🔥 Conférence 108

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Conférence 108

Question

Voici notre question.

Nous souhaiterions que vous nous parliez en général de la signification sur le Plan de l'évolution de l'humanité, de l'actuelle crise du Golfe Persique, et en particulier des conséquences politiques et économiques auxquelles les pays occidentaux doivent se préparer.

Par ailleurs, comment le milieu du nouvel âge occidental peut-il conférer avec le monde musulman pour une meilleure compréhension mutuelle ?

Réponse

Bonsoir.

Le sujet que l'on me propose aujourd'hui est bien différent, bien que certaines fois abordé mais d'une autre manière.

Dans la question qui est posée, vous aurez tous noté qu'il s'agit de parler de quelqu'un qui est ailleurs, un autre peuple, une autre foi, une autre culture. Il est donc intéressant de parler de la différence.

La Différence

Pourquoi est-ce qu'il existe une différence ? Qu'elle soit entre les peuples, entre les âges ou qu'elle soit aussi dans le même peuple entre les hommes.

On ne peut pas en fait répondre à une telle question, on ne peut pas donner une définition juste et permettre à vos esprits d'avoir une percée logique dans la compréhension, sans vous expliquer d'abord pourquoi est-ce qu'il y a des différences.

On n'explique pas une crise en disant comment elle aura lieu, comment elle se terminera. Il faut expliquer pourquoi la différence amène la crise et ainsi on résout la crise. Que la crise soit d'ailleurs affective, familiale, qu'elle soit financière, qu'elle soit économique, qu'elle soit politique, qu'elle soit culturelle ou religieuse. Toutes les crises ont pour fondement exactement la même scission : la différence entre les hommes.

Mais quand on parle de différence, je ne dis pas : Untel est différent de moi parce qu'on lui a appris à être différent. Depuis qu'il est petit il est élevé dans une autre culture, avec d'autres symboles, avec d'autres références, d'autres valeurs. Cette différence-là en fait est bien accessoire et elle n'existerait pas si elle n'était pas motivée par une différence encore plus profonde qui est dans l'être même.

On ne pourrait pas faire en sorte qu'un musulman soit différent d'un chrétien, qu'un chrétien soit différent d'un bouddhiste. La différence en tant que notion n'existe pas. On ne peut pas, donc, l'inventer sur la Terre puisqu'elle n'existe pas. Si donc cependant elle se manifeste sur la Terre - en différence sociale, en différence philosophique, religieuse - c'est parce qu'elle existe au profond de l'individu. Et à ce moment-là, oui, alors la différence peut être sur la Terre.

Pour comprendre le phénomène il faut admettre que le monde n'est qu'une extériorisation, un placardage de ce qui existe à l'intérieur, non seulement de chaque individu mais aussi de chaque groupe d'hommes.

Le monde est une extériorisation, un placardage de ce qui existe à l'intérieur de chaque individu et de chaque groupe d'hommes.

Cela veut dire, donc, s'il y a plusieurs races, s'il y a à l'intérieur des races plusieurs âges et plusieurs cultures, cela veut dire, donc, que des groupes d'entités fortement différents les uns des autres ont leur tour à l'incarnation et vont donc se manifester d'après leur particularité. Ce qui fait que, inévitablement, les Âges vont paraître différents, les expressions différentes, les valeurs différentes.

Lorsque je dis ces choses, est-ce qu'il faut croire que le groupe X se réserve le droit d'incarnation pour l'ère Y et que pendant cette ère seul le groupe a droit à l'incarnation ? Non. Il y a des grands groupes et des petits groupes.

Nous allons appeler les grands groupes ou les grands cycles, les grandes races par exemple. Ces grandes races elles sont déterminées dans certains livres comme étant la race atlantéenne ou la race que l'on connaît aujourd'hui.

Ce qu'il faut comprendre là c'est qu'en fait les grands cycles de l'Esprit lorsqu'il est en involution dans la Matière, les grands cycles de l'Esprit sont des façons de s'exprimer. À chaque degré de descente dans la Matière il y aura un vocabulaire approprié. Selon le vocabulaire, c'est à dire selon le type de compréhension, selon le type d'expérience possible, il y aura toute une culture. Et selon cette culture, il y aura toute une société. Et selon cette société il y aura toute une ribambelle de problèmes ou bien de solutions.

Ce qui veut dire que tant que l'on se trouve limité dans le temporel, dans les cycles, et aussi dans l'incarnation bien sûr, l'Esprit qui est en manifestation, que ce soit un Esprit de groupe ou que ce soit un Esprit individuel à l'intérieur d'un groupe, l'Esprit va être fortement défini. Cette définition paraît être une prison si on pense qu'en opposition la spiritualité est toute liberté. Cependant il faut savoir que la définition est un instrument.

La Définition

Tant que l'Esprit n'est pas suffisamment réveillé, suffisamment libre, suffisamment fort, la définition va agir sur lui exactement comme un esclavage. Et le poids culturel, que chacun peut ressentir, en est une preuve flagrante.

Simplement dès que l'on s'accommode simplement de la culture d'un pays, des mœurs d'un pays, de l'économie d'un pays, on s'aperçoit qu'au contraire ce sont des instruments pour se manifester, pour s'épanouir. Pour devenir donc encore plus heureux et plus riches d'expériences ; et par ces expériences atteindre un niveau de développement ; et par ce développement, de compréhension ; et par cette compréhension frôler le Ciel et les Dieux.

Il n'y a que dans le cas où je suis trop défini par la culture de mon pays que je ressens le poids de l'incarnation comme un poids mort, comme quelque chose de lourd, comme une tombe. Mais sitôt que je me réveille, je commence à devenir indépendant, et que donc je peux juger ma culture, c'est alors que je m'amuse avec ma culture. Je la redéfinis, je l'allonge, je l'ouvre ou je la redétermine, je lui retrouve ses racines propres par exemple. C'est alors que je trouve une multitude d'expressions possibles.

Beaucoup d'individus, surtout chez les disciples, beaucoup fuient la culture de leur pays ou de leur race, en pensant que se rapprocher de Dieu c'est avant tout ne plus penser par exemple, ne plus philosopher, que toutes ces choses sont des activités inférieures en comparaison à la contemplation de Dieu ou de la Lumière. Mais il faut savoir qu'une culture, en fait, est un moyen, non pas de définir Dieu ou de définir les Maîtres, la Hiérarchie, la Lumière ou la vie du Soleil, mais c'est avant tout un moyen de se mesurer soi-même, un moyen de se façonner soi-même, de se transformer, de se raffiner.

La Culture

L'homme utilise la culture à contre sens. Il prend la culture comme une lunette qui lui permettra de regarder loin dans le ciel ou pour comprendre les étoiles ou pour comprendre Dieu. Et c'est à ce moment-là qu'il s'aperçoit que finalement on ne peut pas tout expliquer et que si on essaye de l'expliquer ce sera toute façon très approximatif et maladroit.

En fait le langage a été donné à l'homme pour qu'il se définisse lui-même, il n'a pas été donné à l'homme pour qu'il définisse Dieu.

En ce sens tu as raison de conclure que les mots ne peuvent définir l'Éternité ou la Beauté, la Divinité. Mais avant de t'occuper de Dieu du lointain occupe-toi de la condition humaine et cette condition humaine tu verras que tu peux la définir avec les mots, avec ta culture, avec ta philosophie ou ta religion.

En fait à quoi sert le mental, l'idée, la pensée, la culture, la philosophie, la religion ? À quoi cela sert-il ?

Cela sert pour l'homme à faire place nette en lui-même, séparer en fait ce qui pousse de travers de ce qui pousse droit. C'est un moyen par lequel il va prendre connaissance de ses illusions et de ses vérités. En fait la connaissance n'est pas une lunette pour regarder très loin par delà les frontières jusque vers Dieu, mais c'est un moyen de s'observer soi-même.

Voilà une autre définition du mental : s'observer soi-même.

S'observer soi-même

Lorsque je m'observe, j'ai besoin de ma pensée, j'ai besoin de ma capacité à analyser, j'ai besoin de ma logique, j'ai besoin de mon analyse complète et entière.

Maintenant vous pourrez me demander : “Mais pourquoi est-ce que sur le chemin semble-t-il prévu cette étape où l'on s'observe et où l'on s'analyse ?”

Je t'ai déjà dit mille fois qu'il ne faut pas venir avec ces chansons-là. Il n'est pas question de penser qu'un Dieu a prévu des étapes, qu'un Dieu a prévu des bornes, des limites, des passages de douanes et des douaniers qui vérifient si tout est en ordre. Il faut que tu laisses cette chanson dehors, lorsque tu viens m'écouter. La prédestination c'est vraiment pas mon style !

Simplement il est vrai que des étapes semblent se déterminer d'elles-mêmes, elles fonctionnent de façon naturelle.

Pourquoi est-ce qu'il semble donc naturel que l'Esprit à un moment donné de sa vie, de son mouvement, ait besoin, pour aller plus loin, de s'observer, de s'analyser ?

Cela est un acte nécessaire, tout simplement parce que il faut, à un moment donné, déterminer le Chemin de Vérité - par rapport au chemin que vous pouvez appeler l'illusion si vous voulez, mais que nous nous appelons tout simplement la vie dans la forme.

Le Chemin de Vérité

Le Chemin de Vérité s'appuie sur deux piliers principaux.

L'analyse, la connaissance de soi, c'est à dire je me connais lorsque je vais être en colère, je me connais lorsque je vais avoir faim, je me connais lorsque je suis face à telle et telle circonstance... Cette connaissance donc, cette analyse est la Sagesse.

Cette sagesse se développe au fur et à mesure que l'on est de plus en plus capable de se connaître soi-même.

Et la difficulté qu'éprouve le disciple à avancer ne vient pas du fait que la spiritualité est fort compliquée et qu'elle demande chaque fois davantage, mais toute la difficulté repose sur le fait que les hommes de manière générale ont un grand mal à se définir, à se connaître eux-mêmes.

Si bien que, du jour au lendemain, l'homme se retrouve toujours victime d'une émotion qu'il n'attendait pas, ou victime d'un comportement qu'il n'attendait pas.

Comment prévenir ces émotions, ce comportement, ou inattendu, ou impossible à déterminer d'avance et qui donc nous tombe dessus ?

C'est là le seul talent de l'observation. C'est son seul talent mais l'observation permet cela.

Je me regarde.

Et je me regarde non pas pour savoir si mon sourcil est beau, ou si ma boucle est bien faite, ou si mon pantalon me va bien. Voilà un phénomène de l'observation. Avoir besoin de se sentir beau, par exemple, bien habillé, bien mis, c'est une des particularités de l'observation. Mais c'est une observation qui est toute tournée vers l'avantage de l'image, de l'ego.

Maintenant si on emploie cette capacité d'observation pour les bénéfices d'une autre image, l'image de Dieu, celle dont il est question au début du livre, que vous appelez la Bible : “Et Dieu fit l'homme à son image”.

Si on prenait soin de cette image-là, de votre âme, comme vous dites aussi vous-même, si l'observation peut être utilisée pour les bénéfices de cette image, alors l'observation va se poser sur toute autre chose.

Je n'ai pas tant souci de mon ourlet, de mes boutons de manchette, ou de la longueur de mes cheveux, mais je vais avoir souci de mes réactions. Et pour moi avoir l'émotion juste au moment juste va être une façon de me faire un beau tailleur céleste.

Car en fait, comme Jésus le disait, l'homme sur Terre, le but de son incarnation en tout cas, signifie qu'il doit se revêtir de gloire. Ainsi que l'a démontré Jésus pendant sa vie et sa résurrection, lorsqu'il s'est ensuite habillé de gloire. C'est à dire revêtu tout simplement de Lumière, revêtu de l'Esprit, des vêtements de l'Esprit.

Savoir chaque jour faire la couture au bon endroit, aux vêtements de l'Esprit, à ce vêtement de gloire, c'est savoir chaque jour mettre la bonne émotion au bon endroit. Mais c'est savoir aussi de temps en temps redéfinir ce qu'il y a dans la mémoire.

Alors de temps en temps il faut défaire les ourlets. Lorsque l'on rallonge une jupe ou un pantalon, on s'aperçoit que dans l'ourlet qui a été fermé, plié pendant tant d'années, il y a des petites poussières, des petits fils, il y a des dépôts. Et dans la mémoire c'est exactement la même chose. On fait des plis, des poches, des ourlets et là-dedans des petites choses désagréables se déposent. Et de temps en temps il faut donc ouvrir pour nettoyer.

Celui qui a le souci de l'observation va donc avoir souci d'être propre à l'instant présent mais aussi de nettoyer son passé.

Nettoyer son passé, sa mémoire

Pour nettoyer son passé, il n'est pas là d'imaginer, il n'est pas utile d'imaginer quelque chose de très médical. Il n'est pas utile non plus d'imaginer d'avoir recours à la psychiatrie ou à d'autres formes de nettoyage de l'esprit. La vie elle-même suscite suffisamment de retour vers le passé pour que la vie de tous les jours nous permette de nettoyer la mémoire. Simplement il faut le faire en étant tout à fait présent.

Chaque jour on va vivre de nouveau une expérience qui nous ramène à une émotion qui est bloquée, que ce soit vis-à-vis de la mère, du père, d'un véhicule, d'un jour de la semaine, d'un mois de l'année, peu importe. Si on vit cet événement en le traitant comme tous les autres événements, automatiquement on nettoie la mémoire.

Un individu est donc sur la planète pour redonner à l'Esprit dont il est dépositaire sa forme Divine.

Quand je dis forme, en fait, je dis son statut Divin.

On ne peut pas comprendre l'incarnation humaine, la Vie, si on ne conçoit pas clairement le but qu'a l'Esprit. À partir du moment où l'on conçoit que l'Esprit est en formation sur une planète, exactement comme la planète a été elle-même en formation en passant par tous les stades, on conçoit alors très bien qu'il y ait des hommes qui en soient encore à l'époque où tout n'était qu'eau, puis à l'époque où tout n'était que feu à cause des volcans, puis à l'époque où tout n'était que glace, puis à l'époque où tout n'était que Soleil, etc.

Les Âges de la Terre se retrouvent dans les Âges des hommes, ce sont exactement les mêmes cycles.

Si on observe ce que produisaient les différents Âges de la Terre, on comprend que l'on doit s'attendre exactement au même paysage dans la vie de chaque individu : la vie individuelle, la vie familiale et la vie nationale.

Ce qui fait que lorsque l'on me pose la question que je viens d'entendre, je dirais - et quelles que soient vos réactions à ce propos - je dirais que pour moi il n'y a pas de crise, il n'y a pas de problème, que ce soit dans le Golfe ou ailleurs. Il y a un état naturel des choses. Simplement c'est un état naturel qui dérange certaines personnes.

Quand j'affirme cela je ne veux pas dire que tout va bien dans le meilleur des mondes et qu'il ne faut pas s'inquiéter. Cela ne veut pas dire non plus que, quoi qu'il arrive sur la Terre, nous considérons que c'est normal et que nous n'essayons absolument rien pour sauver les hommes.

Bien sûr, il y a des caps naturels à franchir et ces caps nous ne pouvons les empêcher. Mais, bien sûr, il y a aussi la protection de ce que nous appelons la Hiérarchie, mais que vous pouvez imaginer être tout simplement la puissance du Bien Commun, la tendance vers un perfectionnement naturel de toutes les vies qui sont sur une planète.

Il y a donc d'une part l'inévitable et d'autre part la protection pour que cet inévitable ait lieu le mieux possible.

N'allez pas croire dans mon discours que si je dis inévitable je dis prédiction : “Tiens ? Cela devait avoir lieu !”

Chaque fois que le cerveau primaire se met à concevoir ou à réfléchir à propos des mouvements de la Vie et de la Divinité, il faut tout le temps qu'il ramène les concepts de prédiction.

Si j'appuie ce concept, si je vous laisse penser : “Tiens c'était prévu, tiens c'était prédit. Depuis le fondement du monde en fait les choses devaient avoir lieu de la sorte.” Je vous laisserai aller dans une grave erreur.

Ce qui ne veut pas dire que les prédéterminations n'existent pas, il en existe un grand nombre et elles sont marquées très fortement. Simplement il faut savoir que la Loi du Mouvement ne détermine pas la densité du mouvement qui aura lieu.

Par exemple, en ce qui concerne un siècle, un certain nombre de cultures en présence et en échange, on pourra déterminer que, considérant les énergies qui s'éveilleront durant ce siècle, telle et telle culture risquent de s'affronter, d'autres de se marier. Mais on ne peut pas déterminer à l'intérieur des nations si, par exemple, les deux nations qui vont être en conflit, si chaque individu de la nation va se trouver en conflit avec chaque autre individu de l'autre nation.

On peut déterminer un certain mouvement général mais pas sa densité.

La Crise

Ce qui fait que le moment de crise peut avoir lieu et mourir aussitôt qu'il apparaît selon la densité qu'il aura. Ce qui fait que des crises peuvent avoir lieu pendant une heure ou dix jours ou un mois et très vite se régler avec ce que vous appelez, par exemple, la politique ou la diplomatie ou autre chose. Cela veut dire tout simplement que la densité des individus qui participaient à cette crise, la densité ne permettait pas que la crise s'installe et devienne une affaire commune.

Maintenant imaginons qu'il y ait de nombreuses personnes polarisées sur un état de crise. À ce moment-là, le passage X, qui de toute façon sera marqué devra être passé, à partir du moment où de nombreux éléments s'approchent du passage, automatiquement cela déclenche un état de crise qui ne peut pas être réglé par les simples moyens de la communication.

Il faut savoir que les caps existent mais est-ce qu'un cap va devenir meurtrier ? Est-ce qu'un cap va devenir une scission ? Cela dépend du nombre de personnes qui participent à la difficulté du passage.

Ce qui veut dire qu'en fait les problèmes politiques tels que l'on me cite aujourd'hui, ou les problèmes financiers qui attendent l'Occident comme je l'ai déjà déterminé, ces problèmes-là n'existent que parce qu'il y a une grande masse de gens qui s'accordent à créer le problème.

En fait on peut dire que si l'on met bout à bout dix personnes qui ont une tendance, par exemple, à l'escroquerie, le passage initiatique que l'on appellera "escroquerie, oui ou non ?" va devenir un moment de crise, parce qu'il y a dix personnes qui vont devoir apprendre à ne plus être des escrocs. Et à cause de ces dix personnes, eh bien c'est le groupe des cinquante personnes qui va se retrouver dans un état de crise. Et lorsque les dix qui sont en train de passer par cette porte de la compréhension, lorsque les dix comprennent, la crise disparaît et les cinquante retrouvent leur paix.

Dans tous les problèmes politiques c'est la même chose. Pas tout le monde est concerné par un problème politique ou financier, même si cela touche tout le monde, parce que la vie en collectivité représente ce désavantage. Cependant pas tout le monde est concerné.

Des gens vont se sentir très concernés par la crise du Golfe, comme on l'appelle aujourd'hui. Et puis d'autres ne se sentiront pas du tout concernés, même s'ils sont sur le terrain même du conflit, même s'ils sont là en train de perdre leur vie par exemple mais ils ne sont pas concernés. Ce qui veut dire qu'à ce moment-là leur sacrifice est absolument gratuit, un don de Dieu, pour que les choses avancent, pour que la lumière se fasse, malgré tout. Et puis il y a l'autre, celui qui sera vraiment concerné parce que son esprit lui aussi sera partagé, lui aussi sera en crise.

Alors, au moment où lui perdra sa vie, il mourra véritablement. Parce qu'il est concerné par la chose.

Il y a une multitude de manières d'être concerné par quelque chose. Soit parce que l'on touche à votre émotion, soit parce que l'on touche à votre argent, soit parce que l'on touche à votre culture, soit parce que l'on touche à votre niveau d'entendement. Selon l'impact qu'aura un geste, une situation, votre moment initiatique à vous va se situer à l'un de ces niveaux précités.

Alors la crise du Golfe ne concerne pas tout le monde de ce fait. Pour certains c'est même l'histoire d'une autre planète, très loin.

Mais je sais très bien que votre souci le plus immédiat c'est de savoir si les choses vont empirer ou pas. Et votre esprit s'agite vers cette question parce que vous êtes prisonnier d'un effet temporel.

Je ne veux pas chaque fois et face à chaque problème rappeler que l'esprit est intemporel. C'est un très mauvais discours. Mais cependant confirmant ce que je viens de vous dire, si la question vous agite c'est parce que vous êtes beaucoup plus captif du temporel que de la vision de la divinité ou la vision du Nouvel Âge.

Lorsque l'on s'interroge à propos de faits aussi graves, il ne faut pas simplement attendre une réponse quant à : cela ira mieux ou cela empirera ; je vais y mourir ou je vais en sortir vivant. Il faut comprendre ce qui a apporté la chose et les fruits que l'on en récoltera.

Une situation qu'elle soit du Golfe Persique ou d'ailleurs n'existe pas parce que "tiens un jour se lève un homme ou une femme qui sont mauvais". Il n'y a personne de suffisamment mauvais pour être capable de déclencher cet état de crise ou ce conflit. En fait, des individus de la sorte sont une création collective.

Les "monstres"

On ne peut pas dire qu'il existe en Saddam Hussein ou en d'autres individus du même tempérament, une somme de méchanceté telle que cela le porte ou les porte à être des monstres. Il faut comprendre qu'un individu ou une psychologie relativement normale se trouve dans des situations comme celle citée, se trouve un petit peu enclin à des débordements. Si je prends le même homme, puisque l'on parle du Golfe Persique, si je prends donc le même homme et que je le place dans un contexte différent, sa psychologie va être tout autre. Comme vous même vous pouvez être tout autre dans une autre situation.

Ce sont dans les situations extrêmes que l'on se découvre, en fait, des tendances à la méchanceté ou à la barbarie ou au vol.

Vous-même vous ne savez pas vraiment de quoi vous êtes capable. Votre vie est tout à fait tranquille pour la plupart. Vous n'avez qu'à vous battre au travail. Et pourtant quand des situations se font, à votre mesure, extrêmes, vous trouvez en vous quelque part cette énergie qui pique, qui se révolte et qui a envie de massacrer l'autre. Et quand vous vous trouvez à votre travail, vous avez dû observer de temps en temps que si vous étiez capable de neutraliser tel ou tel individu, vous le feriez.

En fait ce qui vous empêche de devenir plus méchant que ce que vous êtes, c'est qu'il vous manque les moyens de votre méchanceté.

Maintenant imaginez-vous à la tête d'un peuple, à la tête d'un gouvernement, à la tête d'une armée. Pensez maintenant que celui qui est en face vous veut du mal ou vous empêche de faire ce qui vous plaît, ce qui est votre intérêt. Et avec les armes dont vous disposez à ce moment-là, sentez, observez à quel point votre psychologie s'emballe ! Elle grossit exactement en proportion des armes dont elle dispose.

Vous mettez Saddam Hussein dans un bureau, il n'ira pas plus loin que congédier et ne fera pas plus de mal que cela. Et mettez-le à la tête d'une armée et voilà ce qu'il fait. Mais cela est valable pour tout être humain. Simplement le degré, ou de méchanceté ou d'agressivité ou d'ambition, grandit en proportion exacte des armes dont l'individu dispose.

Peut-être, donc, en plusieurs personnes ici présentes demeure un dictateur, un escroc, un voleur. Il ne le sait pas encore. Ce qui fait que ne le sachant pas, il croit être moral, il croit pouvoir dire et accuser celui qui a commis l'escroquerie ou la sauvagerie.

Il faut comprendre que le pouvoir est une griserie très délicate à assumer et qu'en fait le problème n'est pas un homme tel que nous venons de le décrire, une guerre telle que nous venons de la décrire, le problème est le choix des dirigeants. Et quand on détermine un dirigeant, on s'aperçoit que le peuple est directement responsable.

Vous pouvez me dire que par exemple, un peuple ne sait pas toujours pour qui il vote ou qui il soutient. C'est là que demeure le grand problème du discernement et lorsque les peuples sont dans l'enfance, toute la difficulté réside là-dessus.

Un peuple en enfance aura un chef en enfance.

Alors dès que l'on cite cette vérité, les esprits des disciples quelques peu avancés résoudront vite leurs problèmes en proposant : “Eh bien, vous n'avez qu'à envoyer des membres de la Hiérarchie ! Ils sauront très bien mener un peuple enfant et le peuple enfant sera tout heureux d'obéir !”

Mais ce n'est pas connaître ni les Lois de l'Évolution ni la simple Loi de la Nature que de proposer cela.

Le Maître qui est arrivé à un stade de Maître authentique, ne peut pas se permettre d'intervenir dans la famille humaine et ne peut pas venir diriger les peuples. Pourquoi ?

Et en expliquant cela, je voudrais que vos esprits réfléchissent plus précisément sur la conception du gouvernement, de la direction.

Diriger

Diriger, qu'est-ce que cela veut dire ?

Pour l'esprit qui résonne de façon primaire, diriger sera : “Il y en a un qui sait, l'autre qui ne sait pas. Alors il y a un qui montre l'endroit où l'on doit aller et l'autre obéit.”

Lorsque l'on applique cela de façon politique, il y aura un citoyen qui dit : “Je ne sais pas comment on gère un état, de combien d'argent il doit disposer, comment il doit le disperser. Alors c'est les ministres qui déterminent cela et je les laisse complètement déterminer la chose.”

Pour l'esprit un peu plus évolué, il dira : “Moi je sais un peu quand même de combien une nation doit disposer d'argent et dans quel secteur la nation doit disperser cet argent. Alors avec les ministres, je réfléchis, et si un programme ne me plaît pas, je ne vote pas pour ce programme.”

Et puis il y a l'esprit un peu plus éclairé encore qui dit : “Moi je sais parfaitement de quoi respire la nation et comment elle doit le disperser. Alors c'est moi qui conçois la chose et je le propose aux ministres.”

On s'aperçoit donc que le peuple va de la compréhension la plus petite à la compréhension la plus grande où il serait capable lui-même de diriger un pays. Mais lorsqu'il s'agit de quelque chose de plus spirituel, lorsqu'il s'agit en fait de l'entendement de la Vie, c'est là que l'on s'aperçoit très vite que le Maître n'a pas le droit ni le devoir de diriger la famille humaine.

Car il ne va pas simplement s'agir de déterminer les impôts et leurs dispersions, mais c'est tout un sens social qui, d'un seul coup, se trouve impossible et imposé.

Impossible, par exemple, la vie que vous avez aujourd'hui avec le système de télévision, le système de publicité, les programmes dont vous disposez !
Impossible les spectacles auxquels vous vous rendez !
Impossible les bénéfices que les sociétés font !
Si un Maître s'occupe véritablement d'une société, ces choses sont impossibles !

Tout simplement parce que la vision de la Vie, la vision de la Réalité est complètement différente dans l'esprit d'un Maître.

On peut penser qu'un Maître se serait coupé le chou en deux : “Je vous laisse un peu d'illusion et puis je vous apporte un peu de ma réalité.” Mais non, cela ne se peut pas comme ça.

Quand il s'agit de couper le chou en deux, le Maître envoie tout simplement un de ses disciples inférieur à lui et qui saura donner le maximum de la Lumière dont il est capable, mais il est encore bien aveugle. Ce qui fait que chacun se sent malgré tout à son aise.

Autant le citoyen qui a encore besoin de ses voiles d'illusion pour être heureux, de ses spectacles, de ses sorties, de ses valeurs. Autant le disciple qui dirige une nation, parce qu'il lui semble faire le maximum et il y met du coeur, et autant le Maître, parce que par dessous, dans l'invisible, il essaye quand même de tendre ces deux individus vers une perfection.

On s'aperçoit donc, à cause de la différence fondamentale qu'il y a entre la vision qu'un Maître a de la Vie et la vision qu'un homme traditionnel a de la Vie, que les Maîtres ne peuvent pas diriger un pays. Ils ne peuvent que lui murmurer ce qui est le mieux pour son développement et c'est ce qui se produit par les phénomènes de l'inspiration. C'est ce qui crée les mutations, c'est ce qui fait le développement.

Il doit donc y avoir une percée pour aller rejoindre la vision du Maître. Il n'est pas possible que le système du Maître descende sur la Terre. Ce serait une offense pour beaucoup. Beaucoup ne le supporteraient pas !

La plupart des gens ne sont pas capables, par exemple, de vivre dans un monastère. Le silence du monastère les détruit, pour leur psychologie c'est quelque chose d'insupportable ! Ils frisent la dépression nerveuse, s'ils doivent se taire un quart d'heure !

L'installation d'une société parfaite, avec une spiritualité bien composée, créerait toutes ces névroses, toutes ces dépressions, bien plus nombreuses que celles qui existent maintenant.

Alors, vous qui êtes de l'autre côté de la barre, votre effort doit être vers le perfectionnement.

Le Perfectionnement

Il ne sert à rien que vous perdiez de l'énergie à vous lamenter : “Pourquoi le Maître n'est pas venu ? Pourquoi est-ce que l'ordre des choses n'est pas meilleur ? Pourquoi est-ce qu'il n'y a pas quelqu'un qui prend soin de nous ?” C'est impossible ! Ce n'est pas l'ordre des choses.

Si vous voulez être utile à vous-même, il faut tendre autant que vous le pouvez vers votre propre perfectionnement. Et là vous verrez à quel point la différence est fondamentale entre vous et le Maître. Et vous comprendrez très vite à quel point c'est une bénédiction que d'être loin du Maître pour l'instant. Parce qu'ainsi vous avez la liberté d'être ce que vous avez envie d'être. Vous avez la liberté de faire ce que vous avez envie de faire. Il n'y a pas de jugement.

Par contre, dès que l'on est en présence ou d'un Maître ou d'un système en provenance du Maître, c'est comme une accélération de la Loi du Karma.

Ce qui a été donné doit être exécuté.

Si je n'exécute pas, alors là, oui, je crée des problèmes et je précipite mon karma. Tandis que tant que j'ignore ce que je dois faire, j'ai tout le loisir et tout l'espace pour faire ce que je veux.

Donc c'est une bénédiction pour les hommes que d'être éloigné du Maître et de son système.

En attendant, vous me direz, c'est peut-être une bénédiction mais cela permet à des monstres de naître et de faire ce qu'eux aussi ont envie de faire, même si cela nous porte préjudice.

Se protéger des "monstres"

N'oubliez pas ce que je vous ai dit au cours de ce discours : les monstres sont des créations collectives.

En fait, le monstre n'existe que parce qu'on lui donne les moyens, les instruments pour être un monstre. Lorsqu'un homme vient au monde, il n'a que son prénom et son nom de famille, c'est tout. Et ce n'est pas avec un nom et un prénom que l'on va terroriser le monde ! Mais tous les instruments que vont me donner, ensuite, mes collaborateurs ou mes ennemis, ces instruments-là vont être la terreur.

Comment donc juger ce genre de personnage qu'ils appartiennent à l'histoire ou à notre présent ?

Eh bien tout simplement ne perdez pas de temps à les juger ! Votre psychologie n'est pas assez développée pour en faire l'évaluation exacte.

Mais il faut savoir la façon de se protéger de ce genre d'individu, si on ne peut pas comprendre tout à fait comment ils ont pu aboutir à cette nature, à cette puissance. Comment se protéger d'eux ?

On peut se protéger de plusieurs manières. Soit en se mettant au-dessus de la vibration de la peur, soit en plongeant complètement dans l'action et en y prenant part. Si je choisis la première solution, qui est de me mettre au-dessus du sentiment de peur, je deviens inatteignable quoi que l'individu fasse. Cela ne veut pas dire que je dois devenir indifférent et jamais me sentir concerné, je dois simplement ne jamais tomber au niveau où s'agite la peur.

Les cycles passent, les mouvements ont lieu. [...]

Si je choisis la seconde solution, celle où on part à l'action, je m'engage et je décide d'aller sur place, éliminer l'individu ou éliminer sa puissance par quelque manière que ce soit.

Mais c'est là où je m'aperçois que je suis de nouveau confrontée à l'élément de peur. Prendre position, déclencher une action, oui, mais c'est avec ma vie peut-être que je joue. Et c'est là que l'on s'aperçoit que le monstre a beaucoup plus de pouvoir sur moi, parce qu'il a sur moi le pouvoir de vie et de mort. Et en fait c'est ça qui agite terriblement l'esprit des hommes. C'est que d'un seul coup l'homme comprend que sa vie, sa mort, ne dépendent plus de lui mais d'un autre. Même s'il est très loin, même si on ne le connait pas, d'un seul coup ma vie, ma mort dépendent de l'autre. Et c'est ça qui crée ma peur, mon agitation, mon envie de le détruire autant que lui a envie de me détruire.

Parce que je veux détruire celui qui détient ce pouvoir de vie ou de mort sur moi. C'est intolérable !

C'est la façon la plus élémentaire mais la plus classique, la plus répandue, de concevoir l'ennemi.

L'ennemi

Qu'est-ce qu'un ennemi dans l'esprit de l'individu ?

L'ennemi c'est celui qui a droit de vie et de mort sur moi.

Et c'est pour cela que de ce fait je le considère comme l'ennemi absolu et que je me donne le droit de l'éliminer. Et c'est comme cela que les guerres sont entamées : dès qu'un a le pouvoir de vie ou de mort.

Ce que je vais vous dire, vous devez le comprendre avec toute l'ouverture de l'esprit, sinon vous ne m'aimerez plus.

Pouvoir de vie ou de mort.

Bien sûr c'est un immense pouvoir. Bien sûr c'est quelque chose qui est terrorisant.

Si j'imagine ma mort, une mort qu'un autre va me donner ou une mort qu'un autre me fait risquer, c'est quelque chose d'inadmissible. Cependant là, tu dois t'interroger davantage, non pas sur la notion de l'ennemi mais sur la notion de la mort.

La Mort

Réfléchis à propos de la mort.

Et regarde à quel point le visage de l'ennemi se transforme dès que tu comprends que la mort n'est pas ce que tu crois. Que la mort, cela n'existe pas.

À partir du moment où ta mort ne peut pas avoir lieu, parce qu'elle n'existe pas, parce qu'elle est une illusion, ton ennemi n'existe plus !

Qu'est-ce qu'il reste ? Il reste un fou tout simplement, un fou que tu as du mal à comprendre bien sûr, un fou qui te fait presque pitié, tellement sa folie est profonde, tellement il doit être captif dans cette folie. Tellement il doit avoir peur de toi qu'il n'arrive pas à tuer ou qu'il se demande comment il pourra tuer.

Ce qui crée l'ennemi, en fait, ce n'est pas le fait que ton ennemi a le pouvoir de vie ou de mort sur toi. Ce qui fait que ton ennemi, pour toi, devient vivant, effectif, devient ta réalité, c'est qu'il fait vibrer en toi le concept de la mort, ta mort ! Ou la mort de ton pays, la mort de ta prospérité, la mort de ta tranquillité, mais toujours la mort !

Et dès que l'on touche à la mort, on touche à quelque chose qui fait très peur.

Imagine maintenant tout un peuple qui a vaincu cette illusion, qui ensemble pense uniquement à la réincarnation. Imagine-le ne jamais être affolé par le fait de changer de peau. Et regarde à quel point ce peuple ne sait pas se faire d'ennemi.

Bien sûr, attendre ce genre de compréhension, ce genre de comportement de la part de tout un peuple c'est quelque chose d'impossible aujourd'hui. Et le monde donne une toute autre image. Cependant, si tu pouvais le concevoir, de façon imaginaire, tu arriverais à détruire ta propre peur et tu t'apercevrais qu'il n'y a pas de crise. Qu'il y a tout simplement un mauvais jeu, un jeu qui pourra tourner mal pour certains, mais qui est le jeu des autres, de ceux qui y croient.

Maintenant, si tu te sens l'âme d'un messie par exemple, à quelque degré que ce soit, tu peux très bien avoir envie d'enfiler la peau d'un personnage, de jouer le jeu un certain temps pour aider ceux qui en sont victimes. Et c'est comme cela que l'on voit des individus se sacrifier à l'intérieur de situations, alors qu'ils ne correspondent pas du tout au jeu lui-même.

Mais il ne t'est pas demandé d'être ce genre de sacrifié. Par rapport à la situation citée, toi tu ne peux rien. Tu es loin dans un autre pays.

Alors dans quelle mesure peux-tu aider à ce que les choses se passent bien ?

D'abord, enlève ta peur.

Et je viens de te décrire longuement pourquoi et comment. Enlève ta peur en n'ayant plus peur de ta mort. La mort elle t'attend peut-être dans bien des années. Alors n'aie plus peur !

La mort de ta prospérité, tu me diras ? Mais ta prospérité n'existe peut-être pas encore ! Qu'en sais-tu si, au contraire, le nouveau système qui vient ne t'apportera pas plus un plus grand confort que celui que tu as aujourd'hui ? Donc si ta vision est limitée, ne laisse pas cette limite limiter aussi ton futur bonheur ! Laisse la Terre tourner !

Et que faire avec ta pensée ?

Penser de nouvelles semences

Avec ta pensée détermine une semence. Imagine par exemple le monde comme une terre, comme un sillon, et dépose dans ce sillon des petites graines d'or ou d'argent, ou des graines de Soleil. Et chaque graine charge-la d'un message spécial, par exemple la Paix, ou l'Évolution, ou l'épanouissement des religions, ce que tu veux. Ce que tu veux dans le sens où bien sûr cela correspond au Nouvel Âge. Parce que ta graine ne prendra jamais racine si elle correspond à un vieil Âge.

Plante cette petite graine. Avec ta pensée recouvre-la de terre et chauffe-la avec ta concentration. Charge-la avec ta concentration.

Si les peuples savaient penser, savaient déposer ces graines - et ces graines sont déposées dans le monde astral à ce moment-là - si les peuples savaient par leur pensée déposer ces graines dans l'astral supérieur qui sert de matrice, des situations comme celle citée, situation de crise ou de guerre, n'existeraient pas. Les peuples de façon générale se prépareraient le meilleur avenir possible. Se créeraient déjà des matrices de développement, prépareraient aussi des matrices pour les générations futures, au lieu simplement de laisser des états de fait. “Et adviennent que pourra !” Mais par ignorance de ce qu'est la nature de la pensée, l'homme a beaucoup de mal à régler autrement que par les gestes et les faits concrets des situations et des moments d'évolution.

En fait, lorsque l'on se trouve confronté à ce genre de problème, comme l'état de crise cité, il faut concevoir que ce n'est pas simplement des nations qui sont concernées, mais aussi le futur. Et le futur représente pour beaucoup un véritable défi.

Le Futur

Vais-je pouvoir aller jusqu'à mon futur ?

Aller vers le futur qui vous correspond à chacun est un acte parfois difficile : il faut changer. Et lorsqu'un individu ne veut pas changer ou ne se prête pas intuitivement au changement, donc lorsqu'il ne peut pas se changer lui-même, par qu'il ne peut pas s'observer, se prendre en charge, deviner ce qu'on attend de lui, il faut alors des événements.

La création d'un monstre, en fait, n'est rien comparé aux énergies négatives, mesquines et restrictives qui doivent être évacuées du monde actuel. Et je dirais même qu'il faut remercier à certains monstres d'exister, même si cela paraît scandaleux. Certains monstres, sans être voulus par le Plan de Dieu ou des Maîtres, certains monstres sont donc des représentations de ce qui est à extraire de l'humanité.

Ce qui est à extraire, il faut bien le focaliser quelque part à un moment donné. Et c'est le plus faible d'entre les hommes qui, à un moment donné, concrétise, incarne cette faiblesse collective, ce point noir collectif, ce miroir.

Ce qui veut dire qu'en fait l'homme que l'on me demande d'analyser n'est qu'un esclave, il est l'esclave du monde, il n'est pas un fou, il n'est pas un être méchant, même s'il fait des choses horribles. Il est un esclave parce qu'il condense, comme un point noir, toutes les énergies négatives d'un monde, d'un monde qui doit se faire face à lui-même et se regarder.

C'est à ce moment-là que l'on voit d'ailleurs les nations se déterminer.

Font-elles le regard suffisant sur elles-mêmes ? Ont-elles la critique suffisante vis-à-vis d'elles-mêmes pour savoir réagir ?

Et c'est là que l'on s'aperçoit de l'état de l'initiation acquise par l'humanité : selon la réaction, selon le choix.

Bien sur le choix le meilleur n'est pas toujours celui de l'intervention, mais il faut savoir que les gens qui dirigent les pays essayent au maximum de sauvegarder les intérêts des pays et ne pensent pas à l'état philosophique d'une nation.

Vous me direz : “Mais pourquoi est-ce que la Hiérarchie n'inspire pas le comportement idéal aux chefs de la nation ?”

Les inspirations sont envoyées exactement comme elles vous sont envoyées à vous pour votre propre vie. Mais de la même manière que vous déterminez vos volontés, un chef de gouvernement et aussi tous ceux qui l'assistent dans l'acte de gouverner, ces hommes ont aussi leurs idées et leur volonté, ce qui fait que parfois il y a des diversions et que l'on ne peut pas toujours imprimer dans le cerveau de ceux qui vous gouvernent ce qui serait le mieux à faire.

Est-ce que cela veut dire que si j'étais incarné sur la Terre et si je gouvernais les peuples, je retirerai toutes les armées ?

Eh bien oui !

Les Valeurs

Vous me direz que c'est scandaleux, puisqu'il semble tout à fait légitime que l'on aide un pays à retrouver son identité puisqu'il a été envahi. Mais il faut savoir que ce qui motive le déploiement des forces n'est pas quelque chose de philosophique ou de religieux. Ce n'est pas non plus la liberté des peuples, mais c'est couvrir les intérêts d'un certain monde, la structure d'un certain monde, protéger certaines valeurs.

Ce qui fait qu'on ne peut pas avoir le même dialogue, eux et nous, parce que nous ne visons pas les mêmes buts.

Si j'étais en gouvernement sur la Terre, c'est ce que je ferais. Je retirerais toutes les armées. Et je demanderais à tous les autres pays amis d'ouvrir large les frontières à tous les habitants du pays envahi, afin que ces habitants puissent venir vivre ailleurs si leur pays d'origine ne leur convient plus !

Seulement voilà que, même face à cette offre généreuse, les habitants du pays concerné ne vivraient pas cela comme un bénéfice, parce qu'ils analyseraient ce qui fait leur fortune, ce qui fait leur vie. Et ils me diraient : “Je ne veux pas aller vivre ailleurs ! Je ne sais pas comment je vais pouvoir gagner ma vie et perpétuer ma fortune !”

Et c'est là où on s'aperçoit que, encore une fois, eux et nous, nous n'avons pas les mêmes valeurs. Parce que pour nous, l'important c'est de savoir vivre, quel que soit l'endroit, savoir vivre et exprimer sa vie, même si de roi l'on devient soudain un homme du peuple, un homme normal. Seulement voilà que l'homme est attaché à ce qui fait sa richesse. Il est donc normal qu'il refuse mon offre.

Qu'est-ce que cela peut faire, en fait, qu'un individu veuille posséder une terre et ce qu'elle contient ? Cela n'a aucune importance ! Mais à partir du moment où tous les acteurs, tous les comédiens de ce jeu, accordent une importance à ce qu'il y a sur et sous la terre, à ce moment-là nous ne pouvons plus intervenir, le jeu est obligé d'aller jusqu'à son aboutissement, et selon les lois humaines et jamais selon les Lois Divines.

On voit les mêmes aberrations dans le fait que les peuples tiennent à leur détermination.

Tous ceux qui, par exemple, ont dû quitter leur pays ou ont perdu leur territoire deviennent très durs et très sectaires. Ils veulent retrouver ce qui les déterminait. Ils veulent retrouver leur terre ou leur culture. Et ils veulent absolument que, dans le pays qui les accueille, tout soit fait selon leur ancienne façon de vivre. Ce sont des réactions rétrogrades.

Un individu comme un peuple doit toujours essayer de s'adapter à l'endroit où il se trouve.

Non pas pour se fondre dans la masse comme s'il n'avait aucune identité mais simplement parce qu'il faut suivre le courant. Et que là où il se passe quelque chose, et surtout quelque chose de différent, cela veut dire qu'il y a une nouvelle énergie à prendre.

Beaucoup d'individus réagissent de façon rétrograde aujourd'hui, l'avez-vous remarqué ?

Mouvement rétrograde

Des régions veulent devenir indépendantes, se séparer de leur pays, ou des cultures veulent retrouver une terre.

C'est étrange de voir à quel point on assiste aujourd'hui à la recrudescence de ces déterminismes alors que l'Ère du Verseau, le Nouvel Âge, tente d'universaliser les hommes. Et l'on se trouve là, face à un jeu mauvais, un jeu de guerre entre ceux qui ne peuvent pas intégrer une image plus universelle et qui donc essayent de devenir plus Breton que la Bretagne, plus Corse que la Corse, plus Israélien qu'Israël, ainsi que tous les autres peuples et toutes les autres tendances. Tout ceci parce qu'en fait ils n'arrivent pas à intégrer la notion d'universalité qui arrive.

Lorsqu'on ne peut pas aller en avant, on s'aperçoit que les énergies autant que la psychologie font une marche arrière. Il n'y a pas un point neutre, c'est impossible.

La psychologie ce n'est pas comme dans la mécanique, il n'y a pas de neutre. Ou on avance, et, si on ne peut pas avancer, on va reculer.

Pourquoi ?

Tout simplement parce qu'il y a les réactions psychologiques.

Tiens, il y a face à moi quelque chose de nouveau, quelque chose qui me dépasse. J'ai peur. Par sécurité, je vais dans mes racines.

L'homme de façon générale n'arrive pas à se dire : “Eh bien tiens, je vais voir, j'attends. Je me mets à part, je regarde. Je n'essaie pas de me déterminer. Ce n'est pas grave de savoir tout de suite qui je suis, comment je suis fait, où je dois aller.”

C'est un malaise que beaucoup ne peuvent pas endurer. Ils ont besoin tout de suite de se déterminer, de savoir s'ils sont Bretons, Corse, Français, Italiens, Israéliens ou Martiens. Et c'est dans ce besoin de se redéterminer qu'ils font en fait un retour en arrière parce que le passé est très déterminé. C'est de la psychologie uniquement. Mais c'est quelque chose qui mène le monde et qui fait un état de crise au moment où l'on change de dimension culturelle.

La Culture

Parce qu'en fait le Nouvel Âge ne peut être bien compris que si on le conçoit comme ceci : une dimension culturelle différente.

Le Nouvel Âge ne va pas faire que, tiens, d'un seul coup le monde change. Tout le monde devient très philosophe. Tout le monde va pouvoir voir les auras. Tout le monde sera guérisseur. Tout le monde entendra les sons divins. Simplement il faut savoir que la culture sera imprégnée de principes beaucoup plus larges. Par exemple, la connaissance de l'aura sera un fait admis, sans que pour autant la majorité des hommes puissent voir l'aura.

Il y a dans les cultures des éléments que personne ne peut vérifier, absolument personne. Et même pas par l'expérience de plusieurs années d'entraînement. Simplement et de façon générale un homme fait confiance à sa culture. Un homme fait confiance à l'état d'avancement de son pays. Un homme fait confiance à la Science de son pays. Même s'il sait que pour l'instant elle n'a pas tout déterminé, il lui fait confiance quand même. Et c'est ce lien de confiance qui fait qu'une culture, même si elle contient des principes non vérifiables, devient une réalité.

Et pour l'aura, par exemple, donc le corps énergétique de l'homme, la réalité de ce corps deviendra un fait culturel même si il n'est pas vérifiable par la multitude.

Exactement comme aujourd'hui, une vérité bien simple : la Terre tourne. Cette vérité est admise mais elle n'est pas vérifiable et par aucun d'entre vous. Essayez d'aller vérifier cette vérité ! Comment allez-vous vérifier le fait que la Terre tourne ? Vous ne pouvez pas, même en prenant un avion, vous ne pouvez pas le vérifier. Vous n'avez pas du tout la sensation du mouvement de la Terre. Cela ne fait aucun courant d'air sur votre visage. Il vous est intellectuellement impossible de vérifier ce fait, qui pourtant chez vous est admis.

Et vous l'avez admis pourquoi ?

Tout simplement parce que vous avez fait confiance à la Culture, confiance à la Science. Et vous avez fait confiance à la Science parce que vous savez que la Science sait chercher et sait trouver les moyens de vérifier ce fait.

De la même manière, l'existence de l'aura sera non vérifiable pour la plupart, mais admissible, parce que certains en auront vérifié l'existence. Et c'est comme cela que l'on peut grandir une humanité.

Non pas, en fait, en lui faisant la preuve magistrale de ce qui existe, parce que la plupart des individus ne peuvent pas intégrer les preuves qui sont données. Soit à cause d'un manque de développement intellectuel, soit à cause d'un désintéressement tout court.

Par contre, en inspirant, en instruisant certains phares de l'humanité, certains êtres qui vont être les pilotes d'une structure, à ce moment-là, c'est toute une masse qui bénéficie des lumières de ce pilote. La masse l'intègre comme si c'était sa propre expérience, et la masse trouve donc son esprit grandit, comme si elle avait elle-même découvert la chose. Et c'est à ce moment-là que l'on vérifie l'exactitude de la parole de Jésus qui disait que les derniers seront les premiers. Et que même celui qui n'a travaillé que la dernière heure recevra le même salaire que celui qui travaille depuis la première heure.

Pourquoi ?

Cela veut dire tout simplement que des âmes jeunes, il y en a toujours. Des âmes jeunes sont sans cesse en train de venir en incarnation. On ne retrouve pas forcément la même âme depuis la première race sur la planète et jusqu'à la dernière pour le cycle de la manifestation physique. Des jeunes âmes vont venir à chaque Âge et elles auront, à certaines époques, beaucoup moins de difficultés qu'un autre groupe de jeunes âmes ou d'âmes même plus avancées qui s'incarnent à une autre époque où la Science est différente, où la religion est différente.

Il y a donc des difficultés qui sont propres à une situation. Par exemple, des jeunes âmes qui sont en incarnation aujourd'hui auront plus de problèmes à résoudre que les jeunes âmes qui seront en incarnation au plein cœur de l'Âge du Verseau, où l'on aura par exemple comme fait culturel l'existence de l'aura. Alors qu'aujourd'hui une jeune âme doit s'efforcer à l'admettre, doit essayer, par l'intelligence, de s'approcher le plus possible de la conception.

Ce qui ne veut pas dire qu'il y a une inégalité entre des Âges qui offrent tout et des âges qui n'offrent rien. Parce que le but en fait ce n'est pas de savoir si oui ou non l'aura existe. Ce n'est pas cela que l'âme est venue chercher. On se trompe de connaissance ! Bien sûr on comprend beaucoup plus de choses si l'on admet les choses de l'invisible. On se trouve plus souple, plus facilement inspiré. Mais cela n'apporte pas une pierre fondamentale à l'édifice de l'âme.

Je peux faire une évolution tout aussi grande en ne croyant jamais à mon corps éthérique, du moment que chaque jour j'essaye d'être le plus pur possible !

Par contre je n'ai pas forcément une évolution grandiose, même si j'admets l'évolution, même si j'admets l'existence de mon corps éthérique, si à chaque moment où je dois agir et penser, je ne choisis pas d'exprimer le meilleur qui est en moi. Et j'en veux pour preuve le fait que dans des civilisations et des sociétés qui ont connu ces moments d'apothéose spirituelle, où l'on concevait, où l'on discutait très facilement des énergies, les individus n'ont pas fait que du Bien avec cette connaissance et ces énergies. J'en veux pour preuve aussi et tout simplement l'exercice que font certaines personnes d'aujourd'hui de la connaissance qu'elles ont, que ce soit dans des loges, que ce soit dans des sociétés initiatiques.

Ce n'est pas parce que l'on sait quelque chose que l'on va être évolué et meilleur que son voisin qui ne sait rien !

La Connaissance

Parfois celui qui ne sait rien est beaucoup plus pur, parce qu'il se soucie de donner le meilleur de lui-même. Sa vie a tout de suite un goût qui lui est important.

“Tiens aujourd'hui j'ai une mauvaise pensée, eh bien un mauvais goût m'a habité à chaque heure. Je ne veux plus avoir ces pensées là, cela me rend malade !”

Par contre celui qui a quelques connaissances va se dire : “J'ai raison de penser de la sorte ! Parce que tel individu est mauvais ou parce qu'il a tel et tel défaut.”

La connaissance fait que je me trouve juste en jugeant l'autre et je donne ainsi de l'énergie à ma colère puisque je me trouve le droit de le juger.

La connaissance a ceci de beau qu'elle permet à l'homme de se comprendre et de comprendre un peu l'Univers, mais elle a aussi quelque chose de néfaste qui est d'en faire mauvais usage.

Donc quel chemin choisir ?

Est-ce que je vais penser profondément, m'instruire au risque de tourner ce que je sais parfois du mauvais côté ? Ou est-ce que je vais ne plus penser ?

Penser ou ne plus penser ?
Connaître ou ne plus chercher à connaître ?

Ceux qui sont fatigués de ce problème décident parfois de fermer tous les livres, de ne plus s'instruire. Leur ego leur a fait tellement peur qu'ils décident de vite courir en sens inverse ! Ils se sont vus comme des monstres à un moment donné. Tout ça parce qu'ils ont lu dans un livre que l'on pouvait par exemple attirer de l'énergie. Au moment d'une grosse colère, les voici en train de lever l'épée pour attirer la foudre sur leur ennemi. Et lorsque la colère est passée, ils se contemplent, ils se disent : “Mais, ce livre m'a rendu monstrueux ! Il m'a mis l'épée entre les mains ! Et voilà que j'ai eu envie de détruire mon ennemi !”

Il faut comprendre que connaître la nature des énergies n'est pas un fait en soit qui soit problématique. Si j'aborde un livre, il faut que je travaille autant mes émotions que mon intellect.

Et c'est à ce moment-là que connaître ne peut plus me mettre en danger, ne peut plus gonfler mon ego, ne peut plus risquer de me faire utiliser la connaissance à mauvaise escient.

Seulement la plupart des individus se plongent dans des livres, se plongent dans des exercices, sans prendre soin de raffiner leur nature émotionnelle. Et c'est là que surgit le problème.

Raffiner sa nature émotionnelle

Tu fais du yoga ? C'est très bien.
Tu lis tous les livres ? C'est très bien.
Tu fais des exercices de méditation ? C'est très bien.
Tu travailles sur tes chakras ? Je m'en moque un peu mais c'est très bien quand même.

Seulement prends-tu autant de soin à raffiner ta nature émotionnelle. C'est là que je te demande de travailler un petit peu.

Lorsque tu es en train de lire un livre et que tu t'aperçois que tu es dévoré de l'envie de savoir davantage, que tu t'agaces si tu ne comprends pas tout de suite, que tu es dévoré par le fait de vouloir vite aller voir dans d'autres livres ce qu'il complète, celui-là. Tu t'aperçois que cette envie qui jaillit et que tu peux identifier à l'envie de connaître, cette envie qui jaillit n'est ni plus ni moins qu'un désir, exactement le même désir que celui qui réside dans ta partie sexuelle.

En fait, lorsque je suis poussé à quelque chose, poussé à m'intéresser à un livre, poussé à m'intéresser à une vérité, lorsque je subis une aspiration, il faut savoir que dans un premier temps, cette aspiration qui vient du monde de l'âme va devoir utiliser des énergies qui sont dans ma nature de tous les jours. Et c'est souvent donc l'envie de connaître qui va être réveillée pour simplement orienter l'individu vers l'étude.

Tout ce que l'âme dit c'est : “Oriente-toi vers l'étude !”

Mais dans une masse aussi lourde que la masse de l'homme traditionnel, si l'âme ne passe pas par l'envie de connaître, elle ne sera jamais entendue. Et c'est comme cela que l'on voit des individus être dévorés par l'envie de lire, de tout comprendre. Ils se précipitent à tous les endroits où on peut les instruire, et ils sont avides que c'en est une douleur !

Certains on même la tête en saccage parce qu'ils se disent : “Je ne peux pas encore comprendre ceci et cela ! Cela m'habite ! Cela me perturbe !”

En fait, lorsque tu te sens saccagé de la sorte, c'est parce que tu es en train d'éprouver le désir de la chose. Alors débarrasse-toi du désir et garde dans ta mémoire l'information de l'orientation. Et tu verras que, à partir de ce moment-là, tu disposes d'une immense patience. Ce que tu comprends aujourd'hui t'est très agréable et ce que tu ne comprends pas encore ne te dérange pas outre mesure. Et cela te sert au contraire d'orientation pour savoir où tu dois aller pour comprendre mieux. Cela t'indique donc tes manques, tes points de travail.

Celui qui a encore une nature émotionnelle trop traditionnelle, va vouloir se précipiter partout pour dévorer la connaissance et, prisonnier de tant d'émotions, même s'il l'a la connaissance, même s'il frôle le renseignement qu'il cherche, bien il ne le verra pas, parce que la compréhension va de pair avec un niveau émotionnel.

Donc, si vous êtes en train de lire, laissez-moi vous dire de quelle manière vous devez lire.

Comment lire un livre

Dans un premier temps, faites le calme.
Asseyez-vous à votre table de lecture.
Gardez votre livre sur les genoux.
Mettez vos mains par-dessus et faites le calme quelques instants.

Ce n'est pas simplement du papier qui est devant vous, c'est toute une pensée, c'est tout un petit monde. Et cette pensée, vous pouvez la capturer par votre propre pensée.

Le fait de lire, ensuite, est une façon de mettre des mots sur des idées. Mais en fait vous pouvez parfaitement intégrer un livre en le humant par l'esprit.

Pourquoi je dis le humer par l'esprit ?

Tout simplement parce que les mains, et plus particulièrement le bout des doigts, sont des lecteurs de vibrations, des lecteurs de pensées aussi. Lorsque vous promenez vos doigts, pour ceux qui ont une certaine sensitivité, lorsque vous promenez vos doigts, vous mettez votre esprit en connexion avec la substance que vous caressez. À ce moment-là, il y a une lecture directe. Tout ce qui est contenu dans le livre, ou dans la pierre, ou dans la pièce, se déverse en vous et devient connu.

Dans le cas d'un livre, lorsque vous faites cet exercice, vous allez donc intégrer massivement le niveau auquel le livre aspire à vous faire monter. Ensuite, lorsque vous allez passer à la lecture, ce sera pour vous une façon de mettre les mots sur chaque chose, sur chaque idée. Ce sera une façon de pouvoir aussi savoir en parler ensuite, parce que l'on vous aura donné les principes majeurs.

Toute lecture doit avant tout commencer par une palpation.

Comment est-ce que je vais pouvoir intégrer un livre si je n'ai pas pris contact avec lui ? Et prendre contact, c'est aussi le toucher parce qu'il est un être. Il est vivant lui aussi, dans une certaine mesure, puisqu'il contient la pensée de quelqu'un ou d'un Principe.

Une fois, donc, que j'ai essayé de pressentir la sphère que détermine le livre, je peux commencer la lecture. Et je dois lire très calmement.

Finies les lectures où je suis envieux d'aller jusqu'à la dernière page !
Finies ces lectures rapides !
Finies ces lectures sous l'emprise ou de l'agitation ou de l'émerveillement !

Je dois lire calmement en maîtrisant ma respiration pendant la lecture.

Si je deviens conscient de ma respiration alors que je suis en train de lire, que ce soit l'énoncé d'un Principe quand je lis un texte sacré ou l'énoncé de la pensée d'un homme, je rentre automatiquement en résonance symbolique avec le Principe ou la pensée. Ce qui fait que je rentre en communication avec le monde abstrait, le monde des symboles.

Et même si mon intellect, aujourd'hui parce que fatigué ou en fait tout accaparé par certaines limites, même si mon intellect de par lui seul ne me permettrait pas de comprendre la phrase, en faisant appel au monde intuitif qui est en moi, par les moyens décrits, je me mets dans la possibilité de comprendre la phrase.

Je ne vais pas pouvoir tout de suite me l'expliquer d'ailleurs. Ce sera un flash, une porte qui soudain s'est ouverte et qui se referme. Mais cependant j'aurai senti la Réalité qui est exprimée. Et en revenant plusieurs fois à l'exercice, ensuite mon intellect va pouvoir l'interpréter et de cette manière je vais pouvoir en discuter.

Chaque fois qu'un individu dit, par exemple : “Je sens telle chose mais, je n'arrive pas à la décrire, je n'arrive pas à l'interpréter, je serai incapable de l'enseigner à qui que ce soit.”

C'est tout simplement parce qu'il y a un gros décalage entre la capacité intellectuelle et la capacité intuitive et que l'intellect pour des raisons X ou Y, n'a pas réussi encore à se dilater suffisamment pour recevoir ce que l'intuitif de la personne a déjà intégré dans sa réalité.

Alors, quelques fois, ces différences de volume sont dues au fait que l'individu a d'autres problèmes à régler et donc sa capacité intellectuelle est focalisée sur des notions bien précises. Puis, lorsque ces problèmes-là seront réglés, l'intellect va pouvoir se libérer et fusionner complètement avec l'intuitif. Ce qui fait que ce que vous ne pouviez pas expliquer hier mais que vous ressentiez très bien, lorsque vous aurez par exemple réglé votre problème affectif ou familial ou professionnel, eh bien vous saurez parfaitement l'expliquer avec les mots juste, la virgule exacte et ceci dès demain. Mais entre ces deux moments, il y a d'abord une solution que vous devez trouver à votre monde quotidien, votre monde concret. Et pour vous c'est là l'instant initiatique.

Ce n'est pas dans le fait de comprendre la phrase mystérieuse, parce que son sens va se délivrer automatiquement sitôt que vous aurez rempli votre défi, et qui est peut-être d'ordre simplement affectif ou émotionnel ou familial ou professionnel. Souvent donc l'homme se bute contre des éléments qui ne peuvent pas être réglés avec les moyens qu'il emploie. Et c'est là où l'on s'aperçoit qu'il faut avoir le sens initiatique pour comprendre que, tiens, si je ne comprends pas telle phrase de la Bible ou du Coran ou des paroles de Bouddha, ce n'est pas parce que la phrase est bizarre, ce n'est pas parce que je n'ai pas l'initiation pour, c'est parce que je n'ai pas réglé mes comptes avec mon père ou ma mère. C'est parce que je suis prisonnier d'une certaine image dans laquelle m'enferme mon patron ou mes collègues de travail. C'est parce que je suis encore captif ou captive d'un certain traumatisme. Une énergie, là, est bloquée et elle me manque pour comprendre tel ou tel mystère.

Donc, lorsque je suis en train de lire, je dois avoir une attitude de contemplation en fait. Ceci pour que mes énergies soient au plus calmes. Ceci est important parce que si je suis captif de l'image dans laquelle m'enferme mon patron ou mes collègues de travail, si je suis encore sous le choc d'un traumatisme, c'est un moyen pour moi de mettre ces inconvénients de côté.

Par le calme de ce fait, je peux faire fonctionner mon intuition et [...]

[...] ou mon esclavage vis-à-vis de quelque chose. Mais il faut que je me mette dans les conditions pour. Et ces conditions, c'est le calme.

Alors cette lecture comment doit-elle avoir lieu ?

Comme je l'ai dit, je prends contact avec le livre, avec la pensée du livre.

Je l'ouvre calmement. Je prends conscience de ma respiration. Et chaque fois que je lis je reste au plus, le plus que je le peux, conscient de la respiration qui a lieu en moi.

De ce fait ce que je lis est tout autant en résonance avec mon mental intuitif, mon mental abstrait, comme mon mental concret. En faisant fonctionner les deux plans, je peux aboutir à une intuition grandiose à une pénétration superbe des mystères.

En fait c'est méditer tout en restant actif, puisque lire est un principe très actif. Mais, si en même temps je reste conscient de ma respiration, c'est un peu comme si je restais actif sur le plan concret et contemplatif dans le plan spirituel. Je mets donc en vie les deux éléments qui me composent, ils peuvent se compléter et aboutir à une révélation.

Tu fais du yoga aussi, par exemple ? Très bien. Tu fais des exercices des postures, des méditations, des visualisations ? Très bien. Mais que faire en complément pour raffiner ta nature émotionnelle ?

Eh bien en complément, et puisque tu travailles avec des postures, avec des visualisations, tu vas être plus face à tes émotions. C'est un peu comme si tu accélèrais ta vie émotionnelle, ta vie karmique.

Accélération

Dès que l'on touche au monde de l'énergie, on se met en état d'accélération. C'est inévitable. C'est pour cela qu'en fait, faire du yoga devrait être quelque chose de très réfléchi. On ne peut pas simplement se lancer là dedans sans savoir ce que cela comporte comme conditions - je ne dirai pas "les dangers", mais simplement comme conditions.

Si tu actives des énergies, pense bien que tu vas aussi activer ton destin. Et ce que tu devais, par exemple, éprouver sur les dix prochaines années de ta vie tu vas te trouver en train de l'éprouver là, cette année, et tu n'auras pas plus que les 365 jours de l'année pour régler le problème. Tout simplement parce qu'il y a intensification de la circulation des énergies en toi, donc ton destin va aussi circuler plus vite. Il va se mettre face à toi de façon plus intense. C'est ce qui s'appelle aussi "sortir de la masse".

Cela, vois-tu, pour certains cela peut représenter un danger, il se dira : “Bon ben, je vais suivre mon cours normal.”

Mais on peut aussi faire ce choix décider d'accélérer les choses, non pas parce que en soi elles sont accélérées comme si on allait aller plus vite que l'autre, mais on les accélère du fait que on en devient conscient plus effectivement. Et en devenir conscient plus effectivement cela veut dire que l'on va aussi devoir prendre des mesures. Donc cela veut dire que l'on sera dans des épreuves de façon plus précipitée et rapprochée qu'un homme qui est resté dans un mouvement plus lent de la vie.

C'est pour toi une façon non pas vraiment d'aller plus vite, c'est une façon d'être plus vivant. Dès que l'on est plus vivant, on accélère le déroulement de l'histoire. Et c'est comme cela que l'on sort du lot. Vois-tu ?

Donc, dès demain que vas-tu faire et avec les problèmes du monde et avec tes problèmes et avec ton évolution pour faire un tout de ce que je viens de dire ?

Les problèmes du monde sont au monde, ce n'est pas toi qui peut décider s'il faut aller attaquer, s'il faut rester tranquille, s'il faut se retirer d'un pays qui est en crise ou amène la crise. Tu ne peux pas le faire. Et, bien que les démocraties se disent démocratiques, elles ne sont pas au point de demander, pour toute action, ce qui doit être fait ou pas.

Tout ce que tu peux faire, c'est au niveau de la pensée, planter ses graines - comme je te l'ai indiqué tout à l'heure - de façon à ce que les choses se passent du mieux possible pour le destin réciproque.

Ce qui ne veut pas dire que tu dois supposer que la paix soit de retour tout de suite. Vise ce qui est le plus utile pour le futur. Le futur tu ne le connais pas, tu vas me dire. Eh bien, ne le détermine pas ! Demande simplement qu'interviennent, par exemple, les anges de la Miséricorde, pour que ce qui est vraiment utile au monde se fasse.

Que faire avec tes problèmes personnels ?

Tes problèmes personnels doivent être traités un peu de la même manière que j'ai décrite pour les problèmes du monde. Quels que soient les problèmes, leur envergure ou leur proximité avec toi, ou tout simplement leur appartenance à une nation, le problème réveille toujours la peur.

La Peur

Et ton premier ennemi à abattre dans un problème ce n'est pas l'énigme qu'il représente mais la peur qu'il engendre.

Que ce soit la peur de passer un examen, que ce soit la peur de savoir faire ses valises pour partir ailleurs parce que l'époux ou l'épouse ne convient plus, que ce soit la peur de changer d'individualité, toutes ces peurs-là sont des limites à l'entendement beaucoup plus qu'à l'épanouissement, en fait.

Si l'on veut réellement aider un individu, il faut lui faire prendre, comme il faut, conscience de la notion de peur. Lui montrer à quel point elle sait se déguiser, de façon à ce qu'il puisse l'identifier chaque fois.

Tu vas me dire : “Mais quelle est la racine de la peur ? Comment se fait-il qu'elle existe si puissamment et qu'elle se réveille pour n'importe quel sujet ?”

Je dirais que la nature de la peur existe du fait que l'individu se trouve intellectuellement désarmé face à un événement, ou une situation ou une description morale ou mentale de quelque chose.

On peut avoir peur de Dieu aussi bien que d'un monstre, parce que Dieu c'est quelque chose que l'on peut pas vérifier, que l'on ne peut pas comprendre ou concevoir. Alors cela peut faire peur autant que de rencontrer un monstre bien en chair. Et généralement, quand on a peur de Dieu, cela se révèle dans la psychologie humaine par le fait que l'homme a peur de son destin. Il ne sait pas de quoi demain sera fait. Alors il a peur, peur pour lui. Et s'il est un homme appartenant au monde concret, sa peur de demain sera la peur de son porte-monnaie de demain, la peur de son mariage de demain, etc. Il va passer par des références bien concrètes qui construisent sa vie. Mais en fait c'est la peur du destin tout court et c'est la peur de Dieu, la peur de celui qu'il ne connaît pas.

J'ai peur quand, face à une notion ou face à une situation, je suis intellectuellement désarmé pour résoudre la situation. Ce qui veut dire que je dois réfléchir à propos de la notion ou de la situation. Le fait que j'ai peur m'indique tout de suite le type de travail que j'ai à faire.

Je ne dois pas faire de la pensée positive, de la gonflette pour les canards prêts à l'envol : “Mais non, je n'ai pas peur ! Mais oui, tout ira bien ! Mais non, je n'ai pas peur ! Mais oui, tout ira bien !” Ce n'est pas comme cela que je vais pouvoir résoudre mon problème.

Je vais pouvoir transformer mon énergie de peur en l'investissant comme énergie d'observation : “D'accord ! Pour l'instant je ne sais pas où je dois aller, je ne sais pas de quoi demain sera fait, je ne sais pas quel choix je dois faire, mais cela veut dire que je dois hérisser toute mon attention pour observer la situation et pour m'observer, moi, dans la situation.”

La plupart des situations s'éclairent d'elles-mêmes dès que je prends réellement conscience de moi vis-à-vis de la situation.

Par exemple lorsque - je vais citer un cas très traditionnel, très courant - lorsque un homme ne sait pas s'il doit épouser telle femme, ou telle femme épouser tel homme et qu'elle réfléchit ou qu'il réfléchit à propos de l'implication de tout cela, à savoir si sa vie risque d'être bonne ou de devenir mauvaise. C'est un choix délicat c'est l'engagement pour plusieurs années avec quelqu'un, bien sûr c'est délicat. Mais l'interrogation se résout tout de suite, le problème se dissout tout de suite dès que je m'observe, moi, dans la situation. “Qu'est-ce que j'attends d'un mariage ? Qu'est-ce que j'attends d'une alliance ?”

Le Couple

Je ne dois pas me poser la question : “Est-ce que je vais m'entendre avec Delphine ou Josépha ? Est-ce qu'elle va me faire ce que je veux ? Est-ce qu'elle va griller mon pain comme je l'aime ? Est-ce qu'elle va participer à la construction de la maison que je rêve d'avoir ? Bien sûr, Delphine ne va pas pouvoir me répondre tout de suite à toutes ces interrogations. Elle pourra me promettre, mais j'ai bien vu ce que cela a donné avec mes amis. Elle avait tout promis et elle n'a rien tenu !”

Forcément, donc, s'engager avec quelqu'un représente une somme de peurs, parce qu'une somme d'inconnus. Alors on se dit : “Eh bien on essaye ! Tant pis ! Aujourd'hui, de toute façon on peut facilement divorcer alors si ça ne va pas je ne risque plus rien, je peux me débarrasser de l'individu.”

Tu ne dois pas te demander si tel être correspond à tout ce que tu attends d'un être. Et généralement tu attends d'un être tout ce que tu ne peux pas te donner à toi même.

Généralement tu attends d'un être tout ce que tu ne peux pas te donner à toi même.

Si tu attends de quelqu'un qu'il soit capable de travailler pour t'aider à payer ta maison ça veut dire que toi tout seul tu ne peux pas te la payer ta maison, tout simplement. Alors pourquoi est ce que tu ne te donnes pas les moyens de payer toi-même ta maison ? Pourquoi est-ce que tu vas te mettre dans une position faible, inférieur, et donnant lieu à des caprices en faisant appel à quelqu'un que tu ne pourras pas contrôler, qui peut-être au début voudra t'aider et après ne pourra plus ou ne voudra plus t'aider. Ce qui fait qu'ensuite, lorsque tu seras au moment de l'évidence, au moment où la personne te dira : “Non, je ne veux plus t'aider !”, tu crieras après le destin. Tu diras : “Mais finalement l'amour ça n'existe pas ! Ça ne vaut rien ! Ça dure un temps, ça ne dure pas toujours. Au début, on me promettait tout, tout ! Après on m'a tout repris ! Il n'y a pas de stabilité !” Et tu vas reprocher à l'autre son instabilité, mais tu ne vas pas t'apercevoir à quel point toi, dès l'origine, tu étais en fait un agent de commerce.

Même si tu mettais l'épice de l'amour, là, un peu au milieu, mais ce n'était que du commerce. Et combien d'individus font du commerce avant de faire l'amour ? Tous les couples en fait. Et des fois c'est un commerce affectif, psychologique.

“Tiens, je n'ai pas eu de papa ! Alors je vais me trouver un mari tout gentil, tout caressant, tout câlin, qui fume la pipe, qui a la voix chaude, qui met les pantoufles le soir...” C'est un commerce ! J'attends de l'autre, j'exige de l'autre qu'il soit cela. Et le jour où mon bon vieux papa se retrouve à sa 40e année et se retourne sur les petits brins de filles blonds qui sortent tout frais du printemps, je trouve que mon père est diabolique ! Le commerce ne peut plus avoir lieu ! Et il ne me donne plus mon argent paternel, et il me vole ! Alors je l'accuse de tous les vices. Je l'humilie en le traitant d'individu trop vert, qu'il ne sait pas mûrir, en le traitant de dévergondé, d'obsédé !

Mais en fait cet individu que je traite de tous les noms et que j'abîme, je ne le connais pas. Tout ce que je connais de lui c'est le père que j'attendais, mais l'homme il m'échappe complètement ! Et c'est là la grande surprise ! Parce que se réveille en lui la partie que, jusqu'à présent, je ne voyais pas parce que je ne voulais pas la voir.

Ne dites pas : “Ma femme a changé, mon mari a changé.” C'est faux ! Un individu vient avec un tempérament un caractère, il peut être amplifié ou minimisé, mais la tendance est là. Il y a tout simplement des choses que, vous, vous ne voulez pas voir. Parce que vous attendez quelque chose de beaucoup plus précis de l'autre.

Par exemple, le mari ne veut pas voir que sa femme peut être sa maîtresse, parce qu'il veut une mère, une femme au foyer, une femme qui fait les pâtes fraîches à la maison, et dès que cette femme veut être La femme et qu'elle voit que le mari n'a pas envie de jouer ce jeu, la femme étouffe sa féminité. Mais un jour, à force de l'étouffer, cela devient comme une maladie et elle a besoin de l'exprimer encore plus totalement que si elle s'était simplement et naturellement laissé aller à l'expression. Et, d'un seul coup, voilà que la femme prend un amant. Catastrophe au foyer ! Révolution dans les ménages ! Une nouvelle fois le même profil le mari trouve que la femme a quelque chose qui ne va pas et qu'elle a un feu mal placé ! Mais en fait le feu n'y est pour rien puisqu'il a toujours été là. Seulement le mari n'en a pas pris soin, ne l'a pas identifié, ne l'a pas mené à l'expression que la femme attendait.

Les couples sont toujours emprisonnés dans ce problème. De quoi avez vous fait commerce au commencement ?

Lorsque cela ne va pas chez vous, interrogez-vous à propos de cela. Cela passe donc par une conversation absolue, une confession absolue.

De quoi avons-nous fait commerce au commencement ?
Qu'est-ce que tu attendais de moi ?
Qu'est-ce que j'attendais de toi ?
Alors que nous ne sommes que nous-mêmes.

Une fois que les attentes tombent, les individus peuvent se faire plaisir, peuvent enfin faire place à l'amour. À ce moment-là il y a un climat de paix qui fait que l'on est disponible pour l'autre. Ce qui fait que la femme qui a besoin d'un père et que l'homme qui a besoin d'une mère arrivent à puiser cette même énergie pour se combler, puisque c'est un besoin. Mais cela provient d'une disponibilité de l'autre qui devient universel.

L'autre devient universel

Ce n'est pas un rôle que je l'oblige à jouer à chaque seconde, mais à chaque seconde je peux puiser dans la capacité de l'homme à être un père et de la femme à être une mère, parce que, d'un seul coup, l'individu est universel. Il va donc pouvoir répondre à tous mes besoins.

Mais il faut que je lui laisse la possibilité d'avoir ses mille visages. Si je fais un masque et que de force je le colle sur mon compagnon ou ma compagne cela ne va pas marcher.

Maintenant, enlève le ou les masques que tu as mis. Regarde simplement un être humain. Fais-lui confiance ! Et apprends-lui aussi à te faire confiance ! Réjouissez-vous simplement dans le fait d'être vivant et d'être deux à être vivants ! Et vous allez voir que vous allez pouvoir combler, par des sentiments et des sensations, des perceptions, tous vos manques et tous vos traumatismes, comme si l'autre jouait le jeu alors qu'en fait il est tout simplement en train de vous regarder et de laisser couler l'amour.

L'Amour et la Disponibilité

L'amour est quelque chose de neutre. Cela ne peut pas être identifié à du secours, de la miséricorde, du pardon, c'est quelque chose de neutre en soi. Cela n'a pas de visage et c'est parce que cela n'a pas de visage, parce que cela n'est pas défini, qu'une fois que l'amour vient à votre rencontre il se définit en ce dont vous avez besoin.

Un individu qui, par exemple, incarne l'énergie du père plus particulièrement, va attirer à lui toutes les personnes qui ont besoin du père, mais vont en même temps hérisser profondément, jusqu'à même créer la haine vis à vis et dans le coeur de ceux qui n'ont pas besoin de père et qui ont envie, eux-mêmes, d'être des pères pour d'autres. C'est ce que l'on appelle les conflits de personnalités.

Tandis que si je ne suis pas déterminé, je ne suis ni typé pour être plus spécialement un père ou une mère ou quoi que ce soit d'autre, je suis l'amour, je suis la disponibilité.

Au moment où je suis face à l'autre, je vais sentir ce dont il a besoin. Un, je vais le réconforter comme un père ; l'autre, le réconforter comme une mère ; pour l'autre je vais être le sauveur ; pour l'autre je vais être simplement l'ami, le copain ; pour l'autre un instructeur ; et pour l'autre rien du tout, parce qu'il n'a pas besoin de moi.

C'est ce qu'il faut - au fur et à mesure que vous évoluez, c'est ce qu'il faut apprendre : savoir être neutre pour être disponible totalement vis-à-vis de l'autre, en considérant uniquement son besoin et non pas en considérant ce que, vous, vous êtes et que vous pouvez apporter à l'autre.

Si vous êtes déterminé, vous ne pourrez être en correspondance qu'avec, par exemple, deux personnes sur dix. Si vous êtes très intellectuels, vous ne pourrez correspondre qu'à trois personnes, les trois personnes intellectuelles dans le groupe de dix. Mais si vous ne vous affichez pas comme ni spécialement intellectuel, ni spécialement intuitif, ni spécialement ésotériste, ni spécialement ceci ou cela, quand monsieur X vient vers vous, vous allez pouvoir lui répondre, quand monsieur Y vient vers vous, vous allez aussi pouvoir lui répondre. À l'un il aura fallu donner de l'intellect, à l'autre une vision venant de l'intuitif, et à l'autre simplement un conseil psychologique pour contrôler sa vie affective.

Être l'Amour, c'est être ce point non défini.

Mais cela passe par une libération de l'ego. Si je veux être ce point indéfini de l'Amour, je vais devoir apprendre à ne plus me définir moi-même. Donc mon existence est remise en cause. Et c'est là où je suis amené à réfléchir sur ce qu'est l'existence, par quoi et comment est-ce que j'existe, qu'est-ce que c'est qui me définit et l'on va pouvoir faire un bilan de ce qui me définit.

Je suis intellectuel, je ne le suis pas, je suis bourgeois ou marginal, je suis ésotériste ou cabaliste, je suis religieux, ou je suis ceci ou je suis cela. Le bourgeois va s'entendre avec tous les bourgeois, le marginal avec tous les marginaux, l'intellectuel avec tous les intellectuels, le savant avec tous les scientifiques, tous les Français avec les Français, tous les noirs avec les noirs...

Et après on vient me demander pourquoi il y a des problèmes dans le Golfe Persique !

Voilà tout simplement pourquoi il y en a : chacun est défini dans son propre camp ! C'est ce que je vous explique depuis le début du discours. Et chacun y tient à sa définition ! Et la définition c'est la plaie de l'égo !

La définition c'est la plaie de l'égo !

C'est là la mort ! C'est ce qui vous fait mourir !

La Mort

Je suis défini donc je vais à la mort.

C'est inévitable ! Puisque je vais dans un Univers qui est sans cesse en transformation et en évolution, je ne peux donc pas me permettre, la simple Loi de la Nature ne me permettra pas d'être dans un état de définition absolue et cristallisée. La simple Loi de la Nature va me briser, me broyer, pour me faire retourner à l'indéfini, afin que, me rafraîchissant un peu la mémoire, lorsque je reviens je construis une définition un peu moins cristallisée. Et, de mort en mort, j'apprends à vivre, à être.

Mais il me faut passer par la mort. Et Dieu sait que c'est difficile ! Mon Dieu que c'est douloureux ! Cela arrache tout dans l'individu !

Mais en fait, ce n'est pas ta vie qui meurt, c'est ta mort qui meurt !

Et qu'est-ce que la mort alors, selon ma définition ?

Eh bien, la mort pour toi c'est d'être différent de l'autre, séparé de l'autre, défini beaucoup trop clairement par rapport à l'autre.

Tu es Pierre, Paul, intellectuel, Russe ou Français : ça c'est ta mort ! Tu t'identifies à toutes ces choses ! C'est ta limite ! Et tu n'es pas heureux, parce que si Paul n'est pas beau, tu vas être mécontent de ton corps, parce que si Paul n'est pas intelligent, tu vas être mécontent de ta brillance qui sera trop petite à ce moment-là. Par contre tu seras très content si Paul est beau, très intelligent et blanc en plus !

Donc chaque fois que tu vas pouvoir tirer le maximum d'une incarnation, tu vas t'aimer, tu vas te sentir beau. Et ce sera, pour toi et selon toi, le plus beau de la vie, mais en fait c'est le summum de ta mort. Comparé à la réalité de ce qu'est ta vie, la vie de ton esprit, c'est une mort. Donc, chaque fois que tu meurs, c'est en fait ta mort, ta prison qui meurt, mais tu ne le sais pas. Et c'est pour cela qu'envisager la mort, pour toi, est quelque chose de si terrifiant, même si tu crois à la réincarnation.

Parce que croire à la réincarnation ne veut pas dire que l'on est confiant le jour de la mort. “D'accord ! D'accord ! Mais le plus loin possible s'il te plaît !” La réincarnation, je dirais même, provoque la peur de la mort. Ce qui veut dire que, dans un premier temps, au lieu de se sentir éternel on va se sentir condamné à mourir. “Se réincarner si souvent ? Et pourquoi endurer tant de morts ?” La mort devient à ce moment-là un sujet qui semble envahir toute ta vie et tu vas te demander : “Mais combien de fois suis-je mort ? Et de quelle manière ? Tiens, pour que je sois claustrophobe, c'est que j'ai dû mourir dans des éboulements ! Mon Dieu, que c'est horrible ! Si j'ai peur de rentrer dans ma baignoire, c'est que j'ai dû mourir noyé !” Et ainsi tu passes ta vie à penser à toutes les morts que tu as dû endurer. La mort devient à ce moment-là une préoccupation pour toi.

Voyons les choses différemment.

Il y a une Vie qui essaye, dans chaque forme, dans chaque incarnation, de se révéler de plus en plus à elle-même. Pour la personnalité qui en est le passage, il y a l'illusion de la mort, donc l'abattement des illusions, des principes et d'un corps d'une personnalité dans laquelle ces principes étaient en mouvement.

Si pour toi il semble que la mort existe vraiment - car pour toi elle existe, pour ta personnalité elle existe vraiment, cependant elle n'existe pas pour ton esprit, lui, il ne fait que se dégager. Et la preuve en est de ce que je dis que le jour où tu n'as plus d'illusions, le jour où tu n'es plus sensible et soumis à ces illusions, tu deviens éternel !

Comme le disent certains dans certaines écoles : tu te trouves au niveau de la quatrième initiation majeure et tu as vaincu la Matière. Tu es par delà l'illusion et tu es royal, comme un aigle dans le ciel de la conscience de toi-même.

“J'ai conscience de moi-même. Je n'ai plus conscience des illusions, de l'involution.”

Dès qu'il n'y a plus d'illusions, il n'y a plus de mort. Tu peux quitter ton corps mais tu restes vivant et tu peux même conserver ton corps, il n'y a plus rien qui le fasse vieillir ou périr. Ce sont les illusions. Mais Dieu sait qu'elles sont grandes et Dieu sait qu'elles sont nombreuses ! Même lorsque l'on est un initié avancé, il en reste toujours suffisamment pour encore déclencher le phénomène de la mort du corps et de cette psychologie qui engendre ce type d'illusions X ou Y.

Tant qu'il me reste un grain d'illusion, même l'illusion la plus évoluée soit-elle, mon corps déclenche un processus d'auto-destruction. Il vieillit. Parce qu'il ne peut pas tirer tout simplement une sève éternelle d'une illusion. Le corps peut tirer une sève éternelle de la Réalité. Il se trouve à ce moment-là comme branché sur le Soleil et, éternellement, le Soleil lui envoie un prâna largement supérieur à celui que reçoit la Nature, et ce corps est en état de régénération constant. Et, en même temps qu'il est en état de régénération constant, il est en même temps en état de rayonnement. Il devient un phare pour les autres hommes. Et c'est à ce moment-là que l'on remarque le Maître, parce que c'est la fonction qu'il occupe, c'est le rayonnement qu'il émet.

Donc, si vous voulez savoir pourquoi vous avez des rides, ne cherchez pas à compter les jours qui passent, ne cherchez pas non plus à mettre de bonnes crèmes, vous avez autant de rides que vous avez encore d'illusions. C'est tout ! Et la meilleure des crèmes pour le visage ou pour le corps, pour la beauté comme pour la santé, c'est la crème de la Réalité.

La Réalité

Cette crème se prépare tous les matins dans le petit pot de l'existence. Ce n'est pas un peu de camomille ou un peu de collagène ou un peu d'autre chose qui arrêtera le temps. Le temps n'existe pas, on ne peut donc pas l'arrêter !

Ce qui existe par contre c'est la cristallisation d'un phénomène qui n'est pas réel, qui doit donc subir des transformations. Si je pense, si je conçois quelque chose de faux, dans le monde affectif comme dans le monde philosophique, ce quelque chose qui est faux va demander transformation. Puisqu'il y a, dans tout esprit, dans tout ce qui vit, la poussée vers la Réalité, c'est le moteur principal. Donc concevoir quelque chose qui n'est pas vrai confronté face à ce moteur qui pousse vers la Réalité et le Perfectionnement, va, par friction, déclencher la nécessité de la transformation. Cette transformation s'opère par ce que, vous, vous appelez la mort. Et ce que, nous, nous allons tout simplement définir par mouvement de transformation, tout simplement.

On peut mourir sur le plan des idées, sur le plan des valeurs, comme sur le plan physique et pendant une vie un homme peut mourir plusieurs fois, parce qu'il aura plusieurs fois changé de niveau de conscience, de compréhension, d'attitude psychologique ou affective. Et chacune de ces morts ne lui aura pas fait peur pourtant, puisqu'il sera allé vers un plus grand bonheur.

Donc un homme doit apprendre que la mort n'est pas quelque chose de contraire à la vie, mais nécessaire, absolument, à sa survie.

Lorsque l'on fait la somme d'une personnalité, on peut parfaitement déterminer la façon de mourir et l'heure de la mort, parce qu'on sait que telle illusion va prendre par exemple 15 ans ou 30 ans de cristallisation, et que pendant ce temps de cristallisation toutes les énergies vont être usées. On peut parfaitement, donc, déterminer, en faisant la somme des illusions, la longévité d'un individu. Mais on ne pourra pas dire que l'individu va mourir à telle heure, tout simplement parce qu'il y a des individus qui ne vont pas être conscients de leurs illusions. Ce qui fait que bon nombre de grands-pères montagnards font des centenaires et pourtant ils sont dans des voiles épais d'illusions, des voiles encore plus épais que les vôtres, vous qui allez vivre 40 ans ou 50 ans ou 60 ans, parce que, tout simplement, la pensée n'a pas encore pu concevoir même des pensées pouvant aboutir à des illusions.

La tortue, par exemple, ne se pose pas la question de Dieu, elle ne peut pas concevoir l'interrogation. Un homme débutant sur le Chemin ne peut pas non plus se poser la question de Dieu ou de la profondeur de l'Univers, des distances entre les étoiles. Par contre, vous, oui. Ce qui fait que votre cristallisation va être beaucoup plus forte, en fait, que celui qui n'a pas encore la possibilité de penser.

Et c'est en ce sens que l'on conçoit la mort comme étant rédemptrice. Parce que vous allez mourir plus vite que celui qui ne pense pas encore. Et, du fait de mourir plus vite, vous allez renaître plus vite, comprendre plus vite, être libéré plus vite.

Faites de la mort une amie au lieu d'une ennemie. Mais comprenez-là au sens de l'Esprit.

Dès que l'on dit mort, l'individu pense tout de suite à son corps, alors que cette mort-là ne vient que si l'Esprit est dans un état de mort. Alors, quand je dis "mort", ne pensez pas à votre corps, pensez à la somme de vos illusions. Et faites de la mort votre amie, ayez envie de rencontrer vos illusions et de les dissoudre. Et vous verrez qu'ainsi vous repousserez la porte de la mort physique, tout simplement.

Un être éternel n'est pas quelqu'un qui a vaincu la mort, le temps. Un être éternel est quelqu'un qui a dissous ses illusions.

Un être éternel est quelqu'un qui a dissous ses illusions.

Je veux que cela soit compris ce soir. Même si vous n'avez entendu que cela de toute la séance, c'est largement suffisant !

Je ne meurs qu'à cause de mes illusions, mon corps subit l'impact de mes illusions et il vieillit en comparaison avec l'épaisseur de mes illusions.

Bien sûr, des esprits concrets peuvent me rétorquer : “Le stress va me vieillir beaucoup plus vite que mes illusions.” Bien sûr ! Mais je te réponds que le stress c'est lui-même une illusion !

Le stress

Si tu as des heures de travail effrénés à couvrir dans la journée, si tu as des responsabilités difficiles à assumer dans la journée, si c'est une réalité que l'on ne peut pas détourner, qui est bien là, et que je reconnais moi aussi. Qui te dit que tu dois assumer tout cela avec les nerfs ? Avec anxiété ? Avec angoisse ? Remplis exactement le même travail, sans la participation du système nerveux !

Tu te dis : d'accord ! J'ai dix choses à faire dans l'heure, je ne pourrai les faire que si je me dépêche, mais je dois savoir me dédoubler. Au moment où je me dépêche, je dois savoir faire en sorte que mon corps puisse bouger de façon rapide et contrôlée, en même temps que mon esprit reste dans le calme.

Si je me précipite, moi, ma psychologie et mon système nerveux, si je me précipite dans la rapidité des gestes que j'ai à faire, je ne vais pas pouvoir faire les gestes comme il faut. Et c'est là que, véritablement, j'entame le processus de stress. Parce que par, exemple, si je devais lacer mes chaussures très vite, eh bien, je casse le lacet, ou bien je fais la boucle de façon maladroite, ou bien je serre trop le soulier, ou bien pas assez. Ce qui fait que je dois refaire le travail et il me demande le double de temps. Alors que si je vise bien cette chaussure, je vise bien ce lacet, je sais que je dois faire le nœud le plus vite possible, mais que j'essaye de partir avec l'attitude d'un athlète. À ce moment-là, je prends mon souffle, je ne pense qu'à ce lacet, qu'à cette chaussure, qu'avec contrôle j'arrive à le faire rapidement. Si je précipite mon esprit, c'est fini, je n'ai plus de contrôle. Mes doigts sont tout seul pour faire ce qu'ils peuvent et, sans direction efficace, ils entremêlent tout.

De la même manière, lorsqu'une femme fait tout simplement sa vaisselle et qu'elle doit la faire rapidement, c'est au moment où elle a fait rapidement qu'elle casse plus d'assiettes ou de verres, et c'est normal. Elle n'a pas contrôlé son geste, alors, au moment de rincer le verre elle le frappe contre un meuble ou contre le robinet ou contre un angle. Ce n'est pas le fait que ton enfant t'appelle, qu'il doit aller vite à l'école qui est la cause de la cassure du verre, c'est parce que tu n'as pas contrôlé ton geste. Il ne faut pas tout mélanger.

Donc, quand tu as à faire quelque chose qui demande rapidité, n'oublie pas que la rapidité demande efficacité et que l'efficacité demande concentration. Ce qui fait qu'au moment où tu dois laver ce verre rapidement, tu dois penser qu'à ce verre que tu es en train de laver.

Si tu penses que ton enfant va être en retard à l'école, si tu penses que la voiture ne va pas démarrer, parce qu'elle ne démarre jamais au premier coup, si tu penses qu'à tel endroit il y a un feu rouge et que tu devras attendre une minute, il est normal que tu casses ton verre. Et ainsi pour n'importe quelle action dans ta vie.

Rapidité, efficacité, contrôle, concentration.

Se concentrer

Qui dit se concentrer, dit ne penser qu'à une chose à la fois.

Les hommes ont une vie très remplie aujourd'hui, donc ils pensent, ils déduisent qu'ils doivent penser à mille choses en même temps. C'est là que demeure le stress. Parce que sa pensée est éparpillée, donc toutes ses énergies s'éparpillent en même temps. Ses énergies étant éparpillées, consommées ailleurs, il se trouve dévitalisé. Et, dévitalisé comme il se trouve, l'homme doit quand même aller à son travail, supporter sa vie de famille, supporter les problèmes, supporter la politique, supporter les impôts... Pas étonnant qu'un beau jour l'homme craque s'assoie, soit ébranlé, déchiré, vaincu, et que la dépression nerveuse l'accable. Il va reprocher à la vie tout ce qui lui arrive.

La vie n'y est pour rien ! La vie est la même pour tout le monde ! Il faut faire avec ce que l'on a à disposition.

Si aujourd'hui il faut remplir de nombreuses tâches, de nombreuses responsabilités, ce n'est pas le signe que les temps sont décadents, que l'homme ne sait plus comment on vit, que l'on prend plus le temps de respirer, de regarder batifoler les mouches et pousser les marguerites. C'est pour l'homme, au contraire, l'extraordinaire occasion de savoir développer en lui le contrôle et l'efficacité en plein milieu de la bataille. Rester en contrôle.

C'est donc une phase initiatique très intéressante pour tous les occidentaux, puisque c'est la société occidentale qui est plus particulièrement visée par ça. Et pourquoi est ce que c'est particulièrement cette épreuve qui attend l'occidental ? Tout simplement parce que, en plus du système qui n'a pu faire qu'en sorte de développer cette multitude de choses à assumer, de décisions à prendre, cette situation existe parce que l'homme occidental plus particulièrement a su monter jusque sur le Plan Mental. La situation donc devait, quelle que soit la société [...] action a décider en même temps.

Le Plan Mental

Pourquoi ?

Parce que le mental est un endroit contradictoire, paradoxal comme je le dis si souvent, où l'on doit être dans le monde et hors du monde en même temps. C'est lorsque l'on se trouve sur le Plan Mental que l'on apprend cette chose.

On doit être dans l'action et hors de l'action en même temps. Mon Dieu, que c'est difficile à concevoir !

Je dois être responsable de mon secteur, père de ma famille, amant de ma femme, guide le soir lorsque je rencontre des élèves, je dois être tout cela et en même temps ne rien être de cela. Que c'est dur d'avoir une foule d'informations à laquelle s'identifier et en même temps devoir cultiver la mort de l'égo.

Mais ce n'est qu'en le fabriquant qu'on peut le tuer. C'est contradictoire, je le sais, mais c'est comme cela. On ne peut tuer que ce qui existe, n'est-ce pas ?

Donc c'est en même temps que l'on aura les occasions de s'identifier à une multitude de choses, que l'on va avoir le devoir de mourir à ces choses parce qu'elles ne sont que transitoires.

Lorsque l'on monte une échelle, on ne reste pas sur le premier, sur le deuxième ou le troisième barreau, on essaie d'aller au quatrième, au cinquième et au sixième. Et avec les identifications, c'est la même chose. Au début, on s'identifie à Paul, après on s'identifie à son nez, après on s'identifie à ses cheveux, puis à son métier. Et puis enfin, un jour, on s'identifie à son âme. Et puis enfin, on ne s'identifie plus à rien. C'est l'échelle de l'identification. Il faut monter chaque barreau, mais en même temps se débarrasser de celui que l'on vient de passer.

Alors, en même temps que je viens bien de m'identifier à mon rôle de professeur, par exemple, ce qui demande le développement de la responsabilité, de l'amour des élèves, en même temps, je dois mourir à ce fait, à ce statut, de façon à ne pas devenir un directeur de conscience, un dictateur de la morale ou d'une forme-pensée. Donc, en même temps que j'assume pleinement le fait d'être professeur et d'instruire quelqu'un et que je meurs à ce statut, je deviens un révélateur de l'autre pour l'autre. Alors que si je ne suis pas mort à moi-même d'abord, même si j'ai des choses extraordinaires à enseigner, cela va être une dictature sur l'esprit de mon élève. Tandis que si je sais quelque chose et que j'essaye d'y amener mon élève, à ce moment-là, je suis un révélateur de ce que l'élève contient déjà, mais qu'il ne sait pas encore.

Alors que si je lui dis : “La vérité, c'est ça !”, je ne lui révèle rien, je le fanatise, je l'endoctrine !

Et après on me demande pourquoi les églises meurent, pourquoi les sociétés s'effondrent, parce qu'elles sont des endroits d'endoctrinement et pas de révélation.

Et c'est pour cela qu'un Maître ne peut pas enseigner, parce qu'il conclut très naturellement et avec beaucoup d'humour : “Mais ! Je n'ai rien à te dire !” Parce qu'il n'y a rien à dire, mais il y a tout à vous révéler à vous-même.

Donc il faut créer des conditions où l'individu va prendre conscience de réalités qui sont écrites déjà, qui sont présentes déjà, ne serait-ce que dans l'élaboration de la Nature. Et ainsi un homme peut comprendre Dieu en regardant pousser un arbre. Mais c'est un travail bien différent, très différent de l'ésotériste qui va dire : “Dieu est ceci, Dieu est cela ; à gauche il y a les anges, à droite il y a les Maîtres ; en dessous il y a la Matière et au dessus le septième Ciel.” Ça, c'est de la doctrine. Ce qui ne veut pas dire que l'homme n'a pas besoin de la doctrine, il doit édifier ses conceptions, exactement comme l'on pousse des antennes.

Alors pour écarteler sa capacité à conceptualiser, il a besoin de s'entraîner à la conceptualisation, en passant par le jonglage avec la doctrine. Mais la doctrine ne doit jamais être un point où je me cristallise, sinon elle perd son rôle. Le rôle qui lui est propre, qui est d'agrandir la capacité de la pensée.

D'un seul coup je ne pense plus, je crois, je crois comme des milliards d' individus croient quelque chose et comme le mouton croit qu'il est un mouton et le crapaud croit qu'il est un crapaud. “Moi je crois que je suis chrétien. Moi je crois que je suis bouddhiste. Moi je crois que je suis musulman ! Et je m'habille tout comme, et je pense tout comme et je fais tout comme ! Et je me détermine largement. Et je me détermine parce que je crois et je crois parce que je suis incapable de penser. Je ne peux que focaliser la pensée d'un autre qui ne sait pas plus penser que moi et qui, lui aussi, croit.”

Comment déclenche-t-on la réelle pensée, le réel processus de la pensée ?

La Réelle Pensée

On déclenche la réelle pensée en devenant affreusement matérialiste et athée.

Celui qui ne croit pas en Dieu est plus proche de Dieu que tous les autres qui croient en Lui. Et de quelle manière ?

Tout simplement parce qu'il part d'un fait simple : “Dieu n'existe pas. Seul ce que je vois a une réalité et mérite définition.”

Ce qui donc, pour lui, va mériter définition, c'est le fait que des hommes meurent de faim et qu'il faut faire quelque chose. C'est le fait que des hommes sont malades et qu'il faut faire quelque chose. Et, au moment où il va être vis-à-vis de celui qui a faim celui qui apporte du pain, vis-à-vis de celui qui est malade celui qui apporte la guérison, il incarne absolument et totalement Dieu.

Dieu ne peut rien faire pour celui qui meurt de faim s'il n'y a pas un homme qui se lève pour apporter du pain. Et c'est à ce moment-là que Dieu devient vivant sur la Terre lorsqu'un homme, rempli de foi ou pas, apporte du pain à celui qui a faim. Celui qui a faim se dit : “Je n'ai pas rencontré Dieu, mais je t'ai rencontré, toi. Et tu es le secours de Dieu, la main de Dieu.”

Dieu ne peut rien faire pour celui qui meurt de faim s'il n'y a pas un homme qui se lève pour apporter du pain.

Vous tous, vous voulez tous des témoignages de l'existence de Dieu, de l'existence des Maîtres. Le plus souvent le disciple souhaite que le Maître vienne, qu'il apparaisse, ne serait-ce qu'en rêve ou qu'en faisant des petits sons de cloche. Mais si ça se trouve votre voisin est la main du Maître. Parce que c'est lui qui, tous les matins, vous écoute vous lamenter à propos de ce que le Maître ne vient pas. Cette oreille tendre, cette oreille attentive de façon fonctionnelle, c'est l'oreille du Maître. Mais le Maître ne peut pas venir en personne pour vous écouter vous lamenter, parce que vous n'avez pas encore l'œil pour le voir ! Alors il y a là une oreille bien humaine qui est celle de Jacques. Et Jacques vous écoute comme si Dieu vous écoutait. Et ça vous fait du bien comme si Dieu vous entendait.

C'est ça l'amour. Savoir être là, partout, de la manière la plus utile possible.

L'amour c'est savoir être là, partout, de la manière la plus utile possible.

Et si Dieu ne peut pas effectivement venir auprès des hommes - car il ne le peut pas. Il ne le peut pas ! Comprenez-le et admettez-le ! Je ne veux pas qu'au moment où je dis cela vous vous sentiez tout seul et que cette solitude fasse trembler en vous un courant glacial dans toute la colonne vertébrale. “Tiens, Dieu que je croyais si proche finalement est très loin. Et si on me dit qu'il est loin, qui sait si on ne me trompe pas ? Qui sait même s'il existe ?”

Ça fait peur, n'est-ce pas ? On avait un Père d'un seul coup on ne l'a plus !

Mais est-ce que c'est pour se sentir orphelin ? Pas du tout ! C'est au contraire l'occasion de le voir partout ! Puisque on me dit que Dieu n'existe pas, qui ne peut pas être quelque part dans la Hiérarchie, qui ne peut pas être quelque part dans le Soleil, dans l'Univers, qui ne peut pas être un être, qui m'écoute, qui m'attend... Cela veut dire en même temps qu'il est partout, qu'il est substance de tout.

Parce que si une chose n'existe pas en particulier, la Loi Cosmique dit qu'elle existe dans la multitude.

Dieu est partout

C'est ce qui fait que Dieu ne peut pas être localisé, mais que tu le rencontres partout. Tu ne peux pas rencontrer Dieu, mais tu manges des carottes, tu manges des laitues, tu bois du lait, c'est ça la nourriture de Dieu. Il a, quelque part dans son esprit, pris des particules, il les a densifiées et il a fait en sorte que cela devienne le règne de la Nature, avec tous ses fruits, tous ses légumes. De cette manière il devient ta nourriture, exactement comme une hostie. Mais seulement quand tu as ta carotte dans ton assiette tu te dis : “C'est une carotte...”.

C'est ton esprit qui oublie à quel point cette carotte est une hostie, à quel point elle est elle aussi la nature de Dieu. Un Dieu qui avait prévu que tu aurais faim, que tu devrais manger, parce que telle est ta fonction organique, et qui donc a prévu de se transformer en carotte pour être éternellement ta nourriture, afin que tu n'aies jamais faim.

Et voilà que tu n'es pas content. Et tu n'es pas content pourquoi ?

Je ne me moque pas de toi en disant ces choses, crois-le bien !

Tu n'es pas content et tu restes insatiable, tu restes un affamé, parce que c'est vrai que manger le corps de Dieu ne te suffit pas, tu veux rencontrer son Esprit.

Alors ne confonds pas toutes les faims. Rassasie ton corps avec la nourriture dont Lui a besoin. Lui il ne cherche pas Dieu, il cherche sa carotte tous les jours, alors donne-Lui sa nourriture afin qu'il reste bien fonctionnel. Mais quand je dis donne-Lui sa nourriture, cela veut dire : donne-Lui ce qui Lui convient.

Alimentation

Tu verras que si tu penses à Lui donner sa nourriture comme tu Lui donnes une hostie, ce sera fini pour toi les crèmes au chocolat. Tous les aliments qui excitent ta gourmandise et vis-à-vis desquels tu sembles lié sans pouvoir te défaire. Tu crois pour l'instant que ce sont tes sens qui te portent vers toujours la même choucroute, le même gâteau, mais ce ne sont pas tes sens ! Pas du tout ! C'est parce que tu confonds toutes les faims, la faim de ton corps et la faim de ton esprit, la faim de ton âme.

Ton corps lui a un besoin fonctionnel.

Il doit croquer un aliment et toi tu dois te remplir de Lumière.

Et si tu ne te remplis pas de Lumière, la faim de ton corps se confond à la faim de ton Esprit, et tu te mets à vouloir remplir ton corps de toute sorte de nourriture, parce qu'ainsi il te semble avoir rencontré Dieu.

Parce que lorsque tu es rassasié, plein à craquer, que tu as saturé les sens et qu'ils disent : “N'en jettez plus ! Je n'en peux plus !”, à ce moment-là tu éprouves une tranquillité. Et cette tranquillité c'est celle qui se rapproche de l'homme qui a rencontré Dieu.

Seulement, je t'en supplie, arrête d'essayer de rencontrer Dieu avec ta bouche en avalant tous les plats au restaurant ou dans ton frigo ! C'est une façon limitée de rencontrer Dieu. C'est une façon limitée d'aller vers ce petit climat, ce petit endroit de paix, de tranquillité, où tout semble éternel et ou alors tu peux t'endormir comme un bébé dans tes draps roses. D'accord, tu vas t'endormir tranquillement, mais ton estomac ne sera pas bien, et, toute la nuit en fait, ce sont les cauchemars qui vont assaillir ta conscience et pas du tout un envol vers Shambhala.

Comme c'est décevant je me suis rempli de gâteaux, je me suis rempli de plats en sauce pour être heureux, et voilà que je tombe dans les bassesses de l'astral et que je me bats avec des entités néfastes de l'astral. Pas étonnant, j'avais l'estomac si lourd je suis tombé par terre ! Si j'avais eu l'estomac léger je serais monté, ça c'est sûr !

Donc chaque fois que tu cherches à te remplir, que ce soit par le sexe ou que ce soit par la bouche, sache que c'est Dieu que tu cherches. Et, par une saturation des sens qui d'un seul coup explosent ou crient qu'ils n'en peuvent plus, tu déclenches une tranquillité qui ressemble à l'espace dans lequel ton âme divine plane.

Maintenant que tu sais cela, garde-le à l'esprit et devient plus tempéré. La tempérance sera facile, si tu gardes profondément cette notion à l'esprit : “Je cherche Dieu.”

Et puis tu verras que la cuisse de poulet que tu es en train de croquer, eh bien ce n'est qu'une cuisse de poulet. Et un poulet n'a jamais volé plus haut que dix centimètres, il ne pourra donc pas t'emmener au septième ciel ! Quel que soit le geste que tu es en train de faire, à part si c'est un geste professionnel bien sûr, sache qu'il est un geste révélateur de ta faim, la faim de la Lumière, et remplace-le tout de suite par une introversion, un repli sur toi-même, une prière, la visualisation du portrait du Maître, par exemple, ou du temple idéal, par exemple. Et tu verras que tu peux très bien contrôler tes sens, contrôler ton sexe, contrôler ton appétit, cela n'est plus un problème, parce qu'ils ne sont plus des diversions.

J'espère que tu as bien compris ce chapitre et que désormais tu vas pouvoir mieux guider ta vie. Même si te priver des choses que tu aimes te semble difficile un certain temps, il y a les réflexes, il y a la mémoire, il y a l'habitude, qui se sont installés. Alors pendant quelques temps, de façon mécanique, l'habitude va te rappeler : “Tiens, tu as l'habitude de manger telle chose ! Tiens tu as l'habitude de faire telle chose ! Tiens, tu as l'habitude de ceci ou de cela !”

Sé défaire de l'habitude

Chaque fois que l'habitude revient vers toi, utilise un moyen très simple : l'impression, dans la mémoire, par un flash lumineux.

Imagine dans ta tête un flash de Lumière, que tu peux faire rond ou que tu peux faire allongé comme un bâton, peu importe la forme, un flash de lumière comme un éclair, et, dans cet éclair, écris ta nouvelle attitude.

Par exemple, si tu manges beaucoup de sucreries et que maintenant tu comprends que c'est pour toi une façon de chercher Dieu mais que c'est aussi surtout une façon de te rendre malade, et que, pour ces deux raisons, tu vas cesser de manger du sucre, mais que la mécanique de l'habitude t'y entraîne de nouveau, alors voici comment tu vas opérer :

Dès que tu vas sentir la pulsion de l'envie du sucre, la gourmandise du sucre, tu vas rester calme, assis ou debout peu importe, n'imagine pas des choses compliquées. Imagine aussi tout simplement que tu te pétrifies à la porte de ton frigo que tu laisses ouverte, pour te montrer que ces choses peuvent être faites instantanément, là où tu te trouves. Ferme les yeux, crée dans ta tête ce flash de lumière et remplace le par le mot : Amour !

Remplace l'envie du sucre par le mot Amour ! Amour de Dieu, Amour des hommes, Fraternité. Et tu verras que, très vite, tu vas pouvoir fermer la porte du frigo. Et tu te demanderas pourquoi est-ce que si longtemps le pot de confiture t'a attiré, pourquoi est-ce que pendant si longtemps la tablette de chocolat a pu exercer une fascination sur ton esprit. En fait rien ne te fascinait, tout te manquait c'est tout !

Maintenant que tu es bien conscient de ce manque absolu, qui est la distance avec ta nature divine, ton ignorance, ton manque de sensation de pressentiment de ce qui est la véritable nature, rempli de cette connaissance maintenant, essaye de diriger au mieux ta vie.

Lorsque l'on connaît le pourquoi du problème, on détient déjà la solution. Parce qu'il s'agit simplement de comprendre.

L'observation est donc un agent indispensable à l'évolution, à toute alchimie, à tout effort que l'on souhaite faire sur soi-même. Parce que, par l'observation, je comprends la nature de mon problème. En le comprenant, ce problème, je trouve en même temps les outils pour le résoudre.

Je vous ai emporté ou bien loin de la question qui était posée. Ce n'est pas que ce genre de questions ne m'intéresse pas, elles sont intéressantes ces questions qui sont très en rapport avec le monde concret le monde actuel, mais ce qui fait que ces questions m'obligent à des débordements. C'est que pour y répondre il faut que j'explique non seulement la nature psychologique de l'homme, mais aussi son développement. Le pourquoi donc de son incarnation, le pourquoi de l'involution, et tout ceci, apparemment, détourne du sujet, mais cependant l'explique profondément.

Qu'est-ce qui peut se passer donc sur la Terre qui puisse vous faire si peur ?

Maintenant il ne peut plus rien se passer qui vous fasse tant peur !

Aucune peur de la mort

Même si dès demain quelqu'un vient et vous ôte votre vie, cela ne peut plus vous faire peur. Puisque c'est en fait la mort que l'assassin vous ôte et ce n'est pas la vie. Bien sûr c'est une prouesse intellectuelle qui n'encourage pas à supporter que l'on soit assassiné ça c'est certain ! Se convaincre de toutes ces chose très intellectuelles, dans un premier temps, ne nous dispose pas à être heureux au moment de la mort.

Cependant tant que l'on ne dispose que de la conviction intellectuelle, eh bien il faut faire avec, en attendant que cette conviction trouve son plein épanouissement au moment de l'expérience.

Vous ne savez pas de quelle manière vous allez mourir ! Pour l'instant, vous présumez votre mort, vous présumez de l'émotion ou de la peur que vous aurez pendant votre mort, mais vous n'en savez rien ! Puisque vous ne vous rappelez pas comment l'on meurt, vous ne pouvez pas savoir si à l'instant de la mort, au contraire, on n'est pas rempli de joie ! Qu'en savez-vous ?

Parce que vous avez vu votre grand-mère qui pleurait ou qui criait jusqu'au dernier moment de son souffle ? Mais qu'en savez-vous si, juste après le souffle, il n'y avait pas en elle quelque chose d'immensément heureux, qui aurait aimé revenir pour vous dire : “Mais ne crois pas tout ce que je viens de crier ! Toute la démonstration de peur que je viens de te donner ! Ce n'est pas vrai ! Je me suis trompée !”

Ne présume pas la peur vers laquelle peut te faire glisser ta mort, parce que tu n'en sais rien, tu ne la connais pas. Même lorsqu'il s'agit de mort violente, tu dis : “Je peux concevoir mourir tranquillement, m'éteindre, ça je peux concevoir que cela apporte peut-être la notion de joie dans la mort. Mais si je meurs d'un accident, un accident que je conçois, dans la mesure où il arrive à chaque seconde de son développement, comme s'il était fait au ralenti, tu ne vas pas me dire que là je n'aurai pas peur !”

Eh bien, je te dirais que tu serais fort surpris d'entendre le témoignage de tous ceux qui sont passés de l'autre côté à cause d'accidents de mort violente ou de quoi que ce soit d'autre qui les a surpris. En fait, plus l'on est surpris et moins on a peur. On n'a pas le temps de penser à la mort. Tu as le temps d'y penser uniquement si tu restes vivant, mais si tu meurs effectivement, tu n'as pas eu le temps de penser à ta mort. Et c'est en même temps le problème pour ceux qui sont morts trop vite, dans des accidents par exemple, ils n'ont pas eu le temps de réaliser la mort donc, de l'autre côté, ils demeurent dans des formes fantomatiques.

D'où toute l'utilité des messes dites pour les morts, afin qu'ils remontent vers des sphères plus spirituelles, parce qu'ils ne savent pas, absolument pas, qu'ils sont morts !

Et, le plus souvent, ils restent auprès de leur corps. Ils essayent de rentrer de nouveau dans leur corps. Ils retrouvent pour cela les mêmes convulsions qu'au moment de la naissance, parce qu'ils se disent : “Tiens il faut que je renaisse !” Alors, comme au moment de la naissance, ils essayent de rentrer par le même canal, mais le canal est rompu, ils ne peuvent pas. Et c'est à ce moment-là pour eux, quelquefois, une déchirure, parce qu'ils ne comprennent pas qu'ils sont morts. Ils ne comprennent pas non plus pourquoi ils ne sont pas aussi vivants qu'avant. La notion les perturbe et si le sommeil ne vient pas vite sur eux, ils sont ce que l'on appelle, les âmes en peine, tout simplement. Et les âmes en peine il y en a plein autour des autels, dans les églises. Tous les centres religieux attirent les âmes en peine, parce que c'est à cet endroit-là qu'elles viennent retrouver un peu d'énergie pour prendre conscience afin de comprendre ce qui doit être fait. “Tiens, j'abandonne complètement le plan physique et je monte vers l'Esprit.”

C'est pour cela qu'il est bon de faire le rituel pour les morts ou pour les mourants, car cela détermine beaucoup plus facilement à quel monde on appartient.

Il va falloir que je vous quitte et cependant je vous parlerai ainsi toute la nuit si cela ne dépendait que de moi, parce qu'il y a une multitude de différences de pensées dans la salle et il faudrait beaucoup de temps pour répondre aux diverses interrogations.

Ce que je vous propose de faire la prochaine fois, c'est d'organiser votre pensée. Venir, par exemple, à un rendez-vous avec une pensée précise. L'entretenir exactement comme l'on entretient un feu, sans vous concentrer sur la pensée. De manière à ce que vous puissiez entendre mon discours. Simplement de temps en temps l'envoyer en l'air et à l'occasion, dans le discours, je peux ainsi placer la réponse qui vous convient. Mais bien sûr, essayez, autant que possible, d'envoyer des questions d'ordre psychologique, religieux ou spirituel.

Des questions appartenant trop au monde temporel, comme par exemple : “Quel médicament réglerait ma maladie ?”, ces choses-là sont impossibles à répondre à la mesure du discours que j'entretiens. Cependant si c'est vraiment la question qui vous préoccupe ou le cas qui vous préoccupe, alors vous pouvez faire un autre exercice que je n'ai jamais dit jusqu'à présent :

Il n'y a pas que moi qui suis ici. Moi je semble occuper tout l'espace parce que parce que je parle, mais en fait lorsqu'un individu descend aussi proche que possible d'un plan, il y a en même temps une multitude de petits êtres, que vous vous appelleriez les dévas ou les enfants du ciel, tous ces petits êtres viennent et accompagnent et ces petits êtres-là sont répandus tout autour du public. Et si par exemple, moi je ne peux pas sortir de mon sujet pour vous indiquer le médicament qui, à l'heure d'aujourd'hui, sur votre planète, correspond à votre problème, un petit esprit qui m'accompagne qui est dans mes alentours, peut parfaitement ou vous inspirer, soit le nom si vous êtes au courant d'une liste de nom de médicaments, donc si le nom demeure dans votre esprit, soit vous guidera, vous prendra en charge. Il s'engagera vis-à-vis de vous et il vous guidera vers la personne qui peut vous aider ou vous soulager ou faire comprendre votre problème.

Mais à ce moment-là il ne faut pas vous focaliser sur moi et même il faudrait oublier mon discours, ne pas entendre du tout ce que je dis, et faire des appels. Exactement comme si vous seriez seul chez vous et que vous faisiez un appel aux êtres de miséricorde de l'autre côté. Faites-le dans la mesure où vous vous sentez désespéré, où vous n'avez pas d'indication depuis fort longtemps, sinon essayez autant que possible de m'écouter, non pas parce que c'est moi le plus intelligent, mais parce que il faut que je brise certaines limites morales, mentales et émotionnelles qui sont en vous. Et souvent cela sert aussi, sur un certain plan, de médicament.

Si le Maître ou si l'initié ne vous donne pas le renseignement que vous cherchez, surtout lorsqu'il s'agit de la santé, le petit esprit de miséricorde le peut parfaitement. L'esprit de Miséricorde est même là pour ça. Certains les appellent des dévas de la Nature.

Ils sont très favorables à la santé parce qu'ils sont en relation directe avec le prâna, en provenance du Soleil mais aussi des planètes du système. C'est eux qui sont l'aboutissement, le corps, l'incarnation de ces différents prânas. Donc, les invoquer, travailler avec eux, ou savoir travailler avec eux comme le fait un guérisseur, du moins certains guérisseurs, c'est vrai que c'est, petit à petit, savoir guérir et approfondir sa santé.

Mais pour travailler ou pour être en relation avec les petits dévas de la Nature ou même les grands, il faut que l'homme passe par dessus certaines limites. Et sa plus grosse barrière vis-à-vis de la communication avec le monde des esprits de la Nature, c'est son corps émotionnel, malheureusement ! Ce qui fait que si quelqu'un veut se préparer un rituel de guérison avec les esprits de la Nature, sa foi aura beau être grand comme 10 immeubles, 10 bâtiments, 36 planètes, tout un univers, tant qu'il aura en lui une certaine agitation, cet homme ne pourra pas être accessible par l'esprit de la Nature. Parce que le petit esprit va être brûlé par, par exemple l'énergie de la jalousie de l'homme, de son orgueil, de son envie, de sa gourmandise, ...

Quand on veut travailler avec les petits esprits de la Nature dans un but de santé, il faut arriver avec un manteau émotionnel calme.

La Purification et les anges

Et c'est pour cela que la purification est si important dès que l'on parle du monde angélique, même quand il s'agit des petits anges de la Nature. Dès que l'on parle travail avec les anges on dit purification, comme si l'ange était quelque chose d'extraordinaire. En fait l'ange n'est pas quelque chose d'extraordinaire, l'ange est brûlé par les émotions que déclenchent l'homme, parce que l'ange n'a pas de corps émotionnel, pas du tout. Il a un corps mental mais il n'a pas encore émotionnel.

L'ange est incapable de dire : “J'ai envie de ceci j'ai envie de cela.” et heureusement ! Sinon, au lieu de fabriquer des marguerites, au lieu de fabriquer des étoiles, il se fabriquerait des coupes de glace, il fumerait son saumon sans aucun problème et passerait son temps à le déguster ! Heureusement, l'ange n'a pas d'émotion donc il peut être fonctionnel. Mais cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas de diversité dans son don de créativité, il y a une grande diversité mais c'est à ce moment-là poussé par une autre énergie qui est l'énergie du jeu, l'amour de la Création.

Puisqu'on aime tant la création, alors plutôt que de la peindre qu'en blanc on va la peindre en rouge, en jaune, en vert, en violet ! Plus il y aura de couleurs et plus il y aura de joie ! Parce qu'il aime créer. Il est tout l'amour de la Création et son ivresse aussi !

Donc, qui dit purification avant d'approcher ou de communiquer avec l'ange, dit que c'est un système de sécurité pour l'ange qui approche et aussi une façon de rendre la communication possible et valable.

Lorsque, donc, l'on se prépare un rituel de guérison avec l'ange comment est-ce que l'on va s'y prendre ?

Rituel de guérison avec l'ange

Un minimum de sept jours avant la grande prière, on va essayer le plus possible de garder l'esprit en méditation. Même lorsque l'on est en train de travailler, en train de faire des ouvrages, en train de penser à quoi que ce soit.

Garder l'esprit à l'intérieur, comme attiré par un aimant, attiré par le calme en quelque sorte.

Puis, on ne mangera que des choses légères, les plus naturelles possibles puisque l'on va se mettre en communication avec un élément de la Nature.

Donc manger très naturel, comme des fruits, des légumes, très peu assaisonnés. Ne pas faire usage des épices ou des huiles qui alourdissent. On pourra avaler des huiles, mais il faudra les prendre séparément des légumes ou des fruits. Ne pas faire de salade par exemple. Manger des légumes crus variés, sans y ajouter les huiles que vous préparez. Mais vous pouvez très bien boire de l'huile mais cela ne conviendra qu'à peu de personnes. Manger donc léger, le plus naturellement possible.

Cesser d'absorber les poisons comme le sont certaines boissons telles le café, le thé, les alcools ou les boissons sucrés, certains sirops. Cesser aussi d'aspirer les poisons, comme la cigarette par exemple, mais aussi toutes sortes de fumée. Se protéger de respirer donc par trop les échappements des voitures. Ce qui fait que se préparer à cette rencontre à cet exercice lorsque l'on est en pleine ville, cela demande un certain exercice. Savoir en pleine ville, retenir sa respiration au moment du passage massif des voitures, de façon à respirer lorsque l'air redevient plus léger.C'est un exercice un peu difficile pour le citadin mais c'est quelque chose de tout à fait faisable si on veut vraiment la chose.

Et surtout, chaque soir, au moment où l'on sent que l'on va s'endormir, il faut appeler l'ange.

Alors on va me dire : “Mais quel nom lui donner ? Comment lui parler ?”

Étant donné que l'ange est le phénomène de la communication, vous n'avez pas besoin d'inventer des choses compliquées. Appelez-le l'ange de la Guérison, si c'est la guérison qui vous intéresse, ou l'ange de la Communication, si c'est la communication qui vous intéresse. Appelez-le exactement comme dans une prière vous appeler Dieu.

Je vous citer un exemple et ceci n'est qu'un exemple ce n'est pas dire que c'est une formule magique :

“Ange de la Guérison, je te prie de bien vouloir considérer mon état. Je te prie de bien vouloir considérer les efforts que je fais pour entrer en communication avec toi, afin que tu me soulages, moi et tous les miens. Car en me soulageant c'est tous les miens que tu soulages, du fait que je pourrais les aider ou les aimer davantage.”

Et puis, laissez-vous aller au sommeil naturel.

Lorsque les sept jours sont écoulés de la sorte, au moment du rendez-vous - que je vous conseille de situer un dimanche, parce que le dimanche est beaucoup plus calme - allez dans la nature dans un point le plus sauvage possible. Un point, donc, très calme. Et emmenez avec vous de l'encens, une coupe, un peu d'eau, un crayon et du papier.

Déterminez votre lieu. Une fois que vous aurez choisi un endroit calme, déterminez votre lieu en faisant un cercle avec l'encens.

Déterminez, par exemple, que vous allez appeler l'ange sur un périmètre de trois mètres autour d'un rocher. Donc, marchez autour de ce rocher avec l'encens allumé. Et que, dans votre pensée, soit inscrit fort et clair le fait que “Ceci est l'endroit où l'ange va se manifester, va atterrir, va venir.” Avec l'encens vous préparez, donc, un endroit à haute vibration pour que l'énergie ou l'esprit de l'ange puisse se révéler.

Une fois que le cercle est fait avec l'encens, disposez, ou par terre ou sur le rocher que vous avez choisi, la feuille, le crayon, la coupe et l'eau.

Recueillez-vous.

Une fois receuilli, vous allez commencer à écrire votre prière. Vous allez commencer à écrire ce que vous avez répété toute la semaine : “Ange de la Guérison, considère les efforts que je fais, etc.”

Vous signez de votre nom, votre nom civil suffit.

Vous pliez ce papier.

Vous méditer dessus un moment en appelant l'ange et en méditant.

N'attendez pas une apparition une visite, une chute d'énergie sur vous comme une chute d'eau, soyez simplement ouvert et disponible.

Puis éparpillez le papier que vous venez d'écrire. Éparpillez-le au vent en le coupant en petits morceaux et en éparpillant ses débris. Et restez dans le cercle. Tout simplement disponible.

Bien sûr, dans la mesure où l'individu est très sensitif, l'expérience peut se révéler bonne tout de suite, comme durer dix ans sans ne rien donner du tout.

Mais ceci, dans la mesure où la personne attend une manifestation physique, un impact physique des énergies, elle ne comprendra pas, par contre, que, un jour X ou Y, elle aura rencontré le médecin qui, enfin, allait comprendre son cas pour l'aider car il ne semble pas évident que là le déva soit intervenu. Et pourtant, si c'est la seule intervention que le déva peut opérer auprès de vous, eh bien, c'est celle qu'il fera. S'il ne peut pas envoyer sur vous toute son énergie, de peur de vous brûler ou parce qu'il y a un point karmique que vous n'avez pas compris, ou parce que votre corps éthérique a été trop endommagé pendant trop d'années de maladie, alors il n'enverra pas l'énergie, mais il vous conduira vers quelqu'un qui peut soulager ou comprendre ou guérir, sur un plan qui vous est accessible.

Ne soyez pas exigeant.

Très déterminé, comme je l'ai si longuement dit tout à l'heure, disponible, et là tout peut arriver.

Cela s'emploie pour les dévas, mais cela s'emploie aussi avec le Maître. La même formule s'emploie avec des Maîtres de la Hiérarchie ou des initiés de la Hiérarchie que vous voudriez contacter. Mais, en même temps que je vous donne cette indication, je me moque de vous l'avoir donnée. Tout simplement parce que le Maître ne viendra que lorsqu'il le souhaite et l'initié que si cela est utile. Donc, en soi, contacter quelqu'un ne représente rien. Par contre être suffisamment souple, sous le doigt du Maître ou sous le doigt de l'initié, pour se faire guider jusqu'au moment où on a la révélation de quelque chose, ça oui c'est important. Mais l'homme qui est si sensible aux phénomènes, confond souvent la beauté d'une rencontre avec l'image du Maître le corps du Maître et la beauté de son intervention minutieuse, jour après jour, dans l'ombre, pour vous amener petit à petit à une révélation. Mais tout se clarifie le jour où vous commencez à devenir intuitif.

Alors, vous allez me dire : “Mais comment réveiller l'intuition ?”

Je vous dirais que j'en ai déjà longuement parlé à d'autres rendez-vous et qu'il me faut aujourd'hui vous quitter, bien que j'ai encore plein de choses à vous dire. Mais vous parler de l'intuition serait rajouter un chapitre et nous n'en finirions pas. De toute façon un esprit humain ne peut pas tout capter ou retenir.

Donc retenez ce soir que pour être trop déterminés, les peuples en viennent à se détruire, que pour être trop déterminé, un homme en vient à se vieillir et donc à mourir et que - si je devais vous quitter sur un chant de Liberté, un chant d'Éternité - ce serait en vous disant :

Combattez vos illusions ! Apprenez à dissoudre à comprendre ces illusions ! Et ainsi, vous vous préparez à ne pas vieillir, à ne pas mourir, à ne pas vous battre.

Je vous salue.

(Date de la conférence : 30 09 1990)

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