
Quel est la fonction du couple, couple pris au sens très large du mot, et quelle est l'importance et le rôle de l'amitié dans notre communauté ?
Bonsoir,
Avant de commencer à répondre à la question, je vais faire ma petite introduction traditionnelle.
Ce que j'attends de vous ce soir, comme je le dis à chaque fois et je le répète encore une fois, jusqu'à ce que le cœur finalement se réveille - même s'il se réveille après les oreilles, tant pis - ce que j'attends de vous quand vous venez me visiter, ce n'est pas que vous m'écoutiez, ce n'est pas que vous me croyez, ce n'est pas que vous reteniez ce que je dis comme s'il s'agissait d'un enseignement qui devait devenir le vôtre ou d'un enseignement qui vous servira à faire des comparaisons avec d'autres traditions ou avec vos propres pensées.
Ce que je veux, c'est, pendant un petit moment, que l'on soit tous les deux comme des jongleurs, les jongleurs de l'esprit, et que l'on s'amuse avec les idées. Que l'on s'amuse à les lancer le plus loin possible pour voir jusqu'où l'on va et où l'on va une fois que l'on s'arrête et comment l'on vit à l'endroit où l'on s'est arrêté.
Jouer avec les idées
Les idées sont comme des balles et il faut savoir les lancer chaque jour un petit peu plus loin ou s'amuser avec, dribbler comme vous dites aussi de manière technique. Une fois que l'homme a appris à s'amuser avec son propre mental, avec ses idées, il devient plus libre.
Non seulement il est libéré de l'idée elle-même, mais il peut la faire grandir, donc il arrive à être son propre maître.
Tandis que si, parce que l'on est très sage, c'est-à-dire très obéissant, si l'on a très peur, peur de ne pas un jour découvrir la Vérité, alors on se dépêche d'accrocher son wagon à une certitude, si l'on est pris par cette crainte ou par cette obéissance, eh bien l'on s'aperçoit très vite que le jardin dans lequel on vit n'est pas le jardin que l'on s'est fait, un jardin qui est fertile, un jardin où il y aura les quatre saisons. L'on vit simplement dans un jardin qui est créé par l'idée.
L'idée elle-même n'y est pour rien en fait. Le jardin est en fait créé par l'idée qu'entretiennent les autres à-propos de ce que l'on a entendu. Ce qui fait que le mot est dépassé, l'idée est dépassée par la compréhension qu'en ont les autres, les groupes, les nations, la civilisation.
Alors, vous et moi, on va essayer de faire le contraire.
On ne va pas essayer de se bâtir une jolie petite maison, de se faire un joli petit jardin. Non, rien de tout ça. Je propose que, au contraire, nous sortions du jardin où vous êtes déjà. Je propose que l'on ferme votre maison à clef et que l'on aille sur les chemins sauvages un petit peu.
Même si l'on va parler de tout ce qui existe déjà et même de ce qui est connu, nous allons essayer d'approcher ces choses d'une manière différente. Et vous allez voir qu'à côté des grands chemins, il y a des petites voies plus énergiques, plus libres, qui, elles, plus véritablement, mènent à la Liberté ou à ce que vous appelez le Maître intérieur, car c'est la même chose.
Donc, lorsque vous allez m'écouter, ce que je vous demande, c'est d'être profondément adulte, profondément libre, même vis-à-vis de moi-même. Ne pensez qu'à jouer avec l'idée que je vous envoie et allez voir un petit peu dans le pays de cette idée s'il y fait bon vivre !
Et si vous vous y plaisez, restez-y quelques temps jusqu'à ce que, de vous-même, vous alliez un petit peu plus loin, dans une semaine ou dans un an.
Alors, vous allez me dire : “Mais si comme cela, je vais changer d'idée de jour en jour ou d'année en année, est-ce que ce n'est pas faire preuve d'instabilité ? Est-ce que ce n'est pas contraire à la Sagesse, qui sait qui elle est elle-même ? Donc, je préférerais apprendre une sagesse qui se connaît elle-même et qui dit : voilà, je suis cela !”
C'est ce que tous les disciples voudraient entendre.
Seulement, il faut savoir que l'on est peut-être disciple de cœur, c'est certain ! Dans l'intention, c'est certain ! Et si vous êtes ici, c'est bien parce que vous sentez cet état de disciple germer en vous ou se confirmer en vous. Simplement, il faut être disciple aussi dans la tête. Et ça, c'est autre chose.
Cela ne veut pas dire devenir mental. Cela ne veut pas dire lire tous les livres, les assimiler, les mémoriser et les ressortir ensuite pendant de grands discours. Cela veut dire, petit à petit transformer sa pensée Ce n'est pas forcément savoir des choses, connaître des choses, mais c'est être capable de transformer sa pensée. Et il n'y a là aucune instabilité. Au contraire. C'est le signe d'une grande maturité. Qui se permet le changement prouve qu'il est adulte, qu'il est mûr et qu'il est fort.
Car pour changer, il faut beaucoup de force.
Pourquoi ?
Parce que lorsque l'on change, on ne sait pas forcément ce que l'on va devenir. On sait ce que l'on quitte, on ne sait pas encore comment l'on va procéder entièrement au changement On le découvre jour après jour et l'on ne sait pas qui l'on va devenir. Donc il faut énormément de force.
Et cette force ne peut se réveiller dans le cœur du disciple que s'il a conquis une certaine tempérance.
Il ne faut pas être pressé.
Il ne faut pas vouloir être arrivé.
Il faut, chaque jour, savoir faire son petit bout de travail, tout simplement.
Mais lorsque l'on parle ainsi, on s'aperçoit que la personnalité, très vite, remue. Et quand elle remue, c'est le signe que ce que l'on peut appeler aussi l'orgueil, une des facettes de l'ego, va essayer de prendre part au mouvement. L'impatience, c'est la manifestation orgueilleuse de l'ego.
Je veux très vite arriver, je veux très vite devenir, je veux très vite me libérer, je veux très vite être un initié !
Ce n'est pas l'ardeur du disciple, pas du tout ! C'est la tête folle du disciple. Mais pourquoi je dis tête folle ?
C'est une tête qui est encore trop sous l'emprise de l'ego. Un ego qui se rassasie de sa victoire prochaine. Qui est plein d'ardeur quant aux lauriers qu'il s'imagine qu'il obtiendra. Pour lui, devenir un initié, c'est peut-être pas forcément devenir meilleur que les autres hommes, mais il lui reste un petit peu d'intelligence quand même pour ne pas penser cela. Mais c'est en tout cas devenir lumineux, extraordinaire, très beau, éternel, remarquable !
Or pour le disciple qui a mûri sa tête autant que son cœur, devenir un initié c'est une chose magnifique, c'est certain puisque le Dieu que l'on porte ainsi se retrouve. Mais c'est en même temps une grande responsabilité, un énorme travail. Et le disciple dont la tête est développée, réveillée, voit cette somme de travail, cette somme de responsabilité et il n'est pas du tout pressé. Non pas qu'il veuille retarder l'échéance, pas du tout, il fait simplement chaque jour son travail avec bonheur, avec amour, en profitant quand même d'être vivant parmi les hommes et de pouvoir rencontrer Dieu sous le visage d'un homme.
Pourquoi est-ce que je vous ai parlé de cela ?
Pour que lorsque vous m'écoutez, ou lorsque vous êtes en train de lire un livre, ou lorsque vous allez écouter d'autres personnes, ou lorsque vous êtes même à votre propre écoute, veillez à ne jamais cristalliser autour des paroles, des idées et des grands concepts.
Soyez toujours très libre !
Être libre face à une idée
Et de quelle manière est-ce que l'on va être libre face à une idée ?
Eh bien, l'on va simplement regarder l'idée comme un passage, pas comme un but.
Vous allez me dire : “Mais nous on cherche la Vérité ! Alors la Vérité, ça se localise, ça se décrit, ou ça se ressent et on nous en donne les moyens, nous ressentons et nous pouvons l'identifier.”
Et c'est là que je dis non.
On ne peut pas identifier la Vérité. On ne peut pas la décrire, on ne peut pas même vous amener jusqu'à la Vérité. On ne peut que détruire ce qui, en vous, vous empêche de voir ou de comprendre la Vérité. C'est un tout autre travail !
C'est pour cela que vous ne devez pas focaliser sur ce que l'on vous dit, puisque ce que l'on vous dit n'a que le but de détruire des choses. Ce ne sont donc pas des vérités en soi, mais des moyens, en fait, d'élévation.
Et si de temps en temps il semble y avoir une affirmation, il faut la voir par transparence et non pas de nouveau la cristalliser. La voir par transparence. Parce que jusqu'au dernier moment il restera un voile. Donc le disciple doit avoir le souci constant de trouver ce qu'il y a derrière le voile, derrière le mot, derrière l'idée.
Est-ce que ça veut dire que si je vous dis : “aujourd'hui la vérité est noire”, est-ce que ça veut dire qu'il vous faudra faire une pirouette intellectuelle pour comprendre que la vérité est blanche ?
Non, il ne s'agit pas de cela.
Il s'agit de comprendre que le disciple moyen se trouve dans des zones d'existence qui représentent des étapes. Et s'il doit manifester une grande humilité, ce n'est pas par le fait qu'il va ne plus s'acheter de vêtements, donner tous ses bijoux aux pauvres, ne rouler qu'en patins-à-roulettes et vendre sa dernière belle voiture. Sa grande humilité doit au contraire se manifester dans le fait qu'il accepte chaque étape et ne prendre de chaque étape que l'expérience et non pas les idées que l'on pourrait cristalliser en vivant dans ses états intermédiaires.
Lorsque la pensée, en fait, voyage à travers les différents plans ou états de conscience, le piège sera celui-ci : de s'attacher à penser, à croire, à conceptualiser les reflets de la Vérité que l'on trouve sur les différents plans de vie. Alors qu'il faut simplement s'enrichir, comme des racines qui sont enfoncées dans la terre, s'enrichir des expériences que l'on trouve sur ces différents plans.
Alors vous allez me dire : “Mais quand est-ce que l'on va un jour penser alors ? Si sur les plans intermédiaires il s'avère que l'on ne pense pas et que surtout l'on doit se retenir de penser, quand est-ce que l'on aura droit à la pensée ?”
Eh bien je vais vous libérer de ce gros problème qui est l'homme pensant. L'homme qui pense et qui pense quoi ?
Il n'est pas nécessaire de penser, tout simplement.
Vous pouvez me demander : “Mais alors quand est-ce que je vais pouvoir penser la Vérité vraie, la vraie, vraie, vraie, preuve par quatre ?”
À aucun moment !
Quand je suis dans les plans intermédiaires, ma pensée est fausse et au moment où j'arrive dans les plans supérieurs, ma pensée s'arrête.
Qu'est-ce que je dois comprendre alors ?
Eh bien je dois comprendre que le mécanisme même de la pensée est un phénomène illusoire qui appartient aux étapes intermédiaires. C'est-à-dire que tant que je suis dans l'oubli de ma Divinité ou de mon Moi Supérieur, comme vous voulez, tant que je suis dans l'oubli de ce que je suis vraiment, ou tant que Dieu s'ignore en fait, il y aura le processus de la pensée parce qu'il va se rechercher par tous les moyens extérieurs.
À partir du moment où il commence à se rencontrer lui-même, où vous commencez à redevenir la Source, il n'y a plus que des révélations, donc je n'ai plus à penser à propos de la chose. Je suis témoin de ce qui existe. Et c'est là que la pensée n'existe même plus. Je suis un témoin de ce qui existe et je suis vivant !
Je peux faire des choses, une multitude de choses extraordinaires ! Mais je ne pense plus, je suis un témoin.
Comprenez la différence qu'il y a entre “je pense à propos de la Vérité” et “je suis témoin”. C'est toute autre chose. Et comme par hasard cela arrête le souffle, cela arrête la pensée.
La pensée est un mécanisme de survie, je dirais. C'est-à-dire le mécanisme d'une divinité qui patauge dans la Matière et qui cherche tous les moyens de se rattraper, tous les moyens de trouver des expériences, de conclure à propos des expériences afin de se définir et de se retrouver.
Maintenant que vous connaissez un petit peu mieux le mécanisme de la pensée, sachez utiliser votre faculté d'être témoin de la Vérité.
Être Témoin de la Vérité
Face à quelque chose que vous ignorez et dont vous voudriez être instruit, comment est-ce que je vais procéder ?
Il y a quelque chose que je vois, que j'ignore, je veux le connaître.
Si je ne peux plus utiliser la pensée puisqu'elle va déformer les aspects de la chose, comment je peux devenir témoin de façon à ce que la chose se révèle à moi ?
Dans un premier temps, et ceci paradoxalement, je m'aperçois que je vais vouloir connaître par exemple la couleur de la fleur. L'odeur de la fleur. Et ceci fait appel à une forme mécanique de la pensée. Je vais regarder la fleur, je constate sa couleur, je vais sentir la fleur, je constate son odeur, je vais la toucher, je constate sa nature. Et tout ceci en fait est du monde de la pensée. Pourquoi ?
Parce que la fleur existe sur différents niveaux, autant que j'existe sur différents niveaux. Donc lorsque je regarde la fleur, je prends connaissance de sa couleur. Lorsque je la sens, je prends connaissance de son odeur. Mais ce sont les étapes de l'existence de la fleur. La fleur existe bien au-delà de ces simples étapes facilement reconnaissables.
À partir du moment où je vais vouloir connaître la fleur beaucoup plus loin, il va falloir que je devienne Témoin.
Comment je vais m'y prendre ?
Eh bien, je vais prendre cette fleur et si possible la laisser sur sa racine, car une fleur coupée ne révèle plus rien. Donc je vais aller près de cette fleur et je vais la regarder dans son centre. Exactement comme si je voudrais regarder le centre de l'infini ou le centre de l'Univers. Non pas le centre de quelque chose qui est la fleur, mais de quelque chose très vaste comme l'Univers.
Gentiment, je vais me rendre d'abord présent à cette fleur. C'est-à-dire que, dans un premier temps, je vais devoir moi-même condenser extraordinairement ma faculté d'être vivant, d'être présent, donc de devenir ce Témoin. Sans une formidable concentration de mon propre potentiel de vie, je ne peux pas aller voir la vie de l'autre. C'est impossible. Il me faut cet essort pour pouvoir passer le cap.
Donc dans un premier temps, je me condense très fort, dans une intention très forte, comme si je voulais aimanter tous mes atomes et tous mes plans. Et une fois que je suis parfaitement concentré, mais concentré dans le but de devenir très présent, extraordinairement présent, je fixe la fleur et j'essaye de rompre la différence.
Il s'agit de nouveau d'un petit exercice, mais très facile à faire car il provient du cœur.
Tant que je pense que j'existe et que je vais essayer de connaître la fleur, je ne vais pas pouvoir découvrir. Tandis que si je condense extrêmement ma vie, que je regarde cette fleur et que j'abolis la différence entre elle et moi, alors il peut y avoir prise de conscience, je peux devenir Témoin.
Comment est-ce que je vais abolir la différence ?
Justement, il s'agit là d'arrêter la pensée, c'est là tout l'exercice. Arrêter la pensée.
Comment je vais m'y prendre ?
Je vais m'y prendre bien avant cet exercice en fait. Je vais m'y prendre des jours avant, des mois avant, des années avant.
Qu'est-ce que c'est qui m'empêche d'être constamment dans l'état de Témoin ? Qu'est-ce que c'est qui m'empêche, chaque jour, à chaque seconde, de rencontrer l'autre, que l'autre soit un escargot ou mon voisin ? C'est la différence dans laquelle je me maintiens : il y a moi et l'autre ! Et la différence dans laquelle je me maintiens se maintient à cause de ma pensée, de ce processus infernal !
Et qu'est-ce qu'il y a dans ma pensée ?
Il n'y a pas simplement le processus qui dit : “Je suis moi et il y a l'autre.”
Pour que moi, je puisse exister, il y a des références. Et quelles sont ces références ? Ces références sont toutes ces choses qui grillent l'énergie dont j'ai besoin pour aller connaître cette fleur. Ce sont tous mes problèmes, tous mes défauts affectifs, toutes les idées que je ne maîtrise pas. Ce sont toutes mes ambitions, toutes mes envies, tous mes désirs, qui prennent énormément d'énergie ! Et où toutes ces choses prennent de l'énergie ? Dans mon capital vital, pas ailleurs.
Cela prend mon énergie vitale ! Exactement !
C'est de l'énergie qui est prise à mon cœur, à mon cerveau, à mon foie, à tout ce qui est ma vie. Je ne fais pas que faire fonctionner mon corps, je ne fais pas que nourrir mon corps. Je nourris aussi mes envies, mes ambitions. Et mes ambitions me réclament une certaine nourriture d'ailleurs ! C'est pour cela que certains comportements psychologiques ou affectifs entrainent l'individu à consommer tel ou tel légume, ou telle viande, ou telle poisson, ou tel parfum, ou telles épices. Parce que c'est ce qui correspond exactement au type d'orgueil, ou d'illusion, ou d'ambition, ou de faiblesse que l'on a.
Il existe pourtant une nourriture qui est parfaite. C'est-à-dire qui est neutre, qui ne correspond à aucune illusion, à aucune passion, à aucun déséquilibre en fait. Elle existe. Et lorsque l'homme y est naturellement amené, il commence à obtenir un corps clair et pur.
Ce n'est pas tellement parce qu'il aura la force d'esprit pour entretenir un corps pur, mais c'est que naturellement, puisqu'il est dépouillé de toutes les vanités, il va être attiré par ces aliments qui sont neutres.
Ne parlons pas de pureté, mais de neutralité.
Donc, dans cette pensée, il y a toutes les références de ce que je suis.
Ce que je suis en fait n'existe pas vraiment.
J'ai très peu de mots pour me qualifier, n'est-ce pas ?
Quand vous parlez de vous-même, vous avez très peu de mots pour vous qualifier. Vous allez qualifier votre physique de beau ou de moins beau, votre profession de grande ou de moins importante. Et puis ensuite, qu'allez-vous énumérer ? Vos problèmes. Et uniquement cela.
Je ne suis pas content, je ne suis pas contente. J'ai le complexe de ceci, le traumatisme de cela.
Est-ce que quelqu'un a déjà pris comme identité la Joie de vivre ? Je ne crois pas ! Et pourtant, c'est une qualité qui devrait avoir pas mal d'actionnaires en fait ! C'est intéressant la joie de vivre ! Hum ? Et pourtant, c'est tout le contraire.
Alors, à quoi est-ce que l'on, en fait, on identifie le petit moi ? À quoi est-ce que l'on fait référence lorsque l'on pense à soi ? Eh bien, l'on pense à tous ses problèmes.
Alors, quel est ce moi que vous amenez là, vlam !, d'un seul coup sur la table ?
Quelle est la nature de ce moi ?
La somme de vos problèmes, rien d'autre.
C'est ce que vous avez envie d'être ?
Je vous le demande.
Si vous croyez, une seconde, ce que je vous dis, juste en lançant les balles, comme ça, en s'amusant au jongleur, est-ce que vous avez envie d'être cela ?
Je ne pense pas, n'est-ce pas ?
Et pourtant, c'est ce que vous êtes !
Pourquoi ?
Je dirais que, d'une certaine manière, c'est une réaction de survie de la part de l'âme. Étant donné que les problèmes sont des discordances, des dysharmonies. L'âme missionne une nouvelle personnalité pour réparer ces manques d'harmonie. Et la petite personnalité qui va naître, ce petit moi individuel qui va naître, va donc être, évidemment, la somme de tout ce qu'il faudra réparer, de tout ce qu'il faudra réharmoniser. Pas étonnant, donc, que les individus soient si tristes et qu'ils cherchent sans arrêt des compensations et notamment et surtout dans la spiritualité.
Car la spiritualité est le plus grand divan du monde ! Ce n'est pas chez le psychiatre qu'il y a le plus de consultants. Et pourquoi est-ce que c'est ainsi ?
Je dirais que c'est le travail même de la spiritualité.
Pourquoi c'est ainsi ?
Eh bien parce que l'homme sent bien qu'il a des manques, des manques d'harmonie. Et il cherche les moyens de rétablir cette harmonie.
Quand il ne soupçonne pas l'âme ou qu'il se moque d'elle, il cherche à refaire ses harmonies par les moyens que la société offre à son époque. Soit il se vôtre dans la consommation, soit il va chez le psychiatre. Et puis s'il commence à voir une petite lumière et qu'il lui vient l'idée de faire appel à des forces supérieures, comme son âme, alors il essaie de régler ses problèmes grâce à la méditation, grâce à la spiritualité, grâce au séminaire, grâce à des techniques nouvelles. Mais de toute manière, tout le monde est là pour régler ses problèmes. Non pas pour réussir une méditation, mais pour régler ses problèmes. Et c'est un fait. Vous avez raison. Parce que sans avoir réglé les problèmes, on ne peut pas faire une vraie méditation.
Cependant, il faut savoir qu'une forme de méditation peut aider à régler ses problèmes, peut rétablir donc des harmonies mineures dont on va se servir pour aller à l'attaque de ces grandes dysharmonies qui nous font être très malheureux.
Mais c'est à ce moment-là où la tête va devoir être bien réveillée. Car pour régler ses propres problèmes, il faut être conscient que l'on a des problèmes, il faut pouvoir les ressentir, il faut pouvoir se voir activer ces problèmes.
Si l'on veut avoir un contrôle sur le problème, il faut pouvoir se voir soi-même agissant comme un être problématique. Et c'est là où de nouveau, malgré la bonne intention du disciple, de nouveau, malheureusement, l'ego fait obstacle. Pourquoi ?
Parce que voir l'ampleur des problèmes, ce n'est pas quelque chose qui flatte la vanité, au contraire. On veut bien croire que l'on a des petits problèmes comme tout le monde, mais l'on ne veut pas se voir exécutant ce problème. On ne veut pas se voir être en train de vivre ce problème. Alors on le prend, dix jours après, lorsqu'il fait partie du monde des souvenirs comme si c'était l'autre qui l'avait fait.
L'autre, celui d'il y a dix jours, le vieux moi d'il y a dix jours, disent que le nouveau moi, celui d'aujourd'hui, plein de bonnes intentions, va aller essayer de réparer ce que l'autre d'il y a dix jours a fait. Et c'est ainsi que chaque jour, exactement comme un serpent qui mue, on change de petit moi. Parce que le petit moi que l'on a vécu hier n'est pas beau, il ne nous fait pas plaisir, il a des rides partout, etc., etc.
Alors le petit moi qui se lève ce matin est meilleur. C'est le Fils de Dieu, il veut combattre l'ancien moi !
Seulement il se trouve que tant que je n'accepte pas, que celui d'hier c'était moi et toujours moi, je ne vais pas pouvoir régler mon problème. Il faut que j'arrête, et ceci est un acte de la pensée, il faut que j'arrête de croire que lorsque j'ai fait cette chose, ce n'était pas moi.
Il ne faut pas pour autant se culpabiliser et se dire : “c'est ma grande faute, c'est moi mon Dieu que je suis vilain, demain je serai plus beau.”
Il ne faut pas pour autant se culpabiliser, pas du tout ! Il faut simplement sobrement et avec équilibre oser regarder ce que l'on est, tout simplement.
Qui parle de se voir beau ou pas beau ? Personne ! Ce n'est pas du tout mon discours ! Qui parle de connaître l'épaisseur de son vice ? Personne, ce n'est pas mon discours ! Ce qu'il faut c'est que vous puissiez voir la chose telle qu'elle est, c'est tout.
Ce n'est pas vous qui commettez ces choses, que vous vous reprochez. Hum ? Ce n'est pas vous qui êtes gourmand. Ce n'est pas vous qui aimez la drogue, ou l'alcool, ou le sexe, ou l'ambition à propos de l'argent et de la gloire. Ce n'est pas vous ! C'est une étape de la vie. C'est un certain nombre de pensées qui se sont mises d'accord et qui se serrent les coudes et qui se disent : “Mon Dieu, tu as vu comme il fait bon ici ? Le pauvre dadet, il n'y comprend rien du tout ! On n'a qu'à venir le hanter cinq minutes et il court comme un cheval de course pour aller nous attraper ceci, nous attraper cela.”
Entités créées par la pensée
Il faut que vous sachiez, il faut que vous compreniez que la pensée est une entité que vous créez. Ce n'est pas simplement un mécanisme. Un mécanisme du cerveau d'abord, et de vos plans subtils ensuite, ou vice versa. C'est une entité que vous créez à chaque instant. Et cette entité devient vivante, exactement comme vous êtes vivant.
Et chaque entité, c'est-à-dire chaque pensée que vous émettez, chaque entité donc que vous fabriquez réclame son dû, c'est normal.
Lorsque vous fabriquez un enfant, quand il est petit, il pleure dans son berceau pour avoir la tétée. Et puis quand il est grand, il s'accroche à votre pantalon pour que vous lui donniez à manger. Et quand il est plus grand, il vous appelle aussi pour l'argent de poche.
Les entités que vous créez, les formes pensées que vous créez, c'est exactement la même chose. Elles viennent vers vous, elles vous harcèlent par le pouvoir de la mémoire afin que vous les nourrissiez !
Il est donc très facile de se débarrasser de ces pensées, de ces entités.
Au moment où, par le pouvoir du souvenir, une pensée revient, il faut savoir la regarder, éclater de rire, ou bien lui dire d'aller brouter ailleurs dans un autre pâturage. Et c'est généralement ce qu'elle fait.
Parce qu'elle se dit, montre entre en main : “Oulala, avec le peu d'énergie qui me reste, je n'ai que pour trois jours ! Allons voir ailleurs si je peux m'accaparer un homme !”
Et voilà la forme-pensée qui quitte le disciple pour aller essayer un autre disciple, qui lui aussi fait écran. Finalement, elle se jette sur un profane.
Et c'est ainsi que nous sommes tous responsables de ce que les uns et les autres nous pensons. Parce qu'il y a une part de pensée que nous créons vraiment, et il y a une part de pensée que nous recevons.
Si nous sommes faibles, perméables, si cela correspond à notre faiblesse, si cela correspond à un certain nombre d'autres formes-pensées que nous fabriquons. Et lorsque l'équipe est au complet, c'est à ce moment-là que le disciple a perdu la partie. Il a beau essayer de méditer, il a beau essayer de remonter la pente, c'est terminé ! Pour lui, c'est une dépression profonde qui commence, il est accablé.
Ce n'est pas étonnant qu'il soit accablé, il nourrit une multitude d'étrangers !
Je sais bien que l'on parle énormément de nos jours à propos des étrangers, ce qu'il faut garder, ce qu'il faut renvoyer chez eux. Mais il s'agit bien du même discours aussi pour chaque individu.
Où sont vos frontières ? Qui garde la frontière ? Qui fait le douanier chez vous ? Pas grand monde !
Les humains vivent d'une façon tellement collective qu'en fait, toutes ces formes-pensées peuvent voyager tranquillement d'une aura à une autre. Comme s'il s'agissait de se prendre des vacances.
“Voyons, celui-ci va au bord de la mer, bon ben, je préfère celui-là. Je le quitte, lui qui reste en ville à travailler.”
Et puis voilà une autre forme-pensée qui se dit : “Boah, celui-là s'étend, il médite un peu trop. Ça me dérange, je n'arrive pas à prendre toutes les énergies que je veux ! Voyons, voyons voir qui je pourrais occuper, qui je pourrais squatter.” Et c'est ainsi que la forme-pensée va se jeter sur un individu plus jeune ou plus faible.
Lorsque je pense, je crée ces êtres. Si je veux arrêter de les créer, je dois pouvoir les voir.
Qu'est-ce qui m'empêche de les voir ?
Parce qu'aujourd'hui, j'en parle, vous acceptez les images, mais dans deux minutes, vous allez recommencer le même problème. Qu'est-ce que c'est qui fait que la pensée et la forme-pensée et vous, à un moment donné, vous faites équipe ? Qu'est-ce que c'est qui fait cette attraction irrésistible ? Qu'est-ce que c'est qui compose ce piège ? Qu'est-ce que c'est qui fait que malgré que vous connaissiez ce piège, vous tombez dedans ?
Il n'y a qu'un seul mirage capable de vous tromper à ce point et de produire toutes ces catastrophes, les unes derrière les autres. Un seul mirage.
Essayez d'y réfléchir avant que je réponde.
Il y a moi, il y a la pensée, la forme-pensée. Qu'est-ce que c'est qui fait que je vais la croire, la colporter, la garder bien contre moi ? Mmmmh !
C'est parce que absolument je crois que cette pensée, cette forme-pensée, c'est moi.
Je n'arrive pas véritablement à imaginer qu'il y a moi et cet autre. Je fais tout de suite une fusion et une confusion. “C'est moi !”
Quel nom allons-nous mettre sur ce mirage ?
Certaines traditions l'appellent l'attachement, d'autres l'identification, d'autres la vanité. Mais ils parlent tous, en fait, du même processus. Une conscience qui croit tout ce qu'elle voit, croit tout ce qu'elle pense, croit tout ce qu'elle entend. Et chaque fois qu'elle croit, elle dit : “C'est moi !”
“Je sens un problème, ce problème est moi. Je sens un désir, ce désir est moi.”
Donc lorsque ensuite je m'intéresse à la spiritualité, que l'on me dit que tel désir il ne faut plus l'entretenir, à partir du moment où pendant des années, voire des générations ou des incarnations, j'ai cru que ce désir était moi, il est donc tout naturel que cela soit si difficile à lâcher !
C'est pour cela que la spiritualité paraît si difficile pour la plupart des individus. Parce que pendant tant de générations, ils ont cru que ce plaisir, c'était eux. Ce plaisir, ce désir, cette idée, ce problème, ce complexe, cette douleur, c'est eux.
Fusion, confusion, identification, attachement, vanité. Oh !
La seule chose que vous devriez penser, c'est uniquement : “je suis l'âme, je suis l'âme, je suis l'âme.”
Jusqu'à ce que cela vous éclabousse et que cela devienne une vérité.
“Ah mais oui, mais comment n'y ai-je pas pensé avant ? C'est vrai !”
Alors qu'allez-vous faire de vos problèmes désormais, puisque vous en avez et vous en aurez encore beaucoup ?
Que faire des problèmes ?
Lorsque vous avez des problèmes, il ne faut plus donc commettre cette erreur d'attachement et d'identification.
Il ne faut plus que l'entité que vous êtes se dise : “Je suis ce problème, c'est mon problème.”
Et tout un comportement ensuite en découle.
Lorsque j'ai un problème désormais, je regarde la composition du problème. Je ne sais pas encore d'où il vient exactement, je ne sais pas encore comment m'en débarrasser. Mais je regarde sa composition journalière.
Aujourd'hui cela me donne quel goût pour exister ?
Aujourd'hui cela me donne quelle humeur ?
Aujourd'hui cela me donne quelle énergie ou cela me prive de quelle énergie ?
Et en observant ainsi l'importance que prend votre problème dans votre vie, pour un être intelligent, cela va très vite. On ne veut plus en être esclave ! Et c'est à ce moment-là que l'on n'est plus à même de s'en débarrasser.
Pourquoi ?
Parce que le fait de décider que l'on n'en est plus esclave, c'est la preuve que l'ego a lâché cette identification avec le problème. Il n'aura donc plus que le travail d'effacer le souvenir, de rétablir le circuit d'énergie correctement.
D'où vient la maîtrise de ces Grands Êtres que vous aimez, que vous priez, que vous voulez rencontrer à Shambhala ou ailleurs ? D'où vient la maîtrise de ces Grands Êtres ?
Réfléchissez une minute.
Est-ce que cette maîtrise vient du fait qu'ils sont supérieurs à vous ? Qu'ils sont des surhommes ? Qu'ils sont meilleurs que vous ? Qu'ils ont été purifiés par les longues flammes de l'Esprit ? C'est ce que vous imaginez tous, n'est-ce pas ? Et c'est faux ! Absolument faux !
Il n'y a pas de supériorité entre les hommes ou entre un homme et un Maître. Ce qu'il y a, c'est de la compréhension.
Je comprends d'un seul coup ce qui fait que je crois à tous mes problèmes, ce qui fait que je m'accroche, même malgré moi, à tous mes problèmes. Ce qui fait que je les colporte nuit et jour, péniblement mais sûrement.
Compréhension.
La force naît de la compréhension et pas du fait que j'ai le pouvoir de me ficeler pour ne pas me jeter dans le frigo pour dévorer la glace qui s'y trouve.
Cette force-là n'est pas vraie parce que je vais m'épuiser. Je vais pouvoir me retenir, ne pas aller dévorer cette glace. Mais deux minutes après, c'est certain, pour compenser, je vais au moins fumer deux cigarettes ! Et le lendemain, je vais être conscient du point où je vais me dire : “oui, mais de ne plus manger de glace, ça me fait fumer.” Ce n'est pas mieux. Donc le lendemain, je me retiens de manger de la glace, je me retiens de fumer ma cigarette, mais comme de nouveau, je crée une tension extraordinaire, voilà que le soir, je saute dix fois plus sur mon épouse ! J'ai beau appeler cela de l'amour, il y a quand même un problème !
C'est à ce moment-là que si je suis encore, et heureusement, disciple intelligent, je me dis : “Voyons, je me prive de glace, ça me fait fumer. Le lendemain, je continue à me priver de glace, je fais attention de ne pas fumer, mais ce soir, je vais faire attention et faire chambre à part avec ma femme.”
Par contre, qu'est-ce qui va se passer à ce moment-là ?
Quel moyen va trouver cette tension pour trouver satisfaction ? Parce que c'est toujours à vos dépens que cela se passe. Il y a toujours cette forme-pensée sournoise qui vous tend un piège, qui vous attend, qui pense même sans que vous le sachiez, qui réfléchit dix fois plus vite que vous et qui se dit : “Toi, mon coco, qu'est-ce que je te réserve dans dix minutes ? Voyons par où je peux t'attraper !”
C'est ainsi qu'exactement comme une mouche tournoie autour de vous, cette forme-pensée tournoie dans votre aura, essaye de voir où il y a une faille et au moment où vous ne vous y attendez pas, elle entre dans la faille. Et c'est ainsi que vous compensez le manque de glace par la cigarette ou le manque de glace et de cigarette par le sexe, etc., etc.
Et à ce moment-là que, soit le disciple définitivement retourne à la cuisine à une heure du matin pour manger le kilo de glace. Parce que s'il est normal, c'est ce qui va se passer, il se dit : “Après tout, il vaut mieux manger de la glace que faire chambre à part le reste de ma vie !” Soit il va souffrir. Parce qu'il est intelligent et qu'il voit bien qu'il a déclenché un processus qui va l'avaler, qui va le brûler, qui va l'étirer, qui va le déchirer ! Il va souffrir et il va se recroqueviller. Il aura envie de pleurer, de grincer des dents, il va avoir l'impression qu'un diable l'habite et il va confusément être envahi par des visions, des visions de sexe, de cigarettes et de glace qui vont défiler dans sa tête à toute vitesse, en même temps qu'il va trembler et vouloir résister.
Pourquoi cela va se passer ainsi ?
Parce que cette forme-pensée qu'il a créée et qu'il a ainsi chaque jour fait reculer mais qui a toujours trouvé les moyens d'entrer chez lui, une fois que la forme-pensée voit qu'en fait elle ne peut plus rentrer nulle part, elle donne un assaut final et elle essaye de l'envahir tout entier !
Exactement comme un immense globule, cette forme-pensée va essayer de se propager dans l'aura entière ! Et c'est pour cela qu'il y aura un grand déferlement de toutes sortes de désirs, de toutes sortes de pensées, un état fiévreux qui prendra le disciple.
Il faudra qu'il y soit fort s'il a déclenché ce genre de processus car il aura toutes sortes de désirs très intenses pendant quelques minutes, voire quelques heures, voire des journées entières. Mais une fois que la crise est passée, il est définitivement purifié, dirons-nous, libéré.
Il y a des moyens quand même de trouver de l'aide quand l'on déclenche ces processus.
Épuiser la forme-pensée
Certains auront recours à de l'encens, à des formes relaxantes de méditation, certains auront recours à la prière. Ce sont des bons recours, mais malheureusement pas tout le monde aura envie de ces recours parce qu'ils seront trop en bagarre, trop fiévoreux. Pour les personnes les plus calmes, c'est vrai que les recours que je viens de citer vont créer un apaisement et vont suffire à dissoudre la forme-pensée. Pour les autres, il faudra un violent effort physique. Certains pousseront des immenses cris de douleur, d'autres auront mieux à faire, par exemple en allant faire une grande marche qui les épuisera énormément. D'autres pourront faire toutes sortes de sport mais intensément durant de longues heures. Pourquoi ?
Ceci parce qu'il y a un moyen spirituel d'épuiser l'énergie de la forme-pensée et il existe un moyen physique d'épuiser son énergie.
Par le recours à la prière ou à la méditation, au détachement, si je comprends d'un seul coup le processus, cela va très vite. Et par l'effort physique cela demande un peu plus de temps car je dois non seulement épuiser mon corps, mais aussi le capital énergie de cette entité. Et je le sens très bien que plus je me fatigue, plus je deviens léger, plus je me libère de quelque chose que je ne peux pas identifier, mais cela s'en va c'est certain.
Donc quand vous déclenchez ces processus dont je parle, songez aussi à ces deux moyens de vous libérer de l'entité. Ne l'oubliez surtout pas ! Car il ne faudrait pas qu'après avoir déclenché un si beau processus, vous retourniez violemment dans le frigidaire pour manger la glace, ce serait dommage !
Car l'échec est une chose très amère, surtout quand il s'agit du contrôle sur soi, on perd confiance en soi et c'est la pire des choses qui puissent arriver à un individu. Lorsqu'il perd confiance en lui, on ne peut plus rien lui demander et il ne peut plus rien espérer ! Il devient même plus méchant de jour en jour, ou plus petit de jour en jour, et il commence à se détester lui-même. Et c'est très difficile d'aller le repêcher dans cet endroit où il s'est enfoncé !
Donc, pour faire un résumé sur ce chapitre, et ensuite je commencerai à répondre à la question.
N'oubliez pas que lorsque vous pensez, vous créez des entités. Et ce n'est pas simplement une image. Vous ne devez pas avoir peur de prendre conscience de ces entités que vous créez, vous devez, au contraire, bien les regarder, c'est le seul moyen de s'en libérer.
Et lorsque vous commencez la libération, sachez que comme une mouche, cette forme-pensée va tournoyer dans votre aura pour y trouver une autre faille, que ce soit la cigarette, les envies de sortir, les envies de sexualité, le besoin d'argent, peu importe ! Elle va s'engouffrer là où elle peut.
Soyez conscient de cela et épuisez bien son énergie vitale. Soit en priant et en méditant, soit en épuisant votre corps physique.
Et vous verrez que, chaque jour, vous aurez l'impression d'avancer. C'est normal puisque vous allez vous libérer de tous ces étrangers qui ne sont pas vous du tout.
Maintenant pensez que si vous créez des formes-pensées qui peuvent être vos ennemis, songez que vous en créez aussi qui sont vos meilleurs alliés, c'est certain !
Un homme est généralement le mélange de ces deux pays, un amas de formes-pensées qui est très négatif, nuisible, etc. Et un amas de formes- pensées qui est assez lumineux et parfois même divin. Mais il ne faut pas entretenir ces deux pays ensemble trop longtemps, sinon une guerre intérieure se déclenche, très forte, et c'est ainsi que l'on voit, pendant un certain temps, l'individu devenir fanatique. Fanatique à propos de n'importe quoi mais fanatique, ça c'est sûr ! Que ce soit en religion, en diététique, en éducation, peu importe, mais il est fanatique, parce qu'il est étranglé entre ces deux pressions. L'origine du fanatisme est là-dedans.
Heureusement, j'ai donc en moi un capital de forme-pensée assez divine et il faudrait que je puisse augmenter ce capital de façon à pouvoir être protégé dans la vie. Tout le monde veut la protection du bon Dieu.
La maman amène son petit au baptême, ensuite à la confirmation, le couple va devant monsieur le curé pour la bénédiction nuptiale, etc., etc. J'ouvre un nouveau commerce, je vais allumer un cierge ou j'invoque l'énergie des Maîtres face à la photo de Koot Humi ou de Morya, ne soyons pas mesquins, plus ils sont grands, mieux ça marchera ! C'est ce que l'on pense !
Tout le monde cherche la protection et l'on est ébahi quand l'on voit effectivement quelqu'un être protégé. D'où cela vient ?
Eh bien cela vient de son capital, bonne pensée, pensée divine, forme-pensée divine, c'est cela la protection de l'homme. Pourquoi ?
Parce que cela fait exactement comme un parapluie sur l'homme, cela fait comme un baume autour de lui. Cela crée un champ magnétique extraordinaire qui va servir à faire rebondir les attaques des autres. Les attaques du monde par exemple, les attaques des mauvais gens et quelquefois les attaques que l'individu commet vis-à-vis de lui-même en faisant naître une forme-pensée négative. Une fois que je suis entouré de ces bonnes pensées, je deviens autoprotégé. Je peux en plus avoir la protection du Ciel, du fait que si j'ai mon parapluie ouverte, cela devient un canal pour les énergies Cosmiques, voire pour les énergies de l'ashram auquel j'appartiens, même si je n'y suis pas sensibilisé. Tout homme appartient à un ashram, quel qu'il soit. Seulement, vous ne le savez pas encore.
Lorsque vous commencez à devenir un petit peu spirituel, un petit peu divin, lorsque vous commencez à fabriquer, donc, cette forme en parapluie, cela fait une antenne qui va capter l'énergie de votre ashram et ainsi vous avez une protection personnelle et une protection que l'on qualifiera de Divine.
Mais cette protection n'est pas uniquement pour vous. Étant donné que la Vie est la Grande Histoire de Dieu, il n'est pas la peine de dire que les protections ne sont pas données individuellement, pour le pauvre Pierre, pour le pauvre Jacques, pour que mon petit trèfle à quatre feuilles fonctionne bien. Il va de soi que si l'on est protégé, c'est aussi pour que l'on protège les autres.
Si l'on est protégé, c'est aussi pour que l'on protège les autres.
Et c'est ainsi que l'on voit un individu disposant d'une certaine protection commencer à se responsabiliser vis-à-vis des autres, de quelque manière que ce soit, mais il commence à se responsabiliser vis-à-vis des autres. C'est une manière de faire extension de cette protection que lui seul pour l'instant reçoit, mais faire extension pour que cela aille protéger les plus endormis de ces petites consciences.
Porteurs d'eau
Il ne faut pas oublier que les choses Divines sont comme des fontaines. Il n'est pas donné à boire à celui qui vient puiser de l'eau, sinon la source tarit, c'est certain. Il lui est donné à boire et il lui est réclamé d'emporter dans des amphores de l'eau pour ceux qui ont soif plus loin, là-bas, très loin dans le désert. Ce qui fait que souvent, pour cet homme qui a réussi par ses seuls efforts à trouver la source, pour cet homme il s'agira de transporter péniblement le peu d'eau qu'il aura réussi à prendre pour aller en abreuver ses frères dans le lointain.
Certains se développent ensuite suffisamment pour devenir eux-mêmes des sources et quand ils passent tout le monde peut boire, mais ces êtres-là sont rares.
Par contre, il y a beaucoup de porteurs d'eau, ceux-là existent. Et il faut qu'ils soient davantage conscients de leur rôle et de leur importance. Ils doivent participer à la création de ces oasis où la vie devient ou redevient possible, la vie de l'esprit notamment et du cœur. Plus il y aura de porteurs d'eau, plus la vie sera embellie, mais surtout en devenant heureux et rassuré, l'homme deviendra meilleur !
Mais essayons de répondre maintenant à la question qui a été posée.
Quel est le sens, la réalité, la valeur de la vie de couple ?
La vie de couple
Il y aurait mille façons de traiter le sujet.
Nous allons essayer de jongler d'une certaine manière, c'est-à-dire éviter quand même les repères trop psychologiques que j'ai déjà énormément abordés dans d'autres conversations.
Nous allons essayer de voir d'abord si le couple existe vraiment.
Allez, réfléchissez quelques secondes avant que je réponde !
Est-ce que le couple existe vraiment ?
Qui est-ce qui pose la question ?
Observez en vous, même si vous n'avez pas posé la question puisqu'elle ne vient que d'une personne, mais vous-même de toute façon, vous êtes intéressé par le sujet. Donc, quand vous pensez au sujet observez quelle est la partie de vous qui s'interroge, qui aimerait être en couple, qui idéalise la vie de couple, qui pense la vie de couple.
Quelle est la facette de vous qui songe à tout cela ?
Vous allez voir que c'est en fait votre côté affectif qui pense à cette chose. Et c'est ainsi que si vous êtes intelligent et très logique, dans le prolongement, vous allez immédiatement, comme une lame de couteau, tracer une ligne droite et vous allez voir que c'est pour combler un vide : votre solitude.
Vous allez arranger cette grande raison majeure par des petites fleurs, des petites paquerettes, du romantisme : “c'est plus sympathique d'être à deux, on s'enrichit plus quand on est deux, on partage quand on est deux, on fait des bébés quand on est deux.” Etc., etc.
Tout ceci est la petite dentelle disposée autour de ce grand vide qui vous apparaît et qui est votre solitude.
Pourquoi est-ce que la vie de couple existe ?
Étudions étape par étape cette réalité.
Pourquoi la Nature se dispose en couple ?
Pour la procréation, pour la perpétuité, perpétuité de la race qui fait que l'incarnation est permise et ainsi vos expériences sont permises. Donc la Nature sert l'âme qui a le dessein de s'incarner. La Nature a mis au point un processus de reproduction pour que les âmes puissent s'incarner.
Maintenant éloignons-nous de la Nature et observons l'Humain.
Pourquoi il se marie ?
Je viens de le dire. Parce qu'on est plus heureux quand on est deux, parce que la vie est plus facile quand on est deux, parce qu'on a un ami quand on est deux. Malheureusement des fois il devient l'ennemi et c'est là où plus rien ne va. Catastrophe !
Montons encore un petit peu et regardons le disciple.
Pourquoi il se marie ?
Alors s'il a un petit peu étudié, il dira que c'est pour retrouver les énergies qu'il n'incarne plus momentanément, puisque, momentanément, le voici homme ou la voici femme. Et qu'il est donc très facile de retrouver un entier par la fusion.
Remontons encore d'un cran.
Qui est-ce qui va se marier ?
Plus grand monde ! Il se trouve que l'individu devient suffisamment indépendant. Il est suffisamment son propre pain de vie pour ne plus être attiré par qui que ce soit. Parce qu'en fait ce qui fait que l'homme a envie de se marier ou de vivre avec une compagne ou une compagne avec un compagnon, c'est l'attraction.
Ce n'est pas la pensée qui dit : “Tiens je suis toute seule, il vaut mieux que je trouve quelqu'un !”
Le disciple qui serait assez intelligent pour observer sa pensée, pensait cela, trouverait vite le moyen de se soigner, de ne plus être soumis à l'autre et de devenir fort. Simplement voici une pensée qui ne pense pas encore de la sorte, qui ne voit pas encore sa propre solitude et qui donc reste soumise à une attraction plus affective au physique.
La vie de couple en fait est une illusion autant qu'elle est une belle chose.
Cela peut être une belle chose si l'on sait que cela ne représente qu'une étape. Une étape pour l'incarner et une étape même dans la vie de la planète.
Il y aura un jour où les hommes, ou le genre humain n'aura plus besoin de procréer.
Si déjà on enlève du corps ce simple programme, ce simple devoir, l'on ne verrait plus beaucoup de couples. On verrait des paires d'amis, c'est certain. On verrait des paires d'âmes qui ont décidé de vivre ensemble parce qu'elles font quelque chose de très beau ensemble, parce qu'elles s'enrichissent ensemble. Mais l'on ne verrait plus autant de mariage, c'est certain !
Ce qu'il faut comprendre dans la vie de couple, c'est qu'avant tout il y a le devoir de la race et que l'homme ainsi rempli un devoir. Il est une âme et la Nature a réussi à lui préparer un corps pour son incarnation. Mais il doit quelque chose à cette Nature et il paye son tribut en perpétuant la race.
Je veux que ce soit bien compris. Si nous essayons petit à petit de prendre conscience des différents mécanismes d'illusions qui nous piègent, si nous essayons de les voir tous, il faut accepter que le romantisme disparaisse, qu'une certaine part de ce que vous appelez l'amour disparaisse.
Il ne faut pas voir ces choses avec un pincement au cœur, pas du tout ! Il faut accepter que ceci ne soit qu'une étape.
Si vous sentez qu'en vous le cœur flanche et que vous regrettez que la vie soit ainsi, cela veut dire qu'il existe une part affective trop profonde en vous. Et cela représente une faiblesse !
Je ne veux pas dire que l'amour est une illusion et que dès demain vous devez vivre seul pour apparaître comme de vrais disciples qui ont compris quelque chose ! Je ne prétends pas cela ! Je vous demande simplement de voir le mécanisme, voir le processus et ensuite d'y ajouter l'Amour, le vrai à ce moment-là. C'est au moment où je sais pourquoi je fais les choses et qu'en plus je les fais avec Amour, c'est à ce moment-là que je suis libre.
C'est au moment où je sais pourquoi je fais les choses et qu'en plus je les fais avec Amour, c'est à ce moment-là que je suis libre.
Alors qu'avant je ne suis pas honnête du tout. Avant, comme je l'ai dit si souvent, je suis un marchand et je marchande, j'ai un prix.
Marchandage
Si je me crois par exemple un beau garçon avec un statut social intéressant, avec de jolis muscles, une belle ligne, une belle voiture, j'ai un prix ! Je ne vais pas tomber amoureux de n'importe quelle fille qui sera serveuse dans un bar et qui aura peut-être déjà un enfant et peut-être même déjà quelques rides ou les seins tombants ! J'ai un prix ! Si je suis tout cela, il me faut une fille plutôt jeune, très jolie et si possible avec une petite dotte ou alors un grand cerveau qui lui permettra de bien travailler.
Par contre, si je suis mignon mais un peu petit et puis que je n'ai pas une maison à moi et pas une voiture de sport et puis je ne prends pas de longues vacances et je ne vais pas bien loin quand j'ai des vacances, à ce moment-là, j'ai un autre prix. Je me contente d'une petite caissière avec un chemisier à fleurs.
Chacun a son prix et on marchande.
Alors si je suis un petit être qui a un petit prix, je vais me contenter d'un petit être lui aussi, et je vais un peu plus être tolérant, quelquefois, pas toujours. Parce que je sais que je ne vais pas facilement retrouver une personne qui va m'accepter du fait que je suis en solde ! C'est normal, c'est psychologique !
Par contre, si je suis un objet rare, si j'ai un prix assez élevé, là je ne tolère rien ! La première ride, je change de femme ! C'est certain !
Et c'est ainsi que sans arrêt, l'amour a un prix.
La plupart des gens cherchent l'amour, invoquent l'amour, prient sur l'autel de l'amour, font brûler des cierges pour l'amour, pour que l'on puisse en faire rencontrer la bergère ou le prince charmant ou la riche héritière ou le riche rentier, etc. etc.
Et à l'instant où, même si un ange gardien voudrait répondre aux besoins affectifs de la personne, aux besoins connus et réels de la personne, même si l'ange gardien arrivait à manipuler la vie pour les faire se rencontrer, les deux saboteraient complètement la négociation : chacun à son prix.
Et chacun à son prix, y compris les amortissements ! C'est qu'on fait des calculs !
Voyons, si j'en épouse une qui a tel âge, 10 ans de bon, pas plus. Parce qu'après, la ménopause commence et c'est plus ça ! Et de la même manière, la fille se dit : “Ah ! J'aurais aimé qu'il ait quand même 10 ans de moins, parce qu'on sait qu'à 40 ans, la calvitie s'y met, ce n'est pas beau ! Le ventre commence à se détendre et il va jouer à la pétanque le dimanche et c'est fini !”
Et c'est ainsi que l'on fait de véritables marchés. Et on ose encore parler d'amour !
Cela m'étonne !
Cela me met quand même dans un émoi que je ne peux pas décrire. C'est celui-là même qui le réclame, c'est celui-là même qui pleure tous les soirs pour l'avoir, c'est celui-là même qui est prêt à se suicider quand il lui semble que l'amour lui échappe, et c'est celui-là même qui calcule son prix !
Alors où est le romantisme dans tout ça ? Où allez-vous chercher ce petit pincement de cœur qui vous fait mal quand je vous dis : l'amour est une illusion, le couple est une illusion ? Vous le savez très bien au fond de vous, puisque chacun a son prix. Vous le savez ! Mais vous ne voulez pas le reconnaître. Pourquoi ?
Parce qu'il faut rêver !
Rêver
Pas vrai ?
Eh oui ! Il faut rêver !
On veut absolument du rêve dans la vie.
Cette vie qui grisaille, qui est triste, à saumante, à cause de tous ces problèmes, à cause de toutes ces infirmités, à cause de tous ces manques de communication et ces laideurs. Il faut du rêve !
Et c'est dans l'amour que l'on met le plus grand rêve. C'est le grand paquet surprise. Eh oui !
Alors on dépose tout là-dedans comme si l'amour pouvait enlever tous les problèmes du monde. Comme s'il avait le pouvoir de rétablir tout le bonheur dans un être.
Cela lui est impossible puisque l'amour repose, dans votre esprit, sur les épaules de l'autre et l'autre n'est qu'un être humain, il n'est pas Dieu ! Il n'a pas ce pouvoir miraculeux de vous rendre d'un seul coup beau, intelligent et riche ! Même si la petite bergère que vous venez de rencontrer, suffisamment séduite, vous dit que vous êtes le plus beau, le plus grand, le plus riche ! Cela ne dure que quelques instants jusqu'au moment de passer à la caisse dans une pizzeria ! Eh oui !
Donc, que cherche l'homme dans cet amour ?
Il cherche d'abord à combler son vide. Des fois à combler sa vanité quand il se met à un prix très élevé, comme s'il était un produit de luxe. Ensuite, il veut rêver sur le compte de l'amour, échapper au quotidien morose. Il faut ce grand cheval blanc qui vient avec un beau prince charmant, qui emporte la jolie princesse dans sa robe de toile bleue, au milieu des petits lutins qui jettent du riz et du riz et du riz.
Si c'est cela que vous voulez, les producteurs de cinéma s'en chargent depuis déjà fort longtemps ! Et c'est d'ailleurs pour cela que vous faites leur richesse. Parce que vous retournez et vous retournez voir ces films. C'est certain ! Cela correspond à votre rêve.
Pourquoi est-ce que je veux tant rencontrer le prince charmant ? Pourquoi est-ce que je veux tant rencontrer la jolie bergère ?
Première étape, combler la solitude. Je l'ai déjà dit. Mais deuxième étape, essayer de la trouver ! Allez, réfléchissez !
Essayez de trouver.
Qu'est-ce que c'est qui me pousse à ce rêve ?
En plus de la grisaille, du besoin de changer. Qu'est-ce que c'est qui me pousse à cela ?
N'oubliez pas les clichés que j'ai employés : Prince charmant, jolie bergère. Mmm ? Allez, essayez de trouver !
Allez, on se presse un petit peu les neurones...
Allez !
Il y a une part de personnalité. C'est juste !
Poussez encore plus, encore plus, encore plus !
Pourquoi est-ce que la jeune fille veut son prince charmant et le jeune homme sa jolie bergère, très jolie, extraordinaire !
On pousse, on pousse, on pousse ! Il faut faire une petite pirouette.
Il faut connaître quelque chose en psychologie, là, pour trouver.
Allez, on pousse, on pousse, on pousse, on pousse ! Poussez plus loin que la personnalité !
Qu'est-ce que c'est qui est plus gros que la personnalité ? Qui en fait le plus gros défaut ? Qui est la chose toute vilaine, le vice ?
On pousse, on pousse !
La vanité !
La vanité
Eh oui ! Encore une affaire personnelle qui n'a rien à voir avec l'autre que je prétends aimer.
Ma vanité.
Pourquoi est-ce que je veux un prince charmant ? Ce n'est pas pour que le prince charmant tombe enfin sous ma fenêtre. Je m'en moque du prince charmant ! Je m'en moque complètement en fait ! Je veux moi-même être une princesse ! C'est ça mon piège !
Et pourquoi est-ce que je cherche la jolie bergère extraordinaire, remplie de boucles, qui sait chanter comme un oiseau ? Je me moque de cette bergère ! Je veux être un prince !
Donc on voit que, sans arrêt, l'homme fait des retours sur lui-même, en pensant qu'il va vers l'autre, en pensant qu'il aime l'autre, en pensant qu'il veut du bien à l'autre, qu'il va exister pour l'autre. Sans arrêt, il se sert de l'autre pour exister, pour faire exister quelque chose qui est en lui et qui est soit sa vanité, soit son besoin de se remplir de sécurité, etc. etc. Vous pouvez vous-même combler la liste.
Alors ensuite, lorsque l'on a un pincement de cœur parce que l'on est romantique et que l'on pleure sur le fait que je dis : “le couple est une illusion”, rendez-vous compte à quel point vous vous mentez à vous-même !
Alors qu'allez-vous faire en sortant d'ici ? Est-ce qu'il faut divorcer ? Est-ce qu'il faut devenir des ascètes ?
Ce n'est pas comme cela que je vois la vie, absolument pas !
Il faut aimer, il faut se laisser attirer par l'autre, même sexuellement puisque la Nature réclame son dû et veut faire des bébés. Il faut laisser la vie avoir lieu. Simplement faites-le honnêtement, sans y mêler la pensée, sans y mêler la vanité. De ce fait, le couple idéal va exister, ça c'est certain. Mais il existe d'une manière bien différente à ce moment-là.
Le couple idéal
On n'attend plus que l'autre pense ceci ou cela pour que l'on se sente fort, beau ou honnête ou en sécurité. On s'assume totalement et on partage avec l'autre au moment où il en a besoin, au moment où il est fatigué. On s'assume complètement et on donne à l'autre.
Ce qui fait que l'on est plus à même aussi d'exiger de la part de l'autre lorsque soi-même l'on est fatigué. On a le droit de réclamer, parce que l'on a donné une nourriture authentique et on a le droit d'être, à un moment donné, remboursé, c'est certain.
Mais si dans la situation on a entremêlé toutes ces vanités, l'on s'aperçoit que jamais l'autre ne peut répondre à notre besoin. C'est une loi occulte ! Jamais l'on ne trouvera un soutien !
Pourquoi ?
Parce que l'on se place le niveau de vie, le niveau de conscience à un endroit où il n'y a pas la vraie communication, il n'y a que de l'exploitation.
Donc au moment où l'on espère une vraie communication, eh bien elle n'y est pas parce que l'on n'a pas hissé l'autre à ce niveau. On l'a laissé vivre dans les caves de la psychologie et le couple a pris l'habitude, depuis des années, des années à vivre ainsi.
Et le jour où il y a un véritable besoin de communication, patatraque !, plus rien. Tout simplement parce que cela n'a jamais existé.
Et c'est ainsi que durant les moments très forts, des couples se désunissent parce qu'ils s'aperçoivent qu'en fait, ils n'étaient pas ensemble !
On ne peut pas précipiter une union. Quand l'on passe des années, voire des incarnations à vivre de cette manière, on ne peut pas précipiter en deux minutes ou en une heure une véritable union. Cela prend du temps.
Même si soi-même l'on se sent capable de le faire à la vitesse de l'éclair, il faut que l'autre y vienne. Et il faut apprendre les codes de cette nouvelle communication. C'est une autre façon de vivre.
Donc, pour nous, l'idée du couple non seulement est une illusion mais c'est surtout l'endroit des plus grands crimes, des crimes contre l'humanité.
Au nom du couple et au nom du mariage, des hommes tyrannisent des femmes et des femmes tyrannisent des hommes et les enfants qui sont au milieu. Au nom du couple et du pouvoir qui est consigné selon les époques ou à l'un ou à l'autre, on commet des aberrations, on exploite des personnes, on assassine même des personnes. Combien de femmes ont été assassinées dans les temps anciens, parce que le divorce n'existait pas et que le mari voulait absolument se débarrasser de sa vieille femme ? Combien, de la même manière, des femmes ont fait assassiner leur mari, parce qu'elle préférait un nouvel amant mais elle ne voulait pas quitter la fortune du vieux mari ? De graves crimes contre l'humanité ont été commis à cause du couple, que l'on érige soit en institution ou que l'on conserve comme romantisme.
Combien de jeunes filles, d'ailleurs, perdent leur vitalité, perdent leurs occasions de faire des vies épanouies parce que trop romantiques, elles s'envolent, justement, avec leur prince charmant ? Le premier qu'elle croise. Elle saute par la fenêtre et nous voici partis ! Dans sa tête, tout est neuf, tout reluit. Elle voit un prince charmant, elle voit un beau cheval et le lendemain, elle ne voit plus qu'un bossu sur un mulet ! Mais voilà, on est partis de la maison. C'est fini. On a cassé quelque chose. On a même cassé la jeune fille qui désormais est en colère, qui désormais va lutter contre les hommes, va vouloir saccager les hommes ! Et on la voit ainsi, dès le lendemain, se parer de bottes de cuir et s'armer d'un lasso pour faire valser ces animaux. Parce qu'elle se croit trompée, grugée, duppée. Et ainsi, tous les hommes qui passeront dans sa vie vont payer la note de ce rêve frustré.
En fait, elle ne s'est que trompée elle-même. Elle voulait un rêve, elle ne l'a pas eue. Alors tout le monde va payer !
De la même manière, les hommes aussi règlent leurs comptes et souvent cela retombe sur les enfants ou sur les employés dans le milieu professionnel.
Des fois cela retombe aussi sur Dieu en personne, si je peux l'appeler comme cela. Parce que l'on rentre dans la méditation avec tous ces rancœurs et on les jette à la face de l'âme. L'âme ne peut rien faire, ce ne sont que des rêves !
Comment se débarrasser de l'idée du couple ?
Se débarrasser de l'idée du couple
D'abord comprendre que le romantisme, comme je l'ai décrit tout à l'heure, est une étape de la vie, une étape de la pensée. Une pensée qui idéalise tout.
Maintenant essayons de voir pourquoi l'homme idéalise.
Allez, on sort les copies et on réfléchit une minute ! On fait tourner les neurones, on respire un grand coup. On redresse le dos, on ne peut pas réfléchir avec un dos voûté, c'est impossible ! Pourquoi ? Parce que les énergies ne circulent plus, elles sont atrophiées et le cerveau s'asphyxie !
On réfléchit.
Pourquoi l'homme idéalise ?
On est allé suffisamment loin dans le discours pour que chacun trouve la réponse. Pourquoi il idéalise ?
« Besoin d'embellir », on me dira. Oui, c'est une partie de la réponse.
Mais pourquoi il veut embellir ?
Parce qu'il n'est pas content de ce qu'il a. Une partie de la réponse.
Mais pourquoi il n'est pas content de ce qu'il a ?
Allez, on a presque la réponse ! Allez, vite, on pousse, on pousse, on pousse !
Pourquoi il n'est pas content de ce qu'il a ? Qu'est-ce qui lui manque ?
Allez, on trouve !
Ça y est, on l'a trouvé !
Il lui manque Dieu.
Eh oui !
Toujours la même histoire !
Quel que soit le problème que l'on aborde et que l'on essaye de comprendre, on revient à ce manque initial.
J'ai perdu Dieu ! Il m'a abandonné ! Je ne sais plus que je suis lui ! On me le dit mais je ne le sens pas ! J'ai beau méditer ou prier ou faire des invocations ou des incantations ou des rituels, cela ne me remplit pas de Dieu ! À défaut de se remplir de Dieu, de connaître Dieu et de ressentir Dieu, alors l'homme avec sa pensée créatrice et maladroite, l'homme va tout idéaliser.
Et c'est ainsi que toutes les fonctions de la Nature, même elle, la pauvre, se trouvent idéalisées. Elle ne peut pas répondre à ce besoin si grand d'idéal. Elle n'est que la Nature, même si elle est belle, même si elle est le reflet de la Divinité. Elle est une suite de Lois et elle ne peut pas remplir l'homme de ce qu'il cherche.
Idéalisme
Chaque fois que vous croisez quelqu'un que l'on pourrait dire idéaliste, sachez que c'est une âme qui se cherche, qui pleure le Dieu qu'elle ne voit pas encore.
Même à travers l'art, tous les arts, c'est encore la recherche de Dieu, le manque de Dieu qui pousse l'homme à fabriquer quelque chose, pour s'exprimer, pour aller plus loin, en lui, à un endroit où il aura l'impression de rencontrer quelque chose de très grand, qu'il appellera peut-être l'inspiration, mais qui sera une source qui le remplira. Et le fait d'être rempli, c'est ce qui lui donnera la joie d'être.
Bien sûr, chez l'artiste, cette joie d'être, cette certitude qu'il existe, cela peut devenir une cause de vanité, puisque c'est repris en main par l'ego qui se dit : “Moi j'existe et les autres n'existent pas.” Mais pour l'homme de la foule, pour l'homme de la ville, des montagnes, pour le petit berger, pour le petit mécano, pour le prof quelque part dans son université, pour la couturière, pour la mère au foyer, pour le malade dans un hôpital, se remplir de quelque chose est un acte plus difficile, parce que tous les jours l'institutrice va aller à l'école pour instruire, chaque jour le mécanicien va aller au garage pour réparer, chaque jour le malade va se retrouver dans l'hôpital pour essayer de se soigner, chaque jour la mère au foyer va se lever pour nourrir, entretenir ses enfants... Et pour tous ces gens, la plupart de ces gestes ne signifient pas la présence de Dieu et ne les remplit pas.
[...] créé toutes sortes de joies de vivre, en ayant recours à toutes sortes de plaisirs. Ces plaisirs créent dans mon être des déflagrations, des vibrations qui, le temps de cette explosion, me rendent étonnamment vivants. Et je sacrifie toute ma vie, tout mon être, toute mon énergie sur l'autel de ces quelques secondes de certitude, certitude d'exister.
À l'instant où je jouis d'un plaisir immense, soit le plaisir d'être avec des amis, soit le plaisir de fumer, de boire, de manger, de partir en vacances, de penser aux étoiles - peu importe ! - je crée en moi une vibration intense qui me prouve que j'existe et je sens ma vie, je la ressens et je suis heureux. Mais sitôt après, de nouveau le vide et de nouveau malheureux. Donc de nouveau je cherche des excitations pour être vivant.
On a beau critiquer tous les plaisirs, tous les désirs, pour moi ce ne sont pas des choses condamnables, ce sont des détresses. Les détresses d'une entité, d'un individu qui essaye par-delà la mort de se hisser dans la vie. Malheureusement il ne s'y prend pas avec les moyens les plus efficaces et ça c'est son problème.
D'où sont besoin sans cesse de renouveler les vibrations, donc les plaisirs.
D'où, sans cesse, son besoin de passer à des plaisirs plus grands.
D'où sa terreur de risquer un jour la déception. C'est un risque qui ne peut pas se permettre parce que la déception ça veut dire l'arrêt de la vibration donc la mort !
Comment allons-nous, petit à petit, nous remplir ?
Se remplir de vie
C'est quelque chose de très simple, une fois que l'on sait que l'on a peur de cette mort constante que l'on transporte, une fois que l'on sait que l'on utilise tous les moyens qu'offre la nature pour sortir de cette mort, il est facile de devenir vivant, très facile !
Je m'assois, je donne mon corps à l'âme, je m'offre complètement à l'âme, à ce grand pouvoir de vie.
Je ne fais pas simplement don de ma vie à un Maître pour qu'il m'adombre, afin de servir, pour aider les hommes. Je fais don de mon corps à l'âme. Et ainsi, je sens que, complètement et totalement, mon corps se détend, qu'une vibration particulière parcourt tous mes membres. Qu'étonnamment le corps devient comme vide, il devient une cavité, prête à recevoir quelque chose.
Et là, très vite mais gentiment, avec toute l'intention de mon cœur, je monte vers l'âme.
Je peux imaginer que, comme un plongeur qui remonte à travers la mer, à travers les flots, de la même sorte, je remonte jusqu'à un lotus magnifique, dont la racine plonge jusqu'à moi. Et en remontant, je suis cette racine jusqu'au lotus.
Et là, de nouveau, comme un plongeur habile et souple, je m'installe dans le lotus et je fais méditer cette petite personne, que je fais vivre en imagination, bien sûr, mais qui est cependant réellement moi-même. Je la vois dans ce petit lotus en train de méditer et je la fais méditer. Et en faisant méditer cette image, petit à petit, je calme ainsi ma propre pensée.
Je provoque petit à petit la méditation en moi-même. Et ensuite, la surprise se produit.
Je peux avoir le sentiment d'être un bout d'Univers.
Je peux d'un seul coup voir la Lumière ou rencontrer un être Lumineux.
Je peux me remplir d'énergie ou de béatitude.
Peu importe !
Laissez venir ce qui doit venir.
Mais chaque jour, faites monter ce petit plongeur, mettez-le dans le lotus et faites le méditer tranquillement.
Et vous verrez que votre pensée, qui va travailler à essayer de faire tenir ce petit homme en place, chaque fois que vous aurez envie de bouger, c'est ce petit homme qui va bouger. Chaque fois que vous aurez envie de penser, c'est ce petit homme qui va s'agiter.
Vous avez du mal à contrôler votre propre pensée, tant qu'elle est une chose abstraite qui vous traverse. Cependant, l'exercice devient plus facile quand, par votre pensée, vous essayez de maîtriser la pensée de ce petit homme.
Utilisez, si cela vous plaît, cet exercice pendant quelque temps.
Et vous verrez que, peu à peu, vous allez vous remplir de la sensation d'exister.
Pourquoi ?
Tout simplement parce que les énergies de l'âme, je ne voudrais pas rendre les choses trop schématiques, mais on peut en parler ainsi, les énergies de l'âme vont commencer à vous remplir, effectivement ! Vous avez, d'un seul coup, l'impression de connaître votre vie, de sentir quel est votre destin, de sentir ce que vous devez faire.
Tout ce que vous demandiez autrefois, en prière, aux Maîtres ou aux anges ou aux dévas, d'un seul coup, cela sort de vous-même. Vous devenez votre propre guide. Vous présentez votre vie, vous présentez ce que vous devez faire, ce que vous ne devez pas dire, où vous ne devez pas aller, etc.
Et, petit à petit, le capital personnalité se transforme pour devenir un instrument et non plus exister uniquement que de par soi-même. Cela devient un prolongement de l'âme et l'instrument de l'âme dans la Matière.
Et c'est à ce moment-là que l'homme va faire toute chose qui correspond à la montée de la Kundalini.
Jusqu'à présent, l'homme a essayé simplement de régler ses problèmes, de devenir heureux, de se débarrasser de ses illusions, d'apprendre à méditer, essayer de le faire le mieux possible. À partir de ce moment-là, il va ressentir tout ce qu'il doit faire pour réveiller sa Kundalini.
Ce n'est pas une volonté personnelle, c'est une éclosion. Puisque l'âme commence à avoir contrôle sur son instrument, qui est la personnalité, alors l'âme voit à ce moment-là l'heure pour faire remonter l'énergie qui était dans la Matière. Et c'est ainsi que le disciple devient cet authentique disciple auquel tout le monde aspire, qui est rempli soit de discipline et de l'allégresse de la discipline.
La Discipline
Beaucoup d'individus se disent : “La spiritualité c'est bien beau, ça m'intéresse, ça m'attire, mais mon Dieu que c'est compliqué toute cette discipline, mon Dieu !” Et ils se retournent vers Dieu en lui disant : “Écoute, nous t'aimons mais si tu n'avais pas rendu les choses si rébarbatives, tu aurais plus de fidèles !” Il est vrai que lorsque l'on fait le compte de tout ce qu'il ne faut plus faire, de ne pas trop faire, etc. Forcément, pour un jeune disciple, la tâche semble lourde ! Pourquoi ?
Parce qu'il a une vision négative. Il voit toutes les choses en il ne faut pas que, il ne faut pas que, il ne faut pas que, il ne faut pas que. Et qu'est-ce qu'il reste ? Il ne reste que la méditation !
Quitter un tal amas de plaisir, un tal amas de vibration qui donne cette impression d'exister, pour uniquement conserver la méditation qui ne nous remplit pas encore de Dieu, forcément là, de nouveau, le marché est difficile !
La discipline donc pour le disciple débutant est quelque chose qui semble très sombre, dure, triste. Pourtant, la discipline en réalité est une beauté. C'est un art de vivre. Oui, c'est un art de vivre !
L'Art de Vivre
Pour l'initier à être discipliné cela n'existe pas. Il ne pense pas en termes de discipline. Pour lui, il y a un art de vivre qui va de soi !
Quand on est intelligent, quand on est réveillé, quand on connaît les dangers, quand on préfère être heureux plutôt que malheureux, il y a un art de vivre.
Mais voilà pour le petit homme de la foule, cet art de vivre semble être une prison, un lieu de malheur. Comme quoi l'un et l'autre n'ont pas la même appréciation.
Si vous savez que la crème au chocolat vous rend malade, étant donné que la santé c'est ce que vous voulez avant tout, pour un être intelligent, le choix sera vite fait. La santé dépend du fait que je ne vais pas manger trop de crème au chocolat. Mon art de vivre est celui-ci.
Qu'est-ce que c'est qui fait que je ne suis pas capable de comprendre cet art de vivre et que je me jette sur la crème au chocolat ?
Comme j'ai dit tout à l'heure, c'est parce que je veux me combler avec tout et avec n'importe quoi ! Et plus mes vibrations sont basses et plus j'aurai recours à des choses en provenance de la Matière, comme la nourriture, les alcools, les drogues, l'orgueil, etc.
Plus je commence à m'élever, et mon intelligence s'élève avec moi, plus je contemple ces choses comme étant des prisons, alors qu'autrefois, ces choses illuminaient ma vie.
Qu'est-ce que c'est qui fait que d'un seul coup, ce qui était une prison je peux le contempler comme tel et je vais vers une plus grande Lumière ? Qu'est-ce qui s'est passé en moi ?
Est-ce que j'ai rencontré Dieu ? Pas forcément. La plupart des gens qui ont de la discipline n'ont pas forcément rencontré Dieu, ne sont pas forcément des grands initiés.
Ils ont souffert.
Vous avez donc le choix pour comprendre que l'excès de chocolat est très mauvais pour votre santé. Vous avez le choix entre la compréhension immédiate à cause de ce que je vous dis, de ce que l'on partage aujourd'hui, entre cela et la souffrance du fait que vous allez être malade et que vous allez payer le prix de votre mirage. Et ainsi de suite pour tous les repères dont je me goinfre dans la vie.
Si je ne comprends pas parce que je me réveille, je souffre donc je comprends finalement. Mais pendant que je souffre, j'appelle tous les dieux de l'Univers à me soulager. Pendant que je souffre, j'invente même Dieu, puisque je souffre. Et c'est ainsi que l'Humanité souffrante crée à chaque vague de grande souffrance planétaire toutes sortes de dieux, toutes sortes de religions ou de cultes.
Lorsque l'on se trouve dans des périodes de vie assez faciles, dans des petits ou des grands Âges d'Or, il n'y a l'éclosion d'aucun culte, d'aucune religion. Les initiés passent, discutent, libèrent, quand les disciples acceptent d'être libérés. Mais il n'y a pas création de cultes pour autant.
Par contre, dès que l'humanité est prise dans une tourmente de souffrance, l'homme, pour se faire moins peur, va créer toutes sortes de dieux et de cultes, va attendre désespérément le Messie et préfabriquer des Messies avant l'heure, de façon à avoir moins peur ! Et aujourd'hui on voit dans la plupart des religions, les esprits attendre le retour du Christ, qu'il s'appelle Christ, Maitreya, ou Imam Mhadi ou quoi que ce soit d'autre. Chaque religion est dans l'expectative.
Vous allez me dire : “Oui mais c'est pas ce qu'on en a aussi parlé. On nous a dit qu'il allait revenir !”
Oui, on dit plein de choses ! Ce n'est pas pour autant que vous fabriquez des cultes autour de ce qui est dit. On dit aussi que dans quelques heures il y aura 10 000 personnes de plus au chômage. Vous ne vous précipitez pas pour quitter votre emploi pour devenir chômeur, afin que cette vérité existe ! On dit toutes sortes de choses et vous n'allez pas fabriquer la chose.
Je cite l'exemple du chômage, mais c'est un exemple très vrai. Seulement l'homme est assez intelligent pour ne pas quitter son emploi, afin de ne pas faire exister cette idée des 10 000 chômeurs en plus. Parce qu'il ne veut pas être chômeur, non ! Il sait qu'il y a de la misère dans le chômage. Donc, il refuse de suivre les pronostics. Il ne va pas alimenter cette idée qui est lancée, parce qu'il sait qu'il va souffrir.
Tandis que, sitôt que l'on touche des domaines où la conscience est beaucoup moins éveillée, où l'on va justement projeter une multitude de choses que l'homme ne s'avoue pas, à ce moment-là, l'homme, oui, va quitter quelque chose pour aller incarner la prédiction. Parce que cela correspond à son rêve, à son désir, à sa folie ! Être chômeur, cela ne correspond pas à sa folie. Il est assez réveillé pour savoir qu'il y a la misère. Par contre, être le disciple du Christ ou de Maitreya, ça, oui, ça correspond à sa folie. Ça, oui ! Alors, effectivement, il quitte l'endroit où il se trouve pour rejoindre ce groupe où l'on devient le disciple expectatif du retour du Christ.
Est-ce qu'en disant ces choses, je renie le retour du Christ ? Est-ce que j'amoindris l'image du Christ ? Non, pas du tout !
J'essaie de vous montrer qu'est-ce qui vous motive dans la circonstance. J'essaie de vous démontrer ce qui vous pousse vers le Christ. J'essaie de vous montrer les constructions de pensée que vous subissez et qui fabriquent les grandes religions et certains cultes, parfois très néfastes, qui sont des offenses à l'intelligence humaine et au progrès humain.
Comment cela se fait que votre enfant va tomber dans ce piège ? Comment cela se fait que, vous, vous allez y tomber ou que votre voisin ou que votre ami ou que votre compagne ou compagnon va y tomber ?
Parce que cela correspond à son rêve. Parce qu'il ne voit pas ce qu'il lâche au profit de ce rêve. Il n'en est pas conscient. Il surdimensionne d'ailleurs le rêve.
Le retour du Christ
Alors de quelle manière j'estime la vérité quant au retour du Christ, la descente d'un Avatar, etc. ?
Pour nous, toutes ces choses sont naturelles, très belles mais naturelles.
Regrettables d'une certaine manière. Pourquoi ?
Parce que l'on voit ainsi des millions d'hommes s'attrouper autour d'une Lumière alors qu'eux-mêmes sont la Lumière. On voit à la suite des millions d'hommes ériger des systèmes pour faire prévaloir leur idée ou pour perpétuer ce qu'ils ont compris de cette Lumière. Et pour perpétuer ce système, on voit ces millions d'hommes persécutés d'autres hommes, aliéner l'intelligence humaine, etc.
Cependant, il faut savoir que les grandes religions sont une nécessité, une forme nécessaire de certains mirages, afin de sortir de mirages moins épais ou plus épais vers d'autres mirages qui seront à leur tour dissipés.
C'est pour cela que la Quête de la Vérité est un rêve sans fin pour le disciple.
La Quête de la Vérité
À partir du moment où il comprend qu'il est en train de franchir des étapes, que progressivement il est en train de réveiller sa conscience et qu'il va passer à travers les différentes étapes de ce réveil, la Quête de la Vérité est quelque chose qui apparaît comme un rêve à ce moment-là parce que je ne peux avoir que la vérité à laquelle je me réveille !
Dès que j'ai les yeux ouverts le matin, à quoi je pense ?
Si c'est un jour de travail, je pense d'abord à me dépêcher, ensuite petit-déjeuner, toilettes, ensuite vêtements, et je pense au parcours que je vais avoir à faire, le temps qu'il me faudra d'ici au premier feu rouge et du premier au deuxième. C'est ça ma réalité, les cinq premières minutes de mon réveil. Eh bien dans le réveil spirituel, c'est la même chose !
Les cinq premières minutes sont typiques. On aura des préoccupations typiques dues à ces cinq premières minutes, donc dues à cette étape.
Et ainsi de suite, ma journée grandit, voilà que je suis à mon travail. Quelle va être ma préoccupation à ce moment-là ? Je pense d'abord à me faire bien voir. Je marche droit ! Parce que je dois impressionner mon entourage. Cela peut me faire ou gagner du galon, ou cela peut me permettre de me marier avec le directeur. C'est important !
On ne sait jamais sur quel tableau se place l'avenir !
Ensuite, je pense à tous mes dossiers que j'ai en attente, et je pense à la pause de dix heures et à la cantine à midi où je vais pouvoir croiser Pierre ou Jacques, celui qui a la belle raie sur le côté et qui me fait des sourires.
Et puis cette matinée se passe et il se passe tout autre chose que ce que je prévois dans les cinq minutes où je traverse le couloir.
Puis arrive la sortie du travail. À quoi je pense ? Je pense automatiquement à la détente, au film que je vais voir ce soir à la télévision, ou à la rencontre que j'ai avec des amis, à la boutique où je dois passer, prendre un vêtement que j'ai commandé. Je vais peut-être même aller flâner au bord de l'eau ou dans la forêt.
Cependant, il se passera peut-être tout autre chose. Je serai peut-être pris dans les embouteillages. Je vais peut-être rencontrer un ancien ami d'école et passer la soirée avec. Ou peut-être, d'un seul coup, je vais ouvrir la radio et entendre quelque chose, un discours qui va me faire réfléchir énormément sur la grandeur de l'Espace, sur la question de Dieu, sur la maladie qu'est le cancer, sur pourquoi le SIDA, etc.
Ainsi, toute ma journée se déroule exactement comme mes plans de conscience se déroulent.
À chaque étape, j'ai ma préoccupation, ma vision, ma prévision qui peut être contredite par ce qui arrive effectivement. Car la Réalité s'impose toujours.
La Réalité s'impose toujours.
Ce n'est pas la mienne qui va régner, c'est la Réalité qui va régner.
Alors voilà un deuxième mot très important qui vient d'être relevé : Réalité !
La Réalité
Le disciple est en Quête de Vérité et il lui tombe sur la tête la Réalité.
Quel message il y a là-dedans ?
On sort les copies, on réfléchit quelques secondes !
Quel message il y a là-dedans ?
Si j'avais le temps, si j'étais un peu plus proche de vous, c'est sur cette question que je vous renverrai chez vous, je vous ferai travailler pendant sept jours. Vous devriez analyser les divers plans de la question, donc de la réponse, et nous en parlerions ensemble la prochaine fois. Mais voilà les temps ne sont plus ce qu'ils étaient ! Donc il faut faire très court ! On ne sait même pas si l'on se reverra après tout !
Autrefois c'était bien plus sympathique. Nous pouvions marcher, beaucoup plus présent, même si l'on se tenait encore à distance parce que l'on manœuvrait plus à travers un initié que ce que l'on s'incarnait. Mais les peuples nous recevaient, on pouvait avoir un coin bien à nous je dirais, c'est-à-dire un endroit où effectivement s'érigeait un temple de sagesse, où les hommes qui avaient envie de comprendre et de rencontrer quelque chose pouvaient venir étudier, comprendre, élever leurs pensées, méditer, puis se purifier, etc. Et c'était une rencontre particulièrement belle parce que l'on voyait un jeune Dieu, tout neuf, renaître ainsi de ses langes. Alors que nous connaissons le Grand Dieu, Celui que vous aussi vous aimez et invoquez, et qui est Notre Roi quand on le considère dans l'Espace.
C'est très étonnant de voir à quel point le Roi de l'Espace est l'Enfant de la Terre. De le savoir Roi là-haut, intelligence suprême qui règne sur tout, et de Le voir renaître là, dans des langes humides, au travers de la vie d'un être, au travers de sa psychologie, de son cœur, de ses souffrances. C'est très étonnant ! Je dirais que c'est un beau spectacle ! Et c'est ce qui nous motive énormément !
C'est ce qui fait que l'on accepte de faire très court. C'est ce qui fait que l'on accepte de discuter, même si l'on sait que cela ne mène pas très loin la discussion.
Il me faudrait beaucoup plus de temps pour réveiller chez vous des résonances ! C'est grâce à ces résonances entre les colonnes que l'homme se réveille. Ce n'est pas parce que d'un seul coup l'on dit : “c'est que ceci, c'est cela !”
Il faut préparer le terrain pour que quelque chose germe et pousse. On ne peut pas d'un seul coup dans un terrain où il y a beaucoup de choses, beaucoup d'herbes, des arbres, etc. On ne peut pas faire un trou avec un foret, poser la graine, mettre de l'eau et attendre que ça pousse. Cela fait toutes sortes de souffrance et de distorsion. Quand l'on pouvait disposer de toutes ces colonnes, on préparait le terrain et on pouvait créer la résonance.
Ne parlons plus du passé puisqu'il n'existe plus, mais en deux secondes créons cette résonance.
J'arrête d'affirmer et vous réfléchissez !
On réfléchit !
La question était : quel est le sens entre la Vérité que cherche le disciple et la Réalité qu'il rencontre ? Quel est le sens de cette démonstration ?
Et on se place entre les colonnes et on écoute le vent !
On se vide !
On écoute le vent !
Et on laisse apparaître !
Quoi que ce soit qui vous vienne à l'esprit, recevez-le !
Ne vous demandez pas si c'est la vérité ou pas. Arrêtez avec ce diable qui est la vérité ! On n'ira nulle part. Tant qu'il agitera sa fourche, on sera dérangé !
On ne se demande pas si c'est la vérité. On reçoit ce qui nous convient.
On laisse les divers plans se réveiller, petit à petit.
Aujourd'hui vous ressentez quelque chose. Demain vous reposez la question. Vous retournez entre les colonnes dans le temple, au-dessus de la mer, et vous recevez autre chose.
Entre temps, restez silencieux.
Pas besoin de le dire à qui que ce soit ! Car une vérité qui change, ça ne fait pas bonne réputation ! Je vous le dis !
Toutes les démarches sont silencieuses.
On n'a pas besoin de passer pour quelqu'un qui sait quelque chose. On est beaucoup plus vrai si on passe pour quelqu'un qui ne sait rien, mais qui est simplement en état d'expérience. Si vous voulez, de la part de la Fraternité Cosmique ou de la Hiérarchie, appelez cela comme vous voulez, si vous voulez passer pour un vrai disciple, cette Fraternité doit entendre de votre part ces mots : “Je ne sais rien mais je cherche ! Je ne sais rien mais je suis prêt à toutes les expériences !”
Et c'est l'expérience qui me tire vers la Vérité. Ce que je peux affirmer ne sera pas vrai. Cela ne démontrera que ma folie. Rien d'autre !
De quoi pouvons-nous discuter alors me direz-vous ?
Pourra-t-on discuter encore alors de la réalité du Soleil ? Est-ce qu'il est chaud ou froid ? Pourra-t-on encore discuter si le corps éthérique existe ou pas ? Pourra-t-on encore discuter de la réincarnation ou pas ?
De seul coup on se dit : “Mais on ne peut plus rien discuter alors. On va se regarder droit dans les yeux. On ne pourra plus dire quoi que ce soit parce que chacun aura sa version. On ne saura même pas si c'est vrai, demi-vrai, un quart de vrai, un dixième de vrai !”
Et voilà que d'un seul coup toute la vie sociale semble bouleversée, n'est-ce pas ? Eh oui !
Et ceci démontre bien, cet impasse que l'on ressent démontre bien à quel point l'on est piégé par le système qu'est la pensée. Ce système ou cette névrose de la pensée qui veut la vérité !
Vous pouvez discuter de tout, absolument de tout, même de ce qui n'est pas vérifié ou pas vérifiable. Discutez-en ! C'est tout ! Ne cristallisez pas !
Et si vous discutez de cette manière-là, sans cristalliser, c'est à ce moment-là que l'Entité qu'est la Sagesse. Car il y a de Grandes Entités dans le Cosmos. On a beau dire que le Cosmos est une Vie en soi et que les Entités ne sont que des facettes de Dieu. Ces facettes existent quand même d'une certaine manière. Et lorsque la Déesse de la Sagesse repère un groupe qui s'amuse ainsi à jongler avec la pensée pour espérer, humblement, aller plus loin. Disposant ainsi d'un groupe où il y a une forte énergie et une grande liberté, la Déesse va pouvoir s'exprimer. Elle va adombrer dans une profonde méditation ainsi tout le groupe.
Et c'est ainsi qu'au fur et à mesure, le premier va dire un mot de vrai. Le second, tout en s'amusant va dire : “Mais tiens, ce serait pas mal si on rajoutait ceci et cela !” Et le troisième va rajouter quelque chose. Et le quatrième, et le cinquième, et le sixième. Et ainsi, la vérité aura été dite, bout par bout, par chacun des individus. Et lorsqu'ainsi, un groupe découvre une vérité. Puisqu'il l'a découvert en étant ensemble. À ce moment-là, il arrive au groupe la plus belle des choses qui puissent exister. Les consciences individuelles disparaissent. Et ils se fondent dans une magnifique unité qui déclenche une comète extraordinaire qui se voit même dans le ciel !
Elle, mais il faut avoir l'esprit du jeu. Il faut avoir beaucoup d'amour. Et il faut aimer tellement la Vérité, la Lumière. Que l'on ne se permette jamais de se cristalliser autour d'une idée. La Vérité c'est toujours une idée plus loin, une idée plus loin, une idée plus loin.
Alors, est-ce qu'on a reçu quelque chose ?
Voici le disciple qui cherche la Vérité et il ne reçoit que la Réalité.
Je vous conseille, même si je vais faire une petite réponse.
Je vous conseille de garder ceci comme méditation et d'y travailler. De l'écrire jour après jour, une certaine analyse. Je vous conseille de le garder comme sujet de méditation et de composition. Plus vous allez vous efforcer à méditer sérieusement ce genre de sujet, plus vous allez avancer et déclencher des formes d'intuition.
En vous voyant inquiet à propos de la Sagesse, au moment où vous êtes libre et ouvert, l'âme va vous répondre. C'est son intérêt, elle veut vous voir revenir au Royaume.
Donc, voici le disciple en Quête de Vérité. Il est anxieux, il en transpire, il en est fébrile. Pour se remplir de Vérité, il se vôtre dans les livres qu'il ne quitte pas jusqu'à des heures tardives de la nuit ! Il appartient à toutes sortes de groupes, il fait toutes sortes de séminaires ! Il va vers toutes sortes de prêtres, pratique toutes sortes de religions. Et en lisant et en faisant toutes ces choses, il se met à croire.
Plus il est intelligent et plus il va croire des choses apparemment intelligentes, c'est certain. Plus il sera à même de sélectionner ce que l'on pourra appeler les meilleurs livres. Il semblera donc très crédible aux yeux du plus petit. Par contre, celui qui est moins développé, celui-ci va se gorger de livres plus faciles et de concepts plus faciles. Et c'est ainsi que l'on voit dans la soi-disant spiritualité toutes sortes de niveaux. Mais ce n'est là que le brio de l'intelligence à un être qui est en Quête de Vérité et qu'il la cherche avec les moyens dont il dispose, c'est-à-dire sa tête, son mental.
Et si d'un seul coup je t'enlève la tête, comment tu fais maintenant ? Avec quoi tu joues le jeu ? Avec quoi tu grandis ? Avec quoi tu fais ta Quête ?
Tu vas me dire : “il me reste le cœur.”
Eh oui, il te reste le cœur.
Et c'est sur ce point-là que vient taper la Réalité. D'une façon erronée et aveugle, tu cherches la Vérité. Mais la Réalité, elle, qui est une sorte d'annonciatrice de la Vérité, la Réalité, elle, cherche à ouvrir ton cœur.
Tu cherches dans tous les livres, par exemple, comment la Terre s'est créée, qui sont les Grands Dieux qui ont créé les hommes, et qu'est-ce que tu as dans ta vie de tous les jours ? Que des problèmes ! Des problèmes au travail, des problèmes dans ta vie de couple, des problèmes avec tes enfants, des problèmes de fin de mois, des problèmes d'esthétique, des problèmes de santé, que des problèmes !
Tu cherches auprès de toutes sortes de gourous, la parole qui fera que, d'un seul coup, tu as tout compris, et qu'est-ce qui arrive dans ta vie au moment d'aller voir ce gourou ? Tu rates l'avion, ton billet n'est plus bon, on ne te le rembourse pas, et tu n'as plus d'argent pour rentrer chez toi. Tous les hôtels sont fermés, tu es en pleine nuit sur l'aéroport. Il y a la grève des taxis, t'as pas de monnaie pour téléphoner...
Certains se diront : “Ah ! Je ne comprends plus rien, c'est karma.” Et on met dans le sac karma toutes les choses que l'on ne comprend pas.
Pourquoi est-ce qu'il arrive ce genre de situation ? Encore une fois, c'est la Réalité qui frappe.
Qu'est-ce qu'il y a à comprendre dans la situation que je viens de décrire ? Bien sûr, selon les personnes, il y aurait mille interprétations possibles. Ça, c'est certain ! Chacun aurait un message spécial à y trouver. L'un verrait une épreuve pour son impatience, l'autre une épreuve pour sa vanité, l'autre une épreuve pour sa dévotion, sacro-sainte dévotion. Il est vrai que quand on est à l'heure de rencontrer un Maître, on est éprouvé par toutes sortes de moyens, et plus on en a, plus on est content, parce qu'ainsi on est sûr qu'on a trouvé le vrai gourou !
Ce sont tout simplement des problèmes sociaux ! Ce jour-là, il y a la grève, ce jour-là, on n'a pas de monnaie, ce jour-là, on rate tout ! Le gourou n'a pas manipulé tout cela pour éprouver son disciple. Hein ? Le gourou n'a pas mis dans la tête d'un syndicat de faire grève ce jour-là ! Ce serait un gourou complètement fou de mettre tant de monde en tant d'embarras pour éprouver un seul disciple ! Pensez-y !
Mais on est tellement important, nous le disciple, le petit disciple qui cherche Dieu si passionnément, c'est forcément que Dieu a sa lorgnette fixée sur nous ! Donc une grève générale est nécessaire pour éprouver la foi de ce disciple ! On est tellement importants ! Eh oui !
Et on pourrait passer en revue comme cela toutes sortes de conclusions hâtives et désordonnées et ridicules et qui sont pourtant des vérités pour le disciple. Les vérités de sa vanité mais des vérités quand même pour lui. Dommage !
Qu'est-ce qu'il devrait comprendre ce disciple ?
Il devrait comprendre qu'il fait partie de l'Humanité et que peut-être il ferait bien de s'inscrire à ce syndicat qui fait grève pour essayer de comprendre les problèmes humains. Et s'il a un petit peu de Lumière, essayez de la transporter là-dedans, ou en parlant avec les gens ou en ayant des bonnes idées ou tout simplement en rayonnant sa Lumière.
Le gourou serait beaucoup plus heureux de voir tous ses disciples actifs dans le monde, en train de changer le monde plutôt que de les voir se croire éprouvés par les problèmes de la collectivité. Une collectivité en état de crise qui se moque bien que les disciples soient éprouvés dans leur foi ou pas ! Mais cet égocentrisme tient bon à la peau des hommes ! Hein ? Alors on voit des épreuves partout.
En fait, ce sont les soubresauts de la Réalité qui réclament que tu deviennes responsable.
À l'instant où tu t'apprêtes à aller voir un gourou, c'est soi-disant que tu t'apprêtes à devenir plus conscient, plus réveillé. Alors zut ! Vois le monde tel qu'il est !
S'il y a un message là-dedans, c'est celui-là : deviens responsable !
Deviens responsable !
À quoi sert une foi aveugle, une foi dévouée à un Maître ou à un Dieu ou à une divinité quelconque, si tu restes improductif ?
Ça ne sert à rien ! C'est un mirage ! C'est de la folie ! Et avec des hommes comme toi ou des femmes comme toi, le monde aurait vite fait de se scléroser, de s'anéantir, dans une implosion catastrophique ! On arrête toute la vie ! Aaggh !
On n'aime pas Dieu pour autant, on a arrêté de vivre. Agh ! Parce que ça fait peur de vivre. Parce que vivre, ça veut dire agir.
Vivre, ça veut dire Agir.
Agir, ça veut dire prendre des risques.
Parce que si on n'a pas les petits parapluies dont je parlais tout à l'heure, quand on va agir, on va recevoir les tuiles du toit, les briques des murs des maisons, la pluie de toutes les saisons... On va recevoir tout ça. Et même si on a un certain parapluie, il y a des briques plus grosses que d'autres qui font que, malgré les parapluies, eh bien on souffre !
Et pourquoi est-ce que l'on ne souffrirait pas ?
Si la souffrance attaque le plus petit, pourquoi celui qui est soi-disant plus grand au nom de Dieu ou de sa démarche spirituelle, pourquoi est-ce qu'il serait au-dessus de la souffrance humaine ? Hum ? Qu'est-ce qu'il a de meilleur que les autres, celui-là, qui le sépare de la souffrance ?
Et c'est à ce moment-là qu'on voit à quel point la pensée est corrompue. Entre disciples qui ont des relations à Shambhala, il y a des passeports, il y a des passes-droit, des laisser-passer, chacun a son petit visa, son petit tampon. Celui-ci a un visa pour ne plus souffrir de telles choses, et hop, on sort avec son petit parapluie. Untel autre sort de Shambhala avec un autre visa pour ne plus souffrir de telle ou telle chose, et hop, on sort avec son petit parapluie. Et quand on va dans le monde et que l'on voit des gens qui n'ont ni visa ni parapluie, est-ce que ça ne fait pas quelque chose ?
La plupart des disciples sont tellement égocentriques que cela ne leur fait rien. Non seulement cela ne leur fait rien, mais en plus ils appellent cela “karma”. Parce que l'idée est corrompue !
Comme je l'ai dit tout à l'heure à propos du couple, du romantisme : la vanité qui se sert de l'autre pour pouvoir soit devenir un prince ou soit devenir une princesse. De la même manière, là, avec les fameux passes-droit que l'on croit obtenir de Shambhala ou de la prière que l'on fait tous les jours au pied d'un Maître ou de la foi que l'on a pour un Dieu, on s'imagine être meilleur et on laisse les autres parce qu'ils ne sont pas bons.
Pourquoi ils ne sont pas bons ? Qu'est-ce qui dans la pensée permet de tirer cette conclusion ? Pourquoi ils ne sont pas bons ? Pourquoi je pense que je suis meilleur, que j'ai un meilleur karma et que eux ont un mauvais karma qu'ils doivent payer ? Quel est le processus, le mécanisme qui me fait penser cela ? Qu'est-ce que j'ai construit avant ce moment-là, crucial, qui déclenche cette pensée ?
Répondez avant que je le dise !
Qu'est-ce qui fait que je me crois meilleur qu'un autre ?
Qu'est-ce qui fait qu'à un moment donné je dis : “C'est karma pour l'autre.” Et je ne me sens pas responsable ?
De nouveau on retrouve l'ego. Et cette fois-ci son égoïsme mélangé de vanité. C'est ce que l'on pouvait trouver de pire dans l'individu !
Tant qu'il rêve à propos d'un couple idéal, c'est joli, c'est mignon. En fait on passe le temps, on voit le film dans la tête et ça nous fait bien rire nous aussi. C'est notre Hollywood à nous ! Mais dès qu'il s'agit de juger les autres hommes, dès qu'un disciple déclenche un processus de pensée suffisamment faux pour aboutir à cette ignominie où l'orgueil et la vanité, l'égoïsme et la vanité se mélangent, à ce moment-là le Maître devient très dur et la Réalité s'abat sur cet homme un jour ou l'autre.
Donc gardez-vous de juger !
Gardez-vous de juger !
Gardez-vous d'estimer ce qui est le karma pour l'un et le karma pour vous !
Gardez-vous de vous croire meilleur parce que vous faites une démarche spirituelle, alors que les autres ne se soucient que des cours en bourse !
Ce sont eux cependant qui vous font vivre !
S'il n'y avait pas des gens pour animer ce système que vous critiquez tant, que seriez-vous ?
Vous n'auriez même pas le temps d'aller lire la cosmogonie, d'aller lire la Bible ou d'autres textes sacrés, d'autres traditions ! Vous seriez tous avec la pelle, la pioche dans les champs !
Alors il faut devenir plus tolérant. Comprendre que chacun a son rôle. Que chacun est cependant entouré des mêmes mirages, plus ou moins profondément. Mais que chacun est nécessaire à la survie du groupe.
Autant celui qui fabrique l'argent, autant celui qui fabrique des cultes, autant celui qui fabrique des casseroles, autant celui qui laboure la terre ou qui apprend l'alphabet à des enfants. La Vie est un grand mouvement qui repose sur la cohésion du groupe.
La Vie est un grand mouvement qui repose sur la cohésion du groupe.
Si par des prétextes religieux et de religion purificatrices, on voudrait abolir un fonctionnement dans le système, on détruirait tout.
Ce qu'il faut c'est élever le système et pour cela élever les gens. Il ne faut pas détruire, concasser, renier. Au contraire !
Par exemple, l'argent est un gros problème pour le disciple.
L'argent
Non pas l'argent qu'il peut encaisser ou dépenser.
[...] énergies mondiales, entités mondiales. Pour lui c'est presque un problème sur la planète. L'argent est la source de toutes les corruptions, etc.
Cependant il faut savoir que si pour la civilisation que l'homme vit aujourd'hui, avec ses principes et ses fonctionnements, si l'entité de l'argent n'existait pas, la science n'existerait pas non plus. Et tout ce que vous savez à propos des étoiles, à propos des planètes, à propos de l'anatomie, à propos de toutes sortes de choses, et qui ont exorcisé pas mal de religions trop anciennes ou qui véhiculaient trop d'erreurs, eh bien toutes ces choses, vous ne les connaîtraiez pas. Et vous seriez abêtis, sans progrès, dans la douleur, sans savoir pourquoi vous souffrez.
Je ne proclame pas le beau rôle de l'argent. Je ne proclame pas le capitalisme non plus. Je dis simplement qu'un système est composé de nombreuses activités. Et que si vous avez un devoir, c'est dans l'élévation de ces activités, pas dans leur destruction.
Si vous avez un devoir, c'est dans l'élévation de ces activités, pas dans leur destruction.
Alors revenons à cette Vérité par rapport à la Réalité.
Vérité et Réalité
Si vous devez avoir une Quête, ça doit être celle de la Réalité.
Et, plutôt qu'une Quête, que ce soit une Écoute.
Les temples, ou du moins les sous-bassements des temples, sont remplis de tous ces disciples qui n'arrêtent pas de hurler leurs besoins de vérité, qui n'arrêtent pas de hurler leur envie de rencontrer la vérité, de se remplir de vérité. Alors que deux minutes après, ils ne savent même pas être honnêtes avec leurs voisins.
Transformez votre Quête de la Vérité en une Écoute de la Réalité. De cette manière-là, vous allez vers la Vérité.
Transformez votre Quête de la Vérité en une Écoute de la Réalité. De cette manière-là, vous allez vers la Vérité.
Ce n'est pas une déviation, c'est le plus sûr chemin !
Pourquoi ?
Parce que la Vie est un Grand Maître et que par les événements de la Vie, le Grand Maître s'exprime.
Non pas le Maître que vous espérez voir à Shambhala ou dans un temple quelconque, je parle du Grand Maître qui est la Vie et qui tient le dessein de la Terre, le Plan de la Terre. Et ce Grand Maître de la Vie, c'est l'Entité Solaire.
Pour un Maître, il est très complexe de manipuler des événements sur la Terre. Pourquoi ?
Parce qu'il est face à la marée humaine du libre-arbitre. C'est quelque chose d'imprévisible ou de quasi imprévisible. Par contre, pour (celui que l'on appelle) le Roi de Shambhala, c'est déjà quelque chose de plus faisable mais dans la limite du respect de ce libre-arbitre. Donc, le fleuve est beaucoup plus grand, qui puisse intégrer la vision de ce que le Roi de Shambhala veut pour l'Humanité, plus la liberté qu'auront les hommes à faire cette vision et à la faire un peu à leur manière.
Par contre, pour le Grand Roi, parlons comme cela, pour le Régent du Soleil la chose est tout à fait faisable. Le Régent du Soleil peut dominer jusqu'à la moindre de vos cellules. Pourquoi ?
Tout simplement parce qu'il a le devoir et dès que l'on a le devoir, on a le pouvoir. Aussi parce qu'il est à l'origine de la vie et de la vie sur Terre. Sans son expression, sans l'envoi d'une quantité énorme de ces particules, il n'y aurait jamais eu la création de la vie.
Et je ne parle pas simplement de l'énergie du Soleil, je parle des particules que l'on pourrait appeler des particules mentalisées du Roi du Soleil, mais qui pour l'homme sont en fait déjà des particules athmiques, c'est-à-dire des particules au niveau de l'âme. Pourtant, lorsque l'on regarde le chemin depuis l'endroit où se tient le Roi du Soleil, ce sont des particules mentalisées.
Et si je regarde ces particules depuis le bas où l'humain se tient, c'est déjà l'âme. S'il n'avait pas envoyé ces particules par grandes grappes, l'homme n'existerait pas. Et c'est pour cela qu'il a le pouvoir sur les hommes.
Cela ne veut pas dire que dès demain il faut commencer à l'adorer. Ce n'est pas un Dieu que l'on adore. C'est plutôt un berger que l'on suit, que l'on reconnaît, que l'on écoute à travers la Réalité qu'il nous administre chaque jour. Les rectifications que cette Réalité nous offre. Et on suit son chemin pas à pas, même si on ne voit pas plus loin que le pas que l'on va faire, parce que le reste est noir.
C'est souvent la situation du disciple : “Je veux bien avancer, mais malheureusement je ne vois pas plus loin que le bout de mes pieds !” Et on se plaint : “Ah, si seulement tu me donnais la Lumière ! Une petite torche, Seigneur, pour voir un Maître devant !”
Nous comprenons toutes ces réclamations. Nous avons fait les mêmes en plus ! Et nous continuons en une autre manière à faire des réclamations aussi stupides, c'est certain. C'est peut-être pour cela que vous m'attendrissez d'ailleurs.
Cependant, il faut savoir que si vous voulez avoir une chance de succès, si vous voulez gagner quelque chose et pouvoir le transmettre aux autres, il faut avancer chaque jour un pas. Même si vous ne voyez pas plus loin que ce pas-là. Même si les ténèbres semblent épaisses autour de vous parce que cette fameuse Vérité n'arrive pas.
Chaque jour, un pas.
Chaque jour, une bonne pensée.
La Vérité peut m'attendre.
Elle est connue.
Elle n'a pas besoin de moi pour exister, pour être sauvée.
Elle est connue.
Elle est maintenue.
Comment ?
La Vérité
Parce qu'elle est vivante.
On pourrait dire que c'est un Être.
Vous voyez ?
Un Être immense.
Un Être qui n'a rien à voir avec ce que l'on peut imaginer, mais un Être quand même.
Et cet Être a la forme d'une flamme. Cette flamme repose sur différents autels dans le Cosmos. Et les différentes entités qui animent les planètes, les soleils, les systèmes, les constellations, ces Êtres sont les autels de cette flamme. Elle est donc veillée. Elle n'a pas besoin de l'Homme.
Tout le travail de l'Homme, c'est de faire chaque jour un pas et chaque jour une bonne pensée.
Tout le travail de l'Homme, c'est de faire chaque jour un pas et chaque jour une bonne pensée.
Je veux que vous gardiez dans la tête cette image : l'homme est comme un laboureur.
L'homme est comme un laboureur
Chaque jour, il laboure un mètre de terrain ou un pas de terrain. Et dans cette longueur, il plante une bonne graine. Et il dort sa nuit. Et le lendemain, il laboure de nouveau un mètre et il plante de nouveau une bonne graine. [...]
Parce que si vous vous fatiguez pour faire un mètre de laboure, ce qui est bien, si vous vous fatiguez pour planter une bonne graine, ce qui est très bien, mais que dix minutes après, vous fassiez marche arrière pour me jeter une poignée de mauvaises graines, ça ne va plus du tout ! Et c'est ce que font la plupart des disciples.
Ils saccagent un travail bien fait le matin par une grosse colère l'après-midi. Et ils envoient toutes sortes de coups de foudre, toutes sortes d'amulettes contre ce chef de service qui décidément leur gâche la vie ! Ou contre cet ami qui est devenu un traître. Ou contre le coiffeur qui a raté ma mise en plis. Oh !
Alors, qu'allons-nous faire des mauvaises pensées dès demain ?
Eh bien, on va les jeter au vent, tout simplement !
Ce n'est pas la peine de se lever tôt le matin pour labourer, pour planter la graine et de le faire avec amour. Parce qu'au moment où le disciple est authentique face à son Dieu, il est beau, il est pur. C'est dix minutes après que tout est gâché.
Donc, il faut préserver ces dix minutes où effectivement le disciple est beau, pur et bien intentionné. Et lorsqu'il va sentir, pousser en lui toutes sortes de graines et qu'il les verra sortir, il faudra qu'il les jette au vent.
À quel vent ?
Au vent de la désinvolture.
Désinvolture
C'est un vent coquin qui passe, qui est l'ami des hommes. C'est un petit lutin joyeux qui souffle et qui vient dans toutes les chônières pour emporter tous les malheurs, toutes les mauvaises pensées, toutes les petites craintes, toutes les haines aussi. Mais il faut savoir être aussi désinvolte que lui.
Donc, d'une certaine manière, détaché.
On en revient toujours au vocabulaire ancestral de tous les sages qui ont parlé ! Eh oui !
On a beau essayer d'inventer des images nouvelles. On a beau essayer de dilater votre esprit ou votre cœur avec des concepts un petit peu rafraîchis. On en revient cependant toujours aux mêmes exigences !
Mais je préfère mettre une note forte sur l'humour.
L'Humour
On ne peut pas se détacher si on n'a pas d'humour.
On ne peut pas permettre au vent coquin de venir emporter toutes ces mauvaises graines si on n'a pas d'humour.
Et qui a de l'humour détruit son égocentrisme, son égoïsme et sa vanité.
Quand je ris de moi, hein ? C'est que je me vois en tant que moi et l'autre. L'autre qui a fait cette chose ridicule. Mais je l'ai vu, je suis le témoin, je l'ai vu et ce témoin c'est le vrai moi. Alors j'en ris parce que ce n'est que l'autre. Et petit à petit, je vais l'éduquer. Je vais lui apprendre et à rire de lui-même et à faire autrement.
Dès que je ris de moi, mon univers est léger. J'ai beaucoup de responsabilités mais je peux les assumer. Et avec grand sérieux. Mais c'est un sérieux qui devient une radiance pour tout ce qui m'entoure. Cela devient une énergie de travail. Cela devient un pain de vie qui crée la confiance chez l'autre !
L'autre a alors l'impression catégorique que l'on devient un centre de vie, un centre de forces.
Est-ce que l'on est plus fort ?
Non, on n'est pas plus fort. Simplement, on ne se laisse pas vampiriser par toutes ces fausses préoccupations, par toutes ces petites vanités.
Cultivez l'humour !
Alors pratiquement, comment est-ce que l'on fait ?
Par exemple, demain, on va commencer avec la vie tout à fait quotidienne.
“Je ne supporte pas les carrefour et les feux rouges et les stops. Chaque fois que je dois m'arrêter, je crois que l'on a fabriqué ce carrefour exprès pour m'embêter. Les travaux publics me voyaient venir, ils me surveillent à la jumelle et hop, vite ! En deux coups de goudron, on fabrique un croisement pour m'embêter !”
Je ne pense pas que s'il y a un croisement, c'est parce qu'il y a deux routes qui se croisent. Non, je ne le pense pas. À l'instant où je m'énerve, je ne le pense pas. Je ne pense pas qu'il y a des gens qui viennent de gauche, qui viennent de droite et qui viennent d'en face.
Je pense : “moi, je suis sur une route qui va tout droit, pourquoi est-ce qu'on m'arrête ?” Et c'est là l'origine de mon impatience. “Moi, je vais tout droit, ma route, elle va tout droit ! Qui a le touper de m'arrêter ?
En voilà un égocentrisme évident. Vous me suivez.
La même façon pour les feux rouges. “Vite, je me dépêche parce qu'il est encore orange ! Mais c'est un orange qui devient de plus en plus rouge et me voilà obligé de m'arrêter ! Il faut savoir qu'à la mairie, tout le monde me surveille et qu'ils se disent : j'ai cette voiture dans le collimateur et je vais lui donner tous les feux rouges !” On ne se doute pas que s'il y a un feu rouge, c'est parce que, de nouveau, il y a deux routes qui se croisent et que tout le monde doit avoir le temps de passer.
Si les gens étaient plus conscients du droit des autres et non pas de leur droit, il y aurait beaucoup moins de morts sur les routes. Il y aurait beaucoup moins d'infirmes dans les hôpitaux. Il y aurait beaucoup moins d'orphelins et de veuves ou de veufs. Seulement voilà, l'égocentrisme est un destructeur extraordinaire. Il y a mon droit, pas celui des autres !
Le code de la route, il est fait pour ME servir, pas pour agrémenter la circulation de la cité. La justice, elle est là pour ME protéger, pas pour protéger l'autre quand c'est moi qui lui nuit. C'est pour ça que je me débrouille pour trouver un avocat qui sera suffisamment corrompu pour trouver les moyens de me défendre quand même ! Puisque chacun veut faire SA justice.
Et ainsi, l'on se trouve face à toutes sortes de constructions du à l'égocentrisme.
Au fur et à mesure que vous allez devenir conscient dans la vie, au fur et à mesure que vous allez introduire cette note d'humour, vous allez voir à quel point c'est l'autre qui compte.
C'est l'autre qui compte.
Non pas à vos dépens, non pas au détriment de votre vie, mais pour l'harmonie du groupe.
Et ainsi, au carrefour, on n'entendra plus ces coups de freins et ces redémarrages et toutes ces insultes. Au contraire, on croira que Mozart ou Beethoven dirigent la circulation.
“Je vous en prie monsieur, après vous madame !” Et les voitures valseront. Si bien que promener en voiture sera le moment le plus agréable de la journée. On y prendra le thé, on y ira le journal. Alors qu'aujourd'hui, on cache des matraques dans le coffre au cas où il y en a un qui voudrait nous faire des problèmes. Eh oui !
En y mettant de l'humour, on y met de l'amour.
Je réunis toujours ces deux mots.
Parce que je détruis l'egocentrisme. En détruisant l'egocentrisme, je me rends compte que les autres existent. Mais non pas pour les faire passer avant moi. Parce que cela va m'exaspérer. Parce que cela ira bien une semaine, mais qu'après j'en aurai assez. Et que moi aussi, je veux exister. Et puis parce qu'après tout, je vois bien que si je laisse trop de place à l'autre, il en profite !
C'est cela que la raison va vous crier le premier jour où vous essayerez d'être gentil.
“Mais tu ne vois pas que celui-ci a profité de toi ! Mais tu ne vois pas que c'est la dixième fois qu'il te prend pour un imbécile ! Et si personne ne le remet à sa place, il va profiter de tout le monde !”
Et c'est ainsi qu'on reprend les armes et on se dit : “Cette fois-ci je combats mais c'est pour la justice !”
Erreur ! Tu ne peux jamais combattre pour la justice !
Tu ne peux jamais combattre pour la Justice !
Un autre existe ou il n'existe pas.
Ou il est ton ami ou il est ton ennemi.
Il ne peut pas être à moitié ton frère et à moitié ton Diable ! Il ne peut pas être à moitié celui que tu voudrais laisser passer mais que tu vas bâtonner si par hasard il ne respecte pas ton droit. C'est ce qui se passe.
Je suis à la poste, j'attends au guichet. Je viens de méditer, le monde est beau, il y a des sauterelles partout dans les champs, des oiseaux sur les arbres. Et je m'approche de ce guichet, le cœur plein de joie, prêt à partager le pain de vie avec tous mes frères. Mais voilà qu'un impatient me passe sur la droite et prend ma place au guichet !
Et je me dis : “C'est un monde ! Celui-ci véritablement ne doit pas connaître la méditation, ne doit pas connaître la cosmogonie, ne doit pas connaître les grands saints qui ont animé le monde de spiritualité pour qu'il me fasse ça, voyons ! Parce que j'ai droit, c'est ma place, j'étais là avant lui !”
Et c'est là que l'on voit toute la contradiction de l'homme qui voudrait bien mais qui ne peut point.
Il voudrait bien être un dieu mais ça l'embête que les autres lui marchent dessus en fait. C'est ça votre problème, hein ? C'est ça.
Et avec l'amour là au milieu, alors on n'y comprend plus rien, donc on ne sait plus.
Alors est-ce qu'au nom de l'amour, je me laisse marcher dessus ? Est-ce qu'au nom de l'amour, je laisse passer avant moi et je rate mon bus ? Et je rate ainsi l'occasion de rencontrer l'homme de ma vie ? Ou bien j'arrive au travail en retard et c'est mon employeur qui me congédie ?
Comment négocier avec l'autre qui ne va pas me faire de cadeau pourtant ?
Parce qu'il ne sera peut-être pas dans la même disposition que moi prêt à l'humour-amour. Union, synthèse, cohésion, vie de groupe extraordinaire, Shambhalla et tutti quanti.
L'autre est des fois plus terre-à-terre. Il se dit : “Si j'arrive à passer par la droite, je lui prends son tour ! Donc je me gagne cinq minutes pour fumer ma petite cigarette avant d'aller au travail.” C'est ce qu'il pense.
Alors, comment est-ce que l'on va faire régner et l'Amour et la Justice ?
Comment faire régner l'Amour et la Justice ?
Là, de nouveau, si je disposais d'une autre semaine, je vous enverrais à la maison pour méditer le sujet.
Et ce serait une méditation très riche parce que dans chaque moment de votre vie, vous allez vous retrouver confronté face à cette énigme. Vous allez donc vivre sur le tas ce paradoxe. Et vous allez donc, puisque vous allez être conscient, vous allez essayer d'y trouver une réponse. Parce que vous allez essayer d'avoir le juste comportement.
Comment je vais faire ?
Bien sûr, je vais donner une réponse qui paraîtra générale. Et c'est à vous de méditer les plus grandes profondeurs.
Eh bien, il se trouve que c'est un fait : je suis arrivée avant, donc j'ai droit à ma place. Mais le monde est tel qu'arrive un petit malin qui me l'apprend. Je suis rempli de Dieu. Je voudrais bien la lui céder. Mais je suis aussi remplie de Justice. Et ça, ça m'embête. Je ne veux pas la lui céder.
De quelle manière je vais manier ces deux énergies ?
Si je suis un disciple déjà un peu plus avancé, je vais sentir l'impatience me gagner mais je vais la contrôler.
Et je vais dire : “Monsieur, je vous ferai remarquer que j'étais avant vous. Mais je vous en prie, si vous êtes pressé, vous pouvez passer devant !” Espérant ainsi gêner l'autre et éduquer l'autre.
Si l'autre est un peu souple il va se dire : “Tiens là j'ai reçu une gifle. Et il va dire, oh mon Dieu, mon Dieu, je n'ai pas vu. Vous comprenez, j'ai acheté des chaussures toutes neuves et elles filent plus vite que moi !” Et il va se ranger derrière vous.
Mais si vous tombez sur une tête dure, qui se dit : “Dans la vie c'est le plus fort qui gagne !” Il va vous regarder et vous dire : “Qu'est-ce qu'il y a ? Tu as mal dormi cette nuit ?” Alors là, vous ne savez plus quoi faire. Ou vous devenez franchement en colère. Ou vous dites : “le monde est vraiment triste !”
Comment allons-nous nous sortir de cette situation ?
Parce que c'est la vôtre à chaque instant. C'est même la vôtre en ce moment : “Je voudrais bien croire tout ce qu'il me raconte, celui-là. Mais cependant, mon intelligence me dit que peut-être il n'a pas tout à fait raison.” Chaque fois, on est pris dans ce paradoxe.
Comment on va faire ?
Comment va faire donc, cet exemple qu'est le Maître, que vous imaginez tous entouré de petites étoiles ?
Eh bien, il va s'y prendre par des moyens occultes. Et c'est là la chose que vous ne pouviez pas deviner. Le Maître ne va pas se donner en spectacle pour corriger le mal appris. Il y perdrait et de son étiquette, et de son efficacité, et de sa Lumière, et de son Amour. Parce qu'avant tout, il aime ce mal appris. Ce qu'il voudrait, c'est simplement qu'il respecte le droit de tout le monde. Ce n'est pas simplement le mien, moi qui suis venue avant. Il veut que la Justice entre une bonne fois pour toute dans son esprit, pour le bien de tous ceux qu'il rencontrera.
Et ça, c'est quelque chose de très important. Ça paraît anodin dans le discours, mais c'est très important. À l'instant où vous revendiquez votre droit pour vous-même, vous n'êtes pas meilleur que le mal appris. C'est toujours le moi-jeu, le moi-jeu, le moi-jeu. À l'instant où vous voulez, au contraire, éduquer l'autre pour que le monde en profite, pour que plus jamais il ne vole la place de qui que ce soit, alors ce n'est pas pour vous. Alors vous pouvez rayonner, et vous êtes compris. Peut-être pas tout de suite, c'est certain ! Si c'est une tête dure qui est là, il ne comprendra pas tout de suite. Mais la démonstration aura été faite.
La Sagesse opère toujours par les moyens les plus occultes.
Alors comment va faire le Maître ?
Il ne va rien dire. Peut-être un peu tousser pour faire remarquer la présence, mais ne rien dire. Il va se rapprocher, rapprocher son corps. Il va émettre une chaleur telle que l'autre ne supportera pas de rester sur place.
Il va se dire : “Je ne sais pas, c'est quelque chose qui ne va pas. C'est le poulet d'hier soir qui m'a mal passé.” Il va se trouver toutes sortes de raisons concrètes. Mais en fait, il n'y aura que le malaise que lui-même a engendré en étant injuste.
Le Maître fait miroir.
L'Effet Miroir
Il ne rectifie personne.
Il n'éduque personne.
Il sait qu'il est un ignorant profondément. Où est-ce qu'il irait trouver la vanité pour éduquer qui que ce soit ?
Le Maître est celui qui avant tout dit : “Je ne sais rien et ça m'embête parce qu'en plus je dois les instruire !” Et c'est ce que je fais !
Simplement il fait miroir et c'est pour cela que je parlais de moyen occulte tout à l'heure. Et dans sa façon de faire miroir, il n'y a pas l'intention de corriger qui que ce soit ou de démontrer à l'autre son erreur. Constamment il fait miroir, miroir de lumière, il renvoie, il renvoie et il renvoie !
Alors quand quelqu'un a une bonne idée, un bon geste, une bonne intention, comme le Maître renvoie, l'individu reçoit le retour de sa bonne idée, de son bon geste, de sa bonne intention, de sa bonne prière, de son amour. Et ainsi il dit : “Mon Dieu, que le Maître est rayonnant !” Il n'a eu que le retour de sa pièce.
La spiritualité c'est comme la banque. Plus tu économises, plus tu as d'argent. C'est la même chose !
Le bon Dieu est un miroir, votre miroir.
Il ne vous envoie rien, il vous rend. Et des fois en rendant, il multiplie, c'est vrai. Ça c'est son côté cœur, des fois il s'emballe !
Mais en tout cas, il renvoie avant tout.
Si on peut appeler cela le karma, et imaginons que cela s'appelle le karma. Allez ! N'ayons pas peur des mots. Mais c'est un effet miroir.
Alors qu'est-ce qu'il va se passer entre ce Maître et ce mal appris ?
Le Maître constamment fait miroir et là il fera un petit peu plus miroir que d'habitude. Ce qui fait que l'autre va recevoir dans son aura la vibration qu'il a émise. C'est-à-dire sa satisfaction égocentrique de prendre une place et de gagner cinq minutes. Et comme cette vibration n'est pas élevée, elle va commencer à le déranger et il va se sentir mal à l'aise. Peut-être un peu vertigineux. Ce qui fait qu'il ira consulter le médecin parce que son foie n'est pas très bien.
Et sans arrêt ainsi, lorsque l'on croise la Vie qui est un grand Maître, son effet miroir opère sur les hommes, sur tout le monde, même sur nous.
Pourquoi cet effet miroir ?
On pourrait discuter très longtemps pour déclencher les moyens de pressentir cette Loi. Faisons simplement un cours résumé.
Pourquoi est-ce que Dieu a un effet miroir ? Pourquoi est-ce que le Maître, toute âme réveillée a un effet miroir ?
Ce n'est pas une volonté. Ce n'est pas un Principe qui a été créé par une pensée qui a pensé l'Univers et qui se dit : “Tiens, ce serait bien de faire un effet miroir. Ainsi, il y aurait la Loi du karma, il y aurait un juste équilibre, ainsi, ainsi, ainsi...”
Il y a un effet miroir tout simplement parce que l'Univers est le reflet de la Divine Pensée.
Un peu comme un sac qui serait composé par deux sortes de miroirs qui se regardent.
La Pensée Divine ne pourrait pas avoir la vie dans la Matière si la Matière n'était pas son reflet, n'était pas un miroir.
Et la Matière ne pourrait pas retourner à la Pensée Divine si la Pensée Divine n'était pas elle-même aussi un miroir.
C'est ce qui permet de dire que tout ce qui est en bas est comme ce qui est en haut. Ce n'est que par l'Effet Miroir.
Sinon, on aurait pu faire une Matière, organiser d'une manière complètement différente de ce que pourrait être la vie des Grandes Entités ou la vie de Dieu, si je peux simplifier de cette manière-là. Mais comme la vie est en fait le résultat d'un serpent qui se retourne dans sa peau, automatiquement il va refléter à l'intérieur de lui-même et ainsi voyager dans ces deux grandes dimensions qui sont le Spirituel et le Matériel. Il va pouvoir passer de l'un à l'autre sans problème. Parce que c'est à l'intérieur de lui-même que cela a lieu et uniquement par effet miroir.
Il n'y a pas, tiens, dans un vide, qu'on va appeler Espace, un Dieu qui va projeter quelque chose, qui va devenir des planètes et puis des hommes. La projection, imaginée de cette manière-là, n'existe pas et n'est pas possible. Cela ne se peut que par l'Effet Miroir.
Bien sûr, il y aurait beaucoup de choses à dire là-dessus mais je ne veux pas trop m'éloigner. Je veux rester au niveau de vos problèmes quotidiens.
Mais je peux faire un petit prolongement avec cette idée d'Effet Miroir pour vous faire comprendre que la relation que vous entretenez avec les autres est fondée sur la même Loi. La relation que vous entretenez avec votre âme est fondée sur la même Loi. La relation que vous entretenez avec vos formes-pensées dont je parlais tout à l'heure s'est fondée sur la même Loi. Pourquoi ?
Parce que tout est à l'intérieur de soi. Tout se passe en circuit fermé, tout est à l'intérieur de quelque chose.
L'histoire du monde est à l'intérieur de Dieu et l'histoire de Paul est à l'intérieur de Paul, avec ses pensées noires ou avec son âme. Et l'histoire du monde est à l'intérieur d'une onde, même s'il y a des milliards d'êtres humains. Comme tout est à l'intérieur, tout correspond, tout communique, tout reflète.
Comme tout est à l'intérieur, tout correspond, tout communique, tout reflète.
Ainsi, je découvre ma grande responsabilité.
Sitôt que j'émets une pensée comme elle est à l'intérieur de moi, elle va vivre en moi et se répercuter à l'intérieur. Ainsi, lorsque je pense à propos du monde, je vais penser dans l'intérieur du monde et cela va faire réverbération sur le monde et tous les autres ! Et ainsi, lorsque j'aspire à rencontrer mon âme, c'est de nouveau quelque chose qui va se passer à l'intérieur de moi et qui, à un moment donné, va déclencher un tel effet miroir que je vais la contempler.
Et je prends pour preuve le fait que lorsque je médite, je peux atteindre des états assez beaux où cependant j'existe encore. Il y a moi qui vois quelque chose, moi qui ai l'impression d'être un bout d'Univers, moi qui ai l'impression d'être en plénitude. Donc, je reviens, je rapporte le phénomène et je m'en souviens. C'est un effet miroir.
Le jour où je traverse ce miroir, il n'y a plus personne pour se rappeler de ce que j'ai vécu. Il n'y a plus que Dieu qui se connaît lui-même et c'est tout.
Il y a un moyen de passer le miroir, c'est certain, mais ce n'est pas pour demain. Pour la plupart des hommes, ce n'est pas pour demain. Et même pour nous qui sommes à un niveau que vous allez classer, d'élevé, ce n'est pas pour demain non plus.
Il y a toutes sortes de miroirs, comme il y a toutes sortes de voiles, mais ils persistent jusqu'à ce que l'on pourrait appeler la Fin des Temps. Une certaine forme de miroir, un grand miroir, qui est l'existence même de l'Univers. Et tant que cet Univers existe, ce miroir existe parce qu'il reflète l'Univers. Et ce miroir-là, on ne peut pas le passer tant que les Univers n'ont pas cessé d'exister.
Est-ce que je parle de fin du monde, de destruction ? Non ! Je parle simplement de vie ou de repos, c'est tout.
Nous avons abordé pas mal de sujets.
Chaque fois que je prends la parole, je me demande toujours sincèrement de quoi je vais vous parler. C'est vrai.
Je me dis : tiens, voilà ces âmes toutes fraîches qui veulent tout d'un coup, tout et tout de suite. La réponse à leurs problèmes, les indications pour le choix d'un bon mari ou d'une bonne épouse, si possible, même, le lieu et l'heure. D'autres voudraient une intuition pour la meilleure profession possible, d'autres voulaient une intuition pour savoir quels services accomplir vis-à-vis de l'Humanité. Vous voulez tout et tout de suite et je le comprends.
Ce n'est pas simplement humain, c'est aussi un cri de détresse. Et quand je le considère de la sorte, je dois dire que cela éveille en moi beaucoup d'amour pour vous. Parce qu'il est vrai que je voudrais vous donner tout tout de suite ! Mais cependant, il faut savoir que les fruits se donnent à celui qui va le décrocher.
Les fruits se donnent à celui qui va le décrocher.
La Vérité et la Réalité sont les deux parties d'un grand arbre qui portent des fruits.
Vous qui êtes le disciple, vous ne devez pas attendre que Shambhala secoue le prunier ! C'est malheureusement l'état dans lequel se mettent la plupart des disciples pendant la méditation ou pendant la prière ou pendant les invocations. On attend que les prunes tombent ! Tout simplement parce que l'on aura invoqué un Maître, parce qu'on lui aura demandé.
Il faut savoir que le disciple a le devoir et la mission de grimper à cet arbre !
Il va tomber la première fois. Peu importe ! Ne t'inquiète pas, la peau va se tanner au bout de la dixième chute ! Et tu ne sentiras plus rien.
Et si tu es très malin, parce qu'il en existe des très malins. Hein ? On doit quand même reconnaître que le mental a de bons aspects ! Il y en a qui sont très malins. Ils se disent : “Voyons, ça fait dix fois que je suis tombé. En faisant le tour du jardin, je m'aperçois que dans un coin là-bas, il y a des vieux ressorts. Alors je vais caler mes vieux ressorts au pied de l'arbre, de façon à ce que lorsque je tombe, je ne fasse que rebondir pour monter plus haut !” Et ce sont tous les petits malins qui inventent des rituels, qui manipulent les épées, les étoffes, les parfums et les lumières. Et c'est ce qui leur permet, c'est vrai, de rebondir plus haut. Grâce à la créativité du mental et de la perception.
Tandis que les autres tombent lourdement à chaque fois. Et puis en plus, ils retombent sur les vieilles prunes qui sont tombées par terre. Et on se plaint que le monde est sale !
Votre mission est de grimper à cet arbre !
Que fera le Maître ?
La mission du Maître à ce moment-là, la mission du Guide, la mission de la Vie, c'est de vous aider, de vous faire comprendre.
Attention, mets le pied à cet endroit-là, sinon tu dérapes !
Attention, mets la main à cet endroit-là, sinon là il y a une branche sèche ! Elle va casser, tu vas tomber.
Attention, ne t'intéresse pas aux fruits des premières branches ! Ils ne sont pas mûrs, ils sont même sulfureux !
Monte toujours plus haut, ne croque aucun fruit tant que tu n'as pas atteint la cime !
En haut il y a un fruit de lumière.
Celui-là tu peux le croquer, c'est certain.
C'est à ça que sert le Maître. Pas à autre chose.
Et n'ayez pas peur des chutes ! Ne soyez pas pessimistes ! S'il y a des chutes, des fois c'est pour vous empêcher de manger des mauvais fruits ! Les fruits où il y a un ver, les fruits sulfureux, les fruits pas assez mûrs, les fruits qui vont vous entraîner dans leur chute.
Souvent un échec peut être une protection venue d'en haut. Pour vous empêchez de faire quelque chose, de vous enfoncer dans telle ou telle voie ou telle idée.
Pour savoir si un échec est une erreur ou une protection, comme je vous ai dit tout à l'heure, de nouveau soyez à l'écoute de la Réalité. En étant à l'écoute, vous développez le discernement. Et vous trouvez votre chemin.
Je vais vous quitter. Bien que je voudrais vous parler comme cela pendant des heures. Il y a tellement de sujets à discuter ! Même si on ne fait qu'en discuter, n'est-ce pas ?
Avant que vous partiez, je voudrais simplement vous rappeler que face à la méditation, face à sa difficulté, et à la difficulté que représente la maîtrise de la pensée, vous pouvez utiliser ce que je vous ai démontré tout à l'heure, c'est-à-dire obliger un petit bonhomme à méditer, un petit bonhomme dans votre imaginaire, assis dans le lotus.
Je vous conseille de placer le lotus au-dessus de votre tête. C'est quelque chose qui permettra une meilleure concentration.
Et petit à petit, lorsque vous apercevez que vous arrivez à rester calme de plus en plus longtemps, quittez cette image pour commencer une technique peut-être plus classique, plus traditionnelle, ou bien simplement rester dans le vide, si le vide vous est si facile à atteindre !
Un dernier mot encore : qu'allez-vous être demain ?
Nous avons partagé quelque chose ensemble, désormais vous me devez quelque chose, absolument.
Vous me devez quelque chose !
Vous me devez quelque chose !
Qu'est-ce que vous me devez ?
Vous avez entendu, vous avez peut-être compris, je l'espère, vous avez la charge de le distribuer autour de vous.
C'est la dette que vous avez contractée désormais vis-à-vis de moi.
Ma responsabilité ne s'étend pas qu'à vous, elle s'étend de vous aux autres.
Il faut poursuivre la chaîne pour que la vie circule !
Il faut poursuivre la chaîne pour que la vie circule !
Sinon, j'ai l'air de quoi, moi ?
À quoi je sers ?
Parler avec une poignée de personnes qui ensuite rangent tout cela dans un placard, cela ne sert à rien !
Dans votre façon de discuter, je ne vous recommande pas de faire référence à moi, de citer mon nom, donc de citer vos sources en fait. Vous n'êtes pas obligé de me faire de la publicité en quelque sorte. Je n'aime pas vraiment cela, pas du tout !
Je parle simplement de l'idée que vous avez peut-être acceptée ou comprise.
Gardez-la vive en vous et essayez de la faire comprendre aux autres. De la même manière que je m'y force, en la démontrant, en la démontant.
De cette façon, vous pouvez amener les gens, par leur intelligence, à admettre des principes pour lesquels ils auraient eu à souffrir s'ils ne pouvaient pas les comprendre autrement.
Sachez bien que la spiritualité a ceci de particulier, que lorsque vous venez ouvrir un compte chez le bon Dieu, il ne faut pas simplement venir à la fin du mois prendre le salaire, il faut le distribuer. Ainsi vos intérêts augmentent sur le compte, c'est certain, de grands intérêts !
Je vous souhaite de faire de belles économies et de distribuer énormément !
Je vous salue.
(Date de la conférence : 05 10 1991)