
Qu'en est-il des "médecines douces" ?
[...] Je vais l'employer aussi ce temps pour vous dire bonsoir et pour vous expliquer que lorsque vous venez à mon écoute, il ne faut pas penser en oreille attentive, venir vous instruire de la plus grande instruction qui existe, ou de la plus pure source qui existe, ou de la chose la plus nouvelle, donc la plus d'avant-garde qui puisse être expliquée. Chaque fois que j'articule des mots, que ce soit pour enseigner ou pour ouvrir le cœur, je ne vise pas tant, en fait, à instruire les têtes mais plutôt à élargir les concepts de façon à ce que les individus se sentent enrichis plutôt qu'instruits.
Enrichissement
Il y a d'une part cette connaissance que l'on peut apprendre si on écoute patiemment, longuement ou si on lit un livre patiemment et longuement. Et puis, il y a l'enrichissement de l'être.
Cet enrichissement n'a rien à voir avec tout ce que l'on pourrait accomplir de prouesses intellectuelles et de mémorisation à propos d'un sujet. L'enrichissement, c'est quelque chose qui vient spontanément, non pas lorsque l'on est suffisamment pur ou élevé ou lorsque l'on a pratiqué suffisamment de méditation ou autre chose. C'est en fait un instant particulier où l'individu va se sentir libéré d'un certain nombre de processus dans le mental.
Ce qui fait que de façon paradoxale, alors que j'use énormément l'intellect, puisque je vous parle, donc je suscite votre pensée, je suscite des réactions dans vos idées, en même temps, c'est plutôt à votre attitude intérieure que je m'en réfère.
Et comment cela se peut ?
Cela se peut tout simplement parce que je ne cherche pas tant à vous instruire, mais à jouer sur les mots. En jouant sur les mots, sans prendre soin véritablement de l'idée qui est à traiter, on arrive à câbler l'individu dans un certain sentiment.
À force de couper toutes les issues, d'entraver tous les chemins, de fermer toutes les portes, mais d'ouvrir d'autres chemins et d'autres portes, l'individu se trouve comme obligé de rentrer dans un autre domaine, ou une nouvelle dimension, si vous préférez. Et cette nouvelle dimension, elle est toute intérieure à partir du moment où l'individu aura été assez souple pour me suivre tout au long du discours.
Qu'est-ce que je veux dire par là ?
Si je prends la peine de faire cette introduction, c'est bien parce, que par mon discours je veux vous amener quelque part et non pas simplement vous instruire à propos d'une idée. Et ce quelque part où je veux vous amener est un voyage délicat. Puisque je ne vais utiliser ni la méditation, ni des sons, ni des parfums magiques, il va falloir donc que votre idée soit souple et qu'elle admette ne serait-ce qu'un instant de jouer le jeu, même si après vous allez reprendre vos convictions.
Déterminons donc un jeu.
Vous n'êtes pas obligé ni de croire, ni d'être convaincu, ni de ressortir d'ici complètement transformé. Jouez simplement le jeu quelques instants comme si vos convictions et votre identité n'étaient pas en jeu dans le discours.
Une fois que vous saurez rentrer dans ce jeu-là, alors tout deviendra beaucoup plus facile. Vous pourrez non seulement parfaitement l'utiliser, mais aussi vous pourrez utiliser la vie pour ce qu'elle est. Tout simplement comme une suite d'expériences. Et vous pourrez passer dans les expériences de façon enrichissante au lieu de passer dans les expériences de façon parfois heureuse ou douloureuse selon la nature.
Si je veux m'enrichir de tout, il faut que je puisse jouer avec tout.
Jouer, cela ne veut pas dire que je ne vais pas être sérieux et que je ne vais pas considérer la chose pour ce qu'elle a de valable, d'irréel ou de mensonger ou de véridique. Jouer, cela veut dire participer.
Jouer cela veut dire Participer.
Et ensuite, je sors du jeu, de cette participation, pour faire les comptes avec mes propres croyances, mes propres convictions et les buts que je chéris dans la vie.
C'est comme cela que l'on fait des expériences un moyen de s'enrichir.
Celui qui choisit toujours des expériences en rapport avec ce qu'il souhaite déjà rencontrer, donc s'il prémédite déjà l'aboutissement de son expérience, il ne peut pas s'enrichir, il tourne simplement en rond dans un univers que lui aura préfabriqué ou la société ou les parents ou son école.
Être neuf, c'est ce qui permet de participer.
Ne plus se souvenir de ce que l'on a appris, c'est ce qui permet de participer.
Et en participant, on apprend autre chose ou bien on rallonge sa connaissance.
Mais venons-en maintenant au sujet qui a été réclamé.
Médecines nouvelles
Qu'en est-il, non seulement depuis notre point de vue mais aussi depuis vos capacités à accomplir, qu'en est-il des médecines nouvelles ? Parce que lorsque l'on parle des médecines douces, il s'agit surtout de parler de médecines nouvelles.
Nous avons entendu la notion de médecine des énergies, par exemple.
Il faut savoir que lorsque l'on considère un individu en incarnation, à partir du moment où il est en incarnation, de notre point de vue, il est déjà malade. Ce qui veut dire qu'un homme porte en soi déjà une limite, une forte limite. Laquelle ?
Tout simplement, le fait de descendre dans un corps, le fait de descendre dans un système nerveux, le fait de descendre dans un système intellectuel, un système qui va dépendre d'autres systèmes pour être conditionné comme le système de l'éducation, le système social, le système religieux, une civilisation à un moment donné, dès qu'un individu, dès qu'un esprit va descendre dans un milieu où il y aura tous ces conditionnements, il va déjà contracter une maladie qui est le conditionnement lui-même.
Donc, la limite. La limite à ne plus être lui, à ne plus pouvoir croire ce qu'il croit facilement quand il est par exemple dans son Ciel, dans son éther.
Donc, si vous voulez bien suivre ma pensée, quelque temps, nous considérons que la maladie est l'expression de la limite et que dans un premier temps, la plus grande maladie dont souffre la Conscience, c'est la limite de sa perception, la limite, donc, de la Conscience.
La maladie est l'expression de la limite
Dès qu'il va y avoir intégration dans un corps, donc incarnation, cela va être une maladie que de ne plus croire que l'essence, de ne plus croire que ce que l'a vu nous permet de voir, ne plus croire que ce que les oreilles nous permettent d'entendre, ne plus croire que ce que le cerveau nous permet d'admettre selon sa logique et selon son éducation. Ça, ce sont les véritables maladies, les plus grandes maladies qui ont fait attendre l'Humanité.
Et ce sont des maladies que nous nous appelons : l'ignorance, l'aveuglement, l'entêtement.
Ensuite, il y a en conclusion, en conséquence naturelle, des aveuglements du corps lui-même.
Les aveuglements du corps lui-même sont des endroits dans le corps ou des cellules ne n'émettent plus le rayonnement qu'elles doivent émettre pour paraître en bonne santé ou pour faire circuler, en tout cas, la santé dans le corps, donc la Vie.
Prâna et énergies
Certains vous parleront du prâna, de la fréquence donc de la Vie.
On peut identifier la santé dans un corps à une onde particulière qui est l'intensité du prâna. Soit tout simplement l'onde de la vitalité.
Lorsqu'un individu possède cette vibration spécifique dans son degré idéal, il est alors en parfaite santé. Il est en synthèse avec son milieu, il est à l'aise en hiver, il est à l'aise au printemps, il est à l'aise en été. Il fait Un avec toutes les saisons et il n'y a pas une saison qui ait de préférence à son cœur parce qu'il s'y sent mieux physiquement. Il est aussi en parfaite synthèse avec le Soleil mais aussi avec la pluie. Chaque élément trouve sur lui un moyen de faire valoir son énergie et de le nourrir d'une énergie différente.
La pluie apporte une certaine énergie indispensable à l'individu. Autant que le Soleil apporte une certaine énergie, autant que le vent apporte aussi une énergie, autant que les arbres, etc. Toutes ces énergies se retrouvent en synthèse dans le corps.
Lorsqu'un individu permet donc une circulation libre de ses énergies, et j'expliquerai comment et pourquoi, lorsque l'individu permet une circulation libre de ce prâna, qui est donc une synthèse d'une multitude d'énergies en provenance de la Nature et de tous les règnes, on peut dire que l'homme est en bonne santé.
Maintenant, si à un moment de sa vie, soit il commet une erreur, soit il éprouve un traumatisme, soit il éprouve un choc, soit il éprouve une frustration, à ce moment-là, l'énergie va circuler beaucoup plus lentement, voire même elle sera obstruée à certains endroits. Ce qui veut dire qu'à l'endroit où l'énergie sera ralentie ou empêchée, les cellules ne vont plus pouvoir être inondées de prâna ou de Lumière, si vous préférez.
Les énergies vont donc manquer et les cellules vont se trouver, exactement comme un drogué qui n'a plus sa drogue, elles vont se trouver en manque. Quand les cellules sont en manque de prâna, en manque d'électricité vitale, en manque de Lumière, elles deviennent sombres. Et sombres non pas simplement parce que, tiens, il y avait un phare et d'un seul coup le phare s'est éteint, non. Elles deviennent sombres au sens où au contraire d'émettre une électricité positive, elles vont commencer à émettre une électricité négative.
C'est-à-dire qu'une cellule ne peut pas simplement se contenter de mourir ou de ne pas être alimentée en Lumière ou de ne pas rayonner sa Lumière. Une cellule qui n'est pas alimentée en Lumière, en prâna, en électricité vitale, va commencer à rayonner une énergie de mort tout simplement. Elle ne reste pas à un point neutre. Une cellule ne s'arrête pas simplement d'émettre.
Une cellule qui n'est pas alimentée en Lumière, en prâna, en électricité vitale, va commencer à rayonner une énergie de mort.
Une cellule continue toujours à émettre. Tant qu'elle n'est pas morte véritablement et rejetée hors du corps, elle va continuer à émettre mais à ce moment-là, elle émettra une énergie négative puisqu'il n'y aura plus d'électricité pour la parcourir, la vitaliser et la positiver.
C'est pourquoi à ce moment-là, on peut véritablement vérifier, soit avec certains appareils, soit par perception ou par intuition, on peut affirmer qu'un individu vibre au négatif. On ne peut pas dire simplement « il n'a plus la santé », on dit « il est malade ».
Je veux bien insister là-dessus pour vous montrer la différence et le palier délicat.
Il n'y a pas un endroit où un homme n'est simplement plus en bonne santé. S'il n'est plus en bonne santé, c'est qu'il est malade.
Ce qui veut dire que pour garder ou pour retrouver sa santé, il va lui falloir réanimer toutes ces cellules, les groupes de cellules qui ont cessé de rayonner positif, qui ont cessé donc d'avaler de la Lumière et de distribuer de la Lumière, de faire circuler la Vie.
Pour les réanimer, il y a des moyens qu'aujourd'hui vous appelez les médecines douces, la médecine des énergies entre autres, mais il y a aussi la médecine de l'esprit.
Médecine de l'esprit
On peut intervenir sur le corps, c'est vrai, et quelquefois c'est absolument nécessaire parce que c'est véritablement au niveau du corps qu'il y a le problème à traiter. Mais il y a aussi tous les blocages qui sont enfermés dans l'esprit, dans la psychologie et dans la mémoire de l'individu.
Ce qui fait que lorsque l'on parle de médecine douce, lorsque donc l'on veut s'ouvrir sur la totalité de l'être qui est à guérir, aujourd'hui immanquablement on doit faire appel à l'esprit. Et l'on doit considérer chez le malade, chez celui dont l'équilibre est à rétablir, on doit considérer aussi son esprit.
Dans la médecine traditionnelle, il y a la science du corps d'un côté et la science de l'esprit de l'autre, ce qui fait que psychiatres, psychologues ont leur cabinet à un endroit bien différent du médecin généraliste ou du médecin spécialiste.
Quelquefois, les deux s'accordent pour remarquer qu'il y a interférence entre le corps et l'esprit, mais ce n'est pas sûr, ils n'en sont pas véritablement convaincus. Ce n'est pas devenu quelque chose qui fait partie de la culture de la médecine.
Cependant, lorsque l'on aboutit aux médecines douces, donc aux médecines de l'être considéré comme un tout, on est obligé à ce moment-là de considérer aussi bien les exigences du corps, les interventions réelles et objectives sur un corps qui est physique, et aussi la réalité qu'est l'esprit et les interventions réelles que l'on doit faire auprès de l'esprit de la personne.
Et c'est en ce sens que demeure la difficulté de cette nouvelle médecine ou de la médecine que beaucoup tentent à faire devenir nouvelle. Nouvelle dans le sens où en fait elle sera beaucoup plus globale, beaucoup plus unitaire.
Les hommes rêvent de réunir dans une seule science, la science de l'esprit et la science du corps, et ils ont raison, mais les efforts d'aujourd'hui ne serviront que la science de demain. On ne peut pas dès aujourd'hui aboutir à une connaissance absolue.
Science
Lorsque je parle de science, je parle bien de science, et là il faut que vous m'accordiez un peu votre écoute et que je vous explique ce qu'est une science.
Beaucoup d'individus, surtout ceux qui viennent par exemple écouter des guides, beaucoup d'individus pensent que les sciences peuvent être inspirées, doivent être données par un guide qui en sait plus, par un frère plus avancé, et que ce guide va donc offrir une connaissance à celui qui, le cœur plein d'amour, a envie de sauver des hommes, de sauver l'Humanité. C'est la disposition la plus fréquente que nous rencontrons dans le cœur de tous ceux qui sont dans les domaines de la médecine douce et de la spiritualité.
Cependant, il faut savoir que, quelle que soit l'ouverture du cœur de l'individu, quelle que soit son aspiration spirituelle, une science reste une science.
Bien sûr, on va pouvoir utiliser l'inspiration, bien sûr, on peut utiliser l'intuition, bien sûr, il faut compter sur l'aide des guides pour orienter l'individu vers telles recherches ou vers telles matières. Mais il ne faut pas compter que, du haut de Shambhala ou d'une loge himalayenne quelconque, un guide plein de Lumière rédige un livre extraordinaire sur la nouvelle médecine ou n'importe quoi d'autre et qu'il expédie le tout à un disciple de son choix qui, le cœur grand ouvert, veut sauver les hommes.
Une science est une science.
Qui dit science dit donc développement de la compréhension pour recueillir cette goutte magnifique que sera la découverte.
Et c'est à cause de cela que, quelle que soit l'envie débordante et à fleurs de peau, que les guides éprouvent pour aider les hommes, pour transmettre aux hommes d'aujourd'hui des sciences nouvelles, quel que soit leur amour à le faire, ils sont toujours limités par le degré d'acceptation de ces mêmes hommes qui supplient les guides à les illuminer.
Cela veut dire que, quelle que soit votre ouverture, à cause de votre amour pour les hommes ou à cause de votre spiritualité, quelle que soit votre ouverture pour recevoir quelque chose, même si nous l'envoyons, ce qui fera toujours limite, c'est votre degré d'acceptation, votre degré de compréhension.
Ce qui fait toujours limite, c'est votre degré d'acceptation, votre degré de compréhension.
Ce qui fait que si nous voulons réellement intervenir, pour vous aider à trouver, pour vous aider à chercher aussi tout simplement, nous allons devoir davantage travailler sur vos concepts, plutôt que d'essayer de fourrer dans votre tête avec une petite lumière qui va s'allumer : “Gling ! Ça y est ! J'ai trouvé !” Nous ne pouvons pas enfoncer la notion sublime dans votre tête.
Par contre, au fur et à mesure des mois ou des années, et ceci en étant aidés par votre propre recherche et votre propre démarche, nous pouvons agrandir votre esprit pour que vous puissiez contempler une réalité qui existe déjà de toute manière.
Et c'est en ce sens que repose toute la difficulté de la communication entre les personnes qui sont très aspirantes pour le bien et la découverte, et le bien effectif que pourrait faire la loge des Guides ou des Maîtres.
Chaque fois donc que l'on parle de science, on parle d'un homme qui va être ou non capable de se réveiller à une vérité. La science n'est rien d'autre qu'une vérité.
La science n'est rien d'autre qu'une vérité.
Lorsque cet homme précisément ou ce groupe d'hommes aura été suffisamment épuré pour devenir sensible à un autre aspect de la vérité, donc découvrir quelque chose, cela sera ensuite très facile et très rapide d'y initier les autres même si ces autres n'ont pas atteint le degré de sensibilité que les chercheurs ont dû atteindre pour découvrir la vérité.
Ce qui veut dire que dès qu'il y a un groupe d'hommes qui s'est suffisamment élevé pour rencontrer une autre partie de la Vérité, un petit plus, c'est comme si la semence était rentrée dans l'Humanité entière. C'est comme un microbe, exactement comme un microbe qui aurait réussi à traverser tout le corps de l'Humanité. À ce moment-là, n'importe qui peut attraper cette maladie, donc n'importe qui peut être initié à cette vérité.
Tout simplement parce que cela commence à faire partie intégrante de l'Humanité, exactement comme quelque chose de très ancien.
Et pour vous expliquer cela, je dois vous dire quelques mots à propos de l'esprit collectif qu'est l'Humanité.
L'Humanité, un esprit collectif
Il y a l'esprit de Paul, l'esprit de Jacques, deux esprits bien séparés, bien à part, bien individualisés, bien typés. Mais tout en étant très typés, Paul et Jacques appartiennent à leur village, donc ils font quelque part partie de l'esprit du village. Si bien que si le voisin de Jacques fait quelque chose à Jacques, Jacques risque de réagir si c'est son mauvais jour, mais il peut aussi ne pas réagir. Mais il va se sentir tout aussi concerné si d'un seul coup, le village voisin fait quelque chose à son village. Pourtant, Jacques n'est pas le village, il n'est ni le maire, ni le secrétaire général, il n'est qu'un citoyen comme un autre. Mais d'un seul coup, un autre village, une autre entité, une autre collectivité atteint son identité collective. Et d'un seul coup, il n'est plus Jacques, il est Jacques de tel village. Et en ce sens, il réagit.
De la même manière, un individu va réagir au niveau de ce que sa nation endure. Et si on pousse beaucoup plus loin, il va ensuite réagir au niveau de ce que son continent endure, puis si on pousse encore plus loin, au niveau de ce que sa planète endure, etc.
Ceci pour expliquer qu'un individu existe dans sa particularité, mais aussi dans la totalité qu'il forme avec sa famille, son village et l'Humanité dans son entier.
Ce qui fait que lorsqu'un groupe d'hommes découvre quelque chose et s'apprête à faire de cette découverte une part de la culture, la culture a tout fait de s'installer dans l'esprit des gens. Parce que les gens appartenant au même groupe que ceux qui ont fait la découverte, le même groupe national ou racial, il va y avoir une sorte de contamination possible.
Ce qui ne veut pas dire que toutes les idées peuvent circuler facilement.
La preuve en est que les hommes restent très séparés en avis divers. La preuve en est par exemple pour le comportement politique ou le choix qui est à faire dans la gestion d'un pays ou d'une commune. Chacun a bien son idée sur chaque sujet, mais cependant, dès qu'il s'agira d'admettre quelque chose au niveau culturel de ce qui représente donc l'esprit de la nation ou l'esprit du groupe, à ce moment-là la notion va passer.
Par exemple j'aurai beaucoup plus de mal, et ce sera même quasiment impossible de convaincre un homme de gauche de devenir un homme de droite. Par contre, à partir du moment où je ne m'occupe plus de ce sectarisme et que j'en appelle tout simplement à son statut d'être humain, à son statut d'homme civilisé de ce siècle-ci, je pourrais beaucoup plus facilement discuter avec lui et lui faire admettre, par exemple, la réalité du corps éthérique, la puissance des sons, des couleurs, voire la réincarnation. Tout simplement parce que je me déplace à un endroit où il n'y a pas encore de compartiment.
Par contre dès que même ce sujet-là aura été compartimenté sévèrement et qu'il y aura des camps bien précis et délimités, je ne pourrai plus non plus discuter.
Donc il y a pour nous beaucoup plus de chance lorsque nous discutons à propos de sujets nouveaux que lorsque nous discutons à propos de sujets anciens.
Ce qu'il faut savoir c'est que la prouesse d'un instructeur ou du moins d'un habile parleur, sa prouesse va lui permettre de parler de choses anciennes comme si elles étaient nouvelles. Et de ce fait l'individu croit entendre que des choses nouvelles alors il ne pense pas à ressortir ses vieux compartiments. Ce qui fait que l'espace d'un instant, avant qu'il ait réalisé véritablement ce qui se passe, il est déjà convaincu.
Là dessus demeure toute la prouesse du langage, toute la prouesse aussi du choix de certains concepts. Ce qui fait que autant que vous entendrez des Guides parler, des Guides même fort différents les uns des autres, tout leur brio, toute leur capacité à aider les gens à comprendre la vie, va reposer sur le choix du langage et des concepts.
Si par exemple je viens vers vous en vous parlant de façon très biblique, il va y avoir immédiatement en vous la levée des compartiments : “Non ! Je ne suis pas religieux” ou “Oui, je suis religieux !” ; “Non ! Je ne suis pas de tel groupe religieux !” ou “Oui ! Je suis de tel groupe !” ; “Non ! Cela ne cadre pas avec ce que je crois !” ou “Oui ! Cela cadre avec ce que je crois.”
Par contre, si je n'emploie pas de langage biblique ou de langage bouddhiste ou attaché aux religions Hindoue ou ou Musulmane ou quoi que ce soit d'autre, et que je vous parle simplement de l'Amour, de la Lumière, de Dieu, à ce moment-là il n'y a pas en vous la levée de tous ces compartiments, et enfin, en homme libre, vous pouvez discuter avec moi, me suivre un certain temps dans vos cheminement et ensuite vous faire véritablement votre propre avis. Parce que pendant un certain temps vous aurez été libéré de vos propres compartiments.
Si un Guide a une utilité quelconque, c'est bien celle-là : d'amener l'individu à un endroit de liberté où cette liberté va surprendre l'homme lui-même de façon à ce qu'il s'aperçoive à quel point en fait il est capable de penser tout seul. Mais il faudra que, pendant un certain temps, le Guide ne prononce aucun mot susceptible de réveiller les compartiments de l'individu.
Et ça c'est un exercice qui, pour certains, peut être difficile et pour d'autres est un jeu d'enfant, parce qu'il s'agit de jouer avec votre substance mentale, jouer avec votre mémoire. J'adore balayer les mémoires, cela me plait infiniment !
Tiens, là se lève un petit compartiment vieillot ! Eh bien il suffit que je dise un mot ou que je cite un concept pour que ce compartiment soit complètement au sommeil et ceci à votre propre insu.
Heureusement que l'homme, en lui-même, de manière spontanée, éprouve la nécessité de changer ses compartiments ou d'agrandir ou d'aérer ses compartiments. Heureusement ! Parce que c'est ce qui permet de venir avec un passé, d'être donc riche d'un certain acquis et de quand même développer cet acquis avec quelque chose de nouveau. Mais ceci ne peut se faire que dans la mesure où l'individu est assez souple ou bien assez jeune, donc pas encore cristallisé.
Pour les autres, ceux qui sont raides ou déjà trop âgés, donc cristallisés, la conversation est beaucoup plus difficile : il y a un credo, il y a des croyances, il y a des institutions morales, mentales. Et contre les institutions on ne peut rien !
Ce qui fait que lorsque quelqu'un rempli de toutes ces institutions devient malade, quelle que soit la maladie, quelle que soit son ampleur, quelle que soit sa nature et son horreur parfois, toute la difficulté du thérapeute va être de savoir dialoguer avec ces institutions.
Institutions
Il y a des institutions de toutes sortes parce que Monsieur Paul est le président d'un grand pays rempli d'institutions.
Il y a d'abord l'institution de ce que je crois : “est-ce que je crois en Dieu, est-ce que je n'y crois pas, est-ce que je crois au corps éthérique, est-ce que je n'y crois pas, est-ce que je crois au pouvoir des sons ou pas ?”
Et puis il y a les institutions de ce que j'ai envie de faire ou pas envie de faire : “oui d'accord on me dit que l'argile c'est très bon mais je n'ai pas envie d'avoir ces cataplasmes pendant deux heures sur le ventre !”
L'institution de ce qui me plaît, de ce qui ne me plaît pas, voilà une institution très solide avec des fondations énormes, très difficiles à ébranler ! Il n'y a que la peur qui réussit à ébranler ces fondations-là.
Et puis il y a l'institution de ce que l'individu croit à propos du temps qu'il peut consacrer à sa maladie ou à sa santé : “oui je suis malade mais je n'ai pas le temps de me soigner !” Combien de fois est-ce que l'on entend cela ? Dans ce cas-là cela veut dire que l'individu, quelle que soit sa maladie, n'a pas vraiment conscience de sa maladie. Ou bien que dans une autre manière, il joue à être malade et ceci quelle que soit sa maladie.
Parce que l'on peut être vraiment malade de quelque chose de tragique, on peut être par exemple véritablement cancéreux et jouer à l'être. Le fait que l'on ait une maladie n'empêche pas que l'on puisse aussi jouer avec. Ce qui empêche d'en prendre réellement conscience, ce qui empêche de comprendre réellement à quel point l'on est malade.
Tant que l'on se sert donc de la maladie, soit pour être aimé des autres, soit pour que quelqu'un s'occupe de soi, soit pour avoir enfin une histoire, exister d'une certaine manière, tant qu'on utilise la maladie pour quelque chose, on ne se rend pas bien compte de ce que l'on a véritablement. Et c'est à partir du moment où l'on n'utilise plus la maladie dans un certain but, que l'on peut essayer d'en guérir. Ou que l'on peut essayer de la comprendre.
C'est à partir du moment où l'on n'utilise plus la maladie dans un certain but, que l'on peut essayer d'en guérir.
La maladie
Ce qui veut dire que lorsqu'un individu déclare une maladie, selon tout son passé, selon l'état de sa psychologie, selon la vie de famille que la personne aura eue, selon la vie affective que la personne aura eue, il va y avoir un jeu avec la maladie ou pas.
Il y a la réalité : je suis malade. Par exemple j'ai le cancer, ou quelque chose d'autre. Et puis selon tout ce que je suis, selon toute mon histoire, maintenant qu'est-ce que je vais faire avec ce cancer ou avec cette autre maladie ? Et souvent l'individu mène deux drames en même temps.
Il soutient le drame de sa maladie, puisqu'elle est une réalité. Et il soutient le drame de ce qu'il fait avec le climat de sa maladie. Soit pour récupérer tout l'amour que la personne n'a pas connu, soit pour enfin exister et intéresser des personnes, même si ce ne sont que des personnes en blouse blanche, soit pour exister mais là de la manière la plus dramatique.
Et puis il y a des personnes qui ne mélangent pas les cartes. Il y a des personnes qui étant malades ont décidé de ne s'occuper que de la maladie. Et celles-ci sont plus à même soit de tirer profit de ce qu'une maladie peut inspirer comme changement, comme agrandissement de l'esprit, ou soit la personne est plus à même de se sortir de la maladie.
Mais le premier pas qui est à franchir, c'est de se rendre véritablement compte que l'on est malade. Donc de ne pas jouer avec, de ne jamais l'utiliser.
Lorsque l'on est malade, il peut donc y avoir un réflexe de compensation. La maladie va m'aider à compenser une souffrance qui sera une souffrance parfois furement affective ou une souffrance de l'orgueil. “Je n'ai jamais existé, je n'ai jamais eu d'importance jusqu'à présent.” Soit on va essayer d'utiliser cette maladie comme moyen de se découvrir soi-même ou de découvrir quelque chose qui pourrait apporter un plus à l'Humanité.
Et c'est dans cette frange d'individus que les médecins nouvelles ont le plus de chance d'aboutir. Parce que ce sont des individus qui participent réellement, qui sont actifs, qui donnent de eux-mêmes et qui cherchent aussi, non pas simplement pour eux mais pour la planète entière, quelque chose au bout de leurs douleurs ou au bout de leurs drames. Ce sont ces individus-là qui en fait s'orientent vers les médecins nouvelles.
Parce qu'ils pensent en même temps à assumer une nouvelle dimension, assumer une recherche, se prêter à la recherche. Tandis que tous ceux qui ont décidé de jouer la carte de la compensation avec la maladie, ceux-là vous les verrez remplir les cabinets de la médecine dite traditionnelle. Ce sont donc des gens qui vont se décharger sur quelqu'un, sur un médecin, sur un service hospitalier. Et ils vont jouer leur histoire, malheureusement. C'est-à-dire ! C'est peut-être même cruel à la prononcer. Mais c'est vrai, c'est comme cela que cela se passe.
Lorsque donc on a décidé de participer, parce que l'on est concerné par une maladie ou par un déséquilibre, un dérangement, lorsque l'on a décidé de participer à l'élaboration de cette nouvelle science qu'est la médecine unitaire, qui va donc considérer le corps, l'esprit et les énergies, on devient quelqu'un d'intéressant, et a plus d'un titre, pour la Hiérarchie des Guides.
Ce qui veut dire qu'un individu, à ce moment-là, va être tout autant inspiré que s'il était le médecin lui-même. Parce qu'il va devoir être à l'écoute de son corps, à l'écoute des réactions, que feront par exemple tel produit, ou tel massage, ou telle imposition des mains à tel endroit, ou tel cristal, ou quoi que ce soit d'autre. Il doit faire Un avec son thérapeute.
Et voilà une définition nouvelle qui n'existe pas dans la médecine traditionnelle.
Médecines traditionnelle et nouvelle
Dans la médecine traditionnelle, il y a le médecin qui apparemment comprend tout, connaît tout, même si on sait que la médecine est limitée, mais le concept existe. La blouse blanche, c'est la blouse de la connaissance aux yeux de celui qui vient et qui est malade. Il y a donc d'un côté le médecin qui connaît tout, qui comprend, et il y a le malade qui ne comprend rien, qui ne sait même pas comment cela lui est tombé dessus. Et il vient, il se remet complètement entre les mains du médecin.
Dans l'univers des médecines nouvelles, c'est une démarche différente.
Celui qui est malade vient en tant que participant. Il va participer avec son thérapeute. Il va aider son thérapeute à aussi mieux comprendre le malade et la maladie. Il y a donc une prise de responsabilité qui fait que d'un seul coup, le duo malade et thérapeute devient un jeu et devient un pôle. Exactement comme lorsque l'on met un positif et un négatif ensemble. Cela devient un moyen de faire une aimantation.
Lorsqu'il y a un thérapeute qui avoue « je ne sais pas encore » et un malade qui vient et qui dit « je ne sais pas non, plus mais on va chercher », à ce moment-là, ensemble, ils déclenchent une dynamique. Et cette dynamique, c'est ce que chacun tente de déclencher par l'aspiration, par la méditation, lorsqu'en se concentrant sur un Guide ou sur une Hiérarchie, on demande un procédé pour guérir ceci, pour être guidé à guérir cela.
Toi qui est thérapeute, tu dois savoir que tu peux obtenir des indications, mais ces indications devant passer par l'expérimentation, tu as donc besoin du malade pour découvrir. Tu ne peux pas simplement, en te remettant à ta méditation ou à ton inspiration ou à ton canal avec les Maîtres, tu ne peux pas trouver la solution. Parce que, comme je te l'ai dit tout à l'heure, une science reste une science et elle passe donc par l'élargissement des concepts et pour élargir les concepts, l'expérimentation est indispensable.
Ce qui veut dire que le malade doit être suffisamment responsable de lui-même et participant pour accepter d'être l'endroit de certains essais, de certaines tentatives. Il doit aussi savoir accepter les premiers échecs.
Il ne doit pas se dire simplement : “Eh bien, je suis allé à tel endroit pour par exemple des massages, ou des radiations sur le corps éthérique, ou pour une thérapie avec les sons ou les couleurs ou des plantes ou n'importe où ce soit d'autres.” Il ne veut pas simplement aller sur ce lieu, constater le premier échec et dire : “Cela n'existe pas, cela ne fonctionne pas, cela ne va pas soigner.” Il doit devenir très lié avec son thérapeute et participer pleinement.
De cette manière-là, ensemble ils expérimentent et le malade guide le thérapeute.
D'abord il le guide à mieux comprendre la maladie elle-même et c'est primordial. On ne peut pas découvrir une solution à un problème, retrouver les notes d'un équilibre si l'on ne comprend pas exactement la maladie. C'est pour cela que même en médecine traditionnelle beaucoup de maladies demeurent incurable parce qu'elles ne sont pas comprises en tant que telles. N'importe qui qui s'est un peu essayé dans l'acte de soigner ou qui est médecin de quelque manière que ce soit comprend bien cela. On ne peut soigner quelqu'un que si on connaît la maladie.
Connaître la maladie
Et quelquefois, connaître la maladie est très long et très difficile. Pourquoi ?
Parce que connaître une maladie, c'est ouvrir l'esprit sur une nouvelle page chaque fois. Une nouvelle page de la nature, une nouvelle page du fonctionnement du corps, une nouvelle page du fonctionnement des énergies et de l'esprit.
Chaque maladie, chaque déséquilibre correspond à une énigme. Une énigme du corps avec son fonctionnement occulte, une énigme des énergies, l'énigme de l'esprit.
Ce qui fait que lorsque l'on considère l'homme face à ces maladies, on considère un individu face à ses ignorances.
Ce qui ne veut pas dire que, une fois que j'ai tout compris, je ne suis plus malade. Il ne faut pas conclure cela. Une fois que j'ai tout compris, cela ne veut pas dire que je vais tout appliquer pour ne plus être malade.
Combien d'individus, ne serait-ce que par exemple dans l'univers purement des idées spirituelles, combien d'individus savent qu'il ne faut pas être jaloux, qu'il ne faut pas être orgueilleux ? Combien, parmis ces individus, continuent d'avoir des attitudes non propices à la paix et à la fraternité ? Donc, ce n'est pas parce qu'on connaît, qu'on sait, qu'ensuite l'on va forcément appliquer. Tout cela, pourquoi ?
Parce qu'il y a en l'homme cette fameuse institution dont je parlais tout à l'heure, et qui est l'institution de “cela me plaît ou cela ne me plaît pas”, “J'ai envie de faire l'effort ou je n'ai pas envie de faire l'effort”.
Lorsque je dois accepter de cesser de fumer ou de cesser de boire ou de cesser de penser de façon jalouse ou engueilleuse ou négative, je dois faire, semble-t-il, un effort sur moi-même. Je dois rompre un plaisir.
Le Plaisir
Car même si l'on sait que, par exemple, être jaloux est quelque chose qui fait mal, c'est en fait un plaisir. Si ce n'était pas un plaisir, l'individu ne s'amuserait pas à prolonger quelque chose qui lui fait mal, quelque chose qui le fait souffrir en vérité. Mais il éprouve un certain plaisir à cette souffrance. Cela lui arrache le ventre, le cœur et l'esprit d'être jaloux, mais en même temps, il ne peut pas s'empêcher d'être jaloux parce qu'il y consume un certain plaisir.
Si l'homme ne cherchait véritablement que les plaisirs qui font plaisir, il serait un être parfait en quelques jours ! Je vous l'affirme ! Un être absolument parfait, délicieux de toutes ses perfection, d'ailleurs.
Il cesserait d'être orgueilleux, il cesserait d'être jaloux, il cesserait d'être vaniteux. Il cesserait d'avoir un complexe qui le rend inférieur ou supérieur. Il cesserait de faire une fixation sur le bouton qu'il a, là, au bout du nez qui lui gâche sa vie chaque matin. Il cesserait tout cela. Parce qu'il se lèverait en disant : “Mais aujourd'hui je veux être un être plein de plaisir ! Et mon plaisir, eh bien, ce sera de vivre sans ce bouton qui est au bout du nez, même s'il est là, ça ne fait rien ! Mon plaisir, ce sera de ne pas me rappeler que je suis un être de rien. Je veux être un être de tout, un être ouvert à tout ! Mon plaisir, ce sera de ne plus être jaloux, même si c'est fort à propos, puisque ma fiancée ou mon fiancé, effectivement, font des gestes pour me rendre jaloux. Mais comme aujourd'hui j'ai décidé d'être un être de plaisir, alors au diable la jalousie ! Au diable le bouton ! Au diable les complexes !”
Seulement voilà. De façon paradoxale, de façon énigmatique, alors que l'homme semble n'aspirer qu'au plaisir dans la vie, puisqu'il aime les boissons, le tabac, les bons repas, les bons amis, les bonnes soirées, les bons spectacles, en même temps, on le voit là fort attaché à ses malheurs !
Et en même temps, on le voit qu'il n'arrive pas, donc, à se débarrasser de ce qui le fait souffrir. Il entretient sa jalousie, il entretient ses complexes. Il entretient même sa cigarette, même quand elle lui fait du mal.
Ce n'est plus un plaisir si cela commence à te tuer, n'est-ce pas ? Et pourtant tu continues !
Ce qui veut dire qu'entre le plaisir plaisant et le plaisir déplaisant, pour la conscience humaine, il n'y a pas vraiment de différence. Et voilà le drame !
Entre le plaisir plaisant et le plaisir déplaisant, pour la conscience humaine, il n'y a pas vraiment de différence. Et voilà le drame !
Voilà pourquoi l'homme est sans cesse attaché aussi bien à ce qui lui fait un plaisir plaisant qu'un plaisir déplaisant, parce qu'il n'y a pas vraiment de limite, de différence.
Il y a tout simplement une vibration, ou disons une fourchette, qui est tout simplement la sensation.
La Sensation
Cette sensation est quelque chose qui ne contient ni un positif, ni un négatif. Elle éprouve tout simplement. Et le fait d'éprouver est quelque chose qui en soi captive la conscience, parce qu'ainsi la conscience se sent vivante et se sent alimentée de clichés qui lui donnent la certitude d'être en vie.
Le jour où je ne reçois plus d'impulsions venues de l'extérieur, c'est que je suis mort. Tant que je reçois des pulsions venues de l'extérieur, ma conscience est agitée par ces pulsions. Étant agitée, donc en en prenant lecture, elle se rend compte en même temps qu'elle est en vie.
Ce qui fait que pour la conscience humaine, se sentir en vie étant la chose capitale, se sentir en vie va être un plaisir qu'elle va tirer autant du malheur que du bonheur. Parce qu'elle va tout simplement éprouver, être en sensation. En éprouvant, elle va donc recevoir l'information qu'elle est vivante.
Et en fait, que font toutes les religions ? Que fait la spiritualité ? Que font tous les Guides, tous les instructeurs, ou tous les moralistes aussi tout simplement ? Ils apprennent à l'individu quel est le plaisir plaisant et le plaisir déplaisant. De façon à ce que la conscience puisse être en relation avec une vie qui soit une vie fertile, porteuse de joie, porteuse d'un certain bonheur.
Alors que si l'on n'est pas capable de faire la différence, la vie va devenir un jeu de cartes très embrouillé où l'on ne va plus savoir vraiment ce qui est porteur d'une joie saine, porteur d'une joie malsaine.
Amalgame : mélange du Bien et du Mal
C'est pour cela que dans l'esprit de certains individus la notion s'est même transformée. Tout a basculé. Le Bien et le Mal se sont mélangés. Ils ne savent même pas distinguer la valeur morale de ce qu'est le Bien, de ce qu'est le Mal. Ils ne savent pas s'ils sont en état de jouissance ou en état de malheur lorsqu'ils sont en train de se faire mal à eux-mêmes, que ce soit en se blessant volontairement - comme le font certaines personnes déséquilibrées que vous appelez les fous - ou que ce soit en faisant du mal à quelqu'un.
Quand on aboutit ou quand on contemple ces comportements, on les classe comme étant des comportements psychiatriques. Ces comportements viennent uniquement du fait que pour la conscience qui est incarnée, le langage a fait défaut, le langage qui permet de trier le plaisir plaisant du plaisir déplaisant.
Dès que je mélange les deux langages, je mélange dans l'individu la notion même du plaisir et du malheur. Il sera capable de tirer plaisir d'un malheur qu'il se fait ou à lui-même ou aux autres.
À quel moment se passe la permutation ? À quel moment est-ce qu'il y a la culbute ?
La culbute peut exister pour plusieurs raisons. Dans un premier temps, soit parce qu'un individu étant lui-même déjà en culbute, l'indique et instruit son enfant pour vivre aussi cette culbute, donc pour vivre ce monde désorganisé, ces notions interchangées. Ou soit cela peut arriver à la suite d'un choc psychologique important, d'un choc affectif important. Et les drames, en ce qui concerne le monde amoureux, ces drames-là sont les plus susceptibles de transformer l'information du plaisir plaisant en plaisir déplaisant.
Ce qui fait que toute la période de l'adolescence où l'individu cherche à tomber amoureux...
Et il cherche à tomber amoureux pourquoi ?
Réfléchissons ensemble.
Comme je vous l'ai dit tout à l'heure, la conscience cherche sans arrêt des sensations, non seulement pour être en vie, avoir le sentiment d'être en vie, mais aussi parce que c'est sa façon à elle d'expérimenter le monde. Lorsque donc la conscience va arriver au moment de la puberté, au moment où elle commence véritablement à être individuelle, à s'organiser dans le monde, à s'approprier le monde. Étant donné que pour l'instant l'Humanité est séparée en corps mâle et en corps femelle, la conscience va obéir tout simplement à la Nature, en faisant Un avec la Nature. Ce qui fait qu'un individu mâle va rechercher la rencontre avec un individu femelle et vice-versa, vous me comprenez.
Simplement ce qui motive ce voyage de l'un vers l'autre, ce n'est pas simplement le fait que le mâle va chercher la femelle et la femelle va chercher le mâle, c'est aussi le fait que grâce à cette rencontre possible, parce qu'il y a mâle et femelle, la conscience va expérimenter une sensation plus grande qui sera la sensation amoureuse, l'attraction pour un autre être. Ce qui veut dire qu'en fait l'attraction entre les amoureux, entre les couples, est légitimée par un motif encore plus puissant que la simple rencontre de deux sexes opposés. Il y a une véritable recherche de la conscience vers une sensation immense que l'autre va procurer.
Et il va procurer cette sensation immense, non seulement parce qu'il se trouve être différent, “tiens l'autre est masculin ou féminin”, mais aussi parce que grâce à cette différence, il va y avoir, par la fusion, le déclenchement d'une multitude d'énergies à expérimenter.
La sensation donc, c'est ce que recherche la conscience lorsqu'elle est incarnée. C'est son fluide vital, c'est ce qui la maintient en vie et c'est ce qui motive sa vie. C'est ce qui lui sert de fil conducteur même au cours de sa vie. C'est ce qui fait qu'un homme reste vivant.
Un homme qui n'a plus envie d'éprouver des sensations, soit parce qu'il est fatigué, soit parce qu'il est usé, est un homme qui va se mourir immanquablement. Quelles que soient les prouesses de la médecine ou autres, cet homme va mourir parce que l'énergie ne circule plus. La conscience n'est plus intéressée, n'est plus appelée, n'est plus attirée par le monde, les hommes, ou par des sciences.
Donc lorsque l'on essaye de comprendre ce qui motive un individu en son attraction vis-à-vis de l'autre - ou vis-à-vis aussi d'un Dieu, puisque c'est exactement la même motivation qu'il habite - lorsque l'on essaye de comprendre ce qui pousse un individu vers l'autre, on s'aperçoit très vite que c'est tout simplement un mouvement.
Le Mouvement
J'explique par là que la conscience sait qu'elle est en vie à partir du moment où un certain mouvement lui est possible.
Lorsque l'on analyse une vie traditionnelle d'un homme traditionnel dans sa société, il va traduire ce mouvement par un certain nombre d'intérêts portés dans son monde, par exemple, les intérêts que suscitent les plaisirs de la société, les sciences de la société, les dogmes de la société. Puis, lorsqu'il va se développer de plus en plus, son mouvement, donc ses intérêts, vont se porter vers des points d'aimantation de plus en plus sublimes pour aller jusqu'à Dieu lui-même.
En fait, on s'aperçoit que le mouvement qui habite dans la conscience et qui fait partie de la conscience, qui est sa nature, ce mouvement perturbe un certain temps la conscience. Elle n'arrive pas au début à très bien s'organiser. Elle est d'abord attirée par tout ce qui bouge dehors.
“Tiens, il y a un spectacle, il y a du bruit, il y a des nouvelles lumières, des nouvelles idées, des nouvelles têtes, des nouvelles gens ! Vite ! J'y vais ! Je vais, je vais voir ! Je sympathise ou pas.”
C'est pour cela que dans un premier temps, pour l'esprit neuf et jeune, la nouveauté est si importante. L'individu a sans cesse envie de quelque chose de nouveau. Que ce soit au niveau amoureux, que ce soit aussi au niveau des idées, des religions, des découvertes, n'importe quoi. Il faut que ce soit nouveau. Parce qu'il trouve dans cette nouveauté une énergie extraordinaire qui amplifie sa vie et son plaisir de vivre.
Une nouvelle musique ? Et voilà que les jeunes esprits sont encore plus contents qu'hier !
Alors que ceux de l'ancienne génération ne sont pas du tout ravis par la nouvelle musique. Pourquoi ? Est-ce que parce que cela ne convient pas à leur goût ? C'est ce qu'ils vous diront mais en fait c'est faux. Les personnes de l'ancienne génération ne trouveront aucun plaisir à la nouvelle musique, parce que eux-mêmes ne recherchent plus de nouveauté. Ils sont contents avec ce qu'ils ont.
Ce qui ne veut pas dire, lorsque je cite cet exemple, je ne veux pas dire par là que pour être vivant, il faut désormais que toutes les personnes du troisième âge s'habillent comme des rockeurs, n'écoutent que le rock'n'roll et le rock'n'roll le plus hard possible. Cela ne veut pas dire cela, être vivant. Et une vieille personne de 80 ans ne sera pas plus en vie parce qu'elle écoute du rock'n'roll que si elle écoutait les petites musiques de sa jeunesse.
Par contre, la personne de 80 ans sera tout autant en vie qu'une personne de 20 ans si, en écoutant la musique de sa jeunesse, elle garde tout autant le cœur ouvert, le cœur intéressé, comme si, en fait, cette musique qu'elle ait écoutée mille fois, elle l'écoute pour la première fois.
Le fait de réactualiser ce qui est même très vieux, c'est ce qui permet de donner vie, non seulement à la chose, mais aussi à vous-même, à votre instant, l'instant que vous vivez. Sitôt que, au contraire, j'écoute ma vieille musique parce qu'elle me rappelle mes bons souvenirs et que j'en fais donc une mélancolie, que j'en fais donc un acte de la mémoire uniquement, alors je meurs, je meurs ! Et cette musique qui me paraît si douce est en fait une musique de mort !
Par contre, si j'écoute ma bonne vieille musique, que plus personne ne connaît tellement elle est ancienne, mais je l'écoute avec tout autant le cœur ouvert, le cœur ému, le cœur prêt à tout refaire, alors, à ce moment-là, cette musique me transporte tout autant dans la vie que lorsque je l'ai découverte, lorsque j'avais vingt ans.
Pour que les choses soient porteuses de vie, il faut que les hommes leur accorde, par un geste moral, leur accorde cette vie.
Sitôt que l'homme se place au contraire dans sa mémoire : “Tiens, j'écoute la musique de mes belles années et je me repasse le film de lorsque j'avais quinze ans, seize ans, dix-sept ans, je revois tante Émilie et je revois cousine Berte et je me rappelle les bonnes tartes !” À ce moment-là, cette musique ne porte plus de vie. Parce que je fais là appel à la mémoire et que la mémoire, c'est quelque chose de très froid, cela n'apporte rien.
Par contre, j'écoute la même musique, tout en pensant à mon petit-fils ou ma petite-fille qui vient de naître, en la regardant gambader dans un champ. J'écoute ma vieille musique mais en même temps, je regarde passer tous ces nouveaux véhicules et j'essaye de concevoir la vie qu'ont ces gens, j'essaye de concevoir leurs préoccupations et je me sers de ma musique comme point de gaîté dans cette recherche. À ce moment-là, oui, même si elle est vieille, cette musique est toujours porteuse d'une grande vibration de vitalité.
Ce qui fait que le tango peut être quelque chose de très vivant, même si c'est un couple de 80 ans qui est en train de danser sur cette musique. Mais il faut que le couple se sente tout autant amoureux que lorsqu'ils l'ont dansé quand ils avaient 20 ans l'un et l'autre.
C'est un point délicat parce que c'est un point uniquement dans la conscience. C'est un geste moral. On ne peut pas bien décrire les gestes de la conscience. Ce sont des compromis que vous signez de vous à vous. Ce n'est pas quelque chose que je peux vous imposer, ce n'est pas quelque chose que je peux vous faire ressentir. C'est quelque chose qui doit affleurer en vous.
Mais revenons à notre sujet.
Amalgame
Lorsque donc un individu a mélangé les données, lorsqu'il ne sait plus bien interpréter la valeur du bien, la valeur du mal, la valeur donc du plaisir et du malheur, il devient socialement un individu très encombrant parce qu'il va se faire souffrir lui-même ou faire souffrir les autres. Et cela peut aboutir à des comportements très criminels.
Et, en fait, je dirais que la plupart des criminels ne sont pas des gens heureux d'être criminels, ils sont comme esclaves de leur malheur et ils l'expriment avec la violence qu'ils jugent la plus appropriée soit à leur envie, soit à leur détresse, soit à leur vengeance, etc.
Ce qui fait qu'une société proportionnellement aux perturbations qu'elle engendre à propos de cette interversion de la notion du plaisir et déplaisir, en proportion exacte de ce brouillage qu'elle émet, elle va créer une proportion de désaccès, de névrosés et de criminels. Ce qui fait que lorsque l'on verra affluer dans les cabinets des thérapeutes tous ces individus, il va s'agir de leur réapprendre le langage.
Soigner l'individu
Mais de quel langage est-ce que je parle ?
Je ne dis pas qu'il faudra leur réapprendre A, B, C, D, vous me comprenez bien.
Réapprendre la valeur de chaque notion, de chaque mouvement, de chaque geste, mais un mouvement et un geste qui est moral.
Lorsque, par exemple, à quelqu'un qui est énormément perturbé, parce que, affectivement, son univers s'est écroulé, soit à cause de la mère, soit à cause du père, soit à cause du fiancé ou de la fiancée, ou à cause des gens en qui la personne croyait, comme par exemple lorsqu'il s'agit d'un groupement religieux ou idéologique ou politique, que d'un seul coup la personne s'aperçoit que ce n'est pas ça, il y a donc un sentiment de trahison, des fois, et cela peut conduire à un écroulement. Lorsque l'on va rencontrer ce genre de personnes dont les valeurs ont donc été brouillées, parce que dans un premier temps on attend l'amour de la mère, l'amour du père, l'amour du fiancé, de la fiancée, du groupe d'amis, ou l'amour de l'idée, quand c'est en religion ou en politique. Lorsque l'on a donc été trahi et que l'on a interverti la donnée et qu'au bout de quelque temps cela aboutit à une névrose, ou cela aboutit à une perturbation, à une crise de nerfs, ou à une lassitude, à une fatigue constante, ou à des allergies constantes, ou à toutes sortes de maux de la sorte, il va falloir que vous interrogiez l'individu pour vous rendre compte à quel moment et sur quel mot, sur quelle idée, sur quel concept la valeur a basculé.
Par exemple, on s'aperçoit qu'un individu qui est tout accaparé, tout perturbé par des ulcères à l'estomac, il ne s'agit pas simplement de lui dire : “Tu as des ulcères parce que tu es nerveux, calme-toi !” Il faut savoir pourquoi il est nerveux et comment donc on arrivera à le calmer.
Pour savoir pourquoi il est nerveux, il faudra l'interroger à propos de tout ce que son système nerveux aura eu à expérimenter. Donc, il faudra l'interroger principalement au niveau des chocs endurés, au niveau des frustrations endurées. Et ainsi, on va jouer pendant un certain temps le rôle du psychanalyste.
Soigner, c'est tenir en compte l'entier de l'individu.
Donc, l'entier de sa psychologie, l'entier de son passé, l'entier de ses habitudes alimentaires, l'entier de ses habitudes journalières : est-ce que tu es assez vêtu ou pas assez vêtu ? où est-ce que tu vis, où est-ce que tu dors ? etc.
Lorsque l'on aura interrogé l'individu sur ce qui a donc déclenché des accoups énormes dans son système nerveux, soit à cause du métier qu'il exerçait, soit à cause des traumatismes de l'enfance ou des traumatismes des premiers amours, on saura immédiatement quelle partie du langage, donc quelle partie de l'interprétation de la vie, quelle partie a été troublée et inversée. Et tout ce que le thérapeute aura à faire, c'est à rééquilibrer l'interprétation, redonner donc à l'interprétation que l'individu avait fait d'une situation, sa réelle dimension et sa réelle donnée.
C'est de cette même façon que l'on dédramatise un événement.
Quand un enfant qui, par exemple, n'attend que l'amour de sa mère, au jour de son anniversaire reçoit une gifle de sa mère parce que sa mère est tendue et que l'enfant faisant une erreur. La mère le bat. Cet enfant peut en concevoir une petite rancœur qui va s'accumuler à d'autres rancœurs au fur et à mesure de la vie. Sitôt donc que le thérapeute aura mis le doigt sur ce premier déclic qu'aura été la gifle le jour de son anniversaire, mais surtout le doigt sur l'émotion qu'aura suscitée cette gifle le jour de l'anniversaire. À ce moment-là, il saura traiter l'individu, il saura traiter tous les problèmes qui en auront découlé, comme par exemple des sinusites chroniques.
Pourquoi est-ce que je parle spécialement de l'émotion éprouvée à ce moment-là ?
Le geste en lui-même n'est pas important, ce qui fait qu'il ne faut pas induire les parents dans un comportement passif et leur dire : « Ça fait peur aux enfants si vous les battez, ne les touchez jamais ! ». Je ne suis pas en train de livrer ce genre de discours. Je dis simplement que un geste déclenche une émotion et une prise de position.
L'enfant, le jour de son anniversaire, est dans une grande joie. Il est le centre du monde, tout le monde le remarque, tout le monde lui fait des gentilleuses et des cadeaux. Il n'attend que l'amour et la grande préoccupation de tous. C'est ce qu'il attend et exige de tout le monde. Cependant, voilà que vient une information contraire à tout ce qu'il attend, une gifle. Voilà qui casse sa journée ! Ce n'est ni l'amour qu'il attendait ni la grande préoccupation qu'il attendait. C'est tout le contraire, c'est : « Je ne t'aime pas et tu es en trop dans ma vie aujourd'hui ! ». Voilà ce que l'enfant est en train de lire, en fait. Et voilà l'émotion qu'il est en train de fixer.
À cette première émotion, va se fixer une autre émotion, qui ne viendra pas forcément de la mère d'ailleurs à un autre moment, mais qui pourra venir du professeur ou qui viendra de son ami préféré ou qui viendra du père ou qui viendra tout simplement du chien qui jusqu'à présent ne lui aboyait pas dessus et qui soudainement se met à aboyer et même à mordre. D'un seul coup, face à cette première interprétation négative, l'individu va fixer une multitude d'autres messages négatifs.
C'est pour cela que l'on dit que un déséquilibre se construit. Il n'existe pas comme cela d'un seul coup, parce que l'on aura éprouvé quelque chose, parce que l'on aura subi quelque chose. Un déséquilibre prend racine et il se construit petit à petit en devenant un point d'aimentation. Ce point d'aimentation va fixer tous les autres messages négatifs ou devenus, aujourd'hui, potentiellement négatif. Ce qui fait qu'un individu qui a un problème va faire une fixation sur son problème, c'est inévitable.
Tout le monde aura été déçu un jour ou un autre. Que ce soit le jour de l'anniversaire à cause d'une gifle, que ce soit parce que l'on voulait être très brillant, plaire à papa, plaire à maman, et que l'on revient toujours avec des mauvaises notes. Ou que ce soit pour d'autres prétextes sur lesquels je ne vais pas m'étendre pour ne pas faire un discours trop spécialisé qui ennuierait certains participants. Tout le monde, un jour ou un autre, à cause de quoi que ce soit, aura eu l'occasion de créer ce point négatif. Ce point où l'interprétation de la vie a pu, à un moment donné, devenir négatif.
Donc chacun porte en soi, dans la conscience périphérique, un certain nombre de points négatifs qui peuvent servir de points de fixation pour tous les autres messages négatifs que vous allez interpréter dans la vie.
Ce qui fait qu'arrivé à votre 40ème année, vous débordez de crises nerveuses, de dépressions nerveuses, d'allergies, d'ulcères et que voilà que vous déclarez un cancer, grand ou petit, parce qu'il y aura fixation.
Un individu, donc, porte dans sa conscience un certain nombre de ces points négatifs. Le nombre varie d'un individu à l'autre, selon, je dirais, son état naturel à croire à ces points négatifs, à donc participer à leur création.
Si nous prenons un individu particulièrement soucieux ou anxieux, ou quelqu'un qui a été désécurisé dès l'enfance ou plus tard dans les premiers rapports amoureux, cet individu représente donc un terrain où l'insécurité règne, où le manque de conviction règne. Et il y aura donc, là, une plus grande possibilité de créer ces points négatifs dès que la vie va devenir par trop agressive ou bien devenir un terrain de lutte.
Par contre, quelqu'un qui aurait vécu comme dans un cocon très privilégié, tout en étant renforcé dans cette attitude qu'est la lutte pour gagner sa vie, pour comprendre les autres, savoir se faire sa place, etc., cette personne-là n'aurait absolument pas l'occasion de créer des points d'ancrage négatifs. Ce serait un peu comme si, à cette personne, la possibilité d'interpréter négativement quelque chose aurait été définitivement éradiquée.
Mais il faut bien savoir que il n'est pas possible d'éduquer un individu de façon à ce qu'il soit à ce point pur, incapable de négativité. Même les parents les plus armés du monde face à la psychologie ou face tout simplement, parce qu'armés de beaucoup d'amour, face tout simplement à la nécessité de la vie de la conscience et qu'ils savent ce qu'il faut dire, ne pas dire faire, ne pas faire, même les parents, donc, les plus armés n'arriveraient pas à créer ce genre d'individus. Tout simplement parce que cela dépend de l'interprétation personnelle. Il y a une part qui viendrait des parents mais la plus grande part vient de l'individu lui-même. Un individu de par certaines tendances, va créer plus de points négatifs qu'un autre et se fixer davantage sur ces points négatifs qu'un autre. Ce qui fait que beaucoup plus qu'un autre, cet individu va être entraîné dans la dépression, le déséquilibre, voire la folie ou les graves maladies etc.
Comment donc évacuer ces points de fixation puisque tout le monde à un moment donné aura été frustré, complexé, aura été trahi, bafoué, humilié, trompé, déçu ? Donc, puisque tout le monde transporte ces points d'ancrage, qui sont des facultés et non pas des traumatismes comme se plaisent à le penser tant de personnes, comment les évacuer ?
Évacuer les points d'ancrages négatifs
Si l'on parle du point de vue de la médecine nouvelle, la médecine des énergies, on peut avoir recours à un balayage de l'aura.
Mais comme j'ai dit tout à l'heure, la science reste une science. Et une science ne devient effective que dans la mesure où l'individu s'est adapté à cette science. Donc je vous dis ce soir comment et par quel chakra et par quel mouvement des mains ou des doigts ou polarisation de la pensée, comment évacuer chez un individu tous ces points négatifs, cela ne fera pas fleurir en vous ce talent. Il faut que vous le recherchiez au plus profond de vous-même, exactement comme vous recherchez toutes vos qualités, comme vous recherchez à devenir savant. C'est exactement la même démarche.
Ce qui fait qu'appliquer les médecines nouvelles, et notamment la médecine des énergies, est quelque chose de très délicat pour l'instant parce que les individus ne font que pressentir, préparer ce qui sera amplement utilisé demain par des individus qui, eux, en seront parfaitement capables alors que les pionniers d'aujourd'hui n'en sont pas forcément capables, mais ils préparent les autres à en être capables. Par le phénomène que je vous ai expliqué tout à l'heure. Parce que dès qu'un groupe a trouvé quelque chose, cela peut définitivement appartenir à la culture et être accepté par même ceux qui n'en sont pas encore capables de le comprendre.
De la même manière aujourd'hui, beaucoup de thérapeutes s'intéressent à la médecine des énergies, à l'intervention sur le corps éthérique, sur les chakras, sur les nadis, etc., mais ils n'en sont pas véritablement capables eux-mêmes. Mais le fait d'instaurer la recherche, le fait d'installer la démarche fait que, sur la Terre, en même temps aujourd'hui, sont en train de naître des enfants qui vont percevoir l'information exactement comme un code génétique qui voyagerait dans le corps immense qu'est l'Humanité. Et ils vont faire, cette information, ils vont la faire leur. Et ils vont s'orienter autour de la découverte que nécessite cette information.
Ce qui fait qu'il ne faut pas conclure qu'aujourd'hui : “tiens, il n'y a personne de véritablement capable, j'ai visité beaucoup de guérisseurs, j'ai visité beaucoup de ceci, beaucoup de cela, personne n'a pu me guérir, ni guérir ma soeur, ni mon frère. Donc c'est des choses qui peut-être existent mais qui de toute façon ne sont pas maîtrisées.” Il ne faut pas conclure cela et s'asseoir et ne plus rien faire. Il faut continuer. Car si ce n'est pas pour vous, c'est un héritage que vous laissez à ceux qui viendront, qui sont peut-être vos propres enfants ou vos propres petits-enfants.
Donc ne négligez pas cet héritage sous prétexte que aujourd'hui, vous, vous ne pouvez pas jouir de cet argent, de cette richesse. Ne soyez pas à ce point égoïstes ! Et sachez aussi donner, et donner simplement dans le futur.
Donner dans le futur
On comprend que l'on puisse donner aujourd'hui, ici, maintenant, je suis capable, je donne ma capacité. Mais dire je suis potentiellement capable au sens collectif du terme, parce que par mon intérêt, j'imprime dans les gènes de la race une nouvelle dimension.
Donner de cette manière-là un chèque en blanc pour le futur, ça c'est parfois beaucoup plus difficile, parce que l'individu veut pouvoir contempler sa découverte. Il veut pouvoir jouir tout de suite de sa découverte, parce que c'est son plaisir !
Et on revient de nouveau à la notion de plaisir.
Qu'est-ce qui qualifie en fait un chercheur ?
Ce qui caractérise un chercheur est quelque chose de très égoïste. Il a plaisir à chercher et il a plaisir à découvrir. Le moment de la découverte sera pour lui une apothéose, un moment de joie extrême. Et il couve ce moment de joie, il prépare ce moment de joie par une patiente recherche. S'il ne peut pas aboutir, il se met en colère contre, par exemple, un système défectueux qui ne lui donne pas les moyens de chercher plus avant. Ou il se met en colère contre les guides qui ne lui envoient pas suffisamment d'inspiration, d'intuition.
Il y a des recherches qui doivent être gratuites.
Toi tu ne trouveras pas mais tu es un lien à l'intérieur de la démarche. Et tu devras passer le relais à celui qui va trouver, celui qui aura le plaisir à ta place.
Hou ! Que cela dérange ! “Un autre aura, à ma place, ce grand plaisir !” Eh oui !
Et à l'instant où tu fais ce sacrifice, tu es en train de découvrir quelque chose de plus grand que ce qui motive ta recherche. Tu découvres l'amour ! Celui qui accepte d'être un chaînon, d'être l'endroit où simplement le relais se passe d'un autre, à un autre, à un autre... et qu'il accepte humblement ce poste de n'être qu'un relais, un relais qui ne sait pas encore mais qui sait suffisamment ce qu'il cherche pour savoir que c'est précieux de continuer à passer l'information, celui qui accepte humblement cet état de choses est un être d'amour et il agit avec amour parce qu'il agit avec sacrifice.
Il ne cherche pas à se consumer égoïstement dans le plaisir que lui procurerait sa découverte. Il passe l'information.
Et en même temps qu'il sait qu'il ne fait que la passer, il est quand même suffisamment sérieux et responsable pour faire le maximum de sa part de travail. Et en même temps qu'il est, donc, l'amour, il est la compétence.
Même s'il ne trouvera pas, il est quand même la compétence, parce que sa part de travail qui lui incombe, cette part-là il la fait avec le plus grand sérieux, même s'il sait que ce n'est pas lui qui trouvera la solution.
Donc lorsque l'on parle des médecines, en général de l'acte de soigner tout simplement, on parle d'un acte qui doit se réunifier aujourd'hui s'il veut devenir efficace.
Et pour se réunifier, il doit avant tout se préoccuper de ce qui crée à l'origine la division.
La division
Ce qui crée la division, c'est le langage de l'esprit.
Comment je vais interpréter tel gifle ? Comment je vais interpréter telle réaction de mon ami ou telle absence ?
C'est mon esprit qui d'un seul coup, par son interprétation, va séparer.
Il existe un bien parce qu'il me fait plaisir et il existe un mal parce qu'il me crée du malheur.
C'est à ce moment-là que l'individu crée la notion de division.
Et quand le thérapeute arrive pour réunifier tout ce qui est divisé dans l'individu, il va devoir faire front à la somme des divisions que l'individu aura créées.
Un individu qui est jeune, une âme qui est donc jeune au début de son périple, son voyage dans la vie, donc de son évolution aussi, si vous préférez parler ainsi. Une âme qui est jeune va donc être capable de beaucoup plus de divisions qu'une âme beaucoup plus ancienne à qui on ne peut plus raconter tellement d'histoires.
“D'accord, maman gifle, d'accord, papa gifle, eh bien, après tout, qu'est-ce que ça peut faire ? Ils m'ont frappé, mais ils sont bêtes. C'est chez eux que cela ne va pas. C'est chez eux qu'il y a la nervosité, ce n'est pas chez moi. Et puis finalement ils m'ont frappé parce qu'ils ont cru que je les embêtais, mais en fait, c'est eux qui sont les plus embêtés par quelque chose d'autre qui n'est pas moi, qui est l'argent, qui est la profession, qui est la vanité, qui est le bruit, qui est l'insatisfaction, qui est le manque de ceci, le manque de cela !”
À force d'éprouver certaines souffrances, à force de s'enfermer dans certaines folies, l'esprit de l'individu aboutit un jour à une incarnation à qui on ne peut plus raconter d'histoires, à qui on ne peut plus créer des points négatifs sur lesquels vont venir se fixer ensuite toutes les autres interprétations négatives, toutes les autres frustrations, etc. Et c'est comme cela qu'un jour on aboutit à un être que l'on dira fort. [...]
“[...] pour autant accablé, affaibli, il n'est pas devenu pessimiste, il ne se sent pas inférieur, il n'a peur de rien, alors il est fort, alors que moi, voilà que je suis devenu pessimiste, que je me sens toujours dans l'insécurité, etc., donc je suis faible.”
La force et la faiblesse ne dépendent pas de ce qu'un individu est capable d'affronter la gifle des parents, la gifle de la société, de toutes sortes de choses. La force dépend du fait qu'un individu ne va pas prendre pour lui ce qui lui arrive.
Donc face au déséquilibre psychologique comme à la naissance de certaines maladies, on retrouvera toujours la racine de l'égocentrisme.
Égocentrisme
“Cela m'arrive à moi, à moi, mon sacré moi ! Mon grand moi, mon petit moi, mon moi qui est moi, tout à moi ! On me l'a fait à moi ! Moi, on m'a giflé ; moi j'attendais ça ; moi je voulais ça mais on m'a donné ça ! Ça ne me plait pas, à moi, donc moi, je ne suis pas content ! Donc moi je suis malheureux, donc moi je vais faire un complexe. Avec ce complexe, moi je vais demander à tous les autres, toujours, de venir me réconcilier avec la vie, me rassurer dans la vie, me raconter mille histoires pour que moi, mon petit moi, soit tout content de nouveau.”
Mais voilà un autre drame.
Si tous les autres participaient à cette guérison, motivée par la compréhension, motivée par l'amour qu'ils pourraient avoir pour vous, vous seriez guéri en un rien de temps, mais voilà que les autres ont aussi leur moi qui n'est pas content quelque part et qui attend aussi que d'autres mois viennent les réconcilier avec la vie.
Ce qui fait que l'on voit deux mois, chacun réclamant quelque chose à cause d'une fixation bien spéciale qui leur appartient, qui appartient à leur passé, à leur histoire. Voici deux mois qui se regardent et qui attendent et chacun se regarde exactement comme s'il s'agissait de s'envisager la veille d'une guerre, d'une bataille.
“Moi je veux ça”, pense l'un. “Moi j'attends cela”, pense l'autre. “Visons le premier geste pour savoir si cela correspond à ce que je veux.” Tandis que le deuxième moi regarde si le sourcil de gauche se relève bien dans l'endroit, dans l'oblique qu'il faut pour combler ce que l'individu attend. Et ainsi sans arrêt on voit des mois saccagés, crucifiés, meurtris, blessés en attente vis-à-vis d'autres mois tout aussi meurtris, saccagés et blessés de quelque chose de précis.
Si au moins ils se le disaient cela arrangerait bien les choses ! Si au moins un moi meurtri, à cause d'une certaine gifle ou à cause d'un certain malheur, allait dire au moi avec lequel le premier moi entend se lier.
Communiquer
“Écoute. J'étais meurtri. On m'a trompé à tel moment, on m'a blessé à tel moment. Maintenant ce qui me fait plaisir, c'est que l'on me parle comme ceci ou que l'on me traite comme cela. S'il te plaît, joue le jeu avec moi !”
Si au moins les personnes se parlaient de la sorte, cela permettrait aussi à une thérapie de s'installer. Mais personne ne se parle ainsi, au contraire, on cache son malheur, le malheur il faut que ce soit bien caché pour qu'il puisse embêter les autres. Si d'un seul coup il devenait quelque chose dont on peut discuter à table, dont on cherche une solution, ce ne serait plus un malheur, ce ne serait plus une fixation, cela deviendrait simplement une affaire à régler.
Mais la psychologie humaine veut que lorsqu'il y a un malheur dans son intérieur, cela devienne un fait caché. Donc la communication ne peut pas s'installer. Et c'est pour cela que vivre entre individus est si difficile et parfois catastrophique, parce que l'on voit deux mois dont la souffrance est cachée, dont les exigences sont cachées, dont les moyens de se soigner sont donc inaccessibles puisqu'ils ne communiquent pas, et on voit ces deux mois essayer de vivre ensemble. Et chaque fois ils continuent à se décevoir. Parce que si moi je ne comprends pas, au bout d'un certain nombre de signes, de messages sourds que tu m'envoies sans le vouloir, si moi je n'arrive pas à comprendre, grâce soit à ma science, soit à mon intuition ce que tu as en toi, ce dont tu as besoin, ce qu'il faut pour te libérer, eh bien je n'arriverai jamais à te le donner.
Donc tu vas être sans cesse en train de me demander quelque chose que je ne sais même pas que je dois t'apporter. Et c'est pour cela que tu vas conclure que je ne te comprends pas, que je ne t'aime pas.
Une fois que tu m'auras expliqué ton problème, que je décide de m'en moquer, tu pourras conclure que je ne t'aime pas, que je ne te comprends pas. Mais tant que tu ne m'as rien dit, tant que tu n'as pas essayé de te faire comprendre, tant que tu ne m'as pas décrit ta douleur - même si tu ne sais pas vraiment d'où elle vient, décris-la simplement - tant que tu ne l'as pas décrit, comment est-ce que tu pourrais dire que je ne te comprends pas ?
Parce que je ne suis pas devin ?
Je ne peux pas donner à tout le monde d'être devin, de pressentir ce qui fait ton bonheur, ton malheur. S'il faut le dimanche t'apporter des fleurs ou bien te sortir en voiture. Ou s'il faut le lundi t'apporter le café au lit parce que tu n'es pas très content de reprendre le travail, c'est donc une manière de te positiver pour toute la semaine. Je ne comprends pas tous ces codes, tous ces langages, cette multitude de signaux.
Alors, puisque nous sommes entre être humain - qui dit être humain dit communication - puisque nous avons le don de l'intelligence et de la parole utilisons cette parole et disons-nous tout !
Bien sûr, quelqu'un qui est malade, qui a un problème ne va pas forcément pouvoir vous expliquer son problème. S'il pouvait se l'expliquer vraiment, il pourrait se soigner lui-même. Mais par contre, il peut décrire le type de sa douleur. Il peut décrire ce qui déclenche toujours le même type de douleur, quels sont les mots, quels sont les musiques, quels sont les paysages, les lumières qui déclenchent chaque fois le retour de cette douleur ou de ce complexe, ou de ceci ou de cela. Et ensuite, grâce à votre amour, votre intuition, votre science, ayant cerné la douleur, étudiez donc le terrain comme il faut. Grâce à votre science, vous pouvez trouver des solutions ou aussi tout simplement grâce à l'amour.
Beaucoup de gens pensent que pour soigner un individu, il va falloir tout connaître, tout comprendre. Que pour éduquer un enfant, il va falloir aussi tout connaître et tout comprendre. Que pour vivre avec son mari ou avec sa femme, il va aussi falloir tout connaître et tout comprendre à propos de la psychologie, des réactions, des énergies, etc. Et même parfois, on va y mélanger les réincarnations, si bien que l'on va se précipiter chez ceux qui font remonter le temps. Et là dedans, chacun oublie quelque chose qui permet à l'ignorance de se sublimer elle-même. Non pas en devenant une connaissance dont on peut parler, mais en faisant comme si elle était devenue la connaissance. En ayant donc le même potentiel de Lumière, et cette fois une Lumière qui est rédemptrice.
Il s'agit de l'amour tout simplement.
L'Amour
Pas tout le monde peut être psychanalyste, psychologue. Pas tout le monde peut être capable de travailler sur les chakras, avec le corps éthérique, avec les cristaux, les sons, les couleurs. Pas tout le monde peut être capable d'appeler les dévas de la Nature pour réparer ceci, réparer cela. Pas tout le monde peut comprendre le cas d'un perturbé mental ou autre. Et pas tout le monde peut intervenir, même lorsque l'on comprend. Par contre, il y a un feu, une énergie que tout le monde peut utiliser, même si on n'est pas psychanalyste, ni psychologue, ni voyant, ni clairvoyant, ni guérisseur, ni savant, ni messie. Cette énergie, c'est l'amour.
Être face à quelqu'un, contempler sa complexité, contempler l'interrogation, le mystère qu'il représente, se sentir impuissant quant à l'aider véritablement, l'aider concrètement. Mais en même temps, savoir suffisamment l'aimer, complètement, intégralement. Savoir suffisamment faire canal à cette énergie, à cet amour, pour que l'amour soit le guérisseur, le psychologue, le psychanalyste, le savant, le messie. Et ça, tout le monde en est capable.
Les hommes se trompent très souvent de valeur. Encore une fois, comme je l'ai dit tout à l'heure, certaines notions se sont interchangées.
Dans la société occidentale, la notion de connaissance a été interchangée avec la notion d'intellect. “Je sais, parce que j'ai lu, parce que je comprends, parce que je conçois avec ma tête, avec mon cerveau.”
Alors que connaissance vient d'un tout autre univers.
Bien sûr, si en plus je connais, je conçois avec mon intellect, ce sera une arme supplémentaire, une richesse supplémentaire. Mais la véritable connaissance, celle qui me permettra ou bien de découvrir ce que l'intellect a à découvrir, ou bien d'utiliser ce que l'intellect a déjà découvert, cette connaissance-là, c'est la capacité de faire synthèse avec l'autre par l'amour.
En fait, lorsque l'on parle de connaissance, on parle de la connaissance de l'ouverture du cœur, tout simplement.
Je connais l'autre. Est-ce que je vais pour autant connaître sa maladie ? Pourquoi est-ce qu'il est complexé ? Pourquoi est-ce qu'il a voulu se suicider ? Pourquoi est-ce qu'il ne sait pas parler ? Pourquoi est-ce que ceci ? Pourquoi est-ce que cela ? Je ne vais pas forcément connaître cela, parce que cela, c'est l'autre mais de façon périphérique. Mais je peux connaître l'autre dans ce qu'il a tout simplement de niveau humain. Connaître l'autre, ça je peux ! Même s'il est profondément dérangé, je peux connaître l'autre. Mais cette connaissance, je vais l'entamer par un lien issu du cœur.
Lorsque je suis face à un dérangé, un déséquilibré mental, je ne vais pas pouvoir communiquer, donc, il ne va même pas pouvoir me dire de quoi il souffre, comment il souffre, où est-ce que cela a basculé, quand cela a basculé, pourquoi... Il ne pourra pas me le dire.
Par contre, cela ne m'empêche pas de faire quand même connaissance avec lui parce qu'il est un être humain, parce qu'il est là avec moi, au même moment que moi, sur cette même planète que moi, en train de respirer le même air que moi, au nom du même Dieu que je ne connais pas, ou pas encore, mais vers lequel, ensemble, lui et moi, nous allons aboutir un jour ou l'autre.
Ce qui donc ouvre la porte d'une connaissance du problème de l'autre, c'est aussi et avant tout la connaissance de l'autre.
Mais voilà que tous les thérapeutes se jettent dans la poursuite de la connaissance des mécanismes de la psychologie, des mécanismes de l'énergie, sans prendre d'abord le soin de connaître l'autre en tant qu'étincelle humaine !
Fusionnez avec l'autre, éprouvez ce que cela veut dire véritablement que d'être semblable à l'autre, éprouvez des phrases telles que : nous sommes tous frères ; nous sommes tous uns ; tous issus de la même création, du même Dieu, ou tous faits à l'image de Dieu. Utilisez n'importe quelle image, n'importe quel concept qui vous vient à l'esprit, peu importe ! Du moment que vous arrivez à ressentir de quoi je parle.
Je ne peux pas comprendre l'autre, même armé d'une grande science, si je n'ai pas d'abord fait alliance avec l'Humanité, de ce fait je ne peux pas être sortie de ma propre séparativité. Tant que je suis séparé de Paul ou de Jacques, comment est-ce que je pourrais aider Paul ou Jacques ? C'est impossible ! Bien sûr je peux lui enlever un morceau de foie, un morceau de boyau, un morceau de ceci, un morceau de cela. Je peux chasser certains microbes de chez Paul ou de chez Jacques, mais est-ce que c'est cela véritablement soigner ? Est-ce que c'est cela véritablement aider un individu dans sa souffrance ? Non !
Lorsque j'ai face à moi un individu atteint d'un cancer et qu'il faut enlever un morceau de cet organe atteint de cette maladie, est-ce que c'est un acte d'amour ? Est-ce que je peux dire que je le soigne parce que j'arrive, là, et que j'enlève son problème avec mon matériel et ma connaissance ? Peut-être, lorsqu'il se réveillera, il sera débarrassé de son foyer cancéreux, mais quand il retournera chez lui, il retrouvera de nouveau le cancer au foyer !
Donc, ce qu'il me faudra faire si je veux vraiment le soigner, c'est prendre le temps d'être avec lui, prendre le temps de concevoir, comme lui, sa vie afin de le comprendre et discuter. Et ensuite, on enlève l'aboutissement de ce qui a été son déséquilibre, sa mauvaise interprétation, son traumatisme, son choc, etc. Et ensemble, avec du matériel ou pas, eh bien on enlève cette tumeur et véritablement, là, elle est partie pour toujours.
Bien sûr, pour ceux qui soignent, je dirais à la chaîne, dans les hôpitaux - parce qu'il y a tellement de malades que l'on ne peut pas faire autrement que de travailler à la chaîne, d'opérer à la chaîne, de traiter à la chaîne, de donner les médicaments à la chaîne, faire naître à la chaîne et enterrer à la chaîne. Bien sûr, il y en a tellement ! - mais pour ceux qui travaillent dans ce rythme-là, dans cette médecine-là, prendre le temps d'être avec l'autre est quelque chose d'impossible, parce qu'il y en a trop !
Et c'est à ce moment-là où l'on comprend que la médecine est bien mal orientée et qu'il n'existe pas encore assez de médecins.
Et je dirais - et ceci n'est pas une critique - je dirais qu'il n'existe pas encore assez de médecins tout simplement, et non pas parce qu'il n'y a pas assez de candidats dans les universités, mais tout simplement parce qu'il n'existe pas assez d'amour.
Il n'existe pas encore assez de médecins car il n'existe pas assez d'amour.
Même celui qui n'est pas médecin peut être le médecin de son voisin, du moment qu'il est celui qui permet à son voisin de tenir, de tenir le coup, d'oublier les mauvaises interprétations.
Mais qui prend le temps de se parler ? Qui prend le temps d'écouter l'autre ? Qui prend le temps de considérer la peine de l'autre ?
Dès que l'on voit M. Alfred, qui sans arrêt nous répète la même histoire, on se débrouille pour fuir M. Alfred, parce que chaque fois il nous répète la même histoire. Mais si Alfred te répète tout le temps la même histoire, c'est bien parce que c'est ça qui est dans sa gorge, coincé ! C'est bien parce que c'est ça son problème et qu'il faut que quelqu'un le libère ! Alors étouffé comme il est, il en parle à tout le monde. Il demande à tout le monde, à n'importe qui d'être son médecin, même son chien ! Ceux qui finalement n'ont plus personne à qui parler parlent à leur chien ou à leur perroquet.
Si chacun essayait au moins de rétablir la communication, si chacun donc pour rétablir cette communication se rappelait un peu de tendresse, un peu d'amour, se rappelait un peu de fraternité, la médecine n'aurait pas besoin de toute cette science compliquée pour s'effectuer. Chacun pourrait être médecin et il y aurait alors assez de médecins. Et l'on irait vers le médecin véritable, le thérapeute véritable, que lorsque véritablement le problème est trop lourd, trop complexe pour la collectivité, pour la famille, pour le voisin, pour les amis.
Il y a donc, face à la maladie, une responsabilité de groupe où chacun peut être le médecin de l'autre.
Ne ratez pas l'occasion ! Parce que si vous, vous n'êtes pas le médecin de votre ami ou de votre voisin, l'autre ne sera pas non plus, et l'autre non plus, et l'autre non plus. Ce qui fait qu'un jour véritablement, à force de n'avoir jamais été soigné à ses différents paliers, celui qui est malade va immanquablement aboutir chez un vrai médecin, sur une véritable table d'opération, ou chez un véritable guérisseur, avec un véritable problème. Et en fait ce ne sera pas sa maladie qui l'aura emporté là, mais l'infirmité de toute la collectivité qui aura été incapable de lui accorder un peu d'amour, un peu d'écoute, un peu de patience, un peu de psychologie.
Alors bien sûr, vous pouvez me dire : “Mais la vie est devenue tellement compliquée ! Ton discours il est bien beau ! Oui, d'accord, la communication ! Mais moi, quand je rentre le soir, au bout de huit heures de travail avec tous les problèmes que j'ai, avec toute la pression qu'il y a, eh bien je t'assure, je n'ai même pas le courage d'écouter mes propres enfants ! Comment tu veux que j'écoute mon voisin ?”
Bien sûr c'est ce que l'on va te dire, bien sûr c'est ce que tout le monde va penser et surtout ceux qui habitent dans les grandes villes, ceux qui ont des postes à responsabilité. Mais à ce moment-là, je dirais que si malgré tout ça, toute cette tension, toute cette fatigue, cette préoccupation dont tu me parles, si, malgré ça, tu ne prends pas le temps ou pour ta femme ou ton mari ou tes enfants ou ton voisin ou ton ami, c'est non seulement ta femme ou tes enfants ou ton mari ou ton voisin ou ton ami qui sera malade, mais toi aussi un jour ou l'autre. Parce que la vie est une énergie qui circule et qui a besoin d'être donnée pour t'enrichir et te perpétuer vivant.
Et comme la vie c'est la santé et que la santé c'est la communication, s'ouvrir à la vie, s'ouvrir aux autres, sans plus de peur, de résistance, d'a priori ou de complexité, dire un grand Oui absolu à la vie, à l'autre ! Et même si c'est pour prendre des baffes ! Qu'est-ce que cela peut faire ?
Je ne dis pas que, dès demain, il faut aimer tous les gifles, les crocs-en-jambes et coups de pied aux fesses, les catastrophes. Non ! Je ne veux pas renverser - attention ! - dans vos interprétations, de nouveau, le langage et les valeurs. Mais je dis simplement : qu'est-ce que cela peut faire ?
Je vous en supplie ! Dédramatisez un petit peu la vie et vous verrez que vous aurez plus de temps, plus de force, plus d'ardeur pour vous occuper des drames authentiques qui existent.
Égocentrisme
Cet égocentrisme qui habite chaque individu, avant qu'il ne soit suffisamment mûr pour être un être fort et debout, cet égocentrisme-là est une catastrophe !
Son problème c'est le plus gros problème n'est-ce pas ? Son problème c'est le problème du monde. “Moi j'ai mon complexe, alors le monde doit s'arrêter de tourner, la bourse doit s'arrêter de fonctionner, les barils doivent s'arrêter de se distribuer, les voitures de circuler, l'Humanité entière doit suspendre son souffle pour résoudre mon problème !”
C'est exactement ce que les individus attendent.
Et cet égocentrisme-là attention je ne m'en moque pas, je le décris pour vous faire comprendre qu'il existe et de quelle manière il existe, et mon comportement n'est jamais de me moquer de quelque souffrance que ce soit. Simplement comprenez que cet égocentrisme existe et qu'il est là. Et cet égocentrisme est naturel, c'est pour cela que je ne m'en moque pas. Il est naturel parce que il est quelque chose qui habite l'âme lorsqu'elle est encore jeune.
Et vous comprendrez très vite ce que je veux dire lorsque on considère un bébé, un bébé est très égocentrique. Quand il a faim il a faim, il faut lui donner à manger, quand il a froid il faut le couvrir, quand quelque chose ne va pas, ne lui plaît pas il pleure, il lui faut faire cisser la chose qui ne lui convient pas, quand il veut sa maman il faut la lui donner, quand il veut son papa, il faut qu'il soit là. “Ce que je veux, je dois l'avoir et le monde doit me le donner.”
L'enfant a appris un peu mieux à négocier ce qu'il veut et ce qu'il pourra avoir et ce qu'il ne pourra pas. Mais il est encore fortement égocentrique parce qu'il est quand même en train d'exiger. Il exige par exemple l'amour de sa mère, l'amour de son père, la sécurité du monde. “Ce sont mes exigences.”
Vous me direz mais c'est naturel que l'on offre cela à un enfant, bien sûr c'est naturel, mais imaginez un enfant qui s'incarne auprès d'une mère qui n'a pas d'amour, d'un père qui n'est pas là, dans un monde qui est en guerre. Que se passe-t-il ? L'enfant est en déséquilibre complet, c'est la catastrophe, tout chavire dans son esprit. Il exige quelque chose qu'il ne peut pas avoir, parce que c'est impossible ! La mère ne l'aime pas, le père n'est pas là et en plus il y a la guerre. Voilà une catastrophe.
Donc ces exigences que vous me rétorquez à juste raison comme étant naturelles, lorsque la nature ne peut pas les offrir, lorsqu'une société, des parents, un monde, une société ne peut pas les offrir, ces exigences deviennent des trous noirs où ensuite l'enfant va se suicider constamment parce qu'il va se rappeler ce qu'il voulait, ce dont il avait besoin et qu'il n'a pas eu.
Prenez maintenant un être plus développé, prenez un adulte, l'adulte va pouvoir raisonner et il va aussi pouvoir s'assumer. S'il ne trouve pas l'élue de sa vie, l'individu va se dire : “Ce n'est pas grave, j'ai le temps d'attendre et puis il y a mon propre feu intérieur qui me réchauffe. Cela ne fait rien.”
Donc l'amour dont il a besoin n'est plus une exigence. Il se dit je peux attendre, ce n'est pas une nécessité parce qu'il y a de toute façon de l'amour en moi, comme combustible intérieur, qui me réchauffe.
Et ainsi s'il ne rencontre jamais l'élue de son cœur, s'il ne rencontre jamais l'amour, s'il ne rencontre jamais un autre feu, un feu complémentaire, cet individu est parfaitement équilibré et il peut tout assumer dans la vie grâce à cet équilibre.
Et maintenant prenez, à cause de la jeunesse de l'évolution, prenez un adulte qui est cependant encore au stade du bébé ou au stade de l'enfant et vous comprendrez tout de suite le désastre qui existe et qui est si répandu dans la société. Où vous voyez un individu ne plus prendre le temps de manger correctement ou de dormir paisiblement, parce qu'il se trouve sans amour.
Combien de femmes ou combien d'hommes se croient malheureux parce qu'ils n'ont personne à aimer ?
“Je n'ai pas d'amour, je n'ai pas d'amoureux, je n'ai personne qui me fait la cour, je n'ai personne qui m'aime, je n'ai personne à aimer ! Alors forcément je suis malheureux ! Moi je suis dans un grand malheur, parce que je n'ai personne qui m'aime, personne à aimer !”
Même si cet individu a 40 ans ou 60 ans ou 300 ans, du point de vue de la maturité réelle de l'âme, cet individu n'a pas plus que 6 ans ou 12 ans maximum, c'est tout.
Âge de la personnalité
On comprend donc beaucoup mieux le monde, sitôt que l'on identifie plus les personnalités à l'âge, à l'âge que le corps possède.
Lorsque vous avez en face de vous quelqu'un de 60 ans ou de 80 ans, selon les problèmes que la personne vous révèle, essayez d'estimer son âge et vous saurez comment soigner la personne.
Il y a des personnes de 80 ans qui ont des problèmes d'un enfant de 3 mois, d'un enfant de 3 mois qui voulait manger, qui voulait têter, et qui n'a pas pu. Alors le voilà tout vieillard, mais en fait il a toujours 3 mois. Alors quand il est à la cantine de la maison de retraite ou de l'hôpital, ou à table avec sa famille, quand il a décidé que le dimanche il aurait sa crème au chocolat ! Il lui faut sa crème au chocolat ! Il n'y a pas moyen de briser l'habitude. Si on brise l'habitude, c'est une catastrophe. “Quoi ! Je n'ai plus ma crème au chocolat ?”
Lorsque l'on se cristallise en allant vers la vieillesse, on cristallise en même temps tout ce qui remonte de la mémoire. Et on voit à quel point un vieillard est entouré d'habitudes, parce qu'en fait lorsqu'il était petit ou lorsqu'il était un jeune homme, il n'a pas eu satisfaction sur ces points. Un vieillard ne doit pas être pétri d'habitudes, exiger à telle heure ceci, tel jour cela, avoir l'habitude de, avoir l'habitude de ceci, cela. Ce n'est pas parce que l'on est vieux ou parce que l'on entre dans ce que vous appelez le troisième âge, que l'on doit devenir un être d'habitudes.
“Il me faut mon sirop d'orgeat ! Il me faut ma partie de boules ! Il me faut ma partie de cartes ! Il me faut ceci, il me faut cela !”
Les habitudes
Le vieillard s'entourne d'habitudes parce qu'en fait il est à un moment de la vie où la mémoire ressort le disque, tout simplement. Tout ce qui est allé au fond remonte et, inévitablement, ce qu'il n'a pas pu avoir, par exemple quand il était bébé ou enfant, il se débrouille pour l'avoir aujourd'hui.
Bien sûr la psychologie va y mettre de sa magie et faire des projections. Si par exemple lorsqu'il avait 12 ans, l'enfant voulait un jouet extraordinaire à chaque Noël et qu'à chaque Noël il était déçu et qu'il en a conçu quelque chose de particulier à cause de l'attachement qu'il y mettait, lorsque cet individu aura 80 ans et que de sa mémoire va remonter ce petit point, cette insatisfaction, cet attachement, l'individu ne va pas se dire : “Tiens ! Je vais aller m'acheter ma trottinette que je voulais à chaque Noël depuis l'âge de 10 ans jusqu'à l'âge de 15 ans.”
Parce qu'un vieillard est quand même raisonnable de se dire : “Tiens ! Oui, quand j'étais petit je voulais une trottinette mais qu'est ce que j'en ferais maintenant d'une trottinette ?” Il est raisonnable, donc il ne va pas basculer dans la notion telle qu'il la vivait quand il avait tout ça, alors il va transformer l'information, il va se dire : “Quand j'étais petit je voulais ma trottinette mais aujourd'hui ce qui est ma trottinette à moi ce sera ça ou ça !” Alors ce sera ou la partie de cartes ou ce sera revoir Simone ou ce sera faire un artisanat ou ce sera boire du sirop d'orgeat, n'importe quoi. Selon les choix de l'individu, à un moment donné les tendances de l'individu sa trottinette à lui ce sera ce qu'il choisira.
Et c'est pour cela qu'un vieillard paraît un être d'habitudes mais il n'est pas un être d'habitudes, il est soudain la somme de tout ce qu'il espérait avoir et qu'il n'a pas eu.
Vous allez me dire : “Mais est-ce que l'on peut se débarrasser de toutes ces espérances qui ne sont pas comblées ? Parce que la vie ne nous apporte pas tout, ou parce que soi même aussi on n'est pas toujours capable de prendre même ce que la vie nous donne. Des fois on se trompe, des fois on a peur, des fois on est bloqué, ou des fois on doit, plutôt que de choisir son propre confort, choisir le confort de l'autre, le confort de sa famille de ses enfants d'un ami qui nous est cher, et des fois donc l'on doit se sacrifier !”
Comment donc réduire ces espérances pour qu'elles ne deviennent pas des frustrations et que l'on ne devienne pas un vieillard d'habitudes sclérosé avec plein de trottinettes dans la tête ?
Puisqu'il est naturel d'avoir des espérances des désirs, puisque je l'expliquais tout à l'heure, la conscience est en mouvement et elle cherche des sensations, puisque c'est pour elle une façon de perpétuer son mouvement et de se sentir en vie, d'expérimenter le monde et de respirer le grand sentiment qu'est : “Je suis en vie !” Il va donc être naturel puisque l'on est en mouvement et en vie et que ce mouvement cherche des sensations il sera naturel d'avoir des exigences et des espérances. Mais comment faire pour que, même si cela est naturel, que cela ne devienne pas une occasion de suicide de frustration et de vieillesse ?
Tout simplement et encore une fois avec l'énergie de l'amour.
D'accord je voulais ceci ou cela d'accord je ne l'ai pas eu parce que les parents ne l'ont pas donné parce que la société ne m'a pas donné l'occasion de l'avoir ou parce que, même si la vie me l'a offert j'ai dû le sacrifier pour le confort de mes enfants ou de ma femme ou de mon mari ou d'une cause. Et cet amour, qui se veut toujours sacrifice, c'est ça qui peut vous sauver de devenir des êtres frustrés et plus tard remplis d'habitudes et d'avoir plein de trottinettes. On y revient toujours, toujours !
La réponse à l'égocentrisme, puisque tout ceci, toutes ces frustrations, etc., ces complexes, comme je viens de le dire, ces insatisfactions, puisque tout cela est dû à la nature de l'égocentrisme de celui qui est là, qui existe et qui est encore jeune, et qui dit : “je veux !” et à qui l'on doit donner parce qu'il veut. Même s'il est jeune il peut mûrir terriblement en une seconde, sans avoir la douleur d'apprendre comment on mûrit, pourquoi on doit mûrir.
Il peut mûrir très vite, en comprenant et en admettant cette énergie d'amour qui se sacrifie.
“De la vie je veux, par exemple, un joli nez, de belles jambes, des beaux cheveux, une belle voiture et un métier fantastique. Je suis jeune et je veux tout ça !”
Et qu'est ce qui se passe ? Je vieillis un peu et je m'aperçois que mon nez ne devient pas si joli. Et que mes cheveux sont toujours fourchés et qu'il n'arrive donc pas à être beau. Et que finalement je n'ai pas de belles jambes, parce que je n'ai pas grandi comme je le voulais, ou que je n'ai pas fait le sport qu'il fallait, etc. Et que finalement à l'école je n'étais pas vraiment doué, et que donc le métier que je fais c'est un métier comme un autre. Lorsque je m'aperçois de toutes ces insatisfactions, ce qui va me permettre d'être vivant malgré tout, heureux malgré tout, utile malgré tout, et non pas parce que je vais me dire : “Boaf ! Eh bien, il faut que j'accepte mon nez puisqu'il est là. Faut que j'accepte mes jambes puisqu'elles sont là. Faut que j'accepte mon métier puisque je n'ai pas autre chose !” Ce que je vous dis ce n'est pas "accepte !", puisque tu n'as pas d'autres moyens pour vivre, je ne te propose pas d'être un être faible, de baisser les épaules. Pas du tout !
Je te dis simplement : tu as un vilain nez ? Eh bien souris ! Fais sacrifice de ce nez que tu espérais beau et qui est devenu vilain !
Fais sacrifice !
Qu'est-ce que cela veut dire "fait sacrifice" ?
Essaye de me suivre encore quelques temps après je te laisserai partir.
Qu'est-ce que cela veut dire ?
Tu espérais un joli nez, pour toi c'était important pour être heureux, pour être accepté par les autres et pour être content de toi au milieu des autres. Et puis voilà que ton nez ne devient pas beau et même laid. Comment vas-tu faire pour le sacrifier ?
Va vers les autres comme si ton nez était très beau ! Va vers les autres comme si même ton nez n'existait pas ! Et quand tu vas vers les autres, ne remarque pas le nez des autres en te disant : “J'essaye d'oublier le mien, mais je regarde celui de Joséphine mon Dieu qu'il est beau et que j'aurais aimé l'avoir ! Mais je regarde le nez de Paul et mon Dieu qu'il est beau et que j'aurais aimé l'avoir ! Que tu es dur Seigneur de me montrer que les autres ont ce que moi je ne pourrai jamais avoir ! Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter cela ?”
Et ainsi commence la culpabilité, le don du martyr.
Mon Dieu que l'Humanité a ce don là ! Il faut toujours qu'elle se martyrise ! Pas étonnant donc qu'elle martyrise les prophètes, elle se martyrise elle-même !
Pourquoi chercher ce que la nature ou Dieu a contre toi à partir du moment où la Nature ne t'a pas donné ce que tu voulais ? C'est un fait, c'est tout !
Une rivière coule parce qu'une source est née et qu'elle a grandi, tout simplement ! Ton nez il existe et il est comme il est parce qu'il te vient de ton père et de ta mère, et que eux-mêmes le possédaient de leur père et de leur mère et que eux-mêmes le possédaient de leurs ancêtres, etc. C'est comme une source qui est née et qui coule.
Ne cherche pas pourquoi la Nature ne t'a pas fait beau ou belle ? Pourquoi Dieu ne t'a pas fait beau ou belle ?
Sais-tu seulement ce qu'est la beauté ? Hein ? Réponds-moi ! Sais-tu seulement ce qu'est cette beauté pour que tu la réclames avec ton insistance ? Qu'est-ce que c'est d'avoir un joli nez ? Qu'est-ce que cela représente ?
La Beauté
C'est pour toi une façon de te sentir bien dans ta peau. C'est ce que tu vas me dire !
Tu es menteur quand tu me dis cela ! Tu devrais rougir, tu devrais avoir honte ! Ce n'est pas vrai !
Parce que lorsque tu es dans ta chambre, que personne ne te voit, tu te sens très bien avec toi-même à partir du moment où tu as eu de bonnes notes à l'école ou à partir du moment où tu t'es bien comporté, où tu as eu satisfaction dans ta profession. Donc ton nez n'y est pour rien à ce moment-là !
Quand tu es en train de regarder un spectacle et que ce spectacle te rend heureux ou heureuse, tu ne penses pas à ton nez, tu n'es pas en train de te dire : “Tiens je suis très content mais à cause de mon nez il faut que je sois moins content, parce qu'il me rend malheureuse ou malheureux !” Comme lorsque tu es face à un être qui t'aime, cela te rend heureux, tu ne te dis pas : “Non ! Il ne faut pas que je sois si complètement heureux ! Il faut que je me rappelle que mon nez il est là et qu'il me rend malheureux !”
Donc ce n'est pas une façon de te sentir bien avec toi-même. Si tu l'interprètes comme ça, c'est que tu es fort aveugle, que tu aimes te mentir et que tant que tu te mentiras, tu ne trouveras donc pas le moyen d'être beau véritablement.
Le seul moyen d'être beau c'est d'être réel, honnête avec soi-même.
Sais-tu pourquoi tu tiens à avoir un joli nez ?
C'est juste pour impressionner les autres, uniquement cela. Et je te l'assure, je suis fin psychologue, ne va pas me dire que c'est mon interprétation et que toi tu en as une autre. Il est peu de choses que j'impose et ça je te l'impose !
Ce n'est pas pour toi que tu veux un beau nez, c'est pour impressionner les autres. Uniquement.
Parce que les autres n'auront pas forcément un beau nez non plus. Alors toi, qui vas arriver avec ton joli nez, au milieu de tous ces gens qui se trouvent le nez trop gros, trop gros chute, trop petit, trop ceci, trop cela, tu auras un pouvoir, le pouvoir du beau nez. Le pouvoir d'être là au milieu des hommes et d'être bien à cause de ton nez qui fera que les autres te sentiront comme supérieur !
En fait c'est un jeu de pouvoir.
Jeu de pouvoir
Je veux un beau corps, une belle intelligence ! Non pas parce que je me sentirais bien en étant beau plutôt que laid et bête, mais simplement parce que la relation avec l'autre est toujours une relation de pouvoir, du moins tant que je suis dans l'illusion. Donc pour me sentir à niveau égal dans ce rapport de force, il va falloir que j'utilise des repères extérieurs. Et ça ce sont des motivations issues directement du monde animal.
Pour faire peur à un prédateur, dans le monde animal, on verra souvent la proie, soit changer de couleur, soit sortir un cri, soit sortir une odeur, un parfum spécifique, soit créer un poison, mais il y aura toujours un signe extérieur visible ou sensible, dans le cas du poison, qui va faire que l'autre va ressentir la relation de pouvoir.
“Tiens ! Je ne peux décidément pas manger mon petit poisson aussi facilement que ce que je pensais. Il va falloir que je ruse !” C'est ainsi que le prédateur essaye d'aller plus profondément dans la ruse, malgré les signaux de la proie pour l'en dissuader.
Lorsque donc nous nous retrouvons au milieu des humains et que nous considérons la relation comme étant avant tout cet arc de pouvoir, il est facile de comprendre pourquoi tout le monde veut être beau et intelligent. Ce sera une façon de créer des signes extérieurs pour dire : “Attention, c'est moi le plus fort ! Je suis fort par ma beauté, je suis fort par mon intelligence !”
[...] s'aligner les différences de pouvoir et les différences d'obéissance, et tout ceci est un monde d'illusions.
Parce que tant que l'on conçoit la relation comme un pouvoir, si on ne l'a pas ce pouvoir, par ce signe extérieur, qu'est la brillance ou la beauté, la grandeur, on va se croire dans le camp de ceux qui doivent obéir, supporter, subir ! Et quelquefois on va même créer le camp des révoltés !
“Tiens ! Je sais que c'est celui qui est intelligent qui est le plus fort. Moi je suis bête, c'est pas de chance pour moi mais c'est pas pour autant que je vais obéir, alors je me révolte !”
Et c'est comme cela que l'on voit le monde être bien partagé en trois camps.
Ceux qui apparemment inspirent le pouvoir, imposent le pouvoir, par quelques signes extérieurs que ce soit, que ce soit les canons ou leur intelligence ou leur argent.
Ceux qui vont obéir à ces signes extérieurs, parce qu'ils vont se croire tout bonnement dépourvus de ces mêmes signes.
Et ceux qui vont refuser le système et se dire : ce n'est pas parce que je ne possède pas ces signes extérieurs que je dois m'asseoir et obéir !
Et c'est lorsqu'on est passé en fait par le troisième comportement, celui de la révolte, que l'on devient un être véritablement intelligent.
La Révolte
Ce qui ne veut pas dire que j'estime tous les révoltés, les anarchistes et les margiaux, tous ceux qui envoient tout système par la fenêtre.
Il y a une Révolte, qui est une Révolte de l'intelligence face à un rêve.
Et il y a la révolte de ceux qui refusent tout simplement de rêver avec les autres, parce que c'est un rêve qui ne leur plaît pas. Alors ils se font leurs propres rêves, comme la plupart des anarchistes et des margiaux. “Je ne veux pas du vôtre, je me fais le mien !”
Je parle d'une Révolte qui est une attitude philosophique extrême.
Je refuse tous les rêves, tous les compromis, tous les jeux de pouvoir, tous les jeux d'images, parce que je veux la Réalité, et non pas parce que je cherche un autre rêve, celui qui me convient.
Le Révolté, tel que je viens de le décrire, le Révolté est un être proche de la Réalité.
Le Révolté est un être proche de la Réalité.
Il renvoie toutes les images, il ne les prend plus comme étant des codes. Des codes donc qui vont fixer en lui des frustrations, des complexes, ou des vanités, des supériorités, des bonheurs.
Fini ce jeu où l'on fixe des points noirs ou des points blancs ! Celui qui a le maximum de points noirs, c'est dommage pour lui ! Il n'a gagné que le malheur. Celui qui a fixé un maximum de points blancs, tant mieux pour lui, bingo, il a gagné le bonheur ! Fini ce jeu, cette loterie !
Je ne suis plus celui qui va payer, c'est terminé ! Il n'y a plus de points blancs, plus de points noirs. Il y a une bonne fois pour toutes, je le sais, le Vrai et le faux. Alors je vais m'attacher à toujours, comme il faut, les séparer.
J'ai un nez crochu, eh bien quoi ? Ça t'embête ? Moi je respire quand même avec ! Si toi ça t'embête, c'est pas toi qui respires avec ! Alors pourquoi tu m'en parle ? Qu'est-ce que ça peut te faire ? J'ai les seins qui tombent, qu'est-ce que ça peut te faire ? C'est pas toi qui tètes, non ?
Le Rire
Essayez d'être aussi réaliste. Et en étant à ce point réaliste, rappelez-vous que cela vous a fait rire.
Et au moment où vous avez ri, rappelez-vous que vous avez découvert la plus grande médecine. Vous avez découvert le pouvoir de dédramatiser la vie, de dédramatiser des drames qui en fait n'existent pas. Ou si peu.
Maintenant vous êtes libéré de vos propres drames !
Alors vous pouvez vous occuper, si vous en avez un, de votre vrai drame, votre vraie maladie, votre vrai problème. Et si vous n'en avez pas, vous pouvez vous occuper des vrais drames de la Terre, de ceux qui ont faim, de ceux qui ont froid, de ceux qui sont captifs, prisonniers, de ces autres drames illusoires. Vous pouvez enfin servir à quelque chose !
Et vous pouvez servir à quelque chose parce que - enfin ! - vous aurez obtenu le vrai pouvoir : celui de dédramatiser la vie. En vous jouant de ces illusions, tout simplement, en décodant les fausses images, en oubliant le faux langage.
Un corps est fonctionnel. Il doit avoir des jambes, une tête, des bras, des sens. Et tout cela doit être fonctionnel. Si en plus le nez vous plaît, c'est très bien. Mais s'il n'est pas à votre goût, contentez-vous de respirer avec. Et vous verrez que, si vous n'êtes que conscient de la vie qu'il vous permet d'entretenir, vous allez être heureux de votre nez, quel qu'il soit.
Vous allez lui dire : “Ah mais tu marches bien ! Grâce à toi je respire et je respire un air qui transporte ma vie partout ! Mon Dieu que je suis content que tu existes et que tu ne sois pas né bouché ! Parce que là ce serait le plus grand drame ! Un drame plus grand que s'il était crochu, un nez bouché, à quoi cela sert ?”
Dédramatisez, donc. Mais pour dédramatiser, il faut que vous soyez bien conscients, soit par la souffrance que vous avez pu éprouver, soit parce que d'un seul coup votre intelligence le comprend. Il faut que vous soyez conscient que vous jouez avec les images un jeu de pouvoir et qu'en fait la vie ce n'est ni un jeu d'image, ni un jeu de pouvoir.
C'est peut-être le problème du paon qui fait la roue, d'accord ! Mais vous n'êtes pas nés paons, vous êtes nés Paul, ou Jacques, ou Josette, mais vous n'avez pas de queue pour faire la roue ! Alors, certains veulent continuer à faire la roue avec quelque chose, avec les cheveux, avec les cuisses, avec la cambure des reins, avec les formules mathématiques, avec l'intellect, ou avec un don paranormal, avec la clairvoyance, ou avec quoi que ce soit d'autre ! On fait la roue, tout le temps, tout le temps, on fait la roue, la roue...
La roue
Mais une roue ça tourne, n'oubliez pas !
Moi je veux bien que vous fassiez la roue. Si vous n'avez pas envie de vivre la vie que je vous décris, vous avez le droit de poursuivre la vôtre et de faire des roues sans arrêt, bien sûr ! Mais alors je vous préviens, une roue ça tourne, et ça ne tourne pas forcément pour que vous soyez toujours contents !
Donc, si vous faites la roue, immanquablement un jour vous allez être contents, et le lendemain vous allez être mécontents. Si vous acceptez le fait de pouvoir être mécontents demain et de ne pas en faire un désastre, alors faites la roue aujourd'hui pour être très contents. Oui ! Mais le problème c'est que vous allez être tellement attachés au bonheur que vous donne le fait de faire la roue aujourd'hui, que vous n'allez pas du tout accepter le malheur que demain l'autre roue va vous apporter. Et c'est là où vous en faites des drames, des catastrophes, où vous cassez tout !
Si vous étiez simplement capable de recevoir autant le malheur que le bonheur, il n'y aurait pas de problème, et le mot détachement n'aurait aucun sens. Cependant, cependant, on s'attache beaucoup plus au bonheur qu'au malheur, et donc on le réclame. C'est une drogue et c'est normal, il rend content.
L'image de soi
Et c'est à ce moment-là où alors il faut comprendre un autre aspect de la vie, un autre visage. Découvrir une autre saveur du Bonheur, et qui n'a plus rien à voir avec le fait que j'impressionne mes amis, j'impressionne mes collègues de travail, j'impressionne ma femme ou mon mari, j'impressionne mes enfants, je suis quelqu'un parce que j'ai un statut, parce que j'ai une personnalité, parce que je suis ! Parce que je suis savant, ou guérisseur, ou clairvoyant, ou grand ceci ou grand cela !
Et le jour où je ne suis plus ces choses, le jour où je suis ruiné, le jour où je ne découvre pas finalement ce que je cherchais dans mon laboratoire, le jour où mes enfants me crachent la figure, ou me disent “papa, t'es ringard”, “maman, t'es gâteau”, qu'est-ce qui se passe ? Je ne suis plus rien ! Et c'est la catastrophe !
Tout cela parce que j'aurais bâti mon bonheur sur le fait que je suis, sur le fait d'être, d'être, d'être quoi ? D'être une image ! D'être la mère adorée de mes enfants, ou le père adoré de mes enfants, ou le chef de secteur très respecté dans mon travail, ou le savant très adulé par le monde entier ! Et le jour où tous ces gens ne jouent plus votre jeu, où donc tous ces gens ne respectent plus votre image, n'alimentent plus votre image, vous n'avez donc plus l'occasion d'être. Et c'est là que tout s'écroule.
“Je ne suis plus riche, je ne suis plus un bon père, je ne suis plus une bonne mère, je ne suis plus un grand savant... Je suis un crétin ! Voilà !” Alors un crétin ça se flingue. Et on prend un revolver, et on dit adieu à la vie. C'est ce que certains choisissent de faire. Mais ce n'est pas parce que d'un seul coup ils étaient si malheureux qu'ils ne pouvaient plus vivre, c'est parce que d'un seul coup, ils ne vivaient plus. Ils n'étaient pas encore morts que déjà ils ne vivaient plus, alors mourir vraiment, ce n'était qu'une suite naturelle.
Ils n'étaient pas encore morts que déjà ils ne vivaient plus.
Lorsque l'on est prisonnier à ce point de l'image, c'est ce qui arrive. Certains se suicident, d'autres pas. Mais ils suicident les autres. Ils suicident les autres en devenant des êtres d'enfer, en persécutant la femme, ou en persécutant le mari, ou les amis, ou les collègues au travail, ou tous ceux qu'ils doivent diriger, commander au travail.
Ils sont infernaux aussi auprès des enfants, deviennent des dictateurs, ne pardonnent rien, ne tolèrent rien, imposent tout !
Ils suicident les autres !
Nous ne recommandons pas le suicide, mais je dirais que entre suicider les autres en grand nombre, et se suicider soi-même tout seul, nous préférons celui qui ne se porte préjudice qu'à lui-même. Ce qui ne veut pas dire que c'est une voie que l'on lui ouvre ! Bien sûr, comprenez mon langage !
Cependant, lorsque l'on est prisonnier des images, on va ou se tuer, ou tuer les autres.
Et après on viendra me demander pourquoi il y a des complexes, pourquoi les parents ne savent pas élever les enfants, pourquoi le professeur à l'école ne sait pas être un bon professeur, pourquoi est-ce que le directeur dans l'entreprise ne sait pas être un bon directeur, pourquoi est-ce que monsieur le président ne sait pas être un bon président, et pourquoi est-ce qu'un général d'un seul coup déclare la guerre ou envahit un pays ?
On viendra me demander tout ça !
Alors que j'aurais tout expliqué déjà mille fois.
Le jeu des images.
Et dans le jeu des images il y a celui qui impose son image, mais il y a aussi tous ceux qui croient, et qui y participent, et qui alimentent ! Alors s'il y en a qui sont encore assez fous pour se croire ceci, se croire cela, dites-vous : c'est leur problème ! Mais vous, n'alimentez plus leur image !
Et surtout, n'alimentez plus la vôtre, et ne cherchez plus à ce que la vôtre soit alimentée.
Existez, tout simplement !
Existez !
Exister
Comment est-ce que je vais être suffisamment libéré des autres, libéré de l'image, du système de réflexions, pour que je puisse exister à moi tout seul, comme un être dans la multitude qui se trouve différent, comme un lys blanc au milieu des lys mauves ? Comment est-ce que cela va pouvoir exister ?
Je viens de te l'expliquer abondamment.
Tu vas exister le jour où tu auras compris que le monde a une face d'Illusion, et une face de Réalité.
Si tu es dans la face d'Illusion, tu seras prisonnier des images, des jeux de pouvoir, des interprétations, et tu seras complexé, meurtri, tué, et tu tueras les autres.
Et si tu choisis la face de Vérité, alors en toi naît un grand renoncement, qui n'a rien à voir avec le renoncement dont te parlent tant les religieux, et qui est vrai mais qui est faux en même temps. Parce que l'on te dit : “renonce à la gourmandise, renonce au sexe, renonce à la gloire, renonce à ceci, renonce à cela !” Lorsque tu as fini la liste, tu t'aperçois que tu n'as plus finalement d'énergie pour entamer le premier renoncement de la liste ! Tu es déjà désespéré, vidé ! “Tout ça à renoncer ?! Vite ! Il faut que je retourne au bar, prendre un peu de forces, et voilà que je bois, et voilà que je fume, et voilà que je repars dans ma vie.”
Pas étonnant ! Un tel langage ne peut que me désespérer.
Qu'est-ce que donc le renoncement véritable ?
Le Renoncement
Un Renoncement qui, en étant connu et conçu en vérité, me permet d'accéder à tous les autres renoncements, parce que d'un seul coup, tous les autres renoncements ne sont plus des renoncements, plus des choses auxquelles je dois renoncer. Simplement, je m'aperçois que ce sont des illusions vis-à-vis desquelles je ne suis plus piégé.
Alors renoncer au sexe, à l'alcool, à l'orgueil, à la vanité, à l'argent, cela n'est plus un renoncement que je dois effectuer. C'est tout simplement quelque chose qui n'a plus de réalité pour moi, parce que j'aurais commis le seul, le vrai Renoncement, celui qui me permet de me libérer donc de toutes ces autres illusions, ou d'accomplir tous les autres renoncements.
Comprendre, une bonne fois pour toutes, qu'il y a un monde d'Illusion et un monde de Réalité, savoir faire la différence entre le Vrai et le faux, et à chaque occasion établir cette vision, cette vraie vision. C'est ainsi que vous allez connaître le grand Renoncement, c'est-à-dire le renoncement à la grande illusion du monde. Et quelle est cette grande illusion du monde ? C'est l'image !
Si tôt que je renonce à moi, à mon image, ou à ce que vous allez appeler l'ego-inférieur par exemple, appelez cela comme vous voudrez, si tôt que je renonce à moi, à mon petit moi-moi-moi-moi-moi, si tôt que je renonce à lui, je renonce à l'image, je renonce à l'illusion du monde. Ce qui fait que tous les autres petits points d'attachement ne sont plus des points d'attachement.
Et c'est à ce moment-là que tout connaît une résurrection, tout connaît l'infiltration de la pureté.
La Pureté
“Tiens ! Le sexe soudain n'est plus un attachement, plus une illusion, mais je suis dans un corps et j'aime une femme ou j'aime un homme. Et c'est donc avec pureté que je vais connaître la fusion entre nos corps et nos cœurs.”
Le fait va rester, il y a fusion de la chair et des cœurs, mais il n'y a plus attachement. L'être aimé peut partir loin de moi pendant trois mois, pendant trois ans, pendant trois mille ans, ce n'est pas pour autant que je vais aller vers quelqu'un d'autre sous prétexte que mon sexe a chaud et qu'il faut que je le libère de cette chaleur. Et ensuite, lorsque l'être aimé reviendra, je lui dirai : “Tu sais, il n'y a que toi que j'aime, mais j'avais tellement envie, alors il a fallu que j'aille quand même voir des filles ou voir des garçons.”
Lorsque l'on renonce à soi, c'est-à-dire à l'égo, c'est-à-dire à l'image de soi, on se permet l'accès à la pureté. Et par cette pureté, on se permet d'exercer tout ce que la Terre permet d'exercer, sans qu'il n'y ait plus aucun attachement, aucun piège spirituel.
Sitôt que je redécouvre la pureté, je peux exercer tout ce qui existe !
Plus rien ne représente un avilissement, un péché ou une prison, et même le sexe devient pur à ce moment-là.
Et j'en veux pour preuve le fait que ceux que vous appelez les Messies et qui viennent dans le monde sont engendrés exactement comme vous avez été engendrés. Et on les dit cependant d'être de conception immaculée. Qu'est-ce que ça veut dire ?
Est-ce que ça veut dire que vraiment il s'est passé quelque chose de magique et que, tiens, un petit ange a matérialisé un petit sperme pour qu'il aille à la rencontre du petit œuf qui est dans le petit ventre de la Vierge Marie. Est-ce que vous allez croire franchement qu'un ange va se fatiguer à cela ?
Est-il rationnel, est-il plausible, est-il sage qu'un ange se fatigue à créer un petit sperme ? D'autant plus que si c'est lui qui le fabrique, il n'aura rien de véritablement humain !
Ne vaut-il pas mieux que ce soit bien un homme et une femme de cette Terre ? Ne vaut-il pas mieux que ce soit véritablement des êtres humains qui mettent au monde ce que vous allez appeler un Messie ? Est-ce que ce n'est pas beaucoup plus beau, est-ce que ce n'est pas beaucoup plus grand, est-ce que ce n'est pas beaucoup plus transcendant, extraordinaire et divin ?
Oui, c'est beaucoup plus beau et beaucoup plus transcendant : ils sont un homme et une femme, mais ils sont purs. et parce qu'ils sont purs, ils mettent au monde un Messie.
C'est bien la preuve par là que Dieu et l'homme peuvent se rencontrer !
Non seulement parce que le Messie est envoyé, mais parce que le Messie est envoyé en passant par des corps qui sont des êtres humains. Marie et Joseph en l'occurrence, mais il y en a bien d'autres.
On veut toujours mettre du merveilleux là où il n'y en a pas et à cause de cela, on repousse Dieu très loin dans les limites de l'impossible et de l'inaccessible.
“Il y a eu l'incarnation du Christ, oui d'accord, mais c'était par la Vierge Marie et la Vierge Marie n'a eu qu'une et j'en veux pour preuve qu'elle n'a pas connu d'homme et que c'est une immaculée conception !”
Mais comment voulez-vous que toutes les femmes enceintes puissent se sentir capables d'engendrer des esprits purs, des Messies, des prophètes ou tout simplement des hommes et des femmes heureux, si déjà on met la barrière très haut ?
“Marie n'était pas comme tout le monde ! Parce que c'est un ange qui l'a encemmencé ! C'est un ange qui a transporté l'étincelle de l'Esprit, qui la déposée dans son ventre !”
Cela ne correspond à rien, ni à personne !
“Alors si Marie est si différente tant mieux pour elle ! Mais moi, l'ange n'est pas venu ! Alors je ne suis qu'un être humain et puisque je ne suis qu'un être humain, donc un pauvre diable, eh bien je vais faire tous les malheurs, parce que je suis seul et que Dieu m'a abandonné et qu'il ne vient pas me chercher et qui me laisse être ce pauvre diable !”
Et voilà que l'on tombe dans la crise de l'enfance. Lorsqu'un enfant se trouve ou se sent abandonné par ses parents qui sont toujours de gauche et de droite dans des spectacles ou à cause de leur profession, l'enfant devient infernal. Il fait toutes les bêtises possibles. Pourquoi ?
Parce qu'il crève d'être seul, il crève de ne pas avoir des parents accessibles et présents, alors il devient le démon ! Et pour les hommes c'est la même chose, parce que beaucoup d'hommes de 60 ans n'ont en fait que 6 ans ! Et vont donc faire les mêmes erreurs et les mêmes caprices, et vont taper du pied de la même manière, et vont avoir les mêmes détresses.
Si par contre je comprends - parce que c'est la Vérité, ce n'est pas une prouesse dialectique que je vous envoie pour que d'un seul coup, comprenant les choses autrement, cela change votre vie, quelle que soit la vérité, non, c'est la vérité, vous pouvez la refuser bien sûr, mais c'est la Vérité :
Marie, c'est accessible à toutes les femmes, Joseph, c'est accessible pour tous les hommes, le Christ, on peut l'engendrer, qui que l'on soit, il y aura mille manières mais ce sera toujours le même Christ.
Marie c'est donc quelque chose que je peux être, parce que ce n'est pas un ange qui lui a apporté l'Esprit, c'est elle qui a compris, qui s'est élevée au delà de la grande illusion du monde et qui a renoncé à sa propre image, en disant : “Que ta volonté soit faite Seigneur et non la mienne !”
La Volonté
Quelle est votre volonté ?
Pour comprendre pourquoi cette parole de Marie est primordiale, pourquoi elle peut vous sauver, sauver votre âme comme vous dites vous même si longuement - bien que cela nous rabaisse les oreilles sans arrêt. Qu'est ce que cela veut dire cette phrase de Marie : “Que ta volonté soit faite et non la mienne ?”
Qu'est ce que c'est que votre volonté ?
Réfléchissez deux minutes avant que je vous délivre le paquet.
Ta volonté c'est quoi ?
Ta volonté à toi, c'est la volonté de ton image, c'est la volonté de vouloir un beau corps, un beau mari, une belle femme, des enfants intelligents, une position richissime, un intellect brillant c'est ça ta volonté, c'est la volonté de ton image.
Cependant Marie, elle a dit autre chose. Elle a dit : “Que ta volonté soit faite Seigneur et non la mienne.”
Elle disait donc à l'Esprit, à l'Esprit Saint qui est en elle et qui l'habite en tant que Dieu, comme au Dieu qui est le Père des hommes, elle lui disait donc : je renonce à mon image pour servir ta Réalité.
Il se trouvait qu'à ce moment-là, pour Marie, servir la Réalité c'était porter Jésus.
Mais tout le monde doit porter Jésus ! Tout le monde doit porter le Christ ou porter Bouddha ! Mettez qui vous voudrez, peu importe !
Tout le monde doit porter la Lumière, l'âme ressuscitée, c'est cela que symbolise le Christ.
Le Christ
Ce qui fait qu'à n'importe quel moment vous pouvez dire : “Que ta volonté soit faite Seigneur et non la mienne. Je choisis ta Réalité Seigneur et non la mienne, celle faite de choses superficielles, artificielles, illusoires, qui n'enjambent que la mort, même si elles existent pour moi un certain temps, elles n'ont pas d'existence réelle.”
Et tout le monde peut être Joseph. Parce que Joseph, homme, c'est lui qui a permis à Marie d'engendrer Jésus. C'est lui qui a protégé Marie et Jésus. C'est lui qui a choisi les chemins où l'on devait marcher pour aller protéger l'enfant et la femme. Chacun peut se sentir ou Marie ou Joseph, selon que l'on est femme ou homme. Mais je dirais que ce qui serait encore mieux et d'une conception encore plus aiguë, c'est que chacun se sente et Marie et Joseph en même temps.
Parce que de la même manière que je vous ai parlé des illusions, il faut aussi enlever l'illusion d'être homme et femme et de s'apercevoir que l'on est en fait androgyme, quel que soit l'équipement fonctionnel du corps. Chacun a en soi une énergie féminine et une énergie masculine, l'énergie de Marie et l'énergie de Joseph.
Et c'est pour cela que chacun peut enfanter le Christ à chaque instant ou l'âme ressuscitée si vous préférez. Parce que chacun porte et Marie et Joseph.
Qu'allons-nous faire avec des Maries et des Josephs qui sont devenus d'un seul coup des concepts très abstraits ?
Eh bien avec mon énergie Marie, je vais aimer le monde, je vais le soulager, le comprendre, avoir de la compassion, de la tolérance, être toujours au Service du monde, comme a su le dire Marie.
Et avec l'énergie Joseph qui est en moi, je vais être le protecteur, le directeur, le concepteur, la raison en quelque sorte et la Justice.
À ce moment-là, en ayant levé en moi ces deux parents et en étant, à moi seul, ce couple magnifique, je vais engendrer ma propre âme. Et c'est là que le Christ naît.
Mais il ne naît pas simplement comme cela, comme il est né il y a 2000 ans, dans une étable, dans un endroit de Palestine, cette fois il est en train de naître en moi, à l'intérieur. Il est moi. Il est d'ailleurs ce que je dois être véritablement. Mais il y a en même temps que je suis ses parents, il n'y a donc que moi qui puisse l'enfanter. Et en même temps qu'il n'y a que moi qui puisse l'enfanter, il n'y a que moi qui soit destiné à être ce qui est enfanté : le Christ. Ou l'âme ressuscitée, ce qui pour nous est la même chose.
L'âme ressuscitée, c'est quoi ?
L'Esprit sorti de la grande Illusion.
L'Esprit sorti de ce jeu d'images.
L'Esprit sorti de la grossièreté donc de la Matière et de ses identifications.
Je suis Joseph et je suis Marie dans le but de devenir le Christ.
Et l'on retrouve ainsi en moi la Trinité : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Les parents de l'enfant qui est à naître.
Vous allez me dire : “C'est peut-être beau, ça décoiffe complètement tout ce qui est dans le cerveau, ça fait souffler un vent frais qui réconforte et réconcilie. Mais pourquoi ?”
Voilà une grande question.
Pourquoi est-ce que l'homme doit être Joseph, Marie, afin d'engendrer le Christ à l'intérieur ?
Je pourrais prendre mille ans pour vous l'expliquer dans tous les détails, mais je peux aussi vous le réduire en quelques mots puisqu'il faut bien que l'on se sépare, puisque je vais vous quitter.
Comme je l'ai déjà expliqué mais je le redis pour vous et pour conclure ce discours.
Dieu n'est pas simplement ce Père des hommes immense. Dieu n'est pas simplement cette entité superbe ou cette Lumière indéfinissable ou ce néant, même, comme disent certains. Dieu c'est aussi une existence et une existence qui se renouvelle, qui se régénère.
On ne comprendra pas le mystère de l'homme, le mystère de la vie et le mystère de Dieu sans bien avoir à l'esprit deux notions résumées par deux mots qui fracassent la logique : l'existence et la non-existence.
L'Existence et la Non-Existence
Tiens, qu'est-ce que c'est ?
Si vous êtes un peu familier avec certaines philosophies orientales, vous aurez déjà rencontré les termes de non-existence, du vide, ou du Tao.
Ce qui veut dire que la nature Divine, dans son extrême, est quelque chose d'inidentifiable, d'indéfinissable. Mais que, tout indéfinissable que cela soit, cette nature Divine comporte aussi une nature définissable, donc une existence.
Cette existence, c'est celle qui s'engendre dans le monde, c'est celle qui s'engendre dans la Création, c'est celle qui s'engendre dans tous les règnes et qui s'engendre aussi dans l'Homme.
Et pour lui redonner sa nature indéfinissable, il faut que l'Homme comprenne certaines données, certaines particularités, certaines pièges, afin de ne pas y tomber. Et ainsi, il est l'endroit où apparemment l'irréconciliable est réconcilié, où le paradoxe fait synthèse.
L'existence et la non-existence ensemble, ici et maintenant, dans un homme. Un homme qui est capable de dire : “Je suis Dieu. Je suis ce non-existent. Et je sais ce dont je parle parce que, lorsque je médite, je bascule dans cet indéfini. Et en même temps, j'existe parce que je m'exprime, parce que je suis là, parce que je ressens la vie et que je la chéris et que je la perpétue.”
La condition humaine est l'endroit d'un drame, parce que c'est l'endroit où, apparemment, dans un premier temps, l'irréconciliable semble vraiment ne pas pouvoir se réconcilier. Mais dans un deuxième temps, lorsque l'on se trouve au-dessus de toutes les illusions dont je vous ai parlé, lorsque l'on se trouve donc libéré de ce que l'on vous dira aussi comme s'appelant la dualité. Lorsque vous en serez sorti, par maintes compréhensions ou par maintes souffrance si vous n'arrivez pas à me croire, eh bien vous aboutirez à réconcilier ce qui apparemment est irréconciliable.
Et c'est là, pour vous, non seulement l'endroit de la plus grande existence, mais aussi de la non-existence, l'endroit du plus grand Bonheur, et d'un état où être heureux ce n'est pas cela qui compte, ce n'est pas cela même que l'on ressent, puisque tout simplement, on existe.
L'homme est donc prisonnier d'un drame parce qu'il est composé de deux aspects apparemment complètement opposés. Sa logique se fracasse dans ce champ.
“Je ne peux pas concilier l'existence et la non-existence !”
C'est pour cela que le disciple qui commence un peu à lire certains livres édifiants de philosophie, a l'impression qu'il doit mourir, mourir à tout, mourir même à lui-même ! Alors il a beau se construire des exemples : “mourir comme Jésus sur la croix, parce que c'est faire mourir la Matière sur la croix, mais en fait l'esprit renaît...” Il a beau s'inventer des tas d'histoires, cette mort, ça l'agace, ça le préoccupe ! C'est quelque chose qui n'avale pas, il ne comprend pas.
Mais tu n'as rien à faire mourir, où que ce soit ! Ou s'il existe une mort, c'est la mort de la bêtise, la mort de la dualité, c'est tout ! Maintenant que tu appelles cela monter sur la croix, mourir à ceci, mourir à cela, c'est ton problème, tes interprétations, ta folie, ton histoire, mais ce n'est pas la mienne !
La mienne, vois-tu, celle que je te raconte, c'est simplement mourir à l'Illusion, c'est tout !
Et ainsi, ce qui te paraît être séparé devient une Unité, qui n'est plus un mystère !
“Tiens, mon intelligence grandit, alors je sais comment faire un pont entre l'existence et la non-existence. Je sais comment, par exemple, être toujours dans un état de méditation alors que je me bats sur un ring de boxe, ou que je tape à la machine, ou que j'élève mes enfants.” Bien sûr, c'est ce que tu inventeras pour essayer de survivre.
Et moi, je ne te propose pas simplement de survivre, je te propose d'être en vie, d'être vivant !
Je ne te propose pas simplement de survivre, je te propose d'être en vie, d'être vivant !
Et pour cela, il faut que tu me suives un petit peu et que tu comprennes absolument le point géant sur lequel je veux mettre ton doigt et ton esprit et t'y enfoncer le nez, même jusqu'à ce qu'il s'écrase !
Réfléchis au mot Illusion !
Réfléchis aux mots Vrai et Faux !
Médite ces concepts.
Et chaque fois que tu as l'occasion de choisir, choisis ce qui est Vrai, même s'il s'agit simplement de choisir des idées.
Bien sûr, s'il y a face à toi quelqu'un qui a de l'argent, qui a des biens et quelqu'un qui n'en a pas, si toi tu as quelques économies, il est facile de concevoir que tu vas aller donner à celui qui n'a pas de biens. Je ne te parle pas simplement du monde des actes, je te parle aussi du monde des idées. Comme ton nez tout à l'heure, comme tes jambes, comme ton intellect, comme ta position sociale, comme la grosseur de ton sexe qui fait ou non plaisir aux filles, ou à ta façon de faire l'amour si tu es une fille et qui fait plaisir aux garçons !
Même dans le monde des idées, choisis toujours l'idée qui est, sinon l'idée de Vérité, du moins l'idée la plus vraie. Car c'est en allant vers des idées qui sont toujours de plus en plus vraies que tu aboutis un jour à la Vérité.
Il est vrai qu'on ne peut pas, d'un seul coup, découvrir la Vérité, mais on peut, chaque jour, choisir toujours un peu plus de vérité, ou un peu moins de mensonge, si tu préfères !
Donc toi qui es là ce soir pour m'écouter, qui es-tu pour moi ?
Pour moi, tu n'es pas simplement un homme qui est venu apprendre une belle leçon, ou qui est venu écouter un beau discours, mi-culturel, mi-spirituel, ou qui est venu simplement passer un quart d'heure pour voir ce qui se passait. Pour moi, tu es à l'état de germe, le Dieu que j'aime et que je sers, et que je connais, à l'état pleinement épanoui dans le Ciel.
Dieu
C'est ce même Dieu en haut et en bas, que je sers en haut comme en bas, qui existe en haut comme en bas, mais qui en haut se connaît et qui en bas ne se connaît pas. Et c'est parce qu'il ne se connaît pas qu'il souffre, et c'est parce qu'il souffre que je suis là.
Je suis là, moi, mais aussi de nombreux autres.
Tu n'es pas seul, toi le Dieu qui est en peine, tu n'es pas seul !
Mais pour que tu t'aperçoives que tu n'es pas seul, il faut que tu fasses un petit pas, un tout petit pas, très léger. Mais il faut que tu le fasses quand même, parce que je ne peux pas venir t'aider en te forçant à accepter mon aide, notre aide, l'aide de tous les Guides et de toute la Lumière.
Il faut que tu tendes la main !
C'est le seul geste que tu dois faire. Tendre la main.
Qu'est-ce que je veux dire par là ?
Ouvrir ton esprit.
Tendre la main c'est ouvrir l'esprit. C'est une bonne foi pour toutes que oui, ce discours c'est le Vrai. Qu'il vienne de ma bouche ou de la bouche, d'un autre ou de la bouche, d'autres encore plus entiers, peu importe qui tu vas croire, comment tu vas croire. L'important c'est qu'à un moment donné tu acceptes ce discours.
“Oui ! J'ai compris ! Il y a le Faux et le Réel, les images et la Vérité. Les images font souffrir, la Vérité libère. Alors je vais apprendre chaque jour comment davantage me libérer, comment davantage reconnaître ce qui est Faux afin de choisir ce qui est Vrai !”
Et si tu me permets de conclure sur une note joyeuse, puisque tout ceci c'est du travail, tout ce dont je viens de parler, il s'agit d'étudier, il s'agit de reconnaître, il s'agit de discerner, de comprendre, d'expérimenter, donc des fois d'être même dans l'erreur pour pouvoir connaître et comprendre. C'est du travail tout ça ! Mais si je me permets de terminer sur une note joyeuse, c'est parce que *tout ce travail tu dois le faire dans la joie.**
Tu ne peux pas aboutir, tu ne peux pas être plein de réussite, tu ne peux pas avoir le succès dans cette entreprise, si ton énergie de base pour faire ce travail n'est pas la joie !
La Joie
La Joie d'être vivant ! La Joie d'être qui tu es, avec le nez que tu as du moment qu'il n'est pas bouché et qu'il respire !
Sois joyeux d'être là !
Même si tu vas me dire que : “Oui, d'accord je peux être joyeux de mon nez, être joyeux du niveau intellectuel, mais tu sais, je ne peux pas être finalement aussi joyeux que ce que tu dis, parce que je suis très malade, parce que j'ai un cancer, parce que j'ai des allergies sans arrêt, parce que j'ai des blocages à gauche, parce que je vais mourir bientôt...”
Là je dirais : bien sûr, tu as une certaine raison d'être moins joyeux que les autres. Mais si tu me permets de te dire encore une vérité, sans que tu l'interprètes comme étant cruel, je te dirais que si tu es victime de l'illusion de la mort, alors non seulement tu ne peux pas être heureux, mais en plus tu ne sauras jamais discerner le Vrai du Faux.
Si tu es victime de l'illusion de la mort, alors non seulement tu ne peux pas être heureux, mais en plus tu ne sauras jamais discerner le Vrai du Faux.
Quel que soit donc ton état, même si ta mort est pour dans deux minutes, à cause de ta maladie ou à cause d'un accident, ne sois pas, sous prétexte que la mort est une grande chose qui te sépare de la famille humaine, ne retombe pas dans l'illusion ! Sinon tu m'auras fait parler tout ce temps pour rien du tout !
J'espère que tu ne m'as pas fait parler tout ce temps pour rien !
Donc même la mort dédramatise-la, exorcise-la !
Et, malgré elle - puisque tu n'arriveras pas tout de suite à ne plus en avoir peur - malgré elle, persiste à être vivant, persiste à être là, à être joyeux d'être là et à ne pas avoir le nez bouché.
Je vous salue.
(Date de la conférence : 06 10 1990)
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