
Bonsoir, nous vous saluons.
J'ai deux questions différentes, ce sont des questions de la salle.
Le rôle du thérapeute n'est-il pas aider la personne à se guérir elle-même en la guidant vers les causes qui ont provoqué soit la maladie, soit la dépression, voire même parfois les déviations sexuelles telles que l'homosexualité, le viol, etc., ainsi que certaines maladies mentales et même la pauvreté ? Aider également la personne vers la conscience de l'âme ? Pouvez-vous nous développer cela ?
Voilà la première question.
Quant à la deuxième question, elle est d'un autre ordre.
Est dit : l'église invoquant le christianisme parle du défi du Nouvel Âge pour le christianisme. Elle condamne en quelque sorte les thèses du Nouvel Âge, la croyance en l'irrationnelle, le rejet de toute religion établie, le contact avec les esprits, la réincarnation, etc. Elle réintroduit des notions telles que le jugement dernier, le péché, l'enfer, etc. Que faut-il penser de tout cela ?
Bonsoir, je vous souhaite la bienvenue.
Il est vrai qu'à chacun de mes discours, j'essaye d'inspirer la personne pour lui indiquer un petit peu comment est-ce qu'elle doit me recevoir. Et je dis bien lui indiquer un petit peu, ce qui veut dire que je ne m'attends pas d'être compris. Il se trouve que, en étant à l'écoute, vous occupez le poste de l'élève et moi, en parlant, il se trouve que je me mets à occuper le poste de l'enseignant. Et comme je le dis à chaque fois, c'est une relation que je ne veux pas. À aucun prix, je ne veux de ce genre de relation entre vous et moi, que vous veniez pour une seule fois ou que vous me suiviez pour dix mille ans, peu importe ! Ce n'est surtout pas cette relation qu'il faut entre celui qui a quelque chose à donner et celui qui pense prendre auprès de la personne qui donne !
La relation qui doit s'installer entre ce que l'on peut appeler un élève et un disciple est uniquement une relation d'amour. En fait, il n'est rien que le guide donne et l'élève ne reçoit rien non plus.
Différentes hauteurs de vue
Pourtant, vous allez me dire : “Dans toute relation où il existe un qui semble plus avancé par rapport à un qui semble moins avancé, il semble bien que quelque chose soit donné ! Et moi-même qui ai l'expérience - c'est ce que vous allez me dire ! - Moi-même qui ai l'expérience, moi-même qui ai rencontré certains êtres plus grands que moi, je ressens bien que j'ai pris quelque chose chez eux ou qu'ils m'ont donné quelque chose ou offert quelque chose.”
Il faut bien comprendre que, lorsque l'on se place au niveau de la chaussée, au niveau des chaussures, on aura toujours l'impression qu'il y a des cailloux, que l'on va marcher sur des feuilles vertes ou sur des feuilles mortes, qu'il y a des flaques d'eau, qu'il y a des trous et l'on va ainsi penser que le terrain a un relief. Seulement maintenant mettons-nous un petit peu plus en recul, postons-nous sur un tout petit monticule et regardons cette route qui nous paraissait tout en relief lorsque l'on y marchait avec des chaussures à semelle fine. Eh bien on s'aperçoit que ce relief disparaît ! Il est d'un seul coup avalé par la perspective et c'est une ligne bien lisse que l'on voit. Et puis, imaginons que l'on monte encore un peu plus haut et que l'on soit sur une colline, et le monticule sur lequel on était lui aussi est avalé par l'effet de perspective. Et imaginons que l'on monte sur une montagne et que l'on regarde et la route et le monticule et la colline sur lesquels on se trouvait, eh bien on s'aperçoit que tous ces points surélevés ont eux aussi été avalés par l'effet de perspective.
Lorsque l'on considère le Chemin spirituel, il en est de même. Et c'est avec les mêmes différences de vision que l'on va apprécier le poste qu'occupe l'instructeur et la place qu'occupe l'élève. Et il est très important, dès le début, de s'interroger à propos de cela, de façon à ce que vous-même, qui vous placez pour l'instant dans la place de l'élève, vous-même sachiez mieux vivre et faire chaque fois les bons choix.
Parce que la vie est une suite de choix et la spiritualité est une suite de choix encore plus importants ! Des choix encore plus immenses et précis que les choix que l'on peut rencontrer dans la vie quotidienne !
Lorsque donc l'on veut estimer quelle est la place de l'élève et quelle est la nature du professeur, de l'enseignant, il ne faut pas se placer au niveau de la chaussée. À cet endroit-là, tout le monde va se sentir un élève dépendant, un élève qui attend de rencontrer le Maître et un élève qui va tout recevoir de la part du Maître. C'est à ce niveau où chaque petit trou, chaque petite bosse, semble être un relief, un contour pour la vie, une préoccupation et une énigme pour l'esprit.
Être un disciple, c'est donc se placer au-dessus de la chaussée, sur un trottoir suffisamment élevé pour voir quelle est la réalité de ce relief et s'apercevoir qu'il est minime, extraordinairement minime !
Donc, maintenant je vais décrire ce qu'est la relation qui existe entre l'élève et l'instructeur.
Relation élève - instructeur
Quand je dis que l'élève ne reçoit rien et que l'instructeur ne donne rien, qu'est-ce que je veux dire ?
Je veux simplement rappeler une Loi primordiale, une Réalité qui ne changera pas à travers les millénaires, elle sera toujours la même, c'est que l'homme n'a rien à recevoir de qui que ce soit et qu'il ne peut même pas être instruit par qui que ce soit.
Alors vous allez me dire : “Mais qu'est-ce que tu fais là grand frère en ce moment ?”
Eh bien, je participe à une grande illusion. Eh oui ! Je participe à une grande illusion, celle que vous vivez en tant qu'esprit qui vous croyez disciple de quelque chose ou élève de quelque chose ou de quelqu'un ou qui aspirez à l'être. Si j'occupe la place de celui qui parle, c'est parce que, vous, vous pensez devoir écouter.
Bien sûr, cela m'est pratique de voir en face de moi des personnes qui assument ce rôle, cette fonction, de vouloir écouter une instruction. Ainsi, cela donne réalité à ce que j'ai à dire, cela me donne aussi un service à effectuer. D'une certaine manière, j'arrive ainsi à vous toucher. Mais cela ne veut pas dire que c'est la Réalité, cela ne veut pas dire que j'accomplis mon rôle, que je joue mon rôle avec le même état d'esprit que celui que vous m'accordez quand vous pensez que je suis un instructeur.
Qu'est-ce que je veux dire ? Hmm ?
Je veux dire que toute l'illusion qui existe entre le Maître et l'élève est une illusion qui n'est créée que par l'esprit de l'élève. Pourquoi est-ce qu'il crée cette illusion ?
La première étape de son illusion est une réalité bien concrète, je ne peux pas la discuter, il se sent ignorant. Donc, je peux dire que son illusion a une racine de vérité. Et c'est d'autant plus pour cela d'ailleurs que son illusion va durer et va s'établir fortement, et qu'il va donc complètement jouer, et pendant très longtemps, ce rôle de l'élève, c'est normal parce qu'il y a une racine de vérité à toute illusion ! Mmmm...
D'où le problème pour le disciple d'arracher l'illusion, parce qu'il ne peut pas se battre contre une vérité, il estime que la racine est vraie ! Donc il la poursuit et il n'ose pas, à moins qu'il parvienne à acquérir un plan de vision beaucoup plus grand, c'est à dire qu'il sort de la chaussée, qu'il sort du trottoir, qu'il va sur au moins le monticule. À moins qu'il puisse donc voir les choses depuis un autre Plan, il n'arrive pas à extirper son illusion puisqu'elle a une racine de vérité. Et toutes les illusions ont une racine de vérité !
Quelle est cette racine commune ?
Je me sens ignorant ! Si je me sens ignorant, je ne me sens pas capable de faire les choix, je ne me sens pas capable d'estimer justement quelque chose, un événement, une relation, une substance. Je ne me sens pas capable, non plus, de me diriger tout seul, de trouver par moi-même les choses qui sont à faire et comment les faire. Donc je me sens faible !
Mon ignorance a donné lieu à un état de faiblesse et cet état de faiblesse est insupportable pour vivre. Non seulement cela me donne un malaise, non seulement cela crée en moi une pauvreté, non seulement cela crée en moi une détresse, mais en plus lorsque je me considère comme disciple et que j'essaie d'avancer sur le Chemin, cela crée les ténèbres, une confusion complète. Je ne sais pas où aller, je ne sais pas vers qui aller, où aller, quelle philosophie croire ou quel exercice faire et comment le faire, et dans quel but, et jusqu'à quand ? Je me trouve soudain dans les ténèbres !
Alors il me faut très vite m'agenouiller auprès d'un Maître ou bien accorder tout crédit à une religion ou à un groupement spirituel et, immédiatement, je me sens réconforté.
Le réconfort
Le premier effet que crée le guide, l'instructeur, c'est le réconfort, il me réconforte. Il me fait croire que je ne suis pas seul, il me fait croire que je suis enfin guidé, que je vais aller quelque part, que la route - même si je ne sais pas encore où elle va, même si je n'en vois pas encore les lumières - il me fait en tout cas croire que la portion de route que je vais effectuer sera une route éclairée par lui, lui le guide. Et ce réconfort, cette sécurité est un déclic psychologique pour la croyance. Puisque le guide me réconforte, prochaine étape de mon comportement, je vais croire en lui !
C'est un fait psychologique et c'est dans la nature humaine, chaque personne qui arrive à me réconforter, chaque personne qui a le pouvoir de me sécuriser, je vais croire en cette personne, de cette manière-là je vais croire en mon père, je vais croire en ma mère, de cette manière là je vais croire en Dieu s'il le concept de Dieu parvient à me sécuriser, ou je vais croire dans les institutions de la société, je vais croire par exemple dans la justice, ou je vais croire à la paix, ou je vais croire à l'écologie, ou je vais croire à un parti politique, ou je vais croire à une religion. Selon mon tempérament, selon comment l'on doit parler à mon intelligence pour avoir la faveur de mon intelligence, je vais être orientée à me sentir sécurisée par tel ou tel genre d'individu, par tel ou tel genre d'institution, que l'institution soit spirituelle, culturelle ou politique.
À partir du moment où je suis sécurisée, comme je vous l'ai dit, je vais payer un tribut à la chose qui me sécurise, et ce tribut psychologique est aussi un tribut d'amour, et c'est la croyance. C'est pour cela qu'il est très difficile pour l'enfant qui grandit par exemple de s'apercevoir que son père fait des erreurs, que sa mère n'est pas parfaite. Le jour où le père commet une injustice, pour l'enfant c'est tout un univers qui s'écroule ! Parce que l'enfant établit sa sécurité dans la connaissance de son père infaillible. Donc, si, soudainement, le père devient quelqu'un qui a des faiblesses, qui a des incapacités, qui fait des erreurs de choix, l'enfant n'est plus du tout en sécurité !
Et pour le disciple il en est de même, il lui faut un certain nombre de repères sur la vie spirituelle, sur le Chemin. Il ne lui semble pas que son éclosion puisse avoir lieu comme cela, par le simple fait que lui-même va remplir l'arrosoir et arroser son esprit.
Il a aussi peur de commettre des erreurs.
Il se dit : “J'ai besoin d'un guide, j'ai besoin d'une Lumière, parce que je veux aussi marcher sûrement sur la route. Ce n'est pas simplement pour avoir un père et me sentir en sécurité, c'est parce que je suis tellement disciple, j'aime tellement mon âme, j'aime tellement Dieu, que je veux aller sûrement à l'endroit de l'initiation et ne pas me perdre dans des endroits obscurs.”
Ha ha ! C'est ce que l'on va me dire ! Et c'est la remarque la plus fausse que l'on puisse me faire ! C'est la remarque qui fait la preuve du niveau de peur qui existe dans ce disciple !
C'est la preuve par quatre.
La peur du disciple
Pourquoi est-ce que tu as peur de rater éventuellement ton initiation ? Hein ? Pourquoi est-ce que tu as peur d'éventuellement te mettre sur un chemin qui soit faux et te détourne de l'initiation ? Et cette peur te fait ainsi faire le contraire ! C'est-à-dire te fait aller avec ardeur dans toutes sortes de chemins, et puisque c'est la sécurité que tu cherches, c'est forcément le contraire que tu vas rencontrer. On ne peut pas rencontrer la sécurité si on est motivé dans sa recherche par la peur. C'est une erreur !
On ne peut pas rencontrer la sécurité si on est motivé par la peur.
Si je suis l'insécurité et que cette insécurité est mon moteur, ma dynamique pour aller trouver sur la voie le chemin le plus sûr, eh bien je ne vais pas pouvoir trouver la sécurité. L'insécurité n'inspire pas ce qui nous fait aller vers la sécurité.
De la même manière que ce n'est pas en nous la peur de l'injustice qui peut nous guider pour être les meilleurs juges, les plus justes. Pas du tout ! C'est là, au contraire, que l'on devient capable d'enfermer quelqu'un au cas où il serait coupable. On préfère savoir certaines fois un innocent en prison plutôt que éventuellement s'il est coupable et que l'on n'arrive pas à le savoir, de le laisser courir dehors.
Ceux qui ont peur de l'injustice sont les plus mauvais juges ! Ils accablent l'innocence !
De la même manière, celui qui a peur de manquer d'amour est celui qui étouffe le plus les autres et donne le moins d'amour lui-même. Ce qui fait que ne donnant pas lui-même de l'amour, puisqu'il est tout occupé à essayer d'en accaparer à l'extérieur et qu'il en étouffe les gens, eh bien les gens ne l'aiment pas, puisqu'ils se disent : “C'est un gros égoïste, il ne donne rien, il veut tout prendre !” Lui qui n'a le souci que de trouver de l'amour et il n'en reçoit jamais ! C'est sa peur de ne pas être aimé qui l'empêche de recevoir ! Parce que cela aussi l'empêche de donner dans un premier temps.
Sur le Chemin spirituel c'est la même chose ! On peut bénéficier de toutes les inspirations, on peut bénéficier de toutes les protections. Et même si quelquefois l'on commet des erreurs, on peut cependant savoir en tirer à juste temps la conclusion, et ceci dans la mesure où on y va sans peur, sans avoir ce réflexe d'être protégé par quelqu'un, sans avoir à l'idée le besoin d'être guidé par quelqu'un. Parce que soi-même on ne se sent pas capable d'assumer un destin ou de trouver la voie.
Cette grande illusion qui règne dans la relation entre le disciple et le Maître, c'est aussi ce qui éloigne le Maître du disciple.
L'action du Maître
Un véritable Maître ne s'approchera pas d'un tel disciple, au contraire il prendra tout son temps pour d'abord casser l'esprit d'insécurité, le besoin d'être aidé, le besoin d'être rassuré etc. C'est pour cela que les premières relations avec un guide sont toujours, je dirais, une petite catastrophe. Un guide ne répond jamais à vos attentes, jamais !
Il va d'abord casser votre esprit ! Il va d'abord vous montrer ce qui a peur en vous, il ne va pas vous rassurer, il va vous laisser dormir dehors tout nu pendant tout le premier mois où il n'y aura pas de Lune, même pas pour vous éclairer un tout petit peu. Il ne vous donnera pas à manger, il ne vous donnera pas à boire, il vous laissera être affamé, de façon à ce que cette première crise de solitude vous mette face à vous-même et que vous aperceviez qu'il n'y a que peur en vous !
À partir du moment où l'individu a pris conscience de ce volume de peur, peur de toute chose qui est en lui, alors le Maître peut espérer commencer un travail alchimique sur cet élève. Il va commencer à pouvoir lui donner des exercices, des repères psychologiques, un enseignement philosophique. Mais avant cela, on ne peut pas appeler cet individu un élève. C'est peut-être un aspirant. Et il y a beaucoup d'aspirants dans la vie, bien sûr, beaucoup ! Et uniquement à cause de cette illusion dont je parle depuis tout à l'heure.
Ce n'est pas parce qu'ils ne sont pas assez intelligents pour être autre chose, non plus qu'ils ne soient pas assez développés pour pouvoir travailler, passer tout de suite à l'alchimie, pas du tout ! Malgré tout leur état, malgré toute leur préparation, malgré toute leur intelligence, ils se retardent eux-mêmes parce qu'ils se placent en élève. Et dès que l'on se place en élève, c'est que l'on n'a pas vu le volume de peur qui est en soi.
Maintenant, essayons de décrire quelle est la véritable relation qui existe entre un élève et un guide, telle que nous nous l'entendons.
Bien sûr, apparemment, il y aura toujours quelqu'un qui semble en savoir un peu plus et qui semble le donner, et le donner à quelqu'un qui semble en savoir moins et qui semble recevoir. Toute l'attitude de celui qui pense ne pas encore savoir suffisamment pour se diriger lui-même et être une fontaine de jouvence, dans notre façon de voir les choses, dans notre façon d'expérimenter la vie et les relations, l'attitude de cet élève est un respect. Jamais une obéissance, jamais une observation, jamais un suivi ! C'est un respect !
Respect
Exactement comme lorsque vous recevez une nourriture terrestre, vous respectez celui qui a planté la graine, vous respectez celui qui a moissonné, vous respectez celui qui a fabriqué le produit, vous respectez celui à qui vous l'achetez. Et lorsque le produit se trouve sur votre table, vous en louez d'autant plus la nature d'avoir effectué tout ce petit miracle.
C'est avec ce même respect face à la nourriture que l'élève doit recevoir ce qui vient d'un instructeur. Et ce n'est jamais plus qu'une nourriture. Ce n'est jamais un enseignement, ce n'est jamais une instruction, ce n'est jamais une guidance ! C'est une nourriture. Et c'est bien différent.
Pourquoi c'est différent ?
C'est différent parce que si je dis : “Vous êtes instruit, vous recevez une instruction”, que ce soit par moi ou par tant d'autres, non seulement je vous place dans la position de celui qui est instruit mais en plus je crée le concept qui va vous inspirer : étudier, adopter, croyez ! Donc. Car pour adopter une philosophie il faut y croire et en y croyant je vais me trouver en train d'exécuter chaque terme de la philosophie ou de la religion ou de la discipline spirituelle. Tandis que si je dis : "nourriture”, dans le concept qui s'éveille, il n'y a pas besoin d'adopter, il n'y a pas besoin de suivre quoi que ce soit. L'on sent très bien que l'individu se place uniquement en état de réceptivité.
Il n'a pas un rôle actif, où il va intégrer, croire, adopter, effectuer, exécuter. Il va simplement recevoir une petite étincelle.
Bien sûr, lorsque l'on distribue des nourritures philosophiques, les étincelles semblent être intellectuelles d'abord, puis abstraites, morales, et ensuite uniquement intuitionnelles. Lorsque l'on distribue des étincelles pour les rituels, pour les méditations, ces étincelles semblent être uniquement vibratoires. Donc on pourrait faire une différence entre les différentes étincelles que vous recevez. Cependant, elles sont toutes de même nature et veulent uniquement, en fait, être des leviers.
Lorsque l'on utilise la Parole, comme j'utilise la Parole moi-même, on ne veut pas essayer de vous instruire, on ne veut pas essayer de mettre dans vos esprits de nouvelles conceptions. On ne veut pas essayer d'élargir une philosophie. Pas du tout !
L'on souhaite simplement, par le jeu de la pensée, le jeu des idées, ouvrir des fenêtres qui en vous pour l'instant sont encore fermées, qui donnent accès à des états de conscience. On peut préparer des états de conscience par des méditations, mais aussi par des conceptions et c'est pour cela que la philosophie a toujours tenu une part très grande dans l'éveil spirituel.
Pourquoi ?
La philosophie
Tout simplement parce que l'homme est une idée. Avant tout, il est une idée.
On peut dire conscience, mais comme il n'est pas encore l'état de la conscience, exactement comme un paysage est la nature, et simplement la nature, avant d'être simplement un état de conscience, il va être une multitude d'idées.
L'homme est ce qu'il pense.
Pour nous, donc, il sera important de travailler au niveau de ce que vous pensez et des multiples pensées que vous entretenez. De façon à ce que, en développant les pensées, on puisse, au fur et à mesure, vous élever à l'état de conscience. Donc mon travail, bien que j'utilise les mots, bien que j'utilise des concepts, des idées, que je favorise en vous certaines idées plutôt que d'autres, mon travail se situe seulement au niveau de la destruction de l'idée.
Mais ce n'est pas facile de détruire l'idée en vous ! Vous n'êtes pas coopératif pour cela ! Et c'est normal, ce n'est pas une critique que je fais ! C'est normal que vous ayez des idées puisque vous êtes des hommes et que vous essayez de trouver le chemin dans la vie. C'est tout à fait normal que vous produisiez des pensées !
Mais je vais effectivement me servir des pensées que vous avez, des pensées que je peux détruire, pour petit à petit vous amener à un endroit où il n'y aura plus celui qui pense, mais simplement quelqu'un qui voit un univers, qui sera témoin d'un univers. C'est pour cela qu'un guide va plutôt passer son temps à casser l'individu qu'à construire l'individu, qu'à le rassurer.
Bien sûr, il y a toute une partie d'amour dans le guide qui tentera toujours de chauffer l'homme. Et dans cette chaleur, l'homme va encore transformer les choses et croire qu'il va puiser une sécurité. Mais c'est uniquement une chaleur qu'envoie le guide.
Lorsque vous pensez, lorsque vous créez vos conceptions à propos de Dieu, de l'aura, des chakras, des philosophies, des religions qui existent, des meilleurs moyens de méditer, tout ceci constitue des murs. Ce ne sont pas des moyens d'aller quelque part, ce sont au contraire des murs. Ce qui ne veut pas dire que pour aller très vite vers la Perfection, l'homme ne doit pas s'instruire, l'homme ne doit pas savoir, l'homme ne doit pas connaître ! Je ne suis pas en train de dire cela ! Comme je l'ai toujours expliqué, la difficulté de la vie, la difficulté de la spiritualité, la difficulté de l'homme et de la condition humaine reposent sur le fait que tout ceci est un paradoxe.
Paradoxe
Donc lorsqu'il s'agit de s'instruire sans se mettre à croire à l'instruction que l'on vient de recevoir, c'est difficile ! C'est un paradoxe !
Et ce paradoxe réclame parfois des millénaires avant d'être compris et résolu.
C'est ce qui crée la souffrance dans le cœur et la vie du disciple. Le voici tout amour et il s'emploie à aider les autres, à nourrir les autres. Et voilà que dans son grand cœur, il ne passe son temps qu'à donner et il se trouve exploité. Celui qui est à l'extérieur et qui est un homme qui analyse se dit : “Voilà, quelqu'un qui au nom de Dieu passe son temps à donner, passe son temps à aimer et il n'est cependant pas assez intelligent pour voir que là va venir quelqu'un qui n'est qu'un fainéant, par exemple, ou un profiteur ou même un escroc.” Et pour celui qui analyse, l'énigme est grande parce que celui qui donne au nom de Dieu se dit inspiré par Dieu ou protégé par Dieu. Ce qui fait que celui qui analyse va se détourner de cet individu en se moquant de lui.
Et voici un autre homme qui passe son temps à lire, parce qu'il pense que la Connaissance s'acquiert ainsi. Et voilà de nouveau notre analyste qui passe à côté, qui le regarde faire et qui se dit : “Mais voici celui qui s'est beaucoup instruit, qui connaît d'immenses choses que moi je ne pourrais jamais que soupçonner légèrement.” Mais sitôt qu'il s'agit d'être simplement humain et gentiment humain, de donner un sourire, de donner un peu d'amour, voilà qu'il ne sait pas le faire. Et notre analyste se dit : “Il n'y a sur la terre pas d'homme qui soit un représentant de Dieu ! Tous les uns sont soit dans le service et ne voient pas qui sont les loups, ou tous les autres sont dans l'intellect, dans la connaissance et ignorent complètement le reste de l'humanité et manquent donc aussi à leur rôle !”
Et celui qui est simplement l'analyste et qui se dit : “Moi qui suis un petit peu intéressé par la spiritualité, par Dieu, je vais ressembler ou à l'un ou à l'autre !” Et s'il est un peu intelligent il va refuser, il va dire : “non et bien je reste moi-même, tant pis j'ai mes défauts, tant pis peut-être que je n'irai pas au paradis cette fois-ci mais je ne veux pas être celui qui se fait marcher dessus et je ne veux pas être celui qui se tient en retrait de tout le monde.”
Et cette analyste est en fait le plus sage ! Bien que pour lui la situation soit difficile puisqu'il lui semble ne pas pouvoir faire un choix. Il lui semble qu'il va rester là, dans son état, celui qui se connaît si bien depuis tant d'années. Et c'est cependant celui-là qui va recevoir le plus de Lumière, parce qu'il va refuser !
Refuser quoi ?
Refuser que la balance penche un peu trop du côté de l'amour sans la connaissance et refuser l'autre plateau de la balance qui va pencher un peu trop du côté de la connaissance en oubliant l'amour.
Et il va donc se trouver juste dans le milieu, la voie du milieu.
La voie du milieu
C'est cela la spiritualité, la voie du milieu.
En se tenant sur le milieu, il va se dire : “eh bien je ne suis qu'un homme”. Et, chaque jour, il va essayer d'être un homme avec intégrité, loyauté. À chaque situation il essaiera pour sa propre survie ou la survie de ses amis d'être le plus intelligent possible.
Et puisque ses amis comptent encore beaucoup, parce que sa famille compte encore beaucoup, eh bien il sera en même temps tout amour. Il sera donc le remariage de l'amour et de la connaissance. Chose que les deux autres n'ont pas réussi, au nom de Dieu. Car c'est au nom de Dieu qu'ils ont échoué.
Celui qui est allé trop vite sur le plateau de l'amour tout en ne développant pas suffisamment sa connaissance, celui-là est allé se précipiter dans le service au nom de Dieu ! Et celui qui est entré très vite dans la connaissance en négligeant l'amour, celui-là aussi c'est au nom de Dieu. Il s'est dit : “Je veux accélérer mon évolution, il me faut cette initiation, je ne veux pas continuer à vivre dans l'état où je suis ! Vite ! Je dois étudier pour accéder à un niveau !”
Et cependant, si on vient voir ces trois personnages au bout de leur vie, eh bien, c'est l'analyste, le personnage central qui va aboutir à l'initiation et pas les deux autres. Pour les deux autres, il sera très difficile d'ailleurs d'être redressé !
Parce que lorsque celui qui a trop d'amour va mourir et se réincarner, pour lui, faire admettre que le discernement se construit aussi grâce à l'observation, grâce à l'étude, cela va passer par de terribles souffrances ! Et ces souffrances vont exister grâce aux échecs ! Et seuls les échecs pourront instruire cet individu.
C'est pour cela que curieusement on voit des disciples expérimenter, malgré leur état de bonté, malgré leur méditation avancée, échec sur échec ! Parce qu'ils doivent s'instruire, ils doivent construire leur discernement.
Construire son discernement
Ce n'est pas leur amour-là qui est concerné, ce n'est pas une épreuve quant à leur intégrité, leur foi, ce n'est pas cela qui est concerné en eux. C'est la construction du discernement.
Et l'on verra, de la même manière, le disciple qui s'est enfoncé dans la connaissance, on le verra mourir, on le verra renaître et on verra s'ouvrir devant lui une vie qui sera toute empreinte d'émotionnel. Comme c'est étrange ! Comment cela se fait-il que quelqu'un qui a au contraire apparemment sublimé ses émotions pour ne se consacrer que lecture à l'intellect le voici descendu dans une vie où il sera tout empêtré dans les émotions, dans des histoires d'amour, dans des relations amicales très ardentes... De toute évidence il ne saura pas traiter ces informations. Et pourtant il semblera très intelligent. Et pour tout l'entourage ce sera une énigme : “Comment se peut-il que celui-ci qui est si intelligent, qui sait tant de choses, puisse se commettre dans des émotions qu'un enfant de 14 ans saurait éclaircir ?”
Et de la même manière, donc, ce disciple va se trouver qu'il est en train d'assumer une vie où il ne soulèvera que suspicions. Il ne sera pas crédible ! Et cela cependant n'enlève rien à sa connaissance. Il est simplement en train de rétablir l'équilibre.
Et nous passons ainsi de vie en vie, à travers des contradictions ou des choses qui semblent contradictoires pour l'œil de l'analyse ou du débutant et cependant c'est une recherche d'équilibre.
Et pour répondre en même temps à la question qui m'a été posée, la première à propos de la thérapie, je dirais que tout l'acte de la guérison, que la guérison provienne de l'élève lui-même ou soit inspirée par le guérisseur ou le thérapeute, la guérison est en fait que la recherche de l'équilibre. Et l'équilibre que l'on a enfin retrouvé.
Maladie - déséquilibre
Toute maladie est due à un déséquilibre, soit que l'on aura trop poussé dans la voie de l'amour, soit dans la voie intellectuelle, soit que l'on aura trop dilaté l'émotion ou trop dilaté certains autres états de la conscience, peu importe, ou certains chakras. Et toutes ces dilatations font de l'homme un homme bosselé. Lorsque l'on peut observer leur aura, eh bien l'on voit une aura toute bosselée ou trouée. Et dans ces trous ou sur ces bosses, commencent les maladies. N'importe laquelle ! Que ce soit la maladie psychologique ou la maladie physique, elle est là et elle peut prendre racine.
Quand il y a un trou, la maladie qui va s'installer dans un trou est une maladie difficile à aller arracher, parce qu'elle est bien au chaud et sa racine est bien à l'intérieur ! Lorsqu'il y a une bosse, la maladie est un peu plus facile à extirper parce que, dessus une bosse, le relief permet que l'on attrape facilement cette racine. Mais souvent il est douloureux d'enlever la racine, parce que la racine s'est installée dans toute la bosse, et l'on se trouve donc en train d'arracher la bosse en même temps. Et le malade va crier : “Ouille ! Ça fait mal !” Très mal... Bien plus mal que s'il ne s'était agi que d'arracher la racine.
Alors en fait, on peut dire qu'il y a des maladies dues à des introversions et des maladies dues à des extraversions.
En fait, on peut être déséquilibré dans la phase négative et c'est ainsi que l'on creuse des trous dans son aura, soit dans toutes les phases positives et c'est ainsi que l'on crée des bosses dans son aura.
Malheur à celui qui a des trous et des bosses ! Celui-là, le pauvre est vraiment en piteux état ! Et c'est ce qui arrive cependant, car aucun individu n'est franchement introverti ou franchement extraverti. On est un petit peu l'assemblage de ces deux-ci, parce que tout simplement il y a des endroits de notre être où l'on se sent sûr de soi, où l'on va donc volontiers s'extravertir et commencer à construire des bosses. Et puis il y a d'autres parties de soi où l'on se sent moins capable, où c'est l'autre qui va avoir le pouvoir. Alors là, on développe une introversion et l'on risque de faire un trou.
L'idéal - et Dieu sait que je n'aime pas beaucoup ce mot-là, car il rend les hommes trop rêveurs - mais disons que l'idéal, c'est un homme qui est dans le milieu, qui est capable de rester à l'intérieur quand il le faut parce que certaines activités ne se font que depuis l'intérieur. Et c'est un homme qui saura aussi aller à l'extérieur, quand il le faut, parce que pour certaines activités il faut aller à l'extérieur, il faut s'extravertir. L'important, pour l'individu, c'est d'être constamment bien sur la ligne du milieu, être une présence. Et cette présence ne se peut que lorsque l'on est aligné.
Alignement - guérison spirituelle
Tout individu qui va donc chercher à s'aligner par soucis spirituels ou par confort, par bien-être, va automatiquement entamer une guérison spirituelle.
Sitôt que l'on déclenche une guérison spirituelle, on pratique l'évolution et l'alchimie. Et l'on se garde aussi des problèmes physiques.
Tout le monde est malade.
Tout le monde est malade
Même si la maladie n'a pas abouti sur un plan physique, si elle ne s'exprime pas de façon physique par les maladies bien répertoriées que l'on connaît, tout le monde est cependant malade de quelque chose.
Malade d'une tristesse qui a commencé dans l'enfance, parce qu'on l'a abandonné, parce qu'on l'a maltraitée, parce qu'il n'a pas pu s'épanouir à l'école, parce que son cerveau était moins rapide que le cerveau des autres.
On est malade de tout ce que l'on pense aussi à propos de soi : “Je ne suis pas beau, je ne suis pas grand, je n'ai pas réussi dans la vie, je n'ai pas beaucoup d'argent...” Ce sont des maladies ! Sitôt que vous pensez ces choses, vous ne pensez pas simplement à votre vie. Vous n'êtes pas simplement en train d'observer la constitution de votre destin. Vous développez une maladie, que l'on pourra appeler ensuite la tristesse, ou la mélancolie, ou l'insatisfaction de soi, ou la névrose, ou la dépression. Mais c'est une maladie ! Une pensée est une maladie, parce qu'elle va aller soit dans le positif, soit dans le négatif [...]
(Négatif, lorsqu'il regarde dans sa vie tout) ce qui ne va pas, soit aller dans l'autre camp et regarder tout ce qui, au contraire, fait sa gloire. Négatif, positif, sans arrêt, la pensée voyage entre ces deux pôles.
Et l'homme, qu'est-ce qu'il fait au milieu ? Lui qui devrait être la présence, l'arbitre, eh bien l'homme se laisse manger par sa pensée !
Donc mangé, tour à tour, par son négatif et son positif, par ce qui lui plaît en lui et ce qui ne lui plaît pas, par ses incapacités, par ses capacités.
Alors on voit M. Dupont, le matin, prêt à aller au travail, il sait que, dans sa première heure, il est face à un exercice difficile qu'il ne maîtrise pas bien. Donc M. Dupont, dès le matin, n'est pas tranquille, il se ronge ! Et la première description qu'il fera de lui-même c'est : “tu es un incapable !” Par contre, il sait que l'après-midi, il va assumer une phase du travail qu'il maîtrise complètement. Alors M. Dupont, l'après-midi, est tout à fait content, complètement déculpabilisé, très heureux ! Il sautille comme un pinson dans les champs, il embrasse les secrétaires, il est tout à fait bien ! Pourquoi ? Parce qu'il a confiance en lui.
Pourtant, la vie, la vie qui habite M. Dupont, le corps Dupont, cette vie est la même, elle n'a pas changé, c'est toujours M. Dupont. Et pourtant, si on voit M. Dupont le matin, c'est un autre que le M. Dupont de l'après-midi ! Et si je suis, par exemple, un employeur qui ne passe que le matin, je vais donc tous les matins rencontrer un M. Dupont triste. Et je vais penser : “Tiens, cet employé a une vie triste, il est triste !” Par contre, mon adjoint, lui, fait la tournée l'après-midi, et lorsque l'on parlera, en conseil d'entreprise, il me dira : “Mais M. Dupont est un homme très gai, il faut absolument lui donner tel et tel poste, parce qu'il saura dynamiser le poste !” Et moi, je lui dirais : “Mais c'est impossible, M. Dupont fait une tête affreuse tous les matins quand je le croise. Il manque d'énergie, il est complètement avachi à son bureau, je ne peux pas lui proposer ce poste, c'est pas possible ! Il va absolument tout gâcher !” Et voici que mon adjoint essaiera de me convaincre et voici que j'essaierai de convaincre mon adjoint.
Et ainsi, vous avez vous-même des amis qui pensent : “Le pauvre, il est gentil, mais qu'est-ce qu'il est bête !” Et vous en avez d'autres qui disent : “Mon Dieu qu'il est intelligent ! Je me rappelle que à tel moment il m'a dit telle chose, ça m'a sauvé la soirée, ça a sauvé ma vie, ça a sauvé mon ménage !”
Comment peut-on être pour les uns bêtes et pour les autres intelligents ?
Vous allez me dire, c'est peut-être l'autre qui a un problème d'appréciation, c'est vrai. Il y a aussi la question de l'appréciation, du discernement de l'autre, mais généralement l'autre voit ce qu'on lui fait voir. Donc si à un moment donné j'ai agi bêtement, l'autre va enregistrer : monsieur Dupont est bête. Puis si à un autre moment j'ai agi correctement, on enregistre : monsieur Dupont est correct. Et c'est ainsi que, par les relations, l'on va être identifié à toutes sortes de degrés d'intelligence ou d'amour, et que l'on sera bien différent dans l'esprit des uns et des autres. Et qu'il en est soi-même vraiment ?
Car tout le trouble de la condition humaine va être de croire ce que pense l'autre ! Et l'on va chercher la relation plutôt avec celui qui nous croit et nous pense intelligent. Parce que sitôt que l'on va arriver à sa table, on va se respecter soi-même dans le respect qu'il nous offre et l'on va se sentir bien, tellement bien ! Ces habits-là sont tellement confortables ! L'autre nous devient une nécessité, il faut absolument que je garde son amitié et que je le fréquente le plus possible ! Parce que plus je vais fréquenter cet ami, plus je vais être beau, tranquille, bien avec moi-même.
Donc il n'y a pas simplement ce que l'autre va interpréter, il y a aussi ce que je vais en faire.
Sitôt que je vais par chance, par bonheur ou par prouesse créer un beau masque, fabriquer une belle interprétation, je vais m'y attacher. C'est une partie de moi que je vais aimer. Mon Dieu, que je vais l'aimer cette partie de moi ! Et pour qu'elle existe, je vais absolument m'attacher aussi à l'autre, celui donc qui pense cette bonne chose à propos de moi. Et en m'attachant à l'autre, je vais appeler cela l'amour, ou l'amitié, ou la sympathie. Mais en fait ce ne sont que des contrats tacites, des contrats qui disent : “Pense que je suis beau comme ça, tu me fais du bien ! Pense que je suis intelligent comme ça, tu me fais du bien !” Et je vais fuir celui qui pense le contraire.
Si vous voulez discerner un initié quand vous le rencontrez, observez qui sont ses amis ! Est-ce qu'il a parmi ses amis des gens qui le pensent bête et des gens qui le pensent intelligent ? S'il arrive à être ami avec ceux qui le pensent bête, autant qu'avec ceux qui le pensent intelligent, alors là vous avez face à vous un sage. Parce que lui, il est simplement lui-même pour les deux genres d'amis qu'il possède. Il se moque des interprétations, il se moque des images ! Tout ce qui compte pour lui, c'est de voir les gens que lui aime d'un acte pur. Il les aime pour eux-mêmes et non pas pour l'image qu'il vit à travers l'esrpit des amis. Il a engagé son amitié, il a engagé son soutien, il a engagé sa fidélité et il reste fidèle. Il aime ses amis pour eux-mêmes, pour ce qu'ils sont. Il n'y a aucun marchandage ! Voici un libéré à ce moment-là.
Sitôt que l'on est au-dessus de ce marchandage, de ces interprétations, de ces images, on est un homme libre. On ne connaît peut-être pas encore Dieu, mais en tout cas on est un homme libre et Dieu ne va pas tarder. Parce que, sitôt que les images sont détruites, que les faux dieux sont donc détruits, eh bien la Lumière peut s'installer, le véritable Dieu peut apparaître. Mais avant cela, tous les voiles cachent la Lumière.
En fait, la spiritualité n'est qu'un acte de dépersonnalisation. Uniquement cela, se dépersonnaliser.
Se dépersonnaliser
Mais qu'est-ce que cela veut dire ?
Beaucoup diront qu'il s'agit de tuer l'égo, comme on mettrait à mort un dragon, un taureau, un bœuf. Et ils s'efforcent de ne pas avoir d'attirance pour ceci, d'attraction pour cela, ils se privent d'autre chose. Sans cesse, ils essayent de se détruire. Et cet acte de destruction est vécu soit avec mélancolie, et au bout de quelque temps il se développe une énergie que l'on peut facilement utiliser pour la magie. Car cette énergie de destruction s'installe en l'homme et reste en l'homme comme une énergie de destruction, à force de me détruire. Et vu que cette destruction ne m'amène pas à Dieu, je vais être déçu et en colère ! Mais j'ai tellement cultivé cette énergie de destruction, qu'un beau jour, eh bien je passe moi-même à l'acte de destruction.
Et selon mon déséquilibre à une incarnation donnée, eh bien je peux très vite basculer dans cette colère qui fera de moi un mage noir, par exemple, ou un rebelle, par exemple, ou même un criminel, par exemple.
Je sais que cela peut être difficile à croire. Cependant, si vous voulez bien me suivre dans mon voyage, dans mon discours, je vous assure que c'est dans les monastères que l'on préfabrique le plus grand nombre de futurs criminels pour d'autres vies ! C'est étonnant, n'est-ce pas ? Les églises n'existent que pour amener les hommes à Dieu, et les monastères n'existent que pour sublimer la nature humaine, la nature charnelle, afin d'élever l'homme vers Dieu. Eh oui, je sais bien ! Je sais bien que c'est ce à quoi ils pensent lorsqu'ils édifient les monastères, mais ce n'est pas ce qu'ils trouvent et ce qu'ils créent.
Lorsque pendant toute une vie, je suis un pasteur, un prêcheur, ou quoi que ce soit d'autre, de n'importe quelle religion ou groupement spirituel que ce soit, mais à partir du moment où je suis ce représentant et que je passe mon temps à casser les individus dans leur énergie. Cette énergie qui tente d'aller dehors pour voir la vie, ce sexe qui tente d'aller dehors pour rencontrer l'autre sexe, cette bouche qui veut aller dehors pour manger et goûter tous les goûts, ce corps qui veut aller dehors pour profiter de la liberté comme un jeune cabri. Si je casse systématiquement le disciple de cette manière-là, je vais en faire un rebelle. Il faut savoir que je ne vais pas créer autre chose.
Et un rebelle, dans sa prochaine vie, ne va pas penser à devenir mystique. Il deviendra soit un fou de Dieu, c'est-à-dire un fanatique, il sera capable de tuer au nom de Dieu, ou soit il va complètement oublier Dieu et devenir un criminel. Et celui qui est clairvoyant dira : “Mais je ne comprends pas pourquoi je vois en toi un ancien prêtre, un ancien moine, une ancienne sœur. Je ne vois pas pourquoi ! Il n'y a pas de logique entre cette vie au monastère et aujourd'hui ta criminalité !” Et pourtant pour nous, il y en a une, c'est que cet homme a été brisé et il a trop développé l'énergie de la destruction. Et un jour, elle l'a habité de manière entière.
Si l'individu n'oublie pas Dieu, qu'il ne pousse pas sa rébellion dans son stade terminal, alors cet individu devient un fanatique. Il est capable de tuer n'importe qui au nom de Dieu, ou au nom d'une politique aussi, car la politique est une autre religion. Et si aujourd'hui il semble y avoir tellement de fanatismes, que ce soit à travers des sectes occidentales, ou des sectes du Moyen-Orient, ou des religions de par le monde entier, c'est comme, je dirais, une résurgence de tous ces moines, de toutes ces sœurs qui ont été cassées, mais cassées aux mauvais endroits et par les mauvaises méthodes.
Il faut donc, puisque l'on est, soi-disant, en fin de cycle, il faut que toutes ces âmes aient une chance de récupérer leurs illusions, leurs rêves. Il faut qu'ils se soignent absolument ! Mais c'est avant tout la colère qui va sortir, comme dans tout acte de thérapie, nous le savons bien ! Dans les premières minutes, c'est la colère qui sort !
La colère
Lorsqu'il s'agit de guérir quelqu'un ou de soigner quelqu'un pour une maladie bien connue, bien localisée, dont souffre le corps ou l'esprit, on va voir la colère sortir et ne prendre que quelques minutes, quelques heures ou quelques jours, mais on la verra naître et s'arrêter. Quand il s'agit d'une maladie beaucoup plus grave, qui est profonde dans l'être, dans l'âme, cette colère commence avec la naissance et dure parfois jusqu'à la mort. Ce qui fait que l'on a face à soi un individu qui passe une vie complète dans un état de colère, à moins que par alchimie, par intelligence - car là il n'y a que l'intelligence qui puisse sauver cet individu - à moins que par intelligence son plan de vision change et que cette énergie de destruction fasse place, pour moitié, à l'énergie de construction qui est en l'homme.
Pour chercher Dieu, les hommes font autant de mal que de bien et pas simplement parce qu'ils peuvent devenir fanatiques, mais surtout parce qu'ils veulent s'approprier les moyens d'aller vers Dieu et ils construisent des systèmes.
Bien sûr, il y a des exercices qui peuvent aider l'homme à déceler les illusions qui existent sur chaque plan de conscience, depuis le Plan Physique jusqu'au Plan de l'Âme. Bien sûr, il y a des exercices qui permettent à l'homme de mieux voyager dans ses différents états de conscience plutôt que d'être logé exclusivement dans le physique et l'astral. Mais cela ne veut pas dire que l'on doit en faire des systèmes et que l'on doit accrocher à ces systèmes des croyances. Et que par ces croyances l'on en vienne à faire violence sur les hommes !
La seule violence que le Maître fasse, s'il en fait une, contre le disciple, c'est la violence de la solitude, la solitude dont je parlais tout à l'heure. Il va vous laisser seul dans un coin, sans lumière, sans chaleur, sans nourriture, mais ceci pas pour vous infliger quelque chose, pas pour faire mal à votre corps ou à votre cœur ou à votre esprit, pour que vous puissiez voir tout ce qui a germé en vous et qui vient de la peur. Donc ce n'est que pour vous rendre plus lucide, ce n'est pas pour faire quelque chose contre vous, vous faire quelque chose à vous, à votre physique, à votre émotionnel, à votre esprit, à votre âme. Ce n'est que pour concentrer l'énergie et que vous voyiez la masse de peur qui est en vous et qui motive chaque fois vos décisions. Car un guide en fait ne peut pas instruire, il ne peut que fermer certaines portes, en ouvrir d'autres, de manière à guider plus ou moins votre boule - la boule de votre esprit - pour que vous puissiez voir ce qui existe.
C'est pour cela que tout à l'heure je disais qu'il n'y a pas d'instruction entre le disciple et le Maître. Il y a une instruction illusoire. Mais le Maître, depuis son poste et depuis sa réalité, n'effectue pas l'instruction avec illusion. Il n'y a que le disciple qui reçoive l'instruction de manière illusoire. Le Maître lui la donne telle que lui la conçoit avec désintéressement et sans jamais vouloir être obéi par qui que ce soit. Seulement il sait qu'en cours de route, eh bien, la petite goutte va se congeler et devenir un petit morceau de glace. Et c'est cette glace que le disciple va voir, ce n'est pas la goutte d'eau.
Si tu veux donc voir réellement ce que l'on te donne, que ce soit par les livres ou par qui que ce soit qui est ton instructeur, chauffe en toi le feu qui existe et fais fondre ce morceau de glace que tu as reçu. Et tu verras que ce n'est que de l'eau et c'est cette eau qui va, à ce moment-là, faire la révélation en toi. Révélation que tu cherches et que tu penses obtenir par le fait que tu contemples ton bout de glace. Par le fait donc que tu intègres une instruction et que tu te places comme un élève.
Il faut donc que tu réveilles ton feu. Mais de quel feu je parle et qu'est-ce que cette éveil ?
L'éveil
Cette éveil s'effectue spontanément chez l'individu lorsqu'il est capable de voir cette première vérité dont je parle à chaque rencontre, dont je vous parlerai sans arrêt, jusqu'à ce que chacune des personnes m'ayant rencontré puisse un jour voir effectivement cette région : la peur.
Si je veux instruire à propos de quelque chose, c'est bien à propos de cela et uniquement de cela.
Sitôt que vous aurez vu, en vous, la nature de votre peur, le volume de votre peur, sitôt que vous aurez vu que la plupart de vos décisions sont motivées par cette peur et comment vous en mettre à l'abri, eh bien vous allez réveiller votre feu.
Vous allez être plus qu'un homme, vous allez devenir un Dieu !
Car qu'est-ce que l'homme en fait ? Hein ?
L'homme est-ce que c'est une conscience qui s'est simplement identifiée à son corps, est-ce que c'est simplement un esprit qui a cru à ce corps, qui a cru à ses défauts et ses qualités, à sa personnalité, et qui depuis joue le jeu ? Oui, on peut dire que c'est cela, mais c'est manquer de délicatesse, c'est manquer de profondeur, c'est manquer de subtilité. Qu'est-ce qu'un homme en plus de tout cela ?
Un homme, c'est une conscience qui a peur, terriblement peur !
Un homme, c'est une conscience qui a peur, terriblement peur !
Et c'est cette peur que nous nous entendons, dans quelque royaume que nous soyons, et que vous nommez de façon si bizarre, si différente, d'une génération à l'autre. À vous entendre, on croirait qu'on déménage d'ailleurs à chaque génération.
“Tiens, maintenant ils l'appellent comme ça en bas ! Alors on va changer l'écriteau, parce que les nouveaux qui vont monter ne vont pas reconnaître, ils vont se tromper.” Alors on va à la boîte aux lettres et puis on met la nouvelle adresse. Comme ça les nouveaux sont sûrs d'être au bon endroit. Mais comme les générations succèdent de façon très rapide, il se trouve que nous en avons désigné un qui reste constamment à la boîte aux lettres, qui a une ardoise et qui écrit : voilà, alors maintenant c'est comme ci. Et puis il en voit un autre groupe arriver et il lit la pensée, il se dit : “Tiens, pour ceux-là on s'appelle ainsi, comme ceci et comme cela.” Alors vite il efface son ardoise et il marque le nouveau nom. Et ainsi tout le monde est sûr d'être vraiment dans son logis. Et chaque groupe se dit : “Tu vois ? Je t'avais dit que c'était ce nom là ! Tu vois je t'avais dit qu'en faisant cela on aboutissait vraiment à cette Hiérarchie et qu'il n'y a que cette Hiérarchie qui existe ! Tu vois que j'avais raison !” Et c'est ainsi que celui qui est à la porte se retient parce qu'il a envie de briser l'ardoise sur la tête de ces individus, se disant : “Mais s'ils sont arrivés jusque là avec toutes ces bêtises dans leur tête, ils n'iront pas plus loin !”
C'est juste parce que on joue le jeu à un certain temps et pour certaines personnes et ces personnes croient ainsi avoir raison.
Vous allez me dire : “Mais donc il serait plus sage de ne pas jouer leur jeu !” C'est vrai. Bien sûr c'est toujours plus sage d'être le plus près possible de la vérité. Simplement pour nous, vois-tu, sagesse égale pain de vie, sagesse égale eau de vie. Et certains des enfants de la planète ont besoin d'un pain d'une certaine couleur, d'une certaine consistance, d'une certaine céréale et une eau d'une certaine source. Comme ça ils acceptent de boire et de manger. Si nous ne venons pas avec un pain d'une certaine céréale et une eau d'une certaine source, l'individu préfère s'affamer plutôt que de se nourrir. Mais oui ! Tu ne changeras pas un musulman, tu ne changeras pas un chrétien, tu ne changeras pas un bouddhiste, tu ne changeras pas un sorcier d'une tribu. Pour lui, sa vérité, c'est la vérité à laquelle il a été initié, c'est sa tradition ! Alors pendant un certain temps, lamentablement, nous devons jouer de certaines traditions. Et, par ce jeu, il semble que nous acquiesçons leur existence, que nous confirmons leur existence et cependant il n'en est rien ! Ce n'est que pour que l'autre puisse prendre et se nourrir un peu.
Donc, lorsque je parle de ce feu qui est en l'homme, lorsque je prétends qu'il s'éveille spontanément dès que l'homme reconnaît toute la peur qui est en lui, lorsque je parle de l'homme, de la condition humaine, qui n'est que la condition de la conscience dans un état de peur, je suis en train de te décrire là ta propre condition aujourd'hui, malgré tout ce que tu sais, malgré tout ce que tu as déjà acquis, malgré toutes les heures que tu as déjà passé en méditation, malgré tout l'amour que tu voues à Dieu et toutes les prières que tu lui fais. C'est ton état, absolument !
Et ce n'est pas une critique, au contraire c'est une main tendue !
Je veux que tu vois ça parce qu'en le voyant tu vas t'en débarrasser complètement !
Cela sert à quoi que je te fasse des discours pleins d'espoir, pour que tu ressortes ici rempli d'énergie, parce que pendant quelque temps, tu auras eu des pensées extraordinairement dilatées sur le bien commun, la bonne volonté humaine, la grandeur de Dieu et l'assistance des Maîtres ! Mais sitôt que tu seras dehors, sitôt que tu vas sortir d'ici, si une voiture te renverse, qu'est-ce que tu vas penser ? Hein ? Tout va se fracasser dans ton esprit ! Qu'est-ce qu'il va rester de ce que je t'aurai apporté ? Qu'est-ce que tu vas faire de ce que je t'aurai apporté, si je ne t'apporte que des discours pleins d'espérance qui dilatent ton cœur et ton esprit ? Hein ? Lorsque tu seras dilaté, tu vas d'autant plus éclater au premier problème ! Et cet éclatement, vois-tu, c'est ce que l'on entend sans arrêt !
Arrêter de se dilater
Alors, pour nous, qu'est-ce que c'est l'humanité ?
Eh bien des ballons qui se gonflent et des ballons qui éclatent !
Et on se dit : “Tiens, celui-là a éclaté trois fois dans la journée ! Et je ne comprends pas pourquoi, cela ne le fatigue pas ! Cela ne l'aide pas à comprendre qu'il faut arrêter de se dilater, pour ne pas passer trop près des épingles de la vie et risquer de, piing !, éclater !”
Si tu attends un discours d'espoir, eh bien, tu vas ressortir comme un ballon dégonflé d'ici. Ça c'est certain !
Et en plus, je vais te courir après avec mes petites épines. Je vais te traquer partout dans n'importe quel endroit de ton cerveau où persiste une petite pensée. Je vais aller, poum !, la faire éclater.
Ce que je veux, ce que je souhaite, ce que je sais qui est le mieux pour toi, c'est de commencer à voir ta peur.
Ainsi, tu cesseras de te dilater d'espoir, de te dilater d'amour, de te dilater de foi. Pendant la prière, pendant la méditation, l'on voit des ballons qui deviennent immenses, immenses, immenses. Et on regarde l'air stupéfait en se demandant : “Mais jusqu'où il va gonfler celui-là ?” Bien sûr dans son esprit, le disciple se dit : “Je vais me gonfler jusqu'à atteindre Dieu !”
Et puis, il y en a d'autres qui commencent à comprendre quelque chose, qui ne se dilate pas dans la foi, dans l'amour, dans l'espérance. Ils commencent par se regarder. Il ne s'agit donc pas pour eux d'atteindre quelque chose en se gonflant ou en grimpant après une corde ou une échelle. Il s'agit pour eux de commencer à savoir qui ils sont, quelle est la profondeur de leur peur, quelle est la racine de leurs illusions. Dès que l'on prend conscience de cela, l'esprit est libéré parce qu'il n'est plus apesanti par la peur vécue inconsciemment, donc non maîtrisée. Et si elle est non maîtrisée, elle va prendre de plus en plus de place dans notre vie. Parce qu'elle va déterminer nos choix, nous faire aboutir à des erreurs, nous faire aboutir à des échecs.
Regarder sa peur
La peur ce n'est pas simplement quelque chose que l'on a là-dedans et qui ferait mal, c'est quelque chose que l'on va avoir aussi dehors parce que pour ne plus avoir peur, on va faire des choses ou ne pas les faire. Et cette peur va donc rejaillir dehors et constituer nos murs quotidiens.
C'est pourquoi, pour le disciple, il est très important de prendre une connaissance exacte et absolue de ce volume et de la nature de la peur qui est en lui.
Pour le disciple, il est très important de prendre une connaissance exacte et absolue de ce volume et de la nature de la peur qui est en lui.
En regardant cette peur, l'espace est créé, le poids est défait, et l'esprit commence à remonter. On l'appelle Kundalini, on l'appelle Shakti, on l'appelle l'esprit, on l'appelle l'âme, peu importe ! L'esprit commence à remonter.
Imaginez une eau que l'on porte à ébullition dans une casserole qui est bien fermée par un couvercle. La casserole c'est vous, le feu c'est l'Esprit et la vie, la relation, l'incarnation. Et le couvercle c'est toute cette peur inconsciente dont je vous parle. L'évolution que vous cherchez, la réintégration Divine que vous cherchez, c'est cette vapeur qui doit s'élever de la marmite.
Qu'est-ce qui se passe si le couvercle reste fermé ? La vapeur ne peut pas s'élever ! L'eau va être complètement asséchée dans la marmite, c'est certain, puisque le feu continue de brûler, la vie continue à vous brûler, les expériences continuent à arriver et vous brûlent. Donc l'eau se trouve complètement asséchée, mais la vapeur elle-même aussi va s'assécher. Elle va devenir au contraire de vapeur, un dépôt, un tartre. Et lorsque le feu aura fini de brûler, parce que vous êtes mort et que le guide va venir prendre la petite marmite que vous êtes et va ouvrir le couvercle pour voir ce qu'il y a dedans, ce que vous avez fabriqué durant votre vie, eh bien il ne verra que du tartre, que du tartre ! Pas une petite vapeur qu'il puisse emporter, pas une petite vapeur ! Il n'y aura plus d'eau, pas de vapeur, que du tartre ! Une casserole toute usée que l'on va devoir jeter et un couvercle qui lui va tenter de venir se reposer sur la future casserole dans laquelle vous allez vous incarner dans votre prochaine vie.
Et voilà que sur des nouvelles marmites on met des vieux couvercles ! Et que l'on recommence le processus d'assèchement le dépôt de tartre. Et ce dépôt de tartre, qu'est-ce qu'il devient avec le temps, même si on jette la vieille casserole ? Eh bien, le tartre il est aussi sur le couvercle que l'on ramène chaque fois ! Et puis la couche de tartre finie par être si épaisse de vie en vie que, même si on jette la casserole, les petites particules de tartre viennent tout de suite s'amaigamer sur la nouvelle casserole. C'est ce que contient l'atome-germe, il ramène tout ce que vous avez fait ou pas fait dans les autres vies.
Ce qui fait que, quel que soit l'état neuf et parfois même performant de la nouvelle marmite - parce qu'à force de vivre, eh bien l'on finit par savoir vivre - eh bien si l'on a un gros couvercle et beaucoup de tartre, eh bien l'on est aussi mal habile qu'un débutant ! Et c'est en fait comme si l'on n'avait pas vécu du tout avant !
Que fait le Guide alors ?
Le Guide se dit : "Mmmm... Le seul moyen d'aider ces vieilles marmites, c'est d'essayer un peu de les récurer. Hein ! Mais d'abord, enlever le tartre ! Bon, certains vont tenir à leur couvercle comme à leur propre vie, ils ne voudront pas le lâcher, ils le tiendront d'un côté, ils le tiendront de l'autre, ils appelleront même leurs amis pour pouvoir s'asseoir dessus, afin que tout parte, mais pas le couvercle !” Alors tout ce qu'il reste à faire d'une main invisible pour le Guide, avec un tampon à récurer, il va aller gratter le fond de la casserole ! Il se dit qu'en grattant le fond de la casserole, les particules de tartre vont venir à fleur d'eau. L'eau qu'il y a encore dans la marmite et qui boue. Il se dit : “Peut-être que si je les remonte à la surface, la marmite verra ce qu'elle est en train de faire chaque jour, de nouveau dépôts. Et peut-être qu'alors elle acceptera d'enlever son couvercle pour que le tartre s'en aille, puisqu'il peut partir.”
Prendre conscience, c'est cela.
Tout le monde a été récuré une fois ou l'autre. On est récuré soit par la vie, soit par les guides, soit par la famille, soit par les institutions, soit par la vie politique, soit par Dieu lui-même ! Il y a toujours un tampon à récurer quelque part ! Mais il s'agit pour vous de voir les déchets qui remontent à la surface. Et lorsque vous les voyez, c'est de vous-même, sans qu'il n'y ait plus aucun commentaire de ma part, ni de la part de qui que ce soit. C'est vous-même qui allez ouvrir ce couvercle, l'enlever, en faire disparaître le poids, pour que ce tartre s'en aille dans l'évaporation.
L'évaporation
L'évaporation va se situer à trois niveaux.
Le premier, pour l'évaporation, sera de se libérer des déchets qu'elle entraîne par le fait que l'eau est entrée en ébullition et qu'elle a détaché des particules du fond de la casserole. Donc premier stade, purification. C'est-à-dire que dans un premier temps, le feu qui se réveille en vous va d'abord occuper tout son temps à vous purifier, à vous nettoyer. Il est inutile donc d'attendre l'initiation, de chercher l'illumination, de chercher les étoiles qui brillent dans la tête. Ce n'est pas ça qui viendra ! Dans un premier temps, il y aura une profonde et parfois même douloureuse purification. On récure !
Ce qui fait que parfois, la vie va nous proposer des épreuves. Et ces épreuves font partie du phénomène de la purification, l'évaporation de ces déchets. Il n'y a pas que dans notre vie intérieure que l'on s'apercevra de quelque chose, que l'on éprouvera quelque chose. Les épreuves peuvent se manifester dans la vie profane.
Deuxième étape de ce feu ou de cette évaporation, une fois que le tartre a été dissout, qu'il est reparti dans l'espace, il va y avoir digestion. La flamme va commencer à se digérer elle-même. C'est-à-dire qu'elle va commencer à intégrer toutes les informations que vos incarnations lui ont amené, toutes les maturités que vos incarnations lui ont amené, tous les éveils, toutes les étincelles. Et c'est là que l'on dit que le serpent se mord la queue. C'est là aussi pour le disciple une incarnation où il sera assez replié sur lui-même, quoi qu'il fasse comme ouvrage. Il aura une vie intérieure très secrète.
Troisième étape de cette évaporation ou de ce feu, c'est de libérer l'intensité de la flamme qui a ainsi été reconstituée. Parce que c'est ce que vous faites, un travail de régénération. Libérer et rendre donc à César ce qui est à César, à Dieu ce qui est Dieu.
Lorsque l'on rend à Dieu ce qui est Dieu, c'est pour l'individu le moment de réintégration complet. Pour lui en même temps il s'agit de la mort la plus complète. Bien sûr, il a l'impression de ne plus avoir aucun espace pour exister puisque soudainement il n'y a que Dieu qui est Dieu, l'Esprit qui est Esprit, la Lumière qui est la Lumière.
S'étant débarrassé, comme en fait dans le phénomène de l'alimentation, dans un premier temps, il y a le broyage, le massage dans l'estomac. Là viennent des premières substances pour préparer les aliments à être digérés et assimilés. De la même manière, votre esprit, votre pensée opère toute la journée ce brassage, ce broyage, ce massage de différents éléments. La pensée est liée à l'estomac.
C'est pour cela que si je suis un penseur et notamment un penseur excessif que l'on appellera un anxieux.
L'anxiété
Un anxieux c'est quoi ? C'est un penseur excessif ! Si je pense avec excès, c'est que je m'inquiète ! Si je ne pense pas, je vais me considérer comme rêveur !
Celui qui ne pense pas, c'est celui qui ne pense pas ce qu'il doit faire demain en prévision de, ce qu'il doit faire maintenant en prévision de. Tandis que le penseur excessif, puisqu'il pense avec excès, va dire : “Mais je dois faire ceci parce que demain, parce que après demain, parce que dans un an, ceci, ceci, cela !” Et cela devient, sur le plan émotionnel, alors une anxiété. Mais une anxiété n'est pas une émotion qui naît d'elle-même. “Tiens, j'ai le cafard aujourd'hui, je ne suis pas bien aujourd'hui, je suis anxieux.” Non !
Une anxiété vient d'une activité trop intense de la pensée, une pensée qui va chercher à établir, prévoir, contrôler.
Donc, lorsque je pense, je suis en relation avec mon estomac. Puis commence la digestion.
La digestion, l'on voit arriver différents éléments chimiques, des substances chimiques qui vont défaire les aliments. Les transformer afin d'être assimilés. C'est toute la période de la purification. Si on faisait une analogie avec l'alchimie qui se passe en l'homme lorsqu'il fait la méditation, eh bien, ce travail des substances pour la digestion, c'est le travail de purification.
On sépare ce que l'on va assimiler de ce que l'on ne va pas assimiler, ce qui est bon pour le corps de ce qui n'est pas bon. De ce que l'on doit absorber tel que, de ce que l'on doit au contraire transformer afin que cela soit absorbé. Et c'est au niveau de la vie du disciple tout le travail de purification mais aussi de discernement.
Puis il y a l'assimilation. C'est ce que fait le serpent lorsqu'il se mord la queue. C'est ce que fait donc l'Esprit, le feu. Lorsque s'étend suffisamment dépouillé de ce qu'il ne veut pas, de ce qui n'est pas vrai, il commence à digérer toutes les maturités qu'il a pu acquérir dans la matière, par les expériences, les événements, etc.
Et après, l'assimilation, dans le corps humain en ce qui concerne l'aliment, il y a l'élimination, l'évacuation par l'anus. Ou bien il y a, grâce à l'assimilation effective qui s'est faite, la transformation de tous les éléments nutritifs en un feu, une combustion qui va perpétuer la vie du disciple.
De la même manière, lorsque l'on arrive à la phase terminale, dans le cas de l'alchimie, il n'y a pas de déchets à renvoyer comme dans le cas des aliments concrets. Il n'y a que cette combustion qui est la façon qu'a Dieu de se retrouver lui-même.
Donc, pour un disciple, il ne s'agit pas tant d'enfin trouver sa voie, d'enfin trouver son guide.
Chercher son Maître ? C'est rester en enfance.
Autant que l'humanité cherchera son Maître, son Guide, son président, son instructeur spirituel, son pape, l'Humanité restera en enfance ! Créera des souffrances ! Et nécessitera beaucoup de purification ! Et elle s'interrogera à propos de ce qu'est la vie de Dieu alors, parce qu'elle dira : “Mais je cherche tant Dieu, et cela ne l'impressionne pas, il s'en moque complètement ! Nous sommes des milliers à prier nuit et jour sur la surface de la Terre ! Est-ce que Dieu se dérangerait ? Non, il s'en moque ! Il ne considère que les quelques-uns qui font du mal, et pour cela il nous dit « quand vous serez prêts, je viendrai.»” N'est-ce pas ? C'est ce que vous pensez des fois.
Cette conclusion est normale dans la mesure où, avant, vous avez pensé qu'il s'agissait de trouver un Dieu, un Maître, un pape, un président, un chef, un père. Dans votre logique, il est normal d'aboutir à cette indécision face à Dieu, ce doute, ce manque de foi. Par contre, si dès le début, vous construisez un itinéraire différent. Vous ne cherchez pas Dieu, vous ne cherchez pas le Maître, vous ne cherchez pas le père, ni le pape, ni un président, vous allez d'abord voir en vous-même ce qui ne va pas ! À ce moment-là, l'itinéraire de votre pensée, de votre foi, ces itinéraires sont complètement différents. Ils ne vous feront pas aboutir à des doutes, puisque la racine, la pensée première, sera bonne et vraie !
Quand on aboutit à des doutes, c'est que l'on a pris des fausses voies, c'est que l'on a construit de fausses structures, de faux principes ! Finalement, un jour, par la logique, on se trouve au fond d'un sac et là, on étouffe !
C'est pour cela qu'un jour ou l'autre, toutes les églises, toutes les sectes, tous les groupements, qu'ils soient politiques, économiques, financiers, religieux, ou quoi que ce soit, finissent par étouffer. [...] commence à se refermer autour de l'institution et l'institution meurt.
Alors quand on me demande pourquoi l'église d'aujourd'hui a peur du Nouvel Âge, considère que le Nouvel Âge est une erreur. S'il existe ce que l'on appelle un mouvement Nouvel Âge, c'est uniquement parce que les églises traditionnelles ont accumulé des erreurs ! Il n'y aurait sinon aucun esprit Nouvel Âge ! Il n'y aurait que l'esprit de la Tradition qui se poursuivrait inlassablement, inchangeable, et chaque homme en serait un fidèle !
Mais voilà qu'aujourd'hui l'église crie aux infidèles ! Aux hérétiques ! Aux païens qui reviennent et qui détruisent la croix !
Les hommes ne redeviennent pas païens, non ! Ils ne sont même pas Nouvel Âge non plus ! C'est une erreur que de penser, d'ailleurs, que le Nouvel Âge existe ! Il y a simplement un peuple qui sort du panier de l'église, du panier de la morale religieuse, de la morale chrétienne, en ce qui nous concerne en tant qu'occidentaux. Mais de toute façon, tous les peuples, les uns après les autres, pendant les futures générations, les très proches générations, les uns après les autres, ils sortiront du panier, de l'étouffoir de leur propre religion, de quelque religion qu'ils soient !
Mais, avant cela, il y aura des réactions terribles, car avant de se resserrer complètement un panier se secoue, exactement comme un homme qu'on étouffe, un homme que l'on est en train de détouffer se débat ! Pour une collectivité, une entité collective comme une église, une secte ou une institution politique, eh bien il en est de même, l'entité collective se débat et paraît donc être, non seulement très active dans ces derniers jours, mais peut aussi avoir des débordements de violence ! Et, dans ces débordements de violence, elle va s'accroquiner avec les débordements d'autres institutions elles-mêmes en état d'étouffement. Et c'est pour cela que dans certains pays vous voyez aujourd'hui un mélange très étrange entre la religion et la politique. Et l'on voit ainsi la politique se servir de la religion afin de faire la guerre et la religion se servir de la politique afin d'établir son règne et de le poursuivre.
De quoi s'agit-il là-dedans ?
Il s'agit uniquement de la fin des institutions, c'est tout !
Fin des institutions
Il ne faut pas savoir si le conflit est plus politique que religieux, ou plus religieux que politique, et dès lors déterminer, donc, un comportement, une façon de contre-attaquer ou de se protéger. On ne peut pas se protéger contre tous ces ballons qui vont éclater, contre tous ces sacs qui vont exploser ! On ne pourra que les regarder. Et si un peu de leur substance vient sur nous et que cela paraît désagréable, il faut simplement gentiment et calmement aller se nettoyer, non pas se sentir corrompu ou avili ou abîmé. Se nettoyer comme on nettoie un vêtement.
Par exemple, aujourd'hui, l'Occident a énormément peur du Moyen-Orient, n'est-ce pas ? On a peur que ce sac, ce ballon, lorsqu'il va exploser, que cela fasse plein de problèmes dans le mode occidental ! Chacun a peur d'être entaillé, chacun a peur de voir son niveau de vie baisser, tous les autres prix monter, etc., etc. Hmmm ? Et encore une fois, vois-tu, il y a la peur ?
Pourquoi est-ce que la libération de ce peuple, qui est malgré tout un peuple frère, pourquoi est-ce que sa libération te ferait peur et te gènerait ? Pourquoi est-ce que tu n'as pas la patience d'endurer sa crise de croissance, sa crise de maturité ? Hmm ?
Si tu te considères comme étant le fils aîné ou le frère aîné, c'est à toi d'avoir la patience et de guider même sa crise profonde, au lieu d'essayer, comme un individu inférieur, de te protéger. Ce sont les individus inférieurs qui se protègent. Ils ont peur ! Ils ne comprennent pas ce qui est en train de se passer. Ils ne voient pas, d'ailleurs, les événements comme étant des libérations, mais plutôt comme des catastrophes survenant sur la Terre !
Et c'est comme cela que chaque fois que l'on peut libérer, il y aura toujours des hommes de bonne volonté qui empêcheront la transformation ! Mais oui ! Et c'est de nouveau, encore une fois, comme dans les monastères ! Les hommes de bonne volonté systématiquement ruinent les plans de transformation ! Pas moyen de toucher au détonateur ! Chacun va venir, au nom de Dieu, au nom de la fraternité, au nom de la paix, au nom de la conservation... Essayez d'apaiser la conservation !
Pourquoi ?
La Peur, épreuve collective
Parce que collectivement, la peur est éprouvée. Il y a la tienne, oui. Il y a ta peur d'être Paul, mais il y a aussi ta peur d'être de ton pays, et avec toi, tous les gens de ton pays éprouvent cette peur. C'est une peur nationale. Puis il y a la peur de la religion que tu partages, ou de la spiritualité que tu partages, ou de la philosophie que tu partages, de la profession que tu partages. Et ainsi, la peur devient une entité collective.
Et que fait la peur ?
Eh bien, la peur, c'est un drôle de diable, très clown, pas vraiment méchant, mais très difficile à attraper parce qu'elle se transforme ! La peur se dit : “Écoute ! Pour ne plus avoir peur, il faut se conserver ! Hmm ? Essayons donc de conserver notre bon vieux monde, conserver ces institutions, conserver les richesses, conserver les relations, les frontières, etc., etc.” Et ce langage-là - ce langage en provenance de la peur qui s'est habillée, travestie - ce langage-là va parler à tous les hommes de bonne volonté et ils vont dire : “Voilà, j'ai l'inspiration de protéger le monde !”
Qu'est-ce que je veux dire quand je dis ces choses ?
Est-ce que je veux vous perturber, vous dire : il n'est pas raisonnable de vouloir la paix ; il n'est pas raisonnable de protéger la paix ; il est complètement fou d'intervenir pour aider les autres peuples ; éviter la guerre entre les peuples ? Est-ce que c'est ça que vous devez comprendre ?
Bien sûr, si l'on m'écoute avec des oreilles lourdes qui tombent par terre, c'est ce que l'on entendra. Le premier degré est au niveau de la chaussée, comme je l'ai dit tout à l'heure. Alors si ce n'est pas blanc, c'est que c'est noir ! Si c'est mal d'aider, cela veut dire que je ne dois pas aider. Et voilà de nouveau donc le problème de la sagesse, issue du paradoxe.
Quand je dis que les hommes de bonne volonté nous empêchent trop souvent d'effectuer les transformations nécessaires, dans la mesure où elles doivent passer par certains fracas - parce que l'homme ne saura pas diriger sa transformation sans passer par des fracas, ce n'est pas que le fracas est nécessaire et voulu, c'est que l'homme ne saura pas se transformer sans passer par une crise - si je dis, donc, que ces hommes de bonne volonté quelquefois nous empêchent de transformer le monde, ce n'est pas pour vous dire : “Asseyez-vous dans un coin maintenant et ne faites plus rien ! Et si votre voisin se fait tuer alors que vous auriez pu l'en empêcher, alors ne le faites pas !”
Comment soupçonner le paradoxe, comment créer la sagesse, cet entendement nécessaire pour comprendre ?
Si ce n'est pas blanc, cela ne veut pas dire que c'est noir, cela ne veut pas dire que c'est gris, cela veut dire que quelquefois il faut utiliser le blanc et quelquefois il faut utiliser le noir pour que la voie du milieu soit une voie où des millions d'hommes marchent !
Celui qui est dans le camp du bien tournant rond dans la poche du bien, celui qui est dans le camp du noir tournant rond dans la poche du mal. De temps en temps il faut frictionner ces deux sacs pour que, aux endroits où ils sont les plus usés, parce que c'est là qu'ils marchent les hommes en plus grand nombre, paf !, cela éclate ! Et que quelques hommes sortent par cette ouverture, sortent du panier et découvrent la voie du milieu.
Chuter dans la voie du milieu
Mais mon Dieu que c'est difficile ! Mon Dieu que ça leur fait peur ! Sortir du sac du Bien, mon Dieu que c'est terrorisant ! L'on va d'un seul coup comme cela avoir en face tout le sac noir qui lui aussi est en train de se crever. On va voir tout ce noir, on va voir tout ce mal ! Et pour celui qui avait choisi depuis très longtemps le sac du Bien. C'est un moment de délire inadmissible et très vite il essaye de rentrer dans le sac ! Il crie “au secours !” et ses amis qui sont encore dans le sac essayent de l'attraper. Il s'accroche aux dernières fibres, mais elles le sont déchirées et finalement il tombe ! Et dans sa chute il crie terriblement et nous, nous l'entendons.
C'est quelque part une douleur. C'est exactement le cri du jeune oiseau qui sort pour la première fois du nid.
Pour lui l'espace c'est quoi ? Ce n'est pas un vent, un souffle qui va le porter parce qu'il va y poser ses ailes. Pour lui l'espace c'est du vide ! Et au début il tombe ! Il ne sait pas encore poser ses ailes et se faire porter par le souffle qu'il y a dans l'espace.
Alors il crie et dans ce délire il lui semble même que Dieu a disparu, qu'il est absolument seul. Et c'est l'antichambre de l'initiation, la Lune noire !
Le jour où tu as l'impression d'être tellement isolé qu'aucun guide n'existe pour toi, aucun Maître et même plus Dieu. Comme si Dieu était mort, un soir sans Lune, sur une lande déserte, tu es là, et, au fond de cette solitude, il faut que tu comprennes que c'est l'espace qui est en train de naître.
Petit à petit tu sentiras son souffle et, sans plus aucune peur, tu vas comprendre comment voler.
Pendant le temps où tu chutes, où il te semble que tu es seul, tu cries !
Et, comme je te l'ai dit, pour nous c'est une souffrance, car voilà quelqu'un qui est sorti de ses points, de ses références de sécurité et qui est complètement paniqué, et que l'on ne peut pas aller aider. Parce que même si on vole en escadrille autour de lui, c'est un jeune oiseau, il a encore la peau des paupières sur les yeux. Il ne nous voit pas. On a beau lancer des cris, il est tellement entouré par son propre cri qu'il n'entend pas les nôtres pour le rassurer. Généralement, s'il ne comprend pas comment l'on vole et ce qu'est l'air de l'espace, il rencontre une branche. Cela le rassure un peu et c'est à ce moment-là que cette branche il l'appelle le Maître.
Qu'est-ce que cette branche ?
C'est uniquement un bout de l'aile d'un grand oiseau qui a appris à voler, c'est une de ses plumes. Et bien au chaud, là dedans, le jeune disciple essaye de reprendre des forces après sa grande peur. Il essaye d'ouvrir les yeux mais il ne voit pas celui qui le porte. C'est un oiseau tellement grand ! Et cet oiseau qui est le disciple est tellement petit, il se dit l'Univers est ce plumage que je vois. Car, étant petit, le grand oiseau qui le porte occupe toute la vision qu'il a de l'espace. Et c'est ainsi que les disciples en arrivent à oublier Dieu et ne tombent qu'en adoration et en adoration devant le Maître qui les guide jusqu'à Dieu.
Et c'est ainsi que l'on peut même gaspiller une vie, perdre une vie en étant simplement en adoration devant un grand oiseau qui nous protège et que l'on aime. On croit qu'il est la terminaison, qu'il est la Quête. L'on est comme ravi par sa vie.
C'est à ce moment-là que rencontrer la Vérité est difficile. Se ressaisir est douloureux, très douloureux. Pourquoi ?
Parce que ce grand oiseau, qui connaît l'illusion dans laquelle le disciple se trouve, ce grand oiseau va jouer le jeu un certain temps, mais pas tout le temps. Car au bout il y a bien les trois points du triangle à voir et à ne voir que ces trois points. Donc son aile va se retirer petit à petit. Le grand oiseau va commencer à dessiner un cercle, comme un virage. Tandis que le petit oiseau qui se trouve sur le bout de l'aile, lui, est bien ancré sur sa ligne droite que lui a appris le grand oiseau depuis tant de vies qu'ils sont ensemble, depuis tant de fois où ils ont médité, fait les exercices ensemble.
Donc le petit oiseau est comme programmé à aller tout droit et quand le Maître amorce son virage pour fausser compagnie, le petit oiseau qui sent qu'il ne peut pas faire autrement que d'aller tout droit, éprouve une grande tristesse et de nouveau ce grand vide, cette immense vide ! C'est très dur de voir son Maître partir !
C'est un déchirement encore plus grand que si Dieu disparaissait ! Parce que c'est la chaleur de la vie qui s'en va ! Mais c'est pour que cette chaleur se réveille dans le disciple. Et c'est à ce moment-là que le disciple s'aperçoit - son contact avec l'âme est suffisamment créé pour le lui inspirer - il s'aperçoit que c'est la vie ou la mort. C'est apprendre définitivement à voler et être capable de son premier battement d'aile où c'est chuter complètement, absolument et retourner sur la Terre depuis le début !
Retourner sur la Terre depuis le début n'est pas un problème pour un disciple qui se dit “je pourrais au moins aider les autres”, mais c'est quand même un délire et une souffrance immense pour la conscience. Donc il est impératif pour lui d'apprendre à voler, c'est ce qu'il fait. Dans un premier temps il oublie sa peur, et ne lance même pas un dernier coup d'oeil au grand aigle qui s'en va et il essaye de donner un coup d'aile et un deuxième et il s'aperçoit que ça marche !
Et c'est ce que vous devez faire ! Si depuis un certain temps je me sers de cette image c'est pour parler à un autre aspect de votre esprit et pour que vous compreniez : c'est ce qu'il vous faut apprendre.
Alors, à côté de cela, qu'est-ce que l'enseignement des doctrines, l'enseignement des philosophies, qu'est-ce même que les heures de méditation, passé en adoration ? Rien du tout ! De nouveau et encore uniquement de l'illusion ! Même si, cette illusion, on aura la beauté, la grandeur, de l'appeler “spirituelle”. Mais ce n'est que de l'illusion !
Mais revenons à ces hommes qui, quelquefois, par leur bonne volonté, empêchent les transformations. Comment donc est-ce que vous devez aborder ce que je vous ai dit tout à l'heure ?
Casser les illusions, les prisons
Pour nous il n'y a pas un Bien et un Mal, il y a des illusions et des prisons. Pour casser certaines illusions, certaines prisons, il faut, des fois, employer l'épée et casser et faire des débris ! Pour défaire d'autres illusions, il faut parfois employer de l'eau et noyer, complètement oublier. Chaque civilisation, chaque grande civilisation - que l'on appelle aussi grande race ou grand cycle - est périodiquement détruite par soit le feu, soit l'eau.
Tout simplement parce que en étant en expérimentation, on construit des sacs, on accumule des erreurs, et à la fin du cycle, le sac, rempli des erreurs majeures d'une civilisation, et ces erreurs sont issues tout simplement des principes de la civilisation, des institutions, des croyances... Lorsque ce sac éclate, il va nécessiter soit la purification par l'épée et le feu, soit par l'eau.
Aujourd'hui ce sont des purifications par le feu, essentiellement. Mais de quel feu je parle ?
Purification par le feu - la guerre
Je parle du feu des confrontations humaines.
La guerre a toujours existé sur la Terre, bien sûr ce n'est pas un fait nouveau. Cependant il faut savoir que, de plus en plus, les conflits auront tendance à vouloir se résoudre par les armes comme une manière systématique, un peu comme un duel plus que comme une guerre. Si bien que les camps en arriveront, non plus à se faire la guerre par les peuples interposés et utilisés, non plus à se faire la guerre par des élites de groupes armés interposés, mais tout simplement de chef de nation à chef de nation, quelquefois même par l'élimination physique de ces chefs de nation. La guerre deviendra de plus en plus localisée, parce qu'elle n'est plus possible !
Une guerre n'est plus possible ! Ceux qui ont peur de la guerre doivent se rassurer ! Elle n'est pas possible !
Il ne peut y avoir que des confrontations entre corps armés, une guerre donc de professionnels, qui ne concernent en rien les peuples. Mais même cette guerre-là deviendra très vite impossible parce que l'enjeu économique est trop important. Cela coûte cher de faire la guerre et cela crée des dettes de faire la guerre ! Et puis cela appauvrit les pays qui subissent, sur leur territoire, ces bouleversements. Ou cela appauvrit le pays qui s'y engage par trop, à cause de ces croyances. Donc ne serait-ce que pour cause d'argent et non pas par amour de Dieu, la guerre s'arrêtera !
Cependant les pistolets continueront de claquer ! Mais droit sur la tempe des chefs de nation. Et vos chefs de nation sont tous en danger ! Peut-être pas aujourd'hui directement, maintenant. Mais très bientôt ils le seront tous. Et vous verrez qu'ils seront tous petit à petit et un par un, soit approchés par la mort, soit effectivement décapités par elle. Ce sera une façon pour la civilisation d'abattre ces erreurs ! C'est cela la purification par le feu. C'est donc le feu de la mort.
Ce n'est pas simplement le feu des tremblements de Terre, ce n'est pas le feu des incendies, c'est le feu de la mort violente. Et quand un peuple se trouve soudain, sans chef, voilà pour le peuple aussi le moment d'une initiation extraordinaire, se sentir sans dirigeant. Sentez à ce moment là la peur intense qui habite toute la nation et vous en tant qu'individus ! C'est comme si, d'un seul coup le bateau, n'avait plus de proue, plus de gouvernail, plus de voile ! Regardez comme chacun voudra fuir de tel pays pour s'installer dans un autre où le président existe encore !
Pourtant le pays continue d'exister, les métiers peuvent s'exercer. Mais s'il n'y a pas de chef, cela est un délire !
Quand je dis ces choses, je ne veux pas prédire un futur noir à vos dirigeants. Je ne veux pas du tout les affoler. Je ne m'adresse même pas à eux ! Ils font le travail qu'ils doivent ou peuvent faire et je ne suis pas concerné. Et je n'ai pas à diriger mon discours vers eux pour les mûrir. Je n'ai aucune intention d'aller leur parler. Vous me suffisez amplement ! Vous êtes plus intelligents ! Seulement j'essaye de vous expliquer en touchant votre statut de citoyen ou de patriote, j'essaye de vous faire approcher d'une autre façon l'amas de peur qui est en vous et en même temps d'écarter dans vos esprits la notion de citoyen.
Le citoyen
Qu'est-ce que vous êtes quand vous êtes un citoyen ?
De façon consciente vous allez dire : “Moi je ne suis pas un citoyen, bon je vis dans un pays parce que j'y suis né, je vis dans ma rue parce que c'est là où je loue mon appartement mais sinon je me sens surtout être moi !” C'est ce que tu vas me dire au ras de la chaussée. Maintenant, va sur le petit monticule et essaye de voir si tu es vraiment toi le jour des élections ! Hmm ? Et avant les élections, le jour de la campagne électorale, n'est-ce pas ? Est-ce que tu es vraiment toi ? Ou est-ce que tu ne préfères pas Untel parce qu'il te rassure sur tel et tel point ? Est-ce que tu ne préfères pas un tel homme politique parce qu'il fait croire qu'il y aura la sécurité sociale dans tel ou tel point ? Hmm ? Et chaque fois que le programme politique d'un dirigeant sécurise sur les points d'avenir, c'est celui-là qui va être élu !
Celui qui par exemple parle du présent, du concret, et de ce qu'il faut faire pour simplement construire demain et non pas l'année prochaine, celui-là n'intéresse personne ! Parce qu'il ne rassure pas ! Celui-là nous dit : “levez-vous demain matin 8 heures et allez tous au travail !”
Pas d'espace pour rêver, pas d'espace pour être rassuré, bercé... Donc celui-là on n'en veut pas !
C'est lorsque l'on est face à cette accumulation d'erreurs que une civilisation doit non pas périr ! Il ne faut pas voir cela comme un drame ! Mais son sac doit crever et généralement son sac va crever à l'endroit où s'amalgame et s'aglutine le plus de personnes. Parce que, par exemple, c'est la croyance la plus répandue, ou c'est la conviction politique la plus répandue, ou la conviction religieuse -quand il s'agit de sectes religieuses - la plus répandue. L'illusion qui, donc, dans un premier temps rassemble les hommes - que ce soit autour d'un homme religieux ou d'un homme politique ou d'un homme de la finance ou d'un homme des métiers de l'art - l'illusion qu'ils partagent en commun, lui le créateur et les autres les participants, les disciples ou les votants. Cette illusion se renverse ensuite, n'est plus un positif qui fait donc la réunion, mais devient un négatif qui fait la dissolution. Parce qu'une illusion n'est jamais qu'un voile. Et, à force de tirer sur le voile, parce qu'on l'utilise, eh bien on l'use et il s'effondre ! Et c'est un bien en soi il ne faut pas avoir peur !
Les hommes vont essayer de raccommoder le voile ! Ils vont essayer de le remettre en place, sur la fenêtre. Parce qu'ils ne veulent pas voir le paysage qui est dehors la fenêtre ! Non non ! Ils veulent voir leur voile ! C'est monsieur le curé qui l'a installé, ou c'est monsieur le président qui l'a créé, ou c'est le professeur ou c'est le père ou c'est la mère ou c'est le psychanalyste ! N'importe qui à qui vous avez donné ce pouvoir ! Et ces hommes sont ceux que l'on appelle les hommes de bonne volonté.
Ils rapiècent le rideau, au lieu de comprendre, une bonne fois pour toute, que telle institution ou telle croyance ou telle richesse, il faut la lâcher, il faut s'en détacher ! Car si l'on continue à s'y agripper c'est la mort et l'écroulement du temple tout entier ! Et ceci que ce soit au niveau politique, au niveau religieux, au niveau financier c'est la même histoire ! Les mêmes énergies sont utilisées, les mêmes convictions ou manipulations psychologiques sont effectuées. Et le même écroulement a lieu !
Pourquoi est-ce que j'ai souvent dit que la spéculation allait cesser ? Pourquoi j'ai souvent prétendu que l'économie allait basculer et en partie dû à un effondrement ? C'est uniquement parce que, comme les églises, les places que vous appelez les bourses et qui sont les endroits où les hommes rêvent ensemble, croient ensemble à une valeur et la fabrique et en profitent, arrivent en même temps et ensemble à l'éclatement de cette valeur, qui en soi a été usée par le fait de son utilisation. Et si donc l'on ne comprend pas qu'il faut lâcher certaines références, lâcher certaines richesses. Et richesses créées, non pas existantes en soi ! Eh bien l'on fait partie de ceux qui, en restant dans ces temples, ou religieux ou financiers ou scientifiques ou n'importe quoi qu'ils soient, vont périr avec !
Et pour ceux qui ne voudront pas périr parce qu'ils sont plus forts que d'autres, eh bien ceux-là se battront ! Ils essaieront, dans l'écroulement de maintenir, de reconstituer des colonnes - ce sont les durs à cuire, comme vous dites vous même - et ils se battront contre ceux qu'ils jugeront être des assaillants. Qui ne le sont pas, qui sont tout simplement des gens, eux aussi, de bonne volonté, qui prendront un terrain juste à côté, qui vont créer un nouveau rêve, s'entendre pour le fabriquer et le poursuivre en commun, et ainsi ils vont créer leur nouveau temple, qu'il soit économique, financier, psychologique, scientifique, religieux, spirituel, peu importe ! Ils ne sont pas des assaillants, ils sont des rêveurs de demain, qui, ensemble, construisent le rêve de demain.
Mais ceux qui sont dans l'ancien temple qui s'écroule, ceux-là disent : “Ils sont les ennemis, ils ont écroulé le temple !” Ils n'ont rien écroulé ! Le temple a vieilli, c'est tout !
Donc, que l'on soit financier et que l'on trouve aujourd'hui que créer de l'argent est une chose difficile et que l'on est face à plus d'ennemis qu'autrefois est une erreur. C'est uniquement le temple de l'argent qui s'écroule, il s'effrite. Que l'on soit un dévot de quelque secte ou religion que ce soit et que l'on pense que les créateurs du Nouvel Âge sont aujourd'hui les nouveaux païens ou les ennemis ou les hérétiques, c'est une erreur ! Ils ne sont rien en eux-mêmes, ils ne sont simplement plus les fidèles d'une vieille tradition qui s'écroule de vieillesse.
Et vous mourrez aussi, de la même manière, constamment à vous-mêmes ! Dieu merci ! Vous êtes capables de cette transformation !
Seulement cela vous est dur d'intégrer ces transformations. Vous sentez à certains moments que vous devez lâcher quelque chose, mais on est tellement plus confortable en procédant telle chose ou en croyant telle chose ou en s'adonnant à telle ou telle chose ! Quel confort nous éprouvons ! Alors nous tardons à nous en débarrasser, mais pendant que nous tardons, nous souffrons ! Parce qu'il y a une part de nous qui se détruit, et on le sait bien. Et il y a une part de nous que l'on n'arrive pas à construire, parce que l'on perd du temps à se laisser détruire !
Ce qui fait que quelquefois, même, le changement est impossible parce que l'on a trop conscience de ce qui se détruit en nous, et cela prend toute notre énergie. Alors que, cependant, il y a une place où quelque chose se construit et, si l'on y transportait l'énergie, eh bien l'on verrait que l'on se transforme de jour en jour, sans faire trop d'efforts, sans même trop souffrir. Mais il y a des gens négatifs, ceux qui sont dans le paquet noir. Ces gens-là posent leur regard beaucoup plus sur la partie qui se détruit en eux.
Dans l'acte de la transformation, il y a une partie qui se détruit, une partie qui se construit. Si je suis à tendance pensée active, donc anxiété, donc négatif, je vais trop regarder cette partie qui se détruit, et je vais penser que ma vie n'est qu'une longue suite d'épreuves ! Je vais entrer dans la dépression.
La dépression
Et la dépression ce n'est que cela, c'est une phase de purification, une phase d'élévation durant laquelle l'individu pose trop le regard sur ce qui se détruit au lieu de regarder, de commencer à voir ce qui se construit. Ce qui fait que si je regarde trop ce qui se détruit, je deviens dépressif et, depuis cette dépression, eh bien je coupe même toutes les énergies pour participer à ma nouvelle construction. Et c'est vrai, à ce moment-là, je suis un raté ! C'est vrai, je peux aller me jeter dans un fleuve, me noyer dans ma baignoire ou dans un verre d'eau ! C'est vrai que pour moi c'est terminé !
C'est terminé autant que je le crois !
Par contre, tout recommence, sitôt que je me mets au bord de ma chaise et que je me dis : “Mais qu'est ce qui est mort en moi ? Hein ? D'accord, j'ai eu un terrible chagrin d'amour, d'accord, j'ai perdu mon ami, mon compagnon, ma compagne... Bien sûr je l'ai vu de façon négative et émotionnelle. J'ai cru que mon amour me quittait, mon amour m'abandonnait ! Et la dépression est arrivée. Mais qu'est ce qui est mort en fait en moi ? Hmm ? Est ce que ce ne serait pas plutôt l'attachement amoureux, l'illusion amoureuse, avec tous ces wagons de romantisme et de fleurs séchées et de tarte aux pommes à la cannelle et de regard langoureux dans les champs de blé où il ne pleut jamais, où la Lune est toujours argentée ! Est ce que ce n'est pas ça, finalement, qui est mort en moi ? Est ce que ce n'est pas ça qui me faisait souffrir à l'instant où il ou elle m'a quitté ? Parce que lorsqu'il ou elle m'a quitté, mon champ de blé c'est devenu un champ d'enfer ! Ma Lune est tombée du ciel, elle n'était plus argentée, elle était rouillée ! Les vaches ne faisaient plus du lait mais du fiel ! La locomotive ne voulait plus avancer ! Les fleurs n'étaient plus séchées mais je les voyais faner ! Et mes tartes aux pommes n'étaient pas aux pommes mais aux cactus et pas à la cannelle, mais au cyanure ! C'est tout mon univers qui a été détruit !”
Que représentaient donc à ce moment-là l'amoureux, votre amoureux qui est parti ? Quelle place avait-il ?
Pas grand chose ! Parce qu'entre les fleurs séchées, la tarte aux pommes, le champ de blé, la Lune, il n'y avait pas grand chose vraiment qui soit lui, qui soit vraiment de lui. C'était tout le décor qui comptait. Lui n'était qu'un simple homme ou une simple femme, pas spécialement magicien ou magicienne. Mais voilà quelques mots, un regard, quelques gestes et tout le décor est planté. La Lune, le champ de blé, les tartes aux pommes... Et voici Roméo et Juliette ! Dans leur acte d'amour, la grande scène de la réunion cosmique ! Chacun se croyant plus Dieu l'un que l'autre, chacun se vouant pour l'éternité l'un à l'autre, chacun se faisant cette promesse en passant la bague au doigt. Mais dès que la Lune se décroche et qu'elle tombe par terre, où est passé Roméo ? Que devient Juliette ?
D'ailleurs les époux, au bout d'un moment, lorsque le décor s'efface - puisque tout s'efface quand ce n'est que de la peinture, les décors s'usent ! Les époux sont d'accord pour se dire qu'ils ne se font plus de l'effet. Il lui dit : “Oui d'accord, t'es peut-être ma Juliette, mais si t'enlèves les bigoudis, tu n'es pas si joli. Sitôt que tu quittes ta robe, la robe qui te fait avantage, ton corps n'est pas si terrible que cela ! Sitôt que tu enlèves ton maquillage, tu aurais plutôt tendance à me faire peur !”
Et, de la même manière, la femme regarde son Roméo et se dit : “Oui ! Il était beau Roméo, c'était beau mon chevalier bien habillé, la cuisse ferme, le tibia coureur, l'œil amusé, les lèvres fraîches... Comme il m'a séduite ! Mais aujourd'hui qu'est-ce qu'il reste de mon Roméo ? Il ne peut plus rentrer dans son habit, son ventre est dilaté. Il ne peut même plus monter son beau cheval, il l'écrase par son poids, parce qu'il a trop mangé mes tartes aux pommes...”
Celles qu'on se fait dans le décor justement ! C'est toujours l'homme qui grossit, ça c'est certain ! C'est lui qui mange le plus, parce que c'est celui qui ne comprend rien à l'histoire, il se dit : “J'ai apparu d'un seul coup, paf paf, tout ça a existé ! Je n'ai rien compris ! Elle était habillée, on s'est marié, j'ai pas compris ce qui m'est arrivé ! Puis la Lune m'est tombée sur la tête ! Monsieur le psychanalyste expliquez-moi ce qu'est la vie !”
Les hommes arrivent toujours dans cet état-là, tandis que les femmes voient plus facilement la dégradation : de quelle manière Roméo grossit, de quelle manière Roméo perd ses cheveux, de quelle manière Roméo perd ses dents, de quelle manière Roméo perd sa vue, de quelle manière Roméo aussi perd son volume pour l'érection, de quelle manière Roméo, décidément, perd tout ce qui a fait de lui un Roméo. Alors ce n'est que tristement que Juliette se met à faire la dernière tarte aux pommes en y ajoutant un peu de cyanure cette fois ! Pourvu que ce vieux Roméo défraîchit puisse en mourir ! Comme ça je le remplacerai par un nouveau Roméo, un qui à la cuisse ferme et le regard amusé. Le vieux Roméo défraîchi, lui, ne comprendra rien à l'histoire et quand il s'élèvera de son tombeau, il sera bien navré d'apprendre l'histoire !
Donc, quand on crée des décors par la pensée - et ceci est fait non seulement par vous individuellement mais aussi en collectivité - eh bien ces décors s'usent, tombent, et vous laissent quelque temps en fait dans la liberté. À l'instant de la chute vous pouvez soit aller construire un autre décor un peu plus vaste puisque vous avez tiré leçon de l'ancien décor, soit vous pouvez tout comprendre et refuser tous les décors et choisir la voie du milieu.
Si j'ai dit que ces hommes de bonne volonté empêchaient les transformations, ce sont des hommes remplis d'amour mais qui ne connaissent pas la Loi, qui ne connaissent pas l'alchimie, qui ne connaissent pas le Plan, qui ne connaissent rien à la condition humaine, à la condition du monde et qui sont surtout moralisés, qui pensent que la mort c'est mal, qui pensent que la crise c'est mauvais. Et leur morale en ce sens n'est alimentée que par leur peur. “Ce qui est bien c'est ce qui donne sécurité.” Et c'est dans cet esprit-là que les peuples d'ailleurs fabrique leur armée !
Le siècle que vous connaissez aujourd'hui est le siècle le plus armé de ces derniers millénaires, c'est le plus armé et c'est aussi l'instant, donc, où les peuples ont eu le plus peur. Et pourquoi est-ce qu'ils avaient tellement peur ? Parce qu'ils avaient terriblement des croyances !
Croyances - Croire
Sitôt que je crois, j'ai peur de l'autre. L'autre qui va croire soit le contraire ou ne pas me croire. Donc je vais devoir me défendre. Que j'ai des croyances philosophiques, économiques, dans la mesure où je suis un industriel, ou que j'ai des croyances religieuses parce que je suis un religieux. Les peuples se sont mis à croire.
La croyance est un fait qui n'est pas très récent. Autrefois on savait. Il y avait une certaine pureté en l'homme. Quand je dis pureté, il ne faut pas croire pureté d'âme. Je dirais pureté parce que la pensée s'était moins cristallisée. Donc l'on voyait plus facilement Dieu comme un enfant et plus facilement pur sans que pour autant il soit non violent. C'est pour cela que j'ai dit : n'imaginez pas pureté de l'âme mais pureté par simplicité, comme l'enfant.
Donc les hommes savaient Dieu, la présence de Dieu, beaucoup plus effectivement que les peuples d'aujourd'hui. Par des erreurs qu'ils ont commises, par l'accumulation aussi de leurs erreurs intellectuelles ou les erreurs des institutions. [...]
[...] le fait de l'involution dans le monde, pour que cette régénération dont j'ai toujours parlé ait lieu. La pensée a commencé à se fabriquer de manière très précise et elle s'est cristallisée. Si bien qu'il n'y a plus une conscience qui dit : “Je connais Dieu, je sais Dieu.” Mais il y a eu d'un seul coup un esprit qui a dit : “Ceci est le monde ! Ceci est mon corps !” Et sitôt après venait donc l'énigme : “Mais qui est Dieu ? Qui a fait cela ? Qui a créé tout ça ?”
Dès que la pensée a existé, l'homme est vraiment devenu un homme et a cessé d'être un esprit. Et c'était sa route, ce n'est pas une erreur, c'était sa route ! C'est ainsi que cela doit avoir lieu.
Par la pensée, l'homme est descendu dans la Matière, l'Esprit est descendu dans la Matière. Et en ayant quitté son état de présence, il a commencé à s'interroger à propos de tous les miracles de la Nature et de l'Univers. Et les énigmes sont apparus, les mystères sont apparus. Le mystère qui est Dieu, le mystère qui est un Maître, le mystère qui est l'aura, le mystère qui est le magnétisme, le mystère que sont les autres vies sur les autres planètes... À partir de ce moment-là, puisqu'il se posait des questions, il a cherché des réponses. Et selon le niveau de sa vision, la chaussée, le trottoir, le monticule, la colline ou la montagne, eh bien il a créé des systèmes de référence et cela le sécurisait.
“Qui a créé tout cela ?”, se demandait celui qui était sur la colline. Il s'est dit : “C'est peut-être Dieu... Un Père. Je le soupçonne en moi, un Père fantastique pour les hommes ! Qui peut être ce Père ?” Et ainsi il réfléchit sur sa colline. Et il commence à identifier Dieu à une multitude de Lois, d'énergie, et il tente d'y faire obéir l'homme, tous les hommes ! Et c'est ainsi que, pour cette nouvelle race, ce nouveau cycle que nous vivons, depuis l'écroulement de ce que vous vous appelez aujourd'hui l'Atlantide, la croyance est apparue.
Je crois.
Je crois parce que je pense.
Et dès que je pense, je suis amenée à croire. C'est automatique !
Parce que ma pensée ne va pas se créer pour rien du tout. Moi, qui suis un penseur, je ne vais pas penser pour le plaisir de penser. Si je me fatigue à réfléchir, si je me fatigue à peut-être trouver des réponses, eh bien je vais m'y accrocher. C'est ma production, c'est mon fruit ! Je ne peux pas simplement penser et rester suspendu. Le penseur s'attache toujours au fruit de sa pensée. Et c'est là son problème !
Parce que le problème de l'Humanité, ce n'est pas de devoir passer dans la Matière. Ce n'est pas de devoir passer par le Plan Mental, de devoir construire une pensée, de se cristalliser dans la pensée. Le problème, c'est que l'homme s'y attache !
Attachement
L'homme est possessif. L'homme est orgueilleux. Il se dit : “Si je me fatigue à penser, alors que Dieu ne m'y aide pas, eh bien quand je trouve ma réponse, c'est ma réponse ! Alors je la fais voir d'ailleurs. Eh oui ! Lorsque je pense que je suis par exemple un Chrétien, je le fais voir ! Je porte un vêtement bien chrétien, je porte une croix bien chrétienne, j'ai un langage bien chrétien. Mais si je suis plutôt un Hindou, de la même manière je vais mettre tout ce qui se rapporte à ma religion, parler comme ma religion pense. Et si je suis un individu du peuple juif, de la même manière je vais montrer de quelle manière on est un rabbin. Je vais être habillée en rabbin, pensée en rabbin, etc.
Je vais être attaché à mon fruit parce que c'est tout ce que j'ai. Et que hors de ça, en fait, j'ai très peur. Parce que je ne sais pas qui est Dieu, je ne l'ai jamais vu. Je ne sais pas s'il est la lumière, les ténèbres, s'il a vraiment voulu l'Humanité, le Bien et le Mal... Entre les deux, mon cœur balance.
En fait tous ceux qui sont religieux et qui dévouent leur vie à Dieu ont peur du Diable. Uniquement cela !
Regardez un homme qui ne se soucie pas de Dieu, il ne se soucie pas du Diable ! Il aime ses frères. Il essaye d'apporter du soulagement à son voisin. Si son voisin aime Dieu, il lui dit : “Mais oui d'accord, ok, je veux bien ! Qu'est-ce qu'il t'a dit Dieu ce matin ? Aah ! Il t'a dit ceci, bah c'est très bien !” Et puis si son autre voisin aime le Diable, il lui dit : “Ah bon, toi tu aimes le Diable. Bon bah oui, ça ne me dérange pas ! Le Diable, le Bon Dieu, hein, finalement... Qu'est-ce qu'il t'a dit le Diable ce matin ? Aah, il t'a dit ça ! Bon c'est très bien ! Tu viens ? On va cueillir les radis dans mon jardin !”
Un homme qui ne cherche pas Dieu n'a pas peur du Diable.
Maintenant bien sûr il faut que je précise de quelle foi religieuse je parle, de quelle quête religieuse je parle, de quel sentiment religieux je parle.
Est-ce que je veux dire : oubliez Dieu, quittez Dieu, ne désirez pas devenir Divin ? Non ! Encore une fois, le paradoxe sera dur pour vous, mais faites un petit effort ! Allez les oiseaux, apprenez à voler ! Hein ! Parce que moi, je ne vais pas donner mon aile, pas du tout ! Si vous tombez, tant pis, un œuf cassé en bas ! Il faut voler tout de suite et maintenant ! Cela fait assez de temps que l'on attend que les oiseaux volent, alors on décolle !
Mais d'abord je te montre comment on décolle. Je n'ai pas décidé de te porter, comme je l'ai dit, mais je peux te montrer en le faisant moi-même.
Qu'est-ce que je veux dire quand je dis que l'homme qui cherche Dieu a peur du Diable ?
Qu'est-ce que je veux dire quand je te dis que ce n'est pas pour autant que je te déconseille d'aspirer à devenir Divin ?
D'un côté le blanc, d'un côté le noir.
Trouvons la voie du milieu ! Allez étend tes ailes, calmement, étends-toi !
Ne cherche pas la morale, n'aie pas recours à la peur !
Vole !
Il n'y a qu'une façon d'aspirer à être Dieu, car c'est une bonne chose. C'est la vérité de ta vie et c'est le mouvement de ta vie ! Tu n'es venu au monde que pour cela, que pour cette aspiration, pour ce retour !
C'est en ayant uniquement le sens du sacré !
Le Sens du Sacré
Ton frère est sacré, ton chien est sacré, ta planète est sacrée, ton ennemi est sacré.
Si tu mets le sacré partout, tu ne cherches pas Dieu religieusement et donc tu n'as plus peur et encore moins peur du Diable ! Si, par contre, tu n'as pas suffisamment l'amour pour mettre ce sacré partout, alors là, ben, tu retombes dans la religion, c'est certain ! Et voilà, spash, une belle omelette ! Une omelette chrétienne, une omelette hindoue, une omelette musulmane, une omelette juive, une omelette païenne, celte ! Il y en a eu tellement des omelettes ! Et à chaque omelette il y a sa poêle à frire et à chaque poêle à frire il y a son cuistot et sa recette.
Dans la recette chrétienne il y a beaucoup de sel, un petit peu d'eau, un brin d'hostie, des coups d'encensoirs pour fumer l'omelette. Ils aiment bien l'omelette fumée ! Pour d'autres religions il s'agit d'autres choses. Certains n'ont qu'un bol de riz, comme les japonais, avec les baguettes. Ce qu'il faut c'est arrêter de cuisiner, donc arrêter d'employer le cuistot ! Arrêter donc d'employer la pensée, c'est la pensée qui crée les recettes !
C'est tellement fascinant d'ailleurs de penser, c'est vrai, c'est fascinant !
Pense ! Je ne te dis pas de ne pas penser, pense ! Mais ne t'accroche pas à tes pensées !
Aie l'esprit réellement scientifique !
Qu'est-ce qu'un esprit scientifique ?
L'esprit scientifique
C'est un individu qui aime la vérité. Il ne la connaît pas. C'est un principe énigmatique, un principe absolu. C'est un vide !
À partir du moment où tu peux aimer la vérité comme un vide, tu as le sens du sacré. Tu as l'humilité suffisante pour mettre le sacré partout !
Tu ne connais pas son visage. Isis est voilée pour l'instant, pour toi. Mais il n'empêche que tu dois n'aimer qu'elle. Et pour l'aimer, il s'agit de ne pas l'habiller ni la déshabiller. Il faut savoir marcher vers elle, entre les deux colonnes.
Donc, il ne s'agit pas pour toi de ne pas penser, mais simplement d'avoir l'esprit scientifique.
Dans ton étape quotidienne, tu es dans ton laboratoire qu'est la vie. Certains événements t'arrivent. Tu as certaines réactions qui ont certains effets. Tu penses certaines choses. Tu fais certains choix. Et ceci crée des réactions, exactement comme en chimie. Et tu te trouves au fur et à mesure de la chaîne avec un produit qui se transforme d'événements en événements, de choix en choix, de pensée en pensée.
Si je suis un moraliste, si je suis un homme terrorisé par le vide qu'est Dieu, que je ne connais pas, la vie que je ne comprends pas, à un moment donné je vais vouloir m'arrêter dans mon laboratoire et dans mon expérience. Je vais être fatigué. Je vais me dire : “mais cela fait des années que je cherche, des années que je fais cette expérience, que je conduis ces travaux ! Maintenant, je veux m'arrêter ! C'est sans doute ça, la vérité !” Comme je me sens fatiguée, je m'arrête et je me mets à croire. Et j'écris de grands livres, d'ailleurs ! Pour expliquer aux autres qui ne font que démarrer leurs recherches ou qui sont au début de leurs recherches pour leur dire, eh bien, vois-tu, l'expérience, c'est ça, la chimie, c'est ça. Tu vas être face à telle et telle opération et tu vas aboutir à ça, et ça c'est la vérité. C'est ce qu'il ne vous faut pas faire !!
Ne pas s'arrêter
Ce que vous devez faire, c'est ne jamais vous arrêter en cours d'expérience ! Ne jamais prendre, d'ailleurs, le déroulement de l'expérience comme le but de l'expérience. Et toujours savoir que la vérité est plus loin, à la prochaine étape, que l'on n'est jamais arrivé et qu'il faut sans cesse se remettre en question, sans cesse se subtiliser pour élever sa vision, et sans cesse aimer une Vérité que l'on accepte de ne pas pouvoir voir encore.
Si tu as une dévotion quelconque à rendre à un Dieu quelconque, que ce soit cette dévotion-là ! C'est-à-dire ton humilité, à genoux, face à une vérité que tu ne connais pas encore, mais pour laquelle tu poursuis quand même tes transformations, pour laquelle tu ne t'assois jamais sur le trône papal de la croyance !
Tu peux devenir le pape de tes croyances, il y a plein de papes dans l'Univers. Hmm hmm ? Et puis pour être pape tu vas te chercher des fidèles, certains ont un ou deux fidèles, d'autres quatre ou cinq, d'autres des centaines, d'autres des milliers ! Ça dépend comment est-ce que l'on emploie la parole, si l'on est rayonnant ou pas, radiant ou pas, magnétique ou pas, on va réussir à convaincre, à attirer des personnes. Il ne faut jamais suivre des papes, ni vouloir être un pape !
Celui qui est un véritable sage est un homme assis sur une natte. Vêtu d'un simple pagne, ou du simple habit de la civilisation dans laquelle il s'incarne. Et il ne dit jamais ni qui il est, ni d'où il vient, ni ce qu'il fait, ni où il va. Parce que le bout de chemin qu'il te fait faire, il n'appartient qu'à toi. Il n'est pas le sien, donc il ne pourrait pas te dire d'où il vient, où il va. Il ne te fait marcher qu'un moment près de lui. Tu ne pourrais pas comprendre ni sa route, ni l'endroit où il va !
Alors si quelqu'un te dit d'où il vient et où il va, c'est simplement ton semblable. Il fait la même route que toi et avec toi. Ce n'est pas un grand oiseau qui te prend pour t'aider à faire un bout de ta propre route. Ta route étant une toute petite rainure dans sa grande route.
Donc, lorsque tu t'interroges à propos de ce qu'est le Bien et le Mal, de ce qu'il faut faire, pas faire, je te propose de t'instruire à propos des Lois de transformation.
S'instruire
Instruis-toi ! Et ainsi tu comprendras à quel moment tu dois être un homme de bonne volonté actif, qui fait un bien évident que tous les moralistes salueront. Et quand est-ce que tu es un homme de bonne volonté passif, qui n'empêchera pas la dague de la transformation de tomber sur les hommes ! Et à ce moment-là, les moralistes diront de toi que tu es mauvais ! Mais puisque tu es un sage, tu te moqueras bien de ce que l'on dit de toi ! Car tu sais que les ignorants ne te comprennent pas !
C'est ce qu'a dit Jésus. Il a dit : “Seigneur, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font !”
Si tu veux discerner quand être un homme de bonne volonté au service du Plan et un homme de bonne volonté qui ne doit rien faire, afin que le Plan lui-même s'effectue, instruis-toi ! C'est le seul moyen. Là, toute ta pensée est nécessaire ! Là, à ce moment-là, elle devient, Isis dévoilée, qui se montre et t'entraîne et t'aide à construire le discernement. Pour cela, instruis-toi auprès des bons livres, car il en existe. N'essaye pas d'en faire des croyances, car de nouveau tu construirais un temple qui s'écroulera sur toi ! Que ce soit simplement des outils pour le discernement. Et travaille chaque jour ces outils à les pousser plus loin. N'oublie pas que tu es dans un laboratoire et que ta vision est petite ! Que tes premières expériences sont limitées ! Donc, même ce que tu apprends auprès des meilleurs livres, remets-le en cause ! Non pas comme si tu mettais en cause le livre, mais remets ta vision en cause ! Et tu es vraiment notre frère à ce moment-là. Tu n'as plus besoin d'un guide, tu es ton propre guide, mais tu en disposeras d'un. Parce qu'à ce moment-là, vraiment, le guide peut travailler avec toi et le travail sera effectif et efficace !
Tu pourras en avoir une approche physique, cela pourra être simplement au niveau des rêves, la nuit, même si tu ne t'en souviens pas quand tu te réveilles. Ou cela pourra être uniquement par inspiration, même si ces inspirations ne sont pas quotidiennes.
Nettoie ton esprit !
Nettoyer son esprit
Je ne peux pas te dire autre chose que cela. Je ne t'envoie pas à Dieu, je t'envoie au Diable !
Allez vas-y, jette-toi dans les flammes ! Descends dans ces ténèbres dont tu as si peur ! Et ténèbres qui, d'ailleurs, te motivent pour, vite, vite, grimper l'échelle de Dieu.
Mais voilà, le Diable, qui est très intelligent, s'est dit : “Ces gens-là sont très bizarres ! À partir du moment où on les fait tourner en rond, ils ont l'impression d'aller quelque part. Alors je vais fabriquer une échelle, mais je vais la faire en cercle fermé ! De cette manière-là, ils seront occupés à tourner dans mon enfer et tout ira bien ! De temps en temps, je leur piquerai les fesses pour leur rappeler qu'ils sont quand même toujours en enfer. Les uns auront des échecs, les autres auront des doutes, les autres mourront dans la tristesse... Mais ils ne trouveront pas Dieu !”
La pensée incontrôlée, la pensée qui est soumise à la peur et qui motive donc les croyances, à ce moment-là, cette pensée, c'est le Diable ! Oui.
Ce qui veut dire que chaque homme est son propre Diable. Ça, c'est une phrase bien connue. Mais chaque nation crée aussi son Diable particulier. Lorsque la nation l'a bien construit, par des générations et des générations de croyances partagées et pour lesquelles on se bat, ce Diable engloutit sa nation. Car lorsque l'on arrive à la fin de la construction de l'échelle, lorsque le peuple a marché tout entier sur cette échelle et qu'il revient au point zéro en bas, comme vous dites vous-même : la note est lourde à payer ! Il est très dur de se réveiller de ce rêve parce que s'en réveiller, c'est d'abord s'apercevoir que l'on vivait un cauchemar ! Donc pour s'apercevoir que l'on était dans un rêve, puisque c'est donc s'apercevoir que l'on vivait un cauchemar, eh bien on va le vivre quelques instants ! Mais c'est l'occasion de déplier cette échelle et de monter vers le Ciel qui existe vraiment, c'est vrai ! Mais tant que l'on n'a pas eu peur de sa propre peur, l'échelle reste repliée sur elle-même.
Et voilà l'esprit qui tourne en rond, le petit Diable qui refait le monde, qui devient curé, qui devient industriel, qui devient père de famille, institutrice ou quoi que ce soit d'autre.
Il y a les petits cycles, les petites échelles individuelles. On y retombe au point zéro très souvent.
Il y a la grande échelle individuelle, celle qui commence à la naissance et se termine à la mort. Là on y retombe qu'une seule fois. Au moment de la mort, on refait un point zéro. Et c'est à ce moment-là que d'ailleurs on a encore une chance de prendre conscience des illusions que l'on a créées. Ce qui fait que la mort est aussi une phase initiatique, parce que, en s'apercevant des initiations que l'on a ratées, donc des illusions que l'on a entretenues, eh bien c'est au moins une élévation que l'on aura conquis !
Et puis il y a des échelles de groupe, comme la famille, comme la profession, puisque de nos jours tout le monde se regroupe. Les professions se regroupent, les idées se regroupent.
Puis il y a la grande échelle de la nation.
Bien sûr il faut une heure pour faire le tour d'une petite échelle intérieure, une vie pour faire le tour de l'échelle individuelle, quelques années pour faire le tour des échelles de groupe, comme les groupes de profession ou les groupes d'actes de foi, etc. Mais, par contre, il faut plusieurs générations pour faire le tour de la grande échelle de la nation. Et d'autant plus qu'il y aura eu de participants à ce cauchemar, d'autant plus s'en réveiller sera douloureux ! Et c'est pour cela que l'on connaît des crises.
Mais grâce à Dieu, avant la grande crise dans cette amalgame de ténèbres terribles que sont les fins de cycles, les fins de courses d'échelles, il y aura toujours eu avant suffisamment de petites crises, pour que ceux qui sont assez intelligents puissent redresser leur échelle et se sortir de l'échelle qui se replie sur elle-même. Et c'est ce que je vous souhaite !
C'est pour cela que d'une manière, je vous dis : pensez très fort ! Instruisez-vous très fort ! Mais je vous en prie, ne créez pas des croyances pour autant !
Subtilisez toujours et chaque jour davantage votre instrument qu'est la pensée.
Et pour cela, soyez toujours vigilants et observez votre pensée ! Observez vos réactions ! Regardez les peurs et les illusions que vous transportez !
Vous allez me dire que c'est difficile, qu'on ne s'aperçoit pas toujours de l'illusion dont on est esclave. C'est vrai ! Mais si tu commences avec une illusion quelque part, si tu commences à n'en regarder qu'une seule, ton intelligence va se développer. Et demain tu en verras deux, tu en verras trois, tu en verras quatre, tu les verras toutes ! Et c'est en les voyant chaque jour davantage que tu vas t'aimer davantage !
Alors qu'aujourd'hui tu refuses de tout voir et tu te détestes ! Alors que si tu acceptes de voir toutes tes illusions, dûes non pas à ton imbécilité, mais dûes tout simplement au fait que la conscience pour l'instant est sur ce plan d'existence. À partir du moment où tu conçois les choses de la sorte, tu n'es pas coupable, tu es simplement un avion qui monte et qui a mis un certain temps à franchir certaines altitudes ! Mais tu es avant tout le pilote et donc tu conduis ton avion à l'altitude la plus haute désormais ! Tu ne restes pas aux endroits où il y a les orages, les trous d'air, etc.
Mais pour monter, pour diriger cet avion, pour le sortir des orages et des trous d'air, il faut que tu saches que tu as un avion, que tu apprennes tout ce qui est sur le tableau de bord, que tu t'instruises sur la manière de voler et surtout que tu réalises que tu es un pilote ! Il faut que tu arrêtes de croire que tu es la dernière roue de l'avion ! Il faut que tu arrêtes de croire que tu es la cale de l'avion ou l'hélice de l'avion, ou juste la radio dans l'avion, ou juste un passager dans l'avion, qui attend que l'hôtesse vienne le servir ou que le pilote pilote à sa place, parce que le pilote connaît la route vers Dieu.
Une fois que tu réalises toutes ces choses, que tu n'es pas la dernière roue de l'avion, mais que tu es le pilote, alors tu peux espérer voir ce qui ne va pas dans ta croisière, dans ton vol. Tu vas dire : “Tiens, l'avion perd de l'altitude en ce moment. Voyons comment est-ce qu'on redresse le vol !” Tu t'en instruis et tu le fais.
Tu te dis : “Tiens, je n'arrive pas bien remonter parce que j'ai une aile qui est très lourde, alors que l'autre est plus légère. Voyons comment est-ce que l'on rétablit l'équilibre !” Et hop, tu exécutes ! Ce qui fait qu'à la deuxième manœuvre, tu peux élever ton avion et tu es victorieux !
Tout à l'heure, je disais que je ne voulais pas te dilater d'espoir. C'est vrai ! Par contre, je veux te donner une altitude : celle de la victoire !
Je veux que tu te sentes victorieux ! Parce que tu es un pilote et que dans l'avion, il y a la méthode pour conduire l'avion. Prends connaissance de cela et envole-toi plus haut !
Tu vas me dire : “Quelle est la méthode ?” Je viens de t'en parler ! Je n'ai fait que cela à chaque instant.
Il ne s'agit pas de dire : petit A, on lève le manche de telle manière, petit B, on fait ceci à gauche et ceci à droite. Il n'y a qu'une manière d'équilibrer l'avion. C'est de ne plus croire au noir qui est Mal et au blanc qui est Bien, comme je viens de te l'expliquer si abondamment.
Prends de l'altitude ! Parce que tu es un pilote et que le pilote est à bord !
Tu n'as pas besoin de chercher à atterrir où que ce soit. Si tu as peur, si tu crois qu'il va te manquer de carburant par exemple, ou si tu ne trouves pas ta route dans les étoiles, tu vas chercher à atterrir. Ceux qui volent assez bas vont atterrir sur la route des hommes et rejoindre le troupeau. Ceux qui volent un peu plus haut vont atterrir dans les champs des campagnes. Ceux qui volent encore plus haut vont atterrir sur les plateaux. Celui qui vole encore plus haut va se planter sur la cime d'une montagne, et, de là, celui-là aura beaucoup de mal à en repartir ! C'est celui qui a atterri sur le plateau qui aura le plus aisément la possibilité de repartir. Celui qui s'est placé très haut et puis qui s'est empalé sur le sommet de la montagne, celui-là aura beaucoup de mal. Il lui faudra attendre un prochain avion, donc attendre sa mort et sa renaissance. Cette vie-ci est terminée, il ne peut plus s'en servir !
Ce que je te conseille c'est de ne t'arrêter nulle part ! De n'établir, donc, aucune croyance, d'avoir beaucoup d'amour pour tous les livres, beaucoup d'amour pour tous les guides, même ceux qui ne te concernent pas, qui ne peuvent pas t'aider parce que tu pourrais déjà être, toi, leur guide à ces guides-là. Et beaucoup d'amour pour tout ce qui existe ! Et regarde le Plan de Dieu s'effectuer sans vouloir systématiquement être un homme de bonne volonté qui brandit le drapeau de la paix. Fais-nous confiance !
Bien sûr si tous les hommes nous intuitionnaient davantage, nous arriverions beaucoup plus facilement et beaucoup plus vite à établir ce que, toi, tu appelles le règne de Dieu sur la Terre, c'est-à-dire le Plan. Cependant comme la plupart des hommes ne nous intuitionnent pas, laisse l'apparente Nature effectuer ce que nous nous devons faire par elle ! Et ne t'inquiète pas ! Sois, au contraire, un visionnaire et commence à construire le rêve de demain.
Tu va me dire : “Oh non ! Je ne veux pas ! Oh non, je ne veux surtout pas ça ! Avec tout ce que je viens d'entendre, ce ne sera pas moi qui fera un rêve pour demain !” N'est-ce pas ? Si tu m'as cru, si tu m'as bien suivi, tu ne voudras surtout pas de ce rôle !
Eh bien, je te rassure et je te dis : mais peu importe, vois-tu ? Peu importe ! Que tu sois capable de trouver définitivement la voie du milieu ou que tu sois un constructeur parmi tant d'autres pour le prochain rêve qui est à rêver, les prochaines institutions qui auront lieu, peu importe ! Ce qui est important, c'est de lâcher le vieux rêve étroit ! Si tu te mets à rêver le nouveau rêve, tu as le temps. Pour quelques générations, tu as le temps ! Oui, puisque c'est un nouveau rêve, il est donc frais, tu vas épuiser de la sève, de la force et même une éclosion partielle. Les nouveaux rêves ont ça de bien qu'ils sont chaque fois un nouveau printemps, mais il y a aussi l'automne. Et c'est à cet endroit-là que je ne veux pas que tu restes ! Personne !
Et puis, sois indulgent avec toi-même ! Amuse-toi avec les différentes civilisations, amuse-toi avec les différents cycles, puisque la jeunesse d'un rêve est une nouvelle sève et une bonne chose. Amuse-toi ! Exactement comme lorsque tu t'amuserais à être Roméo ou Juliette !
Tu sais très bien que Roméo aura le gros ventre, qu'il perdra ses dents, que sa vue baissera, qu'il perdra ses cheveux. Tu sais très bien que Juliette aura la peau qui fripe, des poils aux jambes et les seins qui vont tomber en poire molle. Tu le sais ! Mais du temps que Roméo est jeune et du temps que Juliette est jeune, quelle belle histoire ils vivent ensemble !
Simplement vivez l'histoire ! Uniquement l'histoire, pour l'histoire elle-même et avec plaisir !
Sitôt que vous cessez d'être des amants et que vous devenez des époux, vous savez très bien que c'est là que Juliette perd sa beauté et Roméo sa virilité. Tout perd son charme, parce que d'un seul, je procède, je cristallise, je crois. Je suis l'époux, je suis l'épouse, je suis le prêtre ou l'industriel. L'agent de change ou le commerçant, le professeur ou le scientifique, je suis et je sais ! Et mon histoire n'est plus une histoire, c'est une mort lente, une agonie douloureuse !
Pour vous éviter cette mort, je veux vous inspirer de vous envoler ! Et vous envoler n'est pas un exercice alchimique difficile !
Arrêtez de croire ! En sortant d'ici - et c'est sur cette idée que je vous quitterai - en sortant d'ici, arrêtez de croire !
Arrêter de croire
Stopez, non pas la pensée, comme vous imaginez que vous devez la stopper pour méditer, pour être pur, pour être sur le Plan de l'Âme... c'est de l'idiotie toutes ces affirmations ! On ne peut pas arrêter la pensée ! La pensée c'est le témoin de mon existence. Donc même à l'instant de l'initiation, je vais penser, ne serait-ce que parce que je suis témoin de ce qui m'arrive ! Arrêtez de tout mélanger !
Par contre, arrête de penser ce que tu crois ! Et arrête de croire ce à quoi tu penses !
Arrête de penser ce que tu crois ! Et arrête de croire ce à quoi tu penses !
Là est le niveau inférieur de la pensée : dans la croyance et uniquement dans cela.
Que tu ne connaisses pas encore l'entière Vérité, ce n'est pas une limitation, c'est au contraire une fenêtre ouverte. Cela veut dire qu'il y a encore un espace où tu peux aller. Par contre, si tu dis : “je sais”, c'est terminé ! Non seulement les portes se ferment, mais elles sont blindées.
Arrête de croire !
Et si tu suis mon conseil. Bien que je ne prétends pas qu'il soit la Vérité, j'aime bien que tu te sentes sur un bateau inconfortable ! Jamais je ne te préciserai suffisamment les choses pour que tu sois même sûr de moi. D'ailleurs un jour, je te donnerai le doute le plus grand qui est : est-ce que j'existe vraiment ? Je le ferai planer. Et je ne le préviens pas pour éviter que le doute soit grand. C'est simplement parce qu'une fois de plus, ça m'amuse d'intriguer ton esprit ! Et voilà que, de nouveau, comme un escargot, il y a une petite antenne qui est sortie pour aller penser dans une autre case du cerveau où on n'était pas encore allé penser, n'est-ce pas ? C'est fascinant de voir à quel point la pensée jette des rayons dans toutes les directions !
Il suffit de jeter un caillou et, pa pa pa pa pa, on y va. Qu'est-ce que ça peut te faire qui je suis ? Hmm ? Qu'est-ce que ça peut te faire si j'existe ? Est-ce que tu existes vraiment toi ? Hein ? À partir du moment où tu te mettrais en doute, je pourrais croire que tu me mets en doute.
Je me demande si j'existe vraiment. Du niveau où je me tiens, je n'ai pas l'impression, en regardant dans ma robe, qu'il y a quelqu'un d'ailleurs. Vois-tu, dans mon univers, il nous semble que tout est Dieu et que s'il y a des formes, comme celle que j'assume, formes de niveau de conscience, ce n'est que comme messe et rituel à la régénération de Celui Qui Est et que nous servons. Rien de plus ! Donc il est vrai que je n'existe pas, mais toi non plus !
Donc détruis les croyances !
En faisant ces choses, si tu veux me suivre un certain temps, ne serait-ce que pour savoir où cela t'emmène et non pas pour croire en moi. Ne crois pas en moi. Si tu crois en moi, je viendrai t'arracher les cheveux ! Je veux que tu éprouves un malaise si grand, un désarroi si grand, que finalement tu ne m'aimes plus et me rejettes ! Si tu me rejettes, tu seras encore plus libre que si tu crois en moi, en imaginant que je suis peut-être le guide le plus à la mode et le plus sérieux de ces derniers temps. Hmm ? Car il y a des questions de mode ! Comme les croyances suivent une mode, il y a des guides à la mode, c'est normal ! Je ne veux pas être à la mode pour toi ! Je veux être un problème pour toi ! Je veux être quelque chose qui te fasse gratter le crâne si intensément que ta propre vie te devienne un malaise. Parce que cela te remet en cause fondamentalement !
Donc, si tu me suis un petit peu, juste le temps d'aller autour du nid quelques instants, tu verras qu'en cessant de croire, tu vas déployer ou laisser en toi l'énergie se déployer et tes méditations iront mieux. Simplement, il te faudra toute la journée observer quelles sont tes croyances, sur tous les plans.
Le Plan Physique. Tu crois à la réalité de l'attraction des sexes, par exemple. Tu crois à la réalité de ton attachement à une nourriture, ce qui fait que tu en es gourmand. C'est une croyance. Tu crois que tu as envie d'alcool, envie de différents aliments, envie de tabac, envie de drogue. Hmm ? Tu crois que tu as besoin et envie de sexe. C'est une croyance ! Alors observe ta position et les différents niveaux et engrenages de ta croyance à ces niveaux-là.
Et puis ensuite, regarde sur le Plan Affectif et Émotionnel. Tu crois que tu aimes ta femme ou ton mari. Tu crois qu'il ou qu'elle est fidèle ou infidèle et de là tu en tires confiance ou jalousie. Amuse-toi à intervertir, si tu penses que ton compagnon ou ta compagne est fidèle. Amuse-toi pendant une semaine à sincèrement penser qu'il ou elle est infidèle et tu verras que, de ce fait, toute une autre réalité va s'imposer en toi. Tu verras les émotions se créer et tu comprendras que l'homme est une vaste mécanique, une vaste réaction en chaîne ! Et que, dans la réaction en chaîne, tu subis au lieu d'être celui qui fait la réaction en chaîne pour qu'elle aille quelque part, aboutisse donc dans son laboratoire à la démonstration de la Vérité.
Fais ces choses ! Mais un dernier conseil, fais-les en t'amusant, s'il te plaît ! Ne te prends pas au sérieux, ne le fais pas comme si de là dépendait ton initiation, ne le fais pas comme si je te le commandais ! Fais-le comme tu t'amuses ! Fais-le comme les enfants ! Fais-le comme tu souris ! Libre !
Toute alchimie doit être exécutée dans un esprit de liberté, sinon elle n'aboutit pas !
Allez, maintenant je te laisse t'envoler jusque chez toi ! Tu connais la route pour cela n'est-ce pas ? Je te laisse t'envoler jusque vers tes dernières croyances, tu connais la route n'est-ce pas ? Parce que tu en auras encore ! Ce n'est pas parce que je t'ai dit ces choses que tu vas cesser de croire. Il y a la force de l'habitude en toi ! Il y aura la pression de l'environnement, de la famille, de ta profession, de la science, de la conviction générale, du bon sens général. Et il y aura ta peur qui te ramènera à ce que tu appelleras “une dimension plus juste”.
Si tu te rasseois, tant pis ! Personne ne te jugera, personne ne t'en voudra ! Mais à l'instant où tu te mettrais à souffrir, rappelle-toi ce dont je t'ai parlé et ne serait-ce que pour te sortir de ta souffrance, fais ces choses !
Je te salue.
(Date de la conférence : 29 05 1991)
27-12-25 18:48