🔥 Conférence 117

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Conférence 117

Question

(non enregistrée)

Thème : L'Homme et Dieu

Réponse

[...] Je le répète ici, comme à chaque rencontre, mais c'est utile, car en fait de multiples fois j'ai expliqué que je n'étais pas organisé pour pouvoir donner un enseignement. Je ne me suis ni organisé dans ce but et je ne me suis pas investi non plus pour que ce soit cet effet qui soit créé. Simplement tout ce que je souhaite c'est, petit à petit, réveiller une petite étincelle, que ce soit dans la pensée ou dans le cœur, ce qui est exactement la même chose, pour que, petit à petit, l'individu se connaisse en tant que centre de Lumière.

Ce qui veut dire que le centre de Lumière qui est, en fait, la condition humaine, qui est l'être humain, ce centre de Lumière doit, petit à petit, apprendre non seulement à savoir qui il est mais aussi à s'organiser pour pouvoir être ce qu'il est fondamentalement.

L'Humain est Divin

Il y a dans la nature humaine, ou plutôt dans la nature Divine puisqu'on ne peut pas parler de nature humaine sans avant tout spécifier que l'humain est Divin. Il y a dans la nature Divine deux grands pôles.

Une fois que l'incarnation a commencé on ne peut pas ignorer ces deux grands pôles. Si on se soustrait à l'incarnation alors on peut imaginer un ciel où il n'y a ni nord, ni sud, ni est, ni ouest, où il n'y a donc ni conscience incarnée, ni Conscience Divine, où il n'y a plus les différents corps, subtils ou grossiers. Mais quand le processus de Création commence, lorsque le processus d'incarnation et d'identification commence, alors va se créer un pôle nord et va se créer un pôle sud.

Ce pôle nord et ce pôle sud c'est une image pour montrer qu'il restera toujours quelque chose de Divin là-haut et que commencera à exister quelque chose de typiquement humain quelque part en bas. Mais situer les choses de cette manière-là, c'est très grossier, et ne permet pas de fonder une philosophie, alors il va falloir spécifier ce qui est cet en haut et cet en bas.

Dans un endroit où en fait on ne peut pas dire qu'il y a d'espace mais où il y a simplement un état. Ce qui sera en haut sera ce que l'on appelle si souvent la Perfection ou la Divinité, et ce qui sera en bas ce n'est pas ce qui sera contraire à cette perfection mais ce qui va s'identifier à la nature humaine.

Ce qui fait que chaque fois que l'homme par, soit un effort de purification, soit par une orientation qu'il donne à l'esprit, soit parce qu'enfin il comprend quelle est la destinée humaine et la destinée Divine en incarnation, à ce moment-là il va pouvoir se soustraire de toutes les ressemblances humaines, sans pour autant connaître tout de suite quel est son image Divine.

À ce point-là il est très difficile de savoir qui l'on est. On sait ce que l'on ne doit plus être mais on ne sait pas encore qui ou quoi l'on va être. Car si l'on s'amusait à identifier ou à supposer ou à imaginer ce qu'est un état Divin, eh bien on retomberait au niveau d'un humain qui imagine Dieu.

Ce qui veut dire que l'on peut désapprendre à vivre, mais que l'on ne peut pas apprendre à être ce que l'on est déjà.

Désapprendre ce qui fait que l'on est humain

On ne peut pas essayer d'être Dieu, on ne peut pas essayer d'être Divin, on ne peut pas apprendre ces choses. Par contre, on peut oublier ou on peut désapprendre ce qui fait que l'on est humain. Petit à petit, en désapprenant tout ce qui construit un être humain, l'individu a une chance de voir s'éveiller la nature Divine.

Ce qui veut dire qu'entre l'action que je fais lorsque je me destine à être un homme, l'idée que j'entretiens lorsque je me destine à être un homme et à agir comme un homme, entre cette action-là et l'idée que j'ai de ma Divinité, il y a tout un monde de différences ! Et je ne vais pas pouvoir interpréter qu'il va falloir, petit à petit, que je ressente, et non pas pour essayer de faire d'après mes premiers ressentis, mais pour, petit à petit, au contraire, lui laisser gagner du terrain.

Autrement dit, je peux désapprendre à être un homme mais je ne peux pas construire ma Divinité. Je ne peux pas, petit à petit, devenir un Dieu par mes propres moyens, je ne peux pas m'orienter spirituellement.

Je peux désapprendre à être un homme mais je ne peux pas construire ma Divinité.

Par contre, par émergence, petit à petit, je peux regarder apparaître cette Divinité.

En fait, on peut dire que le disciple - le disciple avancé, le disciple qui médite, le disciple qui commence à comprendre ce qu'est le Chemin - le disciple est un être d'inaction.

Le disciple est un être d'inaction

Il ne va pas entreprendre quoi que soit en spiritualité, il ne va pas entreprendre quoi que ce soit pour la purification, ni même pour développer son intelligence. Une intelligence qui lui permettrait d'embrasser, par exemple, tout l'ésotérisme, tout le monde occulte. Il va, au contraire, apprendre à laisser apparaître à l'intérieur de lui, sans que pour autant il ait l'impression d'avoir participé à cette apparition.

Car en fait, ce qui fait que la Divinité semble être lointaine ou semble être quelque chose que l'on ne peut pas voir tout de suite, ce n'est pas parce que la Divinité est lointaine, ou trop différente de ce que l'on est aujourd'hui, mais parce que le regard est tout entier tourné vers les dimensions humaines, terrestres, affectives ou psychologiques.

Ce qui veut dire que, considérant la question qui m'a été posée, le point le plus important de la conscience collective, eh bien ce n'est pas, à un moment donné de l'histoire ou de la civilisation, de croire en ceci ou de croire en cela, de croire en une religion ou de se focaliser sur une guerre. Le point le plus important pour l'Humanité, son point d'encrage, ce qui fait sa lourdeur, c'est que l'Humanité dans son entier s'identifie à son statut d'être humain.

S'identifier à son statut d'être humain

Si tôt que je m'identifie à mon statut d'être humain, qu'est-ce qu'il va se passer ?

Automatiquement je vais me sentir isolé. Je suis un, je suis moi, je m'appelle Pierre ou Jacques, mais à partir de cet instant où je sais que je suis Jacques et que j'existe, je vais voir que les autres aussi existent. Et c'est à partir de cette identification fondamentale que toute l'histoire commence. Parce que là va s'installer la relation.

Il n'y a plus simplement moi et l'autre qui existent, mais il y a ce qui va se passer entre l'autre et moi, et puis entre les autres et moi. Ce qui, d'un seul coup, donne plusieurs inconnus à cette equation très difficile à résoudre.

Quelle est ma relation avec l'autre, ma relation avec les autres ?

Et, immanquablement, pour tous ceux qui ont une certaine sensibilité ou tout simplement l'intelligence assez réveillée ou un peu de psychologie, cette personne-là va tout de suite comprendre que la relation que l'on a avec l'autre est avant tout la relation que l'on a avec soi-même. Et que donc toute les identifications que l'on projette sur les autres, à savoir : Untel s'appelle Jacques, il est ingénieur, ou il est intelligent, ou il est bête, il a quel genre de problème, je le critique, ou je le rabaisse, ou je l'élève, il est mon père, il est ma mère, mon professeur, mon gourou, mon destin, mon mari... Une fois que j'organise toutes ces identifications à propos des autres, j'organise aussi ma vie pour qu'elle soit identifiée à tout cela. Et cela est bien compris.

Seulement cela ne veut pas dire que, une fois que je vais comprendre que ces identifications ne sont que des illusions, cela ne veut pas dire que le monde n'est plus à vivre, car il y a des expériences nécessaires.

Ce qui ne veut pas dire que l'identification est nécessaire. L'identification est le gros risque de la vie, le gros risque de l'incarnation, de l'individualisation. Mais, en passant à travers cette expérience qu'est l'individualisation, l'homme, ainsi, s'enrichit d'une multitudes d'expériences.

Quels genres d'expériences ?

L'expérience la plus grande, en fait, que l'Humanité est venue chercher dans l'incarnation, c'est de régénérer ce feu Divin, que l'on appelle Dieu, la Lumière de Dieu.

L'expérience la plus grande que l'Humanité est venue chercher dans l'incarnation, c'est de régénérer ce feu Divin.

Car si en fait l'on voudrait décrire Dieu - bien que la chose soit impossible et qu'elle restera toujours très grossière et qu'elle n'appartiendra qu'aux esprits les plus fous ! - mais si l'on voulait un petit peu décrire Dieu, eh bien l'on s'apercevrait qu'il y a trois types de feux en Dieu.

Trois types de feu en Dieu

Il y a d'abord un feu qui est froid, puis un feu qui est chaud et un feu qui est neutre. Et qui va, selon la volonté, selon le destin, selon l'orientation de l'individu, enrichir son feu chaud et enrichir son feu froid, ou rester neutre pour pouvoir être utilisé quelque soient les circonstances.

Le feu chaud

Tout individu est d'abord venu réveiller et régénérer son feu chaud. Et c'est pour cela que l'Humanité dans son entier cherche absolument la Lumière, et, en plus de la Lumière, cherche le Père. Que ce soit le Père tout à fait physique, le Père paternel ou que ce soit le Père en tant que Dieu. Ce qui fait que l'homme cherche le Père, Dieu, ce n'est pas simplement parce qu'il sera saisit de sentiments religieux, ce n'est pas parce que son intelligence n'est pas si développée pour voir les choses de façon pudiste, c'est parce qu'il cherche la Lumière et la chaleur de cette Lumière. Donc en cherchant la chaleur, il oriente immédiatement son esprit vers un concept qui est Dieu le Père, celui qui envoie la nourriture, celui qui crée le monde et celui qui veille sur l'Humanité, et celui qui fait la Justice, et celui qui reprend tous les enfants dans ses bras.

Sitôt que le feu chaud commence à brûler dans l'homme, à ce moment-là le disciple se transforme. Il s'aperçoit que Dieu le Père, mmmm, ça ne l'intéresse plus.

Il se dit : “Je n'ai plus le cœur à prier, je n'ai plus le cœur à me mettre là pour contempler l'image de Dieu, même abstraite, dans mon esprit, dans mon cœur.” Il peut même douter et dire : “Tiens... Je n'ai plus la foi.”

Il faut comprendre qu'à ce moment-là, le moment est venu pour réveiller ou régénérer le feu froid, qui est un feu beaucoup plus mental en fait, bien qu'il ne soit pas associé au mental. C'est le feu de l'intelligence.

Le feu froid de l'intelligence

Cette intelligence ne cherche pas la chaleur puisqu'elle est un feu froid. Donc l'individu, qui est le véhicule, l'endroit de cette recherche ne va pas chercher le feu chaud qu'est le Père. Il va, à un moment donné, comprendre qu'il est le Père.

C'est pour cela que dans la vie des disciples il y a une mutation extraordinaire qui doit se faire et qui doit se faire aussi pour l'Humanité en général, lorsqu'elle sera prête, lorsqu'elle ne cherchera plus tant le feu chaud, la Lumière, mais qu'elle cherchera à se connaître fondamentalement.

À ce moment-là, toutes les religions cesseront d'exister, en même temps que le besoin d'être, donc, réconforté, d'être protégé, d'être amnistié, de trouver un paradis et de craindre l'enfer. À ce moment-là, au contraire, l'individu va, non seulement savoir qu'il est Dieu - même s'il ne peut pas l'être dans sa grande dimension pour l'instant, il va simplement le supposer - mais il va aussi, et surtout, faire en sorte que Dieu existe sur la Terre.

Alors que, pour l'Humanité présente, pour tous ceux qui cherchent le feu chaud, la Lumière, donc Dieu le Père, pour ces individus-là, l'important ce n'est pas tellement de partager Dieu, mais c'est plutôt de partager une idée, une croyance, une conviction. Et pour ceux qui ne sont pas obéissants, pour tous ceux qui ne sont pas religieux, pour tous ceux qui ne sont pas coupables, par exemple, eh bien chercher de Dieu le Père ne sera pas intéressant, donc l'on cherchera le chef !

Le chef

D'où l'organisation de la société en deux grandes majorités : la religion et la politique. On va chercher le chef. Celui qui aura la pensée la meilleure, celui qui aura la pensée qui va nous permettre de mieux organiser notre vie, celui qui nous donnera l'impression que l'on va de l'avant, que l'on fait du progrès. Tout cela parce qu'en fait l'homme cherche le feu chaud, et que cela donc l'amène à chercher le Père ou le chef.

Ceci aussi le pousse à ne regarder que la Lumière visible du Soleil. En même temps on voit toute cette Humanité qui va jusqu'au bout de sa folie, jusqu'au bout de son geste, et qui donc recherche le Soleil, l'astre en tant que chaleur. Et tout le monde se précipite sur les plages, tout le monde fait le plein de bronzage, tout le monde fait le plein de lumière, tout le monde veut aller à l'endroit où il y a la mer et le Soleil. Ce n'est pas uniquement une question de préférence de climat. Pour la plupart des personnes, il y a, sous-jacente, l'idée que l'on va vers le feu chaud, mais sitôt que l'on va vers le feu chaud, on va en même temps vers l'obéissance et la soumission.

Ce qui veut dire qu'il y a un âge pour chaque chose.

Les individus ne sont même pas encore capables de ressentir le feu chaud. Ils se contentent simplement de boire, de manger, de suivre une certaine société, d'en tirer un maximum de plaisir, et ils sont terrorisés par tout ce que cela pourrait apporter comme déplaisirs ou inconforts ou comme risques, comme par exemple les grandes maladies.

Puis, lorsque la polarité commence à changer, que le réveil s'opère, alors c'est vers la Lumière qu'ils vont, exactement comme des libellules, comme des petits insectes. Mais cette Lumière, n'est en fait qu'un mirage. Comme la lumière que l'on voit du Soleil, n'est qu'une illusion du véritable Soleil, ce n'est qu'un reflet. Mais, en regardant tous les reflets, en expérimentant toutes ces illusions, donc, de ce feu chaud, l'individu qui s'est, pendant des incarnations, brûlé face à ces diverses illusions, finit par concevoir un feu qui est froid, et c'est celui de l'intelligence.

Qu'est-ce que je veux dire par là ?

La conscience

Eh bien cela veut dire que la conscience - que j'aime aussi à appeler l'intelligence - cette conscience après avoir tapé tous les murs, tous les feux, toutes les flammes, les identifications, les illusions, les passions, des plaisirs, des limitations, cette conscience va se centrer - et non pas dans un centre géographique qui existerait dans la conscience elle-même - elle va se centrer dans le sens où plutôt elle va se replier sur elle-même. C'est un geste, ce n'est pas un endroit que l'on rejoint, que l'on développe, c'est un geste que la conscience fait sur elle-même

Plus rien ne l'attire à l'extérieur, plus rien ne peut, en fait, tirer son admiration vers l'extérieur, plus rien ne peut chatouiller son œil pour regarder dehors.

Même si l'on faisait passer tous les plaisirs, tous les désirs, toutes les possibilités d'évasion et de construction, l'œil ne regarderait plus. À ce moment-là, la conscience, en se repliant, va découvrir le pilier Divin qui existe à l'intérieur. Et c'est là, en fait, que commence la méditation. Que l'on fasse à ce moment-là une heure de méditation par jour, ou qu'on la fasse toute la journée, c'est exactement la même chose, puisque l'état est atteint.

Mais il faut donc avoir l'intelligence captivée par ce feu froid.

Mais comment va-t-on organiser la vie, comment va-t-on parler à cette intelligence, pour qu'elle puisse se détourner des feux chauds et enfin contempler le feu froid qui est à l'intérieur ?

Comment contempler le feu froid intérieur ?

Quand je dis feu froid, il faut pas imaginer que c'est le pôle nord, que la conscience n'est plus émue par quoique ce soit, qu'il n'y a plus d'amour, par exemple, ou plus de compassion. Depuis ce point neutre, au contraire, toutes les histoires peuvent recommencer. Mais ce sont des histoires qui vont exister pour le bénéfice des autres, et non pas parce que l'individu va commencer à croire sa propre histoire.

Par exemple, si en étant ce point neutre, en étant ce feu froid, si je regarde un ami qui a des problèmes, et que ce qui sort de moi à ce moment-là c'est l'amour, pour l'aider, pour le soutenir, pour lui dire le mot qu'il faut, cet amour va être une chaleur, et pourtant cet amour vient du feu qui est froid. Ce qui veut dire que depuis ce feu neutre, je vais pouvoir créer des histoires, pour pouvoir correspondre aux besoins de chacun qui se trouve à l'extérieur. Mais jamais, au cours du processus, je me vais devoir m'identifier à ce feu. Car si je m'identifie par exemple à cet amour que je donne, à ce moment-là je rejoins mon ami qui a ses problèmes, et je ne vaux pas mieux que lui, je ne vais pas pouvoir, même, le comprendre davantage. Immédiatement, mon intelligence ayant chuté, toute ma conscience objective va avoir oublié tout son acquis. C'est un peu comme un rêve que l'on aurait fait, et dont on se souvient vaguement. Donc il va falloir que, tout en donnant cet amour, ce soutien, je reste dans cet endroit neutre.

Ce qui veut dire qu'il y a action, action qui est vue à l'extérieur, tandis que profondément dans mon être règne ce que l'on peut appeler le non-mouvement, l'inaction. C'est la seule manière d'être Dieu et d'être un Dieu vivant.

Si je me prends trop au jeu de l'histoire, si je commence à trop aimer mon ami, si je commence à vouloir souffrir ce qu'il souffre, par exemple, s'il commence à m'appuyer avec son histoire, si je commence à éprouver ce même sentiment, alors c'est terminé, je ne peux plus rien pour lui ! Et l'identification recommence même pour moi. Ce qui veut dire que, pendant le trajet qui me ramène par exemple à ma maison, eh bien je vais subir une multitude d'autres identifications. Ce qui fait que pour avoir remis le doigt une fois à l'engrenage, je vais me retrouver plongé totalement dans l'incarnation, comme le jour où je suis née du ventre de ma mère. Parce que c'est ce qui se passe le jour où je naît, où je sors du ventre de ma mère, il y a identification complète avec cet enfant et avec les parents.

Ce qui veut dire que je vais donc toujours devoir garder cet espace à l'intérieur, un espace que je ne dois pas imaginer comme étant un espace géographique, ou un espace qui est contenu quelque part dans ma physiologie, comme la glande pinéale ou le chakra du cœur. Cela ne sert à rien, en fait, de se placer dans les chakras, on ne peut rien obtenir en mettant sa conscience, par exemple, dans le chakra du cœur. Une fois qu'on a l'esprit placé sur le chakra du cœur, qu'est-ce qu'on fait depuis là ? On pense au chakra du cœur et en pensant au chakra du cœur, on oublie ou on n'est pas disponible pour être ce qu'est ce chakra du cœur.

Donc ce qu'il faut avant tout c'est être ce moment suspendu, cet espace. Ce qui ne veut pas dire que cet espace est complètement baissé. Il est l'endroit, au contraire, de toutes les histoires possibles, mais encore une fois, je le répète, tout le risque en construisant ces histoires est de nouveau d'y rentrer, soit par compassion, soit par amour, soit parce qu'au fond de soi, il y a toujours, quelque part, un petit coin de l'œil qui regarde encore. Ce qui fait qu'on ne sera pas sensibilisé par certaines histoires, mais que d'autres vont attirer notre sensibilité, parce qu'elles correspondent mieux à notre zone de crainte ou notre zone de plaisir.

À ce moment-là, lorsque l'information est reçue par la conscience objective, il faut se rappeler simplement de respirer et de se suspendre. Si l'on s'aperçoit que les énergies continuent à affluer en provenance du monde extérieur, et qu'il y a un mouvement à l'intérieur de l'être pour aller rejoindre ces informations extérieures, alors il ne faut pas non plus résister, car quiconque est encore attiré par le monde doit participer au monde parce que c'est à ce moment-là le Monde qui va l'aider à se détacher de lui.

Le Monde

Si l'on ne peut pas être tout de suite son propre Maître, le Monde vous aide à être, petit à petit, votre propre Maître. Parce qu'il va essayer de vous redresser. Il va essayer par son feu chaud de vous brûler à un certain endroit, ce qui fait que là vous n'irez plus toucher, plus jamais.

Donc petit à petit, le Monde lui-même fabrique Dieu. Même si l'homme ne participe pas, du moment qu'il est assez souple, le Monde arrivera à fabriquer Dieu.

Le Monde lui-même fabrique Dieu.

Simplement il est vrai que face au volume de souffrance qui est éprouvé par l'Humanité aveugle, prisonnière de ses identifications, si l'homme participe à cette construction alors il se libère beaucoup plus tôt de la souffrance. Parce qu'en fait, qu'est-ce que c'est qui propulse l'individu dans la spiritualité ?

Spiritualité ?

Vous êtes-vous jamais posé cette question ?

Qu'est-ce que c'est qui m'attire dans la spiritualité ? Pourquoi est-ce que je veux me transformer ? Pourquoi est-ce que je veux changer ?

Si j'écoute les zones superficielles de ma conscience objective, je vais dire : “Bon bien, ma première attirance a été le merveilleux. Et puis après c'est parce que c'était une manière intelligente de voir la vie, de voir l'Univers, cela apportait la connaissance, cela apportait le bien-être. Et puis, il ne faut pas se le cacher, je vise bien quand même de devenir un disciple, un libéré vivant !”

Et c'est là que, petit à petit, l'on s'aperçoit, qu'en poussant l'idée, le mot qui viendra à la fin ce sera : “Je ne veux plus souffrir ! J'ai trop souffert ! J'en ai assez !” Alors je cherche une solution à mon mauvais mariage, à ma mauvaise profession, à mon nez qui est tordu, à mes cuisses qui sont trop grosses. C'est à ça, fondamentalement, que je cherche une solution. Dieu ? Je m'en moque complètement !

Bien sûr c'est un motif, bien sûr c'est aussi un prétexte ! Et c'est aussi quelque chose que l'on ressent l'intérieur de soi, parce que de temps en temps, dans le cœur, on sent bien que l'on aime quelque chose. On sent bien que l'on est prêt à croire. Parce que l'intelligence se dit aussi que si toutes ces choses vont ensemble, si elles demeurent et si elles sont si organisées, c'est bien parce qu'une Grande Intelligence, une Grande Divinité existe. Et puis j'ai lu des livres ! Je sais que l'on est Dieu ! Alors, petit à petit, je me bâtis ce prétexte qui est Dieu, mais en fait on n'est qu'un prétexte. Et c'est un faux prétexte ! Et c'est le plus gros faux prétexte que le disciple n'ait jamais porté dans son cœur ! C'est de vouloir rencontrer Dieu.

Le plus gros faux prétexte que le disciple n'ait jamais porté dans son cœur, c'est de vouloir rencontrer Dieu.

Il ne veut pas rencontrer Dieu ! Il s'en moque de Dieu ! D'ailleurs Dieu l'embête tellement que chaque fois qu'il doit s'arrêter de fumer, chaque fois qu'il doit s'arrêter de manger de la viande ou d'exercer le sexe, ou chaque fois qu'il doit refuser d'acheter les vêtements de la dernière mode, eh bien ça l'embête fondamentalement !

Il n'a pas envie de se sacrifier ! Il n'a pas envie de se priver de toutes ces choses ! Alors il s'invente une autre philosophie. Il se dit : “Eh bien, je vais me permettre ces choses, je vais m'accorder ma vie et puis je vais m'accorder aussi la vie de Dieu. Et je vais essayer de concilier les deux. C'est-à-dire que je vais en faire un peu mais pas trop. Alors je fumerai de temps en temps, je mangerai la viande de temps en temps, juste ce qu'il faut pour pas mettre Dieu en colère, pour pas abîmer mes corps subtils, pour pas avoir mauvaise conscience aussi vis-à-vis de moi-même.”

Ce qui veut dire que le disciple se moque complètement de Dieu. Même le disciple le plus avancé, s'il est honnête, s'il arrive à trouver le dernier mot de son esprit, eh bien il avouera : “Dieu je m'en moque ! Il est grand, il est beau, il est éternel, tant mieux pour lui ! Mais moi je suis vraiment dans les problèmes.” Et c'est pour trouver la solution à ces problèmes qu'en fait les individus commencent la spiritualité.

Et c'est pour cela aussi que les débutants dans le Chemin spirituel sont des êtres que l'on n'ose à peine croiser tellement ils sont saturés de problèmes ! On voudrait les renvoyer du temple, on voudrait les renvoyer des communautés, on voudrait les renvoyer des groupes de méditation. On se dit : “Ces gens-là ont beaucoup plus besoin du psychologue, du psychiatre, ils n'ont rien à faire en spiritualité ou en méditation !” C'est vrai qu'ils ont besoin d'un psychologue, c'est vrai qu'ils ont besoin du même conseil avisé et connaisseur. Mais c'est vrai aussi qu'ils ont besoin de la spiritualité la plus haute ! Et ce n'est pas parce qu'ils ont les problèmes les plus denses, donc les plus bas, qu'il faut leur cacher la spiritualité qui est la plus haute. Au contraire ! Parce que la spiritualité la plus haute est la spiritualité la plus simple.

La spiritualité la plus haute est la spiritualité la plus simple.

C'est lorsque l'on veut étudier les Lois que la spiritualité semble compliquée. Parce qu'étudier la Loi c'est vrai, cela devient un petit peu difficile. Il faut avoir un certain intellect, il faut avoir une certaine mémoire, il faut avoir le temps de s'y intéresser. Tandis qu'être un moment spirituel c'est accessible même à celui qui n'a pas le temps de lire et qui ignore complètement les Lois de l'Univers.

Donc la spiritualité la plus grande est la plus simple. Et c'est celle-là qu'il faut donner aux débutants.

Et il ne faut pas écarter les débutants sous prétexte qu'ils sont saturés de problèmes ! Parce que si, en fait, un autre individu est allé plus loin sur le Chemin et a ainsi pu conquérir un équilibre, il faut savoir qu'il a démarré en spiritualité dans le même état que l'autre. Ce qui veut dire qu'on ne peut pas non plus juger un individu d'après l'épaisseur de ses problèmes, d'après la noirceur de ses illusions, d'après les chants de sirènes qu'il entretient à l'intérieur de lui. On ne peut pas faire une mesure, on ne peut pas décréter de l'épaisseur de son voile, parce qu'en fait tout individu a, fondamentalement, le même niveau spirituel.

Il est Dieu et c'est le plus grand niveau spirituel que l'on puisse avoir !

Les identifications

Simplement il y a toutes les identifications qui viennent et qui peuvent être terribles ! Quelqu'un va, des fois pendant des siècles, s'identifier à être un méchant homme ou une méchante femme ! Et cela peut durer des siècles et cela peut créer des malheureux pendant plusieurs générations, donc. Le karma devient très épais à ce moment-là, le karma devient noir. Mais c'est en même temps par ce karma épais que l'individu finit par brûler ce voile qui l'empêche d'être gentil ou d'être tout simplement neutre.

Comment est-ce que l'on devient un être méchant ? Ou comment est-ce que l'on devient un fou ? Comment est-ce que l'on devient quelqu'un de tyrannique, despotique ?

Comment devient-on méchant ?

Ce n'est pas parce qu'un jour : tiens on est mal luné et puis on entretient cette mauvaise lune. C'est bien par une suite d'erreurs, une accumulation d'erreurs qui se passe de vie en vie.

Un jour par exemple je vais, dans une vie, me tromper fondamentalement dans mon choix affectif. Je suis romantique, je veux quelqu'un d'extraordinaire, parce que je me sens tellement mal qu'il va me falloir quelqu'un d'extraordinaire pour m'apporter le bonheur que je ne peux pas me construire ! Donc je vais, dans un premier temps, choisir quelqu'un qui va avoir des étincelles partout, un beau visage, des beaux cheveux, une allure agréable, les mots les plus doux, un confort idéal !

Puis, au bout de quelque temps, je m'aperçois que cette relation extérieure n'est pas quelque chose qui fait mon bonheur et qu'il y a dans la relation des petits éclairs, des grosses insatisfactions. Et je commence à, par exemple, m'introvertir et je garde ce malheur à l'intérieur. Et parce que j'ai ce malheur à l'intérieur, toute ma pensée va être occupée à penser à ce malheur. Toute l'énergie va être dépensée dans cette contemplation.

Je vais peut-être être fatigué ou manquer d'attention et, par exemple, au travail je vais rater toutes les occasions de réussir, toutes les occasions d'avoir une initiative, de me faire remarquer pour pouvoir monter dans les échelons, gagner un peu plus d'argent, m'acheter une maison, m'acheter une voiture, me payer des vacances, toutes ces choses qui font mon bonheur immédiat.

Et puis, comme je ne vais pas avoir toutes ces occasions, eh bien, je vais rester à mon petit poste où je vais gagner peu d'argent. Et comme je gagne peu d'argent, chaque fois que je retourne à la maison, eh bien ma femme, qui était autrefois ma déesse, me reproche sans arrêt ce maigre porte-monnaie que je lui rapporte.

Et petit à petit, en plus d'être frustré, d'être petit employé, je deviens impuissant. C'est jusqu'à mon sexe qui est castré. Parce qu'elle me dit, ma déesse me dit, que je ne suis bon à rien, que je ne peux pas faire son bonheur, que je ne suis pas le roi du monde. Alors c'est en même temps toute mon énergie d'activité, toute ma vie qui se castre, et cela se reporte jusque sur mon sexe.

Au moment où me croyant malade, je vais chez le docteur, et que le docteur m'avoue : “Eh bien voilà, vous avez atteint l'âge où vous êtes saturé d'un stress qui vous rend impuissant.” La vie s'écroule !

Et là, de nouveau, mon malheur s'approfondit, je deviens encore plus aigri. Et si à ce moment-là, j'ai un fils de 15 ans qui a des problèmes pour s'insérer dans la vie, qui fait sa crise de jeunesse, qui n'a rien de méchant, mais qui est un peu agressif, ce fils-là, je ne vais pas le supporter. Je vais le frapper ou je vais le rejeter de la maison. Et ce fils-là qui, en fait, n'y était absolument pour rien, qui avait au contraire besoin d'un père conciliant, d'un père qui l'éduque, ce fils-là va donc se retrouver à la rue. Et il ne le méritait pas. Ce n'était pas son karma. Il sera une authentique et une absolue victime ! Le karma s'exerce toujours, se crée toujours à partir d'une victime.

Le karma se crée toujours à partir d'une victime.

Le karma

Si je pense mal, je rends victime quelqu'un de ma pensée. Donc il y a authentiquement des individus qui se retrouvent dans des situations qu'ils n'ont pas méritées, pour qui ce n'était pas écrit dans la destinée. Ceci peut arriver dans une certaine mesure.

Les personnes qui appartiennent énormément à la conscience collective risquent d'être soumises à cette forme de hasard, exactement comme lorsque le pied d'un géant se pose sur une fourmilière, eh bien il y a une multitude de fourmis qui vont être écrasées. Seules les fourmis qui étaient assez intelligentes ou réveillées pour pressentir que le pied allait se poser sur la fourmilière, celles-ci vont partir. Eh bien dans la vie c'est la même chose.

On appelle cela aussi le karma collectif ou le karma individuel, peu importent les mots. Mais il y a fondamentalement une certaine énergie de hasard qui va toucher ceux qui appartiennent à la conscience collective. Ce qui fait que des choses vont arriver qui ne sont pas méritées. La compensation s'effectuera plus tard.

Et si entre temps l'individu arrive à mûrir grâce à cette injustice - puisque cela en est une - s'il arrive à mûrir, s'il arrive à se renforcer, alors c'est une double maturité qui se passe. La maturité qu'il a réussi à acquérir par lui-même plus le bonus du karma qui vient le renforcer. Et dans la mesure où les gens sont donc assez réveillés, assez responsables, s'ils ont envie de se sortir de leurs problèmes, dans la mesure où ils étaient victimes d'une injustice, alors c'est le double de bonheur qui les attend lorsqu'ils auront résolu ce problème.

Ce qui veut dire qu'il y a toujours une justice, même si de temps en temps elle est un peu différée, à cause de toutes les actions et réactions possibles qui existent dans la famille humaine. Puisque l'homme existe à des milliards d'exemplaires, on ne va pas pouvoir prévoir chaque geste, chaque pensée, puisqu'il y a le choix. Cela veut dire qu'il va aussi y avoir une forme de hasard. Une fourchette, en quelque sorte, des choix possibles, des réactions possibles. Et dans la conscience collective, cette fourchette des choix possibles risque de toucher négativement certaines personnes qui ne peuvent pas faire le choix, qui donc vont sans cesse subir.

Par exemple dans une guerre, les individus vont mourir sans forcément mourir à leur heure ! Ce qui veut dire qu'au milieu d'une guerre, des innocents vont mourir. Et c'est parce qu'ils meurent alors que ce n'est pas leur heure que très vite on peut d'ailleurs en voir énormément se réincarner soit dans l'année qui suit, soit dans les dix ans qui suivent. C'est parce que ce n'était pas leur heure de mourir.

Mais seulement il faut comprendre que lorsque une bombe se dirige vers une ville, eh bien celui qui va pouvoir éviter cette bombe est celui qui sera le plus capable de pressentir qu'une bombe arrive.

Celui qui dort, celui qui a bien mangé, bien bu, qui se raconte sa petite histoire dans sa tête, qui pense à ce qu'il fera demain, ce qu'il n'a pas fait il y a dix ans, qui il est, ce qu'il doit répondre à son voisin, pour qui il votera l'année prochaine, eh bien celui-là ne peut pas entendre, pressentir la bombe ! Et même s'il doit mourir que dans cinquante ans, eh bien c'est à cette heure ci, maintenant, qu'il va mourir.

S'il réalise cela une fois qu'il passe de l'autre côté et qu'il rencontre les Guides, s'il réalise cela, s'il comprend qu'il a perdu un véhicule simplement parce que son esprit était saturé et dispersé, à ce moment-là, lorsqu'il revient, il aura la chance d'être fondamentalement incarné, actif, responsable, réveillé. Et ce sera quelqu'un qui contrôlera sa vie, qui contrôlera son esprit, qui sera en même temps en écoute.

La plupart, en fait, des réveils d'intuition sont dus à des catastrophes vécues dans d'autres vies.

Brutalité de la vie

Très rarement, l'individu développe des choses parce qu'il les travaille, parce qu'il va s'asseoir quelque part, faire l'exercice, accumuler des énergies, les transformer. Cela se passe plutôt brutalement les transformations.

La vie est quelque chose de brutal. C'est une grande brutalité.

Tiens, il y a là une Conscience Divine qui dort, qui se contemple elle-même dans une certaine Divinité, et puis d'un seul coup, il y a précipitation dans la Matière. Et il y a le monde qui lui envoie des coups de pied aux fesses, qui lui dit bouge-toi le matin pour aller travailler, qui lui dit ramène de l'argent, qui lui dit va te laver, qui lui dit fais de l'exercice pour rester mince !

Tout ça, c'est une brutalité. Et la vie, le Monde, la pression du Monde sur cette conscience qui dort est une brutalité.

Et c'est d'ailleurs pour ça que les individus rejettent le Monde ! Très souvent l'individu rejette la vie ! Il a peur du Monde, il a peur de la société, il a peur de la Vie en tant que Principe ! Alors il se replie à l'intérieur de la famille, ou à l'intérieur du couple, ou à l'intérieur d'une profession, à l'intérieur d'une identification qui lui permet de se sentir un peu en sécurité.

Sécurité

Parce qu'il sait très bien - même s'il n'est pas totalement réveillé - il a quand même suffisamment de pressentiments pour savoir que le monde qui est là dehors est un monde brutal. Et pas simplement parce qu'il y a la jungle, les crocodiles, mais surtout parce que le monde va obliger à l'action.

L'homme voudrait chaque matin, par exemple, n'avoir que le Soleil à regarder. Et il n'aurait peur de rien à ce moment-là ! Il n'aurait même pas peur d'être laid, il n'aurait même pas peur de perdre l'époux, l'épouse ou le fils préféré. Du moment que la vie apparaîtrait facile, aucune peur n'existerait.

Mais voilà, la vie, la monde apparaît plutôt comme une arène ! Donc d'un seul coup, pour se rassurer, on va prévoir une multitude d'attaches, exactement comme une montgolfière qui ne veut pas s'élever dans le ciel. Parce que dans le ciel, il y a la tourmente, c'est ce qu'il voit, c'est ce qu'il croit.

Il se dit : "Ouh ! Là-haut il y a l'orage ! Mon Dieu, des tonnerres, des éclairs ! Comment je vais faire pour trouver ma route ? Et je n'ai même pas de carte ! Et puis il n'a même pas de carburant, ce ballon, il va simplement flotter ! Comment je vais faire pour éviter les montagnes, les arbres qui sont très hauts, les flèches de tous les méchants qui vont vouloir faire tomber mon ballon ?”

Alors ce ballon crée des amarres par terre, par terre, et il en jette et il en jette, il va appeler cela : sécurité.

La première amarre sera “Comment je vais me nourrir ?” Donc la profession, moyen de gagner sa vie.

Puis, “Qui va m'aimer ?” Il ne pense pas “qui vais-je aimer ?”. Son grand souci, c'est “qui va m'aimer moi, moi, moi, moi, moi, moi ? Qui va m'aimer Moi ?” Parce que voilà une nourriture importante ! Après le pain, vient l'amour, celui qu'on met sur la tartine le matin.

Et puis il y aura, selon les tempéraments, d'autres systèmes de sécurité inévitables. Comme par exemple le fait de vouloir se croire intelligent, parce qu'on a peur d'être bête. Comme si être bête était quelque chose de laid. Alors que c'est en étant bête que l'on peut parler aux lutins des forêts. Il n'y a que l'idiot du village qui voit les petits esprits de la nature. Le professeur, lui, ne voit les microbes qu'à travers les microscopes ! Donc être idiot, cela peut être aussi une grandeur !

On n'est jamais totalement idiot d'ailleurs. C'est impossible ! Puisque l'on est fondamentalement Dieu !

Donc la conscience va organiser une multitude d'amarres, parce que c'est un moyen de se sentir en sécurité face à ce ciel qui menace, cette vie qui exerce une pression extraordinaire, qui est violente !

Parce que si demain je ne travaille pas eh bien mon estomac sera vide, je serai malade, je serai dehors ! Et dehors il y a l'hiver, au j'aurais toujours froid ! Et les gens sont égoïstes et personne ne prendra soin de moi !

De la même manière, je vais lancer mes amarres vers l'amour. Parce que cet amour, j'en ai besoin pour savoir qui je suis. Aimer ma femme, aimer mon mari et ça ne m'intéresse pas ! Pas du tout ! Je veux un miroir ! Un miroir qui me rappelle que je suis intelligent, que je suis important, que je suis le seul à pouvoir le ou la comprendre !

Toutes ces identifications qui me servent d'éléments de sécurité pour vivre dans le monde sont en fait des éléments de prison pour vivre loin du Monde et complètement à l'écart du Monde. Et ce qui est sûr, c'est qu'à ce moment-là le Monde va exercer toute sa colère pour déchirer ces amarres !

Car que fait le Monde ? Le Monde est comme la main, la main d'une mère. Et lorsqu'elle voit que cette goutte crée ainsi des amarres, s'accroche ainsi à la croûte, eh bien cette mère va secouer pour pouvoir donner une idée de liberté, une chance de libération à ce ballon, à cette goutte. Et c'est pour cela que le monde semble agressif.

C'est pour cela que l'on a l'impression d'être parfois étouffé par les structures. Parce que quand tout le monde se met à croire au même danger, par exemple, le danger de ne pas avoir à manger demain matin si on ne travaille pas, si on ne cultive pas son champ. Quand tout un peuple se met à croire au même danger, eh bien, cela devient une société. Et toute la société va se lever à sept heures le matin. Et toute la société va être à huit heure au travail. Et toute la société va croire que produire est important. Et chaque individu, parce qu'il va vivre sa petite histoire à l'intérieur de cette grande histoire, va se trouver les prétextes pour produire.

Pour un, ce sera afin de se venger de son père. Pour l'autre, ce sera pour être admiré par sa femme. Pour un autre, ce sera pour simplement se plaire à lui-même. Pour un autre, ce sera pour se payer enfin le bateau de ses rêves ou la voiture de ses rêves. Chacun va alimenter la grande histoire par sa petite histoire. Mais fondamentalement, le Monde s'en moque !

Il trouve même que c'est une triste histoire !

Le Monde est là à taper sur la table, sur le cube parfait. Il se dit : “Mais quand est-ce que les hommes auront fini ? Que ce soit avec la bourse, que ce soit avec leurs industries, que ce soit avec leurs religions, quand est-ce que l'histoire va finir ?”

Mais le Monde est patient parce qu'en même temps il sait que l'histoire est inévitable. Lorsque l'incarnation est encore jeune, lorsque le processus est encore frais, il va y avoir tous ces pièges. Et la conscience va tomber dans ces pièges.

Quel que soit le conseil qu'on va lui donner, quelles que soient même les énergies que les guides peuvent distribuer, l'individu va regarder dehors. Ça va lui plaire, il va goûter, il va aimer s'attacher. Il va voir qu'il fait froid ? Il va vouloir se construire une maison. Il va voir que le monde est brutal ? Il va créer les amarres. Et c'est ainsi que l'on devient un homme.

Ce n'est pas tellement parce que être un homme est une Loi, une fonction qui existe et qui a été créée - soit par les créateurs, soit par des anges, soit par Dieu, imaginez ce que vous voulez - la nature humaine n'a pas été créée. Pas du tout !

Donc l'on ne peut pas dire que l'homme représente le drame initiatique de la conscience. On ne peut pas imaginer un schéma selon lequel un Dieu ou des créateurs auraient prévu un chemin initiatique et que ce chemin soit dans l'homme. Pas du tout !

Il y a dans le Cosmos une seule et même histoire, qui est celle de Dieu qui se régénère. Et pour se régénérer, il lui faut rentrer en friction. Pour créer ce dynamisme, il faut la friction. Et cette friction n'existe que dans la Matière. Je ne dis pas qu'elle existe dans l'homme, je dis qu'elle existe dans la Matière. La friction ne vient pas du fait que je me pense homme, je me dis : “je suis un homme et qu'en fait je suis un Dieu, et voilà la friction”. Non ! Elle n'est pas au niveau de ce que je pense, mais bien au niveau de ce que je suis.

La friction ne vient pas au niveau de ce que je pense, mais au niveau de ce que je suis.

Pour l'instant, je suis quoi ?

Même si là-haut, je sais que je suis Dieu, ici en bas je suis quoi ?

Je suis de la Matière, je suis ce corps. Fondamentalement, ici, je suis le corps.

Si je veux faire un peu de philosophie, je dirais : je suis Dieu dans le corps, mais je suis ce corps.

Et c'est là le point de friction que l'esprit est venu chercher. C'est être cette Matière.

Être la Matière

Non pas simplement être dans la Matière. Être un homme, avoir des désirs, des plaisirs, essayer de méditer, essayer d'avoir des initiations. Mais c'est bien être la Matière.

Et lorsque Dieu cherche à être la Matière, il ne va pas s'identifier à la Matière, comme l'homme s'identifie ensuite à ses plaisirs ou à ses peurs. Dieu ne s'identifie pas à la Matière. Il est la Matière et il sait qu'il est la Matière. Et c'est pour cela que l'on peut dire que toute Matière est fondamentalement Divine. Il n'y a pas de Matière qui ne soit pas la Conscience de Dieu ou qui ne soit pas Dieu dans un état conscient. Puisque la Matière et Dieu c'est la même chose !

Ce genou est beaucoup plus conscient de Dieu que la pensée qui est là dans ce cerveau. Le genou, lui, est beaucoup plus conscient de Dieu parce que la Matière est Dieu.

Alors qu'est-ce qui fait qu'entre ces deux aspects de Dieu, entre ces deux consciences, ces deux vêtements de Dieu, comment ça se fait qu'il y ait un petit homme qui ne sait plus qu'il est Dieu et qui ne veut plus être la Matière, qu'il redoute de devenir la Matière ?

Eh bien ce qui va créer l'Homme - alors que pour l'instant il n'y a toujours que Dieu et uniquement que Dieu, Dieu en tant qu'Esprit et Dieu en tant que Matière - ce qui va créer l'Homme c'est uniquement la pensée.

Ce qui va créer l'Homme c'est uniquement la pensée.

La Pensée et l'Âme

Et comment va se créer cette pensée ?

Parce que je comprends jusqu'à présent qu'il y a Dieu-Matière et Dieu-Esprit, mais il faut bien que quelque part il y ait une réaction pour que se crée ce Témoin qui va devenir l'âme humaine. Cette âme que l'on va essayer de parfaire, cette âme qui va ensuite risquer les identifications en même temps qu'elle essaiera d'aspirer à la Divinité. Cette âme qui devra subir toutes les illusions, les désillusions mais en même temps les éclairs de Vérité. Cette âme qui va être donc initiée petit à petit. Parce que c'est elle qui est concernée, qui n'est jamais Dieu ou la Matière, c'est bien cette âme.

Et donc qu'est-ce que l'âme ? Et qu'est-ce qui va créer l'âme ?

On peut concevoir l'âme d'après des énergies, d'après des rayons, mais ça c'est ce que l'on verra de l'âme une fois qu'elle est créée. Ce qui va présider sa création, c'est le fait qu'il y a cet Esprit de Dieu, cette Matière de Dieu qui est Dieu, et qu'à un moment donné ces deux mouvements, qui tournent l'un dans un sens et l'un dans l'autre, ces deux mouvements vont se rencontrer. Et ces deux mouvements, en se rencontrant, puisqu'ils tournent dans le sens inverse l'un par rapport à l'autre, ces deux mouvements vont créer une friction, une zone qui va devenir l'Espace.

Dans cet Espace, des cycles qui vont créer le Temps. Et une fois que cette étincelle en provenant de la Matière Divine et en provenant de l'Esprit Divin, entre dans cet Espace ainsi créé, où il y a la possibilité du Temps et de l'Espace, il y a la pensée et il y a l'Homme, il y a le Témoin.

En fait, ce qui fait que l'homme existe, c'est uniquement parce que l'étincelle est dans un Espace qui croit au Temps. C'est le Temps qui fait l'Homme.

C'est le Temps qui fait l'Homme.

L'Homme n'existe pas.

Je ne peux pas vous dire qu'il existe, je serai le plus grand des menteurs ! Et pourtant c'est à l'homme que je parle, c'est à l'homme que je dis quel est son chakra qui marche le mieux ou qui est bloqué. C'est à l'homme que je dis ce qu'est Dieu, ce que sont les anges. C'est à l'homme que j'explique comment on médite. C'est à l'homme que j'explique ce qu'il ne faut plus croire. Mais je l'explique à un fantôme pour qu'il cesse d'être un fantôme !

C'est en fait en racontant des histoires, longuement et longuement, que l'on finit par fatiguer le fantôme, fatiguer ce Témoin, et le Témoin s'endort. Lorsqu'il s'endort, il disparaît du Temps. Et lorsqu'il disparaît du Temps, eh bien, là, il y a l'émergence de la Matière Divine et de l'Esprit Divin, et l'initié apparaît.

L'initié

Qu'est-ce que l'initié ?

C'est une conscience qui n'est plus dans le Temps ni dans l'Espace, et qui se reconnaît fondamentalement comme étant Dieu-Esprit et Dieu-Matière.

Et à ce moment-là, la Matière grossière, c'est-à-dire la Matière visible, redevient Matière Spirituelle, Matière Divine. Et c'est ainsi que l'on parle du corps de gloire. On en a énormément parlé à propos de l'histoire de Jésus. Le corps de gloire.

Une Matière qui, d'un seul coup, devient pure énergie. Elle continue à être Matière puisque la Matière est indissociable de l'Esprit, c'est la même chose. Bien que ce ne soit pas le même état, mais c'est la même chose.

la Matière est indissociable de l'Esprit, c'est la même chose.

Ce qui veut dire, donc, que pour ne plus croire à l'histoire, ne plus s'identifier à l'humain, ne plus risquer d'être un être humain, il faut bien méditer la notion de Temps.

Si je dis : essaye de penser que tu es Dieu ! Si je dis : médite pour t'apercevoir de ta Divinité ! Ce sont des paroles vraies, mais en même temps ce sont des distortions de la Vérité. Ce ne sont que des moitié de vérité.

En fait, la clef fondamentale, c'est d'arriver à bien supposer que c'est le Temps dans son action, bien le connaître, bien voir la marche qu'il organise, bien voir de quelle manière il va orienter la mémoire. Parce que qui dit Temps, dit mémoire. Il existe, automatiquement, hier, aujourd'hui et demain.

Ce qui pour le Monde veut dire une histoire à travers des siècles, mais pour un individu cela veut dire identification et cela veut dire karma ! Cela veut dire roue des réincarnations ! Et cela veut dire problèmes psychologiques ! Parce que, sitôt que j'intègre la notion de Temps, sitôt que je l'admets comme étant une vérité, eh bien, je vais créer, dans ma conscience objective, la mémoire, alors que l'individu n'est pas fait pour avoir une mémoire.

La mémoire

Il dispose d'une mémoire cérébrale pour se souvenir que, par exemple, hier il a appris la lettre A, que lorsqu'il veut traverser la route il faut qu'il fasse attention aux voitures. Mais ceci est une mémoire fonctionnelle. La mémoire qui va lui rappeler à chaque instant que, par exemple, il est un enfant mal-aimé, ou qu'il va lui rappeler à chaque instant qu'il n'est pas assez intelligent, pas assez brillant, c'est une mémoire complètement différente ! Et ce n'est pas une mémoire cérébrale, c'est une mémoire complètement affective qui a ses traces dans le corps astral.

Ce qui fait que si l'on chercherait par exemple dans le cerveau l'endroit où il y a cette mémoire affective, on ne la trouverait pas. Là-dedans il n'y a que du fonctionnel. Par contre dans le corps astral il y a toutes sortes de mémoires. Parce que le corps astral est une pellicule sensible, comme un banc de sable. Lorsque j'y pose une empreinte, l'empreinte va rester.

Le jour où mon Témoin estime que la gifle que j'ai reçue est une mauvaise gifle, une gifle injuste, à ce moment-là l'empreinte va se mettre dans le corps astral. Et ce corps astral va envoyer sans cesse l'énergie à cette mémoire pour qu'elle existe. Parce que le corps astral ne peut pas faire le ménage lui-même. Il se dit : “Tiens, voilà une information, il faut l'entretenir !” Il ne peut pas savoir quelle est la bonne ou la mauvaise information. Il n'y a que l'intelligence de l'homme pour traiter le bon ou le mauvais de l'information. Et une fois que l'empreinte est inscrite, l'individu est conditionné.

Il n'y a que l'intelligence de l'homme pour traiter le bon ou le mauvais de l'information.

Conditionnements

Il n'est donc pas étonnant qu'au bout d'un certain nombre de conditionnements, au bout de certaines couches de conditionnements, il y ait des maladies qui aboutissent sur le corps physique ou bien dans la conscience objective, dérangeant complètement l'individu. Parce qu'à un moment donné le corps astral, lorsqu'il a fait le plein des informations, va rejeter sur le plan physique.

Exactement comme un camion qui est plein, il sait qu'il va devoir aller le décharger. Le corps astral fait de même, il fait le plein, il reçoit, il reçoit, il reçoit, il ne dit rien. Et puis le jour où il est plein, il décharge. Et c'est là où l'individu, dans sa conscience objective et dans son corps, a toutes sortes de problèmes.

Ce qui fait que pour soigner ce genre d'individu, cela peut demander une intervention sur les deux plans, le corps astral, le corps physique, et quelquefois il faut aussi imaginer une intervention beaucoup plus lointaine. Car lorsque l'on commence même à polluer le corps mental, eh bien il va falloir aller soigner l'individu jusque là-haut.

Soigner les corps astral et mental

Soigner le corps mental ne se peut qu'avec la radiance du cœur.

On peut soigner le corps astral par la chaleur, le feu chaud qui sort des mains, qui sort des auras qui se frôlent, qui sort d'une multitude de techniques, une technique de souffle, technique de visualisation. On peut soigner aussi le corps physique de cette manière-là. Mais le corps mental ne peut se soigner que par l'intention du cœur et de la pensée bien orientée.

C'est à cet endroit-là qu'en fait que l'individu est le plus sensible. On va pouvoir l'atteindre directement.

Ce qui veut dire que dans l'Humanité future, il va falloir de plus en plus développer sa capacité de soigner par radiance.

Et le guérisseur, qui est aujourd'hui traditionnellement connu pour imposer ses mains, pour faire des ouvertures, pour soutirer des tas de formes, des tas de substances du corps, qu'il matérialise et qu'il jette, eh bien ce genre de guérison n'existera plus. Il n'y aura que de la radiance.

Mais pour soutenir la radiance il faut aussi que le corps mental de celui qui est malade soit suffisamment développé. Ce qui veut dire, qu'en fait, on ne peut avoir des maladies que dans les corps que l'on a suffisamment développé.

Quelqu'un dont le corps mental n'est pas développé ne risque pas d'être malade dans son corps mental. Le corps mental est complètement replié sur lui-même. Il n'aura des problèmes que dans son corps astral, qui dans l'Humanité a été maintenant complètement ouvert, expérimenté, dilaté.

Par contre, dès qu'un individu va commencer à ouvrir son corps mental, à vibrer à cet endroit-là, alors des problèmes vont s'y inscrire. Parce qu'on ne sait pas faire le bon choix tout de suite, parce qu'on ne sait pas reconnaître les illusions tout de suite, parce qu'on est toujours attiré par les petits feux chauds qui sont dehors. Donc, petit à petit, l'individu développe des plans mais développe aussi les maladies du plan. Et chaque fois il va falloir soigner avec le plan qui correspond.

Chaque fois il va falloir soigner avec le plan qui correspond.

Si je vois quelqu'un malade sur le Plan Mental, je vais utiliser mon propre Plan Mental pour le soigner. Mais si quelqu'un est malade uniquement sur le Plan Astral, mon corps astral va pouvoir le soigner amplement et avec une meilleure correspondance que si j'utilisais mon Plan Mental.

C'est pour cela que le disciple qui veut commencer à travailler doit aussi apprendre à manipuler plusieurs forces, plusieurs énergies. Ce feu chaud qui est dans le corps astral, puisque le corps astral est aussi l'endroit des désirs, l'endroit du temps, de la mémoire, eh bien ce feu chaud va servir à soigner toutes ces petites maladies du Plan Astral. Mais par contre le feu froid du Plan Mental, celui-là ne pourra correspondre qu'aux maladies du Plan Mental. Et si j'envoyais du feu froid dans le corps astral, qui est une zone chaude, je n'aurais aucun résultat, absolument aucun résultat.

Ce qui pourrait même se passer - en imaginant le pire - c'est que le corps astral soit soudainement dilaté par un surplus d'énergie beaucoup trop radiante et que l'individu soit devienne plus malade, soit ait une montée de la Kundalini ou l'ouverture d'un centre spirituel, et qu'il ne sache pas du tout négocier avec cette énergie. Et à ce moment-là, il devient de plus en plus perturbé.

Enormément d'individus qui, en fait, vont pour se faire soigner auprès de certains guérisseurs, se retrouvent avec des dilatations du plexus cardiaque sans pouvoir négocier cette énergie, parce qu'ils n'en sont pas capables pour l'instant et parce qu'en plus rien ne les a préparés à cela. D'où l'impossibilité de trouver la guérison et même d'autres maladies suivront.

Guérir un individu est un acte qui doit être fait intelligemment. On ne peut pas simplement faire un geste. Il faut savoir quel geste l'on fait, quelle énergie on utilise.

Guérir un individu est un acte qui doit être fait intelligemment.

Beaucoup d'individus disent : “Mais si j'invoque Dieu ou la Lumière ou si je me fais tout amour et que j'irradie cet amour, l'énergie sait où elle doit aller.” Il est vrai que si l'on soigne avec un certain niveau du Plan Astral, l'énergie c'est très bien où elle va. Et il est vrai aussi que si l'on se met simplement en réception, eh bien l'on enverra - puisque l'on est sur le Plan Astral par ce système - eh bien l'on en verra une énergie qui n'est pas un problème. Mais dès que les choses deviennent plus complexes, comme le sont certaines maladies, à ce moment-là il faut utiliser le feu froid de l'intelligence.

Alors comment est-ce que l'on va utiliser ce feu froid, que ce soit pour soigner ou que ce soit pour s'orienter soi-même ?

Dans un premier temps il faut savoir que l'on ne peut rien organiser par soi-même, car les choses sont déjà largement et divinement organisées, même la guérison !

Lorsque l'on considère, par exemple, un individu qui est malade et qui est malade depuis un problème dans le Plan Mental. Si l'on est seul à réfléchir, on va penser qu'il va falloir trouver la cause, organiser la guérison, la vouloir, l'intensifier, la diriger. Mais en fait, si l'on se met dans cet état de méditation où il n'y a plus le temps, et puisqu'il n'y a plus le temps il n'y a plus d'identification, il y a simplement Dieu qui commence à exister, automatiquement apparait la guérison. Non pas parce que quelque part elle aura été fabriquée par ce Dieu qui émerge en soi, mais parce que toutes les maladies existent. Et que puisqu'elles existent leur guérison aussi existe.

Toutes les maladies existent et, puisqu'elles existent, leur guérison aussi existe.

En fait, au début de la Création tous les risques étaient connus, et l'homme ne peut pas inventer un risque auquel la Création elle-même n'a pas pensé. Quand j'exprime cela je ne veux pas dire que la Création pense au risque qui existe, c'est une connaissance innée. Lorsque l'on sait ce que sont les plans, lorsque l'on sait le problème qu'est l'identification, la Création sait immédiatement quel genre de problème il va y avoir. Et puisque ces problèmes existent, et puisqu'en même temps le karma lui-même, en tant que Loi Cosmique, existe, si le problème existe le karma fait exister aussi la solution.

Ce n'est pas parce que Dieu est gentil qu'il se dit : “Tiens, avec tous les problèmes qu'ils vont inventer, avec toutes les illusions qu'ils vont inventer, ils vont développer telle ou telle maladie. Donc, tiens, je prévois dans la mémoire du monde le remède pour cela.” Non ! Il n'y a pas un acte volontaire de création de la solution. C'est le karma qui organise le Monde de cette façon-là. À partir du moment où le problème existe, la Loi du Karma fait aussi exister sa solution.

Et qu'est-ce qu'est le disciple au milieu de cela ? Le disciple qui regarde son ami qui a ce problème ou cette maladie ?

Eh bien le disciple ne va pas être celui qui va créer plus que la création a déjà créé. Le disciple sera celui qui, en ne s'identifiant plus à l'espace ni au temps, ni à tous les regards extérieurs, va voir apparaître ce que la Création contient déjà et qui est cette solution. Et il sera donc à ce moment-là un canal de la solution. Il n'aura pas besoin de fabriquer quoi que ce soit. Il sera celui par lequel ce qui existe passe.

Ce qui veut dire que le disciple est avant tout quelqu'un qui laisse la Création avoir lieu en lui. Il laisse la Création organiser son jeu en lui. La Création du Monde, la Création du Cosmos, la Création de toutes les solutions. Il laisse la Grande Création avoir lieu en lui. Et il la regarde tout simplement. Il ne la cherche pas. Il ne la désire pas.

Le disciple laisse la Grande Création avoir lieu en lui.

Car désirer quelque chose c'est de nouveau s'identifier.

Si je désire, par exemple, porter secours à mon ami, c'est que fondamentalement je crois davantage à son mal. Et si je suis captif de cette réalité primaire, je crois à son mal. Et puisque je l'aime, alors je veux absolument lui venir en aide. Je ne peux pas être le canal pour la solution qui existe déjà. Je vais essayer d'aider sincèrement mon ami. Mais comme mon univers est petit, parce que je ne suis pas encore Dieu, comme mon univers est tout petit, eh bien, dans mon univers, il n'y aura que des petites lois, donc que des petites aides, des petites parades. Mais si, soudainement, j'aggrandis mon univers pour qu'il devienne l'Univers lui-même, sans pour autant penser que j'existe et que c'est moi qui vais agir, mais que l'action aura lieu en moi, parce que tout existe déjà. Alors à ce moment-là, tout va pouvoir s'effectuer.

En fait, ce que l'on pourrait identifier comme étant le pouvoir, ce n'est pas parce que l'homme atteint un certain degré où il devient puissant, ou il a accès à des puissances. C'est le jour où au contraire il n'exerce plus aucune puissance, et même plus celle d'exister. Et alors toutes les puissances se précipitent à travers lui.

Parce qu'il faut comprendre une Loi fondamentale pour aussi comprendre ce que j'explique.

La Conscience et les Puissances

Il y a d'une part la Conscience et il y a d'une part les Puissances. Et ce sont des choses complètement différentes.

Les Puissances c'est ce que l'on rencontre dans la Création, donc dans l'extériorisation, dans le vêtement de Dieu. La Conscience ne recèle aucune puissance.

Lorsque par exemple l'on dit “la Conscience est Dieu”, eh bien il ne faut pas s'attendre à ce que ce Dieu soit puissant. Cet Absolu n'a aucune puissance, il est un état. Un état où il n'y a plus d'Espace ni de Temps. Et c'est là l'origine de tous les hommes, c'est là le véritable Dieu.

Seulement, voilà qu'apparaît, puisque la Matière est indissociable de Dieu, de la Conscience, voilà qu'apparaît le vêtement de Dieu. Et dans ce vêtement il y a les Puissances, il y a les énergies, il y a les rayons, il y a les plans et il y a les hommes.

Alors on peut rester dans les vêtements de Dieu et essayer d'utiliser ces Puissances. Mais pour utiliser ces Puissances il faudra être beaucoup plus qu'un être entraîné. Il faudra être un Maître. Et pas un Maître simplement au sens spirituel comme je l'emploie d'habitude. Un Maître de maîtrise !

Maître de maîtrise

Quelqu'un qui ne s'accordera plus la moindre oscillation. Quelqu'un qui n'aura plus la moindre perturbation. Quelqu'un qui ne saura pas être perturbé, et même si c'est agréablement, par un spectacle quelconque, ni par une idée quelconque. Une maîtrise totale !

Comme un rideau de fer qui existe et qui se met sur le Monde, et qui, puisque l'on est plus sensible au Monde, eh bien l'on va pouvoir empoigner ces forces.

Tandis que, si je ne me préoccupe pas de maîtriser ces forces, mais si je vais les laisser simplement opérer à travers moi, à ce moment-là il va falloir que je m'entraîne, non pas à la maîtrise, mais tout simplement à laisser arriver les choses, et à dissoudre la notion de Temps.

Laisser arriver les choses

Je ne dois pas être dans le Temps. Si je ne suis pas dans le Temps, je ne suis pas non plus dans un processus d'identification. Tout est derrière moi, tout s'enfuit. Je vois les choses passer, exactement comme un paysage qui passe lorsque je me trouve dans un train, mais ces choses ne représentent pas mon univers.

Si je ne suis pas dans le Temps, je ne suis pas non plus dans un processus d'identification.

Lorsque je marche dans la rue, si je marche en regardant bien les choses, en observant bien les choses, j'appartiens au Temps. Et pour, par exemple, évacuer la perturbation que me crée un bruit, ou pour ne pas faire attention à la distraction que crée tel ou tel spectacle, je vais devoir composer un certain état. Cela va passer le plus souvent par la raison, d'ailleurs. Je vais devoir me rappeler certaines fonctions, je vais devoir me rappeler la réalité de certains pièges.

Tandis que si je marche dans la rue, en oubliant le Temps complètement, et non pas parce que je vais oublier ma montre, oublier l'heure, mais je vais concevoir une nature intemporelle. Dans ma tête, j'imagine ce qu'est l'intemporel. À ce moment-là je me mets au dessus de tous les flux qui proviennent du Monde. Je n'ai plus besoin de savoir comment traiter l'information qui représente un bruit agressif. Le bruit va exister, moi je vais exister. On ne sera pas non plus séparés comme existant dans des mondes parallèles qui ne se touchent pas, les deux existeront simultanément. Mais ma perception sera complètement tournée vers la Divinité. Et ce bruit sera donc quelque chose qui arrive ailleurs, dans un monde lointain, sur une autre planète. Je l'entends, mais cela n'est pas mon monde. Mon regard est tout entier tourné vers cette zone intemporelle qui est Dieu.

Intemporel

Si, en fait, on voulait trouver un synonyme au monde Dieu, au concept Dieu, je dirais que c'est l'Intemporel.

On parle souvent d'éternité aussi, lorsque l'on identifie Dieu. Mais l'éternité est un mot usé qui ne déclenche plus ce même concept. L'éternité fait penser à un temps qui se prolonge, qui dure toujours ! Et c'est pour cela que l'on rassure ceux qui vont mourir en leur disant : “Mais tu seras au ciel pour toujours, pour l'éternité !” Et à ce moment-là, l'individu qui est en train de mourir, meurt véritablement ! Parce qu'on lui dit que le temps existe ! Alors il reçoit la mort, véritablement.

Tandis que si on lui dit : “Écoute, le temps n'existe pas. Tu as vécu ici en même temps que tu vivais déjà ailleurs. Tu continueras à vivre ailleurs. Tu reviendras peut-être ici. Mais c'est le même Temps, le même Espace.” À ce moment-là, la mort ne survient plus. L'individu n'est plus prisonnier de la dimension des âges, des cycles, des identifications. D'un seul coup, il est un oiseau qui plane infiniment. Non pas éternellement, infiniment ! Il n'a même plus de dimensions, de limites !

Il peut projeter sa conscience pour voir Vénus, pour voir Sirius, ou bien il peut aller promener son esprit le long des plages. Il est infini !

Il est infini pourquoi ? Parce qu'il a compris qu'il est fondamentalement intemporel.

Et ce n'est pas un simple jeu de mots entre Dieu et intemporel, comme si un mot permettait de mieux imaginer l'autre. Ce n'est pas un jeu de mots, c'est une réalité !

On a souvent identifié Dieu à une multitude d'états : la béatitude, la plénitude, l'amour, l'illumination... Mais en fait, pour tous ceux qui sont allés jusqu'à une certaine frontière du voyage, une frontière profonde, on ne peut pas identifier l'état de Dieu. On ne peut pas dire : “Tiens, j'ai rencontré la béatitude.” Si on est dans la béatitude, c'est que l'on est encore dans la Création et dans les Puissances et dans le Temps. Si on se dit, tiens, c'est l'illumination, on est encore dans les Puissances et dans les Temps et dans la Création.

Si, quand on interroge un individu : “Qu'est-ce qu'est Dieu, puisque tu l'as rencontré ?”, et qu'il vous dit : “🤷‍♂️”, alors vous pouvez être sûr que celui-là a rencontré la Divinité. Parce qu'on ne peut rien dire. Et non pas parce que ce qui serait à dire dépasse les mots, mais simplement parce qu'il n'y a rien à dire.

Pour utiliser l'imaginaire, afin de vous faire pressentir cela, car l'imaginaire arrive très souvent proche des grandes vérités. Pour ceux qui sont sensibles, utiliser l'imagination est une grande richesse. Cela devient très vite ensuite de l'intuition puis de la vision spirituelle.

Pour essayer de vous faire pressentir intellectuellement ce que je veux dire, essayez de vous imaginer en train de planer et de voir, en vue d'avion, des plages immenses là-bas, au sol. Et imaginez ces plages sans fin, comme si un monde immense n'était que ces plages sans fin. Il n'y a pas de montagne, il n'y a pas de vie, il n'y a pas d'arbre, pas de fleur, pas d'homme, il n'y a que ces plages. Et ces plages qui s'étirent infiniment finissent par vous donner le sentiment de ce que peut être l'infini de l'Esprit, qui ne rencontrera aucune forme, que ce soit une fleur, un oiseau, un homme, une montagne. L'infini, simplement. Exactement comme un son qui va se suspendre.

Une fois que l'on comprend cela, on peut travailler à défaire le Temps.

Défaire le Temps

On peut travailler sur sa propre mémoire, savoir pourquoi est-ce que lorsque l'on avait 10 ans, on a été traumatisé. Savoir pourquoi lorsque l'on avait 20 ans, on était sous l'effet du désir ou du plaisir et que l'on a fait un mauvais choix du point de vue affectif, du mariage ou de la profession. On peut, petit à petit, comme une ligne que l'on remonterait à l'envers, remonter le Temps parce que l'on remonte en même temps son propre Espace. Toutes ces histoires, les unes à la suite des autres, sont inscrites dans notre propre Espace. Et cet Espace qui nous est propre à chacun, cet Espace n'est rien d'autre que le corps astral, le corps éthérique, le corps physique et le corps mental.

Tous ces corps-là, qui en fait ne sont que des énergies, si on les prend de manière à ne pas s'identifier avec eux.

Si on s'identifie avec eux, ces énergies deviennent des corps. Immédiatement des coques, se fabriquent, une limite se crée et ce qui n'était qu'une vibration devient un vêtement, fait que l'individu individualisé existe et qu'il ne peut plus se sentir en relation avec l'autre, qu'il n'arrive plus à ressentir l'autre. Il n'arrive plus à le ressentir parce que le vêtement a été créé, la ligne de démarcation s'est tracée. Tout simplement parce que l'Esprit s'est identifié à quelque chose qui n'est qu'une énergie.

L'énergie astrale est très importante !

L'énergie astrale

Je ne peux pas concevoir que l'Esprit descende dans la Matière sans que l'Esprit puisse jouer avec cette énergie astrale puisque c'est depuis le Plan Astral que l'homme, dans un premier temps, va bâtir sa Matière.

Je ne veux pas remonter dans les premières Humanités de la Terre, mais prenons simplement le fœtus. La création du fœtus est un acte conscient de la part de celui qui va s'incarner. Ce n'est pas le corps de la mère qui fabrique ces choses, c'est l'âme qui va s'incarner qui fabrique. Et pour que ce corps se fabrique, ce n'est pas la pensée du futur bébé qui dit ceci, qui dit cela. Parce que si le choix était possible, tout individu se ferait un corps magnifique et un cerveau extraordinaire ! C'est depuis l'énergie astrale que la Matière est formée.

C'est depuis l'énergie astrale que la Matière est formée.

Ce ne sont pas d'autres plans qui servent de moule ou de réservoir pour la création de la Matière, c'est l'astral.

Et pourquoi l'astral ?

Parce que tout simplement l'astral est un degré de la descente de l'énergie.

Si l'on prend par exemple le Plan Mental alors que c'est la même énergie, l'énergie de la conscience, eh bien ce Plan Mental a une énergie beaucoup trop pure, beaucoup trop éthérée, on ne peut pas créer de la Matière à partir de là. Alors il faut que l'intention descende et amalgame les particules qui sont dans le Plan Astral. Et le Plan Astral représente un grand océan où des milliards de particules sont là pour attendre d'être organisées.

Et l'enfant, le futur enfant, commence à organiser dans sa propre Matière astrale, puisque, depuis longtemps déjà, il a été individualisé, il commence à utiliser dans sa propre Matière astrale les particules pour pouvoir créer, dans un premier temps le corps astral du bébé, et ce corps astral servant de moule au Plan Physique, on verra ensuite, au fur et à mesure des semaines, le Plan Physique apparaître, s'organiser. Mais il sera la copie conforme de ce moule astral.

Purification du corps astral

C'est pourquoi il y a des choses que l'on ne pourra pas éviter, certaines malformations, certaines infirmités que l'on ne pourra pas éviter. On pourra tuer le bébé si on estime qu'il n'est pas bien fait, mais on ne pourra pas éviter qu'un individu se prépare un certain corps avec un certain problème. Parce que cela ne dépend pas de lui, cela dépend de son propre corps astral.

Et le corps astral, lui, est dépendant de toutes les expériences qui ont été accumulées dans d'autres vies.

Si c'est un individu qui n'a jamais fait par exemple le nettoyage intérieur, qui n'a jamais essayé de voir ses passions, d'organiser ses plaisirs, ses désirs, qui n'a jamais essayé de donner le meilleur de lui-même. Cet individu arrive un jour avec une substance astrale saturée de problèmes, de difformités, d'informations criardes, très dysharmonieuses, et automatiquement cette cacophonie va se précipiter vers la Création. Et l'on va voir un jour apparaître un corps qui aura des problèmes, problèmes d'infirmité, problèmes d'organisation cérébrale. Un problème qui correspondra typiquement au type de dysharmonie d'ailleurs que l'entité a entretenu pendant plusieurs incarnations.

Une fois que cette incarnation sera passée, donc la dysharmonie extraite, l'individu aura de nouveau un corps astral plus pur, donc une base des matériaux plus pur pour pouvoir s'organiser et se recréer. Ce qui veut dire que lorsqu'un individu commence à se créer, il va le faire d'après certaines informations.

Et comme j'ai dit tout à l'heure, c'est le corps astral qui est la plus grande mémoire de l'homme. C'est dans le corps astral que vont se marquer toutes les impressions, même toutes les idées. L'homme croit qu'il pense avec son cerveau, avec son mental ou son Plan Mental, mais en fait il pense aussi énormément puisque tant que l'on n'est pas un initié, on va penser énormément avec le corps astral. Et c'est pour cela que l'on va plutôt dire des mots comme “j'aime ou je n'aime pas.” Ce qui est la révélation absolue d'un homme qui pense avec son corps astral et non pas avec son mental.

S'il pensait avec son mental, il dirait que : “cela est vrai, cela est faux.”

Mais s'il aime ou s'il n'aime pas, alors ce n'est plus son cerveau, ce n'est pas son mental, c'est son corps astral.

Donc dans ce corps astral sont imprimés, depuis des incarnations, des pensées et des pensées qui sont astrales. Et ce sont toutes ces petites pensées qui vont servir de matrice au nouveau corps, mais qui vont servir de matrice, non pas simplement et pour uniquement servir de matrice. Ces petites pensées vont s'organiser pour se purifier, afin d'atteindre l'état de pensée le plus pur.

Une pensée qui est donc la plus juste, une pensée qui est semblable à la pensée de Dieu, tout simplement.

Donc chaque fois que le corps astral va s'efforcer de rejeter à l'extérieur un karma, puisque lorsque quelqu'un va naître avec un problème, avec une infirmité, une conformité, cela représente un karma pour l'entité qui supportera ça. Chaque fois que le corps astral va mouler, donc, un karma, ce n'est pas simplement pour punir la personne, cela ne représente rien de punir ! Ce n'est pas non plus pour compenser ce qui a été mal fait, cela ne représente rien de compenser ! C'est l'effort du corps astral pour s'étirer vers la pensée la plus juste.

Et donc c'est l'effort de tout le corps astral pour monter vers le corps mental, puisque c'est dans le corps mental qu'il y a l'idée la plus juste. Qu'il y a l'idée qui dit : “je sais, c'est la vérité, c'est faux, c'est vrai.”

Donc on voit en fait que tout ce qui conditionne un individu, tout ce qui va faire sa destinée, tout ce que seront ses épreuves, ce ne sont pas simplement des épreuves et une destinée pour lui apprendre ce qui est juste, pour lui faire payer ce qu'il a mal fait. C'est plutôt l'effort de tout un être, de toute une entité et de tous les corps, de toutes les énergies de cette entité pour aller vers l'état de pensée le plus pur, vers l'idée la plus haute.

Et quelle est l'idée la plus haute ?

Je Suis Dieu. Nous Sommes tous Dieu.

Une fois que l'individu a tendu ainsi tout son être, toutes ses puissances intérieures, ou tous ses corps, comme vous voulez, à ne penser, à ne résonner plus qu'avec cette Grande Identité, à ce moment-là cet individu ne peut plus imaginer, trouver son voisin [...]

(Ici il manque une face de cassette (2A), 45 minutes - si quelqu'un la retrouve, merci de nous l'envoyer !)

Gérer ses émotions

[...] on n'arrivera pas à obtenir une confidence, parce qu'en parler est quelque chose de trop dramatique pour lui, cela écroulerait tout son système d'endurance ! Donc cela découvrirait toute sa faiblesse et son écroulement, mais comme c'est un battant, il ne veut pas s'écrouler ! Alors il continue à mentir aux autres, à se mentir à lui-même.

Comment, donc, va faire le disciple ?

Puisqu'il ne peut pas se forcer, et que se forcer c'est qu'employer une énergie physique, comment il va faire ?

Eh bien d'abord en ayant bien vu son infériorité, sa supériorité, il va les mettre de côté, il va donc essayer de ne pas juger la situation d'après l'émotion. Parce que ce qui fait qu'un homme se sent inférieur ou supérieur, c'est uniquement son monde émotionnel.

Un individu qui vit complètement au niveau des pensées, n'a jamais d'estime inférieure ou supérieure à propos de lui-même, il sait s'il est juste ou s'il n'est pas juste. Si un jour il voit qu'il a été injuste, il répare pour que cela devienne juste.

Mais si par contre il vit énormément dans le monde des émotions, alors là il va commencer à trembler : “Mon Dieu je n'ai pas été juste ! C'est une catastrophe ! Mon Dieu, je suis vilain ! Mon Dieu ! Et ce bouton que j'ai, là, et qui me montre chaque soir que j'ai été injuste, que j'ai fait faux, que j'ai échoué !”

Et c'est là où un simple échec dans une petite activité commence à devenir une oppression ensuite qui se reporte sur le corps physique. “Mes yeux ne me plaisent pas ! Mon nez est trop gros, mon menton est dilaté, mes jambes sont trop courtes, mes pieds sont trop grands...” Immédiatement, on construit tout un processus qui fait que l'on va rejeter même la Matière. Alors que, fondamentalement, c'était une émotion : on a jugé la situation. Et plus que de la juger, on s'est jugé soi-même et on a éprouvé un sentiment vis-à-vis de soi-même. Et le plus souvent c'est le contentement de soi si l'on veut se sentir supérieur, ou c'est la honte de soi.

Ce qui fait que si l'on veut travailler à la libération et au contrôle sur les situations, il faut travailler les émotions : ne plus jamais se permettre d'avoir de la honte ou d'avoir du contentement à propos de soi.

Si l'on veut travailler à la libération et au contrôle sur les situations, il faut travailler les émotions : ne plus jamais se permettre d'avoir de la honte ou d'avoir du contentement à propos de soi.

Je sais que le contentement cela peut paraître utile, que ça donne du feu pour les locomotives qui ont besoin de ce genre de feu. Pour des individus qui, pendant des années, se sont sentis inférieurs, ces individus vont avoir faim du feu qui vont leur donner un contentement de soi. Mais en fait, chaque fois c'est utiliser une énergie vulgaire. Il vaut mieux ne plus rien penser à propos de soi-même, ou plutôt ne plus rien éprouver à propos de soi-même. Parce que l'intelligence a le droit d'estimer qu'il y a eu erreur, mais c'est là le verdict de l'intelligence, parce que c'est elle qui, en repérant l'erreur, va me permettre de corriger et de m'améliorer. Mais toute l'émotion que je rapporte sur la chose c'est ça qui va créer ma chute, c'est ça qui va m'empêcher de contrôler la situation et de découvrir, dans l'immédiat, sa solution. Car toute situation comporte sa solution.

Toute situation comporte sa solution.

De la même manière que ce que je vous ai expliqué tout à l'heure : la feuille est une si elle est plate, mais sitôt qu'il y a le coup de poing qui fait le trou, le trou fait la bosse, donc un obstacle contient en même temps sa propre solution. Parce que l'obstacle, par exemple, c'est la bosse, et la solution c'est le trou. Mais qui dit que la solution est le trou, dit que l'homme, donc, doit s'introvertir, se regarder, et en se regardant étendre des ailes d'équilibre.

Les ailes d'équilibre

Et les ailes d'équilibre, ce sont des ailes qui ne descendent jamais dans l'émotion. Ce sont des ailes qui jamais ne se permettent de développer une honte ou un contentement.

Si je fais juste, cela devient ma nourriture, et ainsi l'énergie du Cosmos entre en moi et me perpétue.
Si je fais faux, cela devient un but : apprendre à faire juste.

Tout contentement de soi est tout aussi mauvais que toutes les hontes !

Ce qu'il faut toujours donc avoir à l'esprit, c'est simplement que lorsque l'on a fait juste, on sera nourri par le Cosmos. Et c'est ainsi que petit à petit, le disciple équilibre ses ailes.

Lorsque l'on fait juste, on est nourri par le Cosmos.

C'est très difficile de voler !

Lorsque je me moque de vous, je ne veux pas me moquer depuis un point d'intelligence, en jugeant la bêtise des hommes, pas du tout ! Lorsque je me moque de vous, c'est en fait parce que je veux vous pousser à rire de vous-même. Si vous arrivez à rire de vous-même, vous allez rire du problème, de la cage du moi, du petit moi, qui va éprouver de la honte, ou qui va éprouver du contentement. Ce n'est pas pour me moquer. Je sais qu'il est difficile, très difficile d'équilibrer les ailes, de les déployer, d'apprendre les premiers mouvements ! C'est dur !

C'est dur, non pas parce qu'il y a une difficulté, c'est dur parce que depuis tant d'années, tant d'incarnations, les ailes du géant sont repliées, comme une camisole. C'est pour cela, c'est vrai, maintenant il a développé la science du marcher. Ne pouvant pas voler, il a bien fallu qu'il saute de pas en pas. Mais sitôt que l'homme recommence à déployer ses ailes, ce n'est pas simplement un fait dans l'esprit, cela devient aussi une réalité physiologique. L'homme vole !

On appelle cela la lévitation, l'homme vole ! Il peut marcher sur les eaux, l'homme vole !

Jésus volait. Non pas simplement parce qu'il était Jésus, mais surtout parce que, comme cela est permis à tout homme, il avait réussi à ouvrir les ailes, à équilibrer les ailes, à savoir, donc, voler aussi bien avec l'aile gauche que l'aile droite.

Et ça pour le disciple débutant cela est très difficile. Parce que certains se mettent à voler de l'aile gauche. Ils se disent : “Moi je vais faire !”. Puis d'autres développent bien l'aile droite, ils se disent : “Moi j'aime !”. Et qu'est-ce que l'on voit ? On voit des mouettes qui descendent en torpille ! Et tout le monde à la mer et on rame ! Voilà que l'on se croyait oiseau et que l'on devient une barque frêle ! Parce que même pour ramer, eh bien on a qu'une aile pour ramer, alors on tourne en rond !

Voilà quelqu'un qui, non seulement est une barque, mais une barque perdue dans l'océan ! Il n'a plus aucune chance, même, de retrouver la rive puisqu'il tourne en rond. Et c'est ainsi que font la plupart les disciples débutants. Ils se disent : “Mais je médite depuis des années, je prie depuis des années, je suis là, je tourne en rond avec moi-même, je ne me supporte plus ! Alors je vais partout où il y a des gourous, j'essaye tout ce qui existe, des sons, du Hata Yoga, je marche sur les cheveux, parce que je veux m'en sortir !”

Mais en fait ce qu'il faut faire, ce n'est pas essayer de s'en sortir, ramer avec qu'une seule aile c'est tourner en rond ! Quoi que l'on fasse et avec intensité pendant ce mouvement, mais on le fait toujours en étant centré sur soi-même ! Donc on ne décolle pas ! Quel que soit le mouvement que l'on est en train de faire, ou même si l'on n'en fait pas, parce qu'on est désespéré de tout, on a tout essayé, rien n'a marché, ce qu'il faut avoir à l'esprit à ce moment-là, c'est que chercher n'est pas nécessaire !

Chercher n'est pas nécessaire !

C'est un mouvement qui peut amener, c'est vrai, quelque part, mais ce n'est pas nécessaire !

Et même si l'on découvre des choses par ce mouvement, au moment où l'on est proche de découvrir la chose, comme par exemple un guide, un Maître, un renseignement, eh bien il faudra être complètement arrêté. Sinon on va passer et on ne verra pas la chose.

Donc chercher n'est pas nécessaire ! Ce qu'il faut c'est l'équilibre, être centré, donc profondément équilibré. Et pour être profondément équilibré, il faut bien regarder en face ce monde qu'est l'ego.

L'ego

Parce que c'est l'ego qui va déclencher toutes les lourdeurs qu'aura l'aile gauche ou la paralysie qu'aura l'aile droite. C'est lui qui va dire, puisqu'il veut s'aimer, il veut se trouver beau, il veut s'adorer, il veut méditer sur lui-même, n'est-ce pas ? Il se prend pour son propre Dieu, donc il veut méditer sur lui-même !

C'est lui qui va déclencher les émotions, c'est lui qui ne sera pas content lorsqu'il y aura l'échec qui va déclencher la honte et qui se dira lui-même : “Mais quel incapable qu'il est ! Regarde la honte que tu m'as fait devant tout le monde ! Cache-moi vite cette honte !” Et alors, vite ! On va mettre la honte dans un sac et on va sortir le maquillage ! On va sortir les beaux pantalons, les belles robes... Les hommes n'en finiront pas de se mettre des beautés à l'extérieur pour compenser la honte profonde d'eux-mêmes, qui est là, à l'intérieur.

Toute la beauté extérieure qui est rajoutée, ce n'est que pour cacher ce que l'on ne pourrait voir et ce qui n'est pas beau, qu'on ne veut pas le voir. Et c'est un phénomène psychologique qui est tout à fait naturel ! Mais c'est la démonstration de ce sac qui existe.

Donc, pour que l'individu puisse développer les ailes depuis le centre, parce que les ailes partent du centre avant tout, elles partent du tronc...

Beaucoup d'hommes sont prétentieux, ils veulent réveiller le bout de l'aile, ils s'imaginent déjà être des devas Mukta par exemple, alors qu'ils ont l'aile toute collée contre le torse. Il n'y a plus que le bout de l'aile qui bat. Et ils en montrent énormément ! Ils battent énormément de l'air et ils proclament être grand gourou, par exemple, ou grand voyant, ou grand connaissant, ou grand quoi que ce soit !

Il faut partir du tronc. Et pour partir du tronc il faut donc bien regarder l'axe. Et quelle est l'axe ?

L'Identité.

L'Identité

Si je conçois cet axe de façon vraie, je ne vais penser qu'à une chose : je suis Dieu, je suis convaincu, je ne sais pas encore ce que ça veut dire, je n'ai pas encore rencontré Dieu, ni moi qui suis Dieu, donc je n'ai aucune idée de ce que ça peut être ! J'imagine mais je n'ai pas l'idée.

Et c'est là où je te demande d'avoir la Foi.

Je ne te demande pas d'avoir la Foi en Dieu, je te demande d'avoir foi dans cette réalité qui est en toi. S'il y a un acte de foi à faire, c'est face à cette réalité-là : je n'ai pas encore vue ma nature Divine, mais ceux qui l'ont déjà vu me l'ont dit, elle existe ! Alors ma Foi doit être là, face à cette réalité, j'accepte !

Et cette acceptation doit être tellement immense, que plus aucune identification ne doit m'intéresser !

C'est à dire qu'ensuite l'axe faux, le deuxième, le petit "moi-je", cet axe-là ne va pas pouvoir se superposer. Je ne vais plus me sentir être de telle race, de telle couleur, de tel niveau, de tel âge, de tel culture. Je ne vais plus me sentir intelligent, par exemple, si je dis une chose intelligente, ou bête, si je dis une chose bête. Je vais simplement contempler cette réalité fondamentale, et j'agis depuis cette réalité.

Un jour je ne vais pas agir correctement, je ne juge pas, je me replie, je regarde la situation, comme l'obstacle contient sa solution, je la ressens, et je refais l'action. Et cette fois-ci elle est juste. Et petit à petit, en ayant conscience que de cet acte véritable, les ailes vont commencer à pousser, elles vont se déployer. Et tout ce qui pour l'instant est trop dur à équilibrer, cela s'équilibrera naturellement.

Équilibrer avec la Réalité

Par exemple, pour l'instant, pour les disciples, il est très dur d'équilibrer le sens de la Justice et le sens de l'Amour. Comment être utile à quelqu'un, même le jour où il faut être dur, et en même temps être Amour et l'aimer vouloir tout lui apporter ? Voilà un axe très difficile ! L'aile gauche voudrait voler, mais l'aile droite ne sait pas ce qu'elle devrait faire, et voilà que l'on tombe de nouveau !

Et il y a comme ça une multitude d'axes à découvrir, des équilibres qui vont se faire automatiquement sitôt que soi-même on est conscient, avant tout, de la Réalité du Divin.

Par exemple, si un jour je suis face à un ami qui a de gros problèmes, mais que moi-même je suis avant tout ma réalité, je cultive cette identité-là. Je ne vais pas pouvoir, par clairvoyance, savoir pourquoi mon ami a ce problème, je ne vais pas savoir non plus par intuition ce qu'il faut que je fasse pour mon ami, même si je médite 800 jours l'intuition ne vient pas. Par contre, si au moment où je suis face à mon ami je suis la Divinité, alors la Divinité va articuler un geste à travers moi, va articuler un mot à travers moi.

Le moment important, là, sera de ne pas juger ce qui vient, de ne pas résister à ce qui vient, de ne pas, donc, faire réagir le deuxième axe, celui qui est faux, celui qui est le "moi-je", et qui va te permettre de juger, qui va dire : “Mais non, mais tu es fou ! Ça ne peut pas être vrai !” ou dire : “Mais non, cela ne correspond pas!”

Laisse ! Laisse la Divinité faire !

Et si il faut être la Justice vis-à-vis de ton ami, par exemple, alors qu'il a déjà beaucoup de problèmes, en profiter qu'il a ces problèmes pour justement lui donner deux gifles, un coup de pied dans les fesses et l'enfermer dans sa chambre, eh bien tu seras capable de faire ça ! Tu ne sauras pas pourquoi, cela va sortir de toi.

Alors que si tu veux savoir ce que tu dois faire et que tu cherches et que tu estimes la situation, et que pour mieux l'estimer tu essaies de développer ta clairvoyance, par exemple, ou ton intuition, ou que tu essaies d'avoir un pont par la méditation, eh bien à ce moment-là tu vas juger la situation. Et au moment où peut-être tu as envie profondément d'être rude avec ton ami, parce que tu sais que c'est la centième fois que ton ami se laisse attraper par cette illusion, eh bien si tu juges la situation, tu vas te dire : “Non, il a des problèmes, je dois donc d'abord l'aider à mieux s'estimer, l'aider à interpréter la situation différemment.” Tu vas essayer d'être secourable au lieu d'être exorciste. De la même manière, face à une situation que tu jugerais réclamer la sévérité, tu seras, là, tout Amour et tu sacrifieras même de ta vie pour quelqu'un, parce que la chose proviendra de ce vide qui est fondamentalement toi, cette Divinité, donc, qui est fondamentalement toi.

Maintenant que l'on s'est expliqué sur tous les sujets, bien sûr, la pensée que l'on aura dans l'esprit c'est : “mais pourquoi tout ça ?”

Pourquoi est-ce que je deviens un Dieu, je deviens un homme, je m'oublie ? Je reste coincé dans des identifications incroyables ! Je reste collé dans des mirages ! Pourquoi toute cette souffrance ? Pourquoi toute cette histoire ? Il n'y avait pas moyen d'organiser les choses autrement ?!

Quand on décrit ce qu'est la destinée humaine, ce qu'est la raison de l'existence, immédiatement c'est ce que le disciple pense : “mais pourquoi ?”

Tu peux avoir la réponse dans ta méditation, lorsqu'en t'imprégnant profondément dans ta réalité, la Réalité, par son sourire, par sa substance, te fait savoir quel est son destin. Et que son destin, c'est aussi le tien. Et qu'à partir du moment où tu veux servir ton âme, il faut que tu saches ce que ton âme veut, ce que ton âme est destinée à faire.

Mais il y a tout de suite une raison philosophique, ou estimée philosophiquement, et qui est que Dieu se régénère.

Dieu se régénère.

Il n'est pas simplement quelque chose d'éternel, comme un temps qui dure, comme j'ai dit toute à l'heure, il se régénère.

L'infini n'est pas quelque chose qui meurt, qui doit renaître, mais qui redevient lui-même.

L'infini est comme un mouvement qui ne s'arrête pas, parce que c'est l'infini ! Sitôt qu'il est remonté, il redescend, et sitôt qu'il est descendu, il remonte ! L'infini c'est ça !

Et ça c'est la condition de l'homme : d'être le Dieu qu'il est, mais qui est infini. Et qui, infiniment, va descendre, et va remonter.

Alors on me dira : “Mais pourquoi est-ce qu'il monte et qu'il descend ? Est-ce qu'il ne veut pas faire un va-et-vient et rester à son propre plan ?” Les disciples imaginent toute forme de sorties de secours. C'est normal ! Ils ont l'intelligence pour imaginer, donc ils s'en servent !

Il faut savoir qu'en fait, il n'y a pas un Plan de Dieu qui descend quelque part, un endroit qui serait profond, qui serait très éloigné. Ce n'est pas une question d'Espace, ni même une question de Temps. C'est plutôt une question de tonalité, exactement comme le son qui est capturé dans la conque. Et ce n'est pas pour rien si un des personnages les plus sacrés de l'Inde a une conque, un grand coquillage dans lequel il souffle. Parce que la raison de l'Univers c'est la raison d'un son.

La raison de l'Univers c'est la raison d'un son.

Ce n'est pas la raison d'un Dieu qui doit devenir un homme, et qu'il descend dans la cave, et que dans cette cave il s'empêtre dans tous les tonneaux, et qu'il boit du vin, et qu'il croit tous ses mirages ! Et puis que finalement les anges arrivent, on le déssaoule et puis ils le remontent ! Ce n'est pas cela l'histoire !

Je sais que beaucoup de mauvaises philosophies tendent à construire cette pensée. Ce n'est pas ça du tout !

Le Monde, c'est l'histoire d'un son.

Ce son, c'est Dieu, Dieu, Dieu.

Donc si l'on voudrait trouver trois identités à Dieu, je dirais qu'il est le Vide, le Feu, et le Son.

Si l'on peut l'identifier quelque chose, ce n'est vraiment qu'à cela.

Ce son va, non pas partir dans un Espace, car sitôt que je dirais Espace, on va imaginer qu'il va quelque part, qu'il va loin, et que donc s'il va loin, il risque de s'oublier. Ce son va simplement diminuer.

Il ne faut pas penser que le Temps va exister pour autant. Tiens, il y a un moment où le son va être émis, puis le temps passe... Même si on s'efforce à ne pas penser à l'Espace, mais on va se dire quand même qu'il y a le temps pour que le son s'use. Pour qu'il s'étouffe c'est qu'il y a le Temps.

Il faut que tu ne penses ni à l'Espace, ni au Temps.

Le son va s'étouffer, non pas parce qu'il traverse donc l'Espace ou le Temps, mais simplement parce qu'il va exister, et que cette existance va représenter une opacité à un moment donné.

Donc ce son va s'habiller par ces différentes opacités. Puis lorsque les opacités auront révélé de nouveau le son. Rappelle-toi, je te l'ai dit tout à l'heure : l'obstacle contient sa solution. La bosse contient son trou. Donc les vêtements qui, au début, ont une opacité comme un piège, comme une négation, deviennent en même temps les véhicules de libération. Puisque la bosse contient son trou et l'obstacle sa solution.

Ce qui dans un premier temps est donc l'incarnation de Dieu, toutes ces opacités, deviennent à ce moment-là les moyens de libérer Dieu qui est entré dans ces opacités. Parce que les opacités vont exercer une force, cette force va créer le dynamisme pour ce son, afin que le son puisse remonter, comme une lave, se prépare à jaillir hors du volcan.

Et à ce moment-là on dit que Dieu a réapparu à lui-même !

Et à ce moment-là qu'est-ce qui se passe dans l'Univers ?

Je vais vous quitter sur une note poétique. Parce que la poésie livre la beauté, la beauté amène à l'espoir, l'espoir à la vision du Monde.

Qu'est-ce qui se passe lorsque Dieu d'un seul coup réapparaît dans l'Univers ?

Eh bien, tous ceux que l'on appelle les anges - ne me demandez pas pourquoi ils existent, je prendrais encore trop de temps pour l'expliquer - mais tous ceux que l'on appelle des anges commencent à chanter.

Et ils chantent quoi ? Est-ce qu'ils chantent la gorge ouverte, une belle chanson ? Non.

Ils émettent de nouveau le même son que celui qui est parti.

Et c'est en chantant ce son, que le son qui revient et qui est Dieu, termine complètement son illumination.

Il réintègre, non plus simplement un chant qui est à l'intérieur, mais aussi un chant qui est à l'extérieur. Et c'est à ce moment-là que l'intérieur et l'extérieur redeviennent une Réalité Absolue.

Et c'est à ce moment-là qu'on peut de nouveau dire que Dieu et la Matière sont unis.

Parce que le son qui est dehors et le son qui est dedans sont les deux mêmes sons.

Et on parle de nouveau d'Unité à ce moment-là.

Unité

Qu'est-ce que cela représente pour vous cette Unité ?

C'est pour Dieu, ou plutôt pour votre Divinité. Et pour elle, cela se passe comme cela dans la phase, que j'appellerai grossièrement "terminale", bien que ce n'est pas une phase terminale. Et si cela se passe comme cela pour elle, qu'est-ce que cela veut dire pour vous, qui êtes encore des hommes ?

Eh bien cela veut dire qu'il faudra aimer la Matière, aimer son propre corps, avant tout !

Il faut aimer la Matière, aimer son propre corps, avant tout !

Parce que ce corps ce n'est pas la prison de Dieu, c'est la Matière de Dieu.

Ce n'est pas simplement l'opacité qui retient Dieu. C'est aussi le vêtement qui va redynamiser Dieu.

Donc il faut l'aimer car la Matière est l'instrument, le feu, l'énergie pour repartir.

Si je suis en guerre contre cette énergie, eh bien l'énergie qu'a la Matière sera dispersée à l'extérieur.

Et c'est comme cela que l'on voit des gens qui finissent leur vie complètement vieux, complètement fatigués, n'ont même plus la force de mourir ! Parce que mourir réclame de l'énergie ! Il faut pouvoir passer de l'autre côté ! Il y en a donc qui ne peuvent même pas mourir alors ils restent là, là ! Le corps est mort et ne respire plus. Mais tous les autres corps restent là aussi, attachés.

Et attachés, pas forcément parce que l'individu était rempli de désirs dans sa vie, mais aussi parce qu'il était fatigué, usé et qu'il n'a pas la force de mourir. Alors son corps astral reste là. Son corps éthérique reste là. Toute son entité reste là et se met à dormir dans cette mort qui pourrit petit à petit, puisque le corps pourrit. Et c'est ainsi que l'on voit après des coques dans l'astral.

Zombies, coques astrales et méchanceté

C'est ainsi que l'on voit les morts vivant, les fameux zombies. D'où vient le mythe du zombie ?

Ce n'est pas un corps mort auquel on redonne vie, un corps mort que l'on fait marcher. Le zombie ce sont les entités que l'on peut voir très proche de l'astral. C'est-à-dire dans la première couche, ici le plan physique. Ils sont là et ils touchent constamment les individus.

Ce sont ces coques-là qui, d'ailleurs, servent de mauvais génies. Ce sont ces coques qui se précipitent sur les hommes méchants pour les rendre encore plus méchants ! Non pas parce que ces coques, d'ailleurs, sont méchantes, mais parce que, par la méchanceté, il y a un feu intense qui sert de nourriture à ces coques.

Ce qui fait qu'un individu qui par exemple est méchant, qui a du pouvoir et qui peut faire la guerre, se trouve entouré de toutes ces coques ! Et ces coques le poussent à devenir de plus en plus méchant ! Parce qu'il y a, pour ces coques, l'occasion d'être nourries. Et comme les coques se nourrissent et que donc elles deviennent fortes, alors, à leur tour, elles envoient de l'énergie à cet homme pour devenir encore plus méchant ! Et c'est un cercle vicieux !

Et l'un nourrit l'autre et l'autre nourrit l'homme. Et l'on ne sait plus en fait qui devient le plus fort là dedans ! Et même lorsque cet homme qui représentait donc un centre, lorsque cet homme meurt, les coques sont devenues tellement fortes, elles deviennent des furies et elles persécutent le monde par toutes sortes d'autres problèmes !

Certaines, même, sont capables de réveiller des inondations, de créer des tremblements de terre, d'écrouler des immeubles, sitôt qu'elles voient une malconstruction. “Il est possible de secouer ce bon viel immeuble !” - elles se disent - “Avec tous les morts qu'il y aura, on va se gorger de substances éthériques, on va se gorger de substances astrales !”

Alors comment, à la suite de cela, concevoir la protection de Dieu ? Comment est-ce que le disciple va penser que c'était peut-être l'heure de sa mort qui avait sonné ? Comment est-ce qu'il va concilier l'existence de ces êtres et de leurs pouvoirs et penser en même temps que tout ce qui arrive dans sa vie c'est karma ou dharma ? Et tout accepter avec sourire en pensant que tout est Rāma, tout est Shiva, tout est Dieu ! “Même si on me coupe les mains, c'est parce que Dieu le veut, ou parce que mon âme le veut, ou parce que mon destin le veut !” Pas forcément ! Ce sont les coques qui, souvent, le veulent !

Ce qu'il te faut donc c'est de sortir de cette conscience collective pour qu'au moment où l'immeuble est secoué, tu puisses sortir. Tu aies envie d'aller quelque part et que tu ne sois donc pas captif. Il y a une multitude d'accidents qui sont due à ces coques.

Ces coques, donc, viennent agrandir la notion de hasard dont je parlais tout à l'heure, et bien des choses qui peuvent arriver simplement parce que des milliards d'individus sont en action et réaction en même temps, comme des boules sur un billard. On lance la première boule, mais cette première boule dans sa trajectoire va en taper une, deux, trois, la deuxième va en taper une, ou peut-être deux, ou peut-être trois, et la quatrième va aussi en taper une, ou quatre, ou dix, on ne sait pas ! Mais ce qui est sûr c'est qu'au bout de dix secondes on voit toutes les boules rentrer en fonction et aller quelque part. Certaines vont marquer des points, certaines vont retourner au panier, parce que vraiment elles n'auront pas pu comprendre la direction, elles vont mourir très vite. Et c'est ainsi que pour les jeunes âmes, les morts et les renaissances sont très rapides, très rapprochés.

Parce que la vie leur tombe dessus, les choix sont impossibles, on ne sait pas où aller, tout tombe sur l'individu ! Donc la mort est rapide, donc la renaissance doit aussi se faire rapide. Et ces individus renaissent, renaissent, renaissent, renaissent, meurent, meurent, meurent, renaissent... Et en même temps il y a, à chaque fois, la vision de ce qui est arrivé, de ce qui a causé la mort.

Chez certains individus qui ont un tempérament docile, parce qu'ils ont eu quelques années de bonheur par exemple, il y a une certaine acceptation et un développement de l'intelligence. “Tiens, la prochaine fois ce serait mieux.”

Et puis chez d'autres, chez d'autres qui ont eu quelques malheurs, il y a quelque chose d'amer qui se développe. Et ces êtres reviennent avec cette amertume et ils en veulent à l'Humanité. Ce qui fait que d'un seul coup dans une famille, naît un enfant, on ne sait pas pourquoi, il en veut à tout le monde. Il en veut au père, il en veut à la mère, il en veut aux frères et sœurs ! Il en veut à la société, il veut tout faire exploser ! C'est souvent parce que n'ayant pas compris cette grande Loi qu'est la vie et ce qui peut arriver dans la vie, il faut l'accepter, malgré tout, pour s'en enrichir. S'il ne comprend pas cette chose, alors il devient contre la vie, contre les hommes.

Et c'est ainsi que, petit à petit, d'ailleurs on voit des âmes à travers des incarnations se développer pour être des tyrans, des despotes, des guerriers, et des méchants guerriers ! C'est un développement qui est apparu longtemps à l'avance.

On ne devient pas un fou en une fois. On ne devient pas un guerrier en une fois. On ne devient pas un assassin en une fois. C'est un développement qui se construit petit à petit. Et un beau jour, l'amertume est tellement grande qu'on passe à l'action.

Choisir ses actes positifs

Mais si vous avez choisi ce que vous faites dans votre vie, si vous avez choisi de vous libérer, c'est bien parce que quelque chose de très positif est en vous et que donc il n'y a pas d'aigreur ou d'amertume.

Ne confondez pas le regret, le regret que vous pouvez avoir avec l'amertume dont je parle.

Quelque chose de très positif est donc en vous. Et c'est ce positif qu'il vous faut continuer à développer.

Non pas comme richesse ou comme pouvoir pour organiser la vie, obtenir les fruits de la vie, mais plutôt comme réservoir d'énergie intense afin de pouvoir chaque fois se rappeler que l'on est Dieu !

Donc une énergie qui nous sert à être chaque jour plus conscients de nous-mêmes.

Car c'est cela la destinée humaine : redonner à Dieu la Conscience Divine. Et c'est un petit homme qui fait cela.

Comme quoi même la plus petite des créatures devient indispensable au plus grand des créateurs, parce que c'est le même !

Travaillez sur ces choses ! Mais surtout sur la notion d'intemporel et d'infini.

Vous pouvez oublier tout ce que je viens de raconter, du moment que vous retenez la notion d'infini, d'intemporel.

Et que vous arrivez à marcher demain, dans la rue, sans avoir la sensation que le temps passe, mais plutôt que le temps est installé pour l'éternité. À ce moment-là vous verrez les voitures rouler sans que les roues tournent, les moteurs faire du bruit sans que le bruit monte, les bâtiments exister sans comprendre qu'est-ce qu'ils font là, quel est le genre de curiosité mentale qui a construit ces formes. Vous verrez chacun aller dans ses occupations, se préoccuper de ce qui est à faire et vous les verrez comme des extraterrestres derrière une vitre. Vous vous demanderez : “Mais quel est le sens de ces choses ?”

Quand vous aurez atteint ce sentiment d'infini, méditer deviendra un jeu d'enfant, parce que vous serez dans la méditation constamment à ce moment-là.

C'est ce que je vous souhaite !

Non pas parce que à ce moment-là vous ressemblerez aux plus grands de nos frères ; non pas parce que nous pourrons dire : “Allons les retrouver, maintenant ils sont prêts !” Mais simplement parce que, sur la Terre, nous aurons le bonheur de voir des Lumières briller qui ressemblent à Dieu et nous célébrerons cette naissance !

Exactement comme on célèbre la tradition de la crèche. La crèche n'est pas un symbole chrétien, la crèche est un symbole Cosmique !

C'est Dieu qui naît parmi les hommes, par les hommes, mais pas pour continuer à être un homme, pour être Dieu, tout simplement !

Je vous salue.

(Date de la conférence : 01 12 1990)

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15-12-25 16:16