🔥 Conférence 113

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Conférence 113

Question

Quel rôle peuvent jouer les artistes dans l'évolution planétaire ?

Réponse

Bonsoir,

Bien que je répondrai un petit peu à la question, puisqu'elle n'est pas sans intérêt, je vais tout de même axer mon discours ce soir sur la puissance de l'homme, et la puissance de l'homme face au Verbe, et au Verbe qu'il peut employer.

L'artiste

À l'intérieur de ce discours, on pourrait imaginer que l'homme, comme un artiste, doit apprendre à façonner certains sons, façonner son intelligence, façonner son cœur, pour arriver à la note la plus juste, à la forme la plus juste, à la couleur la plus belle. En fait, je dirais que toute démarche spirituelle est en soi un don artistique, un geste artistique, puisqu'il s'agit de devenir meilleur, ou de devenir plus libre, ou plus expressif, ou beaucoup plus vivant.

En fait, ce qui différencie l'artiste d'un homme qui n'est pas créatif, c'est tout simplement la recherche de devenir un agent dans la création.

J'explique.

Si je considère un individu tout à fait profane, sans besoin artisanal ou artistique précis, sans recherche intellectuelle, cet individu, quelque part, n'est pas vivant. Même s'il est capable d'aimer sa famille, de participer à un certain travail, il lui manque cependant cette quête qui, même au travers de l'art, s'exprime, et qui est en fait une quête divine.

Bien sûr, il peut y avoir des artistes profanes et qui ne pensent à la création que parce qu'ils ont envie de faire quelque chose, ou avec la tête, ou avec les mains, ou avec un instrument de musique. C'est une manière aussi de voyager, par exemple. Une manière de sortir de la réalité, ou de devenir différent, de marquer son originalité, ou de marquer sa révolte. Mais il faut savoir que ces artistes-là ne sont pas, du point de vue de la quête de l'art, considérés véritablement comme des serviteurs de la quête artistique.

En fait, on peut dire qu'un individu qui a une sensibilité artistique, même s'il ne l'exprime pas en tant que talent créateur, a toutes les chances, un beau jour, d'être attiré par la spiritualité. Car en fait, la sensibilité artistique est la sensibilité pour un mieux dans la vie, pour un mieux dans l'affectif, un mieux dans le monde des idées, un mieux dans le niveau social, un mieux lorsque je regarde mon voisin.

Cette façon d'être aussi sensible à l'art, c'est ce qui permet d'être sensible aux autres. Être sensible vis-à-vis de la nature, vis-à-vis de la beauté, de chercher cette beauté pour s'en environner et pour la partager avec les autres. Donc, on peut dire que la sensibilité artistique, même si elle est bien éduquée, bien sûr, mène à une sensibilité spirituelle. Elle aboutit à un intellect intuitif et à un cœur intuitif.

Ce qui ne veut pas dire que tous ceux qui sont en quête de spiritualité doivent développer la sensibilité artistique. Car, en fait, les occultistes sont parfois fort dépourvus de sensibilité artistique. Mais il faut savoir que ces individus travaillent avec un rayon complètement différent, et que la Force, souvent, ne s'embarrasse pas de la beauté, du moins dans les premiers stades de l'étude et de l'évolution. Ensuite, la Force doit, très fortement, faire couple avec la Beauté.

Sinon, il y a risque, pour ce genre d'initiés, de retomber dans l'égoïsme et de faire de la magie une magie noire, tout simplement.

En fait, la sensibilité artistique garde, très souvent, l'individu qui en est dépositaire, le garde de tous les aspects malsains de l'humanité, comme l'égoïsme, entre autres, la masquinerie, entre autres, la faiblesse. Quelqu'un qui a une sensibilité artistique essaye toujours de s'améliorer.

Quelquefois, c'est aussi mitigé d'orgueil. Je veux m'améliorer pour être mieux que les autres. À ce moment-là, la qualité artistique est détournée au profit d'une certaine brillance de l'égo et c'est dommage. Cependant, il faut savoir que, si dans le début, dans les premiers pas, les individus ne savent pas faire autrement que d'être orgueilleux ou vaniteux, même si c'est à cause de la spiritualité, eh bien pour ceux qui sont un peu plus avancés, il faut savoir tolérer le fait.

Morale, jugement et évolution

En fait, on a trop souvent mélangé la morale avec les Lois de l'Évolution. Ce qui fait que, à cause de cela, les Lois de l'Évolution se trouvent paralysées, les Lois de la Nature se trouvent jugées et sclérosées.

Quiconque connaît un petit peu les Lois d'évolution et les cycles de l'Esprit ne s'amuse pas à juger l'individu.

Si par exemple je suis en train de critiquer mon voisin parce qu'il est fort égoïste. Et que du point de vue de la morale, aussi bien sociale que religieuse, je lui démontre que ce n'est pas bien et que pour cela il est vil. Je fais preuve, non seulement d'un état critique, ce qui est négatif, et à ce moment-là je ne vaux pas plus que mon voisin qui est égoïste, mais en plus je démontre ma totale ignorance à propos des cycles de l'esprit.

Car si je connaissais quelque chose à ce propos, je ne penserais pas à traiter mon voisin d'égoïste et je m'apercevrais qu'il est simplement à ce stade de l'évolution et de la courbe de l'esprit qui veut que l'individu se cristallise énormément au niveau de son égo parce qu'il y a là la clef de l'individualisation, et que je dirais qu'il n'y a pas moyen de faire autrement.

Lorsque l'individu se trouve empreint d'égoïsme, c'est en fait parce qu'il est fortement cristallisé à travailler sur son individualisation.

Exactement comme lorsque je suis en train de faire un travail de bureau, un travail d'écriture, eh bien toute ma conscience se centralise là-dessus et, sitôt qu'il se passe un bruit dans les environs, ce bruit étant perturbateur, je le chasse ! De la même manière, dans une vie affective, une vie sociale pour un esprit qui est à ce moment-là de son évolution, une question trop importante, ou un drame trop important survenu dans la vie des voisins ou des autres membres de la famille est un bruit tapageur avec lequel l'individu ne sait pas négocier, donc il chasse ce bruit ! Parce qu'il ne sait pas négocier avec, il n'a pas encore la maturité, il n'a pas eu l'expérience, il se sent complètement dépassé, donc il préfère chasser la perturbation.

Du point de vue du regard extérieur, forcément le paysage n'est pas beau à contempler, il y a là quelqu'un qui se lave les mains d'un drame qui arrive, ou à la famille ou au voisin. On s'attend bien sûr à ce que chacun vienne proposer de l'aide ; être bon chrétien c'est cela, venir proposer son aide. Mais il faut savoir que pas tout le monde est capable d'être bon chrétien, non pas au sens où ces personnes sont méchantes, ne sont pas encore sensibles ou se moquent du monde entier, mais parce que ces personnes sont polarisées sur le développement de leur individualité.

Et lorsque l'on multiplie le cas à des millions d'exemplaires et que l'on pense que ces millions d'exemplaires habitent le monde, forcément l'on constate un monde rempli d'égoïsme et d'indifférence.

Lorsque j'explique ces choses, je ne veux pas dire que vous devez absolument tolérer l'égoïsme et l'indifférence et devenir vous-même indifférents à cette indifférence. Il faut bien sûr éduquer les jeunes esprits à partager ce qu'ils ont de bon à partager, mais il faut surtout les éduquer en leur donnant une forme d'expérience quant aux drames qu'ils vont rencontrer dans la vie. Et ainsi ils seront moins indifférents à ce qui arrive aux voisins ou à la famille, parce qu'ils y sont comme préparés.

L'événement ne les terrasse plus, ils peuvent donc prévoir telle ou telle réaction.

Beaucoup d'individus dans une situation un peu critique, ou une situation délicate, ou une situation dramatique, se sentent en trop et de ce fait ils n'agissent pas. Parce qu'ils se sentent en trop. Ils ont peur de ne pas être à l'endroit qu'il faut, ils ont peur de ne pas savoir dire le mot qu'il faut, de ne pas savoir faire le geste qu'il faut. Parce qu'ils sont pris d'une peur intérieure immense parce qu'ils sont accablés par toutes ces ignorances. Et c'est ainsi qu'on les voit raser les murs, rentrer chez eux en évitant la personne qui est plongée dans le drame.

Mais en fait c'est la peur qui les retient, c'est la peur qui les rend étrangers à ce qui se passe.

Si l'éducation comportait une formation, une formation face aux événements prévisibles de la vie, comme la rencontre de l'accident, la rencontre de la maladie, la rencontre de la mort, la rencontre du manque d'argent, la rencontre des mauvaises critiques. Si l'éducation comportait ces différents phénomènes, les individus ne seraient plus surpris ni terrassés par leur ignorance, ils auraient un minimum de renseignements pour savoir comment agir. Et ainsi ils oseraient se lancer pour prendre part, soit à un sauvetage, prendre part à une action d'entraide.

Il faut savoir, donc, qu'un être humain va être fortement conditionné par l'éducation qu'on lui apporte, mais aussi par tout l'aspect préventif que l'on pourra faire à propos des drames de la vie.

Les drames de la vie

Et aujourd'hui malheureusement, dans les familles, s'il est enseigné comment être poli, s'il est enseigné comment parler à son supérieur, comment apprendre un métier, on n'enseigne pas beaucoup les réactions valables que l'on doit avoir face aux drames de la vie. Le drame on n'en parle pas, le drame il est dramatique, alors on essaye de l'oublier, on dit à l'enfant : “Pourvu que tu ne rencontre jamais telle ou telle situation. Tu sais si tu fais bon choix tu n'auras pas tel problème.”

On évacue complètement les drames de la vie, parce qu'on les appelle des drames justement, et à force de les appeler des drames, on essaye de s'en cacher, comme on essaye de se cacher de la mort, comme on essaye de se cacher de la maladie, de la misère, ou des chutes, des chutes de renommées par exemple.

Si on ne prépare pas un enfant à vivre, il n'est pas étonnant qu'il va ensuite perdre du temps, parce qu'il va d'abord falloir qu'il soit confronté à la situation, il va falloir que la situation, par son impératif, sache lui réclamer absolument une réaction, et très souvent, malgré l'impératif des situations, beaucoup de personnes ne réagissent pas. Et il faut que la situation les harcèle, et les harcèle terriblement, jusqu'à ce qu'il y ait la stimulation nécessaire afin que la réaction se fasse, que l'expérience ait lieu et que l'enseignement, donc, soit apporté.

Et c'est dans la mesure où une situation devient un harcèlement, puisqu'elle doit exiger sa résolution, c'est dans la mesure où elle harcèle un individu qu'on mesure l'amplitude du drame.

Et c'est ainsi qu'on verra des individus par exemple collectionner les divorces, ou les ruptures amoureuses, ou les échecs professionnels, ou les échecs dans ceci, ou ceux-là, ou des rechutes de la même maladie, ou de plusieurs maladies...

En fait chaque harcèlement est une façon pour l'intelligence supérieure qui guide la personnalité, c'est une façon d'envoyer la stimulation pour résoudre le problème.

Ce qui veut dire que dans un premier temps le problème soit n'a pas été bien observé, a été évacué à cause de sa consonance dramatique, soit il n'a pas été bien résolu, malgré les premières réactions que l'on a eues, soit il faut y replonger pour trouver une dimension différente.

Souvent aussi un problème revient, même s'il a été résolu quelques années auparavant, parce qu'il demande d'être résolu sur un autre plan. Par exemple si je vis mon premier divorce et que j'arrive à résoudre mon premier divorce, je me marie une seconde fois et je divorce de nouveau, qu'est-ce que je peux comprendre de la situation ?

J'ai résolu mon premier divorce, j'ai résolu beaucoup d'interrogations à propos de la relation humaine, de la relation de couple, etc, et cependant voilà que survient un deuxième échec, et c'est là que l'individu se demande si en fait ce n'est pas karmique et s'il ne faut pas abandonner la ligne du mariage... Mais je dirais qu'à ce moment-là il faut plutôt considérer les différents niveaux de la question.

Très souvent, par exemple, le premier problème a proposé une interrogation sur le plan affectif, sur le plan sexuel, ou sur le plan de la relation de pouvoir dans le couple, ce qui est un premier niveau.

Et puis, dans le deuxième mariage et le deuxième divorce, on s'aperçoit que l'expression est complètement différente. Cela peut être au niveau de l'évolution complètement, au niveau philosophique, au niveau intellectuel, du choix des destinés, des libertés que l'on s'accorde ou pas. Ce qui veut dire que même si le problème est le même, la solution que l'on va devoir trouver est, dans le deuxième cas, ou le troisième cas, complètement différente et chaque fois à un niveau plus élevé.

C'est pour cela qu'en fait on ne peut pas juger du problème quand un ami vous expose son problème. Son problème est le même que celui d'un homme profane, un homme de la rue tout simple, mais cependant il doit y trouver une autre solution, s'interroger à propos d'une autre loi.

Pas tout le monde divorce pour la même raison en fait ; pas tout le monde a une jambe raide pour la même raison ; pas tout le monde est aveugle pour la même raison.

On ne peut pas dire que toutes les infirmités sont dues à des karmas, celui-ci a dû tuer ou égorger. Lorsque l'on fait ce genre de conclusion c'est que l'on a, en fait, une très petite instruction et qu'avec deux sous d'instructions on s'amuse à juger le monde et les hommes. Si l'on a une petite instruction c'est fait pour savoir en apprendre davantage, et non pas fait pour juger le monde et son orientation.

Donc, lorsque l'on situe l'individu dans le déroulement de la vie, dans votre vie, lorsque l'on regarde les drames potentiels qui planent sur la tête de chaque individu incarné, comme la rencontre de la maladie, de la mort, soit notre propre mort, soit la mort des êtres chers, la misère, le manque d'argent, la chute de la renommée, tout ce que j'ai déjà cité, on s'aperçoit en fait que l'échiquier que représente la vie comportent toujours les mêmes figures, les mêmes problèmes.

Le jeu n'est donc pas si compliqué que cela et pour quelqu'un de bien averti, en fait, il y a grand moyen de s'instruire puisqu'il n'y a pas d'obstacle imprévisible.

La mort

Par exemple l'obstacle, le plus gros, l'obstacle majeur que je vais rencontrer à coup sûr sur la terre c'est la mort, le mur de la mort. Je n'ai pas besoin d'attendre autre chose de plus compliqué, de moins compliqué ou de différent ou de dévier, c'est ce mur-là, c'est la mort, cela existe !

Donc si je veux un petit peu instruire, soit ceux à qui je parle, soit mes enfants parce que je les élève, je vais devoir petit-à-petit développer une approche de la mort et une instruction au propos de la mort. De la même manière je vais devoir développer en eux le sens de l'action et le sens de l'action lié à l'argent qui permet donc de gagner sa vie. Donc je vais devoir parler de deux éléments, l'action, la nécessité d'agir, de s'investir dans quelque chose, dans un geste ou une idée et puis expliquer le monde de l'argent. Qu'est-ce qu'il est, quoi faire avec, que ne pas faire avec.

À partir du moment où même pour moi-même, sans parler de ce que je peux apporter aux autres que j'éduque, mais à partir du moment où même pour moi-même je suis capable de faire cette liste, je m'aperçois que j'arrive à trouver des solutions.

Trouver des solutions par soi-même

Car en fait, moi qui suis en spiritualité et qui m'appelle monsieur ou madame tout le monde, me suis-je vraiment posé ces questions ? Me suis-je vraiment interrogé à propos de la nature de ces choses ? Ou est-ce que je les ai simplement subi au hasard de ce que la société ou au hasard de ce que mon destin me faisait rencontrer ?

Si par exemple je n'ai jamais eu à gagner ma vie, me suis jamais interrogé à propos de l'argent ? Bien sûr j'ai des idées sur l'argent, je sais qu'il en faut une certaine somme pour être heureux, je sais dire aussi que celui qui en a trop devient très égoïste, mais me suis-je vraiment interrogé à propos de la nature de l'argent. Mais me suis-je mise dans la peau de celui qui n'en a pas du tout, de celui qui en a énormément, pour essayer de les comprendre et pour essayer de connaître les différents visages de l'argent ?

Me suis-je vraiment interrogé aussi à propos de la relation de pouvoir qu'il y a entre les hommes eux-mêmes et ainsi ai-je étiré le sujet jusqu'à comprendre le pouvoir et la relation qui existe entre l'homme politique et le citoyen ? Puis plus loin entre l'homme religieux et le dévot et la masse ? Me suis-je vraiment concentré à comprendre ces choses ? Parce que si je ne m'y suis pas attaché, eh bien il est certain que je ne puisse pas comprendre le monde.

Et c'est pour cela que je me martyrise face à des livres difficiles qui me promettent la clef du monde et qui en fait, lorsque je les lis, ne m'apportent rien. Parce que soit ils sont trop compliqués, soit ils ne contiennent la clef qu'à la dernière page et en attendant il faut que je les lise toutes en désespoir de cause. Ou bien je vais payer très cher des séminaires qui promettent de m'apprendre tout sur la clef du monde et lorsque je ressors du séminaire, eh bien je n'ai pas plus appris sur moi-même ou sur le monde qu'en y entrant. Par contre j'ai fait des amis c'est certain, j'ai redécouvert une certaine chaleur humaine. Mais puis-je maîtriser mon destin d'une meilleure manière ? Non, la plupart du temps non.

Et même lorsque je rentre en méditation dans ma chambre et que je fais toutes ces méditations qui sont conseillées et qui ont parfois même réussi pour d'autres, lorsque je sors de ma méditation, est-ce que je peux mieux maîtriser mon destin ? Non. Des fois même il devient encore plus épais.

Ce qui veut dire, donc, que l'homme face à la vie est très démuni. Et c'est pour cela que tant de frayeur, tant d'angoisse que l'on appelle les angoisses existentielles, c'est pour cela qu'elles sont si nombreuses dans la vie de l'individu et même dans la vie du disciple.

Et c'est pour cela que vous vous sentez faible, c'est pour cela que si souvent vous vous trouvez impur, injuste, vous trouvez que vous avez échoué alors que vous saviez très bien qu'il fallait réagir comme ceci et comme cela pour être spirituel, pour être d'une dimension spirituelle.

Et c'est à cause aussi de cela qu'il vous semble que vous êtes indigne soit de rencontrer le maître, soit de rencontrer un initié, parce que tout le monde connait la phrase : quand on est prêt, le Maître apparaît. Et puisque le Maître n'apparaît pas, donc vous pensez : “Je suis impur, je suis faible !”

Alors je vous propose une autre vision, une vision moins négative mais une vision franche quand même, une vision qui ne se ment pas.

Bien sûr pour l'instant vous sentez incapable d'un grand nombre de choses, bien sûr vous ne maîtrisez pas ces choses, bien sûr elles vous terrorisent, ce qui fait que vous sentez à propos de vous toutes sortes de malheurs, comme la honte, la timidité... Mais cependant je vous assure que si vous préparez votre intelligence pour être confronté aux événements de la vie, vous découvrirez en vous une immense force, un immense talent à résoudre les problèmes, même si cela vous demande du temps et beaucoup d'efforts. Et que donc, le visage que vous vous composerez à propos de vous-même, le jugement que vous aurez sur vous-même, cette fois-ci sera positif.

Il faut vous préparer à vivre, sinon il n'est pas étonnant que vous fassiez des bilans négatifs contre vous-même, c'est normal !

Alors ce que je veux c'est qu'absolument ces bilans négatifs cessent ! Ça ne sert à rien que je discute, ça ne sert à rien que je propose des méditations, ça ne sert à rien que je travaille, si ceci n'est pas pour une bonne fois entendu ! Les bilans négatifs, cela doit cesser !

Il y a des choses que je ne sais pas, donc elles me font peur, donc quand elles viennent vers moi, je me replie, je suis lâche, je me distance. Et cette lâcheté, c'est ce que tu ne peux supporter. Parce qu'un homme, pour vivre, a besoin de s'aimer lui-même, d'être content de lui.

Un homme qui n'est pas content de lui, soit parce qu'il se reproche une multitude de choses qu'il a ratées, soit parce qu'il se trouve toujours pire que les autres, ou en tout cas pas mieux, cet homme-là se prive d'une grande part du prâna, de la vitalité qu'il serait capable de prendre dans la Nature pour vaincre les obstacles qu'il se reproche. Quand un homme manque d'énergie vitale, manque de prâna, il est normal qu'en plus de son incapacité, il soit faible, et que, donc, lorsque vient le problème pour la deuxième fois, c'est un échec encore plus cuisant qui l'attend. C'est normal.

Si je me sens rempli de force lorsque vient le problème, ne serait-ce que poussé par cette grande énergie, je me sens le culot, le courage d'aller l'avaler, de le détruire.

Maintenant, même si je sais comment résoudre mon problème, si je me sens faible, fatigué, épuisé, même sachant comment résoudre le problème, il va me manger.

Donc, pour vivre, pour faire face, que ce soit aux épreuves ou aux drames qui surviennent du fait que l'on vit en collectivité, pour vivre et réussir sa vie, il faut d'une part se préparer à ce que l'on va rencontrer de manière générale sur la Terre, et il faut aussi se réserver une bonne part d'énergie vitale. Il faut savoir se mettre en forme.

Se mettre en forme

Ne sont gagnants que les gens qui sont en forme !

Vous voyez bien dans la vie qu'il existe un grand nombre de gens plein de talents, plein de grandes idées, mais qui, parce qu'ils sont toujours faibles ou fatigués ou un peu malades, n'arrivent jamais à matérialiser leurs grandes idées. Ce qui fait qu'on les traite de beaux parleurs, de beaux rêveurs. C'est parce qu'ils n'ont pas l'énergie pour passer à l'action, l'énergie pour supporter les obstacles de la manifestation.

Prenez, par contre, quelqu'un qui n'a pas d'idées, qui n'a qu'un champ à labourer, mais voyez ce paysan rempli d'énergie, eh bien il va sortir de son champ des légumes extraordinaires, alors que ce n'est pas si compliqué de cultiver un champ, cependant il va se passer, là, quelque chose d'extraordinaire. C'est parce qu'il va avoir l'énergie pour rendre la chose extraordinaire.

Alors que moi qui n'ai que des choses simples à faire, eh bien je suis si incapable que, non seulement je ne les fais pas, mais en plus je les rate.

Alors tu veux changer ta vie ?

Très bien, c'est une bonne initiative !

Mais pour changer ta vie, je t'en prie, ne te précipite ni auprès d'un gourou quelconque, ni auprès d'un moine quelconque, ni dans un séminaire quelconque ! Ne te précipite pas non plus vers des livres, ne te précipite pas vers des mantras, n'agite pas la clochette de la fortune chaque fois que tu veux gagner quelque chose ! Il n'y a aucune clef si ce n'est la clef de l'énergie.

Et cette énergie, elle dépend de toi, elle dépend de ta façon de vivre, elle dépend de la position de tes pensées, de l'orientation de ton mental, d'une hygiène totale en fait.

Dès demain pour être battant, gagnant, comment vas-tu faire ?

Être gagnant

Eh bien d'abord tu vas admettre que la vie est une suite de problèmes.

Parce que si tu commences en étant révolté, et bien tu n'iras pas très loin même si tu es rempli d'énergie. Ta révolte va consommer cette énergie et au moment de passer à l'action et bien, pop !, tu n'en auras pas.

Cela ne sert à rien d'être en colère. Il faut absolument que tu te dissocies - si tu veux suivre mon conseil, si tu veux être un disciple performant pour maîtriser ta vie et ta spiritualité - il faut que tu oublies la colère je t'en prie.

Oublie la colère !

Et ceci quelle que soit la raison de ta colère, que ce soit à cause de la mère, du père que tu as eu, que ce soit à cause de ton ongle, de ton instituteur, de ton ancien employeur ou simplement de la forme de ton nez.

Il faut que tu oublies la colère, comme tu oublies un voisin que tu ne veux plus rencontrer, comme tu oublies une voiture, ta première voiture que tu as conduit il y a si longtemps, oublie !

Il n'est pas question pour toi de passer par de longues psychanalyse, non ! Tu oublies comme tu fais éclater une bulle !

Un problème a été vécu, il s'ensuit la fixation d'une énergie, la fixation d'une idée, et c'est pour cela que, par exemple, ta colère revient sans cesse. Cependant il faut savoir que si tu enlèves cette pensée qui a été fixée par une pensée maîtresse plus forte qui est de vouloir réussir ta vie, de vouloir réussir ton monde affectif ou ton monde financier - ce qui est beaucoup plus important que de te rappeler sans cesse ton problème qui t'infériorise et te fait toujours tout rater - à ce moment-là cette pensée maîtresse plus forte et positive va sans aucun problème déraciner, vaporiser l'autre, celle qui est négative et qui s'est implantée en toi lorsque tu étais petit ou adolescent.

La force d'une pensée qui s'est implantée lorsque tu étais petit ou adolescent est moindre que la force d'une maîtresse pensée que tu nourris aujourd'hui et maintenant en tant que homme ou femme adulte et pleinement conscient de ses droits de vivre et de réussir.

Seulement ce qui perpétue encore le fantôme de cette pensée négative, de ce traumatisme, de cette infériorité, etc., ce qui permet à ce fantôme de survivre c'est qu'en toi il n'y a pas simplement une pensée à dissoudre, il y a aussi un enfant à définitivement faire grandir. Car en fait si tu maintiens encore en toi quel que soit ton âge, si tu y maintiens encore l'enfant que tu as été, la blessure que tu as reçue se maintiendra aussi. Puisque l'enfant est toujours là, il porte donc toujours sa blessure.

Il y a un enfant à définitivement faire grandir.

L'enfant et l'adulte

Un individu qui réussit, soit par l'aide de thérapeutes, soit par les stimulations de la vie, soit par l'envie de vivre la vie et donc d'oublier le passé. Un individu qui arrive à grandir complètement, à devenir absolument adulte, efface tous ses traumatismes, efface tous les problèmes contractés durant l'enfance et l'adolescence.

Mais il se trouve que lorsque l'on regarde une foule en général, la plupart des individus portent encore en eux un enfant qui est très vivant et qui les parasite. Qui leur enlève la force de vivre ou le goût de vivre d'une certaine manière, qui leur enlève toute assurance face au mari ou à la femme ou à l'employeur. Parce que c'est l'enfant qui a peur, il faut savoir que la peur c'est une chose de l'enfant, ce n'est pas une chose de l'adulte.

L'adulte se dit : “Tiens là il y a quelque chose que je ne connais pas, tiens je vais essayer de consulter mes amis pour voir si ils ont rencontré ce genre de situation, comment ils s'en sont sortis.” C'est ce que fait un adulte. Un enfant ne sait pas raisonner de la sorte, un enfant se replie et a peur parce qu'il n'est pas préparé, parce qu'il ne sait pas ce qu'il attend, il ne sait pas ce que recèle la vie. De ce coup, paf, la vie lui tombe dessus.

Donc s'il existe encore dans la plupart des adultes un enfant, lorsque ces individus vont vouloir évoluer, vont vouloir entamer un cheminement spirituel, ils vont se trouver encore plus que s'ils étaient restés sans cheminement spirituel, ils vont être confrontés à leurs problèmes, à leur dualité. La dualité entre cet enfant qui existe toujours, cet adulte qui essaie de naître et qui n'y arrive pas parce que l'enfant lui rappelle toutes les peurs, toutes les incapacités, tout ceci, tout cela...

Chaque fois que vous sentez en vous l'enfant faire naître des peurs, des insatisfactions ou des caprices, il faut vous rappeler immédiatement que c'est l'enfant, il faut avoir la clairvoyance, il faut avoir la clarté d'esprit, l'intelligence pour se rappeler, reconnaître cette situation. “Tiens, ça c'est une situation d'enfant, ce n'est pas une situation d'adulte.”

Que va-t-on faire avec cet enfant maintenant qu'on l'a repéré ? Au moment où il veut son sucre d'orge, au moment où il veut pour la Xème fois sa crème au chocolat alors que cela lui fait du mal et que l'adulte va en être malade, mais l'enfant réclame toujours sa glace au chocolat et l'adulte la mange. Comment va-t-on faire lorsque l'on aura repéré cet enfant ?

Est-ce qu'on va lui donner deux gifles, on va lui dire : “Assieds-toi dans le fin fond de la mémoire, tiens-toi tranquille, galopin ! Moi je veux être disciple, quelle idée de toujours attiser ma gourmandise ! Moi je veux être disciple, quelle idée de toujours vouloir m'attirer vers la radio ou le téléviseur pour passer mon temps au plaisir, à la distraction.” Car ce sont là des choses enfantines.

Il ne faut pas battre l'enfant qui est en vous parce que autant que vous en tant qu'enfant lorsque vous avez été battu, vous avez souffert, vous avez fixé des traumatismes. Autant l'enfant qui demeure encore en vous, si vous le battez de la sorte, va aussi fixer des souffrances et des traumatismes.

Ce qui fait que toute personne, même si c'est au nom de la sainte spiritualité, toute personne qui se contraint violemment à faire quelque chose, et notamment dans le domaine spirituel, à partir du moment où c'est une contrainte qui violente l'enfant que chacun porte encore, eh bien cette contrainte devient un mal de vivre, c'est une souffrance.

Et au bout d'un moment, puisque l'enfant est toujours un enfant et que sa qualité principale c'est la révolte et la colère, eh bien le disciple va se révolter, se mettre en colère. Et lorsqu'il est révolté et en colère, il commence par dire : “Mais après tout ces choses là ne sont pas importantes. Pourquoi est-ce que je méditerai tous les jours ? Qui me dit que c'est ce qu'il faut faire ? Et puis qui me dit que c'est la meilleure méditation ? Et puis qui me dit que mon ami n'est pas folle après tout ? Pourquoi l'ai-je suivie ?”

Et ainsi en allant de révolte en révolte, celui qui a maltraité l'enfant va se retrouver sans plus aucun désir de spiritualité et d'élévation. Et il va replonger de plus belle dans la gourmandise, dans la distraction, et il se dira : “Ah ! Que c'est bon de retrouver ce bon vieux monde ! Mes policiers, mes livres, mes glaces au chocolat !”

Pour faire grandir cet enfant qui est en chacun, il ne faut pas utiliser les méthodes anciennes que vous avez eu à souffrir de la part de vos parents, comme les coups, comme les mauvaises critiques. Il ne faut pas lui dire : “Tu n'es qu'un enfant ! Tu es inférieur ! Tout ce que tu sais faire c'est m'inspirer des caprices ! C'est de la gourmandise !”

Il faut au contraire éduquer cet enfant, exactement comme vous éduquez l'enfant qui est le vôtre, éduquer cet enfant. Et vous verrez qu'en peu de temps c'est comme si vous alliez domestiquer une force, une force extraordinaire qui est la force d'une éternelle jeunesse !

Parce que l'enfant qui est encore en vous, dans la mesure où il n'est pas éduqué, bien sûr il est capricieux, bien sûr il est matérialiste, bien sûr il ne pense qu'à l'amusement, mais s'il devient éduqué, il devient un feu régénérateur constant.

L'enfant qui est en vous, s'il devient éduqué, il devient un feu régénérateur constant.

Parce qu'en fait l'enfant qui est en vous est un principe, ce n'est pas simplement un état de la conscience, un état de la psychologie. “Tiens j'ai reçu une gifle à 5 ans alors pour toute ma vie je suis fixée à cet âge-là.”, non.

Si la gifle que j'ai reçue à l'âge de 5 ans me fait toujours revenir sur cet événement, me préconditionne pour une multitude d'autres comportements et me fait demeurer un peu enfantin. Ce n'est pas parce que la gifle m'a fixée à cet année numéro 5 et que pour le reste de ma vie je vais y faire référence, c'est parce que une énergie, l'énergie de mon esprit s'est fixée dans mon aura à l'année numéro 5. Ce n'est pas tant le fait de l'âge qui compte là, mais l'énergie que je déployais lorsque j'avais 5 ans, l'énergie que je déployais lorsque j'avais 5 ans et que je pensais ceci ou cela, que je m'étais déjà aperçu de ceci ou de cela ou que je ne connaissais pas encore ceci et cela de la part de la vie. Et donc j'étais peut-être plus ou moins préparé à recevoir cette gifle à l'âge de 5 ans. Ce qui fait que soit elle m'aura traumatisée, soit elle m'aura fait sourire.

C'est donc l'énergie qui est fixée et c'est l'énergie de l'enfant de 5 ans, avec ce qu'il sait, ce qu'il ne sait pas, avec ce qu'il aura pu juger et pas juger à propos de cet événement. C'est ça qui est fixé.

Donc je vous rassure, vous n'êtes pas fixé à l'âge de 5 ans ou de 10 ans selon où est votre problème. Ce n'est pas une fixation psychologique, c'est une fixation vibratoire.

Bien sûr comme cette vibration était typique, par exemple à 5 ans je ne savais pas que les gifles existaient, je ne savais pas que mon père était aussi le maître, je ne savais pas qu'il allait m'ordonner quelque chose et qu'il allait me l'ordonner violemment. Je ne savais absolument pas, je n'avais même jamais vu une gifle. Personne n'en avait jamais reçu dans mon entourage. Ce qui veut dire que pour l'enfant qui ignorait cela, recevoir la gifle était la manifestation inacceptable du pouvoir et de l'obligation.

Maintenant si malgré que j'ai 5 ans, je sais que les gifles existent parce que je vois mon grand frère en recevoir ou parce que je vois mon voisin en recevoir. Lorsque je vais recevoir ma gifle, elle ne va pas me surprendre, je vais savoir négocier et l'énergie de surprise, de colère et de révolte n'aura pas lieu et ne se fixera pas.

Colère et impulsivité

Lorsqu'un individu est systématiquement coléreux, agressif, ce qui est souvent aussi lié à une sorte d'impulsivité, ce qui fait que cet individu va sembler être l'aboutissement de plusieurs défauts, ce dont on va largement l'accabler, surtout si on se trouve soi-même très spirituel. On va lui montrer tout ce qui ne va pas chez lui.

Mais il faut savoir que ces individus qui cumulent à ce point ces défauts sur cette même ligne d'expression, c'est le signe qu'une énergie de révolte a été bloquée à un certain âge et pour une raison X. Et que tant que cette vibration de révolte est bloquée dans l'aura, il ne servira à rien de lui prétendre que ce n'est pas spirituel, qu'il devrait assommer ce réflexe, cet instinct à coups de mantra ou de prière, qu'il devrait se rappeler la grande tolérance du bon chrétien. Intellectuellement, il peut recevoir votre message et conclure que cela est vrai, que vous avez mille fois raison, mais au moment où il devra ne plus être en colère, ne plus être impulsif, il n'y arrivera pas. Parce que cette énergie est bloquée et que même si sa raison se rappelle votre message, il se trouvera démuni pour venir maîtriser cette énergie.

Ce qu'il faut donc faire c'est travailler au niveau du mental, remplacer cette énergie qui est bloquée par une énergie qui va agir comme un onguant et qui dépend d'une pensée maîtresse longuement entretenue dans le mental.

Que va faire celui qui est coléreux, impulsif, agressif, s'il veut se soigner, s'il veut vraiment se prendre en main ? Et pas pour devenir l'homme ou la femme que la société attend, mais simplement pour vivre mieux avec soi-même.

Cet individu, au moment où il ressent sa montée de colère, sa montée d'impulsivité, cet individu doit laisser passer la première vague et aller dans sa colère, aller dans sa pulsion, de façon complètement libérée, mais aussi de façon complète.

Quiconque n'a pas vraiment vu, n'a pas vraiment senti son problème, ne peut pas trouver la raison ou la motivation pour s'en débarrasser. C'est impossible ! Parce que, sans cesse, cet individu va faire reproche aux autres d'avoir stimulé sa colère ou sa pulsion. Tandis que si un individu va complètement, plonge complètement dans sa colère et dans sa pulsion, il réalise à quel point cela lui nuit. Il réalise à quel point cela a mauvais goût, à quel point cela lui presse le foie, lui arrache les yeux, lui tire les cheveux et le met dans une angoisse insupportable.

Quand je vais profondément comme cela dans l'angoisse que ma colère ou ma pulsion me procure, eh bien je ne dis : “Plus jamais ça ! Plus jamais !”

Tandis que si je ne vais pas au fond et que je me dépêche comme si c'était un déchet, je me dépêche de vite jeter la chose sur les autres, sur mon époux, sur mon époux, sur mes enfants, sur mon employeur, sur la société, parce que c'est la société qui me rend coléreux, parce que c'est ceci qui me rend coléreux, c'est ceci qui me rend impulsif. Si je rejette tout de suite le problème sur les autres, parce que c'est en fait les autres qui me procurent le déclenchement, alors je ne vais pas pouvoir me soigner moi-même. Je ne trouverai pas le motif ou la raison, parce que je penserai : “Mais tiens, mais ce sont les autres et si les autres n'existaient pas, je serais heureux !”

Mais voilà, les autres existent. Donc il va falloir trouver un autre moyen d'être heureux malgré les autres. Tu ne peux pas vivre tout seul sur une île déserte ! Cela n'est ni humain, ni possible.

Donc cela veut dire que le problème ne vient pas des autres, même si les autres vont, pendant tout le reste de ta vie, te proposer, chaque fois, le même problème. Mais à un moment donné, tu ne seras plus agressé par ce problème. Tu n'auras pas dominé le problème, tu seras simplement détendu face au problème.

Le problème ne vient pas des autres.

Faire Un avec la vie

Les disciples parlent souvent de maîtrise, maîtrise, maîtrise de la vie, maîtrise du corps, maîtrise du mental, maîtrise de la chair. Et en fait, il n'y a rien à maîtriser. Il faut simplement se décrisper, se détendre, faire Un avec l'expérience, faire Un avec la réussite comme avec l'échec, se laisser instruire. Et c'est ainsi qu'on en sort victorieux.

Celui qui veut d'un seul coup arriver avec les grosses bottes de la maîtrise et s'imposer à une situation, s'imposer à un problème, imposer sa solution, celui-ci n'y arrive pas. Et il déploie énormément de force pour rien, pour réussir peut-être une fois selon le type de la situation, mais en tout cas pas deux fois. Parce que si à la deuxième fois, il est un peu plus âgé ou simplement un peu fatigué ou un peu malade, eh bien il n'y a pas de réussite possible.

Tandis que si je fais corps avec la vie, corps avec l'expérience comme je fais corps avec un ruisseau dans lequel je nage, corps avec l'eau qui me porte, à ce moment-là le problème peut revenir mille fois si la vie ne sait pas faire autrement que de me le proposer mille fois et non pas parce que le problème me concerne mille fois durant mais parce que c'est ainsi et c'est la vie.

Mille fois, par exemple, je vais devoir respirer parce que c'est la vie, ce n'est pas que chaque fois il va me falloir résoudre le problème de l'inspiration et de l'expiration. Être incarné signifie respirer donc je vais respirer. La première fois je ne vais pas savoir comment, le médecin m'y aide, la deuxième fois je vais savoir un peu mieux et puis après cela devient automatique et je finis même par aimer ça parce que je sens en plus les parfums des jardins.

Avec la vie c'est la même chose, au début, tiens, on ne sait pas trop, une petite gifle, il y a des chances pour que cela parte mais pas forcément. Puis la deuxième fois on s'y essaye, peut-être on tombe un peu, mais il y a toujours des gens plein d'amour qui nous relèvent. Et puis les années qui passent nous font voir que finalement tout ce qu'apporte la vie est un parfum et qu'il faut savoir, non seulement le sentir mais aussi l'identifier pour pouvoir le sentir. Et par exemple, tout ce que l'on appelle le drame, le drame humain prend un tout autre parfum lorsqu'on le regarde avec un œil libéré, un œil détaché, un œil affranchi.

Ce qui ne veut pas dire que lorsqu'on est un initié, le drame est une joie, pas du tout ! Mais simplement le puzzle se défait, il n'y a plus d'énigmes. Le drame n'existe que tant qu'il y a l'énigme : je ne sais pas qui il est.

Face à la mort, le même pouvoir dramatique existe parce que l'homme ne sait pas ce qu'est la mort, même s'il croit à la réincarnation, à la survivance de l'âme, en fait la mort reste une grande inconnue.

“D'accord je crois à toutes ces choses mais ce n'est que de la croyance !”, et au moment où il s'agit de ma propre mort. J'ai la même peur, la même que celui qui ne sait pas que l'âme survit. Parce que c'est vrai que je ne sais pas où je vais aller, je ne sais pas comment cela se passe, je ne sais pas s'il fait chaud, s'il fait froid, si j'aurai peur, si on va me juger ou pas, si je serai heureux, si je vais revenir sur Terre et dans de bonnes conditions ou pas. Étant donné que la mort est cette inconnue, j'ai donc peur et elle est dramatique.

De la même manière, et pour prendre un exemple beaucoup plus quotidien, lorsqu'un adolescent se prépare à un examen, il peut être rempli de peur parce qu'il ne sait pas ce qu'il va trouver à l'examen, il ne sait pas quelles questions on va lui poser, il doit apprendre son programme, il ne sait pas sur quelle matière cela va tomber. Alors il est saisi de peur. Chaque fois qu'il y a l'inconnu, il y a la tension, il y a la peur et selon la situation, le drame.

Le drame dépend donc aussi de la sensibilité personnelle.

Pour un examen, un enfant peut être moyennement impressionné comme très impressionné selon sa sensibilité. Face à la mort, un individu peut être moyennement impressionné ou complètement terrorisé. Tout dépend en plus de la sensibilité personnelle.

Mais revenons à cet enfant qui est en vous et que j'ai identifié comme étant un feu régénérateur constant.

J'ai dit que tant que ce feu, tant que cet esprit n'était pas éduqué, ce feu est en fait matérialiste et capricieux. S'il est pur, comme dans le cas de l'enfant dont le cerveau n'est pas encore rempli d'informations, dans le cas de l'enfant ce feu tout en étant matérialiste, a gardé - puisque l'enfant est pur face à la vie qu'il ne la connaît pas et qu'il aime ses parents, il est rempli d'amour - ce feu a gardé sa nature régénératrice. Et c'est pour cela que l'enfant est capable de croissance.

Et je démontre par le fait de la croissance de l'enfant le pouvoir créateur de ce feu et le pouvoir régénérateur de ce feu.

La Croissance

Est-ce que l'on s'est déjà interrogé à propos de la croissance ?

On l'accepte, on l'étudie si on est chercheur, mais en fait on ne peut que la constater. On ne sait pas ce qui provoque la croissance, ce qui la dirige, ce qui la mesure. Qu'est-ce que c'est qui fait que deux jambes poussent la même longueur ? Qu'est-ce qui fait que les deux bras poussent la même grandeur ? Qu'est-ce qui fait que tout s'équilibre et s'harmonise ? Qu'est-ce qui fait que, par exemple, j'ai toujours les bras, l'humanité a toujours les bras au même niveau du corps ? Et non pas d'un seul coup ou des bras trop courts ou des bras jusqu'aux orteils. Tout s'harmonise.

Qu'est-ce qui fait que la croissance a lieu et que tout est mesuré et organisé pendant la croissance ?

Eh bien, c'est là l'action évidente de ce feu créateur et régénérateur.

L'homme a toujours besoin de preuves. Il dit toujours : “Je veux bien croire, mais montre-moi.” Eh bien là, je te montre ! Et toi-même, tu as été le théâtre de cette transformation et de cette action du feu.

Comment se fait-il qu'en tant qu'enfant, tu acceptais son action, tu l'as trouvé simple, naturelle, tu l'as laissée avoir lieu et que maintenant, en tant qu'adulte, tu n'arrives plus à croire à ce feu et tu ne sais plus où aller le chercher ?

Ton corps, lui, savait où aller le chercher. Ton esprit d'enfant savait où aller le chercher, même si ce n'est pas toi directement qui a dirigé cette croissance. Cependant, il fallait que ton esprit réclame cette croissance. Et tu l'as réclamée. Tu as voulu grandir, donc tu as voulu participer à ta propre création et tu as voulu t'allonger dans l'incarnation. Tandis que ceux qui ne veulent pas ont de grands risques de rester petits. Ceux qui soit refusent l'incarnation, la manifestation, soit qui y vont que de manière très méprisante ou appeurée, ils ont de grands risques de rester petits.

Tout devient perturbé. Les glandes ne savent plus où donner de la tête. Elles ne savent plus si elles doivent rétrécir, se compacter, si elles doivent, au contraire, véhiculer ce feu, diriger ce feu, notamment en grande course vers le foie, puisque c'est le foie qui dirige énormément la croissance. Non pas parce qu'il est l'intelligence du processus, mais parce que c'est lui seul qui a la capacité de maîtriser ce feu.

Il ne dirige pas ce feu par intelligence, il est le seul endroit un peu comme une usine, il est le seul endroit où l'on va pouvoir sous-traiter ce feu pour que ce feu se distribue aux différents organes et ainsi chaque cellule reçoit la part de feu qui lui est due pour se développer. C'est un peu comme si chaque cellule recevait sa part de Kundalini, sa part de nourriture. Et ainsi, avec cet apport, la cellule sait qu'elle doit grandir, ou du moins elle sent qu'elle est poussée à grandir, puisqu'elle est fertilisée par ce feu.

Bien sûr, la croissance s'arrête un certain jour, parce qu'il faut une certaine mesure pour vivre en harmonie avec la nature présente et avec la distance des astres, telles que ces distances le sont aujourd'hui. Donc à un moment donné, ce feu créateur qui est en l'homme, dans cet enfant, stoppe l'envoi des flammes et la croissance s'arrête.

Il n'y a plus qu'une faible partie de ce feu qui va alors circuler dans le corps pour maintenir le corps, pour par exemple servir les organes et le renouvellement des cellules. Tout le reste, ensuite, cela appartient à l'homme qui entre-temps, suffisamment ou d'après la Loi, a eu suffisamment le temps d'être éduqué et d'ouvrir son esprit pour prendre les choses en main, pour prendre la relève. Le feu a accompli son acte naturel. Maintenant, il faut que l'homme passe à un acte pensé et maîtrisé.

Mais si l'homme ne sait ni penser, ni maîtriser, que faire avec ce feu ?

Ce feu ne trouvant pas de maître va se dire : “Je rentre à la maison, je reste dans mon endroit et tant qu'on ne m'appelle pas, eh bien moi je ne travaille pas !” Et c'est ce qu'il fait le feu, il va rester lové sur lui-même et tant qu'on ne l'appelle pas, il ne travaillera pas.

Et comme il est lové sur lui-même et qu'il avait l'habitude de travailler à travers l'enfant quand il s'est épanoui, quand il a pris contact avec la vie, c'était à travers le corps et l'intelligence d'un enfant et d'un adolescent. Donc comme ce feu va rester lové sur lui-même et que toute l'expérience qu'il a eu de la vie, c'était au moment de l'enfance et de l'adolescence, eh bien il va demander les mêmes choses que durant l'enfance et l'adolescence.

Et c'est à ce moment-là qu'on remarque que ce feu devient comme un feu contraire à Dieu ou à la Divinité. Un feu que l'on va qualifier d'inférieur. Parce que l'on sait que pour bien méditer il ne faut par exemple pas trop manger. Et cet enfant va au contraire se gaver de bonbons et de crème au chocolat, va réclamer une multitude de gourmandises à un être qui est cependant un adulte ici et maintenant. Et l'adulte va être très embarrassé, il va dire : “Mais, je suis terrassée par mes instincts, chaque fois que je pense méditation, chaque fois que je pense au calme que je vais devoir faire, j'ai une envie insoutenable de m'amuser, de manger, de boire, de téléphoner à mes amis, comme si le fait que je déclenche l'idée de la méditation déclenchait en même temps en moi tous les démons pour m'empêcher de méditer.”

C'est ce que souvent on peut conclure. Mais je te rassure, lorsque tu as une bonne pensée spirituelle, lorsque tu veux entrer en méditation et que tu ressens toutes ces choses que je viens de décrire, ce ne sont pas les démons qui t'accablent et qui essayent de t'empêcher d'être spirituel, ce ne sont pas les instincts qui t'accablent et qui font conflit à ta nature spirituelle qui essaye de s'en sortir ! Pas du tout ! C'est cet enfant qui vit comme un enfant et qui se dit : “Mais tiens, je vois là haut papa”, car pour cet enfant, toi qui est entre temps devenu adulte, tu es devenu le père. L'enfant se dit tiens, : “Je vois papa qui va sortir de la maison, il ne va plus prendre soin de moi, alors vite je vais être exigeant pour le ramener à moi !”

Votre enfant fait la même chose lorsque vous prévoyez le soir de sortir, l'enfant le sait ou l'enfant le sent et il devient plus pénible, plus capricieux, il lui faut ceci, il lui faut cela, il est autour de vous, il ne vous lâche pas parce qu'il ne veut pas vivre votre absence. Eh bien pour cet enfant, ce feu enfant ou refoulé à l'état enfantin, pour ce feu, la situation est la même. Il voit quoi ? Son père, celui qui est entre temps devenu adulte, il voit que son père quitte la maison, détache son intérêt. Et pour ce feu enfant qui est très égocentrique puisqu'il est enfant, le fait que le père ne lui accorde plus d'intérêt ne serait-ce que pendant une heure, une heure de méditation, c'est intolérable !

Et c'est ainsi que pendant la méditation, le père va ressentir en lui la montée de toutes sortes de choses : l'envie d'aller boire, l'envie d'aller manger et il va voir devant lui des plats, des spécialités défilées, l'envie d'être volant d'une voiture de sport, l'envie de faire du cheval, l'envie d'aller skier. Et ce pauvre adulte va se dire : “Mais je ne suis capable de rien, je ne maîtrise pas mon mental, c'est le véritable dévaloir pour les idées !”

Bien sûr, si tu considères les choses du point de vue de la maîtrise, maîtrise du mental, maîtrise des énergies, tu auras l'air bien faible et bien idiot, c'est certain ! Mais si tu considères qu'il existe ce feu enfantin, refoulé à l'état enfantin et de ce fait égocentrique, comme ton propre enfant, alors tu comprendras mieux ses caprices et tu sauras négocier avec lui.

Alors comment est-ce que l'on négocie avec cet enfant ?

Éduquer l'enfant

Eh bien, on l'éduque.

On ne va pas lui envoyer de gifle comme je t'ai dit tout à l'heure pour lui dire : “Assieds-toi dans un coin que je ne t'entends plus pendant mon heure de méditation ! Les volants de voiture, les chevaux, les vacances, les spécialités, après, on discute après.” Et c'est dans la plupart des cas le genre de négociation que font les disciples, ils se disent : “Maintenant pendant une heure je ne veux plus voir toutes ces choses, je ne veux plus avoir toutes ces idées qui remontent.” Mais comme ils se disent "après j'y reviendrai", alors une fois que la méditation est terminée, ils se trouvent pris d'assaut par une envie de boire, de manger, de fumer, de faire du cheval de la voiture tout en même temps. Et ils débordent, c'est vrai, d'une grande envie de vivre mais ils dépensent en même temps toute l'énergie accumulée pendant la méditation et surtout ils la dépensent dans des désirs. Or ce n'est pas le but de la méditation, malheureusement.

Ce qui veut dire qu'il faut donc négocier différemment avec l'enfant, il ne faut pas le refouler sinon il va revenir dix fois plus fort réclamer son dû. Il va faire jouer l'enfant au père et le père en sera malheureux parce qu'il faut qu'il fasse son travail de père. Alors il ne reste plus au père qu'à éduquer son enfant, afin que l'enfant lui aussi devienne père et participe à l'état de paternité. Ainsi il n'y a plus de conflit.

Comment allons-nous éduquer cet enfant ?

Tout d'abord il faut savoir qu'il existe mais cette fois-ci je pense que c'est compris, je l'ai largement développé.

Pour comprendre son existence il faut que je rajoute ceci. C'est que cet enfant qui est en fait en partie le feu de la Kundalini, cet enfant s'il n'est pas éduqué devient enfant. Parce qu'il n'a plus d'autre moyen pour vivre que de devenir enfant, l'enfant oublié, l'enfant qui donc va être soumis à des rêves. Puisqu'il est un enfant qui n'a pas droit à l'éducation, il va donc rêver.

Et en fait ce que vous vous appelez la gourmandise, la sexualité, les désirs, les passions, l'orgueil, la vanité, toutes ces choses ne sont que des rêves, des rêves d'enfant tout simplement.

C'est l'enfant qui est là et qui n'a pas encore eu droit à l'éducation parce qu'on ne s'est pas occupé de lui, parce qu'on l'a ignoré, soit à cause des convictions d'une société à une époque donnée, soit à cause de l'impératif du destin de l'homme qui est concerné. Cet enfant n'a pas été éduqué, alors il a rêvé. Et tout ce que l'enfant rêve, l'homme va croire que c'est la vérité. Parce que c'est toujours l'enfant qui a raison. Parce que c'est lui qui est concerné par l'éducation, l'incarnation, l'initiation. Ce n'est pas le père. Le père ne fait que le conduire à l'initiation. Il est un veilleur, rien de plus !

Mais il y a des pères qui ne s'occupent pas de leur enfant. Et ainsi on voit des gens se développer énormément du point de vue intellectuel, par exemple, parce qu'ils sont des pères, parce qu'ils sont intelligents. Mais ils n'arrivent pas du tout à se développer spirituellement, parce qu'ils ne veulent surtout pas entendre parler de cet enfant. Ça les agace !

Donc, lorsque l'on va vouloir agir sur cet enfant, dans un premier temps, il faudra connaître sa nature, l'accepter comme je viens de le décrire. Et dans un deuxième temps, il faudra accepter le travail journalier de cette éducation.

Et c'est là que commence ce que d'autres appellent le travail du disciple, le cheminement spirituel, l'alchimie spirituelle. Mais ce n'est rien d'autre que un Père qui mène l'Enfant-Dieu à l'initiation.

Le Père Concret, Le Père Divin et l'Enfant-Dieu

Tant que le père ne connaît pas son rôle de Père, l'Enfant-Dieu fait le coquin avec les crèmes au chocolat, avec les Ferrari. Et il envoie souvent son père dans le décor en lui envoyant la note. Et c'est lui qui paye ! Et tout le monde trouve d'un seul coup la vie très compliquée, la vie comme étant un grand non-sens.

“Pourquoi Dieu m'a créée avec tant de désirs et tant de folies ?”

Dieu n'a ni créé les désirs ni les possibilités de devenir fou ! Il a envoyé un Enfant dans le monde et il a doté cet enfant d'un Père.

Qui est le Père ?

Parce qu'il serait temps maintenant de parler du Père.

Puisque j'ai dit, si vous avez bien suivi mon discours, puisque j'ai dit que le Père c'était vous, essayez de deviner lequel de vos principes est le Père.

Puisque vous vous connaissez, vous vivez avec vous-même chaque jour, vous avez déjà expérimenté beaucoup de vos réactions, essayez de deviner qui est le Père en vous.

Vous apercevrez qu'au long de votre réflexion, vous allez nommer des choses comme l'intelligence, le mental, la raison, la réflexion. En fait vous tournez autour du pot. Il est vrai que c'est une partie du Père, mais ce n'est pas le Père tout entier. Et ce n'est pas le Père tout entier parce que vous ne l'êtes pas encore tout entier justement.

Il y a donc en vous, suffisamment éveillé, déjà une première partie du Père, qui est ce fameux mental, cette fameuse intelligence dirigée qui passe par le raisonnement et puisque cela passe par le raisonnement, cela passe aussi par les expériences et l'éducation.

Et puis il y a cette autre moitié du Père beaucoup plus difficile d'accès. Même si l'on est un disciple, même si l'on a beaucoup prié, beaucoup médité, c'est difficile d'accès parce que c'est un Père beaucoup plus immatériel. C'est ce que d'autres appellent le mental supérieur, le mental abstrait, l'intelligence intuitive.

Beaucoup séparent le mental en deux fonctions, un mental inférieur, ce raisonnement dont nous avons parlé, et un mental supérieur qui est énigmatique parce qu'il ne dépend pas de l'intelligence humaine, de l'intelligence d'un cerveau, il est tout baigné de spiritualité et reflète donc l'intuition.

Ce Père immatériel est celui qui donne la clef du destin.

Si je suis un Père, le Père inférieur, c'est-à-dire le mental inférieur, la raison, la logique, la déduction, le produit de mon éducation, de mes expériences et de ma sagesse, si je suis ce Père-là, je peux donner une certaine éducation à mon Enfant intérieur, c'est certain. Mais en même temps, je ne sais pas vraiment quelle est la valeur de l'éducation que je donne. Ce qui fait qu'au moment où se passe quelque chose d'important, au moment où il y a une situation importante, avec une connotation dramatique par exemple, eh bien comme je ne vais pas connaître la valeur exacte de mon éducation, de mes principes, je ne vais pas forcément amener mon Enfant à la correcte conclusion et au comportement correct.

Ce qui fait que souvent c'est moi-même, moi le Père, le Père Concret qui vais inférioriser mon Enfant, qui vais lui faire peur avec le dramatique, avec la possibilité dramatique qu'il existe dans le monde. Tout cela parce que je n'ai pas de référence supérieure.

Comment obtenir ces références supérieures ?

Là est le travail de ce Père immatériel, du disciple que vous vous proposez d'être pour vous-même et face à Dieu.

Je vais donc comparer mes valeurs acquises par l'expérience dans le monde aux valeurs que je dirais célestes ou divines, aux valeurs spirituelles.

Par exemple, le Père Concret que je suis face à la notion qu'est l'argent, une notion qui concerne tout le monde, ce Père Concret que je suis a largement expérimenté le concept de l'argent, la nécessité de l'argent, le rôle de l'argent. Donc je peux dire à mon enfant : “l'argent du point de vue du monde concret, c'est ceci, ceci, cela.”

Mais si je m'en tiens à être ce Père Concret, je n'accomplis qu'une partie de la tâche et mon enfant a de grandes chances pour n'être qu'un enfant du monde concret. Par contre, si tout en connaissant ces bases concrètes d'une vie réelle, une vie sociale, mais en même temps je m'intéresse aux réalités divines et à la valeur divine, aux spirituelles de l'argent, à ce moment-là je vais donner une éducation complète à mon enfant.

Ce qui fait qu'il saura très bien faire marcher son commerce, par exemple pour gagner sa vie, nourrir ses enfants, éduquer ses enfants, les mettre dans les meilleures écoles qui soient, avoir de l'argent pour leur préparer des vacances et en même temps ce père apprendra à ses enfants comment jamais ne faire mauvais usage de l'argent, comment jamais ne rendre cet argent indigne, comment donc très bien choisir entre toutes les valeurs de l'argent et toutes les situations dans lesquelles l'argent est impliqué et quel jugement, quel comportement l'on doit avoir.

Ce Père immatériel, qui est donc le Père Divin, a besoin du Père de la Terre pour enseigner cet Enfant et tout ceci se passe à l'intérieur de la même personne.

C'est pour vous dire que ceux qui se plaignent de solitude ne connaissent pas à quel point c'est surpeuplé déjà chez eux ! S'ils se voyaient avec l'Enfant, le Père Matériel, le Père Divin, sans compter la Vierge Marie qui se met aussi de la partie et qui est votre enveloppe charnelle, on verrait là tout de suite déjà une famille !

Ce Père Divin a besoin du Père Concret pour devenir actif, pour devenir un instructeur, pour avoir un quelconque pouvoir sur l'Enfant, il faut que le Père Concret ait accepté l'existence du Père Divin. Et tout ceci est, je le répète, dans la même personne, je n'ai pas encore parlé de Dieu. Ne sortez pas du schéma tant que moi je ne suis pas sorti ! Restons dans l'homme et dans les principes qui constituent l'homme !

Ce Père Divin a besoin du Père Concret. Il faut que le Père Concret reconnaisse l'existence du Père Divin, même s'il ne l'a pas encore rencontré, même s'il ne sait pas à quoi il ressemble, même s'il ne sait pas ce que ce Père Divin va lui raconter, ce que sera son éducation.

Ce qui met fort mal à l'aise le Père Concret, le Père du Monde. Il se dit : “Mais je me retrouve aussi bête que l'Enfant que je porte, je ne sais pas ce qu'il va me raconter ce Père Divin ! Et je vais être comme mon Enfant intérieur, je vais devoir être instruit moi aussi.”

Eh oui ! Le Père Concret, le Père du Monde va devoir être instruit. Mais il va devoir être instruit à propos des choses du Ciel. Tandis que le Père Divin, le Père du Ciel va avoir besoin de l'instruction Matérielle du Père Concret. Ainsi ils s'enrichissent l'un et l'autre.

Le Père du Ciel apporte, je dirais pour résumer sa philosophie, sa façon de voir les choses, qui est la Vérité et la Réalité.

Tandis que le Père Concret amène au Père du Ciel toute l'énergie déclenchée par la descente de l'Esprit dans la Matière.

“Eh bien, vois-tu, lui dit le Père Concret, eh bien, vois-tu, cher Père Divin, j'ai fait ceci et cela, j'ai compris ceci et cela. Maintenant une grande énergie grâce à cette expérience est disponible et je te l'envoie !”

Le Père Divin reçoit cette énergie et immédiatement il la renvoie à l'Enfant.

Vous allez me dire c'est un schéma bien compliqué, mais en fait c'est comme cela que cela se passe.

Le Père Divin reçoit cette énergie et immédiatement il la redistribue à l'Enfant.

Pourquoi est-ce qu'il l'envoie à l'Enfant ? Pourquoi est-ce que, lui, le Père Divin ne la garde pas ? Eh bien, parce que tout Père Divin qu'il soit, il n'est pas Dieu. Il est un Père Divin, mais il n'est pas Dieu. Celui qui est Dieu, c'est l'Enfant et c'est celui-là qu'il faut faire naître, c'est celui-là qu'il faut éduquer, sur lequel il faut souffler pour qu'il grandisse et qu'il enflamme l'être !

Donc le Père Divin qui est comme un parrain, prenons ce mot-là si cela vous permet de mieux situer les personnages, ce parrain Divin redistribue l'énergie, le substrat de l'expérience, toute la spiritualité que ce substrat contient et il l'envoie à l'Enfant et l'Enfant s'en nourrit.

L'Enfant est à l'intérieur de l'homme en gestation, cet Enfant Divin. Il est en gestation, exactement comme le fœtus se trouve dans le ventre de la mère et dans les eaux de la mer. Sauf que lorsque l'on observe le développement des principes de l'homme, les eaux ne vont pas être des eaux matérielles comme dans le ventre de la mère, ces eaux vont être des eaux astrales. C'est ce que l'on appelle le Plan Astral. Et c'est pourquoi l'Enfant va tant rêver parce qu'il est dans l'eau et qu'à travers l'eau, on voit des choses bizarres.

Avez-vous déjà fait l'expérience de mettre la tête sous l'eau et d'ouvrir les yeux ? Vous verrez à ce moment-là que l'eau qui continue de courir sur vos yeux déforme complètement le paysage. Même les sons, vous les entendez d'une manière déformée, ou plus fort, ou moins fort, mais ce n'est pas du tout la réalité.

De la même manière, lorsque la conscience, votre conscience d'Enfant Divin est dans les eaux astrales, il y a la même déformation qui se passe. Et c'est ce qui donne naissance à cette suite de désirs, de caprices, de projections, d'égocentrisme. Mais au fur et à mesure que le Père Concret envoie le substrat de ces expériences, et ceci se passe d'incarnation en incarnation, envoi ces expériences au Père Divin et que le Père Divin envoie l'énergie à l'Enfant, eh l'Enfant se développe, et cette Kundalini commence à monter.

Kundalini

Mais elle commence à monter - non pas seulement comme une énergie, comme on parle dans certains mauvais livres qui ne considèrent Kundalini que comme une énergie, comme la lave d'un volcan ou comme l'électricité dans un lampadaire - cette Kundalini est en même temps la quintessence de l'Esprit.

Kundalini est la quintessence de l'Esprit.

Kundalini contient absolument tout, donc Kundalini doit s'élever d'une manière triple, en tant que Feu, en tant que Esprit, puisque c'est l'Esprit de l'Enfant, donc l'Esprit de Dieu, et en tant que Pouvoir.

Et ainsi lorsque cet Esprit - je ne l'appellerai plus feu désormais - ainsi dès que cet Esprit commence à monter à travers ces trois canaux, à travers ces trois couronnes et ces trois réalités, on peut dire que le disciple existe, que l'initié va avoir lieu et qu'un Maître va naître.

Si, au contraire, on se concentre sur uniquement l'aspect Feu ou l'aspect Pouvoir de l'Esprit, il est vrai qu'on peut le stimuler, il est vrai qu'on peut le faire lever. Mais si tout le quota spirituel, tout l'Esprit qui va avec ne s'est pas lui aussi levé, alors on voit un homme devenir ou magicien noir ou exercer son pouvoir pour arranger ses situations, mais il n'y a pas là la naissance d'un initié, absolument pas !

Ou bien, en d'autres cas plus dramatiques, eh bien le feu dévore l'individu, le brûle, le rend malade, le rend fou, déchire ses corps pour des millénaires à venir ! Le feu dévaste tout, exactement comme lorsqu'on met le feu à une forêt, c'est l'incendie, et tant qu'on ne sait pas l'arrêter, eh bien tout est ravagé !

Donc, chaque fois que l'on va en fait savoir faire corps avec l'expérience, chaque fois que l'on va entrer consciemment, de plein gré, et avec observation dans une expérience, quelle que soit l'expérience, on participe à faire lever le Feu, le Pouvoir et l'Esprit, la Kundalini.

C'est une manière donc de se préparer à la fameuse initiation.

S'intéresser aux valeurs Célestes

Chaque fois que l'on va aussi s'intéresser aux valeurs dites célestes : “Je sais ce qu'est l'argent, parce que je l'ai expérimenté dans le monde concret, maintenant je vais m'interroger sur les valeurs spirituelles quant à l'argent.” Là, ne serait-ce que par cette interrogation, cette étude qui est donc purement philosophique ou morale, de nouveau je fais lever mon Esprit et son Pouvoir et son Feu.

Puis, lorsque je vais appliquer tout ce que je sais, appliquer ce que j'ai su grâce à mon observation durant l'expérience, appliquer ce que j'ai appris grâce à mon interrogation philosophique et morale, je vais déclencher, une nouvelle fois, la levée de mon Feu, de mon Esprit et du Pouvoir. Mais il faudra que j'ai rempli ces trois phases.

L'expérience, qui est donc confrontation avec une situation qui va passer par un monde concret, qui va passer par une situation quotidienne qui paraîtra anodine, qui ne paiera pas de mine comme vous dites vous-même, parce qu'on l'identifie trop aux aléas du monde, mais en fait, c'est une manière d'être éduqué. Le monde concerne tout le monde parce que l'initiation concerne tout le monde. Un feu rouge concerne tout le monde parce que la patience, l'organisation concerne tout le monde et que tout le monde doit apprendre cette patience et cette organisation, cette vie de groupe, et la meilleure harmonie possible pour que cette vie de groupe ait lieu.

Ce n'est donc pas simplement le fait de la société : “Tiens, il y a de plus en plus de voitures, on met des feux rouges !” Chaque fois que le Père Concret est vraiment trop limité, il va voir que le développement social a lieu uniquement parce que la société existe.

Mais en fait, celui qui commence à faire référence à son Père Céleste, à dialoguer un peu avec lui, qu'il commence à s'enquérir un peu de ce que pense le Père Céleste, de ce que sont ses réalités, alors il se dit : “Tiens, il y a de plus en plus de feux rouges, d'accord, parce que sur un plan concret, il y a de plus en plus de voitures et de circulation.” Mais il verra là la tentative pour le groupe d'hommes qui a la responsabilité de la commune, la tentative d'harmoniser, d'organiser le mieux possible cette vie en collectivité que représente la vie en ville.

Et l'homme qui a en lui un certain dialogue avec le Père Céleste verra davantage cette tentative d'organiser et d'harmoniser de façon à ce que chacun puisse passer son accident, plutôt que de voir l'invasion de l'automobile et des feux rouges sur la surface de la planète - ce qui pour lui sera une grande occasion de s'agacer, de rentrer en révolte, en colère, parce que l'Enfant va se mettre de la partie et l'Enfant va dire : “Mais comment, comment, comment, ce feu il est toujours rouge pour moi chaque fois que je passe, il me veut quelque chose !”

Ou bien il dira : “Il faut aller vivre à la campagne, là bas il n'y a pas de feux rouges !” et lorsqu'il arrive à la campagne et qu'il voit qu'il y a des troupeaux et que les troupeaux sont dix fois plus lents que les feux rouges alors il ne sait plus où aller vivre ! Il se dit : “où que j'aille, il y a toujours quelque chose qui m'empêche d'aller, d'avancer, d'aller tout droit, de suivre ma vitesse !”

Et moi je te demande : pourquoi est-ce que tu veux suivre ta vitesse, qu'est-ce que c'est qui te révolte tant dans le fait de stopper ta course ?

Réfléchis une seconde, réfléchissons ensemble pour que plus aucun troupeau, plus qu'aucun feu rouge ne te perturbe.

Qu'est-ce que c'est qui dans le fait de stopper ta course t'agace tant ?

Tu vas me dire : “Mais, c'est parce que je dois attendre et que souvent je n'ai pas le temps d'attendre !”

Bien sûr si c'est le Père Concret qui parle, le Père Concret va considérer uniquement la notion de temps, si certain. Lui il a la montre en main, il sait qu'à huit heures il doit être au bureau, qu'à six heures il doit être à la maison. Donc c'est vrai qu'il va concevoir uniquement la notion du temps.

Cependant interrogeons un peu ce Père Céleste, qu'est-ce qu'il dit de la situation ?

Eh bien le Père Céleste avec sa vision céleste, avec ses réalités célestes, il pense que, d'accord il y a le temps, mais que ce n'est pas le temps qui est en cause là.

C'est uniquement le fait que lorsque l'individu a décidé de faire quelque chose, d'aller quelque part, lorsqu'il est dans l'action, dans le feu de l'action, étant donné qu'il subit la propulsion des énergies qu'il vient de mettre en action - je dois aller à mon travail ou je dois rentrer chez moi - il propulse, il extravertit, il sort des énergies pour faire cette chose. Étant donné que les énergies sont extériorisées, et qu'il ne maîtrise pas ces énergies, qu'il ne sait même pas que cela est déclenché par l'idée qu'elle-même déclenche. Ce n'est donc pas une question de temps qu'il faut attendre. “Tiens, on me fait perdre du temps à ce feu rouge.” Non. On lui impose un temps mort ! Et c'est ça qu'il ne supporte pas.

Si les gens comprenaient ce fait, ils découvriraient qu'ils sont capables d'une immense puissance et d'une immense patience. Chacun se sentirait patient d'attendre, d'attendre, d'attendre. Ce ne serait pas un problème. Même s'il y a le risque d'être en retard au travail ou au foyer.

Par contre, si je considère que ce qui va me gêner dans la situation, ce qui va m'agacer, c'est le temps mort, alors là, je trouve à la situation une dimension complètement différente. En effet, qu'est-ce que je fais pendant le temps du feu rouge, n'est-ce pas ? Qu'est-ce que je fais ?

Eh bien, je ne fais rien ! Je suis là à ne rien faire ! Je ne peux même pas vraiment penser parce que je dois surveiller au cas où le feu passe au vert. Je ne peux pas m'évader parce que je dois prévoir que si celui qui est devant démarre, je dois déjà déboîter. Je dois surveiller en fait un environnement qui est statique et qui peut se mettre en marche à n'importe quel moment et cependant, il ne se met pas en marche. Alors, dans cette attente et dans ce temps mort, la tension devient insupportable. Je ne peux rien faire et je dois cependant me préparer à tout faire. Et on ne me laisse pas passer à l'action. C'est cette contradiction qui fait que l'individu ne supporte pas l'attente à un stop, l'attente à un feu.

C'est en fait une donnée purement psychologique. Cela n'a rien à voir avec le système nerveux.

“Je ne peux pas être patient parce que cela dépasse la capacité de mon système nerveux.” Non. Tout le monde est capable d'être patient, s'il n'y a pas de temps mort.

Qu'est-ce qui fait qu'un individu s'impatiente aussi dans une queue pour aller à un guichet ? C'est parce que c'est un temps mort, on ne sait pas quoi faire, on n'a rien à faire sinon qu'attendre que chacun passe à son tour.

Alors, puisque la vie en collectivité va proposer une multitude de ces temps morts où l'on n'aura pas la possibilité de faire quelque chose et que donc ce temps mort va devenir encombrant, je vous propose d'être capable de faire quelque chose quand même.

Si vous n'avez pas la possibilité de vous suspendre et d'être calme, alors faites quelque chose quand même. Qu'est-ce que vous allez faire ?

Eh bien, lorsque l'on est coincé dans une file d'attente ou à un carrefour, on ne pourra pas faire des choses physiques, c'est certain. On ne pourra pas faire non plus des choses qui vont se voir et nécessiter l'extériorisation car il faut rester discret. Alors, nous allons faire des choses mentales et nous allons construire des idées maîtresses pour changer la vie, pour changer les forces et pour les orienter de façon positive et ascensionnelle.

Si l'homme utilisait tous les temps morts que lui offre sa vie en collectivité pour ensemencer des pensées maîtresses, en une année sa vie serait complètement transformée.

Au lieu de laisser passer les temps morts comme une feuille morte et emportée par le courant, il faut utiliser ce courant pour faire pousser un nouvel arbre. Alors avec le seau, on va y aller dans le courant et on va rameler chaque fois l'eau nécessaire pour alimenter cet arbre qui doit pousser.

Qu'est-ce que l'on va penser ?

Eh bien, l'on va penser que l'on est fort, que l'on est décidé, que l'on veut vivre, que l'on n'a pas peur des expériences, que chaque fois qu'une expérience va se présenter, si petite soit-elle, on va faire corps avec cette expérience, on va s'y lancer, on va être observateur, on va être analyste, on va penser la situation et on va essayer d'en rapporter un fruit, par l'observation qui est possible. On va choisir, donc, dans cette panoplie d'idées maîtresses, celle qui convient plus particulièrement soit à votre état présent, soit à votre destinée. Et chaque fois qu'il y a un temps mort, vous arrosez cette pensée maîtresse.

Et vous verrez que votre vie ne vous semblera pas quelque chose que l'on ne peut maîtriser, quelque chose de mystérieux. Votre vie ne sera pas simplement une vie sur la tête de laquelle tombent toutes les briques du ciel sans que l'on puisse s'en préserver. Au contraire, une force va naître en vous. Qui ne va pas chercher à vous épargner, certes pas, il ne faut pas chercher dans cette spiritualité le moyen de se construire un toit ou un parapluie pour être à l'abri. Puisque sur la Terre il s'agit d'avoir des expériences, de regarder l'expérience c'est d'en rapporter un fruit. La spiritualité n'est donc pas quelque chose qui met à l'abri de l'expérience et même des pires parfois ! Au contraire ! Au contraire ! Il faut que le disciple admette, comprenne et intègre absolument ce fait. Sinon, il ne sera jamais un disciple.

Il sera vaguement quelqu'un qui revendique auprès de Dieu le droit d'être mis à l'abri de tous les problèmes du monde. Un gréviste, quoi !

  • Rires

La Hiérarchie se trouve fort embarrassée face à ce genre de demandes. La Hiérarchie se dit : “Je comprends très bien que cet individu veuille du repos, du calme, de la tranquillité, c'est normal. Mais cependant, il lui faut remplir telle et telle expérience pour comprendre telle et telle chose. Je suis très embêté. Je ne veux pas lui envoyer quelque chose qu'il ne souhaite pas. Mais en même temps, si je ne lui envoie pas, je lui nuis dix fois plus !” Et C'est là que le rapport entre le guide et le disciple devient très embêtant.

Parce qu'en même temps que le guide veut le meilleur, veut le soulagement, veut la liberté pour son disciple, le disciple ne semble pas vouloir la souffrance de certaines épreuves. Alors, forcément, l'ambiance n'est pas dans un climat le meilleur entre les deux.

Il y a le disciple d'un côté qui en méditation déjà se protège : “Surtout protège-moi ! Protège-moi au Koot Humi, Djwal Khul, ou Jésus”, ou Dieu en personne même l'on invoque pour la protection, on n'a pas peur des mots ! Et en même temps, il y a, là, l'impératif de l'évolution, la nécessité de l'expérience.

Ce qui fait que face à cet impératif qui arrive, ou face tout simplement à la vie collective qui est autour, face à cet impératif et cette vie collective, le disciple, rempli de peur et rempli de soucis de se protéger, n'arrive pas à rentrer dans l'expérience. Et c'est à ce moment-là que l'expérience lui tombe absolument dessus. Là oui, c'est vrai, il la subit complètement. Puisqu'il ne l'a ni voulue, ni désirée, et qu'en plus, il l'a redoutée.

Je reviens à mon explication sur la mort.

La plupart des disciples admettent qu'il y a la survivance de l'âme. Mais même s'il y a la survivance de l'âme, ils se disent pour eux-mêmes “Oui, mais le plus tard possible ! Entre-temps, je veux vivre largement, le plus longtemps possible !” Au contraire, pour nous, un homme qui a décidé de vivre et qui veut vivre longtemps est quelqu'un d'intéressant, parce qu'il y aura, par l'envie de vivre, la possibilité d'expérimenter. Quelqu'un qui n'a pas envie de vivre, qui pense toutes les deux minutes à se suicider, ne peut pas entrer dans le jeu de l'expérience et en rapporter des fruits, c'est impossible !

Tandis que quelqu'un qui a décidé de vivre, celui-là va pouvoir aller dans l'expérience. Donc, la racine même du désir de vivre est une bonne racine ! Il ne faut pas croire que c'est une illusion. “Tiens, on ne veut vivre que parce qu'on en a peur de la mort.” On veut vivre parce que c'est une nécessité de vivre. C'est une nécessité d'être incarné. Et puisque c'est une nécessité, donc, le désir de vivre et de rester vivant va dominer dans l'individu, puisque cet individu incarné va, du point de vue spirituel, vouloir les expériences de la vie.

D'ailleurs, tant que l'esprit d'un individu désire toujours obtenir ou a toujours besoin d'obtenir des expériences dans l'incarnation, l'individu, le corps, la personnalité, peuvent poursuivre leur vie.

Sitôt que l'esprit ne veut plus ou n'a plus besoin d'expériences en provenance de l'incarnation, il y a de fortes chances pour qu'un processus de sortie se déclenche par une maladie ou, des fois, par des accidents. Donc, tant qu'il y a volonté de l'Esprit d'obtenir par la Matière des expériences et des énergies, la vie va être un désir, ce qui fait que vous avez envie de vivre et vous avez raison.

Simplement, il faut savoir que cette racine vient en fait du monde de l'âme, vient du Père Céleste, du monde de l'âme.

Si, parce que le Père Concret n'a rien étudié, ne veut rien entendre, si on considère que ce désir de vivre est uniquement dû à l'instinct de conservation : “tiens, je veux rester vivant parce que je ne veux pas mourir” tout simplement, forcément l'on ne comprendra pas ni le sens de la vie ni le sens de la mort et les deux vont faire terriblement peur.

Ceux qui ont peur de mourir ont également peur de vivre. C'est ceux qui se surprotègent constamment, c'est ceux qui évitent le drame des autres, c'est ceux qui évitent leur propre drame, c'est ceux qui se mettent toujours les mains sur les yeux pour ne pas voir le problème qui est chez eux, qui est dans leur couple ou qui est dans leur travail. Il faut que tout soit comme si c'était parfait, même si ça ne l'est pas.

La peur de mourir donne la peur de vivre, parce que vivre, c'est mourir.

Voilà pourquoi, c'est mourir, ce n'est pas mourir à son corps bien sûr, c'est mourir aux anciens principes que l'on avait, mourir à l'éducation que l'on a reçue, mourir à l'idée que l'on avait construite un jour à cause de ceci ou de cela, c'est faire mourir aussi en soi quelque chose, un rêve, un idéal, une illusion, un désir, un plaisir, un attachement, c'est faire mourir, c'est mourir et se donner la mort constamment, c'est dire si la vie ne devient plus du tout intéressante à ce moment-là.

Mais lorsque le disciple comprend cela, il exorcise du même coup la mort physique et toutes les petites morts de la psychologie et de la nature inférieure.

Par là même, il trouve le moyen en lui de vaincre ce que l'on appelle la nature inférieure, il trouve le moyen de faire sacrifice, il trouve le moyen de maîtriser ses plaisirs, ses désirs, ses envies, ses rêves et en même temps, il se libère du mirage qu'est la mort du corps, sa mort terminale. Une fois que j'accepte les petites morts dans mon monde intérieur, dans mon monde affectif, dans mon monde psychologique, idéologique, la vraie mort ne m'apparaît pas comme étant cette mort du corps, cela m'apparaît comme étant un changement supplémentaire, un changement radical de corps, d'éducation, de profil psychologique, d'époque aussi, mais c'est un changement parmi tant d'autres, il est simplement un peu plus gros que les autres. On change de temps, on change de peau.

Mais celui qui ne veut pas seulement changer de pantalon, celui-là se trouve bien sûr très embêté pour admettre l'idée de changer de peau, ça c'est certain ! Celui qui ne veut jamais quitter sa maison, son foyer, se trouvera fort embêté aussi à l'idée de quitter son corps puisque c'est son premier foyer, c'est sa première maison. Et même s'il se retrouve avec un corps tout malade, tout fripé, tout ridé, tout endolori, c'est son corps et il veut le garder ! Et on verra dans sa maison le même état, les tapisseries, toutes froissées, toutes jaunies, la vieille vaisselle, toute brisée, toute fêlée. Mais c'est sa vaisselle, c'est sa tapisserie, alors il garde toutes ses choses.

Celui qui donne ses couverts, qui donne ses verres, ses assiettes, ses serviettes, celui qui change volontiers sa maison, celui qui change volontiers de région, celui qui est même prêt à aller vivre sur la Lune, celui-là peut mourir. Il se concentre au contraire sur le nouveau corps qu'on va lui donner. Et il est exigeant, il dit : “Attention, je ne veux pas de gros genoux ni de grands pieds. Il me faut quelque chose de beau, de propre, de fonctionnel, de sain !”

Si je n'ai pas peur de mourir, si je n'ai pas le regard et tout l'esprit tiré en arrière vers ce corps qui est en train de mourir, de pourrir, de se désagréger, j'ai alors l'esprit libre pour regarder devant, se construire déjà le moule de mon futur corps. Toute mon énergie passe dans cette action. Et si je peux correctement diriger la fabrication de ce moule, alors je peux me préparer le corps qui me plaît. Parce que j'ai l'énergie pour le faire, tout mon esprit est tendu vers cet avenir. Toute l'énergie est tendue vers cet avenir et je le prépare. Je soigne les cheveux, je soigne la formation des organes, je soigne la ligne des yeux, la longueur des doigts, je soigne la forme des hanches, le ton de la voix. Je prends soin de tout, je mets déjà tout dans le moule. Et une fois que mon moule est terminé, je suis prêt à l'incarnation. Et on dira que mon corps est fonctionnel, pratique, ravissant.

Mais ce n'est pas simplement à cause des parents qui ont eu le bonheur, avant moi, d'être mignons, pratiques et fonctionnels. Parce que même parfois, de par des parents agréables à regarder, et qui n'ont en tout cas pour ce qui est de leur vie présente aucune maladie grave, il peut naître à ce couple un enfant qui ne soit pas très beau, du moins pas aussi beau que les parents, et de santé fragile. L'âme, ou disons l'esprit, lorsqu'il est conscient, lorsqu'il est entier, lorsqu'il n'est plus écartelé entre une mort qu'il ne veut pas, qu'il ne souhaitait pas et qu'il l'accroche dans le passé, et un futur qu'il ne souhaite pas encore parce qu'il faudra encore mourir et il faudra encore expérimenter, lorsque l'esprit ne perd pas son énergie entre ces deux choses, et bien il passe tout son temps à préparer sa future incarnation. Et là, il peut naître à ce moment-là même de parents qui ne sont pas beaux du tout, pas forts du tout, un enfant qui sera beau et qui sera fort.

Et on pensera : “Tiens, celui-là, il a sublimé la génétique du couple.” Oui, il a sublimé la génétique, c'est certain, mais qu'est-ce que c'est qui permet de sublimer la génétique d'un couple ? Si ce n'est la force de l'esprit, la force de l'âme qui minutieusement étudie chaque donnée, qui se dit : “Non, ça je n'en veux pas, ça il me le faut, là je ne veux pas vraiment cette chose, mais c'est la nécessité pour que j'apprenne telle et telle chose. Ça je ne le veux pas, ça je le rejette, ça je le garde.”

Ce qui fait qu'arrive à naître un individu complètement autonome, qui ne dépend du point de vue génétique que de sa propre génétique, que de son propre karma, que de sa propre volonté, et non plus jamais de la génétique et de la volonté génétique, la volonté matérielle des parents. Il ne sera pas esclave de la donnée qui existe dans les gènes du père ou de la mère, pour colporter telle ou telle faiblesse, telle ou telle manque, telle ou telle capacité, tel ou tel talent, la longueur des jambes, la couleur des cheveux. À ce moment-là, l'enfant devient lui-même le créateur de sa génétique, et s'il a besoin des parents, c'est uniquement pour préparer un corps, mais un corps qui sera défini par l'esprit qui vit en incarnation.

Autrement dit, les parents représentent le champ, le champ avec sa terre brute. Si dans ce champ tombe une graine qui ne s'est pas suffisamment définie, parce qu'elle n'est pas encore suffisamment développée et soi-consciente, si cette graine ne sait pas suffisamment ce qu'elle veut être, alors c'est le champ qui va l'influencer à être quelque chose. Et si dans ce champ, depuis toujours on y a planté des pommes de terre, ce que le champ sait faire pousser, ce sont des pommes de terre, et cette graine va devenir une pomme de terre. Si le champ se trouve dans une région aride, la pomme de terre sera petite, sera déjà toute fanée. Si au contraire, le champ est dans une région riche et assez humidifiée, la pomme de terre deviendra belle.

Et c'est ainsi que selon où tombent les jeunes esprits, selon les époques, selon les niveaux sociaux, on voit une jeune âme devenir éduquée, être capable d'apprendre un métier, ou on voit une jeune âme s'abîmer dans le désespoir, la déroute, la drogue, selon ce qu'est le champ. Parce que le champ ne sait faire pousser que ce qu'il a déjà fait pousser depuis de nombreuses années.

Si au contraire, la graine qui tombe est déjà soi-consciente, parce qu'elle a eu suffisamment d'incarnations, elle a déjà eu suffisamment de choix dans les situations, et elle sait que ça et ça et ça, c'est la vérité. À ce moment-là, cette graine commence à tirer du sol ce qu'il lui faut, et juste ce qu'il lui faut pour développer ce que, elle, sait qu'est la vérité.

Et ainsi elle va tirer du sol aride, si elle tombe dans un sol aride, la confrontation. Elle va tirer toute l'énergie que propose le désintéressement de la famille, l'indifférence de la famille, et ainsi on verra un individu se construire une indépendance et une autonomie. Et ainsi la pomme de terre, même si elle tombe dans un sol qui est aride, va pouvoir devenir belle et grosse.

De la même manière, une graine va pouvoir choisir son sol selon la nécessité de son épreuve et de son initiation. Des fois elle aura plus intérêt à tomber dans des sols arides parce que cela représente un potentiel initiatique plus fort. Et parfois elle va choisir un sol humide et riche, parce que les épreuves ne sont plus dans son domaine, il y a une vie où ce n'est plus le domaine, mais au contraire, où cette âme doit gentiment passer à la manifestation pour donner, donner, donner.

Maintenant vous allez me dire : “Mais je comprends pour la graine, mais je ne comprends plus pour le champ. Pourquoi est-ce qu'il y aurait des champs qui sont arides et d'autres qui sont fertiles, des champs qui sont placés sous de bons cieux et d'autres sous des mauvais cieux où il ne pleut jamais ? Pourquoi est-ce qu'il y a tous ces niveaux sociaux ? Pourquoi est-ce qu'il y a encore les pauvres, les simples d'esprit, puis les bourgeois et puis les riches ? Pourquoi est-ce qu'il y a ceux qui ont accès à l'éducation et ceux qui ne pourront jamais y avoir accès ? Parce qu'ils doivent tout de suite aller travailler. Pourquoi est-ce qu'il existe ces différents champs ?”

Je dirais que ce qui crée la différence entre ces champs, c'est tout simplement le fait des expériences et des réactions à ces expériences.

J'ai cité le cas de la graine qui tombe dans le champ. On comprend que cela est l'enfant qui grandit et qui se forme. Puis lorsque la graine devient adulte, elle devient elle-même un champ. Et selon les réactions que cet individu aura eues face à certaines expériences, il va lui-même devenir ou un champ aride ou un champ riche.

Maintenant, bien sûr, il est évident qu'une jeune âme face aux situations de la vie, des situations pour lesquelles elle n'est pas préparée, pas éduquée ou pas suffisamment, les réactions que cette jeune âme va avoir seront forcément des réactions négatives ou des réactions de repli ou des suites de peur et d'angoisse, donc, la création d'un champ aride ou faible. Bien sûr, cela est regrettable, mais il faut comprendre, il faut savoir que le champ n'est pas voué à rester aride pendant toute sa vie.

Pour que le tableau soit complet et que le discours soit sans reproche, il faut ajouter la venue du jardinier.

Certes, des champs peuvent se créer et s'improviser riche ou aride, fertile ou stérile. Mais même si ce champ s'est créé lui-même de la sorte, il a à tout moment l'occasion de changer par l'action du jardinier.

Que fait le jardinier ? Il passe et il voit un champ stérile.

Il dit : “Ce n'est bon ni pour le champ, parce qu'il s'affame lui-même, ni pour les graines qui vont y tomber dedans parce qu'elles pousseront mal, ni pour l'humanité qui est autour et qui est à nourrir et qui attend la nourriture de ce champ, une nourriture qui ne vient pas, donc.”

Alors, que fait le jardinier ?

Le jardinier ajoute des engrais, ajoute des fertilisants. Et que sont ces engrais et ces fertilisants ?

Eh bien, c'est tout ce que vous vous appelez la spiritualité. C'est tout ce que vous vous appelez la philosophie, la psychologie, la médecine. C'est ce que les gens spirituels vous enseignent comme étant l'amour, l'éducation. C'est ce que l'on vous rappelle comme étant la destruction de l'égocentrisme, des illusions.

Chaque fois qu'un champ détruit une de ses illusions, donc une de ses mauvaises herbes, eh bien, il devient fertile. Tant qu'un champ contient une illusion, un champ de conscience contient une illusion, il fait croître à ses dépens une mauvaise herbe. Et elle consomme une énergie précieuse, une énergie que l'enfant intérieur ne pourra pas avoir pour pousser.

Le champ de la conscience doit d'abord être nettoyé.

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Mais il faut savoir qu'on ne peut le nettoyer que petit à petit.

Mais la portion que l'on a à nettoyer chaque jour, il faut la nettoyer comme il faut. Je ne vous propose pas dès demain d'éradiquer toutes les illusions qu'offre le monde, toutes les illusions de la Matière, toutes les illusions du pouvoir, de ceci, de cela. Il y a des illusions que vous ne pouvez même pas encore soupçonner parce que vous n'êtes pas encore éveillés dans certains niveaux de la conscience qui contiennent, eux aussi, leur côté réel et illusoire.

Pour vous, l'illusion la plus grande c'est de savoir faire la part des choses entre ce qui est terrestrement vrai ou faux.

Et qu'est-ce que c'est qui est terrestrement vrai ou faux ?

C'est souvent un travail donc au niveau des émotions.

Est-ce que cela appartient à la réalité que je me mette dans un tel état pour une amoureuse, pour un amoureux ? Est-ce que cela appartient à la réalité que je me suicide pour tel être ? Ou que je me suicide parce que je suis ruiné ? Ou que je me suicide parce que je pense sans arrêt à la gifle que j'ai reçue le jour de mon anniversaire, c'est-à-dire quand j'avais 15 ans et que papa m'a répété pour la quatrième fois qu'il ne m'aimait pas ? Est-ce que tout ceci est de la réalité ou est-ce que ce n'est pas une mauvaise herbe, une herbe d'illusion dans le champ de ma conscience ?

Dans le cas où c'est une herbe d'illusion, il se pourrait très bien que ce soit une drogue, et comme toute drogue, quand la fumant, je me détruise.

Le haschich, vous savez, ça ne pousse pas que sur la terre, ça pousse aussi là-dedans, dans la tête des gens ! Et toute la journée il fume ce haschich, cette marijuana comme on dit aussi. À longueur de journée, il se pique avec cette héroïne, cette cocaïne. “Je me pique parce que je me rappelle et je veux me rappeler que ma mère ne m'aimait pas, que mon père m'a abandonnée, que mon prof m'a frappée, qu'il me mettait toujours à zéro pointé !” Et hop, une petite injection ! C'est important d'avoir sa dose tous les jours ! On est en manque sinon ! On est en manque de malheur, on est en manque de traumatisme, on est en manque de tout ! Alors que la vie est prête à être croquée si on arrête de se piquer, si on arrête de fumer les mauvaises herbes.

Mais pour arrêter de fumer les mauvaises herbes, il faudrait qu'elles ne poussent plus, car la tentation est grande quand on les voit pousser d'aller les fumer ! C'est pourquoi il est très important de passer par la pensée maîtresse, car une émotion va toujours pouvoir arriver. Une émotion de tristesse, une émotion de désespoir, une émotion d'envie.

Tiens, je désire telle fille, je désire tel garçon, je désire devenir riche ou je désire rester pauvre, parce qu'il y en a aussi. Ou bien j'ai peur de telles choses. Toutes ces émotions vont avoir lieu, puisque l'on est sur un terrain d'expérience et que l'on n'est pas préparé à toutes les situations, puisque l'on est en incarnation, cela veut dire qu'on est jeune, donc la vie va offrir une multitude de choses imprévues. Donc les émotions vont naître, immanquablement.

Immanquablement tu vas avoir peur, même si tu pries et que tu es un bon disciple.
Immanquablement tu vas désirer sexuellement ton partenaire.
Immanquablement un jour tu auras envie d'une glace au chocolat.
Immanquablement l'odeur d'un bon poulet grillé va raviver en toi l'appétit.
Et tu essaieras de te retenir en te disant : “Je n'ai pas le droit de manger ce pauvre poulet.”
Donc toutes ces émotions vont de toute manière venir vers toi.

Le seul moyen pour toi de trouver moyen de négocier, moyen de dialoguer, moyen de te libérer de la première expression maladroite de ces émotions, ce sera d'utiliser la pensée maîtresse.

Comment vas-tu faire ? Comment vas-tu donc faire pour empêcher cette plante de pousser puisqu'elle va de toute manière pousser ? Comment faire pour l'empêcher de devenir trop grande ?

Eh bien il faut être le jardinier.

Comme je te l'ai dit tout à l'heure, il y a l'Enfant, le Père Concret et le Père divin en toi.

Et le Père divin c'est le jardinier.

Avec les valeurs célestes desquelles tu t'enrichis, tu en enrichis d'abord ton intelligence, ton âme puis ta chair. Avec ces valeurs célestes il t'est facile d'une main tendre mais pleine de l'envie du sacrifice d'arracher cette mauvaise herbe. C'est là où la sagesse est capable de remplacer la raison. Lorsqu'elle sait à quel point la vérité céleste est la vérité.

Tant que tu n'es que le Père Concret, tu n'as que ta raison. Alors ce poulet qui est rôti et qui est dans ton assiette, même s'il te donne envie, tu te dis : “Non je ne peux pas en manger parce que ce n'est pas spirituel, parce que cela va nuire à mes vibrations, parce que cela va engorger mes intestins et puisqu'ils sont engorgés j'aurai mon coronal bouché, parce que cela va donner des vibrations trop lourdes pour le développement de mon troisième œil !” Tu vas te trouver une multitude de raisons parce que le Père Concret n'a que cela à offrir, les raisons.

Mais le Père Céleste a autre chose à offrir dans la mesure où tu étudies sa parole et où tu essaies de te connecter avec lui, de sentir sa vie, donc de palper sa réalité. Et en palpant sa réalité tu sais pourquoi sa réalité est la réalité. Et ainsi tu te renforces pour l'accepter et l'accomplir.

Le Père Céleste n'aura donc pas recours à la raison, il ne va pas dire à son enfant : “Écoute je te le répète pour la xième fois si tu manges ce poulet entre toi et moi c'est fini, il n'y a plus de méditation pour quinze jours !” Le Père Céleste n'emploiera pas la raison ni la force, il est Sagesse et il va donc employer sa sagesse. Et quand tu veux ne pas manger ton poulet, c'est la sagesse que tu dois employer.

Le Père Céleste n'emploiera pas la raison ni la force, il est Sagesse et il va donc employer sa sagesse.

La Sagesse

Que va exprimer la sagesse ?

La sagesse est un acte neutre, un univers suspendu, un univers d'absence.

Au moment où l'enfant et le Père Concret se débattent avec cette envie, ce désir de manger du poulet rôti et que, enfant, il envoie la question au Père Céleste, dans l'espace qu'il y a entre le Père Concret et le Père Céleste, le poulet s'en va complètement ! Le poulet retrouve ses ailes et nous quitte ! Il n'est plus question de poulet et le Père Céleste dit : “Mais qu'est ce qu'on me raconte, des histoires de poulet ? Où est le poulet, je n'en vois pas, vous avez vu un poulet ?”

Et le Père Concret, tout ébahit, se dit : “Ah bah zut alors ! Je croyais qu'il y avait un poulet sur la table pourtant ! Alors ça c'est étonnant !”

Qu'est ce que je veux dire par là ?

Eh bien, je veux dire que chaque fois qu'un individu est prisonnier d'une envie, d'un désir et si sa raison qui est suffisamment développée ou qui travaille, essaie de travailler en collaboration avec le Père Concret, si sa raison fait un veto, et lui dit : “Non ce n'est pas dans l'exécution de la loi, ce n'est pas dans l'harmonie des choses !” et qu'ensemble l'Enfant et le Père Concret veulent se débarrasser de cette pulsion, de cette envie, ce qu'il faut faire c'est un instant de méditation. Pendant un instant par la respiration, par la visualisation ou de la Lumière ou d'un portrait du Maître que vous préférez, ou par une prière, par une invocation, l'espace d'un instant, basculer complètement dans l'Univers neutre et suspendu du Père Céleste. Et c'est dans cet espace-là que le poulet aura disparu.

Ce n'est pas parce que le Père Céleste vous enverra toutes les forces du Ciel pour combattre ce poulet, pour résister à ce poulet ! Qui de toute façon est déjà cuit, il ne peut plus rien vous faire, il est plus que mort ! Cependant le disciple se bat encore contre lui, et même avec lui. Si bien que l'on voit très vite le poulet et l'homme partir ensemble faire la fête, parce qu'entre temps ils sont devenus copains ! C'est comme cela que cela se passe avec la plupart des désirs, en en faisant un plaisir on ne peut plus s'en passer et on vit toujours avec. Et c'est ce que l'on appelle un vice.

Pour briser cette amitié, ce risque, cette relation possible et ennuyeuse, eh bien il faut faire disparaître l'ennemi.

Mais pas en prenant le poulet et en le jetant à la poubelle et en se disant : “Je ne veux plus jamais te voir !”, parce que lorsque vous allez descendre dans la rue et que vous passerez devant des boutiques, des charcutiers, des bouchers, il y aura plein de poulets rôtis ! Plein de nouveaux de ce désir !

Et comment faire ?! Comme celui qui ne veut jamais retrouver son feu rouge, il faut aller vivre dans un endroit où il n'y a pas de charcuterie, où l'on ne rôtit pas les poulets ?! Mais c'est à ce moment là que si l'on est dans la campagne, on voit tout un poulailler rempli de poulets ! Et le drame s'approfondit ! Et c'est ainsi qu'en voulant maîtriser un problème, on est persécuté par le problème. Et qu'en essayant de le fuir, il nous court après !

Tant que l'on n'aura pas fait intervenir le Père dans le Ciel duquel tout s'envole, tout se dissout, tout fait Un avec une nature que l'on appelle la nature Divine. Parce qu'en fait, lorsque le disciple va faire cette méditation, pour se débarrasser - du moins c'est ce qu'il va imaginer - se débarrasser du désir de manger ce poulet, du goût de sa chair, pendant cette méditation, Dieu va surtout regarder si l'individu n'a pas autre chose à manger. C'est ça qu'il va regarder. Et comme toute chose est la même chose, et que Dieu tente toujours de se sacrifier pour faire vivre son Enfant, qui est en formation dans la Matière, et qui est son double de lui-même, donc il s'agit de sa propre survie, eh bien Dieu lui dira : “Écoute, sois sérieux ! Voilà des jours et des jours que tu n'as pas travaillé, que tu n'as pas gagné d'argent. Ton ami ne pensait pas que tu étais végétarien, tout ce qu'il t'a apporté pour ton repas c'est un poulet. Celui la seul va te permettre de survivre et d'aller travailler demain pour gagner ensuite ce que l'argent qui te permettra d'acheter les légumes que tu as l'habitude de manger. Alors mange ce poulet ! Il est moi, il est ma chair, il est l'hostie, il est l'hostie de la messe, il est la même chose ! C'est celui qui te permettra de survivre et donc qui me permettra de survivre aussi.”

Dieu tente toujours de se sacrifier pour faire vivre son Enfant, qui est en formation dans la Matière, et qui est son double de lui-même.

Ce qui fait que, à ce moment-là, le disciple, s'il n'a aucune autre nourriture, va manger une nourriture bénie, parce que complètement adombrée par la conscience du Père Céleste. Et un Père qui est vous-même, qui est votre principe supérieur.

Ce qui veut dire, entre autres, que chaque fois que l'on mange, eh bien il faut faire appel, par un instant de silence - même s'il ne dure que deux secondes cet instant - il faut faire appel à la présence de l'Esprit Supérieur, de l'Esprit du Père, du Dieu qui est vous-même et qui est en vous. De façon à ce que toutes les nourritures soient bénies et que, quelle que soit leur nature, elles servent d'énergie à la renaissance de Dieu dans la Matière.

Ainsi, vous ne pouvez pas vous tromper. Même si vous mangez tous les jours des choses animales, vous ne pouvez pas vous tromper.

Ce qui ne veut pas dire que je vous donne le droit de manger tous les jours de la chair animale. Votre santé le dira bien vite si vous en avez besoin tous les jours et si vous tolérez tous les jours la chair animale. Car ce n'est pas bon pour tout le monde de manger de la chair animale. Il y a des gens qui deviennent très malades en contact avec cet aliment. Cela dépend en fait de la nature des énergies de l'individu, de la nature des chakras de l'individu.

Pour des raisons que je ne peux pas exposer ce soir parce que mon discours serait vraiment trop long, il y a parfois des énergies qui se condensent dans certains chakras. Ce qui fait des vies très typées, comme des vies de moines, des vies de nonnes, des vies de chercheurs, des vies de scientifiques. Et à côté de cela ces gens ne savent pas faire ou être autre chose. Pour ces individus donc toute l'énergie se situe dans certains chakras et l'énergie va manquer à d'autres. C'est là où il faut être très minutieux quant au choix de l'alimentation. Parce qu'étant donné que l'énergie n'est pas suffisante dans certains chakras, donc vis-à-vis de certains organes, pas toutes les nourritures vont pouvoir être absorbées, même si en soi aucune nourriture n'est mauvaise.

Et ainsi un moine ou une nonne se ferait fort embêter d'absorber de la viande chaque jour parce que ces gens essayent par une concentration excessive de l'énergie dans le chakra cardiaque ou dans le chakra laryngée, essayent de s'élever. Donc l'énergie va manquer au niveau du foie, parfois même au niveau de la rate, dans les chakras inférieurs en général. Donc au niveau de l'intestin, l'alchimie, l'absorption des aliments va être aussi beaucoup plus délicate. Il va donc falloir faciliter cette alchimie en absorbant une alimentation claire, légère, facilement assimilable.

Et il y a d'autres conditions aussi, mais comme je vous l'ai dit, je ne peux pas les développer ce soir. Le renseignement que je vous ai donné est une ligne générale, mais il ne faut pas en faire un dogme, parce que pour que cela soit une vérité, il me faudrait entrer dans de nombreux détails. Prenez simplement cela comme une indication.

On ne peut donc même pas juger quelle nourriture est la meilleure. Tout dépend qui l'on est, ce que l'on a à faire.

Parfois, un disciple peut avoir recours à la viande, à la chair animale, aux graisses animales, des choses qui sont connues comme étant extraordinairement lourdes du point de vue des vibrations. Mais cependant, si ce disciple doit pendant certaines années faire quelque chose d'excessivement concret par rapport à sa nature spirituelle, il va donc chercher à s'alourdir par ces vibrations animales, de façon à rentrer plus facilement en contact avec le monde, en relation avec le concret, et il pourra négocier avec ce concret.

Donc on ne peut pas savoir qui mange de la viande et pour quelle raison. Parce qu'il y a celui qui va manger de la viande parce que toute sa conscience se trouve centrée au niveau du plexus solaire et que donc il lui faudra un goût sanguin, il lui faudra un goût rôti dans la bouche, si son éducation l'a préparé pour cela. Et puis il y a celui qui en fera en fait une utilisation alchimique, mais ce ne sera pas poussé par le désir, ce sera une mesure exacte de la viande une fois ou deux fois par semaine parce que c'est nécessaire pour que je reste incarné dans ce monde, sinon j'ai l'impression de partir dans des vapeurs spirituelles et en fait de ne pas réellement être actif, même sur le plan spirituel.

Beaucoup de gens se sentent ainsi entre deux mondes et ils ont ainsi recours[...]. Tous ceux qui restent dans la société vont avoir recours à des énergies lourdes pour rester incarnés, pour supporter le concret, pour trouver un certain intérêt à négocier avec ce concret. Chacun va trouver le type d'énergie lourde qui lui convient.

Untel aura recours aux épices, un autre à une multitude de céréales prises chaque jour, un autre à la viande de temps en temps, ou au poisson de temps en temps, un autre aux graisses, aux huiles de façon excessive, parfois certains même à l'alcool, et pourtant Dieu sait que cela n'est pas dans l'éthique spirituelle !

Mais c'est ce qui permet de temps en temps de s'alourdir pour descendre et négocier avec le monde.

Ce que je vous dis là ce n'est pas un permis que je vous donne pour faire toutes ces choses. Attention !

Il ne faut pas que, dès demain tout le monde se précipite et sur le beefsteak et sur le champagne en même temps en se disant : “C'est ce qui me permet d'aller au travail.” Ce n'est pas à moi que vous ferez avaler cela ! Mais en même temps, je vous précise et je vous maintiens que si vous absorbez de temps en temps ces matières considérées comme lourdes, et que vous le faites en sentant que chaque fois cela vous apporte un bien, par rapport à votre situation dans le monde en tant qu'incarnation, alors je vous déculpabilise et je vous rassure en vous disant : c'est une façon d'être incarné, de rester dans le corps, d'alourdir l'esprit pour qu'il y demeure.

Par contre, si vous prenez votre beefsteak ou votre cuisse de poulet parce que pendant des jours et des jours vous ne pensez qu'à cela, là c'est un problème de plaisir et de désir, c'est autre chose.

C'est à vous de faire la différence, c'est à vous d'être suffisamment francs et honnêtes pour savoir dans quel camp se situe votre envie d'alcool, votre envie de tabac, votre envie de viande, votre envie d'épices.

C'est vous qui vivez, vous savez. Ce n'est pas moi qui vis à travers vous. Vous n'avez pas besoin face à moi d'avoir bonne morale ou bonne allure, parce que ce n'est pas moi qui vis en vous. C'est vous qui vivez en vous-même. Si vous vous mentez, c'est à vous-même ! C'est donc votre propre intérêt d'être honnête.

C'est vous qui vivez.

Pour conclure, car je dois vous quitter, pour conclure je voudrais faire un petit rappel.

Revenir quelques temps sur cet Enfant dont j'ai parlé. Cet Enfant qui sert à l'enfance de l'homme et c'est pour cela que tous les enfants humains sont purs.

La pureté de l'enfant

Vous êtes-vous déjà interrogé sur la pureté de l'enfant ?

Car elle est contradictoire en fait. Tout le monde sait que un enfant c'est la réincarnation de Monsieur ou Madame X. Et ce Monsieur X pouvait être fort impur ou fort méchant dans sa dernière vie. Seulement voilà qu'il se réincarne et que parce qu'il se réincarne et qu'il est un enfant, on le dit être pur. Et c'est vrai que pendant plusieurs années, cet enfant aura des réactions pures, quelle que soit le karma et la méchanceté, en fait, de l'entité qui s'incarne.

Si cet enfant est pur donc malgré le passé de l'entité qui s'incarne, c'est parce que le fait et la nature de l'enfance appartiennent complètement à l'Enfant divin, à l'Enfant divin intérieur. Et que l'Enfant divin est donc fortement en relation avec l'enfant-personnalité qui est en train de grandir et de se réveiller à la vie.

En fait, la plupart des enfants sont capables de cette pureté qui ébahit même les Messies, uniquement parce que la mémoire antique n'est pas encore venue, la mémoire de cet homme méchant n'a pas encore pris sa place, pris son corps, ce qui fait qu'il y a l'enfant-personnalité et l'Enfant-Dieu. Et ensemble ils s'amusent et ils se racontent leurs histoires d'enfants ! Et puis ils trouvent le monde des adultes très bizarre, parfois complètement idiot ! Et ils interrogent l'adulte à propos de ce que lui-même, l'enfant, fera quand il sera grand, car il fera les mêmes injustices.

Il fera les mêmes injustices immanquablement si entre temps, soit les parents, soit la société, soit la religion, soit lui-même, n'aura pas su préserver ce lien avec le Père Céleste et avec l'Enfant Divin.

Pour préserver ce lien, il faut très tôt éduquer l'enfant dans les vérités essentielles. Et si l'on n'a pas été un enfant éduqué dans les vérités essentielles, eh bien il faut s'y attacher soi-même, faire un effort, ne pas se dire : “Ah ! On ne m'a pas appris donc ce n'est pas demain que je vais pouvoir savoir, il me faudra tellement de temps pour rattraper le temps perdu !” Jamais de pensées négatives ! Mais pensées maîtresses positives !

Jamais de pensées négatives ! Mais pensées maîtresses positives !

Je me mets au travail et chaque jour j'accomplis ce que j'apprends. Et chaque jour, donc, je récolte un fruit immédiat. Si j'attends d'avoir tout compris, d'avoir tout appris pour enfin commencer une expérience, pour enfin commencer à appliquer, il est certain que je vais passer des incarnations à m'instruire et je n'aurai récolté aucun fruit !

Chaque jour j'applique ce que je sais, ce que j'apprends des valeurs célestes.

Les Valeurs Célestes

Et que sont les valeurs célestes ?

Tout le monde m'en parle ! Que ce soit lorsque j'écoute quelqu'un raconter la Bible, ou quelqu'un raconter un livre sacré, ou que ce soit lorsque j'écoute une émission sur quelque chose de spirituel, tout le monde parle toujours des mêmes valeurs essentielles.

D'accord, pas tout le monde l'explique pour que la chose soit comprise, admissible. Des fois il semble que l'on doive par la croyance, une acceptation, tout d'un bloc.

Accepte tout d'un bloc ! Crois ! Et, après, instruis-toi pour savoir pourquoi, pourquoi tu devais croire, pourquoi tu devais accepter. Dans un premier temps, commence par faire et accepter.

Et que sont ces valeurs ?

Eh bien ce sont toujours les mêmes.

Elles promènent dans tous les camps, vois-tu. Que ce soit dans le camp chrétien, dans le camp musulman, dans le camp hindou, elle fait la valeur principale, fait toutes les époques et tous les camps. Et il n'y a jamais de match entre les équipes mais pourtant toutes les équipes font un match !

Toutes les valeurs sont les mêmes !

L'Amour, la Tolérance, l'Entraide, s'instruire, s'améliorer, tirer hors de soi le meilleur de soi. Et lorsque l'on n'a pas pu tirer le meilleur de soi et que l'on a chuté, que ce soit par ce que l'on appelle cela un péché ou un désir incontrôlé, eh bien se promettre que la prochaine fois, avant de passer à l'action, avant de s'enfoncer dans ce que d'autres appellent ce péché, on s'immergera dans la conscience du Père Céleste, dans cet espace où tout s'envole parce que la Sagesse ne contient aucune dualité.

La Sagesse

La Sagesse ne peut donc se mettre en conflit avec rien du tout !

On ne peut même pas lui demander son avis : “Tiens, qu'est-ce que tu penses du fait de fumer ? Qu'est-ce que tu penses du fait de manger de la viande ? Qu'est-ce que tu penses du fait de faire ceci, du fait de faire cela ?”

La Sagesse ne vous dira jamais : “Tiens ! Je vais faire la balance, je vais voir le pour et le contre, et s'il y a trop de contre, cela veut dire que la chose est mauvaise, donc je te dirai : il ne faut pas le faire.” La Sagesse n'est pas une morale. Elle ne dit pas : “Il ne faut pas boire, il ne faut pas fumer, il ne faut pas manger de viande, il ne faut pas avoir de sexualité.” La Sagesse ne dit rien de tout cela !

La Sagesse n'est pas une morale.

Et c'est pour cela que lorsque vous êtes prisonnier d'un désir, si vous basculez dans l'état d'esprit de cette Sagesse, donc dans la nature du Père Céleste, votre conflit, votre désir disparaît complètement.

Alors que si la Sagesse était une loi qui dit : “Ceci est bien, ceci est mauvais !”, eh bien lorsque vous montez là-haut au Père avec votre problème de poulet rôti, il y aura jugement ; et tout ce que la Sagesse vous proposera c'est d'être fort : “Sois fort mon grand ! Lutte ! Lutte contre ton poulet !”

Cependant il y a dissolution. C'est donc qu'il n'y a pas de jugement tel que l'a enseigné Jésus et tant d'autres. Il n'y a pas de jugement parce qu'il n'y a pas de dualité.

Dans le monde de la Sagesse, le problème de manger un poulet : “Est-ce que c'est bon ou mauvais ?”, la question n'existe pas. Le problème n'existe pas. Si c'est un désir, le désir meurt dans l'ascension qui mène au Père. Et si c'est une nécessité, “je n'ai rien d'autre à manger”, alors lorsque l'on revient de la méditation on mange ce poulet. La Sagesse répond à une nécessité et elle détruit l'illusion, ce qui fait que si c'est ton désir, il meurt.

Pour, donc, que tu prennes soin de cet Enfant, il faut que tu t'instruises à propos des valeurs du Père.

Et ceci va passer par un acte qui te paraîtra très mental, très moral. Cela passera par la conversation, cela passera par l'étude d'un livre, puis par un exercice intellectuel. Je lis, cela me plaît ou pas, mais quelle que soit mon approbation, je vais essayer de maturer ce que j'ai lu. Je vais essayer, comme dans un exercice de philosophie, de trouver les raisons, de trouver l'ampleur de la chose.

Je vais essayer de comprendre ce que cela me permet de faire en appliquant cette valeur ou en la bafouant.

Et c'est ainsi que petit à petit, je passe à l'application et que je vois les fruits concrets d'une Sagesse qui est sans conflit, sans jugement, et complètement d'un autre monde. Et cependant, c'est sur ce monde-ci qu'elle développe ses fruits.

À toi de développer ces fruits, les fruits de cet Arbre de Vie, les fruits de l'enfance ! Vois-tu ? Car c'est l'Enfant qui est l'Arbre. Comme je te l'ai expliqué quand la Kundalini monte, c'est cet Enfant qui est l'Arbre. Et cet Enfant, lorsqu'il se développe, devient un adulte que l'on ne peut pas nommer Pierre-Paul ou Jacques. Cet adulte s'appelle Dieu, tout simplement.

Ce qui fait que plus tu éduques ton Enfant, tu le préserves, tu lui donnes la nourriture qu'il lui faut, plus tu le fais grandir et plus tu t'accordes à toi-même d'être Dieu et d'être affranchi de tout ce qui pour l'instant fait ta misère.

Le Père Concret n'a pas besoin de se battre contre les illusions du monde, contre ceci, contre cela. Le Père est conçu, le mental inférieur donc, puisque c'est de lui qu'il s'agit, comme je l'ai expliqué, le Père est conçu pour vivre ces choses au contraire. Pour les vivre. Le Père est conçu pour faire des barrages, pour faire des routes, pour faire des maisons, pour faire de l'agriculture, pour faire des mathématiques, pour faire de l'art. Il est construit pour maîtriser son environnement. Alors on construit quelque chose qui est fait pour et voilà que l'homme intervient et qu'il décide qu'il faut l'enlever. Et quelquefois, c'est l'erreur qui est commise. Et l'on trouve ainsi des individus sans plus aucune volonté, sans plus aucune faculté de maîtriser l'environnement. Ils parlent de Dieu mais ils ne peuvent absolument pas faire pousser un radis. Ils sont incapables, parce qu'ils ont tué leur Père Concret.

D'autres, par contre, lui ont trop laissé la vie belle, et c'est l'Enfant qui est dévoré par ce Père Concret qui est devenu avide de pouvoir, de richesses, d'action, de désir, d'ivresse ! Le Père n'a pas à se battre contre. Le Père est fait pour négocier avec le monde, pour vivre le monde, être conscient du monde. Pas étonnant donc qu'il soit aussi conscient des plaisirs du monde.

Ce n'est qu'en ayant recours au Père Céleste et à la pureté de l'Enfant que ce Père Concret va trouver le moyen de servir l'un et l'autre en faisant chaque fois sacrifice de tout ce qu'il aura ramené du monde concret. Avec ce qu'il ramènera du monde concret, il va nourrir son Enfant et il va revivifier le Père Céleste, son double, celui qui est pour lui son frère, son Jumeau Céleste.

Il a à faire énormément de travail ce Père Concret car tout ce qu'il gagne, il va devoir le donner. Tout ce que vous gagnez, vous, dans l'expérience du monde, vous le donnez. Et si vous n'avez pas encore donné l'Enfant ou le Père Céleste, c'est-à-dire votre âme, ces deux-là vont l'exiger de vous. Et quelquefois, c'est difficile de se laisser dépouiller, parce qu'il est plus facile d'être un père égoïste qui garde tout son argent, tout le fruit de ses expériences. Mais, petit à petit, aussi bien la nécessité absolue de l'Enfant d'être aimé et protégé et éduqué attendrit le Père Concret, et il apprend à donner.

C'est ainsi que le disciple dit : “J'ai l'intuition que... Ah ! Ça ne me fait pas plaisir de donner ça, mais mon voisin me fait tellement de la peine avec ce vieux manteau usé ! Allez ! Je lui donne le mien, puisque j'en ai trois.”

Au début, ça coûte, le Père Concret ne veut pas. Il se dit : “Ce manteau, moi, je l'aime, je l'ai gagné en allant travailler, ou bien c'est tel ami qui me l'a offert !”

Mais l'Enfant, qui a les yeux purs, le rappelle et lui dit : “Mais regarde comme il a froid ton voisin, regarde comme il est pauvre, il ne peut pas se payer un manteau nouveau.” Et si le Père Concret a appris quelque peu à entendre déjà l'Enfant, il devient tout attendri par ce commentaire et il cède à l'amour, car l'Enfant c'est l'Amour.

L'Enfant c'est l'Amour.

Qui êtes-vous donc ?

Par l'Enfant Dieu, vous êtes l'Amour.
Par le Père Concret, vous êtes l'intelligence concrète, la raison, la maîtrise de l'environnement, l'invention.
Par le Père Céleste, vous êtes l'âme, le Soi-supérieur.
Ainsi vous êtes un être complet.

Mais ils doivent travailler tous les trois ensemble pour aboutir à l'initiation. Et au moment de l'initiation, les trois personnages ne font plus qu'un. Il n'y a plus de différence de niveau. Chacun est redevenu un Dieu conscient et adulte.

C'est ce que je vous souhaite.

Je vous y encourage du fond du cœur.

Je vous salue.

(Date de la conférence : 09 11 1990)

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28-11-25 17:17