
Nous savons que pendant notre sommeil, nous rêvons. Il y a ceux qui se rappellent de leurs rêves et ceux qui les oublient. Quel est le rôle des rêves et du sommeil pour notre évolution spirituelle ?
Peuvent-il, entre autres, nous familiariser avec notre mort, voire nous y préparer en quelque sorte ?
Je vous souhaite à tous la bienvenue et j'espère que cet échange vous apportera quelque chose. Et s'il ne vous apporte pas plus que ce que vous savez déjà, j'espère que de toute manière, une certaine sensibilité s'éveillera.
La question posée est très intéressante, mais comme je le dis à chaque fois, j'essaye de dépasser le cadre des questions pour en fait réveiller une sensibilité. Donc, à travers le déloquant de la question, j'essaierai de réveiller en vous ce qui doit se réveiller par rapport à ce que je peux voir.
Sensibilités
Chaque individu a des sensibilités plus ou moins bloquées, plus ou moins endormies, plus ou moins refoulées, mais aussi plus ou moins étêtées, exactement comme l'on coupe la cime d'un arbre.
Je ne veux pas faire de grands discours sur la psychologie avec toutes les racines qu'elle trouve dans l'enfance, voire même dans la vie intra-utérine. Nous passerons sur cette étape qui est de toute façon largement connue aujourd'hui. Nous allons essayer de voir quelle est son application dans la vie de tous les jours et j'essaierai d'insérer la question posée dans mon discours, parce qu'en fait, on peut y trouver un prolongement.
De la manière dont je suis, de la manière dont je vis, de la manière dont j'interprète les choses, de la manière dont j'ouvre ou ferme certaines de mes énergies, de mes sensibilités, je vais m'orienter aussi pour dormir.
La vie et la nuit sont exactement les mêmes choses. L'esprit ne connaît ni nuit ni jour, en fait, il est toujours en vie.
Il n'y a que l'activité et je dirais une certaine activité du cerveau qui est en apparence diminuée, bien qu'il parvienne encore au cerveau de grandes informations à propos de l'environnement, que ce soit les bruits, les températures ou même l'influence d'une personnalité qui serait tout proche.
Par exemple, quelqu'un qui rentre dans une pièce peut influencer le déroulement du rêve. Quelqu'un près de qui vous dormez, tous ces êtres-là, influencent le déroulement du rêve. De quelle manière ?
Tout simplement parce que l'esprit étant avant tout une grande sensibilité, une grande sensitivité, tout l'environnement va être perçu. Notamment l'environnement humain, comme l'environnement animalier aussi, si vous possédez des animaux, ce qui fait que l'esprit va lire ce qui se passe aux alentours, mais ne va pas pouvoir vous le faire tout aussi objectivement éprouver que lorsque vous êtes réveillé. Donc, les informations vont être intégrées au rêve, c'est ce qui fait que, par exemple, à certains moments du rêve, il y a une séquence qui véritablement ne colle pas avec le début et avec la fin, et c'est un petit peu comme une virgule qui est arrivée dans le rêve, on ne sait pourquoi.
En fait, toutes ces petites virgules ne doivent pas attirer votre attention, pas plus que vous devez vous essayer à l'interprétation, car ce sont des véritables parasites en provenance du monde extérieur, en provenance de la personne avec laquelle vous dormez et qui elle-même est sous l'influence de son propre rêve et qui est toute préoccupée à songer à telle ou telle chose, même en étant endormie, et tout ceci par l'aura et parce que l'esprit est une grande sensibilité, cela se transporte dans votre rêve à vous, c'est-à-dire dans la vie de l'esprit que vous possédez à ce moment-là.
C'est pourquoi autrefois le rêve était soigné, le sommeil était quelque chose de préparé. La pièce dans laquelle aussi on s'apprêtait à dormir dans le but de rêver était quelque chose de très isolé et de particulièrement étudié pour que les énergies en provenance de cet environnement soient révélatrices d'un rêve chaque fois plus puissant, plus profond et non pas, au contraire, des énergies perturbatrices, ce qui veut dire que quand on prépare un sommeil et notamment un rêve, puisque l'on compte rêver dans ce sommeil, il faut particulièrement étudier la pièce où l'on se trouve.
Le moins possible y déposer les objets journaliers, les objets que l'on ramènerait par exemple du travail, les objets sentimentaux, les objets des voyages, les objets auxquels l'on est attaché parce qu'ils nous viennent de tel ou tel ami qui l'a offert. Il faut absolument évacuer les informations en provenance du monde extérieur de façon à ce que l'esprit, par sa sensibilité, en se répandant d'abord dans la pièce, n'aille pas lire tout cet environnement et ne fasse pas un rêve au niveau du quotidien, en fait.
Même si certains rêves quotidiens peuvent apporter certains éclaircissements, il n'empêche pas que la plupart des rêves sur le quotidien sont tout simplement quelque chose qui se rumine et qui n'apporte pas de débouché en soi. Si ces rêves-là sont oubliés, je dirais que c'est tant mieux car, en fait, il ne ferait que comme un miroir refléter la vie quotidienne que l'on a et l'esprit s'en trouverait épuisé. L'esprit objectif, la personnalité donc, s'en trouverait épuisé en se levant le matin car ce serait tout simplement ressasser le quotidien, revoir exactement comme un feuillette un album photo. Et il n'y a pas de dépassement, pas d'imprégnation de nouvelles énergies.
Ce qui fait qu'une nuit parait être une nuit régénératrice je dirais. Une nuit où l'on a bien dormi, eh bien c'est une nuit où en fait on en a bien rêvé.
Qu'est-ce que j'entends par bien rêvé ?
Bien rêver
J'entends que c'est une nuit où l'on n'aura pas fait des rêves extraordinaires à propos de la voiture que l'on voudrait posséder ou d'un voyage que l'on a toujours voulu faire ou des grands oiseaux que l'on a pu voir dans la quatrième dimension. C'est un rêve où l'on aura appris quelque chose. Un rêve où l'on aura vu une certaine partie de notre vie s'expliquer et ainsi se dédramatiser. À partir du moment où l'esprit synthèse, c'est-à-dire votre être.
Je ne parle pas de la personnalité ou de l'esprit objectif. Je parle de l'esprit synthèse, celui qui s'incarne à travers les différentes vies lorsque celui-ci peut s'expliquer, soit face à ses guides, soit face à sa propre conscience.
Lorsqu'il peut s'expliquer une situation, il travaillait dessus exactement comme un élève travaille sur un devoir d'école, à prendre le problème par le début, à l'analyser, à lui trouver une conclusion, à donc dédramatiser certains faits et en les dédramatisant donc en récupérant une magnifique énergie de révolution, automatiquement, quand l'individu se lève, il a l'impression d'être régénéré. Parce que cette énergie s'est trouvée débloquée, sa sensibilité, celle qu'il connaît sur le plan objectif, sur le plan de la personnalité, sa sensibilité va pouvoir de nouveau s'orienter vers la vie, s'ouvrir, ré-emmagasiner des expériences. C'est un peu comme une fenêtre qui de nouveau est ouverte, et par laquelle on pourra voir, par laquelle on pourra s'instruire, voir passer des amis, par laquelle on pourra aussi sortir nous-mêmes, pour aller voir plus loin. Sitôt donc, la vie de l'individu se retrouve grandi et par cette ouverture, il y a régénération.
Si au contraire, le matin, on se lève aussi fatigué, si ce n'est pas plus fatigué que l'instant où l'on s'est couché, eh bien, cela veut dire que durant la nuit, il n'y aura eu aucune régénération. Donc que l'esprit n'aura pas pu faire son travail de décantation face aux problèmes quotidiens que votre personnalité assume.
L'esprit synthèse
L'esprit synthèse est un peu comme un témoin moral, je dirais. Un témoin moral qui est un peu aussi comme un arbitre. Un arbitre est sur le terrain mais il n'est pas vraiment dans le jeu, il est conscient qu'il a les deux équipes à surveiller, mais avant tout il est le gardien du jeu. Il ne préfère aucune des deux équipes. Pour lui, ce qui compte c'est le jeu qui est à jouer pourvu que ce jeu soit bien fait, soit respecté, son travail trouve un sens uniquement à cela.
Pour l'esprit de synthèse, le Soi-Supérieur comme on l'appelle aussi, le rôle est à peu près similaire, il est l'arbitre, il est le témoin moral, il voit en bas deux équipes, c'est deux composantes de sa personnalité. Une équipe qui est toute vêtue de noir et qui aime bien jouer le jeu profane, qui aime bien attraper le ballon de toutes les manières, qui aime bien aussi prévoir des petits coups rusés parce que comme cela on a l'impression d'aller plus vite que les autres et de peut-être pouvoir gagner la partie puisque c'est plus facile ! Et puis il y a l'autre équipe, qui est de blanc vêtue, et qui elle essaye de jouer chaque fois le sport le plus élégant, le sport le plus élevé, le sport le plus moralisé, et l'arbitre voit ces deux équipes essayer de jouer tout simplement le jeu de la vie sur le terrain de l'environnement humain, de l'environnement social, l'environnement familial, etc.
Chaque fois qu'il y a la nuit et le sommeil, pour ces deux équipes il s'agit de poser le ballon, on rentre au vestiaire et on dort sur les bancs. Pour l'arbitre le travail continue, parce qu'il n'est pas simplement question de jouer un match, de le gagner ou de le perdre et de re-sélectionner des équipes pour chaque fois aller plus loin et pour chaque fois espérer gagner la coupe nationale ou internationale ou mondiale, etc. Il ne s'agira pas de trouver d'autres équipes. Un jeu individuel, un jeu intérieur est toujours le même jeu avec les deux mêmes équipes. On ne va pas pouvoir aller en sélectionner d'autres. Donc pour l'arbitre il va s'agir de réfléchir et de voir les problèmes qu'a l'équipe noire, les problèmes qu'a l'équipe blanche. Essayez de déterminer la stratégie en même temps que le jeu d'équipe le plus approprié pour que ces problèmes commencent à se dissiper et pour pouvoir jouer chaque fois un match meilleur. Car il n'y aura pas d'autres équipes, il n'y a que ces deux-là du début à la fin.
Il va donc s'agir de les psychanalyser, de les redresser, de leur calmer l'esprit et d'essayer de les perfectionner pour que si possible un jour dans la vie elle joue un match extraordinaire qui dépasse le jeu lui-même, qui est bien sûr de trouver un gagnant entre les deux parties mais qui sera un jeu tout à fait différent, un jeu de fusion, puisqu'en fait il n'y a qu'un seul ballon !
Le fait qu'il n'y ait qu'un seul ballon avec les deux équipes prouve bien que l'on doit aller vers un jeu de synthèse et n'on peut continuer un jeu comme cela de dualité.
Les deux équipes sont en duel tant qu'elles pensent devoir attraper ce ballon et marquer des buts.
Une fois que les deux équipes ont compris quels sont en fait l'expression d'un seul et même esprit de synthèse, alors le ballon n'est plus quelque chose que l'on se dispute, marquer des buts n'est plus important du tout, n'est plus le but de la vie, mais il va s'agir de prendre ce ballon et de fusionner avec lui pour que, dans un seul coup de pied, les deux équipes s'envolent avec ce ballon et puis retournent au Grand Arbitre Céleste tout simplement ! Et à ce moment-là, on peut dire que la partie est gagnée.
Avant cela, avant que l'on découvre l'esprit de synthèse, avant que l'on sache exactement quel goût il a, avant que l'on puisse l'expérimenter, eh bien, on aura l'impression de devoir gagner des points sur la vie, on aura l'impression de se battre avec soi-même, on aura toujours l'impression qu'il y a ces deux équipes qui essayent de se disputer le pouvoir et qui, chaque fois, fait la victoire sur l'autre, ce qui laisse chaque fois une partie de soi désillusionnée et surtout chagrinée !
Lorsque c'est l'équipe profane qui gagne en vous, vous êtes désillusionné, vous avez du chagrin parce que vous essayez de devenir de plus en plus un chrétien ou bien un disciple, en tout cas quelqu'un qui se perfectionne. Donc, quand c'est de nouveau la triste et brutale nature humaine inférieure qui gagne, le disciple est chagriné. Et puis, lorsque c'est l'équipe angélique qui gagne, tous les petits anges qui sont en nous et qui font des choses magnifiques, alors là le disciple est très content, il est tellement très content qu'il commence à se surestimer, si bien que finalement il doit de nouveau retourner sur le terrain pour se prouver d'accord, il a une petite victoire, mais ce n'est pas le bout du monde !
Donc pour l'individu, entretenir ce match et de façon quotidienne, est un endroit de dépérdition d'énergie. Ce n'est pas simplement l'endroit de la douleur, ce n'est pas simplement l'endroit du conflit, mais c'est un endroit où une grande énergie va être gaspillée et puis s'en aller dans la Nature. Heureusement la Nature sait quoi faire avec cette énergie, elle va pouvoir ressourcer son Plan Minéral ou son Plan Végétal ou le Plan Animal.
Les animaux vivent énormément par, je dirais, les petits détritus, les petits gaspillages qui sortent de votre aura, parce que qui sort, comme cela sort à la suite d'un conflit, ce n'est pas très beau, ce n'est pas bien sûr très propre, ce n'est pas comme lorsqu'un homme de façon consciente et volontaire se met à rayonner sur une plante, là, il sort un aliment véritable pour la plante, immédiatement assimilable d'ailleurs, mais lorsque ce sont ces petits éclats qui sortent de l'aura. La nature doit recycler ces éclats pour n'en prendre que l'énergie et c'est ce qu'elle fait. Et grâce à ces débordements, la Nature trouve une réserve d'énergie qui l'aide à survivre, à passer les différentes capes de sa propre transformation. Puisque la Nature aussi se transforme, change de peau, développe des Plans ou en fait mourir d'autres et aussi cela lui permet de compenser un certain mal que la race humaine lui fait subir, par les excès de la société comme la pollution, par exemple.
Ce qui veut dire que lorsqu'un individu va se coucher pour dormir, il va trouver dans son sommeil le reflet de la vie qu'il entretient chaque jour sur la Terre ! Les compréhensions ou incompréhensions qu'il a, les limites ou les ouvertures, les projets aussi, les désirs, tout ceci va se retrouver mis sur une table, une table qu'on peut aussi appeler le Grand Miroir. Et, sur ce miroir, l'arbitre, l'esprit de synthèse, vient essayer de faire du propre.
Le cauchemar
Lorsque l'on fait un cauchemar, si l'on s'arrête à l'impression émotionnelle qu'il donne, bien sûr il y a la peur, bien sûr il y a l'affolement, ce n'est pas agréable. Et en fait un cauchemar est un exorcisme.
Dans la mesure où un individu a été chargé dans la journée de certaines interprétations, où il a tiré certaines conclusions qui dépassent largement la nature de l'événement qu'il a rencontré, lorsqu'il dramatise énormément des situations ou lorsqu'il l'est véritablement à l'intérieur des situations dramatiques, tout ceci représente des énergies affolantes pour le corps astral.
En fait, le cauchemar qui expérimente la conscience au moment de la nuit a exactement le même degré d'affolement émotif et de terreur émotive que ce que le corps astral éprouve pendant que la conscience est réveillée et qu'elle est à l'intérieur des situations. Lorsque, par exemple, on éprouve une dispute ou que l'on expérimente le décès d'un être cher ou lorsque l'on se prend de trop de sensibilité pour des catastrophes qui se passent dans le monde, etc. C'est exactement cette même vibration et ce même goût que goûte le corps astral. Donc pas étonnant à ce que dans la nuit, puisqu'il y a décantation, il y ait la lecture de ce goût fait au niveau de la conscience et que ce goût prenne une allure de terreur. C'est normal.
Simplement, lorsque la conscience est sur le plan objectif, parce que vous êtes réveillé, cette terreur est beaucoup plus refoulée, beaucoup plus interne.
Le corps astral
L'homme n'a pas conscience de son corps astral. L'homme a une certaine conscience de ses émotions parce qu'il est le terrain, l'actualité de certaines émotions, de certains sentiments. Mais en fait, il n'éprouve qu'une couche très superficielle de l'émotion véritable qui a lieu et qui est en mouvement dans son corps astral. Ce qui fait que la nuit, lorsqu'il y a une lecture absolue, puisqu'on met tout sur la table, eh bien l'on s'aperçoit exactement de la terreur profonde qu'éprouve cette feuille sensible qu'est le corps astral.
C'est pourquoi il faut faire attention aux conclusions que l'on tire durant la journée. Non pas simplement pour se prévoir une bonne nuit, mais aussi pour se prévoir une bonne vie !
Lorsque l'on fait ainsi sentir au corps astral des terreurs aussi grandes, des mouvements d'émotions aussi profonds, l'on s'oriente vers des expériences dramatiques, il faut le savoir.
Il y a d'abord juste pour soi l'usure du corps astral. Qui dit usure du corps astral dit, avec le temps, tendance aussi à la dépression, possibilité de la dépression, d'une tristesse assez quotidienne ou bien d'un état d'esprit désillusionné, que l'on va appeler "sagesse", puisque ceux qui n'ont pas d'illusion paraissent beaucoup plus sages ! Mais en fait, il y a une façon d'être sage tout en étant encore plein d'espoir, de projets et même d'une certaine forme d'utopie.
Celui qui est sage parce qu'en fait, il n'espère plus rien, il ne se permet plus de rêver, c'est un homme triste. Ce n'est pas un sage, même si l'extérieur pourra dire : “mais il est plus tempéré que moi qui suis toujours en train de rêver.” Celui qui est toujours en train de rêver en fait beaucoup plus de vie que celui qui s'est tempéré uniquement parce qu'il est triste et que la vie ne lui permet plus de rêver.
Donc, il faut réveiller les énergies, non seulement que l'on a sur le Plan Astral, mais aussi sur le Plan Physique. L'astral et le physique sont très liés.
Le corps physique
Et je dirais que pour avoir une bonne vie, comme pour avoir des rêves qui soient des expériences de l'esprit et non pas simplement ce déballage et cette décontation nocturne qui, en fait ,n'apporte pas grand chose de positif, pour avoir donc tout cela, il faut vivre pleinement.
Il faut s'incarner complètement, accepter totalement son corps. Et non pas simplement le voir comme un amas pourvu d'un anus qui nous oblige toujours à aller aux toilettes, pourvu d'un système qui va aller uriner, pourvu d'un estomac qui nous oblige à manger, pourvu d'une certaine capacité à s'autodétruire ou à se salir. L'élimination des cellules, par exemple, qui nous oblige à nous laver constamment. Il ne faut pas voir toute l'activité du corps, toute l'activité biologique comme étant une impureté en soi.
Beaucoup d'individus, par idéalisme, par amour du Pur Esprit, considèrent que la Matière n'est pratiquement que cet anus nauséabond par lequel s'échappent tous les déchets du corps. Et en fait, ils transposent sur le corps et sur la fonction de l'anus. Ils transposent leur désir de purification et aussi leurs problèmes à se purifier.
C'est très difficile de se contrôler ! C'est très difficile de ne plus être jaloux, de ne plus être coléreux, de ne plus être ambitieux ! C'est très difficile d'être généreux ! C'est très difficile de donner ce que l'on a ! C'est très difficile d'être spirituel, d'être un pur esprit ! Alors quand, d'un seul coup, le corps nous rappelle qu'il est sale, qu'il a des impératifs comme les impératifs sexuels ou les impératifs de toilettes, eh bien cet amas de chair apparaît, pour certains, comme étant grossier et surtout comme étant largement inférieur à l'esprit.
Pour récupérer la vie, le quotient de vie dont est capable un être humain, il faut d'abord faire une réconciliation avec la Matière.
Un corps ce n'est pas simplement celui qui va demander du sexe, celui qui va demander d'aller aux toilettes, celui qui va demander de manger et celui qui va nous embêter par la personnalité inférieure qu'il nous confère. Un corps c'est un élément de la Nature, un habit de la nature.
Comment est-ce que l'Esprit pourrait venir chercher dans la Nature ses énergies régénératrices dont il a besoin si la Nature ne lui fournissait pas un corps fait par ces mêmes éléments dont il a besoin pour se régénérer ?
Il y a dans le corps tout ce que l'on trouve dans la Nature et notamment tout ce qui se trouve dans la Nature sert à la régénération de l'Esprit, à sa réintégration spirituelle. Il était donc absolument logique que l'Esprit s'incarne dans un vêtement naturel comme est le corps. Ainsi il était en relation quotidienne, en contact et en fantaisie quotidienne avec les éléments mêmes dont il a besoin pour se régénérer.
Lorsque l'on est simplement un être humain et que l'on n'est pas encore conscient des prodiges de la Nature, ni même du pourquoi de l'incarnation, ni même du pourquoi de l'Univers, alors on ne s'aperçoit pas de la grande mission que fait le corps vis-à-vis de l'Esprit et la grande mission dont accomplit l'Esprit dans son corps, dans sa Matière.
À partir du moment où l'on commence à savoir un petit peu pourquoi l'on est sur Terre, pourquoi l'on est dans la Matière, alors on se réconcilie avec elle.
Et vis-à-vis de la chair, il se passe le même cérémonial que lors de la naissance de Jésus et son apparition dans la crèche. L'apparition de l'Esprit dans la Matière qui n'est pas une chute, qui n'est pas une dégradation, mais qui est une véritable mission, une mission de survivance.
Quand l'esprit du Christ - pour prendre ce moment qui permet une parabole et qui me permet l'image pour vous parler - quand on considère l'esprit du Christ qui descend dans l'enfant Jésus, donc dans la Matière, l'enfant Jésus représente la Matière à ce moment-là, même s'il est déjà un être humain, c'est la Matière du Monde, quand l'esprit du Christ descend dans l'enfant Jésus, ce n'est pas pour rejeter la Matière et sa mission, puisqu'il y descend. C'est bien, au contraire, pour accomplir un ouvrage divin, d'une qualité Divine !
Il n'y a pas l'esprit du Christ qui se sentant le Christ et largement au-dessus de la Matière, rechigne à naître et frappe le sein de sa mère en lui disant : “Mais pourquoi m'as-tu fait naître ? Moi qui ne suis que pur esprit, j'aurais préféré rester auprès du Père! ” Non !
L'esprit du Christ descend dans l'enfant Jésus, dans la Matière et il en va de même pour chaque Christ, c'est-à-dire pour chacun d'entre vous, pour chaque âme, puisque l'âme est l'élément christique à l'intérieur de chaque individu.
À partir du moment où l'on admet cette descente du Christ sur la Terre, on comprend mieux aussi la mission de chaque être humain.
Jésus avait cette mission plus particulière de servir de témoin, de révéler la présence Divine, de révéler un certain message d'Amour, mais si on enlève la particularité et que l'on voit tout simplement le témoignage de l'aventure de l'Esprit, eh bien, on s'aperçoit qu'il en va de même pour chacun de nous et qu'il faut accepter cette naissance, cette descente. Et que l'étable, en fait, puisque beaucoup de disciples estiment que la vie en société, que la vie sur le plan physique, ce n'est qu'une étable où l'on traîne et où l'on devient parfois plus bête que méchant, eh bien cette étable n'existe que dans la tête des individus.
Prenons la crèche et prenons cette étable, mais prenons aussi un promeneur, un promeneur qui a l'habitude de vivre dans de jolies maisons, mais il est surpris par la pluie, il se trouve en pleine campagne et il décide de s'abriter et il ne trouve qu'une étable. Pour lui, passer la nuit dans une étable, c'est terrible ! Il a l'habitude des matelas douillets, des couvertures chaudes, des ambiances magnifiques. Pour lui, vraiment, l'étable est une étable, c'est-à-dire un endroit à bestiaux.
Maintenant, regardons la naissance de Jésus. Il vient au monde dans une étable et il paraît tout aussi heureux, non pas parce qu'il est un bébé, mais tout simplement parce que dans son esprit, il n'y a pas d'avilissement. Il vient au monde, et il vient au monde auprès de ses parents. Si ses parents sont dans une étable, peu importe ! Le monde est une étable, quand on en fait une étable. Cela aurait pu être un palais si les hommes font du monde un palais, mais si on en fait une étable, alors forcément, on va naître dans une étable nauséabonde !
Il faut accepter, non seulement la naissance, mais le fait d'être incarné.
Il faut non pas constater à chaque minute du jour que le corps est lourd, que la Matière nous induit en tentation, que le regard juste posé sur tel ou tel gâteau nous donne une grande envie de le dévorer, que sitôt que l'on s'apprête à méditer, on a envie d'aller regarder plutôt des spectacles ! Si l'on fait, ainsi, une liste de tout ce que soi-disant, la Matière, la personnalité, le corps, nous empêchent de faire chaque fois que notre bon cœur se serait réveillé pour devenir plus spirituel, eh bien, forcément, on va devenir contre la Matière, contre le corps, contre la mission même que l'on a à accomplir. On sera en complet déphasage.
Si l'on s'aperçoit que lorsque l'on regarde un gâteau, ce n'est en fait pas la bouche toute seule qui se jette sur le gâteau avant même que l'on ait pu réfléchir. Si l'on s'aperçoit qu'il y a tout un travail à l'intérieur de l'esprit, à l'intérieur même de l'esprit inconscient, subconscient, et que, par ce plaisir que l'on croit pouvoir tirer d'un gâteau, en fait l'on va compenser une multitude de plaisirs auxquels l'on n'a pas accès. Parce que l'on n'exerce pas le métier que l'on veut, parce que l'on n'a pas eu l'enfance rêvée, parce que l'on n'est pas marié à l'être idéal, et parce que l'on ne peut pas partir en vacances, et parce que l'on n'a pas les cheveux aussi blonds que l'on souhaiterait, ou aussi longs qu'on le voudrait, ou aussi frisés, et parce que l'on n'a pas le corps que l'on voudrait pour être magnifique et pour séduire les gens et se sentir bien avec soi-même ! Lorsque l'on s'aperçoit qu'en fait les motivations qui nous jettent vers ce gâteau, ou vers cette boîte de cassoulet, ou vers n'importe quelle autre chose comme l'alcool ou la cigarette, ce sont, en fait, du mouvement de compensation, eh bien l'on n'est plus hâtif à conclure que la Matière est grossière, que le corps nous induit en tentation. On découvre que l'on est malade ! Et qu'en plus d'être malade dans l'esprit, on va rendre le corps malade, parce qu'en le bourrant de sucreries, ou d'alcool, ou de tabac, on va l'handicaper, on va briser ses harmonies, on va l'intoxiquer et l'on sera un jour très malade, parfois même sur le point de mourir uniquement à cause de cela.
Quand au lieu de reprocher à la Matière ou à la personnalité toutes ces choses, l'homme se regarde en face et conclut : “je suis malade”, alors il a fait déjà un grand pas vers sa libération.
Cela prouve que sa conscience enfantine ne prédomine plus, qu'il n'a plus tendance à rejeter la faute sur l'autre, et notamment ici, sur le corps et la personnalité.
Quand on est petit, on rejette la faute sur le grand frère, la grande sœur, ou le petit frère ou la petite sœur, sur les amis, sur papa, sur maman, puis plus tard lorsque l'on est adolescent sur la société toute entière ! Et quand on s'est, ma foi, tant bien que mal, accommodé de tout cela, et que l'on a fait toutes les concessions qu'il faut pour survivre, pour essayer même d'être un peu heureux, étant donné que l'on n'est pas plus heureux, et que l'on a tout autant de révolte et qu'il y a tout autant de choses que l'on n'accepte pas, alors, et si en plus on s'intéresse à la spiritualité : c'est la faute à la personnalité, c'est la faute à la Matière, c'est la faute au système qui nous envoie dans cette Matière et qui nous laisse là sans un Dieu visible ni parlant !
Ce processus enfantin pousse le disciple à créer de plus en plus de conflits.
De plus en plus ces deux équipes de foot vont se battre, car il va s'agir à ce moment-là, c'est vrai, de marquer des buts. Puisque l'on veut absolument être heureux, puisque l'on veut absolument être beau, puisque l'on veut absolument s'en sortir, alors il va falloir se battre ! Parce qu'on la voit, cette personnalité, on la surprend, elle nous pousse, elle nous jette contre ce gâteau ! Et si par hasard dans la journée on se retient et que l'on met un cadenas au frégidaire ou un placard, pendant la nuit on en rêve ! Et on en mange des gâteaux et des gâteaux et des gâteaux ! Et le disciple se lève en se disant : “C'est encore sa faute, cette personnalité, les sens dont on m'a pourvus !” Et alors on regarde Dieu dans le haut du Ciel et on lui dit : “mais pourquoi tu nous as fabriqué comme ça, avec des sens capables de jouir !”
C'est là que l'on construit une philosophie complètement erronée, où on se dit : “Si les choses sont comme ça, qu'il y a un tel Dieu qui a fabriqué les choses de telle manière, c'est qu'il y a sans doute une méthode pour le rejoindre. Cela passe sans doute par l'épreuve, on doit être éprouvé, on doit être mis face à ces sens, face à cette Matière diabolique ! C'est sans doute dans le sens d'être éprouvé parce que Dieu ne reprendra que ses fils les plus purs !” Et ainsi on voit toute une philosophie, toute une religion, et même une religion qui s'infiltre à l'intérieur de l'occultisme, qui se vaut pourtant le plus libre et le plus libérateur, normalement. Mais on voit cet état d'esprit s'infiltrer dans toute la pensée, même la plus occulte. Pour aboutir à quoi ?
Pour aboutir à une construction, que j'appellerai maléfique, de cette idée que l'homme vient sur la terre envoyé par un Père qui va le piéger pour l'éprouver. Et que, s'il a réussi à remporter toutes les épreuves, alors il va pouvoir revêtir l'habit de gloire et retrouver son père éternel, tandis que tous les autres continueront d'être au charbon, à mourir de toutes sortes de maladies et à s'enfoncer dans toutes sortes de pièges ! Et ensuite on nous sert l'amour de Dieu. Parce que l'amour de Dieu est un amour plein de pitié, n'est-ce pas ?
Dieu envoie ses enfants se faire éprouver, mais il a quelque part un pincement de cœur dans sa longue éternité. Alors il se dit : “Boaf ! Par-ci par-là, j'enverrai un Bouddha, j'enverrai un Christ, j'enverrai un Krishna et je leur montrerai ma grande compassion, mon pardon. Et puis à chaque fin de millénaire, je ferai des amnisties !”
Et le disciple qui construit petit à petit ce genre de philosophie ne s'aperçoit même pas de sa grossière erreur ! Il ne voit même pas à quel point un tel monde serait horrible ! À quel point il ne mérite plus le nom de Divin et à quel point, comme je dis chaque fois, je serai près de lui pour l'aider à inventer un autre monde.
Si je continue de servir celui que l'on appelle le Père, ceux que l'on appelle les Hommes, c'est bien parce que l'univers fonctionne autrement et est composé autrement.
Il ne s'agit pas d'être éprouvé sur la Terre.
L'épreuve
Bien sûr, il y a quelque part la dimension de l'épreuve, mais pas parce que l'épreuve fait partie du Chemin et le test que l'on rencontre sur le Chemin qui donne la dimension spirituelle à l'homme.
Le sentiment de l'épreuve n'est là que parce qu'il y a un attachement. C'est donc l'homme qui transforme un mouvement en une épreuve.
Dieu n'a jamais prévu aucune épreuve ! Il y a tout simplement des phases de régénération.
À tel Plan, il y a tel feu à intégrer, à tel autre, tel autre feu à intégrer pour sa survie, pour sa perpétuité cosmique ! Mais, entre temps, il y a l'esprit objectif qui remarque que le gâteau de fraises c'est très bon, que le café c'est bon, que la cigarette c'est bon. C'est bon et non pas parce que c'est bon en soi, mais c'est bon parce que cela permet de compenser un bonheur que l'on n'a pas, que ce soit un bonheur familial, un bonheur sexuel, un bonheur professionnel ou un bonheur Divin, spirituel.
Forcément, comme il s'agit de compenser, à l'instant où une de nos énergies tente de changer de Plan pour se développer, automatiquement, l'individu va se trouver attaché ! Car pour lui, il ne s'agit pas par exemple d'arrêter de boire ou de fumer ou de diminuer sa sexualité ou de ne plus penser à tel ou tel problème dans la vie ou tel ou tel intérêt dans la société. Il va lui falloir lâcher une compensation. Et ça pour l'esprit c'est impossible ! C'est impossible !
C'est pour cela que tant d'individus ont l'impression d'échouer face à leurs épreuves. Ce n'est pas parce qu'ils sont mous et petits qu'ils échouent. C'est parce que ceux qui les attachent même à cette source de plaisir ou à même cette colère !
Par exemple, beaucoup de gens essayent d'être moins coléreux, mais ils n'y arrivent pas. Et ils pensent que c'est parce qu'ils sont nés comme cela. Qu'ils ont hérité du père ou de la mère ou que c'est parce qu'ils ont eu une mauvaise enfance, et qu'ainsi, il y a un programme d'inscrit dans leur esprit. En fait, toutes ces choses sont fausses, parce que la colère n'est jamais une attitude du caractère. Ce n'est pas une particularité du caractère ou de la personnalité.
La colère
La colère est un moyen de défouler des énergies que l'on ne peut pas concrétiser, que l'on ne peut pas manifester pour en tirer un bonheur, une sécurité. Alors, il y a cette oppression qui nous pousse à être irritable, ce qui fait que, lorsque quelque chose ne va pas ou ne nous plaît pas, eh bien on rentre dans une grande colère.
Mais ce n'est pas une attitude du caractère. Il n'y a pas la colère comme il y a la générosité ou l'avarice. La colère est un point de déferlement d'une énergie qui, si elle était opprimée encore plus longtemps, commencerait à ralagir le corps astral, à faire un petit trou, exactement comme un petit verre dans une pomme. Et hop, je grignote, je grignote, je grignote ! Et j'en vais pour preuve que les gens qui ont des colères trop rentrées depuis trop d'années sont des gens dépressifs. Cela se conclut par une dépression. Parce qu'il y a usure, des petits trous qui se créent dans le corps astral. Et par là, toutes les énergies sortent. Il n'y en a plus une seule pour alimenter suffisamment le cœur ou le système digestif ou pour même savoir bien dormir. Les nuits sont agitées, parce que superficielles, donc en relation avec le corps astral primaire de la Terre. Là où se trouvent tous les problèmes, toutes les pensées vulgaires, tous les désirs de guerre, là où pensent tous les businessmen qui sont en train de prévoir des plans pour arracher des marchés économiques, etc.
Pas étonnant, donc, que certaines nuits soient très agitées parce qu'elles sont superficielles, donc en contact avec l'astral-inférieur de la planète. Ce qui est un très mauvais endroit pour dormir ! Il n'y a là aucun repos ! Il n'y a que des idées de guerre, des idées de commerce, des idées sexuelles ! L'esprit ne peut pas faire cette décantation dont je parlais tout à l'heure.
Il n'a pas l'occasion de monter suffisamment haut pour se parler à lui-même et dans une certaine sagesse, pouvoir prendre certaines décisions. Arrêter certains comportements, dissoudre certaines conclusions qui ont été tirées et qui alourdissent l'individu... L'arbitre ne peut pas faire sa fonction. L'arbitre peut agir de la sorte parce que, comme je l'ai dit au début du discours, il a la chance de ne pas être dans le jeu. Il doit surveiller le jeu, mais il n'est pas dans le jeu. À aucun moment il ne rejoint une ou l'autre des parties pour s'investir dans le jeu. Il ne peut pas s'identifier à ce jeu. Il sait qu'il doit arbitrer tant que les énergies ont décidé de se faire la guerre et de se marquer des buts et des contre-buts et des pénalities. Il sait qu'il doit faire ce petit jeu, mais il sait en même temps que là n'est pas sa véritable mission. Il doit simplement veiller à la situation en attendant que ses deux enfants aient suffisamment grandi pour s'apercevoir de la fusion dont ils sont capables, du véritable jeu qui est à jouer.
Donc, lorsque l'on essaye de penser à la vie d'une manière plus spirituelle, il faut d'abord enlever de l'esprit cette idée que le Chemin est un chemin d'épreuves. C'est faux, complètement faux !
Je vous demande de rejeter toutes les philosophies, toutes les sectes ou toutes les religions qui sont fondées sur ce principe, car elles ne vous amènent pas à la libération ! Au contraire, elles vous amènent à devenir des individus de plus en plus névrosés, de plus en plus en conflit avec vous-même.
Vous ne pouvez même pas voir en vous ce qui ne va pas puisqu'avant que vous puissiez vous en apercevoir, vous savez déjà que c'est le mal.
Ce n'est pas le mal, c'est une compensation.
Compensations
Un homme qui a des compensations va être très attaché.
Je vais faire une parabole pour vous faire comprendre.
Prenons un fermier qui ignore complètement que la source, c'est lui. De manière régulière, chaque jour, il ressent la soif. Il voit aussi la soif de ses animaux et la soif des légumes dans son potager qu'il tente de faire pousser. [...]
[...] Il va y passer toute sa vie. C'est ce que font les disciples, toute leur vie ils cherchent l'eau partout !
Il y a celui assez intelligent qui va aller dans l'eau des montagnes parce qu'il se dit : “Dans une montagne, il y a toujours un petit filet d'eau qui coule !”
Il y a ceux qui se disent : “Eh bien je vais essayer de trouver d'abord une grande rivière et puis je vais construire un canal d'irrigation.”
Et puis il y a ceux encore plus fous qui se disent : “Eh bien, je vais aller carrément vers la mer et puis quand je serai à la mer, je prendrai cette eau, je me débrouillerai pour lui enlever le sel et puis je prévoirai toute une installation, que ce soit par train ou que ce soit à dos d'âne, pour remonter des conteneurs d'eau jusqu'à ma ferme !”
Et ainsi on voit les systèmes philosophiques inventer, chacun selon son style, selon son type d'erreur en fait, selon son type d'ignorance, des systèmes. Les uns les plus simples et puis les autres les plus compliqués et ne signifiant à la fin plus rien.
Et on voit ainsi le fermier passer sa vie à cette recherche. Et, pendant ce temps, qu'est-ce qui se passe à la ferme ? Eh bien tout meurt ! Lui-même est assoiffé, durant sa route il ne peut boire que quelques gouttes de rosée qu'il peut récupérer dans le calice des fleurs, mais ce n'est pas assez pour avoir de la force ! Tout son potager meurt, devient un désert, ses animaux aussi tombent en squelettes, et puisqu'il est parti depuis si longtemps sa maison est envahie par toutes sortes de rats, d'araignées, de mendiants qui n'entretiennent rien et qui brûlent même le peu de meubles qu'il possède !
Ce qui fait qu'une fois qu'il est désespéré, parce que voyant que construire des irrigations depuis la rivière, eh bien, c'est très compliqué, essayer de dessaler l'eau de la mer c'est très compliqué aussi et quand il voit que du haut de la montagne il ne coule qu'un tout petit filet d'eau, et que tout épuisé il rentre chez lui, eh bien, c'est pour trouver un espace dévasté. Et là finalement il meurt de soif, comme tous les autres hommes !
Que fait le véritable disciple ?
Le véritable disciple essaie d'être sensible à cette vérité première qui est cachée dans les grandes traditions de la planète. Je ne parle pas de religion, de système philosophique, je parle des traditions de la planète. Et des traditions il n'y en a pas eu 36 !
La Tradition
La Tradition est Une et une seule. Mais à chaque grand cycle, que l'on appelle aussi grande race, à chaque grand cycle il y a plus particulièrement une race qui est dépositaire de cette tradition. Et elle en est dépositaire tout autant qu'elle en sera digne !
Une fois que son niveau d'intelligence s'obscurcit ou qu'elle est envahie elle-même par des gens qui sont devenus de plus en plus, soit matérialistes, soit qui se sont permis de plus en plus de dénaturer la Tradition, en inventant des religions ou des sectes à la suite, eh bien cette grande race doit passer le flambeau à une autre. Même si les enfants ne prennent pas la totalité de ce qui est dans cette grande tradition, mais ils en prendront suffisamment pour que cela leur serve de point d'ancrage et de développement.
Pour l'heure actuelle, la Grande Tradition vient de la race aryenne. Plus précisément, et logé lointain dans le passé, les ancêtres de la race indienne. C'est pour cela que j'ai nommé la race aryenne.
Ce qui ne veut pas dire que les différentes traditions qui ensuite se sont révélées, éparpillées à travers le monde, comme des religions tout à fait récentes comme le christianisme ou la tradition musulmane - ce qui ne veut pas dire que ces traditions soient aberrantes et ne contiennent aucune vérité, mais ces traditions ne contiennent qu'une parcelle étroite de la Grande Tradition. Pourquoi ?
Parce qu'une Tradition c'est avant tout une philosophie, c'est une pensée. Tandis que les traditions qui sont venues à la suite, et qui se déroulent au fur et à mesure des différents peuples, qu'ils soient en apothéose ou au contraire en régression, ces différentes petites traditions ne sont pas des philosophies. Ce sont des actes de foi : “je crois”. Il y a toujours le credo qui est à la base de ces secteurs. Et on demande d'ailleurs à ces fidèles de faire preuve de leur foi, de témoigner de leur foi et de répéter des prières où l'acte de foi y est vécu comme un baptême. Il y a donc besoin de fidéliser l'individu, d'endoctriner l'individu.
Alors qu'une Tradition est une philosophie, on apprend à l'individu non pas peut-être tout de suite à penser à propos de Dieu, ni même à se conformer aux Lois Divines. On lui apprend d'abord qu'est-ce que l'Homme.
Voila ! Comment tu es, toi, comment tu fonctionnes, pourquoi tu as des orteils, pourquoi tu as deux yeux, pourquoi deux et pas quatre, à quoi servent les cheveux, pourquoi les dents ne poussent que deux fois, les dents de l'enfant puis les dents de l'adulte. Pourquoi est-ce que l'oreille entend ? Et comment cela se fait qu'en mettant une petite aiguille au bout du doigt, cela soigne mon rhume ou cela soigne autre chose ? Comment je suis composé aussi de façon invisible, donc. Et pourquoi j'ai des émotions, à quoi servent-elles ? Qu'est-ce qu'il y a tirer des émotions ? Et pourquoi j'ai une pensée ? Et pourquoi il y a des images dans ma pensée ? Et pourquoi je rêve ? Et comment je peux inventer des choses ? D'où cela vient lorsque j'invente ? D'où cela vient lorsque je peux créer des ponts ou écrire des romans ?
On parle d'abord de l'Homme, à l'Homme.
Puis lorsqu'il a bien compris de quoi il est fait, il soupçonne pourquoi il a été fait. Et, immédiatement, il aime Dieu, même si son instructeur ne lui a jamais parlé de Dieu, ne lui a jamais laissé même soupçonner qu'il existait un Dieu immense. L'élève, automatiquement, par l'ouverture de sa pensée, la correcte ouverture de sa pensée se dit : “Mais alors ! Non seulement je suis un Dieu moi-même, mais surtout je porte le Dieu qui est à renaître dans l'Univers ! Et c'est pour cela que je suis né. C'est en ce sens que je le sers.”
Dès que l'on a la pensée juste, on a l'Amour.
Dès que l'on a la pensée juste, on a la Libération.
Si je ne peux pas m'arrêter par exemple de boire de l'alcool, ce n'est pas parce que l'alcool me plaît tant, ce n'est pas parce que la chair est faible, ce n'est pas parce qu'un beau jour quelqu'un de mal intentionné m'a donné l'habitude de boire. C'est qu'il y a compensation, comme je l'ai expliqué tout à l'heure.
Mais à travers cette compensation, il y a tout mon aveuglement qui se jette à ma figure, toute cette ignorance qui se jette sur moi et qui me rend la vie insupportable ! Si bien que pour ne plus réfléchir à ce mystère désagréable qui est ma vie, la vie, je bois, je me noie. Et à force de me noyer, mon esprit peut en tirer un certain plaisir. Je battifole dans les bulles, il y a une certaine légèreté, je ne pense plus à ce malaise.
Chaque fois qu'on laisse un individu dans son ignorance, on le condamne à aller chercher toute sorte de satisfaction. On le condamne, donc, à vivre sa Matière de la manière la plus grossière. Et si on vient en plus par-dessus cette détresse, confirmer son ignorance en lui disant qu'il y a un Dieu en haut plein de sévérité, mais aussi plein d'amour, mais un Dieu exigeant qui demande que l'on ne succombe plus au plaisir des sens. Et que si l'on y succombe une fois ou deux, ma foi, comme il a suffisamment d'amour, il pardonne ! Mais à la troisième, c'est l'enfer ! À ce moment-là, en tenant de tels discours, on confirme son ignorance ! Et surtout, on lui donne le droit de rester ignorant. Et on lui dit en plus que c'est très bien, que c'est même comme ça qu'on gagne le paradis !
À ce moment-là, pas étonnant du tout que les endroits de prière, les églises, soient les endroits où il y a le plus de densité astrale. Et pourtant, c'est l'endroit où on y fait la messe, c'est complètement contradictoire !
N'allez surtout pas prier dans les églises, je vous en prie !
Il y a un amalgame astral et de l'astral le plus bas qui est absolument inimaginable pour un esprit neuf en ésotérisme. Un esprit qui ne sait pas comment les choses fonctionnent et qui pense que là où l'on prie Dieu, là où l'on célèbre Dieu, il y a forcément une présence divine. Faux !
Il y a une présence divine à l'endroit où l'on pense Dieu correctement, qu'on le célèbre ou pas, à la fin, cela n'a pas l'importance !
Mais à l'endroit où il se passe le contraire, alors il y a des déversements des différents corps astrals des personnes qui sont dans les pièces, chacune essayant par cette hostie de rejoindre Dieu. Et chacune ne pouvant pas s'élever, puisque ce sont des personnes encore coléreuses, ou dogmatiques, ou tyranniques, ou encore fortement sexuelles, ou encore fortement gourmandes, ou ne pouvant pas se séparer du paquet de cigarettes, ou de la bouteille d'alcool, etc. Donc dans cet effort de se subtiliser pour rejoindre un Dieu, et de demander pardon, en plus pour tous les péchés que l'on a commis dans la semaine ou dans le mois, eh bien, cela crée des déversements astrals nauséabonds pour ces lieux de prière.
Adhérances astrales
Ce qui fait que les endroits qui sont le plus à nettoyer ce ne sont pas les hôpitaux où les gens meurent, où viennent les gens les plus malades, mais ce sont les églises, croyez-moi ! Ce sont les églises !
Dans un hôpital, un homme qui est sur le point de mourir essaye de faire la paix avec lui-même, même s'il ne dit rien à son entourage, même s'il le garde bien caché, là, au fond de lui. Même s'il ne veut surtout pas donner satisfaction à la tante Adeline, ou au frère Jacques, ou à son père Christophe ! Mais au fond de lui, c'est un processus qu'il crée lentement à chaque heure, parce qu'il sait que son repos va passer par là. Même s'il ne croit pas à la survivance de l'âme, quelque part il se dit : “on ne sait jamais si on survivait, autant se faire une conscience claire !” Donc, à l'intérieur, il commence à desserrer l'étau.
Ce qui fait que les morts meurent toujours propres.
En une seconde on peut devenir propre, si on desserre cet étau.
Tant pis si on n'a pas eu le temps de dire à l'autre et de lui signifier que le pardon était accordé ! L'important c'est que le mort desserre cet étau, de façon à ce que son corps astral ne soit pas grippé à son corps physique. Parce que là, oui, cela produirait un problème !
Dans les hôpitaux il y a une énergie beaucoup plus transcendante, à cause de cette transcendance que représente la mort. Le dernier pardon est pas vis à vis de la famille mais vis à vis de soi. “Je me pardonne d'avoir été égoïste, je me pardonne d'en avoir voulu à l'oncle, au frère, au voisin !” On se pardonne à soi complètement ! Ce qui fait que l'on desserre les adhérences astrales que l'on a créé sur le corps astral des autres. Et si l'on enlève ces adhérences, eh bien on meurt en complète liberté.
Et cette liberté, c'est ce qui permet exactement comme la nuit lorsque l'on s'endort, c'est ce qui permet de remonter les Plans sans y être coincé et d'aller directement à l'endroit du repos que certains appellent par exemple Devachan mais que d'autres appellent le Paradis et que nous appellerons simplement pour nous aujourd'hui la Maison du Repos.
Si l'individu garde un certain nombre de ces adhérences et de ces fermetures, alors il sera coincé dans les plans qui correspondent à ces fermetures et ces adhérences. Et là, il va devoir y rester exactement comme un plongeur, qui doit subir les paliers de décompression. Il va y rester en attendant que l'énergie soit épuisée. Certaines énergies réclament des générations avant de s'épuiser ! Tout dépend en fait de l'ardeur de cette adhérence à adhérer, l'ardeur de cette fermeture à se fermer ! Et c'est pour cela que chez les âmes jeunes la réincarnation est une chose difficile !
On ne peut pas se réincarner si souvent ! Les âmes jeunes ont besoin d'un très grand écart entre chaque incarnation. Il se passe parfois plusieurs siècles, si ce n'est pas un millénaire complet ! Parce que cette âme n'arrive pas à décanter, elle ne peut même pas monter jusqu'à l'endroit du Repos. Alors un beau jour, le cycle de la Nature réclame quand même cette incarnation, alors que la décantation n'a pas pu se faire dans tous les plans et que même il n'y a pas eu l'occasion d'aller se reposer dans la Maison du Repos. D'un seul coup, voilà une âme qui étant en travail sur un certain Plan, à défaire certaines adhérences, se retrouve propulsée dans l'incarnation ! Et qu'est-ce que cela donne ?
Eh bien, cela donne des êtres avec des personnalités très troublées, des êtres à problème ! Ils viennent sans avoir eu l'impression de pouvoir se reposer, sans avoir pu décanter, sans avoir pu, donc, faire peau neuve. Ils viennent avec une peau déjà qui est ancienne, même s'ils n'ont pas beaucoup d'incarnations, mais ils rapportent des vieilles programmations. Et pas simplement pour articuler une nouvelle incarnation, mais vraiment, cela ce sont des vieilles informations qui donnent déjà une vieillesse même au nouveau-né. Ce qui fait que cet être nouveau va être rempli d'intolérances, des intolérances à ceci, des intolérances à cela. En grandissant, ils seront révoltés, révoltés contre tout et pas simplement par phase psychologique de l'adolescence, mais parce que véritablement c'est sa nature !
Il n'a pas pu faire peau neuve.
C'est un peu comme si on venait vous déranger dans votre sommeil pour vous demander tout de suite de retourner au travail à 3 heures du matin, sans que vous ayez eu le temps de faire peau neuve dans votre nuit. Alors vous serez fatigué, vous serez grognon, grincheux, vous allez mal manger, mal digérer, vous allez vous en prendre à tout le monde parce que vous êtes fatigué ! Eh bien il y a des êtres qui sont dans cet état-là toute leur vie durant, parce qu'ils le sont psychiquement. Ces êtres-là d'ailleurs en de nombreuses maladies, une fois qu'ils sont à peu près adultes, ils ont toujours mal quelque part ! Et ils n'ont pas une grande chance, ils n'ont pas un grand succès, parce que leurs énergies sont toutes gaspillées ou toutes usées pour un problème psychique particulier. Donc c'est tout autant d'énergie qu'il leur manque pour s'investir dans la vie et puis attraper la vie à bras le corps et en faire quelque chose.
Il faut donc enlever de l'esprit l'idée que l'on est testé, sous des prétextes spirituels, pour rejoindre Dieu ou la Divinité intérieure. Sitôt que l'on arrache cette idée, on se retrouve avec des énergies qui d'un seul coup ont doublé, doublé de volume, doublé d'intensité !
Les énergies subissent la pensée.
Si je pense que je suis laid, mes énergies vont subir ce poids, être usées par ce poids, être gaspillées, opprimées, oppressées et en plus que de laid, je vais devenir en plus triste. Parce que si je n'ai pas d'énergie, je vais être triste. Et si je suis laid et triste et qu'il me manque à ce point de l'énergie, en plus de tout cela dans mon histoire, eh bien je n'aurai pas de succès dans la vie. Parce que à certains croisements de la vie professionnelle, je ne vais pas avoir l'énergie qu'il faut pour prendre telle ou telle décision, dire “oui oui” à telle occasion parce que je ne me sens pas capable. Donc de laid, je suis triste, je deviens incompétent et inefficace. Et d'inefficace et de laid, de triste que je suis, eh bien je commence à me détester moi-même, c'est normal !
Tirons la conclusion jusqu'au bout ! Ce qui fait que l'on voit ainsi à 40 ans un homme ou une femme arriver dans le bureau d'un docteur ou d'un psychanalyste et avouer que si un train l'avait écrasé en arrivant, eh bien la personne aurait été fort contente de se libérer de ce poids qui est sa vie. Sitôt donc l'on pense à toutes sortes d'élimination, on ne cherche même plus, d'ailleurs, à recevoir la vie. Si les enfants réussissent à l'école, cela nous fait à peine un petit sourire.
On en devient en plus très égoïste, parce que sitôt que l'on se trouve laid, que l'on est triste, que l'on en devient incompétent et inefficace et que l'on pense à se suicider ou à se retirer de la vie, pour avoir la vie la moins compliquée possible - puisque l'on est inefficace, il ne faut pas risquer la vraie vie - eh bien l'on construit ainsi un être très égoïste, très égocentrique. Il ne considère que lui sa tristesse à cause de son gros nez qui en plus lui font rater les occasions professionnelles. À cause de ça, elle ou il n'ont pas pu épouser l'homme ou la femme idéale et ainsi on se raccroche à cet amour de jeunesse qui, s'il avait marché, nous aurait peut-être rendu heureux ou heureuse ! Et ainsi, en plus que d'égoïste, on se met à vivre dans le passé !
On se dit toujours : “Ah ! à 16 ans, si Denise ne m'avait pas piqué mon petit ami, j'en étais tellement amoureuse !” Ou bien si l'on est un homme, on pensera : “Si Albert ne m'avait pas chipé ma fiancée, c'était la seule qui aurait pu me rendre heureux dans cette vie, la seule qui me comprenait !” Mais si vous pouviez être une toute petite mouche et aller voir la vie particulièrement difficile et vicieuse que fait mener votre ex-fiancée, votre ex-petit ami à son actuel époux ou à son actuelle épouse, vous verrez à quel point vous avez été béni des dieux, à quel point vous avez évité le pire !
Mais quand on est inefficace, et triste, et laid, on pense toujours que ce qui était autrefois était mieux. On devient passéiste et l'on se dit qu'il y a toujours eu un mauvais diable pour nous empêcher d'arriver à ce que l'on voulait dans la vie. C'est forcément Albert qui nous a volé notre fiancée. Non, ce n'est pas nous-mêmes qui avons mal fait vis-à-vis de la jeune fille. Nous n'avons pas manqué d'éducation ! Nous n'avons pas manqué de raffinement ! Nous n'avons pas oublié de dire les mots qu'il fallait au moment qu'il fallait ! Non, nous ne sommes pas coupables de ces choses ! C'est la faute à Albert parce qu'il avait les yeux bleus !
De la même manière, la fille va aussi penser quelque chose de la sorte. C'est la faute à sa copine parce qu'elle avait des cuisses plus charnues, parce qu'elle avait des cheveux plus longs, et qu'à cette époque c'était la mode ! Ou parce qu'elle avait déjà une profession et que ça laissait ambitionner à ce futur mari qu'il allait avoir une collaboratrice et ainsi gagner beaucoup d'argent.
La femme ne va pas faire un regard sur elle-même et se dire : “Mais finalement j'ai mal parlé, systématiquement je l'ai blessé, systématiquement j'ai refoulé sa sexualité, systématiquement j'ai dit non ou j'ai dit oui quand il ne fallait pas, j'ai brisé la poésie !” Non, c'est la faute à l'autre ! Donc, quand au bout de 40 ans on tire une si grande conclusion, remplie de temps de lamentations et de choses que l'on a ratées ou que l'on nous a volées, pas étonnant que l'on soit en pleine dépression ! Pas étonnant du tout ! Pas étonnant que l'on ait les cheveux qui tombent, que l'on ait des problèmes ovariens ou des problèmes avec les hormones, tout rentre en désharmonie, c'est normal !
Ce qu'il faut, donc, c'est retirer l'idée de ce test.
Retirer l'idée du test
Et j'y tiens absolument parce que tout est lié ! Du fait que je pense que je vais être testé par Dieu, ou par les Maîtres si je m'intéresse un peu à l'ésotérisme. Je vais créer l'idée du Bien et du Mal et surtout je vais créer l'idée d'un Père auquel je dois obéissance, d'un destin que je vais devoir suivre, et automatiquement je vais créer toutes les autres petites pensées que je viens de vous élaborer un petit peu dans la discussion.
Automatiquement je prends trop conscience de moi dans les points négatifs que je peux répertorier. Automatiquement je me rends compte qu'il existe de la concurrence : les autres ou la Matière.
“Albert m'a volé ma fiancée !” ou bien “Ma personnalité m'empêche de méditer parce qu'elle ne fait que penser au pot de sucre ou à la glace à la vanille pendant que je médite, c'est un scandale !”
Sitôt que je crée l'idée du test, je crée l'idée du Père. Si je crée l'idée du Père, je crée l'idée de l'enfant inférieur. Et automatiquement je me noie face à un système qui va me réclamer énormément, alors que j'ai si peu à offrir selon ma conception. Je me sens terrassé par un modèle Divin qui va me demander tout, qui va demander que ma Kundalini monte jusqu'au coronal, qui va me demander que je n'ai plus besoin de sexualité, qui va me demander que je ne me nourrisse plus que de pois chiches et de riz complet, qui va me demander de méditer dix heures par jour ! Un système tellement fou, tellement loin de moi, que dès que je vais me considérer, moi, par rapport à cette spiritualité, par rapport à ce Dieu, je vais être complètement en conflit !
Ce qui fait que je vais faire des négociations avec Dieu. “Je vais lui dire, écoute, j'ai bien, hein ?, lu les différents livres que tu as bien voulu nous donner, nous envoyer. Il paraît que ça dépend des initiations. Celui qui est à la première, il aura encore pas mal envie de sexualité. Mais s'il fait aller telle chose, alors il peut s'en débarrasser. Mais celui qui est à la deuxième, il en veut déjà un petit peu moins. Donc moi, par rapport à mes besoins, je peux estimer que j'en suis, je dirais, tiens, à la un et demi. Ne soyons pas avares et estimons-nous au degré un et demi initiatique. Donc tu comprendras, Seigneur, qu'il te faut fermer les yeux sur ma chambre, lorsque le samedi soir, eh bien, je ne réagirai que d'après mon niveau initiatique. Et que donc je ferai de nouveau un enfant à ma femme !”
Et voici que l'on fait des négociations et que l'on fait, par la construction de la pensée, des petits tiroirs de déviation où l'on s'arrange, où l'on se trouve que si l'on fait que cela, c'est qu'à cause de ceci. Et si l'on fait déjà cela, eh bien c'est tant mieux à cause de cela. Et l'on se crée ainsi toute une structure où finalement l'on n'arrive plus à respirer, plus du tout. Il est impossible de vivre heureux tout en alimentant un tel système ! Un système si oppressant qui réclame tant de sacrifices, qui réclame tant d'observation, c'est impossible !
Alors la nuit, eh bien, la nuit, on rêve, c'est vrai !
Le rêve nocturne
Alors les jours où l'on n'aura pas été trop en conflit avec soi-même, eh bien on va rêver tout ce que l'on rêve effectivement d'avoir sur la Terre. On peut se voir passer des magnifiques vacances au soleil, ou bien on peut se voir en train de réfléchir à un sujet, de méditer sur un thème qui nous préoccupe objectivement.
Pour que la nuit ne soit pas le simple défouloir de la journée, il faut commencer par vivre correctement le jour.
Sinon la nuit sera toujours votre poubelle ! Hein ? Où l'on fait le cauchemar pour s'exorciser ! Où l'on fait des créations avec l'esprit pour s'imaginer être dans une superbe voiture parce que l'on ne roule qu'avec une carriole ! Il faut arriver à ne plus faire de la nuit une poubelle !
Ce qui veut dire que l'esprit est donc assez calme, assez riche pour se dégager des trois Plans qui composent l'Astral et arriver ainsi sur le Plan de la Conscience où l'on va tout simplement dormir en paix, en entendant la musique des sphères pour se régénérer, se laisser transpercer par toutes les énergies qui proviennent des planètes, du soleil, du Cosmos entier. Ou bien l'on ira suivre des cours que donnent certains guides de l'au-delà, ou bien l'on apprendra quelque chose qui nous tient à cœur et que l'on essaye aussi d'apprendre sur la Terre : l'art de la guérison, les mathématiques, on apprendra ces choses !
Les guides bienveillants cherchent les étudiants la nuit, ils passent avec leurs longues robes comme des lamentations, parce qu'ils voient que la route est vide, pas un élève arrive ! Ils sont tous là-bas dans la forêt astrale en train de se dépatouiller avec leurs envies, avec leurs peurs, avec leurs stress, avec leurs projections, avec leurs cauchemars, on entend des bruits impossibles à décrire, monter de cette forêt et pas un élève ne vient ! Et quand il en vient, c'est déjà 6 heures du matin, on sait qu'il doit revenir dans une heure, qu'il doit repartir dans son corps, pas moyen de lui apprendre quelque chose ! Vite ! Vite ! On lui montre une page, on lui dit deux-trois mots, soufflés bien au fond de l'oreille, mais pas assez de temps ! Alors, quand l'élève se réveille, il se dit : “J'ai rêvé, j'ai rêvé ! On m'a donné un cours ! J'ai rêvé, j'ai rêvé qu'on me parlait de quelque chose, pas moyen que je m'en souvienne !”
Et pourquoi tu ne t'en souviens pas ? Pourquoi ?
Uniquement parce que tu as pris trop de temps pour monter jusqu'à l'endroit de l'instruction, jusque vers ton Guide ou ton Maître, trop de temps ! Alors forcément, lui de 5 à 7, il ne peut pas t'enseigner des choses extraordinaires, et surtout tu n'as pas le temps d'entendre. Puis, de repasser par une phase de sommeil, qui servira de phase d'intégration jusque dans le cerveau physique, de façon à ce que lorsque tu te réveilles, tu aies une telle actualisation de l'événement que c'est comme si tu y étais toi-même !
Sitôt que l'on ne peut pas passer par cette phase d'assimilation qui nécessite une phase de sommeil profond, autant de l'esprit de synthèse que de la conscience objective, eh bien l'on ne ramène du rêve que ce que l'on peut ramener, des petites bribes. Parce qu'il n'y a pas eu le temps de décantation, il faut décanter quand on monte, il faut décanter quand on redescend.
Mais à la descente, c'est un problème d'assimilation, ce serait plus juste de l'appeler comme ça : assimiler. Il faut que le cerveau puisse recueillir les informations, celles-ci viennent du haut, mais il est prévu pour travailler de façon verticale. Le cerveau reçoit autant les informations en provenance du bas, c'est-à-dire du monde physique, émotionnel, etc., autant qu'il reçoit les informations en provenance du monde spirituel. Il est prévu pour. Il a deux côtés, c'est bien pour ça !
Le cerveau
Le cerveau est comme une fleur, cette fleur a besoin d'un certain temps pour s'ouvrir et laisser se déposer et intégrer. De la même manière, cette fleur a besoin d'un certain temps pour, lorsqu'il y a décantation, pour s'ouvrir et laisser s'évaporer.
Si l'on brûle les étapes, eh bien, on mélange les moments de décantation et les moments d'assimilation. Et c'est là que le rêve ne semble plus vouloir rien dire.
On se dit : “Je ne comprends pas ! Là, je suis en train de mélanger un moment intense où je voyais un être qui me décrivait un moment de sagesse, où il m'apprenait quelque chose, et, d'un seul coup, je me retrouve en train de conduire une voiture pour aller manger des chaussons à la crème chez mon ami Dorothée ! Alors Dorothée, il y a très longtemps que je ne l'ai plus vue ou bien elle est morte ou bien en fait elle n'est pas mon amie. Je ne vois pas ce qu'elle vient faire de Dorothée là-dedans ! D'un seul coup, alors qu'on est en train de me démontrer quelque chose, le magnifique à propos de l'avenir, mon avenir, l'avenir de mes amis ou du Monde, d'un seul coup, voilà que je me retrouve sur une bicyclette et que je vais dans un chemin et que je vole des pommes. Ce n'est pas ma nature de voler des pommes pourtant !”
Cela veut dire qu'il y a un mélange entre la décantation et l'assimilation. Et tout cela parce qu'on n'aura pas réussi à monter à temps vers le guide. En fait, le guide devra... et il le sait à ce moment-là il fait de la sorte parce qu'il ne peut pas faire autrement et puis il se dit il vaut mieux un tout petit peu que rien du tout. Il le sait qu'il va en fait mettre des aliments propres dans une assiette où il y a des aliments dans l'état de décomposition déjà. En fait, ce que vous allez manger en vous réveillant, ça aura un drôle de goût par endroits. Et qu'il vous faudra être vigilant et faire le partage.
En fait, l'on se présente : la nature humaine, toute la physiologie, le travail des glandes, tout ceci fonctionne comme une horloge et le corps est prévu pour réagir d'une certaine manière, réveiller ou endormir certaines glandes, fabriquer certaines substances ou pas, pour que, à deux heures du matin, le corps, de lui-même, relâche l'esprit et ceci uniquement par transformation chimique à l'intérieur du corps.
Un certain type de chimie retient l'esprit dans le corps et un autre terrain chimique expulse l'esprit hors du corps.
C'est ce que les yogis essayent de retrouver d'ailleurs lorsqu'ils jeûnent pendant tant de jours. C'est un exercice que je ne vous conseille pas ! Si vous n'avez pas certaines aptitudes, jeûner ne créera pas en vous le terrain chimique qui expulsera l'esprit loin du corps. Vous serez tout simplement affamé.
Donc tout étant réglé de façon minutieuse et tout devant passer par une réaction en chaîne. La réaction en chaîne, ici, se trouve être le terrain chimique du corps. Certaines glandes, un certain acide existe dans le corps qui va libérer l'esprit. Ceci va permettre à certaines glandes de se fermer. En se fermant, les amarres de l'esprit sur sa matière se rompent. Mais c'est une rupture qui n'est pas violente. C'est une rupture qui ne contient aucun danger. Ce sont des amarres, je dirais, facultatives. L'amarre la plus grande restant quand même l'amarre avec le chakra coronal pour plus loin s'enraciner dans la glande pinéale.
Certaines personnes vont trouver leurs racines dans le plexus solaire. Ce sont des très, très jeunes esprits. Ces individus-là, si on pouvait les passer au rayon X pendant la nuit, on les verrait enracinés dans le plexus solaire. Mais tous ceux qui ont un certain développement, une certaine maturité, sont arracinés par la tête.
Ce qui fait que normalement, pour tout individu normalement constitué, pour tout individu qui vit sa vie avec des conceptions justes - et Dieu sait que c'est rare ! - mais pour tout individu qui vivrait avec des conceptions justes, en essayant, non pas dans sa journée de se détacher des impulsions sexuelles ou des goûts que l'on a, ou des attitudes du caractère, mais tout simplement en essayant d'avoir l'attitude juste pour souffrir le moins possible et pour faire souffrir l'autre le moins possible, eh bien l'on verrait un esprit qui, ainsi, à deux heures du matin aurait suffisamment fait sa phase de décantation, pour aller s'instruire toute la nuit auprès de son guide ou de son Maître. Et ainsi l'individu reviendrait au petit matin en notant toute l'instruction qu'il aurait pu ainsi recueillir. Cela serait frais, net et clair dans son esprit !
Et de plus en plus, en développant cette particularité, il aura l'impression de ne pas avoir à passer par le sommeil pour rêver, c'est-à-dire pour décanter et passer dans l'autre vie. Il aura tout simplement l'impression de rentrer dans une profonde méditation et de partir !
Mais lorsque l'on a beaucoup de problèmes, notamment émotionnels, on ne peut pas passer par une phase de méditation et partir, c'est impossible ! Si l'individu en était capable, si on lui permettrait de le faire par une petite recette qu'on lui donnerait, ce serait un individu qu'on enfoncerait en très peu de temps dans la folie, la dépression, en tout cas dans une grave maladie, une grave névrose ! Pourquoi ?
Parce que tout problème émotionnel réclame un sommeil profond. C'est le seul moyen pour le corps astral de faire une halte, de décompresser et éventuellement même de se débarrasser dans le corps astral collectif de la planète, de ses différentes énergies.
Tout problème émotionnel réclame un sommeil profond.
Ceci se passe uniquement lorsque la conscience objective est complètement en dessous du seuil, de la veille possible. Donc c'est ce que vous vous appelez le stade du sommeil, l'inconscience.
Sitôt que l'on a réglé les problèmes émotionnels - et Dieu sait qu'ils sont nombreux car ils sont à plusieurs aspects, à plusieurs niveaux, parce qu'ils font partie aussi de certaines énergies que l'homme doit réintégrer pour faire naître son Christ intérieur et perpétuer ainsi la Vie Cosmique - Dieu sait donc que la phase émotionnelle va durer longtemps et représenter une grande partie du Chemin spirituel.
Donc comme la plupart des individus ont des problèmes émotionnels, des énergies à régler à cet endroit-là, la phase du sommeil est nécessaire.
Pour celui qui a réglé ses problèmes émotionnels, qui a réglé les négociations aussi que l'on fait avec le monde émotionnel, celui-là n'a plus besoin de dormir. Celui-là en même temps n'a donc plus besoin de rêver non plus parce que tout se passe à l'état absolument conscient et volontaire. Il rentre dans une profonde relaxation dans laquelle il glisse son corps et tout son système nerveux, il met donc son cerveau et son corps et son système nerveux au repos et lui il s'en va. On ne peut pas qualifier ça vraiment du dédoublement non plus, car ce n'est pas un dédoublement authentique comme ce que l'on imagine quand on pense au dédoublement : c'est-à-dire je sors d'un corps que je quitte. Ce sont tout simplement des corps supérieurs que l'on appelle le corps mental supérieur qui s'évade, tandis que le corps physique et le corps astral qui est lié au corps du système nerveux physique, ces corps-là restent dans la Matière, restent dans le monde. Mais un disciple de cette envergure arrive à dissocier son corps mental supérieur et ainsi partir avec lui.
Donc ce n'est pas un dédoublement, parce que l'on parle de dédoublement à notre sens lorsqu'il s'agit de sortir en corps astral. Là il s'agit vraiment d'arracher la vie au corps et c'est un exercice que nous ne conseillons pas du tout !
Dédoublement astral
S'exercer au dédoublement en astral n'est pas bon ni pour l'humain, ni pour la planète elle-même, ni pour même l'avenir spirituel de cet individu qui le pratique !
Il y a bien sûr une certaine fantaisie à le faire, il y a bien sûr une certaine aventure à le faire ! Faire tourner des tables, invoquer des esprits, ça représente une aventure, ça représente même certains points d'information, on apprend certaines choses lorsque l'on est débutant, cela sert, dans une certaine mesure, d'accord ! Mais le danger encouru est beaucoup trop grand par rapport au bénéfice que l'on peut en tirer et puis à la petite aventure que l'on peut en vivre !
Se dédoubler depuis le corps astral est une déchirure que l'on assène au corps physique, au corps éthérique et au corps astral lui-même !
Sans compter qu'une fois que l'on est dédoublé, selon que l'on a de la Maîtrise ou pas dans l'histoire, on ne saura pas se diriger. Et On risque d'aller n'importe où et d'être face à de véritables monstres, les monstres qui sont dans l'astral, l'astral inférieur et l'astral moyen.
Ou bien si l'on a quelques maîtrises là-dessus, on peut se hisser jusqu'au Plan Astral Supérieur mais c'est l'endroit de toutes les fabrications. Je pourrais avoir l'impression par exemple de visiter le château où se trouve le Graal sans que ce château n'existe, absolument pas, et sans que le Graal y soit et pourtant je vais voir ce château, je vais voir ce Graal ! Mais pourquoi ? Tout simplement parce que sur le Plan Astral Supérieur, le château et le Graal existent depuis des siècles, puisque depuis des siècles existe la légende de la Table Ronde et des Chevaliers de la Table Ronde ! Donc ne serait-ce que par l'acte de création des rédacteurs de cette histoire, dans le Plan Astral Supérieur qui est un Plan de création, le château existe et le Graal existe. Sans compter que depuis des siècles l'image est alimentée par les lecteurs de l'histoire !
Donc quand j'arrive sur mon Plan où il y a toutes les créations du monde et que je me promène avec mes petites ailes d'ange, qu'est-ce que je trouve ? Un château ! Qu'est-ce qu'il y a dans le château ? Le Graal ! Et pourquoi ? Parce que je ressemble à tous ces gens qui pensent au Graal ou qui ont écrit cette histoire ! Quelque part en moi, soit dû à une incarnation précédente, soit dû à mes intérêts actuels, je suis à la recherche du Graal, donc j'y tombe dessus, c'est normal !
Mais à l'instant où je vais boire ce qu'il y a dans le Graal, eh je ne vais pas être illuminé, je ne vais pas être régénéré. Lorsque je vais me lever, malgré tout le fantastique, le merveilleux état de grâce que j'éprouvais durant ce rêve, lorsque je serai de nouveau à mon bureau, je serai tout aussi irritable, désagréable. Cela ne va pas enlever mon avarice, cela ne va pas enlever mon manque de générosité ou ma colère, cela ne va pas enlever mon problème de chute de cheveux ou de la vue qui baisse ! Alors que si j'avais effectivement bu dans ce Graal, je n'aurais plus besoin de porter mes lunettes, mes cheveux auraient repoussé et je serais d'un visage rayonnant, je serais une nourriture pour tous dans mon bureau !
Donc, cette petite parenthèse pour vous montrer un petit peu tout ce qu'il existe dès que l'on s'intéresse à l'au-delà.
Donc j'en reviens à cet être qui, parce qu'il a réglé les problèmes... Et en fait le mot problème ne me plaît pas. Je dirais plutôt à régler les inconnus que représente le monde émotionnel.
On a des problèmes que si l'on ne comprend pas comment on doit être en relation avec son mari, avec son épouse, avec ses enfants, avec la société, avec Dieu. Si je ne peux pas concevoir cette relation de la façon la plus juste, eh bien l'énergie n'est pas libératrice, au contraire, donc je crée un problème et je me retrouve avec un problème affectif ou un problème émotionnel et là-dessus je dois travailler.
[...] parce que le Maître ne peut pas m'instruire tant que je ne sais pas être en relation juste avec le monde, avec l'autre et avec moi-même.
Donc je dirais que le premier stade de l'initiation aujourd'hui pour le disciple, c'est d'apprendre par une juste conception, apprendre à être dans une juste relation.
À partir de ce moment-là, toutes les énergies, comme sous l'effet d'une baguette magique, tap tap tap tap tap, se remettent en place ! Et c'est d'un soleil qui d'un seul coup voit autour de lui se distribuer tous les rayons, alors qu'autrefois ils étaient dans tous les sens, certains même étaient partis très loin ! C'était un soleil sans rayon. Pas étonnant qu'il ne rayonnait pas ! Mais sitôt que j'ai l'idée juste, la relation juste, mon soleil devient le centre, les rayons viennent s'accrocher à lui et le mental est clair !
Le Mental Supérieur, l'Intelligence
J'entends par mental en fait l'intelligence humaine. L'intelligence qui permet au disciple de venir ou d'être un philosophe et pas simplement par brio-intellectuel mais par intuition, par sensibilité intérieure.
À ce moment-là, mon corps mental-supérieur, soit mon corps intuitionnel, celui qui est le véritable corps de l'intelligence de l'âme, celui-là commence à voyager partout. Il n'a plus de limites ! Il ira sur toutes les planètes, il ira même vers d'autres systèmes solaires, il ira même fouiller le passé, il ira voir dans les Archives, il ira voir comment vivaient les Atlantes, il ira voir comment s'est fabriqué la première cellule humaine ! Et quand il reviendra de voir tout ça, il ne dira rien. Rien ! Parce qu'il sait qu'il n'a pas le droit. Non pas parce que les enfants qui dorment ne comprendraient pas. Il n'a pas le droit parce qu'il sait que tant que l'on n'a pas réglé des problèmes de conception et des problèmes d'émotion, la Connaissance est refusée, systématiquement, la Connaissance est refusée.
Et c'est ainsi que sur la Terre après, on a accès à des connaissances inférieures.
À chaque cycle, ces connaissances dites aussi exotériques deviennent de plus en plus ésotériques, c'est-à-dire que l'on cède plus volontiers à travers les millénaires des petits bouts de la Sagesse Éternelle, des petits bouts de la Connaissance Véritable et on les fait passer un petit peu plus dans la masse.
En même temps que cela peut sembler servir, cela sert très peu ! Car très peu ont les yeux suffisamment ouverts pour même s'apercevoir du petit joyau qui est par ci, par ci, par là ! Mais quand même, sur le nombre d'individus, il y en a toujours une poignée qui sait ouvrir les yeux et pour qui cela accélère le processus, non seulement spirituel, mais pour le processus spirituel, cela accélère le processus de conception juste.
Tout est au niveau de la tête !
Nous n'avons aucun problème spirituel, aucun !
Si l'homme se permettait de vivre comme un élément naturel, il serait éminemment spirituel. Simplement, voilà qu'il se met à penser, il se met à organiser des systèmes parce qu'il ne supporte pas de ne pas encore savoir, de ne pas encore être initié, de ne pas encore avoir la réponse et de part cet acte d'humilité, de poser le pied par terre et de dire : “Bon je ne sais pas encore mais faisons comme si je savais et agissons de telle et telle manière.” Il n'est pas humble. Il se dit : “Je ne sais pas, alors imaginons que ce soit comme ceci et comme cela !”
Il envoie ainsi des philosophies et des religions, parfois fort célèbres, perdurer même à travers plusieurs siècles. Elles s'érigent et, en fait, ne constituent que des sociétés malades où il y aura des tensions énormes entre toutes sortes de pouvoirs ! Parce que sitôt qu'une philosophie tombe de sa philosophie pour devenir un credo ou une religion, elle va réclamer un pouvoir pour exister, c'est normal !
Si cette philosophie qui a chuté, ne s'articule plus qu'au niveau de la croyance, elle a donc besoin de la croyance des autres pour exister. Si bien qu'il sera exercé une violence sur les potentiels fidèles et que l'on essaiera de les convaincre. Et que, pour maintenir ce troupeau, il faudra les instruments du pouvoir. Et c'est pour cela que généralement sitôt que l'on crée un pouvoir religieux, on crée un pouvoir politique.
S'il n'y avait jamais eu de religion sur la Terre, il n'y aurait jamais eu de politique, l'un vient de l'autre.
D'où l'on peut imaginer le karma qu'auront les différentes religions, chacune à leur tour, pour évacuer tous les drames sociaux, qu'ainsi, de manière aveugle, elles ont créé en constituant, par opposée, la politique. C'est l'histoire de nos deux équipes de football de tout à l'heure : sitôt que une existe, l'autre se met à exister aussi et uniquement à cause de ce concept qu'est le pouvoir.
Le pouvoir
Mais le pouvoir sur quoi ? Hmm ? Réfléchissons !
Pourquoi le pouvoir à ce moment là intervient, pourquoi est-ce qu'il est créé de cette manière-là par les deux parties ? Le pouvoir sur qui ?
Sur vous !
L'église a le pouvoir sur vous ! Sur votre esprit, votre croyance ! Le rituel qu'elle vous demande, c'est un pouvoir sur vous ! Il faut que vous obéissiez, pour obéir il faut y croire ! Donc il est important qu'elle vous opresse pour vous faire croire à telle chose ! Pour que vous fassiez telle chose ! De manière à ce que l'église soit nourrie. Ainsi l'église n'est plus la représentante de Dieu, elle devient une divinité. Et alors que la plupart des chrétiens essaie d'être au-dessus, au-dessus de la religion où il existe plusieurs dieux, au-dessus de la religion où l'on rend service à plusieurs dieux, où l'on sacrifie à plusieurs dieux, eh bien cette même église qui dit être monothéiste, qui dit vouloir prier un seul Dieu, se met à créer une divinité qui est elle-même. Si bien que le religieux doit dire : “Et je crois en Notre Mère l'Église !” Si ce n'est pas faire offrandre à une divinité, que l'on me prouve le contraire !
Ceux qui sacrifient des coqs ou des chèvres ou qui offrent des fleurs à toutes sortes de divinités qu'ils estiment être dans le Ciel, sont encore plus développés ! Parce qu'au moins ils estiment rendre hommage à un Dieu qui est une énergie, qui a le pouvoir par exemple sur la marée, ou sur la pluie, ou sur les beaux jours à venir... Tandis que là pour les chrétiens il s'agit de rendre hommage uniquement à une hiérarchie d'hommes qui constitue une église, qui se divinise elle-même ! C'est encore plus aberrant !
Et ce qui est encore plus aberrant c'est que des gens ont encore plus évolués que ceux qui sacrifient des chèvres et des coqs n'aient pas vu, là, cette étrangeté philosophique, cette aberration philosophique !
Comme quoi lorsque l'on ne demande à un homme que de croire et que l'on ne le rende pas connaisseur et connaissant, on peut lui faire croire n'importe quoi ! Il ne se réveillera jamais !
Donc c'est le pouvoir sur vous dont il s'agit !
Ce n'est pas à dire un pouvoir quelconque que des êtres qui se trouvent à la tête de la nation ou à la tête de l'église s'imaginent avoir dans leur esprit névrosé. C'est le pouvoir sur vous que vous leur donnez ! Que vous fabriquez et que quelquefois même vous réclamez !
Un homme politique règne sur quoi ?
Est-ce qu'il règne sur ses champs ?
Est-ce qu'il règne sur ses rivières ?
Est-ce qu'il règne sur ses forêts ?
Non !
Les champs, les rivières et les forêts se moquent des rois. L'arbre pousse quand il veut, il se déracine quand il y a trop de vent ! La rivière déborde quand elle veut, quand il y a trop de pluie ! Le champ fait pousser les fleurs qu'il veut, si le roi veut des tulipes on lui envoie des boutons d'or et le roi n'a qu'à se contenter de ça ! Un champ n'a jamais obéi à un roi ! Donc ce n'est surtout pas sur les plaines et les montagnes qu'un roi règne !
Il ne lui reste qu'à régner sur les hommes ! Qui, soi-disant, se trouve plus intelligent que les moucherons, les boutons d'or ou les tulipes ou les petites gouttes d'eau de la rivière. Ils sont plus intelligents, c'est vrai, ils peuvent, par moment d'intelligence, fabriquer des maisons, fabriquer des églises, des ponts, fabriquer des avions ! Mais le plus intelligent est en même temps le plus bête du royaume ! Le plus bête !
Parce que lui ne peut pas déborder quand il veut. Il ne peut pas se mettre à produire des boutons d'or si on lui demande de produire des tulipes. Hein ? Allez à votre travail et au lieu de faire votre travail, allez planter des choux dans le bureau même qui est à l'endroit de votre travail. On ne vous comprendra pas du tout ! Quand on vous verra arriver avec des sacs de terreau pour planter vos choux : “On se dira il a un problème en voyant le chez le psychanalyste ! Il ne suit pas l'ordre des choses ! Le voilà, planteur de choux ! Dans un bureau, il n'y a que des secrétaires !”
L'homme ne peut pas se permettre ces débordements.
Ça veut dire quoi ?
Réfléchissons ensemble ! Parce que là il y a quelque chose de très précis à comprendre.
Ça veut dire quoi ?
Ça veut dire qu'il n'est pas libre !
La rivière est libre, même si un jour elle risque de s'assécher. Mais si elle s'assèche là, à cet endroit, sur la terre, c'est pour couler plus fort quelque part loin dans les entrailles de la terre à travers des grottes ! L'eau va partout ! Ce n'est pas une rivière qui s'assèche en fait, c'est que l'eau va ailleurs !
Le champ est libre de faire pousser ce qu'il veut ! Les nuages sont libres d'aller pleuvoir où ils veulent ou de retenir leur eau pour aller pleuvoir ailleurs !
Et l'homme, lui, est contraint, tous les matins, de prendre son train, de prendre son autobus, de prendre quel que soit son véhicule, de respecter son heure, de respecter l'entrée de l'endroit où il travaille. Il ne peut pas rentrer par un autre endroit. Même l'entrée est canalisée ! Il ne pourra pas prendre les différentes petites entrées de service. C'est la grande entrée des employés. Il devra, ou pas, pointer. Il devra accomplir un certain rendement. Il devra toute la journée avoir un certain style, et une certaine tenue, car on n'est pas secrétaire pour s'habiller n'importe comment, ni pour parler n'importe comment ! On n'est pas secrétaire non plus pour mettre les pieds sur le bureau pendant un quart d'heure ! On n'est pas secrétaire non plus pour taper sur l'épaule de son patron, même à l'instant où l'on sent que, parce qu'on a bien plaisanté avec lui, on l'aime beaucoup. On est secrétaire pour être d'une certaine manière, avoir un certain langage, une certaine tenue !
Et ainsi, l'homme se fait programmer sans arrêt, sans arrêt ! Pour le travail, pour la famille et même pour sa condition d'être humain ! Parce que si cela s'arrêtait au travail, si cela s'arrêtait à la famille et aux amis, je dirais que l'homme ne serait qu'à moitié malade ! Mais voilà que la spiritualité s'empare de lui aussi, et va le névroser, le programmer tout autant en lui disant : “il y a un Diable et un Bon Dieu, un paradis et un enfer, quitte ou double ! Tu passes, tu gagnes ! Et si tu veux gagner, si tu veux passer, voilà ce qu'il faut faire ! Ne plus te rassasier de gourmandises, ne plus regarder la peau des filles et toi la fille ne plus regarder les beaux yeux des garçons et puis surtout distribuer tout ton argent, ne rien garder pour toi-même et y avoir toujours de bonnes pensées pour celui qui souffre, etc.”
Tout un programme de nouveau ! Ce que tu dois faire, comment tu dois le faire ! Et si tu es spirituel, ne te promène pas en complévestant avec une cravate ! Mais plutôt des vêtements larges avec les couleurs douces et des couleurs qui ne sont quoi ? Que le reflet d'une mode spirituelle de l'époque.
Qui vous dit que là-haut à Shambhala, les Maîtres ne sont pas tous en complet veston avec cravates et attachés-cases ? Qui vous dit le contraire ?
Les Maîtres
Ce serait étonnant ! Mais qui vous dit qu'au lieu de Shambhala, ce ne soit pas dans un immeuble d'une ville que les Maîtres se réunissent chaque année pour tenir conseil ? Qui vous dit qu'ils ne sont pas, à cet instant même, l'un dans un train pour aller quelque part, l'autre dans un avion, un autre sur un bateau, chacun se rendant en des points différents de la planète pour y œuvrer ?
Pourquoi les imaginer toujours dans leurs dentelles angéliques, entourés de rosiers épanouis, enchantés par le chant des anges, le jardin chevauché par des gazelles, attendant le bon disciple qui a vaincu sa chair ?
Si le Maître est un Maître, c'est pour agir !
D'autant plus que les Maîtres vous ont donné preuve de leur action à travers les siècles. Ils ont répandu des connaissances, ils ont bien prouvé là qu'ils étaient des êtres d'action !
Ce que l'homme voudrait le plus, c'est bien sûr de voir le Maître. Le voir prendre une part active, par exemple dans une nation, le voir devenir premier ministre ou même président !
Mais ce sont des postes tellement inférieurs que le Maître ne peut pas se permettre de les tenir. Devenir par exemple président d'une nation, pour un Maître, c'est une chose impensable !
Il fait mieux de travailler en secret, avec certains hommes politiques ou avec certains grands industriels, pour préparer un avenir meilleur en, petit à petit, par la collaboration leur imposant une vision futuriste et progressiste du monde, sans pour autant se révéler comme étant un Maître. Il est obligé parfois de jouer à un certain jeu comme les autres et de devenir un grand industriel lui-même. Mais quand on cherche où est son industrie, on ne la trouve pas ! Il est simplement à la tête. Comment il est devenu à la tête, on ne sait pas ! Personne ne sait expliquer !
Simplement par argent, un jour, il a réussi à acheter suffisamment de parts pour se trouver à la tête d'un certain royaume financier et, depuis là, essayer de divulguer des idées progressistes et moins égoïstes, chez des gens qui eux aussi sont des industriels de haut niveau, des financiers de haut niveau mais qui ne feraient tout que par égoïsme.
Bien sûr, il ne faut pas croire que tous les financiers de haut niveau soient des Maîtres comme je le décris ! Il y en a toujours un dans chaque secteur.
Il y a un Maître dans le monde financier qui prend corps et qui est financier lui-même autant que les autres et qui ne se révèle pas en tant que Maître, qui ne se révèle qu'en tant que financier mais qui essaye d'influencer les autres d'idées progressistes. De la même manière, dans les autres secteurs ou même le secteur politique, il y a aussi un Maître en incarnation, et qui est accessible par tout le monde mais qui ne se révèle pas en tant que Maître de philosophie, qui se révèle en tant que grand moraliste, grand directeur de conscience et il n'est pas en relation avec la masse, avec le peuple, il n'est en relation qu'avec les hommes politiques. Ainsi de suite jusqu'à ce que tous les plans soient couverts.
Sortir au point de devenir visible aussi pour la masse, ça ne représente aucun avantage pour le Maître. Au contraire ! Non pas parce que la masse causerait un problème, pas ça du tout. Mais parce que son influence sur les hommes de tête ne serait plus du tout la même.
Je vous explique, parce que je veux que vous compreniez cette chose de façon à ce que vous ne soupiriez pas de déception. Hein ? Je veux que les choses soient claires !
Politique
Imaginons un Maître en incarnation qui a décidé sur le plan politique d'insuffler aux différents hommes politiques actuels, dans un certain pays, des idées progressistes, des idées chaque fois d'une démocratie la plus avancée en même temps que très sociale. Si cet homme, si ce Maître rentre dans le jeu politique au point de vouloir, par exemple, devenir un premier ministre ou un président, il va devoir jouer à un certain jeu. Le seul jeu qui permet de devenir président. Et c'est ce jeu-là qui va avilir son travail et qui ne lui permettra même pas d'exécuter son travail, puisqu'il devra jouer un jeu politique. Qui est tout simplement le jeu des relations, puisque aujourd'hui on ne peut être élu qu'avec le soutien d'un parti et un parti qui est riche en plus que populaire. Donc il va avoir tous les problèmes de trouver de l'argent pour son parti, de financer les élections, d'avoir un certain langage, ou une certaine dialectique auprès du peuple, qui fasse le poids contre la dialectique de son concurrent, ce qui fait que, là, l'intérêt du peuple n'y est plus car il s'agit simplement de défier un concurrent par l'intermédiaire de la dialectique. Le poireau au milieu étant le citoyen, qui lui va voir comme un match de tennis lequel va dire le plus grand rêve par rapport à l'autre.
Un citoyen ce n'est pas un votant en fait ! Un citoyen c'est quelqu'un qui dit à des candidats à la présidentielle : “Quel est celui d'entre vous qui me fera le plus rêver !” C'est ça que réclame un citoyen, c'est le rêve !
Parce qu'encore une fois par l'idée du pouvoir et l'idée d'un Dieu paternel, il s'assoit aux pieds du président comme aux pieds de Dieu : “Le président connait tout ! Le président sait tout ! Il sera capable de tout, il prévoira tout, il pourra tout faire ! Et moi j'ai qu'à voter pour lui !” Une seconde de réflexion pour sept ans ou quatre ans ou dix ans de tranquillité ! Pendant ce temps le président s'occupe de tout et se soucie de tout, si ça va mal c'est moi qui vais crier, je vais tout lui reprocher !
C'est un comportement enfantin ! C'est l'enfant qui réclame tout à ses parents ! Et qui lorsqu'il voit que son père et sa mère rentrent tard le soir parce qu'ils sont sortis avec des amis et que lui s'est ennuyé à la maison, il le reproche à ses parents ! On veut un système parfait, un père parfait, un président extraordinaire !
Si l'on était logique avec soi-même et que l'on voudrait vraiment un Dieu parfait, un père parfait, un président parfait, eh bien c'est vrai, on se débrouillerait pour trouver tous ces gens-là, pour créer ce système. Mais ce qui motive cette aspiration n'est pas l'intelligence, c'est une pensée erronée. Ce qui fait que l'homme va systématiquement mal construire, mal choisir, mal voter et mal aimer son Dieu, puisque c'est une pensée erronée qui est à la base de sa motivation.
C'est-à-dire : “Moi, je ne fais rien et l'autre fait tout !”
Le président va tout prévoir, mon père va ramener tout l'argent nécessaire et me pourvoir de toute l'éducation la plus magnifique et la meilleure. Et Dieu me donnera en plus ou le samadhi si l'on est spirituel ou le paradis si l'on est religieux. Et pour avoir ces choses, eh bien, il y a des contrats. Hmm ?
Si je veux que mon président m'apporte telle et telle chose, il va falloir qu'il me le promette ! Et je suis tellement enfantin que je suis sûre que sa promesse va me le faire obtenir ! Si je veux que mon père m'apporte la meilleure éducation et tout l'argent qu'il faut à la maison pour vivre, alors je lui dois l'obéissance et je vais la lui fournir. Et je vais lui dire même, de temps en temps, pour le flatter, pour qu'il soit content de ses sacrifices : “Papa, tu es le meilleur papa !”
Et on invente la fête des pères ! Parce qu'il faut que la conscience collective se défoule, n'est-ce pas ! Et vive ses rêves ! Alors il y a la fête des pères, il y a la fête des mères, comme ça, les papas et les mamans sont très contents de leurs sacrifices, les enfants les flattent et les parents ainsi continuent à nourrir ce rêve et cette diversion !
Et de la même manière, vis-à-vis d'un Dieu qui doit nous donner ou le samadhi ou le paradis, eh bien on va s'imaginer que l'on doit être très obéissant. Se priver de toutes les choses en provenance du monde physique, que l'on va devoir faire des séries de prières, des séries de méditations pour exalter son âme jusque vers Dieu...
Chaque fois, donc, je vais donner quelque chose pour obtenir de celui que j'ai placé à un poste plus grand que moi !
Moi je ne sais pas prévoir l'avenir, il y a des millions d'habitants dans mon pays, moi je ne suis qu'un parmi des millions, je ne sais pas prévoir l'avenir de mon pays ! Alors,du simple fait que je pense “je ne sais pas faire ça”. Je me dis, il me faut un président et je vais lui obéir pour qu'il fasse ce travail-là.
L'enfant se dit : “Moi je ne sais pas, étant la société, aller travailler, gagner mon pain et puis comprendre les gens, il me faut un père qui me nourrit, c'est qui m'éduque.” Et l'enfant n'existe que parce qu'il imagine que son père le nourrit et l'éduque. Le système de l'enfance, le concept, l'état d'enfance, n'existe que à cause de cela.
De la même manière, je me dis : “Aïe, aïe, aïe ! C'est embêtant, mais je vais mourir ! Tout le monde meurt, je le vois bien autour de moi, il n'y en a aucun qui revient, tout le monde y passe, moi je vais y passer aussi, c'est très embêtant ! On me parle de réincarnation, c'est bien joli mais ça ne me donne pas quand même la conviction suffisante pour mourir tranquille ! Il faudrait que Dieu m'accorde le samadhi, comme ça je ne meurs plus ! Ou que Dieu m'accorde le paradis, comme ça je ne reviens plus ! Ainsi je n'ai plus à mourir. Et pour satisfaire ce Dieu qui doit m'accorder tout cela, moi en attendant je vais essayer de mériter mon samadhi, je ne mange que du riz complet, des poires au bouillis, je ne regarde surtout pas les filles ou bien je ne regarde que les plus moches, comme ça si j'ai la tentation Seigneur ce n'est pas avec le pire quand même !”
Et ainsi on fait des tas de négociations et on s'aperçoit, au bout du compte, qu'un être humain n'est qu'un amas de négociations, plus ou moins vicieuses, rusées, complexes mais chaque fois hypocrites et inintelligentes !
Alors quand un homme qui veut faire de la spiritualité ou qui veut par l'intermédiaire des rêves rencontrer une partie élevée de lui-même, rencontrer même le Maître, il faut commencer par voir toutes les hypocrisies que l'on contient, toutes ces négociations hypocrites que l'on fabrique et qui sont engendrées par la peur sans cesse ! Vous n'êtes pas hypocrites parce que vous êtes vilains, des affreux canards de la mare terrestre, des affreux canards qui ne cherchent que leur bon commerce chaque fois sans trop se fatiguer. Ce n'est pas de cette hypocrisie là dont je vous parle. Vous êtes hypocrites parce que vous avez peur !
Peurs
Alors en plus de l'hypocrisie, votre prochain pas vers la prise de conscience, c'est de vous rendre compte que vous êtes des hommes et des femmes remplis de peurs. Des peurs de toute sorte.
La peur de demain, c'est pour ça que je vote pour un président.
La peur de mon patron, c'est pour ça que je m'inscris à un syndicat.
La peur du chômage, c'est pour ça que je fais des économies.
La peur de la mort, c'est pour ça que je me mets à croire en un Dieu !
Car si l'on observe la motivation véritable de la plupart des fidèles, des croyants et des spiritualistes sur la Terre, c'est quand même la peur de la mort qui les motive pour le plus grand nombre !
S'il n'y avait pas la peur de la mort, personne ne se soucierait de Dieu !
On lui dirait : “sur ton grand balcon, là-haut reste tout seul, tu as fait la vie si belle, on n'a plus besoin de toi !”
Mais voilà, il y a un truc, il y a un hic : on meurt !
Cette instabilité est insupportable pour l'esprit humain qui va toujours chercher la stabilité.
Alors il faut trouver un dieu grand, magnifique, éternel, même s'il est sévère, tant pis, même s'il nous castre, tant pis, même s'il nous affame, tant pis, du moment qu'il nous rend éternel !
“Ouf ! Je l'ai échappé belle, hein ! Parce que en allant exercer ma sexualité, parce qu'en buvant, en mangeant, en parlant mal, j'allais vers la tombe, figure toi !” C'est ce que vous disent les chrétiens !
“Mon Dieu, quand je pense à la vie que j'avais, je buvais, je fumais, je sortais avec les filles ou avec les garçons. J'allais dans toutes sortes, l'aventure amoureuse, je ne pensais à personne. Mon Dieu, mon Dieu, quand j'entends maintenant la parole de Jésus-Christ, je m'aperçois que j'allais vers la damnation éternelle ! Voila !” Voilà ce qui a motivé cet individu. Ce n'est pas l'amour de Dieu, un surplus d'amour qu'il avait pour le monde et qui en plus allait vers Dieu. Mais non, ce n'est pas une question d'amour. L'amour de Dieu, on s'en moque ! On se moque de Dieu comme de sa dernière chemise, dans laquelle en plus on a craché !
C'est de la mort qu'on a peur ! On ne veut pas mourir ! Et pour ne pas mourir, on est capable même d'aimer Dieu !
C'est fou comme les vocations s'éveillent dès que le croque-mort passe ! C'est le plus grand initiateur le croque-mort ! Il devrait en avoir plus sur la Terre. Il devrait être présent partout et faire son défilé avec son cercueil sur ses petites roulettes. Il devrait rappeler, chaque jour, à 8 heures du matin quand tout le monde va travailler, se préoccuper de gagner son argent ou de se tirer les rides ou de se faire le dernier coup de crayon pour être plus beau ou plus joli.
À ce moment-là, tout devrait s'arrêter !
Un glas devrait sonner et on devrait regarder passer le croque-mort, avec sa petite clochette qui dirait : “Vous êtes le prochain, Monsieur ! Vous êtes le prochain, Madame ! Ne soyez pas impatients ! J'arrive à mon heure ! Oyez ! Oyez ! Vous êtes le prochain, Monsieur ! Vous êtes le prochain, Madame !”
Si chaque jour, l'on verrait ce croque-mort passer et nous promettre l'heure de la mort véritable, on vivrait mieux parce qu'en même temps que l'on a peur de la mort, de façon paradoxale, l'esprit humain qui est si tortueux et si inventeur de toutes sortes de négociations et de rêves et de fuites et de projections, se met à fuir la mort ! Si bien qu'en ayant peur de mourir chaque jour, il se met à vivre de manière désordonnée pour aller vers une mort chaque fois plus profonde ! Si bien que celui qui a une peur morbide de mourir, c'est celui là même qui va le plus risquer sa vie dans toutes sortes d'aventures. C'est celui la même qui va fumer jusqu'à ce qu'il ait le cancer du poumon. C'est celui la même qui va boire d'une manière si désespérée qu'il va en mourir !
Et quand on lui dit :
Alors un sage qui passe par là lui dit : “Mais puisque tu vas mourir, tu le sais, ça ne te plaît pas, d'accord ? Mais tu sais que tu vas mourir. Mais entre l'instant où tu nais et entre l'instant où tu vas mourir, tu as toute la place pour vivre ! Alors pourquoi est-ce que tu ne vis pas maintenant ?”
Mais l'ivrogne est tellement triste, parce que tellement enchâssé dans sa peur, il est tellement triste qu'il ne remarque pas la porte ouverte pour vivre. Et pour en fait, renverser la donnée et s'apercevoir qu'il n'y a pas un instant où il naît, un instant où il meurt, qu'il y a toute la vie partout, même à l'instant où il quitte son corps.
Ainsi, la société serait transformée, les hommes politiques n'existeraient plus, les religions non plus, l'idée du pouvoir disparaîtrait complètement.
Qu'est-ce que l'idée du pouvoir, le concept du pouvoir ? Qu'est-ce qui fait que les églises, autant que les politiciens, que les financiers, que tous ceux qui ont une occasion de régner veulent régner ? Qu'est-ce que c'est cette énergie qui leur fait soupçonner l'idée du pouvoir et créer le pouvoir ?
Réfléchissez ! Qu'est-ce que c'est ?
Je vais essayer de vous le faire découvrir avant de vous le dire.
Que crée comme sécurité l'idée du pouvoir ? Je prends celui qui a le pouvoir, pas celui qui est gouverné. Parce que jusqu'à un certain point, ils se ressemblent, mais celui qui gouverne, à un moment donné, a d'autres idées, un autre tempérament.
Quelle sécurité crée l'idée du pouvoir pour celui qui règne ?
C'est quelque part, par l'idée et le sentiment du pouvoir, créer une mémoire. Donc, frôler l'immortalité.
Immortalité
“J'ai tellement de pouvoir que je me sens grand. Et par cette grandeur, il me semble pouvoir soupçonner et goûter l'immortalité.”
Donc encore une fois, la création du pouvoir, de l'idée et du sentiment et de l'exercice du pouvoir, c'est une réaction de peur contre la mort. Et autant que la mort existe de nos jours, autant les pouvoirs existent.
Vous voyez bien que dans le monde, tout n'est que querelles de pouvoir ! Pouvoir religieux, pouvoir politique, pouvoir financier, pouvoir commercial, pouvoir culturel. Tous les peuples réclament le pouvoir de s'autodéterminer eux-mêmes !
Les Espagnols veulent être plus qu'Espagnols, les Corses veulent être Corses, les Chinois très Chinois, les Indiens très Indiens, les Anglais très Anglais, les Américains ne veulent plus rien avoir avec les autres ! Chacun s'autodétermine puissamment pour avoir le pouvoir de s'autogérer. Pouvoir s'autogérer, c'est avoir le pouvoir de vie et de mort sur soi.
Pouvoir s'autogérer, c'est avoir le pouvoir de vie et de mort sur soi.
Dans un premier temps, on pourrait dire que c'est un avancement par rapport à ceux qui au contraire cherchent à aller voter pour un président et qui vont donner le pouvoir aux autres.
Je dirais oui et en même temps je dis non.
Je dis ça paraît être une évolution mais en fait c'est une crise psychologique très intense ! Une crise encore plus grande contre cette inévitable qu'est la mort. C'est donc une phase vécue de manière plus inconfortable que l'autre phase plus mollassonne où l'on vote pour un président ou bien où l'on obéit à un Dieu, etc. - le discours que je vous ai tenu.
Donc, le pouvoir, son point de naissance est dans l'esprit de l'homme. Il est dans l'esprit d'un homme qui a peur de mourir et qui croit que la mort existe.
Le pouvoir, son point de naissance est dans l'esprit de l'homme. Il est dans l'esprit d'un homme qui a peur de mourir et qui croit que la mort existe.
Donc, sitôt qu'existe un homme et une société qui croit que la mort existe, que la mort est une fin, elle va donc être amenée à créer le pouvoir, qui va se diversifier, puisqu'il existe diverses activités : le commerce, l'administration, plus tard on trouvera la finance. Ensuite, tout vient naturellement, tout découle de ce premier système qui est inventé, tout vient logiquement !
Le jour où l'on enlève la peur de la mort. On retire en même temps tout le pouvoir politique, tout le pouvoir financier, tout ce qu'un spiritualiste essaie d'exorciser en lui. Hein ? Aimer l'argent, par exemple.
L'argent, le spiritualiste et le matérialiste
Tu as des problèmes avec l'argent ? Tu t'aperçois que tu vas trop travailler pour gagner de l'argent, que tu aimes dépenser ? Et tu t'aperçois que tu aimerais même gagner davantage parce que tu voudrais aller visiter le monde ou t'offrir de plus beaux vêtements ou bien pouvoir même faire - tiens soyons généreux - des très beaux cadeaux à tes très bons amis ! Donc, le concept d'argent te dérange au moment où tu penses que pour aller au Ciel, il faut avoir le portefeuille très, très, très petit ! Sinon tu ne passeras pas le chat de l'aiguille !
Alors, puisque ce thème-là t'intéresse, je vais t'offrir une pensée sur laquelle méditer.
Tu n'as pas de problème d'argent !
L'intelligence voit bien que pour vivre, pour bouger, pour voyager, il faut de l'argent.
Contente-toi d'établir ce fait !
Je ne rêve pas : pour prendre le train, il me faut de l'argent, pour prendre l'avion, il me faut de l'argent, pour manger, il me faut de l'argent, pour combler mes amis, il me faut de l'argent. Mais tu t'en arrêtes à ce résultat, ce constat.
Ensuite, lorsque tu vois le désir de l'argent arriver, un désir un peu frêle, maladif, parce que déjà rempli de culpabilité - hein ? - déjà tout enduit de culpabilité. Même si tu n'as pas déjà commencé à penser, mais tu as déjà pensé auparavant à tellement de culpabilité, à tellement de moralité qu'avant même que tu aies pensé quoi que ce soit à propos de l'argent, il y a une fébrilité à l'intérieur qui commence. Et qui fait que tu en voudrais plus, mais tu te dis en même temps, "Oah ! Il faut savoir se contenter, après tout on est plus spirituel, parce que comme ça j'aurai moins de caprice, j'aurai moins de désir. Boaf ! C'est pas si mal d'être pauvre !”
Ainsi, on continue à créer des petites négociations et ces négociations un jour, nous enverront au fond d'un sac, la névrose ou la révolte. Mais, petit à petit, on aura construit ce chemin vers la dépression, la révolte, les névroses, brique par brique, on va construire ce long chemin vers tout ce déséquilibre. Alors qu'on aurait pu bien avant comprendre comment fonctionnent les choses.
Tu veux plus d'argent ? Mais c'est bien et tu es honnête de le penser ! Commence par enlever cette culpabilité ! Tu es honnête de le penser, puisque tu sais que pour prendre le train, il te faut de l'argent, pour couvrir ton corps de vêtements chauds, il te faut de l'argent.
Maintenant, prochaine étape : n'y applique pas le désir.
Parce que c'est ce désir qui va te sembler coupable à ton propre jugement.
Parce que c'est vrai, ta conscience va te dire : “Mais il ne faut pas désirer cette chose qui n'est que matérielle !” Si tu es un petit peu développé, c'est la réflexion que tu te feras sournoisement et de là va naître la culpabilité.
Parce que tu vas te dire : “Mais si on aime Dieu, on est content de manger un radis, si on a le coeur rempli d'amour pour les oiseaux, pour les hommes, pour Jésus-Christ, et bien on est heureux de ne vivre qu'avec une paire de chaussures.”
Et ainsi après tu te trouves des raisons pour supporter ta misère, mais pourquoi ?
Parce que ta conscience va te faire un reproche : elle va te reprocher de désirer l'argent. Alors qu'elle ne te reprochera pas de vouloir de l'argent.
Tu comprends la différence ?
Si tu veux, tu ne commets pas d'attachement, si tu désires, tu commets un attachement, donc une chute pour ton esprit. Et c'est là que la conscience ne se sent pas bien, qu'elle se culpabilise, qu'elle négocie, qu'elle essaye de faire comme et puis qu'elle essaye de vivre avec ou sans... Et c'est là que tu es un homme malade, une femme malheureuse !
Et c'est là que, même si tu passes des journées dans les lieux saints, dans les églises, au pied des soimis ou des gourous ou de qui que ce soit, tu ne trouves pas le samadhi. Jamais tu ne le trouveras à ce prix-là parce qu'il n'existe pas sur cette étagère-là, la compensation, la frustration.
Commence par ne plus être malade et tu verras que le samadhi, il vient comme ça, en une seconde, en une étincelle !
Si tu es propre, aligné, sans aucune pensée déviante, ni perturbatrice, ni vicieuse, au sens où elle est erronée, le samadhi est instantané, tes énergies circulent, tout monte à la tête et tu crois voir Dieu !
Tandis que plus tu t'inventes des histoires et des soucis et des détours et des contours et tu négocies, et ta vie devient un cauchemar ! Et Dieu, un étranger !
Parce que ta pensée est intelligente, elle se dit : “Je ne comprends pas ce Dieu. Il nous met dans un monde où il faut créer des choses, où l'on ne peut pas faire autrement que de créer des voitures ! Si l'on veut un peu se déplacer, de fabriquer des ponts ! Si l'on veut franchir des rivières, il faudra payer le péage sur le pont ! Il nous met dans des circonstances où, de toute évidence, on va construire un système et où, pour vivre dans ce système, il faudra de l'argent ! Et voilà que il n'invente pas l'argent éternel qui coule à flot tous les matins depuis le nuage de la Banque Céleste ! Non seulement c'est nous qui aménageons le monde, non seulement c'est nous qui encaissons les tremblements de Terre, les raz-de-marée, les pluies ou la sècheresse ! Mais en plus il se débrouille pour ne nous donner aucun argent, aucune énergie financière !”
Normal que ce genre de disciples se disent : “Eh bien ce Dieu là je n'en veux plus, je fais ma vie, j'essaye de m'organiser pour vivre heureux et c'est normal !”
Et le matérialiste, en notre sens, est un être beaucoup plus intelligent que les spiritualistes, parce qu'il se révolte contre la religion, contre Dieu, contre le système que les hommes veulent lui imposer, que ce soit en parlant de Dieu ou de la société.
Il est cru et franc, il dit : “Moi je ne vois qu'une chose, hein ? j'ai un estomac qui est cru, il faut le remplir, pour le remplir je dois travailler et à ce travail je reçois de l'argent, avec cet argent j'achète ma nourriture. Donc mon but c'est d'en gagner le plus possible, c'est de faire le métier le plus rémunérateur. Et puis à l'endroit, si je peux écraser un concurrent eh bien je suis content parce que mon ventre quand il est plein ce n'est pas mon concurrent qui va me le remplir !”
Le matérialiste a cent fois raison ! Le seul problème c'est que lui aussi manque de vision autant que le spiritualiste. Il n'est pas capable d'ouvrir cette vérité pour se dire : “Mais l'autre est dans le même problème que moi donc je ne vais pas l'écraser ! Nous allons tous ensemble fabriquer un système où l'on va manger à notre suffisance, où l'on aura le temps du loisir. Donc, boaf, on enlève le problème de l'argent, on va simplement s'entendre les uns les autres pour travailler et tous travailler. Donc si on travaille tous, chacun aura moins d'heure de travail et on partagera le fruit de notre travail. Et chacun fera ce qui lui plaira le plus, celui qui aime vraiment la terre et qui veut être agriculteur ne sera pas obligé d'être secrétaire ! Ainsi chacun rendra une mission à la collectivité humaine.”
Si le matérialiste était donc moins égoïste c'est ce qu'il ferait et ce serait un paradis sur la Terre !
[...] un système contient une erreur, l'erreur de la déviation de laquelle il est né d'ailleurs.
Ce qui fait qu'un matérialiste qui se dit moi mon estomac il est vide je dois le remplir démontre déjà là qu'il a conscience que de son estomac donc l'estomac des autres il s'en fout ! Donc cette société sera égoïste, donc il y aura la nécessité de l'existence de l'argent pour que chacun ait une chance de manger par l'argent qui est gagné.
Sinon, s'il n'y avait pas l'argent, eh bien celui qui a ce grand estomac qui a grande faim, mangerait tout ce qu'il y a sur la table et ne laisserait rien pour les autres. Donc, chez le matérialiste, bien que son intelligence soit plus grande que chez le spiritualiste, son égoïsme est un problème insurmontable qui crée la catastrophe sociale et qui impose l'existence de l'argent.
L'argent à ce moment-là est un moyen de justice, parce que chacun pouvant gagner de l'argent chacun pourra se remplir l'estomac.
À ce moment là, dans la société matérialiste l'argent est une justice, la seule qui soit !
Bien sûr c'est une justice pas très égale puisque on décide de certains barèmes pour les métiers. Une secrétaire ne gagnera jamais que le salaire d'une secrétaire et un physicien gagnera beaucoup plus, etc. Donc c'est une justice qui est étagée selon, en fait, les différents niveaux sociaux qui existent, les services qui sont rendus à la société.
Pour le spiritualiste quel est son défaut ? Hmm ? Surtout celui qui est débutant.
Le spiritualiste dit : “Dieu est si exigeant, mon samadhi est tellement important parce que je ne veux pas risquer de mourir et parce que je veux devenir un grand initié pour avoir une belle aura et puis raconter Dieu à tout le monde, qu'il me faut au moins dix heures par jour pour méditer, alors planter les choux, au grand décompte, c'est une offense à ma divinité ! C'est une offense au processus spirituel ! C'est une offense à l'ascèse face à laquelle je dois me contraindre, moi, le yogi !”
Si bien que l'on retrouve le spiritualiste débutant le même genre d'égoïsme que chez le matérialiste, pour une raison différente, celle-là on l'estime être divine. Hein ? Il s'agit soit de rejoindre son âme, soit de rejoindre Dieu, mais c'est la même aberration !
On retrouve le spiritualiste débutant le même genre d'égoïsme que chez le matérialiste.
Et puis le spiritualiste a d'autres idées saugrenues du genre : “Dieu y pourvoira ! Pourquoi planter les fèves alors qu'il pousse des choux ? Pourquoi les planter des abricotiers alors que poussent des cerises ? Contentons-nous de ce que Dieu nous envoie !”
Lorsqu'il y a une année de sécheresse, qu'il n'y a plus de cerises, et encore moins les abricotiers que l'on n'a pas planté, eh bien, à ce moment-là c'est la famine ! Et on le voit ce ventre vide et on le sent ce ventre vide qui réclame tellement de la nourriture qu'il est prêt d'en mourir ! Et tu meurs !
Qu'a fait Dieu entre temps ?
Eh bien Dieu il t'a joué un mauvais tour ! Hein ? Parce qu'il y avait bien des cerises sur tes cerisiers mais il n'a pas envoyé la pluie pour que ces cerises viennent à la vie. Il t'a fait donc mourir d'une manière intentionnelle, et ça c'est le grand problème qui est aussi dans ton esprit.
“Mais pourquoi Dieu ? Dieu qui soit disant aime tous ses enfants. Dieu qui veut être présent sur la Terre par toutes sortes de Messies qui viennent à la queue-le-le à travers les millénaires. Des Messies qui se laissent faire toutes sortes de misères, que ce soit cloués en croix ou en hexagone. Et au moment où il lui suffirait de dire juste un mot : nuages, pleuvez et faite naître la vie ! Ce mot-là, toi, qui es Dieu, tu ne le dis pas ! Et tes enfants meurent de soif et de faim !”
Voilà encore un de tes problèmes n'est-ce pas ? Voilà encore la racine d'une de tes révoltes !
Comment aimes-tu un Dieu qui assoiffe et qui affame des enfants, des bébés et même des bébés qui ne sont pas encore nés parce que dans le ventre de leur mère qui est assoiffée et affamée ? Hein ? Comment rends-tu grâce à ce Dieu-là, Dieu plein de miséricorde, Dieu d'abondance, Dieu qui prévoit tout par étalage karmique ? Comment peux-tu un instant rester spirituel, quand tu vois tant de gens mourir ? Et quand ils ne sont pas accablés par la mort que donne la soif ou la faim, les voilà accablés par la mort qu'offrent les tremblements, les ras de marée, les tempêtes ! Puis si ça ne suffisait pas, mettons-y les épidémies !
Comment peux-tu être spirituel ?
Je veux te pousser à bout ! Trouve-toi une réponse ! Hein ?
Comment peux-tu être spirituel, honnêtement ?
Maintenant que tu vois toutes ces choses auxquelles tu penses de manière éparpillée dans la journée, mais que tu ranges parce que tu fais sans cesse des négociations. “Bon d'accord, ils ont faim, la sécheresse on le sait, c'est le climat. Mais ce n'est pas la faute à Dieu, c'est la Terre qui ne tourne pas bien. Ce n'est pas la faute à Dieu, c'est les nuages, ils n'arrivent pas à passer, on ne sait pas pourquoi. Ou bien ils passent, ils passent vite, ils ne s'arrêtent pas. Ça c'est la nature et puis la nature ce n'est pas Dieu !”
Tu te trompes !
La nature c'est Dieu ! On dit même que la planète physique est le corps d'incarnation d'un puissant être cosmique, qu'on l'appelle Kumara. Qui est des milliards de fois - pour te faire comprendre à peu près la chose, excuse mon expression grossière - mais qui est des milliards de fois plus évolué et plus puissant qu'un Maître, le Maître que tu aspires à rencontrer. Alors tu penses que des nuages, pour lui, ce n'est pas un problème ! Retenir un tremblement de terre pour lui, mais ce n'est rien du tout !
Donc comment cela se fait que tu crois dans ce Dieu, que tu aimes ces Maîtres alors que de manière éparpillée toute la journée tu vois bien tout ce qui ne va pas ? Hmm ? Tout ce qui ne va pas. Tous les morts qui s'entassent parce que la Nature s'acharne contre eux.
À quel Dieu dois-tu penser alors ? Quel Maître ? Quelle philosophie te permettra de survivre face à toutes ces contradictions ? Quelle philosophie te donnera la certitude que le Dieu que tu pries, que tu aimes, que la philosophie que tu pratiques aboutira à ton éternité ?
Tu n'en es pas sûr après tout ? Tu n'en es pas sûr du tout ? Regarde toutes les contradictions qu'il y a dans le monde !
Des millions de gens aiment Dieu, prient Dieu, lui font des offrandes et il n'envoie que des catastrophes ! Ils n'ont aucune garantie donc que leur Dieu soit le bon ! Que leur rituel soit le bon, que leur prière soit la bonne !
“Seigneur prend soin de nous !” et voilà qu'un tremblement de terre commence ! “Seigneur envoie nous tout ce qu'il nous faut pour notre vie quotidienne !”, et voilà qu'arrive un raz-de-maré ! “Seigneur protège nous dans ta grande miséricorde !”, et voilà que viennent des maladies nouvelles que l'on n'avait jamais vues.
Ah ! Elle est exaucée ta prière !
On ne peut pas dire le contraire ! Dieu t'a entendu ! Mais, à mon avis, vois-tu, ça doit être un sacré farceur qui aime l'esprit de contradiction, un peu comme ça, pour pimenter le Cosmos.
Il se dit : “voilà, des millions d'années qu'il me réclame ma miséricorde. Bon, allez, on leur envoie un peu le sida, ça va aller faire s'amuser un petit peu quelque temps. Ah, voilà, on voit là d'autres, sous un autre nom. Ah ! Voilà, encore plus longtemps que ceux-ci me réclament ma protection. Ah oui, qu'est-ce qu'ils peuvent m'engourdir les oreilles ! Bon, allez, un petit rabmaré comme ça, ça va les occuper pendant quelque temps !”
C'est la conclusion que je tirerai si j'étais un homme avec vos convictions, avec votre foi telle que vous l'articulez, vos croyances telles que vous les élaborez !
Je conclurai tout de suite que c'est un Dieu qui n'aime que embêter ses enfants ! Et puis ceux qui arrivent à passer au travers, ce sont les très chanceux qui arrivent à se faire remarquer par un autre Dieu plus miséricordieux, mais celui-là doit être très loin parce qu'il ne vient pas souvent, hein ? Celui-là, il n'a pas l'air de nous envoyer beaucoup de miséricorde, donc il est très loin.
C'est ce que je penserais, si j'étais un peu intelligent !
Heureusement, je suis très bête ! Je suis très très bête !
Moi, je me dis qu'un Dieu qui fait mourir ses enfants, il n'est pas Divin ! Moi, j'ai une simplicité enfantine.
Je me dis aussi qu'un Dieu qui ne résout pas le problème de la sécheresse à travers le monde, il ne doit pas être très miséricordieux.
Et puis alors, ce qui me donne toute ma conviction, c'est quand je vois des millions et des millions de gens lui rendre hommage et lui offrir des tas de choses, leur offrir même leur vie, parce qu'ils deviennent moines ou prêtres et que cela n'enlève pas l'acte de leur mort. Alors là, pour moi, c'est radical, j'abandonne ! Un tel Dieu, je n'en veux pas !
Pourquoi est-ce que je prends tant de temps pour te montrer les contradictions de ta pensée et détruire ce Dieu que tu construis par tes contradictions ? Pourquoi je prends tant de temps ?
Je prends tout ce temps pour détruire cette image et ce Dieu, afin que si tu as une chance de comprendre quelque chose, le jour où tu t'intérioriseras, où tu regarderas dans ton cœur, que tu sois dans un parfait alignement et que la tête ne fasse pas obstacle à cette révélation !
Tu peux sans cesse avoir les révélations ! Pourquoi la sécheresse ? Pourquoi il y a ceci ? Pourquoi il y a cela ? Mais si tu vas vers la révélation avec une tête chargée comme cela, comme je viens de te le démontrer, de toutes ces petites réponses que tu te construis pour déculpabiliser Dieu - toi tu te culpabilises beaucoup, mais pour te culpabiliser, il faut bien que tu déculpabilises Dieu ! Vous ne pouvez pas être deux coupables ensemble sinon tu te révoltes ! Hein ?
Si ton père est fautif, tu ne le respectes plus, tu le tites, tu sors, tu pars de la maison. Tandis que si ton père n'a jamais tort et que c'est donc toi qui a tort, alors tu continues à respecter ton père, à obéir à ton père !
Alors quand tu auras fini de déculpabiliser Dieu en disant : “mais ce n'est pas sa faute, c'est la faute à la nature, c'est la faute à ceci, c'est la faute à cela, c'est la météo, c'est la grenouille”, et que tu verras la nature comme elle est, la vie comme elle est, tu vas oublier Dieu profondément et pendant longtemps tu vas l'oublier, c'est sûr, mais n'aie pas peur !
Le premier acte de Foi c'est de perdre la foi !
Perdre la foi
C'est contradictoire n'est-ce pas ?
C'est peut-être même affreux à entendre !
Mais le premier acte de Foi c'est de la perdre !
Pourquoi ?
Parce que l'on arrête de compter sur un père, sur un Dieu que l'on déculpabilise pour se culpabiliser soi-même. On arrête aussi de faire Dieu un fou retour de toutes nos peurs : la peur de la mort, la peur de la maladie, la peur du chômage, la peur du lendemain.
On arrête de faire de Dieu aussi le purgatoire de tous nos vices : le désir de l'argent, le désir de beauté, le désir de sexe, le désir de puissance.
C'est pratique d'imaginer que Dieu ne veut pas ça, que Dieu nous les reproche, à l'instant même où déjà nous-mêmes nous le reprochons ! C'est pratique de tirer une ligne droite et de se dire : “Mon Dieu, comme j'ai raison, puisque Dieu lui-même dit qu'il ne faut pas !” Alors si Dieu dit qu'il ne faut pas, je trouve là une énergie supplémentaire, en grand masochiste, pour me culpabiliser moi-même : encore et plus et encore et plus !
Et tout ça pourquoi ?
Parce que profondément, je ne m'aime pas.
Je suis malheureux, profondément malheureux.
Comment pourrais-je m'aimer ?
Je n'ai pas des beaux yeux, des grands pieds, j'ai la peau qui rappe sur les mains, je ne suis pas aussi grand que ce que je voudrais. Et puis, je n'ai pas l'art des mots. Moi, quand je parle, on ne m'entend pas. Je ne dis pas de jolies choses. Je ne suis pas naissant, mais je n'ai pas pu aller très loin à l'école. Je n'ai pas de grand diplôme, alors je n'ai qu'un petit métier. Et puis, comme je ne suis pas vaniteux, je sais très bien que je ne suis pas joli, parce que ça fait tellement longtemps que j'ai des lunettes et des pieds plats, eh bien, j'ai épousé Marie-Rose, la petite fille du facteur. Elle n'est pas très fûtée, Marie-Rose, mais elle m'a fait des beaux petits ! Ah ! ces petits, ils sont bien comme leur père. Ils n'iront pas bien loin ! Déjà, Jean-Luc il y a des problèmes avec les mathématiques. Et puis, la petite Christine, elle a toujours des problèmes avec ses émotions. Elle croit toujours que l'instituteur veut la gronder. Alors, elle n'est pas attentive pendant les cours. Elle a toujours peur, elle est toujours prête à pleurer. Elle réussira jamais aucun examen ! C'est normal ! Et puis, comme ma vie était petite, à ce point, je vis dans un petit village. J'ai vu un petit chat. Je l'appelle petit Minou. Puis, il a un petit bol où je lui donne la petite crème du lait. Et puis, le dimanche, on sort notre petite voiture. Mais on ne va pas très loin avec une petite promenade parce qu'on n'a qu'un petit porte-monnaie. On ne peut faire que des petites dépenses. Mais dans les champs, on cueille au moins des pâquerettes. Ça égaille un peu la maison. Puis, en rentrant, on mange des crâpes. Ça met un peu de chaleur dans le foyer. Oui, après tout, ma foi, c'est peut-être pas si mal. Quand je pense à mon cousin René, qui lui est allé à la ville faire des grandes études, qui maintenant est un grand directeur dans cette grande ville où on ne voit que des métros passer, des voitures klaxonner, où tous les gens passent à toute vitesse avec des longues jambes ! Quand je pense la vie qu'il a, le pauvre ! Et tu sais, Marie-Rose ne voudrait pas sa vie ! Hein !
Et puis, en fait, au fond de lui, qu'en pense l'homme ? En disant Marie-Rose, il pense : “Ouais ! Tu as bien des varices, Marie. Ce n'est pas comme la femme à mon cousin. Elle, au moins, elle a des bas noirs et des jambes sveltes ! Elle va au fitness !” Et puis, tout en pensant que son cousin est peut-être malheureux, finalement, avec tout son argent, parce qu'il n'a même pas le temps d'en profiter. Eh bien, à l'intérieur, il se dit : “Mon Dieu, tout cet argent qu'il a, mais ça doit lui donner l'impression d'une puissance. Il doit pouvoir faire et défaire des histoires, des plans, faire le bonheur ou le malheur même de certains de ses employés. Il peut claquer les portes, il peut donner des gifles à qui il veut. Il est le roi, il règne et tout le monde le supporte ! Moi, si j'ai le malheur, mais le malheur de dire un mot de travers, Marie-Rose, elle m'envoie la poêle à frire !”
Et d'un seul coup, l'homme s'aperçoit de quoi ?
Qu'il n'a pas de pouvoir !
Impuissance, puissance et sexualité
Alors, il se refoule et il se dit : “Je suis un petit homme !” Il n'a pas simplement que des petits yeux, une petite vie, un petit porte-monnaie. Il se dit : “Je suis un petit homme !”
Et d'un seul coup, comme tout individu est quand même en relation avec son sexe, parce que c'est la nature qui prédestine les premières phases de la psychologie à cela, l'homme immédiatement regarde son sexe et se dit, comme la goutte qui fait déborder le vase : “Et en plus, il est petit !”
Et de là, en plus, il va créer tous les complexes sexuels que l'on connaît si bien et pour lesquels on va se faire soigner, pour lesquels on va enrichir le psychanalyste, qui, lui, va se faire beaucoup d'argent, alors que toi, tu n'as qu'un petit porte-monnaie. Et ainsi, les problèmes des uns font la richesse des autres ! C'est bien connu !
Et tant que le monde s'oriente vers ce genre d'exploitation, on ne risque pas de trouver la réponse au problème ! Pourquoi ?
Parce que l'on ne comprend pas que tout est ramené à la puissance, et tout est ramené à la puissance qui, ensuite, depuis le concept, est ramené à la sexualité - puisque c'est la même énergie - tout est ramené à la puissance parce que l'homme a peur de la mort et cherche l'éternité. Et parce que l'homme vit trop au ras de sa personnalité, de son corps.
Ce qui fait que il est malheureux et ne s'aime pas lui-même c'est parce qu'il croit trop que ses yeux sont ses yeux, sont son image, il croit trop que la forme de son corps est son corps, son image, le reflet de son âme. Alors que ce n'est là que un corps à travers lequel on intègre différents feux en provenance des éléments.
Donc, de manière paradoxale, en même temps que l'homme n'est pas assez incarné par rapport à la vie, au phénomène, à l'événement qu'est la vie, il est trop identifié avec les apparences de la vie. Prendre la beauté du corps pour la beauté de l'esprit, pour sa propre beauté. Prendre la beauté des jambes pour sa propre beauté, et se sentir beau dedans parce que l'on est beau dehors : on a de belles jambes ou un beau corps.
Cette incarnation-là il ne faut pas la faire ! Et c'est la seule que l'homme fasse !
L'autre il faut la faire et c'est celle que l'homme ne fait pas !
Tout est à l'envers !
Pas étonnant que l'on soit malheureux !
Alors qu'est-ce qu'il faut faire dès demain ?
S'incarner complètement
S'incarner complètement, quitte à perdre Dieu, quitte à perdre la foi, peu importe !
Ce qu'il faut c'est avant tout la trouver dans son sens réel, c'est-à-dire par alignement avec la vie, par alignement avec les richesses intérieures. Et une fois que l'on est aligné avec nos Principes, on découvre alors le Dieu qui est à l'intérieur.
Sitôt que l'on n'écrit plus de déviations, comme j'ai expliqué tout à l'heure, l'énergie étant alignée, elle révèle ce qui existe, exactement comme une tige porte une corolle, et quand le printemps arrive, quand la sève arrive, cette corolle s'ouvre !
L'histoire de Dieu et l'histoire de l'Homme, c'est cette même floraison !
Mais prenez cette fleur et imaginez qu'elle est une pensée, une pensée qui construise toutes sortes de raisons, de déraisons, de prétextes, de déviations donc. Cette fleur va utiliser sa sève et son printemps, non pas pour aller faire éclore sa corolle, mais pour essayer de fabriquer d'autres corolles de sa propre fabrication sur la tige. Et ainsi, on verra sur la tige des choses hideuses. Au lieu d'une rose avec de jolis pétales, on verra quelque chose de tout ramassé, cramoisi, qui ne peut exhaler aucun parfum. Parce que la fleur ne sait pas créer, la fleur ne sait qu'être la fleur !
Il ne faut pas chercher à se créer soi-même ! L'acte créateur est déjà en nous ! Ce qu'il faut c'est libérer cet acte créateur et le poursuivre jusqu'à ce que, hop !, le printemps arrive !
Mais les hommes font tout le contraire, ils n'aident pas l'élan créateur qui est en eux et qui est cette force divine déposée en eux, ils veulent la contraindre à faire ce qu'eux ils ont envie ! Donc pas étonnant qu'ils soient obligés de créer des déviations, de créer des sectes, de créer des religions, de créer des abstinences !
On ne se crée pas Dieu, on l'est déjà !
Ce qu'il faut c'est uniquement ne plus penser que l'on soit autre chose ! Mais qui peut dans la journée ne pas penser qu'il est autre chose que Dieu, même si on le prend que comme un exercice mental ? C'est impossible !
Penser être autre chose que Dieu
Vous allez tout de suite penser : “Je suis un quart d'heure de retard, parce que là j'ai un quart d'heure de retard pour aller prendre mon bus. Je suis ces chaussures que je voudrais bien aller acheter, mais je n'ai pas l'argent donc je suis mon manque d'argent et je le sens et je le sens et je sens ce désir et ça m'est insupportable !”
Donc, toute la journée, je vais me référer à des choses qui sont à l'extérieur mais que je vais prendre pour moi et auxquelles je vais donner le pouvoir de donner un goût à ma vie et d'en faire mon destin.
C'est une horreur, ce comportement mental est une horreur !
Je n'ai pas le droit de donner le pouvoir à des événements extérieurs de fabriquer mon destin ! Je n'ai pas le droit de donner ce pouvoir à une paire de chaussures qui a été faite par un cordonnier qui est dans une vitrine !
Je n'ai pas le droit de donner le pouvoir de créer en moi l'idée du manque d'argent et le désir de possession !
Je n'ai pas le droit de donner ce pouvoir à cette paire de chaussures !
Va demain au magasin de chaussures et regarde, là, ce n'est qu'une paire de chaussures ! Pourquoi une paire de chaussures arrive à te faire sentir ton manque d'argent et à réveiller en toi tout ce désir de possession ? Ta chaussure n'y est pour rien ! Ce n'est même pas une matière animée, elle ne t'a pas fait les yeux doux, elle ne s'est pas tortillé les lacets pour te faire du coude et te dire "viens, viens !". Elle est là, en vitrine, elle étale son prix exorbitant.
Ça veut dire quoi ?
Ça veut dire qu'il y a un problème en toi. Ça veut dire qu'il y a trop d'émotions que tu n'arrives pas à vivre à leur juste niveau. Alors tu investis l'émotion dans cette paire de chaussures et tu te dis : “Ha ! Je la veux, je la veux ! Et puis, je n'ai pas l'argent alors, oh ça fait mal ! Je ne veux pas la voir, je ne veux pas la voir !” Et pareil pour les vacances, pareil pour les jolies filles ou les beaux garçons, pareil pour un poste au travail, pareil pour tout ! Le même déclic !
Vouloir
Si tu te contentais de vouloir : “Tiens, là, il y a des chaussures qui m'iraient très bien, qui me rendraient beau...” Parce que c'est ça que tu veux en fait ! Ne soyons pas hypocrites ! Cette chaussure tu la trouves très belle parce qu'elle va te rendre belle et que tu veux sa beauté pour en faire la tienne ! Si ce n'était pas ça la négociation entre l'objet et l'homme, l'homme ne passerait pas sa vie à aller travailler, pour aller dépenser ! Et il ne passerait pas la plupart de son porte-monnaie dans ses achats, notamment vestimentaires ou pour les voitures ! S'il ne s'agissait pas pour lui de s'accaparer une beauté qu'il n'estime ne pas avoir de part lui-même et lui seul.
Pourquoi est-ce que tu t'endettrais pour t'acheter les plus beaux vêtements, les plus belles chaussures, pour avoir les plus belles voitures, pour avoir la plus belle maison, pour avoir la plus belle carte de visite ? Eh bien parce que tu t'accaparer une beauté que tu n'as pas, que tu n'as pas voulu voir qui est en toi, que tu n'as pas voulu développer ! Alors mettons du talc et des perruques et des talons hauts !
Tandis que lorsque tu t'aperçois de toute cette négociation erronée qu'il y a entre toi et l'objet, tu dis : “Je veux cette paire de chaussures, bon aujourd'hui je suis logique avec moi-même, je me sens un peu école buissonnière, je trouve que je serais beau avec cette paire de souliers, allez rien que pour la beauté je la veux !”
Alors qu'est-ce qui se passe ?
Le fait que tu gardes ce projet au niveau du vouloir, va t'apporter des énergies. Tu ne vas pas user ces énergies dans le corps du désir à désirer les chaussures et comme c'est un projet qui est dans ta tête, tu vas y penser suffisamment pour trouver les solutions qui te permettraient d'avoir l'argent pour l'acheter. Ce qui fait qu'au lieu de t'endolorir le ventre avec le désir d'avoir la chaussure et puis de pas pouvoir l'avoir parce qu'il y a les baskets du gosse à acheter d'abord, tu te dirais : “La semaine prochaine, je vais aller faire deux heures de ménage chez quelqu'un, ou je vais tricoter un pull over et je vais aller le vendre ou chez des amis ou ailleurs ou bien auprès d'un magasin. Je le vendrai et ainsi j'aurai l'argent pour ma paire de chaussures.”
Si tu restes au niveau du vouloir, tu es en même temps créateur de ton destin.
Si tu restes au niveau du vouloir, tu es en même temps créateur de ton destin.
Parce que tu cherches, honnêtement et avec force les solutions, qui te permettent de faire et d'avoir ce que tu veux.
Si tu viens y mélanger les émotions et tout le cortège des frustrations et des compensations, tu ne peux rien obtenir de ce que tu veux ! Et tu es une lamentation ambulante qui dit : “Je voudrais bien mais je ne peux pas, je voudrais bien sans cesse et je ne peux jamais !” et c'est comme ça que tu développes toutes sortes de maladies et des dépressions etc. En fait, c'est que tu ne veux pas vraiment. Non ! Encore là c'est de l'hypocrisie !
Oui, tu veux bien t'accaparer la beauté de la paire de chaussures ou de la voiture ou du poste un professionnel, d'accord ! Mais tu es tellement endormi que tu n'as envie de faire aucun effort pour cela !
Faire l'effort
Parce que c'est ça l'endroit de ton problème : tu n'as pas envie de faire l'effort ! Tu voudrais bien t'accaparer la beauté des souliers mais te lever et faire trois pas pour aller mettre les chaussures, c'est tout un travail ! Alors il faut attendre qu'un passant passe et soit suffisamment médium, pour comprendre que tu désires ces chaussures et qu'il te les offre !
Et c'est à ce moment-là que tu crées tout ce qui existe, que tu crées le ministre, le président et le pape et le gourou et le paradis et l'enfer et le moyen d'y aller vers un et d'éviter l'autre ! Dès que tu ne veux plus faire l'effort.
Donc tu manques de volonté !
Et c'est pour cela que tu as peur, que tu as peur de la mort, que tu as peur du courroux de Dieu, que tu as peur du karma, que tu as peur du lendemain parce que tu sais que tu n'auras pas la force d'assumer le lendemain, tu sais que si demain tu es au chômage, tu n'auras pas la force d'attendre de trouver du travail, d'endurer peut-être un peu le froid ou la faim, tu sais que tu seras comme un enfant désemparé, que tu vas pleurer, que tu seras terrorisé.
De la même manière tu sais que tu n'as pas la force de vivre sans un Dieu, un Dieu qui ait tout prévu, qui maintient le cosmos, qui te prévoit l'éternité, qui prévoit que chaque étoile sera toujours à la même place, qui prévoit que le Soleil ne refroidira jamais.
Par contre, si tu commences à te réveiller et à sentir que tu as de la force, que tu commences à réveiller cette force, à ce moment-là, tu trouves que tu n'as plus besoin de la sécurité sociale, de l'assistance sociale, des planifications gouvernementales. Et puis un jour tu découvres que tu n'as plus besoin de Dieu ! Et c'est là que tu perds la foi !
Et c'est à ce moment-là, et c'est ce moment-là que je te dis qu'il est le meilleur pour toi et que c'est en la perdant que tu la retrouves, cette fameuse foi !
Cette foi dont le disciple se sature et qu'il cherche partout ! et qu'il essaye à coup de soufflet, par grande invocation, par prière ou par ascétisme, de développer. Parce qu'on lui a dit “la foi soulève les montagnes”, n'est-ce pas ? Alors il faut la développer. Mais en même temps que tu essaies d'avoir de plus en plus de foi, eh bien Dieu t'abandonne de plus en plus ! Ton intelligence voit ça, mais il ne faut surtout pas que tu t'en rendes tout à fait conscient, parce que si tu perdais le peu de foi que tu as, alors là c'est l'enfer ! Ça, tu le sais, ça tout le monde te l'a dit, t'en es convaincu ! Et pourtant c'est à l'instant où tu perds cette foi-là, parce que si tu renonces à tout un système de négociations, de compensations et de faiblesses, à ce moment-là tu es prêt pour la vraie Foi, celle qui soulève les montagnes.
La vraie Foi
Parce que tu deviens un pouvoir créateur ! Parce que tu t'en arrêtes au vouloir ! Et qu'en étant conscient de ta volonté, de ce que tu veux, tu te débrouilles pour créer les choses, les événements, les moyens d'obtenir ce que tu veux !
Tant que tu n'es pas réveillé pour être ce genre de créateur qui se crée les moyens d'attraper ce qu'il veut, tu n'es même pas capable d'être un disciple ! Pas du tout ! Je te dis tout de suite : arrête tes méditations, ça ne sert à rien ! Ce genre de méditation c'est tout simplement la séance d'un violoniste qui fait la liste des réclamations auprès du bon Dieu de ce qu'il souhaite et puis de ce qu'il ne peut pas avoir, de ce qu'il voudrait bien, de ce qu'il ferait bien si le bon Dieu était à ses côtés. Et c'est là qu'on pense même à appeler les anges : Saint Christophe, Sainte Agnès, Sainte Expédie ! Ce que Dieu ne peut pas, peut-être que ces anges le peuvent, qui sait ? Des fois qu'avec le temps il serait devenu usé mais qu'il passe la relève aux jeunes !
Donc si tu es ce genre de faible qui mêle le désir à toutes les volontés, ayant fait, en fait, une faiblesse, tu n'es pas prêt pour la spiritualité ! Oublie que tu m'aies rencontré ! Oublie tout ce que je viens de te dire ! Essaye simplement d'être bon dans ta famille ! Mais ne pense plus jamais à Dieu ! Tu en es indigne ! Indigne ! Tu ne pourras rien faire !
Seul le désir rend la volonté faible !
Pourquoi ?
Parce que le désir est impérieux, capricieux, égoïste ! Quand je désire cette paire de chaussures dans la vitrine, je la veux tout de suite, pour moi !
Ma volonté est différente, ma volonté se dit : j'ai tout mon temps, cette paire de chaussures elle est en cuir, le cuir ça ne se désintègre pas au soleil donc j'ai tout mon temps. Je peux l'acheter dans un mois, dans deux mois, dans trois mois ! Et, une fois que je l'ai sur moi, tant que je suis guidé par ma volonté, je trouve que j'en deviens tellement beau et que j'y suis tellement confortable, que je n'ai qu'une envie, c'est d'aider les autres à aller s'acheter la même paire de souliers !
Tandis que celui qui est motivé par un désir mélangé dans sa volonté, celui là sera tout jaloux, il ne dira pas oh il a acheté sa belle paire de souliers ! Pourquoi ? Parce qu'il ne veut surtout pas que l'autre soit aussi beau que lui ! Il s'agit pour lui de régner, n'est ce pas ? S'il devait partager son règne ce serait une catastrophe !
Et l'on voit ainsi les femmes ne pas révéler l'endroit des achats ! Ou ne pas révéler la recette des mets qu'elles préparent ! Parce que si la voisine ferait un plat aussi bon que le sien, leur mari irait plutôt manger chez la voisine, qui en plus est plus jolie ! Pas trop de concurrence voyons ! Tenons le mari par la marmite !
Et, au fur et à mesure de toutes ces constructions, on construit des modèles, des modèles que l'on appelle : le comportement féminin, le comportement masculin, des modèles que l'on appelle le comportement social, le comportement religieux, le comportement commercial, le comportement psychologique névrosé ou le comportement psychologique paranoïaque ou schizophrène... Et ainsi, de modèle en modèle, que fait-on ?
On devient tous fous ! Un jour ou l'autre, on devient tous fous ! Malheureux !
Folie
Et un beau jour on choisit une incarnation qui sera le dépotoir de cette avalanche d'imbécilité et effectivement on devient fous, effectivement on devient paranoïaque ou schizophrène ! effectivement on a une maladie incurable presque dès la naissance et dont on meurt ! D'un seul coup il y a un corps qui fait le frais de cette grande lignée d'aberration, un corps qui n'y est pour rien ! qui est venu au moins pour la première fois et qui doit exorciser tout ce mal ! Lui qui n'est que cher et qui n'a rien fait !
Et ce malade dira c'est mon corps qui ne va pas ! La médecine n'est pas assez avancée, je suis tombé sur un mauvais médecin, je n'ai pas vu de bon guérisseur, Dieu a fait une matière qui est trop corruptible ! Et voilà que de nouveau c'est l'autre, la faute de l'autre !
Alors qu'il ne peut pas voir la lignée, à travers des incarnations, de tous les modèles qu'il a construits, des aberrations qu'il a entretenues ! Parce que, s'il voyait ça, il demanderait pardon à ce corps qu'il fait tant souffrir alors qu'il n'y est pour rien ! Le corps est victime de l'esprit, le corps est victime de la personnalité. Et pourtant, tous les hommes pensent le contraire !
Comme quoi la philosophie de la Tradition et les croyances sont opposées, parce que l'une vise à libérer l'homme et l'autre à le contraindre. L'une crée une libération, une ouverture et l'autre un modèle.
Alors, avant de vous quitter, je ne vous donnerai que ce conseil : méfiez-vous des modèles que vous construisez ! Soyez vigilants chaque fois que votre pensée va construire un modèle, construire une compensation, créer une négociation avec sa propre logique, avec son bon sens naturel...
Écoutez votre bon sens naturel ! Et si avec votre bon sens naturel vous apercevez que vous ne pouvez pas répondre à tous les mystères : votre bon sens ne vous dira pas pourquoi en Afrique on meurt de faim ; votre bon sens ne pourra pas vous dire pourquoi les nuages passent et ne pleuvent pas ; pourquoi ailleurs au contraire il y a trop de nuages au point de tuer des milliers de gens ; le bon sens ne peut pas dire ça. Mais par contre, si le bon sens est installé en vous, si vous ne créez plus tous ces modèles et ces compensations, alors votre esprit qui sera libre, vous orientera vers celui qui vous donnera la clef de ces mystères.
Et, un beau jour vous croiserez un guide, il vous dira : “Je te connais, ça fait un moment que je te surveille, aujourd'hui c'est l'heure de la rencontre. Nous ferons quelques années la route ensemble et je vais t'apprendre certaines choses.” Ou bien vous serez orienté par intuition vers certaines bibliothèques où se trouvent des livres où l'on livre certains secrets, noir sur blanc. Ou bien, si vous êtes parmi les plus chanceux, vos méditations seront tellement fructueuses qu'elles vous révéleront ces mystères !
Mais ces révélations ne se font que si l'esprit est calme, et ne commet plus de modèles et de négociations.
Avoir une pensée pure ! Sans peur !
Pensée pure, sans peur
Pendant quelques temps n'ayez plus peur de la mort - juste pour expérimenter ce que je vous propose - pendant quelques temps n'ayez plus peur de mourir. Et pour vous rassurer parce que vous aurez peur de ne plus avoir peur - parce que votre esprit va se dire “et si jamais j'avais tort !” - pour vous rassurer, donc, dites-vous que dans 6 mois vous reprendrez votre peur de la mort. Comme ça l'esprit est tranquille, il rumine. Mais jouez le jeu pendant quelques temps !
Dites-vous non pas la mort n'existe pas mais : quoi qu'il existe ce n'est pas ce que je pense, ce que je crois, ce dont j'ai peur, donc je n'ai plus peur de la mort !
Et vous verrez à quel point vous allez vous défaire en même temps de Dieu, à quel point vous allez vous défaire de la quête spirituelle, parce que vous n'aurez plus besoin de ces compensations, vous n'aurez plus besoin d'être sûr que, par ces moyens, l'immortalité vous est acquise. Et vous verrez à quel point, en même temps, vous libérant de ces modèles et de ces processus, vous allez avoir plus d'amour, vous allez avoir plus de patience, de tolérance, vous allez laisser de l'espace aux autres !
Parce que si vous n'avez plus peur de mourir, vous n'avez plus peur non plus que l'autre vous tue ! Que l'autre vous exploite, que l'autre vous mange ! L'autre n'est plus un objet qui fait peur, il ne peut plus vous tuer, la mort n'existe pas !
Ce qui fait que toutes les relations humaines se découvrent un espace et un amour extraordinaires, ce même amour et ce même espace que vous cherchez à vous donner et à donner aux autres par des convictions religieuses ou spirituelles sur lesquelles on met le bon beurre de certains mots comme la tolérance, la patience, la compassion, la pitié et on invente encore des modèles !
Et qu'est-ce que la tolérance ? Qui peut soupçonner la tolérance ?
Alors on se lit, puisque on en est au niveau des modèles, on se dit : “Bon ben, la tolérance, on laisse à l'autre le pouvoir de faire ceci, de faire cela.” Et dans ton cœur, est-ce que tu as senti la tolérance ? Non !
Tu tolérais, par prouesse intellectuelle, mais au fond de ton cœur tu étais opprimé, révolté ! Tu avais envie de réagir ! Ce n'est que parce que la raison est venue, par-dessus, te rappeler le modèle de la tolérance que tu t'es dit : “Oui, c'est un cadre plus large et puis ça fait bien plaisir, soyons tolérants ! Mais ce n'est pas sorti du cœur ! Car si c'était sorti du cœur, tu aurais réagi, tu aurais parlé complètement différemment. Et surtout, après la tolérance, tu n'aurais pas rajouté : “Mais la prochaine fois fais autrement !” C'est à ça qu'on voit que tu n'es pas tolérant ! Parce que ça va une fois mais ça ne va pas deux ! Donc en fait tu supportes !
Immédiatement, donc, quand tu suis le processus que je t'ai décrit, tu laisses beaucoup plus de place à l'autre parce que tu n'as plus peur que l'autre te tue, que l'autre t'exploite, que l'autre te vole.
Maintenant qu'en est-il si, effectivement, l'autre t'exploite et te vole ? Eh bien, du fait que tu es sur le Plan de la Volonté, de l'Intelligence qui voit ce qui doit être fait, ce qui ne doit pas être fait, eh bien tu dis “non”. Tu ne fais pas de négociation en disant : “bon bah écoute c'est pas bien mais ça va bien pour une fois, Oh, après tout tu m'as déjà rendu service, bon alors je tolère !”
On dit : “non, ça ne doit pas être fait !” Par contre ça doit être fait, alors tu le réclames mais tu ne le réclames pas qu'aux autres, tu le réclames aussi à toi-même !
Lorsque l'on est une volonté, on est un équilibre et on est un équilibre qui s'exerce sur les autres et sur soi.
Si tu as envie de faire ces choses, il est simple de les faire comme on fait une chose quotidienne, sans y penser, sans faire un désir. Ne fais pas de la spiritualité le désir de lumière. C'est la pire des choses à faire ! Dès qu'il y a désir de la lumière, désir de la libération, tu es de nouveau dans ton corps égoïste et astral et tu vas piétiner tous les autres. Tu vas négliger les enfants ou tu vas négliger tes devoirs sociaux, sous prétexte que ce n'est que du social, que de la Matière, alors qu'il y a tant à faire dans le social, dans la Matière.
Être une pensée pure, vois-tu, c'est être une attitude sans plus aucun égoïsme.
Être une pensée pure, c'est être une attitude sans plus aucun égoïsme.
Qu'est-ce que c'est qui fait l'égoïsme ?
Je te quitterai sur ce dernier chapitre.
L'égoïsme
Avec tout le développement que je viens de te faire, tu vas pouvoir répondre tout seul !
Qu'est-ce que c'est l'égoïsme ?
Selon notre vision, selon le niveau depuis lequel nous regardons et ressentons la vie, l'égoïsme c'est uniquement la dynamique du désir.
Si tu n'étais qu'une pensée, tu ne serais jamais égoïste.
Si tu n'étais qu'une volonté, tu ne serais jamais égoïste.
Mais tu es en même temps un désir et là, tout le reste devient égoïste !
Pourquoi ?
Parce que le désir est une énergie qui ramène à soi.
Le désir
Le simple fait de désirer cela veut dire qu'il y a quelque chose, que je le vois et que je le veux pour moi ! Parce que c'est quelque chose qui est dehors et que je veux mettre sur moi, en moi, que je veux pour moi ! Et après, je suis attachée à mon objet. S'il se casse, j'ai de la peine, si on me vole, je suis révolté ! Et je veux punir le voleur !
Et l'on voit ainsi tout un comportement social s'ériger uniquement à cause de cette conception qu'est le désir.
Pour punir le voleur, il faut un système de justice. Par un système de justice, il faut aller à l'école, apprendre le droit, prévoir des prisons et ainsi, à cause d'une simple chose qui est cette énergie, cette dynamique du désir, on voit toute une société avoir inventé un système qui va jusqu'au système carcéral !
Méfiez-vous donc de tous ces systèmes que vous faites tout petits à votre dimension, mais qui d'un seul coup, une fois se retrouvant dans la collectivité, deviennent d'énormes champignons qui vous asservent littéralement ! Parce qu'après, il faut y obéir à ce système !
J'ai parlé du désir comme étant la dynamique de l'égoïsme, parce que c'est ramener quelque chose à soi, alors vous allez me demander : “Comment se débarrasser de ce désir, de cette trépidance ?”
Eh bien, je vous rassure, vous n'avez pas vous en débarrasser ! Comme on le fait croire quand on parle d'une ascèse se rapportant au monde de l'émotion et du désir. Vous devez le comprendre, tout simplement !
Le désir n'est pas une création de l'ordre cosmique. “Tiens, il y a le Plan Physique, le Plan Éthérique et puis le plan du désir.” Non. Le désir est un événement.
Le désir est un événement.
Une fois que vous l'avez créé, une fois que vous l'avez senti, une fois il existe ensuite en vous et cela se reproduit presque à votre insu. Mais à l'instant de sa création, il a été votre propre création.
Comment est-ce que l'on crée ce principe du désir qui va perdurer pendant une multitude d'incarnations ? Uniquement lorsque la conscience descend dans la Matière et en voyant l'insécurité qui se trouve dans la Matière, essaie de s'approprier les moyens de se sécuriser.
Le désir relève une nouvelle fois de la peur dont je parlais tout à l'heure.
Dissiper la peur
Donc, si tu combats ta peur, donc si tu combats ton ignorance et ceci en t'instruisant, en te raffinant dans tes conceptions et en partageant tes nouvelles conceptions, tu te détaches par la même de cette dynamique qu'est le désir. Le désir qui n'est qu'une inspiration à se rassurer, à se faire plus beau, plus éternel, plus stable.
C'est ta peur qui est la racine de tous les autres problèmes !
Si tu comprends bien cela, tu vas sentir un poids immense sortir dessus ton ventre, libérer ton ventre ! Et te permettre d'être une roue gigantesque qui s'articule et qui roule de joie, cette fois, sur la Terre ! Même s'il pleut, même s'il fait froid, même si tu n'as pas mangé, même s'il fait soleil et que tu as soif ! Tu pourras assumer tes difficultés. Et les difficultés seront pour toi des moyens initiatiques, des moyens de maîtrise et non pas des catastrophes de la Nature et de la société.
Essaye de comprendre ta peur, de voir quelle est la racine de tous les problèmes !
Essaye de la dissiper par une simple pensée qui est celle-ci : j'ai peur parce que je crois que la mort c'est la fin, parce que je crois que la mort, quelque part, ça doit faire mal parce que je crois que je ne verrai plus ceux que j'aime, que je serai séparé d'eux ! Car il y en a qui tolèrent la mort comme étant la mort du corps, mais ils ont une grande difficulté à imaginer qu'ils seront séparés des gens qu'ils aiment, ce qui fait qu'eux n'ont plus peur de la mort d'une façon égoïste pour leur corps, ils ont peur de la mort pour des raisons plus émotionnelles, la séparation d'avec les autres.
Il y a une troisième phase, une troisième évolution, avant de ne plus croire et de ne plus craindre plus du tout la mort, c'est d'avoir la peur de ne plus revenir !
Le disciple sait que lorsqu'il meurt, il va partir dans certains plans. On peut rester jusqu'à un millier d'années sans revenir en incarnation et que tout le processus de la réincarnation jusqu'à un certain stade n'est pas une affaire de volonté personnelle qui dit “je me réincarne”, mais c'est plutôt des convulsions de la nature, un peu comme si l'aura de la Terre était un ventre en état de grossesse, et puis avec certaines convulsions les âmes sont précipitées dans l'incarnation. Et pour celui qui connaît quelque chose en ésotérisme et qui sait qu'en même temps il n'est pas encore une individualité parce qu'il a encore besoin de dormir la nuit, parce qu'il tombe encore dans le sommeil. Il n'est donc pas encore une individualité, il sait qu'il va dépendre des convulsions de la nature pour se réincarner. Et qui sait si la convulsion se fera ?
Donc une fois que ces trois phases de la peur de la mort sont évacuées, comprises et sublimées, l'homme peut véritablement commencer non seulement un chemin spirituel, mais il peut dire qu'il connaît Dieu et qu'il l'aime. Avant ce n'est qu'un marché, pas autre chose !
Convulsions de la Nature
Je voudrais terminer, mais permettez-moi quelques mots encore sur ces convulsions de la Nature, ce qui vous expliquera un petit peu pourquoi, alors que dans des pays où l'on ne peut pas boire ni manger, il y ait tant d'âmes qui s'y réincarnent. Car on pourrait concevoir que les femmes ne puissent pas enfanter ou que les âmes refusent la naissance ! Voyant le destin qui leur est promis, on pourrait imaginer que ces êtres refusent de naître ! Or il se trouve qu'il y a des naissances et des naissances en abondance ! Naître juste pour mourir de faim, quel drôle de destin ! D'où cela vient ?
Ce n'est pas un karma de la personnalité qui a mérité de mourir de faim, qui a mérité d'endurer cette souffrance. Non !
On pourrait vous faire mourir de faim tout autant si vous étiez incarné chez les Occidentaux, ils sont tellement égoïstes qu'ils vous laisseraient mourir de faim ! Ces convulsions de la Nature, lorsque l'individu n'est pas encore une individualité, mais appartient à l'âme collective de la planète, ces convulsions de la Nature expédient des âmes, des étincelles, là où il y a le plus besoin, en fait, de se réveiller. Ce n'est pas du tout pour payer quelque chose par la souffrance, pour purger une race parce qu'elle est vieille, parce qu'elle n'a rien compris, parce qu'elle s'est dégradée... La Nature fait en abondance des étincelles qui viennent à la vie parce qu'elle se dit : “si j'envoie de la vie, je peux maintenir le continent, la race.” Et non pas parce que la race aura une descendance.
Ici, il y a une petite prouesse intellectuelle que je vous demande de faire, mais pour que vous la fassiez, il ne vous suffit pas d'être intelligent, ce n'est pas une question d'intelligence, c'est une question de confiance en moi. Il faut que vous me fassiez un peu confiance, juste le temps de l'analyse, pour que je vous explique pourquoi dans les endroits où l'on ne peut ni manger ni boire, la nature se convulsionne pour accoucher d'une multitude d'âmes, des âmes qui ne promettent même pas une descendance puisqu'elles meurent avant d'avoir pu procréer elles-mêmes.
C'est un sacrifice de la Nature vis-à-vis d'elles-mêmes.
Le règne humain comporte des énergies septuples. Le règne animal n'a pas des énergies septuples, le règne végétal non plus, seul le règne humain rayonne les sept énergies, qui sont d'ailleurs les sept chakras de la constitution occulte de l'homme.
Quand il y a un continent et toute une race en difficulté, soit parce qu'à travers les siècles elle s'est usée et n'a pas compris les nouveaux critères de l'évolution, ou n'a pas su saisir, s'adapter à la nouvelle évolution qui lui aurait permis, de nouveau, d'aller, pendant plusieurs millénaires, sur une phase de développement et de jouissance de la vie. Il y a, à ce moment-là, un retrait de l'énergie. Et ceci n'est pas comptabilisé par un Dieu ou par un Maître, ceci se fait automatiquement, c'est un peu, je dirais, de la chimie qui a lieu là.
Une race, c'est comme une grande roue. Tant qu'elle en est qu'à son premier tour elle a plein d'énergie, elle est neuve, c'est un peu l'enfance par exemple. Puis quand elle amorce son deuxième tour, si la race n'a pas compris certains principes, si elle n'a pas évacué certaines illusions, elle ne pourra pas assumer son deuxième tour avec des énergies régénérées et nouvelles. Elle ne pourra pas donc, grâce à ces illusions perdues et ces nouvelles convictions trouvées, avoir cet élan, ce deuxième élan que permettent ces illusions perdues et ces convictions trouvées. Donc le deuxième tour va se faire péniblement, grâce au peu d'énergie qui reste du premier tour. Et c'est pour ça que le deuxième tour généralement n'arrive même pas à sa fin ! Donc pas question de penser même au début du troisième ! Et c'est à ce moment-là que la Nature rentre dans des convulsions qui la font souffrir plus que vous vous souffrez, et qui essaient en abondance d'apporter des vies, d'apporter des vies comme pour surdynamiser la race, afin de terminer le deuxième tour. Et à ce deuxième tour, grâce à toute la souffrance aussi endurée, quelque chose doit être compris par ces gens, par cette race. Et c'est un peu comme si la désillusion qui devait partir et qui aurait dû être évacuée pour le deuxième tour, c'est comme si cette désillusion partait avec une force encore plus grande. Ce qui fait que le troisième tour qui est assumé est de loin supérieur au troisième tour qui aurait été effectué normalement.
C'est pour ça qu'après des grandes périodes de décadence, il y a certaines races - si elles comprennent, si elles assument leur changement, et créent pour cela aussi les prétextes pour changer - eh bien elles ont une période d'apothéose remarquable, qui n'a rien à voir avec une apothéose de longue durée, et c'est un moment extraordinaire ayant plus d'énergie. Les enfants sont plus intelligents, les enfants ont plus le contrôle d'eux-mêmes et ils règnent beaucoup plus fort !
Ce qui veut dire qu'en ce moment, tout le plateau africain qui subit énormément est soumis en fait à une épreuve extraordinaire de changement. Cela faisait longtemps qu'ils ne changeaient pas, qu'ils n'avaient même plus les moyens de changer parce qu'ils s'étaient appauvris et aussi sclérosés dans des principes qui ne leur permettaient pas de finir donc ce deuxième tour.
Aujourd'hui, avec tous les problèmes qu'ils ont et qui ne sont pas envoyés par Dieu pour les faire changer, mais qui arrivent simplement parce que le deuxième tour patine, patine et n'arrive pas à monter, aujourd'hui si le plateau africain comprend tous les défauts qui les ont amenés à ça, et ainsi en fabriquer les qualités, eh bien ce sera un plateau qui, au moment où les blancs commenceront à se fatiguer, où ils s'abîmeront de plus en plus dans les ruses financières et autres, eux connaîtront une grande apothéose intellectuelle, culturelle, artistique et médicale.
Ce ne sera pas de longue durée, comme lorsqu'une race tout entière connaît son apothéose parce qu'étant dans sa jeunesse, mais ce sera suffisant pour s'assurer un grand avenir tranquille !
Voilà pourquoi les âmes vont là-bas, c'est en fait pour faire survivre une race.
La chimie de la planète ne trouvais que ce moyen naturel puisqu'elle ne peut pas avoir la grâce de s'incarner, d'apparaître sous les traits d'un Christ, d'un Messie pour s'exprimer. Et de toute façon on ne la croirait pas ! Parce que c'est d'écrire une alchimie qui de loin ne pourrait pas être admise par tout le monde, on s'en moquerait !
Il y a plein d'autres petites explications comme ça qui vous attendent le jour où vous arrêtez de construire vos modèles et de créer vos négociations. À ce moment-là vous allez vers le livre qu'il faut, vous rencontrez le guide qu'il faut. Et vous n'avez pas besoin d'aller à l'étranger pour ça ! Les guides voyagent suffisamment eux-mêmes pour que vous les rencontriez sur place !
Et pour ça, je vous répète :
Construisez en vous une pensée pure !
Construisez-la en détruisant vos modèles, vos négociations !
Faites ces choses !
Je vous salue.
(Date de la conférence : 11 05 1991)
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