🔥 Conférence 111

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Conférence 111

Question

Bonsoir,

La question qui nous est posée :

Le courant actuel tente à rapprocher l'Homme de la Nature. Auriez-vous un enseignement spécifique à nous apporter à ce sujet, et surtout une compréhension quant aux éléments terre, eau, air, feu et sur les différents règnes ?

Réponse

Bonsoir,

Je vous souhaite la bienvenue.

Je compose toujours l'introduction de mes discours en expliquant quel genre d'écoute j'attends de votre part, et donc je vais la répéter.

Pourquoi est-ce que je le répète à chaque fois ?

Même à ceux qui l'ont souvent entendu, je le répète parce qu'il faut répéter certaines choses qui sont des choses de base, parce que même si elles sont acceptées, ce n'est pas pour autant qu'elles sont vivifiées et maintenues dans l'esprit des personnes.

Encore une fois, donc l'enseignement, je le répète, doit être entendu avec le cœur et non pas avec votre mémoire, votre tête, vos oreilles, non pas dans le but de faire une culture, mais plutôt de transformer une parole en Lumière parce que la parole sera devenue votre comportement quotidien.

Un nouveau comportement

Je le répète encore une fois : tout enseignement valable doit vous apporter un nouveau comportement et non pas une culture plus grande ou une connaissance plus vaste.

Chaque fois que l'homme agrandit sa connaissance, il agrandit tout simplement le nombre de rayonnages dans sa mémoire ou dans sa bibliothèque chez lui. Mais en fait chaque fois qu'un mot, une parole, une sentence, chaque fois que ces choses auront eu le pouvoir de déclencher dans l'individu un comportement, à ce moment-là, on peut dire que l'homme a été enseigné.

Et parfois, l'enseignement vient de la part d'un enfant, ou de la part d'un travail, ou de la part d'une société, ou de la part d'un événement, pas forcément, donc, de la part d'un livre, ou d'une conférence, ou d'un guide qui aura très bien parlé.

Ce n'est pas parce que je prends le temps de vous expliquer certains fonctionnements de la psychologie, de la philosophie, ou des relations entre les Guides et les hommes qu'il faut croire que vous avez le devoir d'écouter et de tout comprendre. Vous pouvez très bien partir d'ici sans avoir rien compris, peu importe ! Du moment que vous aurez retenu certains devoirs de base, comme lorsque je vous dirais : pensez de façon pure, agissez de façon plus détachée, ou plus positive. Du moment que vous portez dans l'esprit ces devoirs-là, même si vous avez oublié tout le reste, peu importe !

Il y aura toujours quelqu'un pour vous faire remarquer que vous ne connaissez pas quelque chose, qu'il existe encore un mystère. Par contre, pour celui-là même qui vous fait remarquer qu'il existe encore pour vous un mystère, une énigme, souvent à cette personne-là, vous pourrez vous-même faire remarquer qu'il lui manque le comportement juste, l'attitude juste. Soyez plutôt, donc, des exemples de comportements, des exemples de pensée, des exemples de sentiments, plutôt que des hommes de grande connaissance !

Soyez des exemples de comportements, des exemples de pensée, des exemples de sentiments !

La question qui a été posée est intéressante et je vais y venir mais je veux m'attarder encore un peu sur le sens de l'enseignement et de la connaissance.

L'instruction et la connaissance

Il semble que tout le monde soit soucieux, surtout lorsque l'on est occidental, d'obtenir une connaissance.

Que ce soit au début de la vie, lorsque l'on va à l'école et que l'on cherche une connaissance propre à la société, ou que ce soit plus tard lorsque l'on cherche à s'instruire spirituellement à propos de la cosmogonie, ou des anges, ou des couleurs, ou des cristaux, ou de quoi que ce soit d'autre, toute instruction est bonne à la base, bien sûr, puisqu'elle permet un discernement. Mais il faut que l'instruction soit l'instrument du discernement.

Sitôt que vous-même vous faites l'erreur d'obtenir, ou de chercher à obtenir une connaissance pour en faire autre chose qu'un objet de discernement, une épée qui vous permettra de séparer le vrai du faux. Chaque fois que donc vous allez utiliser la connaissance pour autre chose que cela, vous vous trompez. Vous vous alourdissez votre ego. Vous vous préparez une vie remplie d'orgueil. Même si aujourd'hui il vous semble être très humble par rapport à tous les livres que vous avez déjà lus ! Cependant il faut savoir qu'à un moment, inévitablement, il vous semblera savoir beaucoup et être meilleur qu'un autre qui sait peu.

Donc pour éviter le piège de cet ego, il faut utiliser la connaissance uniquement pour le Plan Mental. C'est-à-dire développer une intelligence supérieure qui permet à l'individu de dissocier, tout au long de la journée, l'essentiel de l'éphémère, etc., tout ce que vous connaissez.

Ceci est le propre de l'instruction.

On ne peut pas utiliser la connaissance pour autre chose. On ne peut pas utiliser la connaissance pour savoir quelle est la couleur des sept rayons, simplement pour savoir quelle est leur couleur. C'est impossible ! Connaître la couleur des sept rayons par la tête n'est pas connaître leur couleur. Il faut que le cœur connaisse la couleur, pour que cette connaissance soit, non seulement une chose acquise pour la mémoire, mais aussi une possibilité d'intervention, une possibilité de travail avec ces sept couleurs, ces sept rayons, une possibilité de communion avec ces sept vibrations.

Et pour éveiller une connaissance qui part d'abord de la tête, puisque je lis mon livre, pour l'éveiller afin qu'elle devienne une connaissance ensuite du cœur, il faut que je m'enferme uniquement sur le Plan Mental comme épée de discernement.

Si à quelconque moment je m'en sers pour être content de moi, pour trouver qu'il y a une différence entre moi et les autres, pour trouver que je suis mieux que les autres, pour trouver que je suis plus avancé qu'eux, pour trouver que bientôt mon initiation approche, ... Chaque fois que je vais m'en servir pour me qualifier et me donner un statut, je bloque l'accès de cette connaissance vers le cœur.

Chaque fois que je vais m'en servir pour me qualifier et me donner un statut, je bloque l'accès de cette connaissance vers le cœur.

C'est à ce moment-là que donc je ne peux pas découvrir vraiment la connaissance et que je me trouve avec les années, puisque je vais vieillir, je me trouve devenir de plus en plus un parchemin usé et qui va s'effriter. Comme la mémoire s'effrite elle aussi, un beau jour, je vais même oublier ce que j'ai appris et qui faisait ma différence et ma fierté. Si bien que lorsque j'entrerai dans un certain âge, je ne pourrai plus être aussi fièr de moi. Et c'est à ce moment-là que la Nature, elle, grand Maître parmi les Maîtres, va m'obliger à cette humilité et à cet emploi de l'intelligence tel qu'il devait être fait dès le début. Elle va me priver de ma mémoire, elle va vieillir ma mémoire et elle va ainsi m'obliger à l'humilité, l'humilité naturelle que je devais vivre dès le début de mon instruction.

Donc, avant d'attendre que la Nature intervienne par ces cycles, par ces Âges, pour vous obliger quand même à vous détourner de l'ego ou de son utilisation basse et grossière, essayez tout de suite, dès que vous êtes jeune, et afin de garder votre jeunesse, essayez tout de suite de vivre d'après les critères d'un ego-supérieur.

Et donc ne vous identifiez jamais à une quelconque connaissance, n'en faites jamais votre connaissance, la qualité de votre cœur.

La dernière fois j'ai abondamment parlé du phénomène de l'identification, comment est-ce que l'on s'identifie à une image inférieure, quelle est l'identification supérieure, pourquoi et comment.

Maintenant un conseil plus profond, je vous dis :

Ne vous identifiez pas à la connaissance !

Le piège principal pour un disciple qui a le courage de travailler, de s'instruire, de faire des efforts sur lui-même, son piège principal est de s'identifier à toutes ses qualités, à tout ce dont il est capable.

Bien sûr tout ce dont il est capable fait sa différence d'avec les autres hommes. Il va s'apercevoir qu'il est plus honnête qu'un autre, ou en tout cas qu'il est moins voleur qu'un autre. Il va s'apercevoir qu'il est plus stable de tempérament qu'un autre. Et donc en faisant la liste de ses points éminemment positifs, il va petit à petit construire une image de lui-même qui risque de se cristalliser et de constituer un ego, un ego qui sera bien sûr rempli d'un certain orgueil !

Ce qui fait qu'une carapace va se construire autour de son cœur et toutes les énergies déclenchées par le mental qui devrait normalement aller s'écouler dans le cœur pour l'ouvrir et pour déclencher la découverte par le cœur, eh bien ces énergies ne trouvant pas l'accès vont rester dans la tête.

Ce sont des individus qui vont pouvoir, par exemple, développer énormément le troisième œil, ou bien développer largement le chakra de la gorge, ce qui fait que leur personnalité sera forte, leur personnalité sera imposante. Pour ceux qui auront développé le troisième œil, il y aura la possibilité d'exercice de dons paranormaux ou de double vue, et encore une fois une personnalité qui va s'imposer, faire la différence d'avec les autres.

Cependant chaque fois que le cœur manifestera une vibration, chaque fois qu'il y aura eu la possibilité de le réveiller parce que les énergies circulent et elles circulent parce que je ne m'identifie pas à ce que je crois de beau ou de pas beau en moi. À ce moment-là, l'individu arrive très facilement à développer toutes les qualités spirituelles qu'il faut pour obtenir l'initiation.

C'est à dire tout ce que l'on vous dit dans tous les livres. Par exemple : ayez le cœur pur, les pensées pures, soyez humbles, soyez détachés !

Toutes ces attitudes qui deviennent très compliquées si en fait l'individu essaye de les manifester, tout en maintenant encore son ego-inférieur.

Il est vrai que si j'alimente mon ego-inférieur, si je m'identifie à tout ce que je trouve bien ou pas bien en moi et si en plus je m'identifie à ma connaissance et à ma différence d'avec les autres hommes, si j'entretiens donc cet ego-inférieur au moment où je vais devoir passer un détachement à une honnêteté, à une loyauté, à un courage, à quoi que ce soit, cela va être très difficile et c'est vrai que le courage va devoir être intense. Parce qu'il faudra que je passe par dessus un mur qui existe et que je tiens très fort, aussi fort que le courage que je suis en train de développer pour passer par dessus la chose.

Il n'est donc pas étonnant que je me retrouve, au bout de l'épreuve, complètement anéanti, avec l'impression que j'ai été autant massacré dans ma personne que construit dans une spiritualité.

Ce qu'il faut donc éviter pour ne pas avoir un effort gigantesque à faire, ce qu'il faut donc éviter c'est de tenir, d'alimenter cet ego-inférieur.

Sitôt que je travaille en fait à la désidentification, devenir, lorsqu'un événement me le propose, devenir humble, loyal, courageux est quelque chose qui va couler comme une eau de source, et quelque chose qui va se lever comme le Soleil une fois que la nuit est terminée. C'est quelque chose qui va avoir lieu simplement. Même si, pour le déclencher, il me faudra un petit peu appuyer, un petit peu souffrir, c'est cependant quelque chose qui va arriver à fleur de peau, exactement comme la rosée se dépose sur un champ et sur les fleurs.

Dans la mesure où ce qui est illusoire, ce qui est contraire, l'ego-inférieur, dans la mesure où ce contraire n'existe pas ou presque plus, faire appel aux qualités de l'Ego-supérieur ou de l'âme va devenir donc un jeu enfantin.

Il va simplement falloir - comme dans la balance avec ses deux plateaux - il va simplement falloir que je pose un poids. Par exemple, le poids d'une idée, d'une pensée. “Il faut aujourd'hui que je sois loyal, il faut aujourd'hui que je sois honnête ou courageux ou ceci ou cela parce que mon initiation est en jeu, ou la compréhension de ce livre est en jeu.” Alors je pose dans un plateau, le plateau du feu, de la construction, je pose le poids de cette intention et automatiquement l'autre plateau va se lever, et c'est celui-là qui va apporter les énergies de l'âme - comme sur un plateau, bien sûr - pour que je puisse les utiliser.

Si au contraire je ne sais pas travailler avec ces deux plateaux de la balance, je ne sais pas comment faire peser l'un pour que l'autre affleure et que je puisse l'utiliser facilement, à ce moment-là ma balance est paralysée, je me retrouve dans son centre et je ne peux plus bouger. Je ne peux pas plus faire appel à ma volonté qu'aux énergies de l'âme qui peuvent affleurer par ma passivité, l'inexistence de l'ego-inférieur. Je suis rivé.

Et toutes les forces peuvent alors s'exercer sur moi, je deviens un centre où tout va aboutir. Les énergies contraires du monde, les événements contraires du monde, le Bien, le Mal, tout va alors se jeter sur moi parce que je deviens un centre. Pour que je ne sois pas ce centre où tout aboutit en provenance du monde, autant le Bien que le Mal, il va me falloir être une balance avec ses deux plateaux.

Et pour être la balance avec ces deux plateaux, il faut que je sois décentré de mon ego-inférieur. Ou que je travaille - comme je l'ai expliqué longuement la dernière fois mais aussi à d'autres occasions - que je travaille à la désidentification parce que en fait, se désidentifier c'est apprendre à ne plus construire ce centre inférieur qui va, comme une ventouse, attirer, appeler toutes les énergies contraires du monde et des événements.

Tant que je représente un pôle, je suis un aimant. Et tant que je suis un aimant, je vais attirer des événements à moi, je vais attirer le monde. Et comme dans le monde il y a des énergies bonnes et mauvaises, des gens bons et des gens mauvais, je vais recevoir une marée qui contient tout cela et je ne vais pas pouvoir trier.

Et c'est à ce moment-là que la présence des Maîtres va être quelque chose de très douteux.

“Tiens, on dirait qu'ils ont comme des tranches horaires, ils sont là de 8 à 12 mais plus de 12 à 18 ! Ils sont là quand je n'ai pas besoin d'eux et quand j'ai besoin, ils n'y sont plus !”

C'est là que l'on commence à douter, on s'interroge sur la réalité de leur rayonnement, de leur présence. “Qu'est-ce que cela veut dire cet effort qu'ils font d'enseigner, de dicter, de dire alors qu'il y aurait plus d'impact s'ils venaient eux-mêmes ?”

C'est ce que pensent ensuite la plupart des disciples qui s'interrogent. Il y a une logique dans la pensée dès qu'une certaine forme de pensée est née. Et à partir du moment où je conçois mal ma propre position, je vais aussi mettre en doute, soit la réalité des Maîtres, soit l'efficacité de leur intervention et de leur présence. Tout cela parce que déjà, au début, je me suis moi-même mal positionné.

Alors nous allons bien positionner l'Homme, l'Homme sur sa planète, l'Homme dans son destin. Et ensuite on verra que les erreurs de parcours dans le développement de la pensée ne pourront plus avoir lieu.

Si je plante droit mon arbre, si je plante droites ses racines, automatiquement il va pousser droit vers le Ciel. Si au contraire je plante la graine en biais, mon arbre va complètement dévier de l'axe et il va tomber au premier orage ! Et c'est là que la foi va tomber au premier événement négatif dans votre vie.

D'un seul coup on oublie les Maîtres ou on oublie la foi que l'on avait ou on oublie la force dont on était moulé. Il semblait que pourtant rien ne pourrait nous ébranler et cependant, voilà que l'arbre tombe, parce qu'il n'est pas planté droit.

Pour planter un arbre bien droit, il faut que l'arbre se connaisse.

Il ne peut pas tenir s'il ne se connaît pas, d'abord en tant que arbre et s'il ne connaît pas son destin qui représente sa croissance jusque vers le Ciel pour qu'il y disparaisse.

Qu'est-ce que l'Homme ?

L'Homme

J'en ai souvent parlé mais pour que mon discours soit bien construit, je vais le redire ce soir.

Qu'est-ce que l'Homme ?

L'Homme est une étape.

L'étape de qui ?

L'étape de Dieu ou de l'Esprit Divin, du Sacré, ou de la Force Créatrice. Appelez cela comme vous voulez, peu importe.

En fait dans l'Univers il n'est question que de la Divinité. L'Univers est Son histoire et rien que Son histoire. L'Univers n'est ni l'histoire des cristaux, ni l'histoire des dinosaures, ni l'histoire de l'Homme. C'est l'histoire de Dieu.

C'est Lui qui anime, c'est Lui qui vit et c'est Lui qui connaît le pourquoi de ce voyage qu'Il a commencé.

Et l'Homme est un chaînon de son voyage dans l'Univers et dans les différents royaumes.

Ce qui fait que l'homme va automatiquement construire une pensée fausse, sitôt qu'il va se dire : “Pourquoi est-ce que moi j'existe ? Pourquoi est-ce que moi je dois me développer ? Pourquoi est-ce que moi je dois aimer Dieu ?”

Sitôt qu'il dit "moi je", sitôt qu'il considère que l'Univers c'est son histoire, que la vie c'est son histoire, que la Terre c'est son histoire, automatiquement il se place au mauvais endroit. Il fait de sa personne le centre d'une cause, le centre d'un effet, le centre d'une raison, et bien sûr il cherche le pourquoi.

C'est à ce moment-là qu'il s'interroge sur Dieu, sur les Maîtres, qu'il veut trouver l'un et l'autre et que tout en les cherchant il se demande bien pourquoi il les cherche. Puisque de toute façon on lui dit qu'il y arrivera, et que le jour où il y arrive il n'y aura plus rien que Dieu.

Alors il y a même des disciples qui se disent : “Bon ben, je fais juste de quoi être heureux, juste de quoi être en bonne santé, juste de quoi avoir un bon karma mais je ne vais pas trop vite comme ça, je peux exister un petit peu. Parce que sitôt que j'aurai rejoint Dieu il n'y aura plus d'existence pour moi puisqu'il n'y a que Lui.”

Alors certains font, comme cela, à vitesse de croisière un petit voyage qui leur permet de continuer à exister puisqu'ils aiment être, tout en évoluant un petit peu pour ne pas avoir un karma trop lourd ou accumuler des fautes.

Ça je dirais que c'est la ruse d'une certaine forme d'intelligence et cela nous fait bien sourire, cela nous amuse ! Car en fait il n'y a pas moyen de retarder l'instant où Dieu redeviendra lui-même, pas plus qu'il n'y a pour l'homme le moyen d'accélérer l'instant où il peut redevenir Dieu ou prolonger le moment où il reste un homme.

À partir du moment où l'homme comprend qu'il est une étape, l'étape de l'Esprit et que l'histoire de l'Univers c'est l'histoire de l'Esprit et non pas l'histoire de l'Homme, à ce moment-là, il retrouve toute l'humilité nécessaire pour, non seulement savoir ce qu'il doit faire pour être utile durant cette étape, et être utile aussi aux règnes qui sont derrière et qui sont devant, comme le règne des Maîtres, mais aussi il devient rempli de la joie d'être ce qu'il est ! Il éprouve soudainement une vie extraordinaire ! La vie ne lui est pas retirée, au contraire puisqu'il connaît sa raison d'être et qu'il accomplit un certain Plan, il se trouve rempli d'une dimension extraordinaire. Et il n'est pas plongé dans l'inexistence comme certains disciples le supposent, au contraire, on lui enlève les limites de son existence actuelle.

Avant que l'homme redevienne si absolument Dieu qu'il n'ait plus l'impression d'être un homme, il faut quand même énormément énormément de cycles !

Un Maître, bien qu'il soit parfait, bien qu'il ait l'ego complètement désintégré, a encore la sensation d'exister et d'être lui-même et il prend ses décisions ! Donc il ne sert à rien de reculer l'instant de l'initiation en se disant : “Mais après je ne pourrai plus profiter de ceci, profiter de cela.” Comme si la spiritualité était la suppression de toute l'existence sensible. C'est tout le contraire !

C'est quand je commence à devenir un véritable disciple, que je suis livré à une vie beaucoup plus grande et beaucoup plus sensible.

Si, par exemple, je redoute un moment initiatique ou je redoute un sacrifice, parce que je veux pouvoir continuer certains plaisirs ou apprécier la vie sous la forme qui me plaît, je me prive des moyens de regarder une fleur et de savoir exactement ce qu'est cette fleur. Je me prive d'entendre sa musique car les fleurs émettent des sons. Le monde floral est extraordinairement musical. Et c'est d'ailleurs pour cela que toute personne sensible a envie de s'entourer de fleurs. Ce n'est pas uniquement pour le parfum, pour la couleur, c'est parce que la fleur est un son.

Donc lorsque je veux continuer avec certains de mes plaisirs qui me plaisent beaucoup, je me prive en même temps d'autres qui sont beaucoup plus intenses et qui ont poussé beaucoup plus loin la limite du beau.

Lorsque je suis simplement content d'être avec des amis et que je pense que pour être plus spirituel il faut que je me prive de ces sorties, je fais là l'évocation d'un plaisir bien grossier !

Imaginons maintenant l'instant où je suis avec ces mêmes amis, l'instant où je sors avec ces mêmes amis, mais où j'arrive à m'unifier tellement à ces amis que j'en découvre une plénitude extraordinaire qui me transporte pendant toute la soirée sur un nuage de bonheur. À ce moment-là, je n'ai plus de doute, je dois, pour être encore plus heureux, je dois abandonner les grossièretés, les grossièretés de mon ego-inférieur, ses motivations inférieures, ses goûts inférieurs, ses élan inférieurs.

Chaque fois que j'aurai lâché une des motivations de cet ego inférieur, je me destine, non pas à un silence, non pas à une inexistence, mais à une sensibilité encore plus aigüe de la beauté du monde, de la beauté des âmes qui m'entourent, de la beauté des sons.

Et lorsque les sons du monde ne seront pas assez beaux, alors mon oreille, devenue ainsi beaucoup plus sensible, va se mettre à écouter les sons du monde invisible.

Et alors que je serai dans les embouteillages, dans la ville, ou dans un bâtiment où il n'y a que des cris et des musiques trop rythmées, je n'aurai qu'à me mettre en relaxation pour entendre la musique des sphères !

Sitôt que je lâche un certain monde, l'autre monde vient vers moi, et il ne tarde pas.

Mais ce qui fait que, en apparence, la plupart du temps, malgré mes efforts, l'autre monde ne vient pas vers moi, la musique des sphères ne se fait pas audible, les couleurs de l'autre monde ne se font pas visibles, c'est parce que je n'ai pas encore vraiment lâché le monde inférieur, mes motivations inférieures, mes goûts inférieurs. Car il s'agit bien là de mes goûts, de mes préférences.

Si je les lâche toutes, dans une pareille intention, avec un égal rejet, à ce moment-là, il n'y a plus aucun fil qui me retient. Et je peux introvertir complètement mes sens pour être à l'écoute des beautés intérieures. Et même lorsqu'il s'agira de regarder un élément qui existe dans le monde extérieur, comme une fleur, un autre être vivant, un arbre, un rocher, eh bien c'est par mon oreille intérieure que je contemplerai ces choses et que je les verrai d'une dimension différente.

Mais pour que tout cet autre monde me soit accessible, il faut que je lâche intégralement mes goûts et mes préférences inférieures.

Les goûts inférieurs

Quels sont de manière générale les goûts inférieurs ?

Les goûts inférieurs sont généralement motivés par des émotions lourdes.

Un individu incarné est caractérisé par son besoin d'émotions lourdes, d'émotions fortes.

Par exemple, lorsque je vais vouloir danser, selon mon niveau, je vais avoir besoin d'une musique extrêmement rythmée pour faire bouger mon corps intensément ou bien j'aurai besoin d'une musique doucement rythmée pour faire bouger et mon corps et mon esprit. Ou bien j'aurai besoin simplement d'une note qui balance, qui s'en va et qui revient en faisant des arabesques pour que seul mon esprit voyage.

Selon l'endroit où l'on se trouve pour danser - selon l'endroit initiatique, j'entends, non pas le lieu physique - selon donc ma préférence musicale, je vais pouvoir déterminer si j'ai besoin d'une électricité lourde, d'une électricité moyenne ou d'une électricité très légère. Et à ce moment-là, je peux très bien déduire à quel monde je suis branché.

Sitôt que je veux travailler sur moi pour favoriser mes connexions avec un monde supérieur, je ne dois pas brutalement cesser de ressentir tous mes goûts inférieurs, mon besoin d'épices, mon besoin de musique forte et rythmée, mon besoin d'émotions, mon besoin de changements, mon besoin de grands voyages. Je dois tout simplement commencer par comprendre cette attitude. Je dois me comprendre profondément.

Je n'ai pas le droit de me juger, cela ne sert à rien. Si je commence par me juger et je ne vais pas avoir suffisamment d'énergie, pas suffisamment d'amour pour moi-même pour me prendre la main et pour aller jusqu'à un point d'évolution. Car en fait, je ne peux arriver à évoluer, à faire un effort sur moi-même, que si je m'aime suffisamment pour le faire.

Si je passe toute ma journée à me critiquer, à me trouver inférieur ou à faire le bilan de mes motivations grossières, je ne vais pas pouvoir, comme un copain, me prendre par la main, me raisonner pour me dire : “Non, ne fais plus cela. Commence à faire ceci.” Je redeviens mon propre ennemi et il n'y a plus que la guerre.

Donc, ma première attitude sera de ne pas me juger, de ne pas faire appel, donc, encore une fois, à l'ego-inférieur avec son miroir, qui se trouve assez frisé ou pas assez frisé. Personne ne lui demande son avis à celui-là ! Il se tait, on l'assoit et on le fait taire !

C'est l'intelligence supérieure qui a seule le droit de prendre la parole.

L'intelligence supérieure

Cette intelligence va venir sur le terrain et va dire : “Tiens, voilà le comportement de mon ego-inférieur. Voici la liste de ses goûts, musique forte, musique rythmée, goût pour les épices, goût pour l'évasion, les voyages, le besoin de partir, de changer de personnalité, le besoin de changer de métier, de ceci, de cela.”

Une fois que l'intelligence supérieure a fait le bilan de ce que l'ego-inférieur est constitué, il vous est tout à fait facile d'actionner le robot à distance. Et de dire : “Maintenant que j'ai compris, je vais mettre la musique un peu plus doucement et petit à petit je remplacerai les musiques fortement rythmées par des musiques moyennement rythmées. Puis je passerai à des musiques mélodieuses, etc., etc.”

Tout doucement je passerai d'un stade à l'autre sans oublier la joie de l'exercice.

La Joie

Car si je dis : “Je dois faire ceci pour évoluer, parce que je veux évoluer, parce que je veux être initié !” À ce moment-là il y a appel à une énergie de contrainte et l'on ne pourra pas faire longtemps l'effort.

Tandis que si je fais les choses avec cette joie, je peux continuer l'effort, parce que cette joie exorcise le besoin de réussir et la peur de l'échec.

Ce qui fait qu'un effort devient insoutenable, c'est que je lui dis : “Tu vas devoir réussir. C'est où l'on réussit ensemble, où l'on crève ensemble ! Et ça je ne peux pas me le permettre. Soit parce que je ne m'apprécierai plus moi-même, soit parce que les autres ne m'apprécieront plus, soit parce que tout simplement ce n'est pas mon projet.”

Si au contraire j'utilise la joie pour évoluer, me transformer, le besoin de réussir n'est plus existant, cela devient un cap, un cap que je suis capable de maintenir avec volonté, avec fidélité. Mais ce n'est plus une question de principe, ce n'est plus quelque chose qui doit être fait tous les jours. Cela devient simplement une musique d'ambiance fidèle, omniprésente. C'est ça la vraie force.

Ce n'est pas le fait de savoir que dès demain je serai capable de renverser ceci ou de dépasser cela ou d'oublier telle chose ! L'homme n'est pas constitué avec des énergies suffisamment puissantes et flamboyantes pour être capable de cela. Ce n'est pas sa nature !

Tout ce qu'il doit faire c'est utiliser la puissance de l'esprit et non pas la puissance du feu, ça c'est le pouvoir des anges !

L'homme doit utiliser la puissance de l'esprit et la puissance de l'esprit est quelque chose qui a fleur lorsque l'on est fidèle vis-à-vis du cap, fidèle dans la foi.

La Fidélité

Même si votre foi ne vous semble pas extraordinaire, parce que vous la jugez moins forte que celle de votre voisin. Mais soyez fidèle dans la foi dont vous êtes capable. Soyez fidèle dans les bonnes pensées dont vous êtes capable. Soyez fidèle envers les amis qui nécessitent cette fidélité. Soyez fidèle dans le bien fait durant votre travail.

Et ainsi vous verrez que comme un bateau, vous allez déterminer un cap qu'aucune tempête ne pourra vous faire manquer. Aucun vent ne pourra vous en détourner.

La fidélité dans cette action, dans cette attitude, c'est une force. Et c'est ce qui vous évitera de devoir faire appel à la force énorme du courage humain.

C'est vrai que de temps en temps on peut faire appel au courage humain en provenance de l'écho inférieur. Mais c'est vrai aussi qu'il flambe très vite. Il suffit que l'on ait mal dormi pour que le lendemain on ait plus le même courage. Il suffit que l'on soit malade pour que le lendemain on ait plus du tout accès à cette énergie de courage. Ou il suffit que l'on soit agacé, il suffit que l'on soit perturbé pour que de seul coup les énergies manquent.

Tandis que si au contraire je me sens être fidèle, fidèle envers la Loge, fidèle envers mon âme, fidèle envers Shambhala ou envers Dieu, imaginez ce que vous voulez, vous allez découvrir en vous une énergie de continuité qui vous permettra de franchir tous les obstacles, et surtout de renverser toutes les manigances de l'ego-inférieur. Donc vous arriverez à vous dépasser au moment où la vie vous propose un dépassement.

Chaque fois qu'un homme cherche à évoluer, il ne doit pas commettre l'erreur de penser qu'il doit faire un effort sur lui-même, renverser un géant de pierre qui est encombrant et qui le retient sur la Terre. Ce n'est pas vrai.

La personnalité n'est pas ce géant de pierre, les sens ne sont pas ce géant de pierre si difficile à détourner, à contourner ou à sublimer. Rien ne représente suffisamment de poids pour retenir l'individu loin de son âme.

Par contre, ce qui va donner du poids à la personnalité, du poids aux sens, du poids à l'ego, c'est uniquement une pensée qui est là, dans la cervelle. Parce qu'il s'agit bien de la cervelle à ce moment-là, ce n'est pas le cerveau. Le cerveau, lui, est assez développé pour ne pas commettre cette erreur. Mais la cervelle elle, elle pense ce qu'elle veut, elle improvise ! Comme les artistes ! Et la cervelle elle se dit : “Tiens ça c'est très important, j'aime avoir ma bière tous les soirs, c'est très important pour moi ! Alors si un soir je n'ai pas ma bière, eh bien j'enfile mon pantalon, je remets mes chaussures, je ressors la voiture et je retourne au magasin acheter ma bière ! Parce que c'est très important pour moi !”

La bouche, l'estomac n'y sont pour rien ! On ne peut pas dire : “Je suis attaché à la bière parce que j'aime ça.” Non, le corps n'aime rien ! Parce que si l'individu écoutait son corps, il sentirait que le corps en a assez de voir arriver des litres de bière ! Il ne sait pas comment faire avec tout ça. La preuve en est qu'il ne peut pas même s'en accoutumer et il déclenche des maladies. Si donc il déclenche des maladies, c'est qu'il n'aime pas la chose !

Tandis que lorsque le corps aime quelque chose, aime une substance, il redouble de santé. Il se dit : “Je suis content alors je vais rayonner, je vais être en grande forme !” Mais s'il n'aime pas quelque chose, alors il se replie sur lui-même, il essaie d'éliminer. Et s'il ne peut pas éliminer, il renvoie tout à la tête de l'homme. Il lui dit : “Maintenant débrouille-toi avec cette maladie ! Va voir qui tu peux pour te soigner, moi je ne m'en occupe plus !”

Donc, on ne peut pas dire que l'homme aime la bière, que l'homme aime le tabac, que l'homme aime les gâteaux, que l'homme aime les épices. Non ! Ce n'est pas vrai du tout ! Ni le corps, ni l'homme n'aiment ces choses. Le corps est fonctionnel et l'homme est lui aussi fonctionnel.

Le corps est fonctionnel et l'homme est lui aussi fonctionnel.

Si donc on écoutait que les goûts de l'homme pur et du corps pur, on verrait des individus manger sainement, boire sainement, penser sainement. Car tout n'est que fonction dans l'Univers, parce que harmonie et servant le plan de Dieu.

Par contre, il y a la cervelle au milieu. Et la cervelle se dit : “Mmmm. Quand il boit de la bière, il y a une décharge dans tout le corps. Et cette décharge est bonne pour moi, parce que je me mets à chanter, je me mets à voir des étoiles, des marguerites... Il y a quelque chose qui me fait rêver. Tiens, voilà que d'un seul coup, même mon épouse qui me paraît si grosse et laide devient quelque chose d'extraordinaire ! Alors ne serait-ce que pour supporter mon mariage, je bois !”

Je te conseille de changer plutôt de femme tout de suite ou bien de mettre ta femme sur un vélo pour qu'elle maigrisse ! Mais ne bois plus !

De la même manière, ceux qui n'ont pas suffisamment de tendresse vont se jeter sur des éléments sucrés ou dans d'autres plaisirs. Ce qui fait que l'individu va croire aimer telle chose, aimer tel autre. Mais en fait, il ne fait que compenser, parce que quelque chose d'autre et quelque chose de primordial lui manque.

Compensation et déséquilibre

Dans la plupart des cas, dans la majorité des cas, quand un homme ne reçoit pas sa part d'amour, sa part de prâna, sa part de Lumière en tant que nourriture spirituelle, éducation spirituelle, conviction spirituelle, il va chercher une foule de compensations parce qu'il aura faim. Et que ne pouvant pas s'alimenter d'amour, de foi et de prâna, il va se jeter sur des éléments plus grossiers, parce que ce sont les seuls qui sont accessibles.

Alors puisque je n'aime pas ma femme ou parce que ma femme ne m'aime pas, eh bien, c'est vrai, je vais boire ou manger démesurément, ou partir tous les week-ends pour faire de l'escalade ou du vélo. Si bien que le dimanche où je n'aurais pas pu escalader ma montagne, le dimanche où je n'aurais pas pu faire mon vélo ou ma promenade ou quoi que ce soit d'autre, je vais me sentir très mal. C'est comme si tout mon équilibre était rompu.

C'est à ce moment-là que je vois à quel point je ne fais pas une chose parce qu'elle me permet d'être en contact avec la Nature et qu'elle me donne bonne santé, mais à quel point je l'utilise pour combler un vide à quel point j'utilise les compensations.

Je ne peux pas, à la suite de ça, faire des efforts sur moi même, demander à ma psychologie d'être forte, à ma personnalité d'être forte pour faire des efforts, pour me priver de telle et telle chose, pour faire des sacrifices afin d'évoluer ! Si je suis déjà, sur le Chemin, un boiteux qui se remplit de compensations, je ne peux pas demander l'extraordinaire à mon être. Je ne peux faire tous les efforts nécessaires sur le Chemin spirituel que si je suis déjà équilibré.

Je ne peux faire tous les efforts nécessaires sur le Chemin spirituel que si je suis déjà équilibré.

Et c'est là où je voudrais consoler tous ceux qui se plaignent de ne pas avoir suffisamment de résultats en spiritualité, alors que depuis des années ils méditent. Je voudrais les consoler de ceux qui n'arrivent pas à se priver de manger de ceci ou de boire de cela.

Ce n'est pas de ta faute !

Ne dit pas : “Tu n'es pas capable” !

Entends-moi bien ! L'homme est capable de tous les sacrifices, il est l'aboutissement de toutes les forces.

L'homme est capable de tous les efforts.

À partir du moment où tu as été suffisamment intrigué par Dieu ou par les Maîtres pour chercher à te développer, c'est que, donc, tu as la possibilité de faire l'effort.

Cependant, s'il te semble manquer de force pour faire l'effort, c'est parce que quelque part en toi, il y a un point de déséquilibre, une compensation qui tire vers le bas. Une compensation ne t'équilibre jamais.

Tu ne peux pas dire : “Eh bien, je préfère faire ça, boire ceci ou manger cela, plutôt que de me laisser aller à ma douleur, parce qu'elle me détruirait complètement !” C'est faux !

C'est en cachant ta douleur, ton déséquilibre, ton désarroi, ta folie, que tu entretiens cette faiblesse et que tu te prives de la possibilité d'évoluer. Et que, donc, chaque jour tu fais un bilan négatif parce que tu n'arrives pas à être patient. Tu n'arrives pas à être tolérant, tu n'arrives pas à ne plus fumer, ne plus boire, ou quoi que ce soit d'autre.

Rappelle-toi ceci profondément ! Si tu n'entends que cela, c'est très bien, tu peux déjà partir :

L'homme est capable de tous les efforts quel que soit l'homme !

Cependant, pour déclencher ces énergies puissantes, il faut que l'homme soit debout et qu'il soit en équilibre.

Occupe-toi donc d'abord de la somme de tes déséquilibres !

Qu'est ce que c'est qui fait que, par exemple, tu te sens inférieur dans tel ou tel cas ?

Réfléchis, analyse toi, comprends toi, fais le point, et contemple que c'est en fait parce que à tel ou tel autre moment de ton existence tu as eu très peur, ou tu as échoué à tel endroit, ou bien parce que l'on t'a dit sans arrêt que tu n'étais pas capable et tu as fini par le croire.

Traquer l'illusion

Si tu veux faire un réel effort spirituel sur toi, travaille à ce point-là, ce point de ténèbre. N'essaye pas tout de suite d'arrêter, ou de fumer, ou de boire, ou de méditer mieux que Saint François d'Assise, ce n'est pas possible !

Commence par méditer sur cette douleur. Soigne-la comme tu soignerais une plaie, comprends la chose profondément en rentrant dans la chose par ton esprit.

Quand tu ressens, par exemple, ton infériorité, rentre bien dans ton sentiment de l'infériorité, va bien jusqu'au fond de sa racine, comme si tu voulais traquer la bête au plus profond de son repère et lorsque tu l'auras bien contemplée, si tu arrives à descendre réellement jusqu'au fond de son identité, à ce moment-là tu comprends à quel point elle est illusoire, à quel point elle est un ennemi, et qu'elle ne te constitue pas mais qu'elle est véritablement un parasite sur ta vie.

Si tu traques l'illusion, tu comprends que la chose n'est pas toi, tu comprends qu'elle est en plus de toi, et donc tu arrives ensuite facilement à t'en débarrasser.

Si, par contre, je refuse d'aller regarder la chose au fond des yeux, à ce moment-là je ne peux pas prendre complètement conscience de l'étrangeté de la chose. Je continue à m'identifier à elle, comme je continue à m'identifier à mes cheveux, à mes vêtements, à ma profession, à tous ces autres fantômes. Mais si je regarde le fantôme droit dans les yeux et que je découvre à quel point il est vide parce qu'il n'est qu'un fantôme et que donc en aucune manière cela ne peut être moi, alors je peux m'en débarrasser très vite !

Je trouve le moyen, lorsque je me retrouve face à un événement, je trouve le moyen de réveiller une force qui va remplacer, qui va chasser cette infériorité. Ce qui fait que, d'un seul coup, je n'ai même plus besoin des médecins, des conseillers, des thérapeutes, je deviens mon propre médecin.

Devenir son propre médecin

Un disciple doit être son propre médecin. Il n'y a que celui qui n'est pas capable de se soigner lui-même qui doit avoir recours aux médecines de l'esprit, aux psychologues et à tous les autres. Mais un disciple doit remplir ce premier devoir absolu qui est de se comprendre et de se connaître.

Un disciple doit remplir ce premier devoir absolu qui est de se comprendre et de se connaître.

Donc s'il a le devoir de se comprendre et de se connaître, il va aussi pouvoir se soigner et il doit pouvoir le faire. S'il ne peut pas, c'est qu'il n'est pas prêt pour être un disciple. Ce n'est pas vrai. Il vaut mieux qu'il se remette entre les mains des autres, entre les mains des thérapeutes, entre les mains des guides, mais il n'est pas prêt pour amorcer le chemin solitaire du disciple.

Parce que le chemin du disciple est un chemin où l'on se fait soi-même, ce n'est pas Dieu qui nous fait, ce n'est pas le Maître qui nous fait, on se fait soi-même. Le mMaître envoie simplement l'exercice, Dieu envoie simplement l'exercice, mais en aucune façon, ni l'un, ni l'autre ne vont aider le disciple.

Le disciple est celui qui se fait lui-même.

Bien sûr, il a l'exemple de ceux qui, avant lui, se sont fait eux-mêmes, mais il doit avoir développé en lui un point suffisant d'existence pour être capable de continuer à se faire lui-même.

D'ailleurs on reconnaît immédiatement le disciple à sa faculté de dire : “Je suis ceci, je ne suis pas encore cela, j'ai ceci, ceci, comme énergies, ceci, ceci, comme défauts, comme qualités.” Et il parle de lui-même exactement comme un mécanicien parle d'une automobile. Puisqu'en tant que disciple il doit être celui qui prend en main les choses et qu'il les mène à bien il doit connaître son véhicule, connaître les carburants de son véhicule, les tendances de son véhicule, les faiblesses, les prouesses. Il doit se mettre dans ce véhicule et essayer de faire le parcours avec ça.

Tandis que ceux dont le point d'existence n'est pas suffisamment développé, les voici entrés dans un véhicule dont ils ne connaissent rien, ils cherchent le démarreur, ils cherchent le klaxon, ils cherchent le rétroviseur, ils ne savent pas où ils ont mal, pourquoi, comment, ce qui leur fait plaisir, quand il faut se marier, quand il faut divorcer, quand il faut faire un enfant... Ils ne savent même pas à quel moment ils doivent s'incarner, ils ne savent pas à quel moment ils vont mourir, ils se retrouvent dans un véhicule et ne connaissent rien à propos du véhicule de la conduite et du voyage.

Se mettre en remorquage

Ce sont ces êtres-là qui d'ailleurs cherchent les locomotives ils se disent : “Puisque je ne sais pas faire démarrer le véhicule, puisque je ne sais pas où est le moteur, puisque je ne sais même pas où est la route et où va la route, eh bien il faut que je m'accroche, je vais me mettre en remorquage.”

Les individus dont le point d'existence n'est pas suffisamment développé se mettent toujours en remorquage derrière quelqu'un.

Quand on est petit, on se met en remorquage derrière Papa ou derrière Maman, puis derrière le professeur, puis derrière l'individu que l'on admire le plus, puis derrière le Maître que l'on choisit, même si on ne le rencontre jamais, puis derrière le pape, ou derrière le dalaï lama, ou derrière Dieu, derrière qui que ce soit, mais on s'y accroche et on attend que ça avance... Et si ça n'avance pas, on se dit : “Mais j'ai fait le mauvais choix ! Finalement Papa ne m'a pas mené si loin !” ou “Finalement, mon professeur ne connaissait pas tant de choses que ça ! Non. Oh, puis le dalaï lama il ne doit pas être si développé que cela, et puis le pape doit pas être si lumineux, puis Dieu n'existe peut-être pas, c'est pour ça que ça n'avance pas !”

Sitôt que l'on se met en remorquage et qu'il semble qu'il n'y ait que de l'immobilité, on va finir par douter de la locomotive ! Parce qu'encore une fois l'on aura pas bien situé l'Homme, le véhicule de l'Esprit qu'est l'Homme.

Alors bien sûr on pourra conclure que il y a donc des vies qui vont avancer et d'autres qui n'avanceront pas, oui, c'est exact !

Il y a des vies qui vont pouvoir avancer d'elles-mêmes, parce qu'elles commencent à exister, leur intelligence s'est réveillée, elles commencent à choisir et le moment de la naissance, et la destinée, et la mort, et, à l'intérieur de leur vie, elles choisissent les moments de leur destin, elles arrivent à tenir les énergies, à se construire, à aller vers un but. Mais il y a d'autres âmes qui, en fait, ne peuvent pas encore bouger, mais qui doivent bouger parce qu'il était temps pour elles de s'incarner.

Alors, qu'est-ce qui va les faire bouger ?

Ce n'est pas une locomotive, comme je l'ai dit tout à l'heure, c'est tout simplement le mouvement de la Vie.

Le mouvement de la Vie

Le mouvement de la planète va déjà leur proposer le mouvement du corps. Le fait que la Terre tourne va donner l'envie au corps de bouger. Ce qui fait que l'enfant va tout de suite avoir envie de gesticuler, de se mettre debout, d'attraper des choses dans son environnement et de les goûter. Ceci vient du fait que la Terre tourne, tout simplement. Ce n'est pas l'âme qui se dit : “Tiens ! Je vais muscler mes petits bras, je vais essayer de me tenir debout.” Non ! Cette intelligence est trop endormie pour avoir une telle inspiration.

Donc ce sont tout simplement les forces de la Nature, les forces de la planète, qui vont proposer au corps un mouvement, qui devient donc une inspiration en provenance du monde naturel, et non pas une inspiration provenance du monde spirituel.

Si ce premier mouvement venait par inspiration du monde spirituel, on verrait un bébé, aussi bébé soit-il, être capable de s'asseoir, de regarder son père, sa mère, leur faire comprendre d'un regard qu'il est bien là, qu'il est bien né et qu'il va dormir un certain temps jusqu'à la prochaine tétée, et puis il se coucherait sans l'aide de quelqu'un, et on aurait compris que, là, il y a l'incarnation d'une âme réveillée, d'une intelligence qui existe et qui contrôle et manipule son corps.

Tandis que tant que l'on ne peut pas, de par la seule intelligence et la seule âme, posséder ainsi son véhicule, l'âme va devoir faire appel, ou travailler, compter, sur l'influence de la Nature et de la planète. Et c'est ainsi que les hommes vont être poussés au mouvement par le mouvement de la Terre.

Plus tard lorsqu'il y a la croissance, lorsque l'on devient adolescent, les événements de la vie vont aussi être proposés par la planète, mais non plus simplement la Nature, mais à ce moment-là par la famille et la société. Car, en fait, la plupart des intelligences qui sont encore endormies, ne feraient aucun mouvement si ces intelligences en avaient le choix. Elles ne penseraient qu'au Soleil, à regarder butiner les abeilles, à regarder pousser les fleurs, mais jamais ne leur viendrait à l'esprit l'idée de faire un effort pour être utile à quelque chose, pour découvrir quelque chose ou pour devenir quelque chose. La première pression pour inspirer ce mouvement d'évolution de recherche d'amélioration de soi, ce premier mouvement va être une compression faite de la part de la famille. Le père, la mère vont dire : “Il faut que tu apprennes à lire et à écrire ! Il faut que tu ramènes de bonnes notes ! Il faut que tu apprennes ceci et ceci ! Il faut que tu te comportes comme cela !” Puis, après, ce sera la société qui exigera. Et puis enfin, lorsque petit à petit l'on commencera à se réveiller - car on finit par se réveiller un jour ou l'autre, rassurez-vous ! - eh bien l'on dira : “Tiens ! Si je veux être spirituel, il faut que je fasse ceci et cela !"...

Héee ! Bien sûr ! Il vaut mieux penser que l'on doit faire ceci et cela, cela permet de commencer quelque chose ! Mais en fait le raisonnement est faux ! Parce que l'on pense, là, avec toute l'inertie d'une intelligence qui dort encore et qui ne fait que subir les compressions de la nécessité de l'évolution. Car l'évolution, sa nécessité est comme un impératif qui est dans l'air.

Tout le monde est poussé à faire quelque chose, même les plus fainéants d'entre les individus, ils sont poussés à faire quelque chose, même s'ils ne font que le mal, mais ils sont poussés à une expression, à une extériorisation. Et il faut être bon clairvoyant pour s'apercevoir à quel point, pour une intelligence qui dort encore, s'extérioriser est une douleur !

L'intelligence ne veut pas rentrer en action, elle veut rester bien tranquille dans une forme de rêve, dans un certain confort !

Lorsqu'un individu passe à l'action, que ce soit de manière maléfique ou désordonnée, en fait nous sommes très heureux que l'individu soit, quand même et malgré tout, passé à l'action !

Passer à l'action

Les mères disent bien de leur enfant turbulents : “Bon d'accord c'est vrai il est turbulent c'est vrai il est infernal, mais je le préfère vivant que mort !”, toutes les mères pensent cela.

Et Dieu aussi. Et il va même jusqu'à penser : “Je le préfère mauvais plutôt que mort.”

C'est pourquoi sur la planète, durant le déroulement de toutes les actions humaines, il faut garder à l'esprit cette vérité, afin que vous puissiez, chaque fois, trouver en vous la tolérance suffisante pour comprendre, pour accepter, pour faire avec, tout ce que les hommes font de mauvais. Il vaut mieux qu'ils fassent mauvais plutôt que de ne rien faire.

Cela ne veut pas dire que faire le mal est une chose tolérée, une chose admise, une chose sur laquelle on passe, absolument pas ! Je dis simplement le premier mouvement, même s'il est mauvais, eh bien tant pis ! Il a commencé à exister, le cœur a commencé à battre, l'intelligence a commencé à palpiter. Alors, même si c'était pour être méchant, eh bien tant pis ! Mais par contre, le deuxième mouvement il doit être plus juste. Et c'est là où intervient toute la nécessité de l'éducation, éduquer l'Esprit.

Vous allez peut-être trouver la chose finalement mal conçue, parce que si l'Univers est l'histoire de Dieu, si la vie est l'histoire de Dieu et non pas l'histoire est l'affaire des hommes, pourquoi est-ce que il faut éduquer l'esprit à redevenir Divin ? Pourquoi est-ce qu'il faut éduquer l'Esprit à être positif, à être bienveillant ? Pourquoi est-ce qu'il existe ce risque d'être mauvais, d'être nuisible aux autres ?

On pourrait trouver que c'est une erreur dans le jeu, une malfaçon, un terrible défaut, mais en fait, lorsque vous serez dans les hautes sphères de la Connaissance, et surtout lorsque vous aurez ouvert les trois pétales supérieurs du cœur qui vous permettront de comprendre la raison de bien des mystères, vous comprendrez la raison du Mal, l'existence du Mal, le pourquoi du Mal, et immédiatement le concept du Mal, la valeur du Mal va être exorcisé dans votre esprit.

Mais quand je parle d'exorcisme, je ne dis pas que vous allez accepter le Mal comme quelque chose d'inévitable ou de peu d'importance. Non ! Pas du tout ! Simplement, exactement comme un mécanicien connaît son véhicule et conçoit que lorsque l'on fera tourner le moteur on pourra faire le voyage, mais on libérera aussi de la pollution, vous comprendrez de la même manière que, dans la multitude des actions possibles, les individus ne trouvent pas tout de suite l'action juste, et quelquefois ils s'entêtent même à répéter des actions injustes.

C'est pour cela que le karma, en fait, existe, c'est pour contrebalancer un entêtement faire toujours la même erreur. Alors, par un système d'éducation, on insiste nous aussi : “Non ! Ce n'est pas comme cela, c'est comme je te le dis !” À force d'insister, l'individu finit par comprendre. Et s'il ne comprend pas, alors on lui enlève la tête car elle n'est pas bonne.

Qu'est ce que je veux dire par là ? Eh bien il ya tout simplement des connexions entre le principe de vie qui se réincarne, qui est l'âme, et la longue lignée des expériences acquises par une suite d'incarnation à travers des personnalités différentes.

On sectionne le pont, en fait on libère une âme à ce moment-là, et on renvoie les expériences acquises de ces personnalités impropres dans une sorte de four, dans une sorte de réservoir universel. Et tout redémarre.

Donc, lorsqu'un individu veut véritablement se prendre en charge, commencer une évolution, il doit prendre soin de ne pas avoir sans cesse le réflexe du remorquage.

Tu veux évoluer tu veux faire un effort ? D'accord !
Tu es content de ce que je te dis ou de ce que tu lis et tu veux en faire autant ? D'accord !
Mais ton premier réflexe doit être d'éviter à tout prix le remorquage !

Tu dois commencer à exister de par toi-même !

Exister par soi-même

Crée ton point d'existence !

Et quand je te le dis, même si tu sens que cela te fait peur, parce qu'il te semble que tu t'es beaucoup fait remorquer, et que, donc, il te semble que tu n'existes pas beaucoup, et que puisque tu n'existes pas beaucoup, tu te sens comme un enfant desemparé, tu conçois une certaine peur, je viens et je te rassure et je te dis :

À partir du moment où tu vas commencer à exister, où tu vas essayer d'exister, tu vas réveiller ton âme et les énergies de l'âme vont descendre sur toi et tu pourras les utiliser grandement !

Alors que pour l'instant, chaque fois que tu dois surpasser quelque chose, dépasser quelque chose, tu as le réflexe "prière", le réflexe "chapelet", le réflexe "invocation", le réflexe "je me mets dans la Lumière du Seigneur", le réflexe "je fais mes Ave Maria"...

Et lorsque tu es dans la peine comment fais tu pour tes Ave Maria ? Tu n'y peux rien ! Tu n'as pas le cœur, tu n'as pas le cœur !

Dommage qu'il faille avoir un cœur calme pour parler à Marie... Et alors, tu commences à penser que les choses sont mal faites. “Et pourquoi est-ce que pour se faire entendre de Marie, pourquoi est-ce qu'il faudrait avoir le cœur calme, puisque Marie sait que lorsque l'on est dans des problèmes on ne peut pas avoir le cœur calme ?”

Alors, d'un seul coup, tu trouves que toutes les choses sont finalement mal faites et que chaque fois que tu veux obtenir quelque chose, il te faut passer par dessus autre chose de dix fois plus grand, et tu t'assois et tu abandonnes...

Et tu as raison !

Tu as raison d'abandonner, parce que même un Maître ne ferait pas cet effort-là ! Crois-moi même lui, il n'est pas fou !

Il ne va pas essayer, pour soulever une brique, de casser un mur. Non ! Il va contourner le mur et il va aller prendre la brique qui est posée par terre, il va la soulever avec un doigt. Alors que les fous vont d'abord aller chercher les outils, et leur grand souci va être de trouver les outils : “Mais où vais-je trouver tous ces outils ? Il me faut un pic, il me faut une massue, il me faut un maillet, peut-être même une échelle, ou il me faut des amis qui vont m'aider !”

Et on ne sait plus à quel gourou se vouer pour essayer de faire monter Kundalini, on ne sait plus avec combien de respirations et par quel narine réveiller Kundalini ! C'est le même système ! Parce que l'on s'intéresse et l'on s'inquiète des instruments, plutôt que de contourner le mur.

Quelle est la réalité donc du comportement du disciple ?

Sa réalité sera d'incessamment faire appel aux forces de l'âme. C'est son seul moyen de réussir

Il ne peut pas réussir en priant Dieu, puisque le Chemin spirituel est un chemin où l'on se fait soi-même, où l'on prouve que l'on est.

Le Chemin spirituel est un chemin où l'on prouve que l'on est.

Si pour obtenir l'initiation je dois faire preuve de ce que je suis, comment est-ce que je ferai preuve de ce que je suis si toutes les deux minutes je sonne à la porte de Koot Humi pour lui demander ceci, lui demander cela ?

“C'est de la triche !”, comme disent les enfants. Mais les enfants ont bien raison ! Parce que s'il y avait possibilité de tricher, alors le jeu ne serait pas juste. “Tiens ! Il y a celui qui peut aller sonner à Koot Humi, parce qu'il a son numéro, parce qu'il connaît le chemin, parce qu'il est reçu. Alors lui, forcément ! Il pourra tout faire ! Et puis moi je ne connais pas son numéro ! Je ne sais même pas qu'il s'appelle Koot Humi ! Alors je ne risque pas d'avoir les renseignements, je ne risque pas d'avoir le chemin facilité !” Et on trouve la chose injuste...

Et c'est vrai qu'elle est injuste.

Elle est injuste tant que, encore une fois, on pense mal.

Penser mal

Il n'y a pas de tricherie possible ! Et il n'y a pas de renseignements possibles que l'on peut obtenir parce que soit on a un don particulier, parce que soit l'on connaît un filon particulier, parce que soit on se met en transe, parce que soit ceci ou soit cela. Le jeu est le même pour tout le monde. Parce que, pour tout le monde, il s'agit de donner les preuves.

Et quel que soit le nombre de livres que l'on ait pu lire, quel que soit le nombre de conférences ou de gourous que l'on ait pu entendre, quel que soit donc la somme des conseils que l'on possède, au moment de faire un effort sur soi, tous ces conseils n'ont aucune valeur.

Et c'est pour cela que le jeu est le même, autant pour celui qui a tout appris que pour celui qui ne sait rien. Parce que les conseils ne servent pas !

Au moment où vous êtes face à un événement, vous avez beau savoir qu'il faut prier, qu'il faut surpasser, qu'il faut être détaché, vous voyez bien que vous n'y arrivez pas !

Au moment où arrive votre accident de voiture et que vous êtes tout tremblant à l'idée d'avoir pu mourir, ou bien tout tremblant à cause du choc, ou à cause des blessures de l'autre, vous n'arrivez pas à vous détacher, vous n'arrivez pas à prier Dieu, vous n'arrivez pas à vous rappeler même que le Maître existe ! Vous n'êtes que conscient de ce traumatisme et de cette douleur. Et c'est normal ! Le jeu est donc pareil pour tout le monde. Vous aurez beau avoir lu la Doctrine Secrète ou tout ce que peuvent contenir la Bible et la Bhagavad-Gita et tous les autres livres, au moment de votre accident vous allez trembler si vous êtes un homme qui tremble.

La seule différence possible qui permettra que vous ne trembliez pas, c'est si, bien avant l'accident, vous aurez pris le temps de ne plus vous identifier à l'ego-inférieur, de ne plus vous identifier à vos craintes, à vos désirs, à vos plaisirs... Ce qui fait qu'au moment de l'accident vous aurez une conscience aiguë de tout ce qui arrive, une conscience absolue, et un degré de plénitude extraordinaire, parce que la situation va impérativement vous transporter dans un état supérieur. Et vous allez vivre la chose depuis cette conscience supérieure et quand vous reviendrez, il n'y aura pas de peur et pas de panique, juste les blessures et un parfait sourire, comme si vous aviez rencontré Dieu. Parce que c'est vrai qu'à ce moment-là vous l'aurez rencontré. Les livres n'auront servi à rien, c'est simplement le fait que, bien avant, vous aurez cultivé les énergies dans une correcte direction. Alors, au moment de l'impact, toutes ces énergies vont pouvoir monter à la tête et vous faire vivre ailleurs quelques instants.

Ne pas exister

Pour celui qui n'existe pas encore, faire des efforts en spiritualité est donc très difficile, et pour lui je dirais que le seul moyen d'aller quelque part sera de se remorquer.

Pour celui qui n'existe pas encore, le seul moyen d'aller quelque part sera de se remorquer.

Alors il va s'attacher à une église un mouvement religieux à une philosophie à des principes moraux, il va s'attacher à toutes les choses.

Et c'est à ce moment-là que l'on comprend pourquoi est ce qu'il y a des fanatiques, comment est ce que le fanatisme existe.

Ce n'est pas simplement parce que : “Tiens ! Voilà qu'il y a des fous sur la Terre ! Tiens ! Voilà qu'une planète tape plus forte qu'une autre et voilà que tout le monde, en en prenant plein le cerveau, se met à faire des folies !” Ce n'est pas cela. Il y aura fanatisme, et de tous les degrés, tant que l'homme n'existe pas suffisamment.

Donc il s'attache. Puisqu'il n'existe pas et qu'il n'a conscience que de son inexistence et que cela lui fait peur - ce vide intérieur lui fait une peur immense, et il ne tolère pas de vivre avec cette peur - donc il va se remplir ! Et il va se remplir de tout ce que son état d'esprit, sa psychologie, son caractère, lui permettront de croire.

C'est pour cela que l'on verra des scientifiques fanatiques de leur science, des religieux fanatiques de leur religion, des philosophes fanatiques de leur philosophie, ou des mères fanatiques de leur vie au foyer ou des principes d'éducation - chacun aura son fanatisme - ou des drogués fanatiques de leur drogue... Parce que ce sera un besoin vital de se remplir de quelque chose.

Ne pas exister et la douleur la plus grande !

C'est ça la vraie folie ! C'est ça le vrai délire ! Le délire insupportable !

Je ne sais pas ce qu'est la vie, je ne sais pas ce qu'elle veut dire, je ne sais pas qui je suis ni ce que je veux dire moi-même par mon existence, à quoi je sers, où je vais, pourquoi est-ce que les choses sont faites de telle manière, qu'elles naissent, qu'elles meurts... Tous ces mystères composent - puisqu'ils sont des mystères, donc des ignorances - composent un vide intérieur intolérable.

Ce qui fait que dans les premiers temps, l'homme va vouloir se remplir, parce que sa quête, même s'il est très petit, même s'il est très profane, sa quête sera de vivre et d'exister.

Quête d'existence

Alors, au début, il va exister parce que il est le fils à son père ou la fille à sa mère, les enfants vont donc s'identifier aux parents.

Puis, après, l'individu va exister parce qu'il a telle profession, ou parce qu'il est tel artiste, ou parce qu'il est de telle gloire ou de telle misère.

Chaque fois que vous vous identifiez à quelque chose, sachez bien que en fait vous remplissez un vide. Et ne soyez pas dupes de ce vide ! Concluez que s'il y a un vide cela veut dire qu'il y a un mystère, quelque chose que vous n'avez pas encore compris, et donc il vaut mieux utiliser l'énergie pour découvrir, ou par le cœur ou par la tête, ce que vous n'avez pas encore compris, plutôt que de dépenser cette énergie à vous remplir de telle ou telle chose.

Lorsque je me remplis de mon ego-inférieur c'est parce que mon existence n'a pas lieu. Mais si j'écoute les conseils de ceux qui existent, de ceux qui sont parvenus par leurs efforts à l'existence, alors, quelle que soit la profondeur de mon inexistance, j'arriverai aussi à exister.

Si j'écoute les conseils de ceux qui existent alors, quelle que soit la profondeur de mon inexistance, j'arriverai aussi à exister.

Je veux dire par là qu'il n'est pas pour vous question d'attendre le moment X où, tiens, par accumulation, l'intelligence un jour va commencer à exister ; il n'est pas attendu de vous que vous restiez dans l'inexistence parce que le moment n'est pas encore venu pour exister. Par contre, pour exister il va vous falloir faire certains efforts, ça oui !

D'abord comprendre cette différence entre l'inexistence et l'existence, entre donc l'ego-inférieur et l'Ego-supérieur. Mais plutôt que de bien comprendre ces deux éléments, j'ajouterai : ayez une conscience aiguë du pont qui les relie et qui est vous !

Ayez une conscience aiguë du pont qui relie l'ego-inferieur et l'Ego-supérieur et qui est vous !

Car en fait, si l'homme ne supporte pas son inexistence lorsqu'il est ignorant de tout, c'est aussi parce qu'il a comme le pressentiment, comme un arrière goût qui lui reste dans l'être qu'il peut exister, qu'il a le droit d'exister, et qu'il doit exister. Cela veut donc dire que les deux points sont en lui : le point qui existe mais qui n'est pas encore réveillé et le point qui n'existe pas, et qui va s'identifier à la forme aux actions et aux pensées. Et ce pont c'est l'homme.

D'où sa position inconfortable, d'où sa folie, d'où son déséquilibre, d'où ses problèmes, d'où son cri pour tout avoir et son malheur quand il n'a pas ce qu'il lui faut, en amour, en Lumière et en prâna. Parce qu'il est celui qui va d'un monde à l'autre sans arrêt, il va dans la Matière et il va dans l'Esprit, et il est l'Esprit et il est la Matière, et il est cette inexistence et il est l'existence. Il n'y à rien de plus inconfortable.

Je serai heureux si je n'étais que les ténèbres. L'ignorance, ce serait ma forme de connaissance. Toute la journée je dirais : “Je ne sais pas, je ne sais pas, je ne sais pas...”, comme si cela était ma connaissance. Cependant, en même temps que je ne connais pas, il y a en moi une partie cependant pleine de connaissance ou de la possibilité de connaître. Et c'est parce qu'il y a cette autre part que ne pas connaître devient un inconfort et quelque chose d'insupportable.

Et c'est ce qui fait que l'homme est poussé poussé à vouloir connaître. Même s'il n'est qu'un profane, il veut savoir comment sont faites les étoiles, comment est-ce que l'on peut faire décoller un avion tout simplement, puis, plus loin, il veut savoir qui est Dieu.

Donc, il y a en l'Homme autant le point d'ignorance que le point de connaissance. pourquoi ?

Ignorance et Connaissance

En expliquant pourquoi vous devez en même temps mettre fin à votre inconfort, vous devez savoir aussi bien vivre, ensuite, la Matière que l'Esprit.

Vous devez aussi bien vivre la Matière que l'Esprit.

En fait il n'y a pas en l'Homme un état que l'on puisse appeler l'ignorance. Même si mon discours permet de conclure cela, en fait je vous demande de ne pas commettre cette erreur.

Il n'y a pas en l'homme un stade d'ignorance, un royaume d'ignorance, un état dans lequel il tombe et qui n'est qu'ignorance. Il y a tout simplement un moment où son intelligence-qui-sait, n'est pas suffisamment réveillée. Et donc il y aura identification uniquement à la forme, à la personnalité et aux capacités typiquement humaines. Capacité d'être adroit, capacité de construire, capacité d'inventer, capacité de parler ou de ne pas parler... Et lorsque je ne vais m'identifier - parce que je n'existe pas encore vraiment - lorsque je vais m'identifier aux simples capacités humaines dont je dispose dans cette vie-ci, c'est là que je vais tomber dans l'ignorance.

Parce qu'il est vrai que : “Bon ! Je ne sais pas ceci, je ne sais pas cela, je ne sais pas faire ceci, je ne sais pas faire cela. Il est encore plus vrai que mon cerveau, aussi intelligent soit-il, il ne peut pas connaître Dieu. Alors, même si je suis l'homme le plus intelligent du monde, même si j'ai accumulé une suite immense d'incarnations, si je ne m'en réfère qu'aux capacités humaines, aux capacité de mon cerveau, eh bien même Dieu me restera inconnu ! Malgré toutes mes incarnations, malgré tous les livres, malgré toutes mes respirations par une narine puis par l'autre.”

Cela veut dire donc qu'il y a en l'Homme deux pouvoirs et qu'il faut réveiller les deux gentiment, sans se paniquer, sans se juger, et sans se précipiter sur les identifications. Rester détaché.

Deux pouvoirs différents.

Un pouvoir typiquement humain, qui provient de l'expérience humaine, qui provient en grande partie de l'époque dans laquelle l'on vit, de la génétique dont on dispose, de l'éducation dont on dispose, de nos incarnations passées à faire telle ou telle chose plutôt qu'une autre, ces capacités sont donc magasiné dans la mémoire et, au moment où l'on en a besoin, il n'y a qu'à actionner la mémoire.

Ce qui va actionner la mémoire, cela peut être des événements fort différents, soit tout simplement une éducation, ou bien un impératif, ou bien quelque chose que l'on fait pour s'amuser au début et qu'ensuite l'on découvre, avec étonnement, que cela devient un talent.

Cette intelligence typiquement humaine va être, donc, celle qui va permettre à l'homme de maîtriser son environnement, de maîtriser sa vie physique. C'est ce qui va permettre à l'homme de construire des maisons, de faire des calculs, de faire de la grammaire, d'inventer de l'art d'inventer des formules, ...

Puis, il y a l'autre pouvoir, qui ne dépend plus du cerveau, de la civilisation, de l'acquis de la civilisation, et de la personne par ses réincarnations, et cela provient directement de l'Esprit.

De la même manière que je vais être compétent dans mon pouvoir humain considérant ma civilisation mon éducation et mon passé, mon acquis des réincarnations, ceci représente un premier éveil pour maîtriser mon environnement, je vais avoir un deuxième pouvoir issu d'un deuxième éveil : l'éveil de mon existence, l'éveil de mon âme, de mon intelligence supérieure. Et c'est à ce moment-là que je vais disposer d'autres pouvoirs

Quand je peux bâtir une maison parce que je sais parce que j'ai l'intelligence, la possibilité, le talent - soit parce que j'ai déjà appris, soit parce que ma communauté le sait et qu'elle me transmet son pouvoir - c'est un pouvoir. Puis, lorsque je commence à comprendre comment est-ce que l'on travaille avec les arbres ou quelle doit être la nature de Vénus ou lorsque je suis capable de pressentir tel individu, ou lorsque je suis capable d'exercer n'importe quel autre don, c'est la signification de l'éveil de l'âme.

Ce qui fait que l'homme, au bout d'un certain temps d'existence, un certain nombre d'incarnations, se trouve avec à disposition deux pouvoirs : le pouvoir Humain et le pouvoir Divin. Et c'est à ce moment-là qu'il peut transformer le monde, parce qu'habite alors dans sa tête la vision d'un Bien et dans ses mains la possibilité d'exécuter ce Bien.

Le Pouvoir Humain et le Pouvoir Divin

À ce moment-là, il devient l'incarnation de quelque chose qui a lieu. Et l'on voit ainsi naître de grands professeurs, de grands chercheurs, de grands initiés, de grands bienfaiteurs, parce qu'ils sont une évolution Humaine et Divine menées en même temps et qui se rejoignent, parce qu'il y a le pont entre l'Humain et le Divin, entre votre Matière, votre intelligence Matérielle, et votre intelligence Divine.

Et dans mon Ciel nous avons horreur que l'on prive les hommes d'éducation ! Nous avons horreur que, sous des prétextes spirituels, les hommes se détournent de la connaissance humaine, qu'il ne s'interroge plus sur l'anatomie, ou la constitution de la Terre, les Lois physiques de la planète, sous prétexte que ces choses ne sont pas importantes parce que ce qu'il faut "avant tout" savoir c'est les sept rayons de Dieu !

Et lorsque tu les connaîtras les sept rayons de Dieu ? Qu'en feras-tu ? Tu ne seras pas capable de voir que les sept rayons de Dieu sont les mêmes sept rayons de la planète qui, justement, donnent toutes ces Lois physiques ! Tu te retrouveras bien embêté le jour où tu devras passer à l'action, tu ne pourras pas ! [...] plein de la connaissance de la nature de Dieu et tu seras en fait un cul-de-jattes ! Tu ne pourras pas marcher sur la Terre, tu ne pourras rien faire !

Et tes amis se moqueront de toi ! Ils te diront : “Mais toi qui es si plein de Dieu, regarde ! Tu ne sais même pas faire ceci ! Tu ne sais pas être responsable de toi-même ! Tu ne sais pas faire cela !” Ils auront bien raison, parce que, bien sûr, ils n'auront pas connaissance des sept rayons de Dieu, mais ils auront le pouvoir sur leur environnement.

Et ainsi l'on voit des individus qui se moquent les uns des autres, parce que l'un a cultivé le pouvoir sur l'environnement, le pouvoir humain, et l'autre a cultivé le pouvoir spirituel. Ce qui fait que celui qui n'a cultivé que le pouvoir spirituel, étant donné qu'il est en déséquilibre, n'est pas le meilleur exemple de la Réalité. Et celui qui n'a cultivé que le pouvoir humain pour maîtriser l'environnement, se moque de l'autre et dit : “Mais ce n'est pas la réalité, ce n'est pas vrai ! Parce qu'il y a cependant le monde qui est encore là, tu ne peux pas le renier ! Alors toi, qui semble tout vouloir régler avec la foi, avec les prières, regarde comme maintenant tu es impuissant ! Tu as besoin de moi, moi dont tu t'es toujours moqué, parce que je ne crois pas en ton Dieu. Ton Dieu qui t'a d'ailleurs bien abandonné, je te ferais remarquer !” Et c'est comme cela que l'on voit des conversations aigres, complètement insensées, avoir lieu. Si bien que l'un ne peut pas plus démontrer la vérité à l'autre, parce que chacun s'est développé dans un secteur.

Pour faire un vrai disciple, un disciple qui va marcher droit sur ses deux jambes, qui va avoir accès aux deux plateaux de la balance, il faut que l'homme s'instruise autant à propos des réalités du monde, de la connaissance du monde, que des réalités de Dieu.

C'est inévitable !

Je ne peux pas aller à cloche-pied sur le chemin, non, ce n'est pas possible. Tout simplement parce qu'en fait le chemin n'est pas une route, c'est une corde tendue sur le vide. Avez-vous déjà vu un funambule sauter sur une corde ? Il peut faire un saut mais il ne fera pas le deuxième parce qu'il sera dans le vide. Le premier saut va l'envoyer en l'air, il va rebondir, il ne retombera jamais sur la corde étroite.

Tandis que si j'ai mes deux jambes, mes deux plateaux de la balance, mon pouvoir matériel, mon pouvoir humain et mon pouvoir spirituel, alors j'avance une jambe l'une après l'autre, patiemment, gentiment, je les avance et je peux passer.

S'il vous semble donc que vous êtes à cloche-pied, soit parce qu'il y a en vous trop de monde Divin ou trop de monde Matériel, essayez de faire pousser l'autre jambe.

Si vous êtes tout rempli de la réalité de Dieu, rempli de foi et que lorsqu'il s'agit de faire une réunion avec vos amis, lorsqu'il s'agit de prendre des décisions, vous êtes perdu, alors je vous conseille - parce que là est votre initiation, là est votre instant spirituel plus qu'ailleurs - je vous conseille de vous enfoncer dans cette Matière et d'essayer de maîtriser ce qui vous échappe. Même s'il s'agit de faire bouillir une simple marmite, mais c'est là votre moment spirituel.

Autonomie

Vous devez pouvoir tout contrôler.

Je ne dis pas être des Maîtres à propos de tout. Vous pouvez pouvoir tout faire et vous devez aussi pouvoir tout faire.

Vous devez pouvoir vivre seul, être capable de vous assumer tout seul, être capable de faire vos repas, de prendre soin de votre maison, de votre appartement, aussi bien que vous devez être capable, dans ce même appartement, de vous recueillir seul avec Dieu.

Et, de la même manière, tout individu, jeune ou vieux et de tout sexe, doit être capable d'assumer ce qui aujourd'hui lui semble impossible dans l'un ou l'autre monde, et s'y efforcer, parce que là est son instant spirituel.

Il n'y a pas d'épreuve qui soit uniquement spirituelle.

Et ainsi on voit très souvent les hommes s'isoler dans la spiritualité, en prétendant que, en dehors de cela et de leur travail, il n'existe rien qui puisse être plus spirituel. Et l'on voit ainsi, à l'intérieur du foyer, les rôles très partagés. Et l'époux ne se mêlera jamais soit de l'éducation de l'enfant, de la surveillance des devoirs de l'enfant, ou tout simplement de l'organisation des réunions de repas entre amis. Il n'essaiera jamais de préparer un repas pour la famille, il n'essaiera jamais de se soucier de l'harmonie, de l'organisation. Est-ce que l'on a fait les courses ? Est-ce qu'il y a suffisamment de nourriture ? Est-ce que le loyer a été payé ? Toutes ces choses... Non ! Il fait sa méditation et son travail, et c'est très spirituel, parce qu'il est un homme et cela est suffisant. Le reste étant de la basse besogne, il n'y a rien de spirituel là-dedans, donc on ne s'en occupe pas !

Et, de la même manière, la femme commet la même erreur. Lorsque la femme n'est pas suffisamment développée en tant qu'individu, elle va se mettre sous la protection du mari. Et elle va déterminer que tout l'argent doit provenir de l'effort du mari et de lui seul. Elle va sans doute bien gérer le porte-monnaie, chercher à faire des économies, elle va investir de manière intelligente, mais elle va considérer que cela est le seul travail de l'homme. Et donc lorsqu'il s'agira de mener les ordures dans le dépôt, elle pensera que cela est véritablement son travail, parce que son mari, lui, ramène le salaire et que le monde est ainsi bien fait et qu'il roule et qu'il tourne.

En fait, on ne peut pas faire rouler un carrosse s'il n'y a des roues que sur un seul côté ! Les roues doivent être traversantes. Il doit y avoir chaque fois une paire de roues, d'un côté et de l'autre, et ainsi il doit y avoir autant de capacités dans la femme à assumer les choses qui incombent au mari, qu'il doit y avoir la possibilité pour le mari d'assumer les choses qui incombent socialement à la femme, et ainsi les roues sont traversantes et ainsi le carrosse peut aller.

Si je ne suis que ceci ou que cela, cela ne roule pas. Ce n'est pas vrai !

Mais si par contre je peux, chaque fois que la situation le demande, à plaisir, être ceci et cela, alors oui, je fais avancer les choses. Et ainsi, lorsque l'époux est malade, la femme devient capable d'assumer le foyer sans qu'il y ait de catastrophe ou de terreur. Et ainsi, lorsque l'épouse est malade, l'homme devient capable de faire le repas à ses enfants, de prendre soin de leurs petits désagréments et d'être une véritable mère pour eux. Et le foyer peut alors continuer.

Combien de foyers s'écroulent, combien d'enfants sont traumatisés, rendus fragiles à jamais parce que le père n'est que le père et la mère que la mère ? Et lorsque l'un des deux vient à manquer pour une heure, une semaine, ou pour la vie, alors dans la vie de l'enfant tout s'écroule, parce que d'un seul coup, c'est vrai, il n'a plus son père ou sa mère. Mais prenons un individu qui peut assumer les deux rôles, à ce moment-là, l'enfant va grandir épanoui, sans fragilité. Et en même temps, l'enfant sera instruit de cet équilibre et ce sera son équilibre pour la vie.

Lorsqu'un homme veut véritablement se prendre en main, veut véritablement avancer sur le Chemin, il doit d'abord oublier des principes tels que “ceci est mon devoir et ceci n'est pas mon devoir”, “ceci m'appartient à faire et ceci ne m'appartient pas à faire”.

Le Disciple et la Société

On ne doit pas prendre la société en exemple. La société a ses limites, la société a ses idées, à ses opinions. Le disciple est celui qui est au-dessus de la société, différent de la société. Sitôt qu'un disciple est trop semblable à sa société, cela veut dire qu'il n'est pas un disciple, il est en remorquage, un point c'est tout. Sitôt qu'un disciple pense la même chose que la société, il est en remorquage. Il a subi l'éducation, il a intégrée, il l'a crue, il le croit, il le perpétue. Un disciple est en fait quelqu'un de fondamentalement différent par rapport à son temps.

Le disciple est celui qui est différent de la société, fondamentalement différent par rapport à son temps.

Il est révolutionnaire. Mais cela ne veut pas dire qu'il va faire la révolution, cela ne veut pas dire qu'il va proclamer sa différence, qu'il va dire : “Soyez tous comme moi et regardez comment on le devient et comment on est !”

Il va l'être pour lui-même d'abord, ensuite pour les siens, parce que ce qui concerne le disciple, dans un premier temps c'est sa famille, son cercle d'amis. C'est auprès de ces hommes-là, en premier, qu'il doit être l'exemple, qu'il doit être le père et l'indicateur. Ensuite, s'il a le temps, il peut proclamer comment est-ce que l'on doit être et ce qu'est la vérité, mais il doit d'abord être l'exemple dans la famille, dans le foyer - quand il est, bien sûr, à la tête d'une famille, c'est certain.

Donc, quand on marche sur le Chemin, toutes les identifications doivent être évitées, tous les remorquages doivent être évités. Car même si on a l'impression de se surveiller, de se connaître, de faire des efforts, à des moments, inévitablement, on va avoir tendance au remorquage. C'est dans la nature humaine, on n'y peut rien.

Il faut que l'esprit reste toujours vigilant et qu'il analyse toujours si ceci est une action qui m'est propre, une décision qui m'est propre, ou si c'est un remorquage.

Est-ce que je le fais parce que j'ai abouti à la conclusion par expérience, par réflexion que cela a été vrai et que cela a été la chose à faire ? Ou est-ce que je fais cela parce que n'ayant rien d'autre à faire, ou ne sachant pas quoi faire d'autre, ou de mieux, je le fais parce que c'est ce qu'on m'a dit de faire.

Bien sûr lorsque l'on est encore l'inexistence, lorsque l'on a encore de terribles points d'ignorance, savoir quoi penser, savoir quoi faire, est un exercice très difficile !

Et vous allez me dire : “Mais c'est un cercle vision, ne s'en sors pas parce que si je ne sais pas quoi faire et que la nature va me comprimer pour que je fasse quelque chose quand même, ce qui va me rester à faire c'est le remorquage !”

Bien sûr, bien sûr !

Mais laissez le remorquage aux esprits endormis ! Si vous vous intéressez à la spiritualité, si vous vous intéressez à faire des efforts ou ne serait-ce qu'à conquérir le bien-être, cela veut dire qu'un point d'existence et d'indépendance est déjà réveillé en vous. Sinon vous ne seriez pas intéressé, ce n'est pas vrai.

Si donc vous vous interrogez à propos des étoiles, à propos du bonheur et comment l'acquérir, ou à propos de Dieu, c'est que vous commencez à exister et donc vous avez la possibilité de faire vos choix.

Faire ses choix

Comment fait-on les choix ?

Comment est-ce que l'on pense ?

Comment est-ce que l'on se détermine ?

Bien sûr, comme je viens de le dire, lorsque l'on représente une somme d'ignorance, ces choix vont être difficiles. Mais c'est là où l'on remarque le vrai disciple : il ne sait rien, ou, en tout cas, il ne sait pas encore, parce que la situation ne lui a rien révélé. Tout ce qu'il sait, c'est qu'il est, là, face à l'événement et qu'il a les bras ballants parce qu'il ne sait vraiment pas quoi faire, il ne sait rien mais il reste à l'écoute, une écoute profonde et intense !

Il regarde chaque événement dans la situation.

Quand ce sont des situations humaines, il observe le comportement de chaque individu impliqué dans la situation. Et c'est en analysant le comportement de chaque personne qu'en fait la clef va venir. Parce que lorsque l'on voit comment celui-ci, celui-ci, celui-ci, celle-là, celle-là, celle-là réagissent et conçoivent, cela représente déjà un matériel de réflexion.

Si je regarde Jacques face à la situation réagir de telle et telle manière, il va se trouver dans tel et tel état ; puis j'observe Georges, puis j'observe Delphine, puis j'observe Josette. Et j'observe ainsi une multitude de réactions et des faits considérant la position qu'ils ont déterminée. Et dans cet éventail d'expériences que m'offrent les autres et dans laquelle moi je n'ai pas encore agi, dans le déploiement de ces résultats, j'essaye soit de choisir celui qui me semble le meilleur, soit, s'il n'y en a aucun qui est bon, je considère que toutes ces réactions sont les choses que l'on ne doit pas faire et il m'est donc facile de conclure ce que je dois faire. Car souvent c'est le contraire de ce que les autres font.

Aucune situation, donc, n'est une situation d'ignorance. Si je ne sais pas penser, je reste ignorant ; si je ne sais pas analyser, je reste ignorant ; si je ne sais pas me comporter, je vais rester ignorant. Et l'événement aura beau venir vers moi des millions de fois, si je n'essaie pas de regarder, d'observer la situation, je serai tout autant saturé d'ignorance.

Si cependant j'observe, alors l'expérience des autres me sert et je construis ma position. Je rentre en action, je regarde le fruit. Si le fruit en est bon, alors cela devient une connaissance : je sais que dans tel cas je peux faire telle chose, c'est la vérité.

Si par contre mon comportement n'est pas le meilleur ou n'est pas le bon, cela veut dire que j'ai agi avec tout autant d'imprévoyance que les autres, et c'est donc à porter dans mon journal comme une chose à ne plus faire et je m'instruis donc tout autant, parce que je sais que la prochaine fois il faudra faire autrement.

Ceci est bon, donc, pour le monde du comportement. Aucune situation dans le monde du comportement n'est une énigme. J'observe, j'essaye, je me trompe une fois mais j'ai réussi la deuxième.

Maintenant dans le monde des idées, la chose devient un peu plus délicate.

Parce que par exemple lorsqu'il s'agit de choisir entre le meilleur guérisseur, le meilleur magnétiseur, la meilleure philosophie, le meilleur gourou, c'est vrai que les choses deviennent fort compliquées, parce qu'on n'a pas forcément la connaissance pour discerner. On n'a pas forcément une somme d'instructions suffisante pour faire le distingo. Et c'est là où on se retrouve comme un enfant.

“Tiens, je croyais avoir grandi parce que j'ai pu faire le choix dans le monde du comportement entre les bons fruits et les mauvais fruits et puis soudain, paf !, dans le monde de l'esprit, je suis tout neuf, je dois tout réapprendre.”

Eh bien il faut avoir la patience d'apprendre. Il ne faut pas avoir peur ni de se tromper, ni de perdre du temps dans des expériences, il faut rester simplement en observation.

Il faut rester en observation.

Si je reste en observation, je vais très vite m'instruire, parce que je vais très vite voir l'implication de ce que l'on me fait faire, de ce que l'on me fait croire ou de ce que l'on me dit. On me dit et j'observe ; puisque j'observe, cela veut dire qu'il reste toujours en moi un détachement ; je fais pour savoir ; et je peux donc observer aussi ce fruit ; et je peux dire s'il est bon ou mauvais, s'il me va, s'il ne me va pas.

Par contre si je fais du remorquage, je m'implique complètement dans la chose, je ne suis plus observateur, je ne peux plus juger, mon intelligence est éteinte, parce que je crois, je crois ou en tel être, ou en tel Dieu, ou en telle philosophie, ou en tel comportement, je crois.

Croire

Alors l'intelligence n'a plus besoin d'intervenir, on lui dit : “Tais-toi ! On t'a mis le couvercle !” On croit, un point c'est tout.

Le pire obstacle pour le développement de l'homme c'est la croyance ! Et que ce soit la croyance en Dieu ou la croyance dans l'électricité, la croyance dans la science, la croyance dans le fait qu'il y a le Père, la Mère, toutes les croyances sont des obstacles !

Le pire obstacle pour le développement de l'homme c'est la croyance !

Même la croyance en Dieu ! Sitôt que je crois en Dieu, je m'assois et je Le prie et je ne cherche plus. Sitôt que je crois en Dieu, je m'assois, je Le prie et quand il m'arrive des problèmes, je Le prie encore et j'attends qu'Il règle mes problèmes. Je reste des heures à Le prier, ou Lui ou le Maître, et j'attends que ça se règle. J'attends que le Maître envoie un nuage radioactif de bienfaisance pour qu'il rétablisse la paix. Et lorsque je vois pour la Xième fois mon ennemi revenir avec tout autant d'armements, je me dis : “Mais ce n'est pas possible, ou il ne m'a pas entendu ou il n'était pas au téléphone à ce moment-là ou il se moque complètement de moi et de ce qui peut m'arriver ! Et il se moque aussi de ce qui peut arriver au monde !”

Sachez le bien, toutes les pensées sont entendues ! Non seulement les pensées que vous formulez haut et fort pendant la prière, lorsque vous êtes en train de secouer ou le mala ou de vous accrocher au bougeoir, mais aussi toutes les pensées que vous avez quotidiennement lorsque vous marchez nonchalamment dans la rue. Parce que toutes les pensées s'inscrivent dans le manteau de l'âme. Et le Maître, le Veilleur de l'Humanité, est constamment en relation avec le manteau de l'âme.

Si sa sensibilité à lui, sa sensibilité l'introduit dans le manteau de toutes les âmes du monde, alors tout est connu et on ne peut pas tricher ! Ce qui fait que l'on ne peut pas équivaloir des mauvaises pensées, une mauvaise émotion, par dix Pater ou dix Ave Maria, ou une heure de méditation, ou bien trois cents bâtons d'encens, ce n'est pas possible ! Parce que tout est connu, parce que tout s'inscrit dans l'individu. “J'ai faim”, cela est connu ; “j'ai froid”, cela est connu ; “je pleure”, cela est connu : “je nais”, cela est connu et “je meurs”, cela est connu aussi.

Et pourtant il me semble que je suis seul ! Parce qu'au moment où j'ai mon problème, eh bien c'est vrai, les petits anges n'arrivent pas, les petits anges de compassion ne sont pas là avec leur mouchoir pour essuyer mes larmes ! Au contraire il y a encore plus d'abandon, encore plus de solitude ! Pourquoi ?

Parce que le Chemin est un Chemin où l'on se construit soi-même ! Un Chemin où l'on doit faire les preuves de ce que l'on est. Ce n'est pas un chemin d'épreuves, c'est un chemin de preuves.

Le Chemin n'est pas un chemin d'épreuves, c'est un chemin de preuves.

Lorsque l'on considère que tout n'est qu'épreuve, eh bien, inévitablement, on va chercher du réconfort et on va se mettre, inévitablement, parce que la pensée va se développer de la sorte. Qui dit épreuve et puis, si l'on croit en Dieu, dit besoin de réconfort auprès de Dieu, besoin d'intervention, alors on s'invente une Vierge Marie qui intervient auprès du Père... Parce que l'on sait que les femmes font toujours craquer les hommes n'est-ce pas ?

On vous racontera n'importe quoi ! Et celui qui vit de remorquage va le croire ! Et il va passer ses soirées - au lieu de régler son problème, d'intervenir - il va passer ses soirées dans l'église à prier pour que Dieu intervienne.

Je ne me moque pas de ceux qui ont la foi - je le précise - je ne me moque pas des heures passées en prière lorsque l'on est dans le malheur, absolument pas ! Je trouve cela très beau, immensément courageux ! Parce que, je vous le répète, le Maître lui-même n'aurait pas ce courage de prier Dieu alors que l'on est dans le malheur que l'on ne croyait qu'en lui, en sa protection, et de le prier quand même alors qu'il semble que Dieu nous ait abandonné. Il faut un courage immense, un courage fou ! Et le Maître est trop conscient, trop savant, trop développé, trop intelligent pour avoir cette folie, il est logique, lui.

Il se dit : “Tiens, celui qui est Maître avant moi et longtemps avant moi me dit que Dieu existe, qu'il y a le Plan, qu'il y a le karma, que Dieu est le Père des hommes, le protecteur de l'Humanité. Si je me trouve dans des problèmes, cela veut dire que Dieu doit intervenir. C'est une Loi pratiquement, si c'est vraiment le Père de l'humanité, s'il est vraiment plein d'amour, s'il est vraiment plein de tolérance, de secours, de miséricorde, il est logique qu'il intervienne !” Le principe, donc, de Dieu va être renié par l'homme intelligent parce qu'il verra bien qu'il y a malheur, il y a Dieu et il n'y a pas intervention de Dieu dans le malheur donc c'est qu'il n'y a pas de Dieu et que l'homme est seul.

L'homme qui commence à exister, qui commence à être intelligent, à être logique, l'homme qui n'a plus simplement la cervelle mais aussi un cerveau, va renier Dieu et il a raison ! Il a parfaitement raison et je l'encourage ! Renie Dieu profondément ! Parce qu'en fait, rassure-toi, tu ne renies pas Dieu, tu renies l'illusion de Dieu, l'illusion religieuse de Dieu ! Tu renies la croyance qui affaiblit l'homme et assourdit son intelligence !

La croyance est ce qu'il y a de pire !

Je veux que cela sorte de votre tête ! Je veux arracher cette croyance hors du cœur ! Je ne veux plus jamais l'entendre ! Je ne veux plus entendre un individu dire “je crois” ! Ou plutôt chaque fois que vous allez dire “je crois”, rappelez-vous tout de suite que vous ressemblez à la grenouille ! Et que cela vous dissuade à jamais de ne plus prononcer ce mot “je crois, croâ, croâ...” Si je croâ, je suis un batracien or il se trouve que je suis un homme, je ne vais donc pas croasser.

Si je vais faire quelque chose, je vais comprendre, chercher, analyser ; parfois je ne trouverai pas, d'accord ; et j'aurai la colère, d'accord ; et je mordrai le tibia à Koot Humi ou au bon Dieu de ma colère, d'accord ; mais sachez que le Maître sera heureux de cette morsure, il dira : “Tiens, son intelligence est vivante, il est en colère, c'est très bien, parce qu'il est tout vivant, il cherche, il veut trouver ! Vas-y, mords !”

Et c'est dans la morsure parfois que l'on trouve d'ailleurs parce que le maître voyant, contemplant une telle énergie pour la Vie, une telle énergie pour la capacité à exister va aider le disciple. À ce moment-là, oui, il y a de l'aide qui est envoyée.

Dès que je positionne ma vie dans l'endroit juste, l'aide arrive, alors qu'avant elle n'arrivait pas.

Parce qu'avant je me mettais tout à côté. Je disais : “Il y a le Fils, moi, le rejeton du bon Dieu ; il y a le Père qui m'aime, qui prévoit tout, qui a tout prévu, qui viendra et puis qui ne vient pas, c'est dommage ! Il viendra quand même !”

À ce moment-là, je construis, dans mon esprit, tout un cheminement de la pensée qui va m'envoyer dans des voiles d'illusion. Et si je suis quelque peu intelligent, je vais renier Dieu, renier les Maîtres. Et si ma première preuve d'intelligence est ce reniement, eh bien je t'encourage à le faire. Sois le plus athée des matérialistes ! C'est une bonne chose !

Je vais te rassurer en te disant que tous les hommes primitifs dans toutes les tribus croient énormément. Ils croient en l'esprit tout puissant, ils croient dans les petits esprits de la Nature, ils croient dans toutes les forces du monde, de la Nature. Croire est un acte quasiment animal. Le chien croit en son maître, il croit que son maître ne peut être que le bien pour lui parce qu'il lui donne à manger, parce qu'il lui donne le toit, parce qu'il lui donne des caresses de temps en temps, il croit en son maître !

Mais sitôt que tu penses à Dieu, je t'en prie, ne te comporte pas un chien ! Parce qu'en fait ce ne serait pas toi que tu abaisserais mais Dieu en personne !

Tu ferais de Lui un être abjecte, qui aime ses enfants et qui cependant ne vient pas les soulager. Tu ferais de Lui cet être immonde qui regarde les enfants naître et mourir sitôt la naissance terminée parce qu'ils n'ont pas suffisamment à manger. Tu ferais de Dieu cet être immonde qui regarde sans bouger toutes les épidémies ravager l'humanité et toutes les guerres, ravager l'humanité. Parce que toi tu te ferais chien, tu ferais de Dieu aussi un être immonde.

Alors relève ta condition ! Et, en relevant ta propre condition, tu vas aussi relever Dieu.

Et ainsi tu comprendras non seulement Dieu mais aussi le monde. Tu comprendras ces catastrophes, ces guerres, et en les comprenant tu trouveras non plus seulement le moyen de faire des Ave ou des Pater, mais tu trouveras le moyen d'intervenir pour domestiquer la Nature, le moyen d'intervenir pour éduquer les hommes afin qu'ils ne fassent pas telle et telle erreur impliquant tel et tel effet !

Et au lieu de t'isoler pour prier, tu deviendras un éducateur de façon à ce que les futurs Hitler ne naissent pas Hitler ou ne grandissent pas Hitler. Tout le monde est capable à un moment donné d'être ou un dictateur ou un assassin ou un grand escroc ou un bandit ou un voleur, parce que c'est la solution de facilité, tout simplement !

Pour celui qui aime le pouvoir, prendre le pouvoir ce sera un acte plus facile si j'ai des fusils et des canons. J'impose mon pouvoir ! J'arrive à ma quête immédiatement, j'ai satisfaction !

Cependant si, j'explique à l'individu ce qu'est le pouvoir [...] que le pouvoir est une arme belle de l'Esprit. Il n'aura plus recours à la solution de facilité parce qu'on lui en aura expliqué tous les dangers et surtout, on lui aura démontré la beauté, la libération qu'il y a à chercher les armes belles de l'Esprit.

Comment voulez-vous maintenir l'harmonie dans le monde si on ne prend pas la peine d'éduquer les enfants ? Si on ne prend pas la peine de leur expliquer les risques de l'existence, les risques de la Liberté, les risques des choix ? On s'en moque ! On apprend simplement aux enfants à lire, à écrire, à être polis, à exercer un métier et à avoir certaines valeurs vaguement nécessaires, mais il n'y a pas un Principe éducatif !

L'Éducation

Ce qui fait que l'homme s'est toujours éparpillé dans la guerre, c'est qu'il a toujours manqué d'éducation tout simplement.

L'éducation est un principe qui peut donc changer le monde, empêcher des individus potentiellement mauvais de le devenir et mauvais non pas parce qu'ils sont mauvais mais parce qu'ils naissent avec des énergies puissantes, qui vont réclamer une satisfaction immédiate avec les moyens les plus efficaces et directs.

Tout est à faire de désir en fait.

Quand un dictateur devient un dictateur, ce n'est pas parce que il a envie de diriger un pays, c'est parce qu'il a le désir de pouvoir.

Si donc dans l'éducation, on inclut cette science de l'énergie du désir, d'où provient cette énergie, pourquoi est-ce qu'elle existe, comment la domestiquer, comment en faire un feu utile, eh bien on évitera ainsi les jeunes âmes de devenir des jeunes rebels et de grands êtres de nuisances pour l'Humanité.

On ne peut pas, en fait, reprocher à qui que ce soit d'être ce qu'il est si on ne l'a pas bien éduqué. Et cela relève d'une responsabilité collective ! Parce que si le père et la mère ne savent pas éduquer leur enfant, eh bien il faut que l'homme le plus éveillé dans son quartier se rende responsable de l'éducation de tous les enfants du quartier qui n'ont pas l'éducation à la maison ! Et s'il n'y a pas un homme dans le quartier et qu'il n'y a qu'un homme dans la ville, il faut que cet homme-là se rende responsable de l'éducation des enfants !

Bien sûr, vous allez me dire, il y aura des enfants qui voudront, d'autres qui ne voudront pas. C'est vrai. Mais cela est vrai pour le début. Chaque fois qu'une chose en est au commencement, il y a la somme des individus à qui cela plaît et à qui cela ne plaît pas.

Puis lorsqu'une chose devient un fait, lorsqu'il y a donc un égregore qui se construit, une boule d'énergie qui commence à rayonner parce que la chose est en action et qu'elle existe depuis un certain temps, à ce moment-là, cela devient comme un fait naturel dans l'inconscient collectif. Et les enfants, même les moins disposés à recevoir cette éducation, la recherchent, parce que cela fait comme partie de leur univers, même s'ils en sont inconscients.

Toute la difficulté est donc dans le début et ensuite tout va bien.

Lorsque je parle d'éducation, il s'agit bien sûr d'éduquer les jeunes enfants, mais même lorsque l'on est un homme avancé dans l'âge, on peut encore avoir besoin d'éducation. Ce qui fait que l'éducation concerne les individus de tous les âges et de tous les niveaux.

Éduquer selon quoi ? En visant quoi ? Et quoi enseigner ?

D'abord éduquer à propos des valeurs.

Les Valeurs

Que sont les valeurs ?

Je vous pose la question à vous, ne soyez pas simplement des oreilles qui reçoivent, allez, on fait bouger le cerveau et on endort la cervelle !

Que sont les valeurs ?

Considérons l'évolution, le cheminement spirituel, qu'allons-nous qualifier de valeurs ?

A de la valeur, ce qui développe en l'homme les meilleures attitudes émotionnelles possibles.

A de la valeur, ce qui développe en l'homme les meilleures attitudes émotionnelles possibles.

Ce que vous, vous pouvez appeler par exemple, les bons sentiments, tels que la générosité, la tolérance, l'assistance aux vieilles personnes, aux personnes les plus faibles ou aux personnes qui font, qui construisent quelque chose, l'esprit de groupe, l'esprit de communauté, l'esprit de partage, l'esprit d'initiative, l'esprit de responsabilité, l'esprit de décision. Il s'agit en fait d'éduquer un individu pour qu'il devienne un homme, un individu social, un individu supportable, un individu utile aux autres.

Être un homme !

À quoi cela sert si j'ai toute l'instruction du monde et qu'à côté de cela je me comporte, à cause de mon egoïsme, comme un animal ? Est-ce que j'ai été éduqué ?

Bien sûr, je vais pouvoir porter le nœud papillon, le smoking ou les robes de soie et les talons très hauts, je vais pouvoir déclamer de belles phrases et donner de belles impressions, si bien que l'on me croira la réincarnation d'un grand roi d'Espagne ou d'Angleterre ! Mais en fait, tout cela n'est qu'un jeu, une mascarade ! Ce n'est pas du tout une altitude de ma part. Et lorsque j'enlève les talons hauts ou le smoking, je suis de nouveau très laid.

Être un homme ! Avec l'esprit de responsabilité, de décision, l'esprit de communion, d'amour pour la collectivité, d'utilité, d'entraide ! L'éducation, c'est cela et c'est ce qui doit être en premier apporté aux enfants, avant l'alphabet !

Parce qu'en fait, l'alphabet, les enfants l'apprendront dix fois plus rapidement ! Aussi bien que la grammaire et que toutes les langues étrangères et toutes les mathématiques de quelques cycles que ce soit, si avant tout, on équilibre l'individu à être un homme !

Si on l'équilibre suffisamment. En cultivant toutes ces qualités humaines dont j'ai parlé, en lui donnant l'amour humain, en l'instruisant à propos du prâna, à propos donc de la santé. Tout simplement, en lui proposant une bonne alimentation, de bonnes boissons, des mouvements comme le sport, des promenades dans la nature, des moments de relaxation dans la nature, des moments d'écoute de la nature, des fleurs du jardin, des oiseaux dans les arbres. Tout ce comportement est propre à capter le prâna de la nature.

Puis en lui démontrant les qualités spirituelles, il va pouvoir se nourrir des valeurs du monde de l'Esprit.

Et, étant un homme en équilibre, parce que se reposant sur les trois Principes majeurs, ayant donc étendu et élargi son triangle, il peut commencer à apprendre tout ce qui est à apprendre.

Et c'est là qu'on découvre que l'enfant est très intelligent ! Mais, en fait, il est intelligent parce qu'il est disponible et il est disponible parce qu'il est équilibré et parce qu'il est un véritable triangle.

L'enfant qui est la moitié de ceci, la moitié de cela, n'est pas disponible ! Il n'aura pas bonne santé et il ne pourra pas avoir les meilleurs résultats possibles à l'école. De la même manière, lorsqu'il sera adulte, il ne pourra pas donner le meilleur de lui-même au travail et au foyer. Il manquera toujours quelque chose ! Et quand cet individu commencera la spiritualité, il sera complètement débordé et dépassé par tous les efforts qui sont à faire. Et il va donc chercher à croire en Dieu, chercher à suivre un Maître et il deviendra fanatique de quelque chose.

Savoir éduquer ses enfants, c'est aussi, quelque part, démontrer que l'on est un vrai disciple, c'est démontrer que l'on apprend à être un Maître soi-même. Et non pas un Maître parce qu'on a des disciples qui sont nos enfants : on leur dit de faire ceci, on les y oblige et ils le font. Non ! On démontre que l'on commence à être sensible à la réalité de ce que peut être un Maître.

Et comment est-ce qu'on articule cette réalité ?

Parce qu'on se sent responsable du plus petit. Dans une grande marge de liberté, on essaye de canaliser le meilleur de l'enfant pour qu'il puisse l'exprimer. On l'aide à se trouver et on ne lui impose pas ce qu'il doit trouver. On l'aide à se trouver, on l'aide à franchir en le prévenant des énergies qu'il doit utiliser pour franchir l'obstacle ! On ne le prévient pas de l'obstacle qu'il va rencontrer, on le prévient des énergies qu'il doit utiliser pour le franchir.

Et la plupart des parents font tout l'inverse : ils préviennent l'enfant qu'il y a l'examen en fin d'année et qu'il doit le réussir. Et l'enfant est terrorisé parce qu'il se dit : “Mais comment vais-je réussir cet examen, il faut que j'apprenne, que j'apprenne, que j'apprenne, que je ne manque jamais l'école, que je ne sois jamais malade ! Et pour que j'apprenne, il faut que tout aille bien à la maison, que je me sente heureux...”

Au lieu de prévenir l'enfant qu'il y a l'examen en fin d'année et qu'il doit le réussir et que toute sa vie en dépend, il faut l'équilibrer, le rassurer, pour lui apprendre comment est-ce que l'on étudie. Démontrez-lui comment est-ce que l'on étudie, pour tirer le meilleur parti de la mémoire, de l'activité cérébrale. Et c'est en essayant de lui démontrer cela que vous verrez que vous-même vous êtes très désemparé ! Parce que vous avez aussi vous-même appris à cause de la peur de l'échec et que donc vous vous êtes bourré l'intellect du matin au soir, pour essayer de réussir quand même ! Et que donc toute la réussite est en fait appuyée sur la peur d'échouer, la peur d'être corrigé par les parents, puis plus tard d'être corrigé par la société, ou d'être exclu de la société !

Est-ce la peur que vous voulez transmettre à vos enfants, cette peur qui continue à faire de vous des êtres lamentables ! Des êtres complexés, des êtres qui échouent ! Ou est-ce qu'au contraire vous voulez apporter à vos enfants la méthode pour réussir dans la vie ?

Si vous voulez leur apporter la méthode, alors essayez de la découvrir aussi un peu vous-même ! Et pour la découvrir, il faut être disciple.

Parce qu'en fait celui qui n'est pas disciple ne peut pas découvrir la méthode. Il réagira toujours considérant la somme de ses peurs, la peur de l'échec, la peur de ceci, la peur de cela et il s'efforcera pour contredire cette peur. En fait l'obstacle pour lui n'est pas simplement un exercice à résoudre pour développer une énergie qu'il va ensuite maîtriser et qu'il va ensuite articuler chaque fois qu'il en aura besoin. Pour cet homme-là qui a peur, l'obstacle est un monstre, un monstre qui le dérange, un monstre qui peut briser sa vie !

Ce qui fait que pour l'un la vie est une suite de destructions qui aboutit un jour inévitablement à la mort, et pour l'autre la vie est un cycle de construction qui aboutit à la vie éternelle.

Pas étonnant donc qu'il y ait des hommes qui pleurent et des hommes qui rient ! Parce qu'il y en a qui ne voient que destructions et ils en meurent, parce que l'on meurt ! Et il y en a qui ne voient que constructions, alors ils survivent, ils continuent à être vivants de l'autre côté.

Si chacun pouvait avoir suffisamment de sensibilité pour accepter que la vie est un défilé de constructions et non pas de destructions, le monde serait complètement transformé. Les individus auraient une santé beaucoup plus grande, l'espérance de vie serait beaucoup plus longue ! A 100 ans l'on fêterait son premier anniversaire et non pas son dernier ! Et en plus il y aurait un amour tellement grand entre les hommes que les hommes ne voudraient jamais se quitter, ils se feraient un bien incessant et ils feraient des feux de joie pour fêter la vie qui les réunit !

Et c'est à ce moment là que Dieu, Dieu le Père, descendrait sur les hommes comme cela est écrit dans le Livre. C'est vrai, il pourrait descendre sur les hommes car chaque homme vivrait comme un Dieu.

Est-ce que cela veut dire que Dieu le Père attend la bonne heure pour descendre ? Non !

Cela veut dire que puisque l'Univers tout entier n'est que l'histoire de Dieu et que de Dieu, lorsque les hommes cessent de croire dans leurs illusions, de croire à leur folie, ils révèlent en eux le Père éternel. En fait, Dieu ne descend pas sur les hommes, Dieu remonte du profond de l'Homme tout simplement.

Dieu ne descend pas sur les hommes, Dieu remonte du profond de l'Homme.

  • La medium tousse plusieurs fois.

Ne vous inquiétez pas, cela fait partie de la vie et rien ne me fera partir. Toussez avec moi et tout le monde ira mieux !

  • L'assemblée tousse.

Quand on fait les choses en commun, les choses deviennent plus faciles et voilà que je peux de nouveau parler. De toute façon il est pour moi l'heure de vous quitter.

Impératifs nécessaires

Mais je ne voudrais pas vous quitter avant que vous ayez bien à l'esprit les deux impératifs nécessaires pour réussir absolument, non seulement sa vie, mais surtout sa vie de disciple.

Ne jamais croire !

Ne jamais céder au remorquage de la croyance ! Essayez toujours autant que possible, non pas d'être un monstre d'intelligence et d'analyser tout le temps, mais de faire fonctionner l'intelligence !

Lorsque vous faites fonctionner l'intelligence, vous permettez aux énergies de l'âme de venir à votre secours et vous sensibilise ainsi, par la lecture ou par un bon conseil, à la vérité de cette lecture et de ce bon conseil.

Ne jamais croire !

Par contre la croyance que vous devez écouter, s'il y en a une en vous, c'est votre fidélité vis-à-vis de Dieu et vis-à-vis des Maîtres. Ceci est la vraie croyance et la vraie foi. Mais ce n'est pas “je crois en Dieu, je crois aux maîtres”, mais plutôt : je suis fidèle vis-à-vis de la lumière, fidèle vis-à-vis de Dieu, fidèle vis-à-vis des Maîtres !

Lorsque je suis consciente de ma loyauté, de ma fidélité, alors ma foi devient inébranlable !

Tandis que si ma foi repose sur ma croyance parce que quelqu'un me l'a dit, parce que je l'ai crue pendant des années, alors dès qu'il arrive un gros événement, je m'écroule et je n'ai plus la foi.

Je suis fidèle !

Rappelez-vous bien cela, fidèle.

La foi a le F de la fidélité, tandis que la croyance ne peut rien pour vous, ce n'est pas vrai, ce n'est que croassement.

Fidélité, soyez fidèles !

Et c'est en étant fidèle que vous allez réveiller en vous toutes les alliances et ces alliances vont précisément apporter les énergies du discernement, les énergies de la méditation.

Dès qu'un Maître voit qu'un disciple est fidèle, il envoie sur lui toutes les énergies pour faciliter la méditation et le renversement des obstacles. Tandis qu'il ne peut rien vis à vis d'un disciple qui croit, parce qu'il sait très bien que, dès que soufflera le vent, il va s'écrouler. Et c'est pour cela que Dieu ne se manifeste pas dans les églises où il y a tous les gens qui prient et qui donc ont la croyance en Dieu.

Par contre, il vient, lentement et doucement, pendant la méditation, dans le cœur de celui qui est fidèle à Dieu, fidèle à la Lumière.

C'est une affaire de fidélité.

Comme dans le mariage, c'est exactement la même chose.

Je vous salue.

(Date de la conférence : 27 10 1990)

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