facteur c’est – je me recueille – que ce soit assis, que ce soit couchĂ©, dans une chambre, dans une Ă©glise, au milieu de la rue peu importe, je me recueille. Ça veut dire quoi, je me recueille ? Est-ce que Dieu est tout content de voir que les enfants sont enfin sages dans la classe ? Mais non !

Lorsque je me recueille, je deviens magnĂ©tique tout simplement, et en devenant magnĂ©tique, je rĂ©cupĂšre tous mes atomes, toutes mes Ă©nergies qui seraient allĂ©es de-ci, de-lĂ , vers d’autres ĂȘtres humains, oĂč vers l’activitĂ© de tel dĂ©sir, ou vers le mouvement de telle partie de mon corps, par exemple Ă  taper du pied, Ă  taper de la main. Tout s’arrĂȘte lorsque je suis recueilli, je suis calme, composĂ©, magnĂ©tique.

Sur la base de ce magnĂ©tisme centrifuge qui va attirer tous ces atomes ambiants, ma pensĂ©e va ĂȘtre aussi mieux calmĂ©e, pas encore maĂźtrisĂ©e, mais mieux alignĂ©e, je vais lui demander de participer, par une invocation par exemple, ou une priĂšre, que ce soit le Notre PĂšre, ou la grande invocation que vous avez utilisĂ©e, que ce soit quelque chose que vous composez vous-mĂȘme, peu importe. Et c’est lĂ  que je vais faire participer ma pensĂ©e Ă  l’élĂ©vation de l’entitĂ© que je suis et crĂ©er ce beau mouvement qu’est la mĂ©ditation.

Quelle énergie peut apporter la pensée ?
Puisque je vais rĂ©pĂ©ter une invocation, une priĂšre, je vais Ă©lever la nature de mes pensĂ©es, je ne suis pas en train de penser Ă  mes problĂšmes de factures. Je pense Ă  Dieu, je pense aux MaĂźtres, je pense Ă  l’humanitĂ© que j’aime, j’élĂšve mes pensĂ©es. Je ne risque pas de penser Ă  mes petites chinoiseries, Ă  mes problĂšmes de casseroles et de fond de poubelle. Je suis dans l’aspect le plus haut de ma pensĂ©e. Elle ne risque pas de reconsidĂ©rer toutes ces choses infĂ©rieures et inutiles.

En mĂȘme temps que la pensĂ©e s’élĂšve et qu’elle se focalise sur Dieu, ou sur un maĂźtre, ou sur une lumiĂšre, elle crĂ©e par effet de ventouse et d’aspiration l’élĂ©vation de mes Ă©motions. Ce qui fait qu’au fur et Ă  mesure que je fais l’invocation ou que je prie, il y a une Ă©lĂ©vation de tout mon ĂȘtre, les Ă©motions montent et se transforment au plus haut degrĂ© en aspiration spirituelle. Les pensĂ©es montent et se transforment au plus haut niveau de leur nature en communion spirituelle. Et lorsque tout ce mouvement ascensionnel est dĂ©clenchĂ©, mes cellules que j’ai rapatriĂ©es, qui vibrent de maniĂšre centrifuge et qui envoient leur Ă©nergie vers le haut, mes Ă©motions qui ont dĂ©couvert l’aspiration, mes pensĂ©es qui ont dĂ©couvert la communion, hop, je suis la mĂ©ditation et j’entre dans un Ă©tat de conscience magnifique que je n’ai jamais dĂ©couvert auparavant.

La plupart des gens, et cela me consterne, sortent des moments de mĂ©ditation, comme l’on sort d’un ring de boxe, avec des bleus partout, les cheveux complĂštement dĂ©montĂ©s, les yeux au beurre noir, la lĂšvre ensanglantĂ©e, des dents qui manquent tellement ils se seront battus contre les factures d’électricitĂ©, contre les remarques de tel ami, contre l’employeur qui n’arrive pas Ă  augmenter le salaire, contre Dieu qu’on appelle et qui ne vient pas.

Qu’est-ce qu’il attend pour se faire dĂ©boucher les oreilles celui-lĂ  ? Qu’est-ce qu’on attend pour inventer un ascenseur afin d’y aller plus vite ? Alors que cet homme aurait dĂ» sortir de lĂ  avec des ailes d’anges et une tunique magnifique, portĂ© par les anges. VoilĂ  un bon athlĂšte mis complĂštement chaos, qui en plus, est abandonnĂ© par son Ă©quipe, car les hommes n’aiment que les forts, c’est bien connu. Personne n’est lĂ , ni pour l’encourager, ni pour le soigner, et il n’aspire qu’à une chose, c’est Ă  mourir vu que la vie est si compliquĂ©e et Dieu si Ă©loignĂ©. Et c’est dans une grosse crise d’abandon, qu’il se replie sur lui-mĂȘme et qu’il dit, je prĂ©fĂšre la mort Ă  ce Dieu sans pitiĂ©.

Je te comprends, mais je ne peux pas changer ton esprit, non pas que tu doives le changer toi-mĂȘme. Je n’aime pas ces phrases toutes faites. MĂȘme si je le changeais en ce moment mĂȘme, Ă©tant donnĂ© que tu crois Ă  tes principes, que tu crois Ă  ta dĂ©tresse, Ă  ta souffrance, tu ne laisserais aucune chance Ă  mes affirmations de rentrer en toi et de crĂ©er un nouvel ĂȘtre.

C’est pour cela que je dois tellement utiliser que ce soit les paraboles, que ce soit les petites histoires, que ce soit en empruntant directement les Ă©vĂ©nements de ta vie, de façon de crĂ©er en toi une pensĂ©e qui t’appartienne. Non pas une pensĂ©e que je t’ai envoyĂ©e, mais au fur et Ă  mesure du dĂ©roulement de l’histoire, une pensĂ©e tu as acceptĂ© de faire Ă©clore. C’est ton acceptation, c’est ta crĂ©ation qui fait que d’un seul coup tu es sain et sauf. Mais si simplement tu m’obĂ©is, ça ne sert Ă  rien.

Dans le monde, il y a une multitude de disciples trop obĂ©issants qui n’arrivent Ă  rien. Toute la journĂ©e ils nous envoient leurs communications : «si tu m’envoies Ă  tel endroit, j’irai, du moment que c’est toi qui m’envoies. Si tu me fais faire ceci, je le ferais, Seigneur, ça me coĂ»te, mais vu que c’est toi qui m’envoies
, fais-moi sentir que tu veux que j’y aille. »

Mais qu’est-ce que tu veux que cela me fasse de t’envoyer Ă  tel endroit et de faire telle chose. Il y a plein de choses Ă  faire partout, devant tes pieds, Ă  gauche, Ă  droite, Ă  500 km de chez toi, mais aussi sur la lune il y a des choses Ă  faire. Alors commence par ĂȘtre actif, un homme plein d’initiatives, en Ă©tat d’expĂ©rience, qui sait prendre des risques, en Ă©tat de curiositĂ© et avec bonheur, frĂ©nĂ©sie presque, mais fait. Et tu verras que nous n’avons pas spĂ©cialement le dĂ©sir de t’envoyer ceci de t’envoyer cela, que la nĂ©cessitĂ© du monde est une grande nĂ©cessitĂ©, que nous ne destinons personne Ă  untel, que nous ne destinons pas les deux, trois phrases que tu vas inventer Ă  untel pour le soigner.

C’est tout simplement, l’abondance de l’univers qui passe en toi et puisque tu es gĂ©nĂ©reux, que tu es magnĂ©tique, que tu aimes l’autre et que tu veux l’aider, tu le ressens et c’est toi-mĂȘme qui vas piocher dans l’abondance de l’univers pour lui donner, Ă  lui qui Ă  tant besoin, Ă  cet homme qui est devant toi et qui pleure. Ce n’est pas Saint-Michel l’Archange, Khoutoumi ou Morya, ou Alfred de Musset, ou je ne sais qui d’autre qui va te dire, dis-lui que ce n’est pas grave, le 19 du mois, il va gagner au loto et tout ira bien dans sa vie.

Non. Que ce soit Saint-François, que ce soit tous les maĂźtres, ils ont autre chose Ă  faire que venir vous inspirer et vous dire quels chiffres vous devez jouer Ă  la loterie, de vous dire Ă  quelle porte taper pour trouver Ă  coup sĂ»r un emploi, si la femme que vous Ă©pousez est vraiment celle qu’il vous faut, Ă  quelle heure vous devez concevoir un enfant afin qu’il soit un futur Bouddha.

Nous recevons beaucoup de rĂ©clamations et croyez-moi, ceux qui sont au standard changent souvent de place, car ils ne peuvent plus tenir. Mais ça leur apprend la patience, la tolĂ©rance et surtout la psychologie qui anime encore les hommes. Et de toute façon quand ils reviendront dans l’incarnation, ils seront ces hommes-lĂ , alors autant qu’ils en prennent bien conscience alors qu’ils sont encore de l’autre cĂŽtĂ©, afin qu’ils ne commettent pas les mĂȘmes erreurs.

La communication est plus belle s’il s’agit d’un cƓur magnĂ©tique, plein d’amour, voulant donner, allant puiser dans la grande abondance de l’univers et sachant ensuite redonner. C’est cela le Christ et rien d’autre. Tu veux dĂ©velopper, Ă©panouir le Christ en toi, rencontrer le Christ sur la croix ou sur le mont Athos, ou je ne sais trop oĂč ? Tu voudrais aller au fin fond de la hiĂ©rarchie parce que tu sais qu’il en est le chef, tu veux le voir, le rencontrer, le sentir, tu veux devenir lui, comme lui puisqu’il te l’a proposĂ©. Sois et fais comme lui, c’est tout.

Tu vas me dire: «On retombe toujours sur les mĂȘmes phrases. Si je savais faire comme le christ, ce serait dĂ©jĂ  fait et je n’aurais pas besoin de venir t’écouter, ni d’assister Ă  des sĂ©minaires. C’est bien parce que je ne sais pas comment on fait le Christ que je n’arrive par Ă  l’ĂȘtre et que j’ai besoin que tu me parles.»

C’est lĂ  que j’ai envie de t’écraser le nez dans le livre. On te l’a dit dans toutes les langues, Ă  travers toutes les gĂ©nĂ©rations, Ă  travers toutes les races, ce qu’est le Christ, comment il parle, comment il pense et comment il rayonne.

Maintenant, tu vas me dire : « C’est difficile. »
Tu vois ! Tu deviens un peu plus honnĂȘte. De ton premier mensonge : « Je ne sais pas comment on fait. »
Tu t’aperçois que tu sais trùs bien, mais que c’est trop dur.
Alors, rends-toi compte absolument que ce qui te fait penser que la chose est difficile, ce n’est pas la difficultĂ©, mais c’est la paresse.

Si je pouvais me permettre un trait d’humour, je dirais que tous les ĂȘtres humains sont des Christs. Mais tant que l’on est un ĂȘtre humain, on est un Christ paresseux, et tant que l’on est un Christ paresseux, on est un Christ qui ne se connaĂźt pas lui-mĂȘme. On est un Christ qui sans arrĂȘt demande : Qui est le Christ ? OĂč est le Christ? Comment je vais vers le Christ, quand va-t-il revenir ? Et je fais des groupes avec les autres Christs paresseux, en me disant : "plus on sera nombreux Ă  l’appeler, plus vite il va venir, lui qui est rĂ©veillĂ© et qui peut descendre, traverser les univers." Alors on se rĂ©unit et on prie et on l’appelle, on lui envoie mĂȘme des lettres, on lui invente mĂȘme des rendez-vous afin qu’il s’y rende.

Mais voilĂ  que le Christ ne descend pas, pourquoi ?

Est-ce que ce n’est pas son heure ? S’amuse-t-il de l’humanitĂ© en disant : « Criez toujours, je descends quand je veux ! »
Bien sûr que non.

Le Christ est la seule Ă©tincelle de toute la conscience de la hiĂ©rarchie, qu’elle soit planĂ©taire ou solaire, qui ne s’incarne jamais. Elle se rĂ©vĂšle. Elle habite soudainement l’homme le plus riche de cƓur et elle parle, elle rayonne, elle donne. C’est pour cela qu’il a existĂ© JĂ©sus le Christ, et non pas le Christ descendu sur la Terre.

Pourquoi en est-il ainsi ? Pourquoi JĂ©sus, MaĂźtre et disciple, a servi la manifestation du Christ et que ce n’était pas JĂ©sus Ă©tant le Christ ou Christ Ă©tant JĂ©sus ?

Il faut comprendre que dans la manifestation de la divinitĂ©, il y a des seuils, et cette nature spĂ©ciale, cette fonction, ce poste spĂ©cial, qui est d’ĂȘtre le Christ pour une humanitĂ© en marche, pour un systĂšme solaire en marche, rĂ©clame que l’on reste Ă  un certain endroit depuis lequel on peut faire un certain travail.

Plus bas on ne le peut plus, un peu plus haut, on ne le peut plus. Et pourtant pour descendre malgrĂ© tout auprĂšs de chaque crĂ©ature, puisque la nature d’amour du Christ le porte Ă  cela, descendre jusqu’au fin fond de la vie pour aller toucher, rĂ©animer chaque crĂ©ature, il utilise pour cela ses flambeaux les plus purs, une fois c’est JĂ©sus, une fois c’est un autre, et ce sera encore un autre, mais chacun dira la mĂȘme vĂ©ritĂ© et parle au nom de celui qui l’envoie.

Ensuite il y aura bien sĂ»r toutes sortes de confusions, comme rĂšgne aujourd’hui la confusion, JĂ©sus et le Christ. Mais peu importe, le travail aura Ă©tĂ© fait, la lumiĂšre aura Ă©tĂ© relancĂ©e et le cycle se poursuivra ainsi.

Être le Christ, c’est ĂȘtre cette grande spontanĂ©itĂ©, cette grande ouverture, cette grande facultĂ© et facilitĂ© Ă  vivre et Ă  entrer dans l’expĂ©rience. Je suis un jeune Christ, je n’ai pas peur, j’ai la lumiĂšre du Christ fondamental, le grand gardien de l’univers qui me protĂšge et dans lequel je vis et dans lequel j’évolue, et moi-mĂȘme, en tant qu’entitĂ©, je suis un petit Christ et je ne dois pas avoir peur, je dois aller dans l’expĂ©rience, je dois prendre ce que j’appelle des risques. Les risques, parce que je ne sais pas ce qui va sortir d’une situation. Et c’est au fur et Ă  mesure que ce petit Christ entre dans le courant des Ă©nergies, un courant qui existe parce que je m’investis dans les expĂ©riences, c’est Ă  ce moment-lĂ  que le Christ se met Ă  se ranimer, comme une flamme et que cela grandit et que cela monte et il aboutit Ă  une ressemblance complĂšte avec ce que vous appelez le Christ fondamental, le gardien de l’univers. Il n’y a plus aucune diffĂ©rence, cela devient tout simplement, une autre lumiĂšre parmi tant d’autres dans l’univers. Donc, ĂȘtre le Christ, faire le Christ, ce n’est pas si compliquĂ©.

Osez entrer dans votre vie.

Regarder la vie du Christ, qu’est-ce qu’il a fait ? Il est venu, il a osĂ© venir, mĂȘme s’il est venu en adombrant JĂ©sus, il a osĂ© venir. Pour lui, c’est une forme de naissance et d’incarnation. Faites comme lui, osez entrer dans votre vie, dites oui Ă  votre incarnation, mettez vĂ©ritablement les pieds dans vos chaussures, dans votre personne, dans votre corps et marchez.

Que faisait JĂ©sus ? Il marchait partout, il voyageait sans arrĂȘt. Faites de mĂȘme, soyez curieux du monde. Pas d’une maniĂšre dĂ©sordonnĂ©e et exaltĂ©e, soyez curieux du monde, allez Ă  la rencontre des choses. MĂȘme si vous n’allez en promenade que dans votre jardin, cela est sortir dans le monde, du moment que vous y allez avec un esprit de rencontre, en ressentant les fleurs, la terre, l’air, du moment que vous ĂȘtes vivant en quelque sorte.

Puis au fur et Ă  mesure que vous sentez la vie circuler en vous, que vous sentez aussi l’amour que vous portez Ă  la vie, et Ă  ce mouvement que vous avez dĂ©clenchĂ©, appliquez cette Ă©nergie dans les directions indiquĂ©es par le Christ.

Que vous a-t-il dit ?
« Aimez-vous les uns, les autres, portez-vous secours.»

Si quelqu’un ne vous accepte pas, mon Dieu laissez le tranquille et poursuivez votre chemin. Il vous a dit comment appliquer cette Ă©nergie de vie. Et puis en final, que vous a-t-il dit ? « Soyez parfait, comme votre PĂšre est parfait. Cela veut dire quoi ? »

Travaillons un peu sur ce concept et ensuite nous nous quitterons.

Soyez parfait. Vous rĂ©pĂ©tez souvent ce mot-lĂ , mais en vĂ©ritĂ© vous ne savez pas quoi penser Ă  propos du mot. Donc vous imaginez : « Être parfait, cela veut dire ne plus boire, ne plus fumer, ne plus dire de gros mots, ne plus avoir de mauvaises pensĂ©es, ne plus ĂȘtre sujet Ă  la sexualitĂ©, vouloir tous les matins mĂ©diter, ĂȘtre fidĂšle dans l’observation de la loi spirituelle, c’est ĂȘtre une Ăąme, ĂȘtre la libĂ©ration. »

Tu emploies comme cela une suite de mots, soit que tu vas renier tout de suite aprĂšs, parce qu’effectivement tu vas fumer, boire, injurier quelqu’un. Soit que tu ne connais pas, car lorsque tu dis, ĂȘtre parfait, c’est l’ñme, la libĂ©ration, eh bien, ça, tu ne connais pas encore. Tu ne peux donc identifier ce concept, qui est la perfection.

Soyez parfait comme votre pĂšre est parfait.

Expliquons cela, mais au lieu que je t’écrase le nez contre le livre, viens avec moi, essaie de ressentir, de chercher, mets toi Ă  l’écoute, rĂ©flĂ©chis... Je te laisse du temps Ă©coute encore un peu, dĂ©tends-toi bien... N’es-tu pas parfait en ce moment ? Silencieux, ouvert, ne pensant plus Ă  dire du mal Ă  quelqu’un, ne pensant plus Ă  tes petites prĂ©occupations. Heureux, en Ă©cho avec l’univers tendu par amour ! N’es-tu pas parfait en ce moment ? Eh bien, si, tu l’es, et ce n’est pas plus compliquĂ© que cela. Il ne s’agit pas de renier la nature humaine, de renier l’incarnation, d’ĂȘtre une Ăąme libĂ©rĂ©e flottant au-dessus des hommes et de la terre, mais dans l’incarnation, parmi les hommes, sur la terre, d’ĂȘtre cette mĂȘme paix.

La perfection c’est ĂȘtre la paix, et la paix c’est je ne suis plus la guerre, et la guerre c’est : je pense Ă  rĂ©pondre ceci Ă  mon ami qui m’a dit ceci, cela ; comment je vais trouver les moyens de me procurer tel argent pour payer ma voiture, mes prochaines vacances. Comment je vais pouvoir faire des Ă©conomies pour me payer tel manteau dans telle ou telle boutique, ou le sĂ©minaire de mĂ©ditation tibĂ©taine qui me garantit que ma pinĂ©ale va s’ouvrir. C’est tout ça la guerre, la dislocation, le bruit, le dĂ©sordre et pendant que j’anime tout ce bruit, je ne me permets pas d’ĂȘtre la paix qui est l’univers.

On se demande toujours comment mĂ©diter ? MĂ©diter, c’est uniquement le contraire du bruit. Le bruit c’est toutes mes prĂ©occupations basses ou grandes, mĂȘme la recherche de Dieu peut-ĂȘtre une prĂ©occupation bruyante. Lorsque sans arrĂȘt, on secoue l’arbre du paradis en espĂ©rant que Dieu tombe de l’arbre. En disant Ă  force de mantras, Ă  force de menaces ou de chantage, si tu ne m’apparais pas demain je me pends Ă  la premiĂšre branche.

Dieu peut ĂȘtre une grande perturbation, une grande cause de bruit. C’est pour cela que je t’ai dit oublie Dieu. Ne lui accorde pas plus d’importance qu’un saucisson que tu vas acheter au supermarchĂ© le samedi soir. Oublie, ne saccage pas tes pensĂ©es, tes Ă©motions, ton corps.

Soit le calme, c’est le plus sĂ»r moyen de retrouver ce que tu cherches. Et aprĂšs ce calme, soit la vie, va dans la vie, expĂ©rimente, commets-toi avec des Ă©vĂ©nements. Peu importe, mon Dieu, s’il y a quelquefois un peu du dĂ©lire lĂ -dedans. Peu importe si tu vas ĂȘtre un peu critiquĂ©, si tu vas dans des endroits oĂč il ne faudrait pas, parce que l’on ne va pas te comprendre, que l’on va te maltraiter. Vas-y !

CuriositĂ©, mouvement, enrichissement, sois un aventurier, un aventurier sur la terre, Ă  propos de tous les Ă©vĂ©nements que tu pourrais rencontrer, et sois le silence face Ă  Dieu quand le soir tu vas te recueillir pour mĂ©diter. Et tu verras que dans ce bel Ă©quilibre d’action et de non-action, de recherche et d’ouverture, de mouvement et de non-mouvement, tu verras que la vie va te paraĂźtre belle, que la spiritualitĂ© te paraĂźtra facile.

Tu ne bouges pas, non seulement tu ne bouges pas dans la journĂ©e, non seulement tu entretiens une vie assez lĂ©thargique, dĂ©pourvue complĂštement d’aventures, d’émotions, de stimulants et en plus tu voudrais avoir la patience, l’envie de t’asseoir le soir pour mĂ©diter, non, ce n’est pas possible. Toute la journĂ©e tu as endormi ton corps, abruti tes sens, endormi tes pensĂ©es. Tout ton corps, tes Ă©motions, ton mental, refusent en plus de mĂ©diter, car il s’agit de s’asseoir encore plus, de se taire, de faire le mort.

« Je ne peux pas !, dit le corps, toute la journĂ©e je n’ai fait que cela, paresser, traĂźner les pieds. »
« Je ne peux pas !, disent les Ă©motions, toute la journĂ©e je n’ai fait que cela, essayer de me calmer, de penser Ă  mes chagrins. »
« Je ne peux pas !, disent les pensĂ©es, toute la journĂ©e je n’ai fait que cela, appeler Dieu, pour qu’il vienne m’aider. »

Si ta vie ne te plaĂźt pas, si tu as des problĂšmes, si tu penses que Dieu n’a pas posĂ© un Ɠil favorable sur toi, eh bien ! Je te conseille dĂšs demain d’aller vivre la vie, sort de ton appartement, de ton chez toi, va vers les autres, vers les groupes, va dans les musĂ©es, dans les cinĂ©mas, parle aux gens qui sont dans ces cinĂ©mas, ne t’assoies pas simplement pour regarder les images.

Parle aux gens, Ă  l’entrĂ©e, Ă  la sortie, parle Ă  la caissiĂšre. Demande aux gens ce qu’ils en ont pensĂ©. On ne te rĂ©pond pas, tant pis. Demande Ă  celui de droite et si on te prend pour un fou, tant mieux, au moins tu es vivant. Et si on te parle comme cela dans la rue, prend ce signe comme un signe de bonheur, il y a un endormi qui te montre que tu es rĂ©veillĂ©.

Les gens réveillés dérangent toujours les endormis. Pourquoi ?

Les endormis veulent les choses bien rangĂ©es, alors le feu rouge clignote tant qu’il faut, chacun passe l’un derriĂšre l’autre, chacun respecte l’autre, chacun passe dans les passages pour piĂ©tons, chacun attend son tour Ă  la cantine, au baptĂȘme, Ă  la morgue aussi, il y a un temps pour tout. Et tout cela bien ordonnĂ©, bien rangĂ©.

C’est le sommeil qui est rangĂ©, pas la vie. La vie c’est du dĂ©sordre, des Ă©clats de voix, de rire, des gestes. C’est des gens qui veulent danser, ils ne savent pas pourquoi, mais ils dansent. C’est des gens qui d’un coup veulent mĂ©diter, ils ne savent pas pourquoi, mais ils s’isolent et ils mĂ©ditent. La vie est un mouvement, j’ai envie de t’embrasser, eh bien! Je t’embrasse. Mais voilĂ , j’ai lu dans un livre que les Ă©motions, mon Dieu, c’est une dĂ©monstration peu spirituelle. Alors je garde le baiser que je veux te donner parce que je veux paraĂźtre spirituel.

Tout l’amour magnĂ©tique est spirituel, oĂč toute la providence de l’univers voulait peut-ĂȘtre s’exprimer Ă  travers ce baiser que je t’envoie. Pourquoi le retenir ? Parce qu’un mystique pessimiste a Ă©crit – l’émotion est infĂ©rieure au monde de l’esprit – qu’en savait-il ? Lui qui vivait avec trois grains de riz, lui qui se lavait avec de la neige fondue, lui qui n’avait jamais mis de l’huile parfumĂ©e dans ses cheveux et de s’apercevoir qu’un petit Ă©lĂ©mental avait fort travaillĂ© pour crĂ©er ce parfum magnifique. Qu’en sait-il lui qui a reniĂ© toute communion avec la beautĂ© ? Cette beautĂ© qu’une multitude de petites vies se fatigue, s’échine Ă  fabriquer pour votre propre contemplation, votre confort, ou votre propre santĂ© ? Que sait-il de cette vibration magnifique qui fait qu’au contact de l’amour qui passe, que ce soit par le regard, ou un baiser, ou un geste, qu’en sait-il s’il n’y a lĂ -dedans, pas plus d’humanitĂ©, de divinitĂ© que de manger trois grains de riz dans une caverne ?

Il y a comme cela une multitude de confusions, mais ce n’est pas si mauvais que cela, mĂȘme si pendant un temps cela crĂ©e quelques douleurs, des Ă©parpillements, des larmes. Dans un sens ce n’est pas si mauvais. Plus je suis confus, plus je vais souffrir et par cette souffrance je vais dĂ©truire la confusion qui rĂšgne. En dĂ©truisant le plus vite possible la confusion, je vais dĂ©couvrir la vĂ©ritĂ©. La confusion est un peu nĂ©cessaire Ă  la vĂ©ritĂ©. C’est pour cela que nous ne dirons jamais qu’un enseignement est juste, qu’un enseignement est faux. Nous ne dirons jamais quel Saint que vous considĂ©rez comme vrai, en est un faux. Plus il y aura pour vous d’interrogations, plus il y aura pour vous l’occasion d’accĂ©lĂ©rer votre libĂ©ration.

Tout ceci peut paraĂźtre un peu cruel, mais pas du tout, car au fur et Ă  mesure que vous dĂ©veloppez votre amour, votre magnĂ©tisme spirituel, vous recevez de plus en plus de guidance, d’inspiration, d’intuition. Ce qui fait que, vous interroger Ă  propos d’un sujet oĂč vous y passez beaucoup de temps, tout cela n’est plus un problĂšme, cela se rĂšgle en quelques jours, deux ou trois mĂ©ditations. Ou si vous n’ĂȘtes pas particuliĂšrement intuitif, par une forte volontĂ© qui d’un seul coup se dit, tant pis je vais prendre le risque. Dieu me voit, Dieu est mon juge, et il sait que si je me trompe, c’est en cherchant la vĂ©ritĂ©, et que donc fondamentalement, je ne commets pas d’erreur. C’est par amour pour lui.

Quelle entitĂ©, quel Dieu, quel MaĂźtre pourrait vous accabler d’une erreur quand vous vous comportez de la sorte ? Personne.

Au contraire, vous ĂȘtes bĂ©nis et au moment mĂȘme ou vous vous apercevez que vous avez fait une erreur, la lumiĂšre jaillit. Mon Dieu, j’aurais dĂ» faire ceci, cela, et hop, on a le temps de corriger.

Alors que si j’y vais Ă  pas feutrĂ©s, en me disant jusqu’au dernier moment peut-ĂȘtre Dieu viendra me parler. Je tends l’oreille, mais j’ai peur, mon ventre est crispĂ© parce que fondamentalement j’ai peur. Alors je fais l’erreur, je ne la vois pas et je ne suis pas Ă  mĂȘme de la corriger.

Si tu y vas en bon chevalier qui pense que, quel que soit le Dieu qu’il sert, le roi qu’il sert et qu’il ne connaĂźt pas encore, vraies ou fausses toutes les batailles doivent ĂȘtre combattues
.

À ce moment-lĂ , le roi en grande lumiĂšre t’apparaĂźt et te guide. Alors que si avant la bataille tu te demandes, qui est le roi — Que veut-il — Dois-je vraiment me battre — Quelle est la bataille — Qui vais-je avoir en face — Combien ont-ils de chevaux, et s’ils en ont, dois-je aller en chercher ? Et pendant ce temps, un temps infini passe. Tu vas dans la campagne, chercher des chevaux, mais entre-temps tu rencontres une fermiĂšre avec qui tu t’attardes, et tu me prends Ă  tĂ©moin, Seigneur, ce n’est pas moi qui aie inventĂ© le sexe et son attraction.

Admettons que tu finisses par ramener des chevaux, tu es ensuite embĂȘtĂ© pour savoir comment on monte les chevaux. Plein de temps est perdu, comment on monte Ă  cheval ? Comment on dresse cette bĂȘte ? Et tu me demandes pourquoi as-tu fabriquĂ© un cheval qui de maniĂšre naturelle n’obĂ©it pas Ă  l’homme, alors que j’en ai besoin pour le combat ? Parce qu’à l’origine tu ne sais pas comment faire, tous les objets que tu imagines utiles pour le dĂ©roulement de la bataille deviennent de vrais mystĂšres, parce qu’il te semble qu’ils ne sont pas bien Ă©tudiĂ©s pour rĂ©pondre Ă  la nĂ©cessitĂ©. Si par exemple, le cheval Ă©tait nĂ©cessaire Ă  la bataille, comme tu le crois, de maniĂšre naturelle le cheval viendrait vers toi et te dirait : je suis ton cheval, nous allons combattre ensemble, voilĂ  comment tu me montes, voilĂ  comment tu me tiens. Un coup de sifflet, je dĂ©marre, deux coups de sifflet et je m’arrĂȘte. Et voilĂ , le cheval te fuit, il se cabre et t’éjecte et tu dis au Bon Dieu, comment tu peux inventer un monde insensĂ©.

Ce n’est pas le monde qui est insensĂ©, c’est toi. Je ne te le reproche pas. J’ai Ă©tĂ© aussi fou que toi, si ce n’est davantage, parce qu’à une autre Ă©poque, les mystĂšres Ă©taient encore plus grands, plus grands au sens oĂč Ă  l’époque de cet ancien continent, nous ne disposions pas des percĂ©es mentales dont vous disposez aujourd’hui de façon naturelle. Il fallait approcher tous les mystĂšres, toutes les Ă©nigmes, toutes les Ă©nergies, par des moyens un petit peu plus difficiles que le permet la pĂ©nĂ©tration du mental dont vous disposez maintenant.

Votre voie est beaucoup plus facile que celle que j’ai suivie. Vous devriez rĂ©ussir plus facilement que moi en un temps plus rapide. Pourtant, vous vous compliquez la vie, beaucoup plus que je me la suis compliquĂ©e moi-mĂȘme. Vous cherchez des instruments, vous cherchez des outils au lieu de vous dire, il y a un champ, j’avance, s’il y a un ennemi je le verrai. Mais qui te dit qu’il y en a un ?

Au moment oĂč tu charges avec armure, Ă©pĂ©e, cheval et tous les autres soldats, tu t’aperçois que tu tombes dans le vide, et c’est un cri, tous les chevaux tombent, ce n’était qu’une falaise, ce n’était qu’un vide et tu te trouves bĂȘte.

J’ai passĂ© ma vie Ă  chercher des chevaux, j’ai perdu ma vie Ă  rassembler une armĂ©e, Ă  prĂ©voir un plan de bataille, alors que j’aurais dĂ» me faire pousser des ailes. Encore une fois tu attrapes la barbe du Bon Dieu et tu la secoues : « tu ne pouvais pas me prĂ©venir ? »

Mais comment aurait-on pu te prĂ©venir entĂȘtĂ© que tu Ă©tais, bornĂ©, tĂȘtu, paresseux. Si tu refuses de laisser pousser tes ailes, c’est bien que courir la campagne en t’arrĂȘtant auprĂšs de la fermiĂšre et de chercher des chevaux soient quelque chose de plus facile.

Je te demande une simple chose, n’imagine pas qu’il y a un ennemi, il n’y a qu’un Roi Ă  servir, pas simplement un Roi qui est au ciel, mais un Roi qui est toi-mĂȘme. Ne prĂ©vois pas des plans de bataille par des mĂ©ditations compliquĂ©es pour avoir la maĂźtrise sur ton corps Ă©motionnel, physique ou mental. Avance et saute !

Tu vas me dire : « ce n’est pas facile ! »

C’est de la paresse, rien d’autre. Je vais te le rĂ©pĂ©ter plusieurs fois. C’est de la paresse, c’est de la paresse, c’est de la paresse, c’est de la paresse. Allez on exorcise, tu voudrais bien mĂ©diter, mais tu es comme une certaine chanson : « Je voudrais bien, mais je ne peux point. »

Tu voudrais bien mĂ©diter, mais en mĂȘme temps tu ne paies pas le prix. Ça t’embĂȘte qu’il y ait une voie spirituelle, qu’il y ait un bon Dieu, qu’il faille devenir un maĂźtre, devenir vĂ©gĂ©tarien, ne plus boire de l’alcool, que l’on te prĂ©dise que l’amour mĂȘme le plus grand n’est qu’une illusion et qu’il faudra que tu t’en dĂ©taches. Ça t’embĂȘte que le Bon Dieu ait inventĂ© un monde oĂč l’humain n’est pas Ă  sa place.

Comment veux-tu mĂ©diter alors que tu es dans un tel conflit ? Je te conseille d’aller rĂ©gler tes comptes avec le Bon Dieu, tu ne peux pas mĂ©diter, prier tant que tu n’as pas dit tout ce que tu penses, tant que tu n’auras pas vidĂ© ton sac comme tu le dis toi-mĂȘme. Tu vas me dire que parler avec le Bon Dieu, ce n’est pas si facile ! Mais oui, je te l’ai dit, il est partout, il est en toi, il est autour de toi, sans arrĂȘt. Sa seule difficultĂ© est qu’il ne peut te rĂ©pondre, alors que facilement il peut t’entendre. Alors parle-lui, dis-lui, exactement comme tu rĂšgles tes comptes avec un ami, dis-lui tout ce que tu as sur le cƓur :
« VoilĂ , je crois en toi, d’une certaine maniĂšre. Il ne faut pas te faire d’illusion, ce n’est que d’une certaine maniĂšre, et c’est bien parce que certains m’ont fait peur du diable que je me suis intĂ©ressĂ© Ă  toi. Mais admettons que tu sois peut-ĂȘtre une planche de salut, mĂȘme si actuellement tu es plutĂŽt une planche de battoir, voilĂ  ce que je pense de toi » et tu lui dis tout ce que tu penses.

Dis-lui aussi tout ce que tu penses de toi, de la vie, tu lui Ă©cris, mĂȘme s’il te faut deux jours pour Ă©crire cette lettre, prends deux jours, mais dis-lui sincĂšrement, et je te l’affirme, il t’écoute, je te le dis, et je te le rĂ©pĂšte, il a des difficultĂ©s pour se faire entendre de toi, mais il n’en a aucune Ă  t’entendre.

Et lorsque tu auras vidĂ© ton cƓur, que tu auras laissĂ© pleurer en toi tout ce qu’il y a Ă  pleurer, tout ce qui charge ton corps, tout ce qui fait ta maladie, ta perturbation, ton dĂ©sĂ©quilibre ou ta tristesse, dis-lui toutes ces choses et abandonne les lui, Ă  ce moment-lĂ , il enverra sa bĂ©nĂ©diction. Aussi sĂ»r qu’il existe la pluie, le vent, aussi sĂ»r que les hommes sont physiques, ses bĂ©nĂ©dictions existent, tu ne dois pas en douter, jamais, Ă  aucun moment de ta vie.

Simplement, il te faut savoir les recueillir, de nouveau il faut savoir se vider, pour recueillir. Et lorsque tu arrives Ă  recueillir, tu t’aperçois qu’il n’y avait jamais eu de problĂšmes, que Dieu et toi aviez toujours fait bon mĂ©nage, qu’il n’y a eu que des malentendus comme dans tous les couples. Mon Dieu, ce n’est pas si grave, mais que dĂ©sormais vous ĂȘtes unis, main dans la main. Que tu as encore un Ă©tat humain, que tu as encore des choses Ă  accomplir et Ă  lui ramener, mais tu vas voir que lui aussi sait faire sa part de travail, qu’il sait t’inspirer, qu’il sait te protĂ©ger, qu’il sait mĂȘme te donner des libertĂ©s quand tu en as besoin.

Dieu sait ĂȘtre gĂ©nĂ©reux. Tu crois que tu dois vivre de riz complet, dormir sur des briques, marcher sur des charbons ardents, te massacrer le sexe, alors que Dieu est gĂ©nĂ©reux. S’il voit que tu fais ton travail, c’est lui qui t’emmĂšne vers l’amour, s’il voit que tu en as besoin, c’est lui qui va t’emmener et qui va te dire, voilĂ  celui qui va t’aimer pendant quelque temps, voilĂ , celle qui va t’aimer pendant tout le temps oĂč tu en auras besoin, c’est mon cadeau sur ta route puisque tu travailles, puisque tu accomplis, puisque tu sers, puisque tu rayonnes, puisque tu es la providence pour les autres, voilĂ  la providence qui vient vers toi. Tu as besoin d’un amour, il te le donne, tu as besoin d’un autre Ă©vĂ©nement, il te l’apporte, et tu lui envoies le karma, il avale le karma, il sait l’avaler.

Il y a une grande confusion Ă  propos du karma, tout le monde croit des choses insensĂ©es. Je pense mal, la pensĂ©e revient vers moi, j’aime mal, ce mal revient vers moi, je donne un coup de pied, on me le rend. Le problĂšme est que cela suit les incarnations, c’est parfois ennuyeux. Mais Ă  un moment donnĂ© si tu dĂ©gages cette providence, cette Ă©nergie, tu deviens ce grand mouvement capable d’entrer dans les expĂ©riences, de mĂ©diter, de rayonner, tu aimes, mais tu plonges, le karma ne saurait plus exister.

Car, si Ă©tant ce grand rayonnement, il se trouve qu’il y aurait une petite tĂąche, une petite entrave due Ă  une de tes erreurs passĂ©es, que ce soit l’annĂ©e derniĂšre ou que ce soit dans d’autres vies, Dieu ne permettrait jamais un si grand rayonnement, une si petite obstruction, il ne permettrait jamais ce grincement, la lumiĂšre que tu es capable d’attirer purifierait cette entrave, l’enlĂšverait. C’est comme un petit feu qui serait dĂ©vorĂ© par un grand feu. Saurais-tu discerner encore une petite flamme dans la grande flamme ? Non, il y a un grand feu et la petite flamme est purifiĂ©e par la grande flamme.

Ne te demande pas, si c’est ton karma de faire ceci, de faire cela et si quoi que tu fasses pour le Bon Dieu, ton karma t’attend toujours Ă  la sortie du virage. Prends cette flamme qui est la vie, soit ce centre qui est magnĂ©tique et tu verras que non seulement tu renouvelles tes forces, que tu brĂ»les ton propre karma, mais ton karma est brĂ»lĂ© pour que tu sois la flamme pour les autres. Et Dieu est si content de toi, Ă  ce moment-lĂ  et comme le Christ l’a chantĂ©, il te le fait chanter aussi. Dieu est mon PĂšre, Dieu est ma LumiĂšre, Dieu est la gloire de l’univers. Pendant un certain temps tu chanteras cette chanson, jusqu’à ce que tu comprennes que tu es celui qui est Dieu et qui s’est retrouvĂ©. LĂ  c’est une autre histoire, nous en reparlerons un peu plus tard.

Essaie d’ĂȘtre ce centre magnĂ©tique. Comment tu le deviens ? Va dans la vie, tu as encore des problĂšmes, des nĂ©gativitĂ©s, tu vas les transformer. Non pas en allant chez un psychiatre ou en racontant tout Ă  un ami qui va pouvoir trouver le bon mot, mais parce que tu vas dans la vie et en allant dans la vie et bien tu ramĂšnes des Ă©nergies pleines de prĂąna, pleines de richesse et ça efface le tableau noir. C’est automatique, puisque si tu es lĂ , Ă  contempler tes misĂšres, en attendant que la terre tourne, en attendant le guĂ©risseur idĂ©al, le psychiatre idĂ©al, le Messie idĂ©al, pendant tout ce temps tu es dĂ©vorĂ©, tu ne deviens ni magnĂ©tique, ni spirituel, et un jour ou un autre, tu meurs, c’est certain, tu meurs.

Alors Ă©vitons cette fin dramatique et devenons magnĂ©tiques. Va dans le mouvement, bouge, pense, frotte-toi Ă  la pensĂ©e des autres, mĂȘme si on va te faire des reproches, en te disant : « mais non ce n’est pas une bonne pensĂ©e ». Moque-toi de ce que les autres pensent. Pense, sans t’attacher non plus Ă  ta pensĂ©e, simplement pour le plaisir de penser, le plaisir d’ĂȘtre en mouvement. Va dans la vie, bouge, parle et reviens toujours au recueillement. Puis repars, bouge, danse, parle, puis reviens au recueillement. Ne fais pas de ta vie un long recueillement, tu ne peux pas.

Quand ta vie doit ĂȘtre un long recueillement, c’est l’occasion d’une destinĂ©e spĂ©ciale et mĂȘme dans ce recueillement, il y a beaucoup de mouvement, parce ce que l’on sait que l’on doit produire des pensĂ©es semences, des rayonnements et que donc on est en grand travail.

Penser que l’on peut passer une vie dans le recueillement est absurde, on se prive d’une multitude d’expĂ©riences, on doit aller dans l’action et revenir au recueillement. Par exemple, si l’on pense au moine idĂ©al, il faudrait qu’il aille au travail le matin et qu’il rentre au monastĂšre l’aprĂšs-midi pour faire le silence, les priĂšres, les mĂ©ditations. Mais il faudrait qu’il aille au travail le matin, dans la communautĂ©, chez les malades, chez les pauvres, chez les riches, en train d’essayer Ă  monter un chameau ou Ă  conduire une voiture. Vivants les moines, debouts, vivants et dans le monde. Mais qu’est ce que l’on voit, de longues files de robes de bures, dans lesquelles quelquefois faiblement s’agite une petite flamme, mais le plus souvent un grand dĂ©sespoir, parce que le mouvement de la vie leur a Ă©tĂ© retirĂ©. Était-ce juste de retirer la vie Ă  ce point ? Non et surtout pas au nom du dĂ©veloppement spirituel. Il devrait y avoir encore une part de confrontation au monde, avec les autres. SitĂŽt que l’on retire ça, on retire la moitiĂ© du dĂ©veloppement spirituel. Quel gĂąchis ! C’est dommage, confrontation recueillement, et tu verras qu’avec ces deux Ă©nergies, non seulement tu n’auras plus besoin de moi, mais en plus tu auras trouvĂ© Dieu. Dans chaque mouvement, que ce soit l’action ou que ce soit le recueillement, Ă©tant donnĂ© ton interprĂ©tation juste de la vie, il sera lĂ , tu verras.

Sortir la flamme de la matiĂšre

Je voudrais juste vous rappeler une chose avant de vous quitter, pour revenir Ă  la question qui m’était posĂ©e. Il est trĂšs important que tout disciple qui veut accomplir un effort spirituel aujourd’hui soit conscient de la pensĂ©e des maĂźtres, des frĂšres aĂźnĂ©s ou du Christ ou de Dieu, appelez cela comme vous le voulez. Comment en devenir conscient ?

Celui qui est dotĂ© d’intuition va pouvoir ressentir le plan qui anime l’humanitĂ©. Celui qui n’est pas dotĂ© d’intuition peut en prendre conscience dans les livres, les livres sacrĂ©s qu’ils soient anciens ou modernes, ils parlent tous de la mĂȘme chose, sortir la flamme de la matiĂšre, en lui donnant la libertĂ© de mouvement et d’expĂ©rience et la ramener Ă  Dieu par le recueillement.

Cette pensĂ©e semence est importante, car plus l’humanitĂ© devient consciente de ce programme, et plus les confusions vont disparaĂźtre et plus les cristallisations vont se dĂ©faire, les sociĂ©tĂ©s vont pouvoir se dĂ©velopper.

Il y a une multitude de malaises sociaux qui ne sont pas des malaises sociaux à proprement dit, mais des prolongements des problÚmes religieux, psychologiques ou tout simplement affectifs. Les problÚmes typiquement sociaux et économiques sont rares et peu nombreux. Tout le reste est un ramassis confus entre les problÚmes religieux, les problÚmes moraux et les problÚmes affectifs.

Comment un politicien prĂ©sident pourrait arriver Ă  vous guider ? Il peut assumer la partie politique, la plus Ă©conomique, mais le reste il ne peut pas. Cela sert Ă  quoi de se mettre en colĂšre aprĂšs les hommes politiques, de leur reprocher de ne pas ĂȘtre parfaits, de ne pas vous faire un monde parfait, alors que la plupart de vos problĂšmes proviennent de la vision que vous avez du monde et non pas de l’organisation de la sociĂ©tĂ©.

Au fur et Ă  mesure vous pouvez transformer le monde, grĂące aux pensĂ©es semences que vous entretenez, que vous couvez, exactement comme une poule couvre son Ɠuf. Je couve comme je rĂ©pĂšte un mantra, je couve cette pensĂ©e semence, je la visualise, je l’envoie sur le monde, je la fais rayonner, je la transporte et je la dynamise avec mes priĂšres, avec mes invocations et mes attitudes personnelles.

Quand je me comporte de la sorte, je suis un disciple, je suis plus proche de la hiĂ©rarchie que l’écorce est proche de la sĂšve d’un arbre, je suis dans et avec la hiĂ©rarchie, je suis la hiĂ©rarchie et elle est moi. Il n’y a pas des maĂźtres d’un cĂŽtĂ©, des disciples de l’autre, des initiĂ©s d’un cĂŽtĂ© et Dieu de l’autre, et le Christ quelque part qui se promĂšne et descend de temps en temps.

C’est une seule et mĂȘme grande vie et avant de s’apercevoir que c’est une seule et mĂȘme grande vie, j’ai le cauchemar de croire que j’ai ma petite vie et qu’il y a ces grandes vies. ArrĂȘte tout de suite, dĂšs demain va dans la vie, sors, bouge, rĂ©unis tes amis, parle, danse, fais un voyage, sois curieux, ne pense mĂȘme pas Ă  mĂ©diter. RĂ©veille ton corps, rĂ©veille tes Ă©motions, rĂ©veille ta tĂȘte, interroge-toi et, mais en bougeant et en Ă©changeant avec les autres, et aprĂšs recueille-toi, et alors tout devient simple.

Je suis lĂ .

Je ne suis pas compliquĂ©, pas du tout. Si tu veux me voir, fais un pas, un seul et non seulement tu peux me voir, mais en plus, je suis visible. Est-ce que je distribue des petits plaisirs, des bonnes nouvelles, des sucres d’orge ? Pas du tout. Je suis visible, absolument et non pas en imaginant utiliser le troisiĂšme Ɠil pour que l’on voie ma robe de lumiĂšre, Dieu sait de quoi on m’habille.

Et si j’ai envie de porter un costume, pourquoi me visualise-t-on avec ces longues robes blanches qui n’arrĂȘtent pas de traĂźner si bien que je m’y prends les pieds dedans. Vous n’ĂȘtes pas tous des trĂšs bons tailleurs, une fois, ce sont les manches qui sont trop grandes, une fois le dĂ©colletĂ©, une fois on me met n’importe quel sorte de bonnet, une fois on me rase la barbe, une fois on me la recolle, une fois, j’ai les yeux bleus, une fois j’ai les yeux noirs. SitĂŽt que je regarde la pensĂ©e de ceux qui m’aiment, je ne me reconnais plus. Et si j’ai envie de porter un costume et une cravate et de semer ce trouble en ce moment. Si j’ai envie de le faire, c’est pour t’affirmer que non seulement je suis visible, mais que je suis dĂ©jĂ  lĂ . J’approfondis le mystĂšre n’est-ce pas ?

Ne regardez pas sous les tables, ce n’est pas la peine. Mais les plus timides, ou ceux qui ont peur de passer pour des imbĂ©ciles, se sont bien retenus n’est-ce pas ? Mais tu aurais dĂ» regarder sous la table, tu as envie, fais-le, n’aie pas peur du ridicule, sinon c’est moi qui vais t’attendre Ă  la porte et tu vas sentir que je suis vraiment lĂ  parce que mon coup de pied va te soulever jusqu’au plafond. Renonce Ă  la peur du ridicule. Tu veux regarder sous la table, fais-le, cela me fait plaisir car enfin tu es vivant et tu assumes ta vie. Je ne la qualifie ni de bĂȘte, ni d’intelligente, c’est ta vie et je la prends comme elle est.

Je ne te dis pas ça pour crĂ©er en toi toutes sortes d’émotions, la foi, la recherche, l’exaltation. C’est une vĂ©ritĂ©. Non seulement je suis trĂšs prĂšs, non seulement, je suis dĂ©jĂ  lĂ , mais tu m’as dĂ©jĂ  vu et dĂ©jĂ  touchĂ©. Nombreux d’entre vous m’ont dĂ©jĂ  vu ou dĂ©jĂ  touchĂ©.

Pourquoi, je ne viens pas moi-mĂȘme ?
Parce que nous avons un travail spĂ©cial Ă  faire. Je dois remplir mon contrat vis-Ă -vis de la personne qui parle, qui me sert de canal. C’est une relation qui date de trĂšs longtemps, c’est une vieille entente. Nous avons dĂ©cidĂ© de travailler de la sorte. Exactement, comme si un employeur qui agrandit son entreprise, ne va pas renvoyer ses anciens employĂ©s, mais il continue Ă  son ancienne entreprise, de leur envoyer du travail en mĂȘme temps qu’il anime d’autres entreprises ailleurs.

Rien n’est contradictoire ! Je me promĂšne de temps en temps et pas que dans cette ville, dans toutes les villes. J’ai compris que la vie est belle Ă  vivre mĂȘme quand on parle comme je parle, mĂȘme lorsque l’on est qualifiĂ© de grand initiĂ©, comme vous me qualifiez, n’est-ce pas ? J’ai compris que la vie est belle Ă  vivre et je veux la vivre aussi. Et le jour, oĂč tout le monde l’aura compris, avec nous, avec moi, c’est Ă  ce moment-lĂ  que l’on verra bien un costume et une cravate arriver et tendre la main Ă  tout le monde et dire son nom, peut-ĂȘtre un jour, mais pas avant que vous ayez compris comment l’on doit vivre.

Avant cela, je ne veux pas venir sous aucun prĂ©texte. Pourquoi ? Parce que tu serais en train de cirer mes chaussures, en train d’arracher mes lacets pour pouvoir mĂ©diter dessus, je te connais.

Tu attraperais ma cravate afin de te la mettre autour du troisiĂšme Ɠil pour qu’il s’ouvre. Je le sais. Tu rĂ©pĂ©terais tout ce que je dis, afin de m’imiter pour te croire aussi grand que moi, parce que tu penses que je suis grand, je le sais. Et lorsque tu auras fini de m’admirer, et ça, je le sais aussi, sitĂŽt que ton exaltation serait passĂ©e, ça, je le sais aussi, tu m’attendrais un soir, dans une rue, tu Ă©tudierais mon emploi du temps, mes habitudes, Ă  cause de mes engagements, et tu finirais tout simplement comme d’habitude, et ça je le sais aussi : par me donner encore une fois, que ce soit, un coup de couteau, un coup de fusil, ou du poison Ă  boire, nous le savons, c’est une habitude. SitĂŽt que l’homme a fini d’admirer, ça, c’est une Ă©nergie qui s’épuise, cela a une fin comme tout, comme le grand amour, il faut qu’il dĂ©truise son mythe et son Dieu.

Pourquoi ? Parce que l’admiration, c’est de la folie, ce n’est pas de l’amour, ce n’est pas mĂȘme ce que tu crois ĂȘtre l’admiration. J’admire quelqu’un parce c’est mon guide, mon exemple, mon modĂšle, non ! L’admiration, c’est de la folie, de la possession. C’est un instinct de possession dĂ©mesurĂ© alliĂ© Ă  un orgueil dĂ©ment qui rivalise sans arrĂȘt avec la chose que j’admire : je veux ĂȘtre cette chose, mais comme je sais que je ne peux pas l’ĂȘtre alors je veux la possĂ©der, et comme je sais que je ne peux pas la possĂ©der alors un jour toutes mes Ă©nergies s’épuisent, tombent et je la tue. C’est inĂ©vitable. Le travail spirituel est donc tout autre que de susciter ce genre de folie, bien que des fois ce soit inĂ©vitable, car certains cycles doivent ĂȘtre des manifestations, c’est une volontĂ© qui est assumĂ©e, ce n’est pas du tout un plaisir.

Donc travaille sur cette chose fondamentale dont je t’ai parlĂ©, ton comportement, tes attitudes, ce que tu penses de la vie, comment tu dois la vivre et peut-ĂȘtre Ă  ce moment-lĂ , que ce soit un jour au bord du lac, ou quelque part dans un autre pays puisque je me dĂ©place beaucoup, nous ferons connaissance. Les amoureux de la vie se rencontrent toujours, c’est inĂ©vitable, nous sommes faits pour nous rencontrer.

À bientît.
Je te salue.

(Date de la conférence : 24 10 1992)

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