
Pouvez-vous nous parler du karma des vies antérieures ? Pour quelle raison est-il, ce karma ?
Est-il préférable d'ignorer ces vies ?
Ne serait-ce pas plus simple de savoir si les épreuves sont des dettes à payer ou des étapes qui nous aident à évoluer ?
Et la deuxième question.
Les valeurs de l'enseignement et des enseignants scolaires sont de plus en plus remises en question. Quel état d'esprit la jeunesse doit-elle adopter à cet égard afin de ne pas sombrer dans un certain désarroi ?
Bonsoir !
Comme à chaque discours, je souhaite la bienvenue mais aussi, je préviens à tous ceux qui viennent m'écouter, que la meilleure façon de m'entendre ce n'est pas tellement d'essayer de mémoriser ce que je vais dire ou même de comprendre ce que je vais dire, parce qu'en fait le but que je recherche est davantage de parsemmer des petits brins d'énergie.
Je ne prétends pas pour autant travailler uniquement au niveau de l'énergie, donc des auras, comme on dit facilement aussi.
Je ne prétends pas être un initiateur, absolument pas ! Et je m'en garde bien car sitôt qu'un guide s'avance vers cet ouvrage, il est face à la responsabilité du développement des disciples car à ce moment-là l'individu devient un disciple.
Grands et petits Maîtres
Il y a des grands Maîtres, il y a donc des petits Maîtres.
Les petits Maîtres sont ceux qui parsèment des énergies. Qu'ils le fassent consciemment ou pas en fait, car tout dépend du discernement qu'ils ont à l'instant où ils distribuent cette énergie. Mais la Loi cependant est unique pour tous. À partir du moment où il y a distribution d'énergie, il y a responsabilité face au développement de l'individu. Et cette responsabilité face au développement de l'homme, conduit celui qui a distribué cette énergie à assumer aussi une part du destin, soit de cet homme, ou de cette femme, ou du groupe, ou d'une nation, en tout cas des gens qui l'a su toucher.
Lorsqu'une énergie ne peut donc pas être suffisamment canalisée pour emmener les individus vers une authentique libération, il se trouve que l'initiateur devient l'endroit du partage du karma de ceux qui ont été initiés. Et ainsi, celui qui a fait fonction de Maître pendant un moment, se retrouve non plus comme un Maître ou un initiateur, mais se retrouve dans le groupe au même titre que le groupe à expier en quelque sorte le karma du groupe.
Pourquoi est-ce que je fais cette petite parenthèse ?
Tout simplement pour faire remarquer que je ne vais pas m'avancer vers vous pour réveiller votre énergie spirituelle. Je sais que cependant c'est l'attente de beaucoup de gens. Ils demandent l'éveil ! Que ce soit l'éveil du cœur, que ce soit l'éveil de la Kundalini, ils demandent à ceux qu'on les réveille.
Il vous faut comprendre que rares sont ceux qui prendront cette responsabilité, car il en va parfois de leur propre destin !
Il faudra donc que celui qui ait connaissance réelle de l'acheminement des énergies et du partage des énergies, s'attende à donner, non pas un éveil à vos personnes, mais à supporter aussi quelque part les conséquences de cet éveil. C'est pourquoi il sera pour lui nécessaire de vous sélectionner. Et c'est pourquoi en même temps pour vous il vous semble si difficile de rencontrer un Maître authentique, un Guide authentique.
Toute la difficulté ne réside pas dans le fait de pouvoir rencontrer un être authentique, un guide qui va vraiment réveiller votre énergie spirituelle. Pour vous tout le défi c'est d'être sélectionné !
Être sélectionné
Et si donc c'est la rencontre qui vous semble difficile et qui ne vient pas, sachez que cette rencontre ne dépend que de vous et de votre ardeur à prouver votre sélection comme étant valable ! Valable face à la responsabilité que devra assumer le guide que vous cherchez !
Si donc vous n'avez pas encore rencontré le guide ou si votre guide intérieur ne s'est pas encore réveillé pour vous murmurer les conseils que vous cherchez tant, ou développer les chakras, ce qui vous serait un grand avancement, essayez de travailler aux principes qui feront votre élection. Ces principes qui seront capables d'attirer l'attention du Maître intérieur ou l'attention d'un guide quelque part, que ce soit dans le monde invisible ou tout à fait physique.
Quand je dis qu'il faut vous préparer à cette sélection, je ne veux pas que cela soit un yoga en soi, une quête en soi, le but de votre vie. Car en fait, et ce qui est paradoxal sur le Chemin, c'est qu'en même temps qu'il faut mettre de l'ardeur à faire les choses, il faut savoir s'en désintéresser. Car on ne peut pas faire mûrir une véritable ardeur sans le désintéressement !
L'Ardeur
Une véritable ardeur est toute vouée à l'autre, à son voisin par exemple, à son enfant, à son ami, ou bien à l'âme, dans le cas du disciple qui cherche à évoluer, ou bien vis-à-vis du Plan dans le cas du disciple qui veut servir. Mais en aucun cas son désir d'évolution ne doit être reporté sur lui-même, pour avoir le plaisir d'être un Libéré vivant par exemple. À ce moment-là, la volonté redevient un égoïsme et par cet égoïsme il n'y a plus la dynamique qui permet d'avancer !
Donc pour le disciple c'est un langage très difficile à tenir. Une volonté qui soit toute empreinte de cette ardeur, une volonté qui soit une vraie volonté humaine qui dit “je veux” et qui sache se tenir à cette volonté. Et en même temps un vide, un vide qui, à l'opposé, semble ne rien désirer, ne rien vouloir ! Et Dieu sait que c'est difficile pour l'humain ! Car s'il veut, il commence à vouloir absolument, totalement !
Et si l'on remarque qu'en lui il n'y a pas la volonté, cela veut dire qu'il sera mou, qu'il sera tiède, qu'il ne voudra jamais faire l'effort nécessaire. Et donc comment est-ce qu'il pourrait compter sur lui-même pour avancer ?
Le langage est donc délicat, je ne dirais pas compliqué, je dirais délicat. Car il s'agit de cela en spiritualité. Il s'agit de délicatesse.
En spiritualité, il s'agit de délicatesse.
On peut faire les choses par la volonté franche qui se connaît et qui se maintient.
Mais on peut faire encore mieux les choses par une volonté qui est dirigée comme une flèche qui connaît son chemin, mais qui ne crée aucune tension intérieure, de façon à ce que l'ardeur repose dans les forces de l'âme et non pas dans les forces de la personnalité.
De nombreux disciples et aspirants qui font des années d'efforts, des années de méditation, des années de sacrifice, des années de service, et qui servent sans compter, que ce soit le voisin, que ce soit la famille, que ce soit un être cher qu'il considère comme plus avancé que lui sur le chemin. Il y a donc des individus qui donnent pendant des années sans compter et qui cependant ne sont pas capables d'obtenir un résultat. D'où cela vient ?
Obtenir un résultat
Cela vient de cette difficulté à ressentir en soi l'endroit exact, l'espace exact où se trouve le point de force et de création.
Ceux qui disposent de personnalités suffisamment extraverties, suffisamment épanouies, n'ont aucun problème vis-à-vis de la volonté. Ils décident, ils s'acharnent et généralement ils arrivent à un certain résultat. Par contre, ceux qui sont beaucoup plus introvertis, ceux-là ont un certain mal à déployer les voiles de leur force et il leur semblent souvent manquer de conviction.
Il faut savoir que la première volonté n'est pas suffisamment bonne et la deuxième n'existe pas, elle est l'anti-chambre. L'endroit exact où l'on va pouvoir rencontrer cette force et cette volonté en action et création est un endroit de synthèse.
On ne peut pas rayonner la force, s'en emparer pour créer, que ce soit son propre réveil spirituel ou créer aussi à l'extérieur les œuvres humanitaires auxquelles on croit, on ne peut pas rayonner cette force, sans d'abord faire une synthèse en soi !
Synthèse
Quelle est cette synthèse ?
La véritable force est un rayon qui naît de l'action et du néant, du vide et du plein.
Qu'est-ce que je veux dire ?
C'est quelque chose qui peut paraître bien compliqué si on s'arrête à écouter uniquement les mots. Mais comme je le dis à chaque rencontre, évitez d'entendre les mots et essayez plutôt de ressentir les déclenchements que cela crée en vous. Essayez de ressentir en vous ce que peut représenter un plein et un vide.
À l'instant où je cite le mot plein, que sentez-vous ?
Vous sentez la vie qui bourgeonne, et qui vient à fleur de peau et qui remplit complètement votre être. C'est une énergie chaude et vaillante qui demande à sortir !
Qu'est-ce que vous sentez lorsque je dis le mot vide ?
Essayez d'écouter cette sensation !
Et vous apercevez un état de calme qui vient en vous, un état de désintéressement, un état de détachement.
Pourquoi est-ce que ces deux ingrédients sont nécessaires au rayonnement de la vraie force et de la création ? Tout simplement, parce que, sans le détachement créé par cette sensation de vide, ce rappel du vide, on ne peut pas calmer la personnalité. Par contre, pour réveiller l'âme, il va falloir penser à l'action, donc au plein qui est en soi. Mais c'est un plein qui va vibrer à un autre niveau et s'extravertir depuis un autre Plan de la Conscience que le Plan Concret et Objectif.
Ce qui fait que lorsque l'on va passer à l'action, cette action aura une amplitude, une grâce, une élégance que l'action n'aurait pas eu si elle était tombée dans les principes de la personnalité.
La personnalité
Quand j'explique ces choses, je ne veux pas dire que la personnalité est mauvaise. Je ne prétends pas qu'elle soit un obstacle ! Je dis simplement qu'il est nécessaire de faire taire ces énergies égocentriques !
Quelquefois, la personnalité s'empare de la volonté de l'âme. C'est le cas de la plupart des aspirants !
La personnalité, tant bien que mal, arrive à ressentir, à lire une impulsion qui vient de l'âme et qui les dirige à faire ceci ou à faire cela. Ce que le cerveau concret reçoit, c'est donc une inspiration, une impulsion. Et ensuite, la personnalité va essayer d'interpréter la chose, de l'appliquer comme elle le peut avec ses capacités et ses incapacités. De là, la déformation et l'imperfection d'une multitude d'actions, même au sein des groupes où demeurent un maximum d'aspirants. Pour ne pas être face aux inconvénients d'une imperfection ou de trop grands troubles et dysharmonies, il faut que la volonté soit connue de l'âme uniquement. Il ne faut pas qu'il y ait le ton dans le réseau d'énergie et de négociation de la personnalité.
Bien sûr, l'ouvrage qui sera exécuté va être fonction des capacités ou incapacités de l'aspirant. Cependant, au moment où l'action aura lieu, si, malheureusement, elle est face à une imperfection, une incapacité qui demeure dans l'aspirant, au fur et à mesure du déroulement de l'action, l'aspirant va voir sa limite, et c'est l'action qui va lui apprendre à dépasser sa limite.
Tandis que dans le cas où l'inspiration tombe complètement dans le cerveau concret et n'est lue que par le cerveau concret, à ce moment-là, l'action va être endommagée par les imperfections. Et l'aspirant ne verra pas ses limites, ne verra pas ses erreurs et imposera sa façon de faire et imposera donc son imperfection.
Et tous ceux qui le verront aux alentours, seront très étonnés qu'une telle somme d'imperfections puisse sortir d'un aspirant qui ne jure que par Dieu ou par les Maîtres.
Le cheminement de l'énergie que je décris n'est pas une opération compliquée à faire par des méditations complexes, pas du tout. Il faut simplement avoir l'humilité de recevoir et porter l'inspiration. Et même à l'instant où l'on se trouve en action, à l'instant où l'on manifeste l'ouvrage à accomplir, il faut garder cette humilité de façon à ce que l'ouvrage vous apprenne à vous-même à être exécuté.
Et c'est ainsi que l'on s'aperçoit que dans les ouvrages il y a comme une présence. Alors que l'aspirant qui travaille avec uniquement à bord les énergies de sa personnalité, cet aspirant-là ne va pas sentir la présence de quoi que ce soit dans l'action. Il se sentira donc seul, se sentira épuisé, se sentira débordé, et jurera lorsqu'il s'apercevra que finalement son action n'a pas été couronnée de succès.
L'inspiration
Toute inspiration - vous devez le savoir ! - Toute inspiration n'est pas simplement une idée envoyée depuis le mental d'un Maître, d'un guide ou depuis la voix de l'âme. Une idée qui vient et qui devient votre idée.
Tout ce qui est envoyé depuis les Plans supérieurs contient la présence de celui qui envoit. Pourquoi ?
Parce que c'est la Loi !
Lorsque le Soleil envoie un rayon, ce rayon contient tout ce qui se trouve dans le Soleil, absolument tout ! Et ainsi, lorsque ce rayon s'approche de la Terre, il va livrer tout ce que le Soleil contient.
De la même manière, lorsqu'une idée est envoyée, que l'on appelle cela inspiration, eh bien c'est un rayon qui contient non seulement ce qui doit être fait, mais aussi l'énergie pour le faire, la méthode pour le faire et la présence spirituelle de celui qui a rayonné cette inspiration.
Alors comment se sentir seul, dès lors que l'on travaille avec ce réseau d'inspiration ? Il n'y a plus aucune solitude, c'est terminé ! Par contre, on peut être sourd, insensible à cette présence. Ça oui !
Et c'est de cette surdité et de cette insensibilité que tu me parles. C'est cette insensibilité que tu pleures, que tu regrettes, qui te fait croire que tu es seul et que tu cherches des amis pour être encouragé, que tu cherches à voir un effectif succès dans ce que tu fais. Alors que le simple fait de faire est suffisant en soi !
Ce que je voudrais te dire, et après j'enviendrai à la question qui a été posée car elle est intéressante, c'est qu'à partir du moment où il te semble faire une chose qui est en accord avec la Volonté Divine ou la volonté de la Hiérarchie comme tu la nommes, ou la volonté de ton guide, sache que tu n'es pas seul, et que cette inspiration contient exactement comme un gène, contient tout le code génétique. Cette inspiration contient la méthode et la présence de celui qui l'envoie.
Il te suffit donc d'apprendre à recevoir avec humilité, en créant en toi, autant la forme de l'action que le vide de cette humilité dont je te parle !
Ce n'est pas une chose compliquée.
Bien sûr pour le mental et notamment le mental concret, puisque c'est par lui que vous m'écoutez en ce moment, pour le mental concret il s'agit de résoudre un sacré rébus de chinois ! C'est ce que vous pouvez me dire ! Cependant si vous dépassez le mental concret et que vous essayez de ressentir la vérité par l'esprit de synthèse, alors là toutes les charades arrivent à s'éclaircir ! Des choses comme le chaud et le froid, la mort, la vie, tout ceci s'éclaire. Il n'y a plus de rupture !
On ne cherche plus le début et la fin, le pourquoi et le comment, on voit un perpétuel déroulement. Et l'on arrive parfaitement à relier le chaud et le froid. Et on ne cherche pas à en faire du tiède.
Lorsque l'on va chercher à réunir par le mental concret le chaud et le froid, le mental concret n'aura pas d'autre moyen que de se dire : “Tiens je vais créer le tiède ! Et peut-être la vérité c'est ça !”
Non ! Ce n'est pas ça du tout ! Ce n'est pas ça l'esprit de synthèse ! Ce n'est pas le tiède.
L'esprit de synthèse a une forme, je dirais, tripartite.
C'est-à-dire qu'il y a effectivement ce chaud et ce froid. Et c'est vrai que c'est embêtant parce que c'est une dualité. Et c'est vrai qu'on se demande bien pourquoi il y a d'un côté le chaud, le froid, la mort, la vie, le bon, le méchant, etc. Et lorsque l'on arrive avec nos beaux principes de philosophie et que l'on demande l'esprit de synthèse, alors on voit l'esprit des disciples en train d'essayer de faire du gris, du tiède. Et lorsqu'en plus l'on dit : ce n'est pas ça du tout !, alors l'esprit meurt. Il n'arrive plus à construire.
Si tu veux construire, il faut changer de Plan.
Tu ne peux pas comprendre l'esprit de synthèse depuis l'endroit où tu comprends, où tu entends effectivement ce qu'est la nature du chaud et la nature du froid, du bon et du mauvais, du plein et du vide.
Le règne du plein et du vide est un règne en lui-même. Pour découvrir l'esprit de synthèse, il faut changer de Plan, aller juste au-dessus, à l'endroit où l'on commence à parler de trinité et non plus de dualité.
Trinité vs Dualité
Et qu'est-ce que l'on s'aperçoit ?
Eh bien l'on s'aperçoit que cette trinité, ce n'est pas un tiède qui est né de ses parents, un qui est chaud et un qui est froid. C'est une union des deux qui contient les deux absolument, sans que les deux se mélangent, mais qui cependant ont la même nature.
Mais il faut comprendre que cette nature, si elle parvient à être la même, pour les deux éléments qui vont apparaître opposés dans un certain plan, cela veut dire qu'il y a un monde manifesté et un monde non manifesté. Et donc lorsque je pense - je suis un être humain et je pense - j'essaie d'intelligencer le cosmos, d'intelligencer les Maîtres, ma condition humaine, mon destin, ma mission, mon âme... Lorsque je pense, eh bien je vais penser avec tous les attributs que m'offre le manifesté. Mon cerveau, mes sens, ma capacité cérébrale, mon intellect, mon passé, la génétique de mes parents, l'éducation d'une époque, l'avancement d'une race. Pour penser, voilà une multitude de conditionnements qui risquent de détourner ma véritable contemplation et compréhension.
Donc lorsque je vais vouloir intelligencer le Cosmos et ma condition humaine ainsi que ma destinée, il me faudra réveiller la partie de moi qui est une véritable pensée, mais qui correspond au non manifesté en moi.
Vous allez me dire : “Voilà que ça se complique de nouveau !”
Non, non, ça ne se complique pas ! On se calme !
Rien n'est compliqué dès que l'on prend une échelle ou dès que l'on monte la corde. Ce qui est compliqué, c'est quand on prend le tapis roulant, le tapis horizontal et qu'on essaye d'aller d'un point à l'autre.
Le chaud, le froid, tu comprends parce que tu connais. Chaque jour, tu fais l'expérience en ouvrant ton robinet qu'il y a du chaud, qu'il y a du froid. Chaque jour, en vivant en dehors, tu fais l'expérience d'un homme bon et d'un homme mauvais. Tu connais. Tes sens en ont la lecture. Ton intellect en a la lecture directe.
Comment se fait-il que lorsque je te parle de synthèse, alors d'un seul coup, il y a comme des coups de grisou dans ton esprit, un court circuit ? Pourquoi ?
Réfléchis !
Essaye de trouver avant que je le dise !
Pourquoi ?
Eh bien parce que tu tombes là sur une inconnue, ta propre inconnue : toi-même.
Soi-même - une inconnue
Si toi que tu t'intéresses donc au Cosmos et à la destinée humaine, il va te falloir réfléchir, penser, ressentir depuis une nature en toi, un espace en toi qui est encore une inconnue, comme en mathématiques.
Alors comment travailler avec un outil que tu ne connais pas encore ?
Et voilà ton problème !
Et tu me dis : “Mais oui c'est ça, mais comment ça se fait que l'on a ce problème ? Pourquoi sommes-nous construits, pourquoi sommes-nous structurés de façon à ce que l'on aboutisse à cet obstacle ?”
Je comprends ta colère, bien sûr, je comprends ton énervement ! J'ai eu ce genre de révolte des milliers de fois moi-même pendant que j'étais étudiant, pendant que je marchais sur le Chemin et que je rencontrais des difficultés encore plus grandes que celles que tu comprends aujourd'hui. Aussi, rassure-toi, car si je peux appeler mon évolution un succès, ce succès n'existe que pour te montrer que l'on peut y parvenir, qu'il y a un moyen, et que même si l'homme est seul et se sent seul, il peut le faire ! J'en suis le produit !
Bien sûr, tu vas me dire : “Tu en es le produit, mais on ne te voit pas beaucoup ! On n'entend que la nature de ta pensée, même pas ta véritable voix !”
Bien sûr, tu n'entends pas ma voix, tu ne vois pas mon aspect, mais c'est un jeu qu'il me plaît d'entretenir, vois-tu ? C'est un jeu qu'il me plaît d'entretenir, pour que tu ne sombres pas dans le piège béant de la personnification, de l'identification. Je ne veux surtout pas que dès demain tu apprennes à m'aimer, que tu apprennes à me suivre, que tu aies même envie de me suivre. Je ne veux pas !
Je veux réveiller en toi l'énergie qui va te propulser. Je veux, au contraire, réveiller ce qui va te permettre de découvrir tous les chemins. Moi je ne vais pas rester des siècles et des siècles ici, près de toi, et notamment près des hommes, pour attendre à chaque étape que tu aies compris ! Donc il vaut mieux que tu trouves en toi cette énergie.
C'est pour cela que, apparemment, je me cache, bien que je ne le désire pas. Mais le fait d'être caché intensifie ta propre recherche.
Donc, comment allons-nous amplifier cette énergie spirituelle, déclencher, en soi, un moyen de lecture pour cette partie qui est encore une inconnue ?
Quand je parle de cette partie qui est encore une inconnue pour toi, n'essaye pas de mentaliser ce que cela peut être !
Bien sûr, tu vas pouvoir trouver des mots faciles, comme le Soi-supérieur, l'âme, la perle bleue... Bien sûr, on peut identifier cet état à tous ces mots. Cependant, comme il s'agit de calmer le mental concret, il serait bon que tu n'utilises aucune référence et que tu laisses cet état se révéler à toi. Et que tu entendes le son, et non pas que tu lui donnes un nom !
Alors, comment allons-nous intensifier ces énergies pour que ton esprit, ta conscience, exactement comme un curseur que l'on déplace, pour que ton esprit puisse entrer dans ce royaume où il y a cette inconnue, ton véritable toi-même, ton âme ?
Le travail en soi n'est pas difficile, mais cependant, si je voudrais penser à chaque énergie qui est en cause à ce moment-là, le catalogue serait quand même assez long ! Nous allons donc relever les points principaux.
Tels que l'observation.
L'Observation
Lorsque je veux réveiller mon énergie spirituelle et que je veux m'immerger dans l'état de mon âme, ce non-manifesté en moi, cette inconnue en moi, eh bien je vais d'abord essayer d'être conscient de ma vie de tous les jours.
Comment est-ce que je veux réveiller ma conscience, si je commence par dormir profondément ? C'est impossible ! Il faut déjà que j'aie au moins un pied hors du lit pour espérer ensuite me mettre debout complètement, n'est-ce pas ? Alors mettons ensemble un pied hors du lit !
Devenons conscients maintenant, tout de suite, dans cette salle !
De quelle manière est-ce que vous allez attiser votre conscience ?
Essayez de trouver avant que je vous livre les solutions ! Exercez-vous sans cesse !
Comment allons-nous attiser votre taux de conscience ?
Comment allons-nous mettre ce pied hors du lit ?
Pour l'instant, vous êtes en pleine passivité, vous recevez, vous essayez d'être pour, ou vous avez déjà ressenti du contre. Mais de toute manière, vous êtes assis et vous recevez.
Pour être une conscience active, nous allons d'abord nous asseoir correctement. On ne peut pas espérer réveiller la conscience si le dos est rond. Aucune énergie ne va circuler !
Voyez les arbres ! Prenez exemple sur eux !
Que font les arbres ?
L'Arbre
Les arbres ont le tronc parfaitement droit. D'autant plus ils auront le tronc droit, d'autant plus les branches vont être fortes, nondreuses et les feuilles éclatantes !
L'homme est avant tout un arbre et un arbre est droit !
Ainsi les énergies vont circuler, non seulement les énergies qui descendent du Ciel sur vous, mais aussi les énergies qui remontent de la Terre pour passer à travers vous et retourner dans l'Espace.
Ces énergies-là, mais aussi vos propres énergies, celles qui circulent d'un chakra à l'autre, d'un nadis à l'autre. Soyez toujours bien droit !
Et vous verrez qu'on vous efforce tout simplement à avoir le dos droit...
Je dis droit, mais pas raide ! Ne crispez pas votre dos dans une droiture qui deviendrait une raideur. Absolument pas ! Soyez droit, comme par élégance !
N'oubliez pas que si vous voulez toujours trouver le juste milieu en spiritualité, rappelez-vous que la spiritualité c'est la délicatesse ! Et ainsi vous trouverez toujours le juste milieu de ce qui doit être fait ou compris.
Donc avec élégance, redressons notre dos ! Ainsi les énergies vont circuler, transporter davantage de rayonnement au cerveau concret. Cerveau concret qui ainsi irriguée sera capable d'être sensible au cerveau supérieur, votre Mental Supérieur si vous préférez, la petite voix et intelligence de l'âme si vous préférez un autre concept. Le simple fait d'avoir conscience de mon corps, puisque à chaque instant je vais devoir le tenir avec élégance et avec droiture.
Sensibilité
Le simple fait donc d'avoir une réelle conscience de mon corps va faire que ma conscience va être beaucoup plus en alerte par rapport au monde qui m'entoure. Je vais aussi lire de façon plus efficace toutes les informations qui sont perçues par l'essence. Lorsque je vais respirer un parfum, je vais réellement connaître le parfum. Lorsque j'entendrai un son, je vais réellement connaître ce son. Et je vais pouvoir donc m'apercevoir qu'en fait je suis extrêmement sensible.
Moi qui était endormie et moi qui me croyais sourd, aveugle, insensible, par le simple fait d'avoir une capacité à être vivant beaucoup plus forte, eh bien je m'aperçois que j'augmente mon taux de sensibilité ! Et c'est grâce à l'augmentation de cette sensibilité que je vais devenir le réceptacle de la volonté de l'âme et la connaître et l'exécuter.
Qu'est-ce que l'homme ?
L'homme est une coupe sensible.
Mais pour être une coupe sensible, il faut l'ouvrir ! Et l'ouvrir, cela ne se peut que si je suis alerte. Si je lis réellement mon environnement. Si je suis en relation avec mon environnement. Si lorsque je respire, je sens que je respire. Si lorsque j'entends une musique, j'écoute cette musique. Et je l'observe créer en moi une multitude de phénomènes !
Si j'écoute un peu de musique, en même temps que je réfléchis à mes prochaines vacances, tout en me rappelant qu'hier j'ai parlé avec mon voisin et qu'il m'a raconté une drôle d'histoire, et en prévoyant que demain je vais rencontrer un autre ami, eh bien je tue la capacité de vie qui est en moi. Je tue ma sensibilité ! Et ainsi, le morceau de musique qui fait tant d'effets à mon ami pendant sa méditation ne produit rien sur moi. Et alors je vais décréter que je suis sourd, aveugle et insensible. Donc pas assez évolué.
Et en pensant que je ne suis pas assez évolué, je vais poser sur mes épaules un poids encore plus grand, qui va m'aveugler encore plus ! Alors qu'il me suffisait, dès le début, de réellement écouter cette musique, sans penser à autre chose, sans mélanger mes préoccupations, sans m'éparpiller.
La vie c'est exactement comme un livre.
Quand on lit un livre, on le lit page par page, ligne par ligne, absolument ! On n'est pas en train de lire la page 14 en même temps qu'on lit la page 59 et qu'on prend connaissance de la conclusion. Pourtant, c'est de cette manière-là que vivent la plupart des gens.
Ils pensent à ce qu'ils vont manger à midi, à l'augmentation de salaire qu'ils comptent demander ce soir à leur employeur, à la voiture qu'ils pourront acheter grâce à cela l'année prochaine, aux vacances qu'ils feront au mois de juillet ou au mois d'août, ainsi qu'à la membre ou à la maîtresse qu'ils souhaiteraient avoir dans leur lit le soir. Et quelques-uns sont dans ce triste état même pendant la méditation. Donc il n'est pas étonnant qu'il n'y ait aucun effet, qu'il n'y ait aucun rapprochement avec ce que vous appelez l'âme. C'est normal ! Pendant toute votre journée ou toute votre méditation vous vous êtes éparpillé !
Vous avez un arc qu'est la conscience et vous avez les pensées, que sont les flèches. Et toute la journée vous prenez une poignée de flèches, vous les fixez sur l'arc et vous les tirez tout ensemble depuis cet arc.
Ce qui fait qu'à l'instant où vous essayez de voir où ces flèches vont atterrir, eh bien votre esprit est désarçonné car vous devez regarder dans 36 directions à la fois. Et ainsi, vous ratez le plaisir de voir une flèche effectivement atteindre son but, percer la cible.
Et comme votre voisin fait la même chose, et comme votre autre voisin et autre voisin et autre voisin fait aussi la même chose, eh bien dans ce déferlement de flèches vous ne savez même plus quelles sont vos flèches !
Car souvent ce sont les flèches du voisin qui atterrissent sur vos cibles, tellement il y a de l'éparpillement, tellement le lancer est en éventail ! Et c'est ainsi que l'on s'aperçoit qu'il y a contamination d'aura à aura, de substance à substance. Et c'est ainsi que vous vous mettez à penser une pensée qui en fait provient de votre voisin.
Mais comme votre voisin est éparpillé, comme vous-même vous êtes éparpillé, vos territoires respectifs sont donc très larges, et en étant très larges, ils se mélangent ! Au grand désarroi de votre vie car elle s'y épuise.
Ce qu'il faut donc c'est non pas se limiter comme on fermerait un territoire, non pas se centrer comme on se mettrait en satellite autour d'un point. non pas non plus s'aligner comme on s'alignerait sur une seule et même ligne avec étroitesse, non !
Il faut être éminemment présent, et c'est cette capacité à être présent qui va produire de l'énergie en vous. Toute cette énergie dont vous avez besoin pour accomplir votre éveil, vos prises de conscience, votre dharma, votre karma, votre destinée en somme.
La Concentration
Lorsque je ne suis plus éparpillé, je suis donc concentré. Qui dit concentration dit augmentation de l'énergie. Mais quand je dis concentration, ne construisez pas un concept de fermeture et de limite.
Voyez concentration dans le sens où un calme s'installe en vous, où il n'y a donc plus d'éparpillement, du calme.
Si vous essayez cette chose, vous allez vous apercevoir que les pensées ne vont pas vouloir se tenir tranquilles, qu'en ce moment même vous relâchez votre dos. Parce que vous avez fui l'observation et que vous vous êtes fait attraper par cette fuite ! Vous avez commencé à penser à vos préoccupations de demain ou d'après-demain. Donc, vous allez vous apercevoir qu'il y aura une forme de lutte entre cet éparpillement qui semble sortir de vous, qui semble naturel, spontané, et cette concentration, cette capacité à être présent, qui semble reposer sur une construction, sur une volonté que vous dirigez.
Ce qui fait qu'à ce moment-là, la spiritualité vous semblera un défi de chaque seconde ! Une usure aussi de votre patience, de votre foi !
“Est-ce que j'aime Dieu, est-ce que j'aime mon âme, au point de faire cet effort quotidiennement et à chaque seconde ?” C'est la question que vous allez vous poser !
[...] mais une fois de plus, d'observer son déroulement.
Il y a en toi des pensées qui vagabondent, que ce soit en ce moment, que ce soit tout à l'heure lorsque tu partiras, ou demain lorsque tu vas méditer. Eh bien, regarde ce déferlement de pensées ! Regarde toutes ces directions qui sont prises ! Ne les suis pas ! Regarde la nature faire les choses, mais ne les suis pas !
Et ainsi, tu t'aperçois que, sans devoir faire un effort de contrôle, l'énergie va revenir vers toi.
Par le simple fait que tu prends conscience de l'éparpillement auquel tu es sujet, l'énergie va revenir vers toi. Alors que si tu essaies de contrôler et de contrecarrer ton éparpillement spontané, eh bien tu vas t'épuiser, te rendre malheureux et abandonner l'effort ! Et revenir, revenir à ce que tu connais depuis si longtemps.
Regarde simplement, mais n'y vas pas ! À ce moment-là, l'énergie revient vers toi et sans avoir dû faire l'effort.
La véritable spiritualité, vois-tu, est celle qui s'accomplit sans effort.
*La véritable spiritualité est celle qui s'accomplit sans effort.”
Sitôt que tu sens que tu dois faire un effort, c'est que tu n'es pas dans le geste spirituel le plus juste et le plus authentique. C'est qu'il y a effectivement une bataille en toi et que tu ne dispose pas de l'apport de l'intelligence. Il y a ta volonté qui veut absolument se sublimer, arriver à un but spirituel. Et elle doit donc écraser ce que tu vas appeler la nature inférieure.
Développer l'intelligence
Cependant, lorsque tu développes ton intelligence, de la manière dont je viens te le décrire, en observant, en te rendant compte, mais en sachant aussi ne pas aller dans le sens de l'éparpillement, alors ton intelligence se développe.
Et c'est elle qui permet de produire une action sans l'effort à faire sur soi-même !
C'est un peu comme si, d'un seul coup, tu apprenais que tu es devenu très riche ! Le fait que tu sois riche va te conduire à dépenser ton argent sans souci ! Alors que si tu es pauvre, chaque centime sera un souci, lorsqu'il s'agira de le dépenser. De la même manière, lorsque l'intelligence se réveille dans ton processus spirituel, tu deviens très riche ! Et chaque effort qui est à produire n'est plus un souci ni un défi à remporter vis-à-vis de soi-même. Mais c'est, au contraire, une abondance qui déborde avec laquelle tu t'enrichis et que tu partages avec les autres, qui devient un rayonnement pour les autres.
Comment développer cette intelligence ?
Cette intelligence va se réveiller au fur et à mesure de tes expériences.
Mais il faut que, chaque jour, tu aies le dos bien droit ! N'oublie pas qu'il faut avoir un pied hors du lit pour espérer être debout ! Et le pied hors du lit, c'est cela : avoir le dos bien droit ! Et tu verras que ta capacité à être sensible, à être conscient, à être efficace, cette capacité va devenir accrue.
Une fois que tu es capable de mieux observer, une fois que tu es capable de mieux ressentir, totalement ressentir, il te vient des informations que tu ne lisais pas autrefois, lorsque tu ne ressentais qu'à moitié, lorsque tu n'observais qu'à moitié. Et ainsi, d'un seul coup, il te semble que tu deviens plus intelligent.
Dans la parole d'Untel ou Untel, tu remarques quelque chose que tu n'avais jamais remarqué depuis des années ! Et c'est ainsi que cette révélation te permet d'adopter un comportement différent, un comportement qui va apporter les fruits du succès. Alors qu'avant, lorsque tu n'avais pas remarqué cette petite révélation, eh bien il n'y avait que l'échec. Ainsi, en réussissant, les expériences vont devenir plus profondes.
Je parle d'expériences aussi tout à fait quotidiennes : le fait d'aller travailler, le fait d'être en relation avec la famille, avec les amis, avec des groupements et de devoir négocier ces relations. Il y a dans la vie, dans son mouvement, une multitude d'occasions d'éveil et de construction.
Il y a dans la vie une multitude d'occasions d'éveil et de construction.
Donc, la deuxième étape pour le réveil de l'énergie spirituelle, la construction de cette intelligence, c'est le passage à l'expérience, la pleine collaboration avec l'expérience.
L'Expérience
J'ose m'investir complètement dans l'expérience !
Je n'ai plus peur !
Ce qui étouffe l'intelligence, c'est la peur de passer à l'expérience. Parce que soit je ne connais pas le sujet, parce que soit je le connais un peu mais je ne le maîtrise pas, parce que soit je juge que je ne peux pas effectuer tout cela tout seul ! Tout autant de présuppositions qui tuent l'expérience, donc l'ouverture de l'intelligence, le moyen d'intégrer ces énergies en provenance du monde matériel. Parce que cela est votre mission en tant qu'être humain !
À partir du moment où je suis décidée à expérimenter, même au prix du ridicule - car les autres auront vite fait de juger ceci ou cela ridicule - mais peu importe, je n'ai plus peur de l'autre non plus ! J'aime tellement l'expérience, j'aime tellement lire la vie et les informations en provenance de la vie, que l'autre ne me fait plus peur non plus ! Il peut dire, il peut penser ce qu'il veut, ça m'est égal !
À l'instant où il me juge, il se prive lui-même de cette expérience qui va me permettre d'avancer, même si c'est une mauvaise expérience !
Les mauvaises expériences édifient davantage que les bonnes, parce qu'elles montrent un espace que je ne connaissais pas, ou une limite que je transportais et qui faisait ma prison. C'est pourquoi il est bon de se lancer dans toutes sortes d'expériences, même les choses qui paraissent un petit peu folles ! La capacité de réveil et de construction que l'on en tirera est un argent bien plus grand que si l'on avait choisi cette sagesse molle et tiède du bon sens général.
Car les hommes ont toujours recours à leur "bon sens", n'est-ce pas ?
“Mais ça ne se fait pas ! Mais ceci ne se fait plus ! Ou ceci ne se fait pas encore ! Ce n'est pas raisonnable ! Ce n'est pas bien séant ! Ou c'est bon pour les autres, mais pas pour nous ! Et puis tu seras ridicule, et puis tu vas y perdre de ceci et de cela !”
Le "bon sens", c'est l'éteignoir du développement, c'est le cercueil de la conscience.
Soyez un peu plus fous ! Et je ne dis pas de faire des choses qui, tout au contraire, soient insensées, mais soyez un peu plus fous quand même !
Osez !
Osez vous amuser avec la vie ! Osez rire avec les expériences, avec le mouvement, avec l'action !
Exactement comme un grain de terre rit lorsqu'il est mallaxé par la main du potier sur la roue qui tourne, qui tourne, qui tourne !
Essayez de comprendre cette poésie qu'il y a dans la vie ! Ne tuez pas cette poésie ! La poésie de l'expérience, la poésie de cette action qui va vers la vie !
Continuez son mouvement, ne l'arrêtez pas sous prétexte que cela ne se fait pas, que ce n'est pas raisonnable, que lorsque l'on a quarante ans on ne fait plus ces choses, que lorsque l'on est le fils ou la fille d'Untel on ne fait pas ces choses, que lorsque l'on est un occidental avec ses casiers bien rangés on ne fait pas ces choses !
Si vous avez peur de devenir fou, si vous avez peur de faire des petits délires, alors remplacez ce concept que j'ai fait émerger dans votre esprit par le mot folie, remplacez son concept par le mot poésie et ainsi adaptez le concept qui vous plaît à votre action si nécessaire, à votre expérience si nécessaire.
Vous n'allez pas faire les choses par folie, parce que vous êtes trop sages ! C'est ce que vous allez me dire ! C'est ce que vous allez vous dire à vous-même aussi : “Non vraiment il y a des choses que je ne peux pas faire, bien que je suis un peu tentée mais j'ai la raison qui m'en empêche !”
Alors ne voyez pas les choses du point de vue de la raison et de la déraison ! Regardez ce mouvement du point de vue de la poésie ! Regardez cette expérience comme une danse, une valse, un mouvement et allez dans ce mouvement ! Et vous verrez que vous allez apprendre quelque chose même auprès de la personne qui vous semble la plus folle. Elle va vous enseigner par exemple sa folie, vous aurez là le témoignage par exemple de ce qu'il ne faut pas faire et non pas par la sagesse du "bon sens" mais par la sagesse de la tradition.
Dès que l'homme s'imbibe d'expérience, il s'imprègne d'énergie, c'est vers cette conviction que je veux vous amener.
Dès que l'homme s'imbibe d'expérience, il s'imprègne d'énergie.
Quand vous passez à l'expérience, vous vous imprégnez d'énergie. C'est en fait un peu comme une dynamo, c'est en agitant un mouvement qu'une énergie est produite, qu'une lumière ressort et éclaire. L'homme a la même fonction. C'est en lisant les expériences, des expériences qui vont de la méthode la plus active à la plus passive, comme, par exemple, observer en soi les sensibilités que réveille une musique ou un texte ou des couleurs, etc. Mais c'est en acceptant toutes ces expériences que l'homme dynamise son être et réveille son potentiel de conscience.
Bien sûr, on peut réveiller son potentiel de conscience en ne mangeant que du riz complet, en faisant ses méditations sur la tête, en espérant que les énergies s'y accumulent, en se flagellant le dos et le torse de manière à réveiller les chakras. On peut aussi s'imbiber des sens et se mettre le feu, pourquoi pas ? Cependant, il faut savoir que la vie, par son simple mouvement, par sa simple relation avec les autres, la vie amène tous ces mouvements d'éveil gratuitement ! À chaque seconde !
Je rencontre au travail un collaborateur. Ce collaborateur a un mauvais caractère, chaque matin je dois le voir, chaque matin je dois le supporter, chaque matin je dois composer parce que je dois travailler avec lui, parce que je dois gagner ma vie ! Si je ne comprends pas le processus spirituel, qu'est-ce que je vais penser ? Eh bien, je vais penser que la vie est injuste, que la vie est difficile ! Que cette société est vraiment horrible, qu'elle m'oblige, qu'elle me prostitue, que je dois travailler, même avec ceux que je n'aime pas ! Parce que je dois gagner de l'argent pour payer mes impôts, pour acheter ma nourriture et pour être là comme les autres. Et ainsi, lorsque je vais rencontrer ce collaborateur, eh bien je vais être fermé, agressif ! Ou, si ce n'est pas mon jour pour être en forme, je vais me sentir agressé dès que ce collaborateur aura dit un mot suspect, aura fait un geste suspect. Et si c'est moi l'agressé, je vais passer toute la journée à ruminer ! Et lorsque je vais rentrer chez moi le soir, je serai terrassé, écrasé par ce collaborateur, par mon employeur, par la société... Et en plus, lorsque j'irai à un groupement spirituel où le chef me dira qu'il faut être humble, qu'il faut tuer les passions, qu'il faut tuer les vices, ce sera la goutte d'eau qui fera déborder le vase ! Je suis déjà tellement oppressée, tellement écrasée, je n'ai donc pas besoin d'un Dieu qui va m'écraser davantage, alors je vais le rejeter !
Et c'est ainsi que l'on voit des conflits en l'homme qui n'ont pour racine qu'une petite mésinterprétation, là, au matin.
Ce qu'il faut donc, dès le matin, c'est ne pas penser que l'on va rencontrer ce collaborateur que l'on n'aime pas, cet employeur que l'on n'aime pas, que l'on va devoir supporter, qui est injuste, qui est autoritaire, qui écrase ! Il faut vivre de manière indépendante et penser : “Mon employeur ou mon collaborateur, ils ont l'un et l'autre leur univers. Ils le construisent avec leur pensée. Ils se permettent de penser qu'ils peuvent écraser les autres. Est-ce que je vais accepter leur univers ? Est-ce que je vais accepter leur pensée ? Est-ce que je vais accepter leur détermination, leur loi ?”
Car c'est de cela qu'il s'agit ! Est-ce que je vais accepter la loi qu'un autre construit ? Non ! Je ne suis pas obligé ! Je suis peut-être obligé d'aller travailler pour gagner mon pain, mais je ne suis pas obligé, moralement, d'entrer dans l'univers de mon employeur qui est autoritaire et écrasant. À l'instant où il va faire son éclat, à l'instant où il va tenter de m'écraser par ses quelques mots, par ses gestes, par le ton de sa voix, je dois me rappeler que c'est son univers, pas le mien ! Pue c'est sa tentative et que je n'ai pas à accepter ! Je n'ai qu'à le laisser user de son autorité imaginaire, user de son ton écrasant, de ses mots écrasants, mais je n'ai pas à me sentir, moi-même, écrasé.
Il y a donc dans la vie, un qui décide d'une loi et un autre qui va accepter cette loi. Et c'est comme cela que le monde fonctionne, que toutes vos relations fonctionnent. Un décide, l'autre accepte.
Mais à partir du moment où chaque univers est indépendant, à partir du moment où Pierre vit avec son propre univers, à partir du moment où Monique vit avec son propre univers, il va y avoir des échanges mais non plus des autorités. Il va y avoir des négociations mais non plus des écrasements. Je n'ai plus à me prostituer, à m'écraser face à mon collaborateur ou mon employeur ou face à un chef quelconque. Je négocie avec l'autre. Et pour cette négociation, l'autre va apprendre à connaître mon univers.
Vous allez me dire que, par exemple, dans le cadre du travail, l'employeur, par exemple, n'a pas le temps ni la disponibilité pour connaître l'univers intérieur de chacun de ses employés ! C'est certain ! Bien sûr ! Cependant, on peut imaginer un univers prototype qui est l'univers de l'employé, c'est-à-dire un respect qui est dû, un respect des horaires de travail, un respect du ton sur lequel parler. Et ces revendications-là, l'employé peut les faire. Il aura du mal à réclamer une augmentation de salaire mais il peut très bien réclamer le respect, un changement de ton, un changement de mot. Ça oui ! Et ainsi, c'est tout le travail de l'entreprise qui s'en trouve transformé, parce que lorsqu'il y a l'harmonie dans les échanges entre la hiérarchie et les employés, automatiquement, il y a une aura qui se construit, une santé économique dans l'entreprise qui se construit.
Car l'entreprise est exactement comme un corps et si le corps est sain, la lumière va en sortir. La lumière du succès, la lumière de la production, une lumière qui va accompagner l'employeur partout, à chaque négociation, face à chaque concurrent, sur chaque marché où il devra négocier. Il part battant parce qu'il a la lumière de son entreprise avec lui.
Donc, lorsqu'un employé tente de redéfinir sa place en tant qu'être humain, il favorise l'installation d'une harmonie et d'un équilibre.
Les entreprises
Pourquoi les entreprises vont si mal ?
On va prétexter l'économie, les échanges qui se font mal, la bourse qui baisse ou qui monte, qui fait la pluie et le beau temps, les grands échanges internationaux qui sont entre les mains des plus grandes personnes. Bien sûr ! Toutes ces choses sont déterminantes. Mais il ne faut pas oublier que ce qui produit la crise, et notamment dans les petites comme les moyennes entreprises, ce sont plutôt les crises de personnalités.
Tout le système économique n'échappe pas à la Loi de la Réverbération, qui est une grande Loi Cosmique.
Lorsque je m'entends mal avec moi-même, je vais créer des points de mésentente avec mon époux, mon épouse, mes enfants, mes amis ! Parce que je vais me sentir très vite ou accablé par cet environnement humain, ou suspecté par eux, ou incompris... Et donc je vais réagir. Alors que cet environnement n'avait pas du tout les intentions que je lui prête ! De la même manière, un système économique est sensible à cette réverbération.
Toutes les Lois s'appliquent sur tous les Plans et dans toutes les activités.
Comme il y a à l'heure actuelle dans le monde occidental, une importante crise de l'individualité, il n'est donc pas étonnant que l'entreprise connaisse aussi cette même crise. C'est normal ! Parce que l'on va redéfinir en fait la place et l'existence de l'homme, tout simplement !
Redéfinir la place de l'homme
Qu'est-ce que ça veut dire que d'être un homme ? Qu'est-ce que ça veut dire que de travailler ? Qu'est-ce que ça veut dire que de donner son temps, le temps de sa vie, cette vie que l'on veut préserver parce qu'on sait qu'elle va mourir ? Qu'est-ce que ça veut dire que de donner ce temps au travail pour gagner de l'argent ?
Et c'est ensemble que, patrons et employés, vous allez redéfinir cette condition humaine, cette valeur de la condition humaine et du travail humain. C'est ensemble !
Mais cela veut dire que s'amorce une très grave crise de l'individualité. L'homme pense à ce qu'il est. Et il cherche, puisqu'il s'agit de ses jours, de sa sève, de sa vie, il cherche le moyen le plus sûr et le plus sensé de vivre. Il ne s'agit plus simplement de survivre, mais il va s'agir de vivre véritablement ! Et les entreprises vont donc connaître une restructuration nécessaire !
Car pour l'instant, le travail ne tient pas compte de la dimension humaine ! La valeur de la vie de chacun de ses jours qui est passé au travail, à produire quelque chose, c'est de la sève, c'est de la vie ! Cette même vie qui est terriblement comptée lorsque je sais que je vais mourir.
Pourquoi lorsque je suis au travail, je compte moins, je suis moins conscient de cet aspect précieux de ma vie ? Tout simplement parce que j'ai accepté un système ! Un système qui a créé une pensée de dévalorisation de la vie : il y a ceux qui ont le droit de vivre et ceux qui n'ont que le droit de permettre aux autres de vivre. C'est ainsi que la société est structurée pour l'instant.
Mais grâce à cette crise d'individualité qui amorce ce que vous vous appelez l'Ère du Verseau, il va y avoir une redéfinition de la valeur de la vie, de la place de l'homme, de la société, de la structure de la société. Et c'est ainsi que l'on en viendra aussi à redéfinir l'enseignement - la question m'a été posée - on s'apercevra que il faudra choisir aussi entre plusieurs enseignements.
L'Enseignement
Car si on redéfinit la vie, la valeur de la vie, la place de l'homme, il va falloir recréer un enseignement.
Quoi lui enseigner ?
Aujourd'hui, on lui apprend à devenir productif.
On lui apprend un métier qui va produire quelque chose et on lui apprend à produire le mieux possible, le plus fortement possible. Et de là, il tire une récompense qu'est son salaire, qui lui permet de consommer ce que d'autres produisent. Si donc on change de vie et que l'on change d'enseignement pour changer de vie, bien sûr, qu'est-ce que l'on va enseigner ?
Est-ce que l'on va enseigner à produire et puis à consommer uniquement, comme cela se passe aujourd'hui ? Eh bien non !
Parce que tout simplement, redéfinissant la valeur de la vie, l'homme va se dire : “Eh bien, je n'ai pas besoin de tant consommer !” Et il définira sa consommation. S'il y a moins de consommation, il ne sera plus nécessaire de tant produire ! Alors que va-t-on faire des jours qui passent ?
Pour l'instant, tout semble bien rangé ! Mais sitôt que l'on va toucher à ce sens qu'est la vie, par cette crise d'individualité, tout va s'écrouler !
Qu'est-ce que l'on va produire alors ?
Parce que si finalement je m'aperçois que je suis heureux avec un bol de riz complet, quelques radis et un beau coucher de Soleil, mon employeur va perdre tout son pouvoir attractif par l'emploi qu'il m'offre, le salaire qu'il m'offre. Je ne vais plus avoir envie de cet argent ! Je ne vais plus être motivé pour produire tout cela, puisque les autres ne voudront plus l'acheter non plus !
Ce qui veut dire que, entre ces deux sociétés, il va y avoir une crise profonde.
Crise de société
Mais il ne faut pas croire que cela sera simplement une crise où l'on verra la destruction d'un système. C'est une maturité philosophique qui va s'installer chez l'Occidental. Et grâce à cette maturité philosophique, il y aura par là-même un partage de ses connaissances, de ses moyens de production, de ses moyens techniques de domestication de la Nature, tout ce partage avec les autres peuples !
Et ainsi, on peut espérer qu'il y ait une meilleure entente. Et non plus une relation d'exploitation d'un peuple à l'autre.
Si l'on pousse plus loin la vision, on verra aussi s'étioler les mouvements politiques. La politique n'ayant plus de raison d'être à ce moment-là ! À partir du moment où je suis conscient qu'il s'agit de gérer la vie et qu'il n'y a pas 36 façons de gérer la vie, la politique, par là même, n'intéresse plus personne et le discours change lui aussi. Ainsi, la relation qui est bien connue aujourd'hui d'un électorat vis-à-vis d'un candidat, eh bien cet axe n'existera plus !
Il y aura des volontaires à la gestion d'une nation, d'un système, et ce volontaire sera sélectionné par rapport à ses capacités réelles d'administrateur. Et non plus par rapport à la dialectique qu'il possède pour convaincre un électorat, quelle que soit, ensuite, sa capacité à effectivement diriger un secteur ou un pays. Chaque fois qu'il y aura des rêveurs, il y aura donc des fabricants de rêve ! Mais sitôt que le rêveur cesse de rêver, le fabricant de rêve doit lui aussi évoluer ou changer de planète ! N'est-ce pas ?
Et c'est par cette crise de l'individualité, qui permettra une maturité philosophique, que les rêveurs cesseront de rêver et que les fabricants de rêve se diront : “Eh bien, mmm, notre temps est fini, maintenant il faut travailler ! Il ne s'agit plus de régner, il s'agit de travailler.”
Est-ce que je vous décris là le futur d'un monde magnifique ? Non ! Car des imperfections subsisteront, les différences, les heurts ! Bien sûr ! Tout cela persistera ! Cependant, c'est avec une illusion moins grande que ces défauts existeront. Car c'est chaque fois, en fait, l'évacuation d'une illusion qui permet le progrès.
C'est l'évacuation d'une illusion qui permet le progrès.
Ce n'est pas la découverte qui permet le progrès, c'est lorsque l'on démonte une illusion qu'il y a le progrès, le vrai !
Démonter l'illusion - Le Progrès
Alors qu'est-ce qu'un homme, qu'est-ce qu'un disciple ? Eh bien c'est une conscience en progrès.
Vous, vous allez appeler cela perfectionnement, éveil spirituel... Très bien ! Employez les mots que vous voulez ! Pour nous il s'agit de progrès, d'affranchissement des différentes illusions qui existent dans les Plans.
Lorsque je m'aperçois que le monde affectif est un monde d'échanges, de négociations, un monde de bourreaux et de victimes, un monde de peur, un monde où je vais en contrepartie chercher des éléments qui vont me sécuriser, lorsque je m'aperçois de cette nature à propos du monde affectif, eh bien je brise l'illusion du monde affectif et je me hisse dans le monde de l'Amour.
Mais si, depuis le monde affectif, parce que je suis un bon disciple, que j'ai lu les meilleurs livres, que j'ai entendu les meilleurs conseils, que j'essaye de me hisser dans le monde de l'amour, je n'y parviens pas ! Je fais des efforts démesurés sur moi-même, je fais des sacrifices, je me prive ! Et cependant chaque fois j'échoue !
Et je me retrouve chaque dimanche au pied de la croix dans l'église que je fréquente habituellement et je pleure parce que je dis : “Seigneur, j'ai encore échoué !” Et je peux m'accabler de toutes sortes de reproches !
Commence par voir les différentes illusions qui existent en toi et tu verras que ton énergie va se dégager !
Ça fera exactement le même effet que lorsque tu coupes les amarres d'un ballon, les amarres qui empêchent un bateau de partir !
Toutes les énergies sont déjà en toi !
Je dirais même pour pousser ton inspiration que toutes les énergies sont déjà réveillées, que leur plein potentiel existe ! Mais que cette éveil est enchaîné. Et enchaîné par quoi ?
Par toutes les illusions auxquelles tu crois, par tous les rêves que tu entretiens, par toutes les peurs que tu as, par tous les besoins de te sécuriser que tu crées ou que tu vas chercher auprès des autres !
Mais lorsque tu vas chercher une assurance, une sécurité auprès de quelqu'un, ce quelqu'un entend que toi tu lui apportes autre chose et c'est là que, souvent, il y a une mauvaise négociation !
Pour ne pas être seul dans la société, beaucoup de femmes acceptent l'autorité de leur mari et ainsi leur personnalité s'étouffe ! Plus aucune expérience est possible ! Elles ne peuvent même plus aller quelque part de leur propre chef, parce qu'il faut demander l'autorisation au mari. Et il faut que le mari consente à cette expérience et il va la juger bonne ou mauvaise, sensée ou insensée.
Alors que si dès l'origine tu n'as pas peur de t'assumer dans la vie, eh bien tu n'as pas besoin de négocier avec l'autorité de celui que tu épouses ! C'est lui à apprendre à vivre avec toi et non pas à te faire vivre selon lui !
Au fur et à mesure tu découvres ainsi une grande possibilité d'expérience et ta vie s'enrichit.
Lorsque donc tu veux réveiller ton énergie spirituelle, ne t'évertue pas à méditer pendant des heures ! Ne t'évertue pas à répéter des milliers de mantras ! Ne te massacre pas les chakras à respirer d'une manière contrôlée, d'une manière qui ressemble à la technique indienne, par exemple, ou à tout autre yoga, de quelque endroit qu'il vienne !
Avant même de méditer, avant même de faire un exercice respiratoire, avant même de manger un bol de riz complet, avant même de te mettre sur la tête pour faire le poirier, regarde les illusions qui sont en toi !
Regarde les illusions qui sont en toi !
Là est ta meilleure méditation ! La plus grande !
La meilleure méditation
Même si tu ne passes jamais à la méditation traditionnelle des yeux fermés, celle que tu vas faire, les yeux ouverts en observation sur toi-même, c'est celle-là la plus grande méditation !
À l'instant où tu négocies une relation avec quelqu'un, vois quels sont tes motifs ! Vois si tu cherches un pouvoir pour écraser l'autre ! Ou vois si, au contraire, tu cherches une sécurité ! Et essaye de comprendre pourquoi tu veux écraser ou pourquoi tu as peur ! Et c'est en découvrant ces petites raisons à tes problèmes que tu te dégages de tes problèmes et de tes illusions !
Et ainsi l'énergie monte le long de ton dos qui est bien droit.
Est-ce qu'il est droit ton dos ?
Et à force de monter, à force de trouver la voile libre pour cette élévation, l'énergie spirituelle finit par remplir ta tête. Et un jour tu vois Dieu, tu le vois vraiment !
Ce n'est pas une rencontre miraculeuse puisque tu le portes déjà ! C'est tout simplement une fenêtre qui s'ouvre, un regard que tu te permets, parce que tu ne regardes plus ailleurs !
Pour compléter mon discours, il faudrait effectivement faire la liste de toutes les illusions. Commencer par les illusions majeures, puis peaufiner les illusions mineures. Mais cela serait la matière d'une discussion qui durerait plus d'une année entre toi et moi ! Mais oui ! Parce qu'à l'instant où je te citerai une illusion, si tu n'en as même pas conscience, il me faudrait te la démontrer ! Alors je vais écourter et parler des grandes illusions.
Les grandes illusions
Aujourd'hui quand tu médites, face à quelle grande illusion tu perds ton énergie ?
Essaye de trouver ! Allez ! Avant que je réponde, trouve !
Montre-moi que ton énergie circule - allez ! - que ton intelligence est réveillée ! Trouve !
Lorsque tu médites et tu dis ta motivation, c'est ainsi que tu t'aperçois des illusions fantômes que tu transportes et qui minent ton énergie spirituelle.
Qu'est-ce qui te motive profondément lorsque tu t'assois pour la méditation ?
Première remarque de ton esprit, tu vas me dire : “Eh bien, je cherche à évoluer !”
D'accord ! Mais ceci est une raison superficielle. Pourquoi veux-tu évoluer ? Cherche !
Ton esprit va sans doute me dire : “Eh bien, je veux évoluer parce que je ne suis pas bien dans l'état où je me trouve, d'un humain classique et ordinaire !”
D'accord...
Alors je te pose cette question qui doit pouvoir te faire cerner ta cause véritable.
Qu'est-ce que tu reproches à la condition d'un humain commun et ordinaire ? Hein ? Qu'est-ce que tu veux fuir absolument à cette condition humaine et ordinaire ?
Trouve !
C'est mieux que tu trouves avant que je dise.
De quoi as-tu peur ?
Parce qu'il s'agit d'une peur !
Si tu ne l'as pas encore compris, tu ne sauras jamais méditer !
C'est une peur.
La peur de quoi ?
As-tu trouvé ?
Parce que je vais le dire, je ne te le laisserai encore que quelques secondes pour cet exercice.
Quelle est ta motivation réelle et profonde ?
Tu as peur de ? ... Mourir !
C'est ta peur de la mort qui te pousse vers la spiritualité. Cette spiritualité qui contient l'immortalité.
Le jour où tu comprends profondément ceci, et non pas parce que tu l'acceptes intellectuellement, considérant que j'annonce cette chose depuis mon expérience, je ne te demande pas cette relation de confiance entre toi et moi.
Tu l'acceptes intellectuellement, c'est un bien, mais essaye de travailler cette affirmation pour la ressentir et en prendre vraiment conscience !
Le jour où, en t'assayant pour ta méditation, tu t'aperçois que tu veux construire une immortalité pour fuir la mort, eh bien tu comprends, tu vois et tu sens ta première grande illusion, qui est que tu crois à la mort. Tu estimes que la mort existe et qu'il faut donc la fuir ! La fuir en construisant l'immortalité.
Immortalité
Quelque part tu n'as pas tort du tout, car il est vrai que l'immortalité doit se reconquérir en sorte. Il est vrai qu'il faut reconstruire cette immortalité.
Ce qui ne veut pas dire que la mort, ta mort, existe ! Il y a quelque chose à refaire exactement comme on refait un printemps, mais il ne faut pas pour autant croire à la mort.
Tout se transforme, tout se régénère ! Tout retourne donc à une forme de renaissance.
Si pour aller à cette forme de renaissance, il y a une forme de mort, cela ne veut pas pour autant dire que le principe d'une mort absolue existe. Et lorsque tu auras complètement compris cette peur qui est en toi, eh bien tu vas permettre à l'énergie spirituelle de monter. Et à ce moment là, ta méditation va réellement avoir lieu.
Essaye - pour faire l'expérience, ne serait-ce que par curiosité - essaye, dès demain, de te mettre en méditation sans la peur de la mort !
[...] que tu perds des énergies, c'est pour cela qu'il te faut lutter contre toi-même. C'est pour cela que tu crois que la spiritualité est une suite de défis. Car à partir du moment où je crois à la mort, je crois à l'échec, je crois à la chute, et je me tends désespérément dans l'espérance de la réussite de mon initiation, de bonnes méditations ! Je me désespère aussi à pouvoir un jour rencontrer le guide parfait et je cours jusqu'au bout du monde pour le rencontrer !
J'installe en moi la peur ! C'est ce que je veux te faire comprendre ! Si tu ne comprends que cela ce soir, c'est très bien, et tu peux partir tout de suite si tu as compris ça !
Sitôt que tu crois à la mort, tu installes la peur !
Et cette peur va ensuite s'articuler pour toutes sortes de choses.
Ce sera la peur du lendemain, ce sera la peur du chômage, ce sera la peur d'être seul, ce sera la peur de la maladie, ce sera la peur de ceci, la peur de cela... La racine existant, toutes les peurs vont exister.
Seulement, tu t'apercevras dès demain que si tu veux authentiquement faire cet exercice, t'installer dans la méditation sans ne plus croire à la mort, tu vas t'apercevoir - comme je l'ai cité au début du discours - que dans ta tête, il va y avoir un court circuit, une zone où cette compréhension va être en conflit avec une connaissance et un vécu.
Ton esprit va dire : “Mais je connais la mort, je vois les autres mourir, je sais que l'on meurt, je vois les corps mourir ! On me parle de la survivance de l'âme, d'accord, je veux bien y croire, mais finalement, je ne connais pas cette survivance. Je n'en ai pas à mener de souvenirs, je ne l'ai jamais expérimenté de mon vivant, je n'ai jamais vu un mort revenir !”
J'ai un a priori que j'entretiens intellectuellement, mais en fait, je n'en ai pas le goût à l'intérieur. Ce qui fait que ta peur, cette peur fantôme, continue à exister.
Donc, de la même manière que je l'ai expliqué au début du discours, tu vas te trouver face aux spéculations du mental concret qui lui va te répondre : “Mais écoute, mon grand ! Je veux bien tes histoires, tu vas aller écouter un discours philosophique ! Maintenant, tu reviens, tu t'assois, tu me prétends que la mort n'existe pas ! C'est bien beau, mais vois-tu, le voisin est justement mort à midi ! Tu as vu ? Il est raide !”
Et à partir du moment où ton esprit concret va appuyer sur cette réalité, toute ta tension pour croire à autre chose va s'effondrer et ta peur va se réinstaller. C'est alors que, de la même manière que je te l'ai expliqué au début, tu vas sentir qu'il va falloir penser avec un autre cerveau, une autre partie de toi-même, un cerveau supérieur qui connaît d'autres réalités.
Alors tu vas me dire : “Mais comment a-t-on accès à ce cerveau supérieur qui, lui, ne fera pas obstacle à mes aspirations, parce qu'il est tout empruné d'autres réalités - les réalités auxquelles je crois par intuition - comment le contacter ?”
La chose est simple puisqu'elle est humaine, elle est forcément simple !
Contacter son cerveau supérieur
Lorsque tu t'assois pour méditer, essaye de concevoir ton mental concret, exactement comme le cadran sur un tableau de bord dans les avions, le cadran où il y a la ligne de l'horizon et la silhouette de l'avion. Et essaye de placer cet avion, qui est ton mental, sur la ligne de l'horizon, qui est la ligne transversale du cercle, du cadran. Et tu verras à ce moment-là que l'exercice est facile si tu penses à aligner ton avion sur la ligne de l'horizon.
Alors que si tu penses à contrôler ton mental, à évacuer tes pensées, et que pour cela tu utilises des respirations, des mantras, ta volonté... Tu t'aperçois que ton avion va dans tous les sens, qu'il n'y a pas moyen de l'aligner et que l'horizon, tu ne sais même pas où il est, il a disparu ! Lui aussi s'est fracassé dans cette confusion !
Alors conçois ton esprit comme un avion ! Conçois aussi dans ton esprit la ligne de l'horizon ! Et pose, tranquillement, les ailes de ton avion sur la ligne de l'horizon ! Et maintiens cette géométrie dans ta tête !
Et qu'est-ce que tu vois apparaître ?
Allez, fais un effort, fais l'exercice un petit peu !
Qu'est-ce que tu vois apparaître ?
Imagine un avion stylisé qui se pose sur cette barre horizontale. Et qu'est-ce que tu vois ?
Un triangle !
Désormais tu penses en triangle et plus en dualité ! Et désormais tu te trouves dans ton cerveau supérieur - appelons-le comme cela, peu importe ! - dans ta pensée supérieure tout près de ton âme.
Sitôt que tu peux penser être ce triangle dont tu dois surveiller la jonction des ailes et de la base, automatiquement tu t'évades de la condition humaine, dualiste, et tu recomposes ta trinité, cet espace que tu ne connais pas lorsque tu as les yeux ouverts et que tu m'écoutes ! Tu n'es pas un avion en ce moment, non ! Au contraire ! En tout cas pas un avion en conjonction avec la ligne de l'horizon !
Je dirais que tu tournes en vrille, que tu planes, de temps en temps, il y en a beaucoup des planeurs dans les salles ! De temps en temps ils réécoutent et ils tournent dans tous les sens, ils essayent de se rappeler le début, de comparer avec un autre discours, avec un livre, ils essayent de préméditer aussi la fin du discours ! Et je vois toutes sortes d'avions qui se tamponnes, qui montent, qui descendent, qui tombent en flammes ! Comment composer une escadrille ?
Une escadrille s'entend sur un mouvement exécuté ensemble à la perfection, synchronisation !
Synchronisation
Pour que ta vie de disciple soit effective, tu dois disposer de cette même synchronisation. Et de la même manière pour que l'activité de ton groupe soit effective, eh bien tu dois composer cette même synchronisation.
Cette synchronisation est un alignement. Par cet alignement les énergies de l'âme vont circuler et se manifester et accomplir !
Et tu vas pouvoir accomplir ce que toi tu crois ne pas pouvoir accomplir, parce que tu juges les choses depuis ta capacité observée. Depuis l'éducation que tu as reçue, depuis ce que tu as développé ou pas, en passant par l'école, des différentes professions, etc.
Ton âme est bien ancienne, elle contient tout ce que tu as appris dans d'autres expériences ! Toute cette maturité peut alors déborder et venir jusqu'à toi, quoique tu aies appris ou pas appris du tout aujourd'hui. Mais pour disposer de ce débordement, de cette abondance, il te faut être en synchronisation avec ton âme. Et cela ne se peut que si tu construis ce triangle, cette Trinité qui est en toi.
Trinité - Triangle
Prends conscience de cette Trinité.
Comment vas-tu t'y prendre ?
D'une manière fort simple ! Tu n'es pas d'ailleurs obligé de suivre mon conseil, pas du tout ! Mais si cela t'amuse de me suivre quelque temps, eh bien, effectue ce que je vais te dire !
Lorsque tu médites - et je passe sur ce que je viens de décrire, les illusions, la peur - lorsque tu médites, tu rencontres quoi ? À part la peur et les illusions. Hmm ? Tu rencontres quoi ?
Si tu connais vraiment la méditation, tu peux me répondre, mais vous ne pourrez pas me répondre.
Tu rencontres quoi en méditant ?
Une pensée, n'est-ce pas ?
Quelle est cette pensée ?
La pensée que tu entretiens à propos de toi-même. D'abord tu penses que tu es Paul, ou Frédéric, ou Annie, que tu es blond, ou que tu es brun, ou brune, que tu es grand ou petit. Tu penses à ton corps. C'est toi et ton corps qui allez méditer. C'est toi et ta personnalité qui allez méditer. C'est toi et tout ce que tu penses à propos de toi. C'est tout cela qui va s'asseoir et tenter la méditation. Et c'est tout cela qui va échouer !
Parce que toi, tu peux méditer ! Mais celui que tu ramènes tout le temps et qui est ton corps, qui est ta personnalité, qui est tout ce que tu penses à propos de toi, tout cela ne peut pas méditer ! Tout cela est fait pour le monde de l'action, pour aller dans l'expérience, pas pour la méditation !
Bien sûr, on s'apercevra que le corps est un des instruments de la méditation, ne serait-ce que par les ajustements physiologiques qu'il crée. Mais ce n'est cependant pas le corps qui médite. Ce n'est pas la personnalité qui médite. Car si c'était le cas, par le simple fait d'ouvrir les yeux, tu serais en méditation !
Le corps subit ta méditation et il transforme sa physiologie.
Ta personnalité subit la méditation et cela transforme son tempérament.
Mais ce n'est en aucun cas la personnalité ou le corps qui médite.
Donc il y a toi et les autres, les autres toi, les autres petits moi.
Pour faire une méditation qui va te rapporter quelques fruits, il faut que tu prennes bien conscience de cette première identification que tu commets vis-à-vis de ton esprit.
Toi et ta référence à ton corps.
Toi et ta référence à ta personne.
Toi et ta référence à ce que tu penses de toi.
C'est tout cela que tu assois et que tu tentes de faire méditer. Or, comme je viens de te le dire, c'est impossible de méditer avec un tel matériel ! Alors comment vas-tu t'y prendre ?
Eh bien en un premier temps, tu vas essayer d'oublier ta référence à ta forme humaine.
Cela ne va pas être si simple ! Car sitôt que tu t'assois pour méditer, tu penses à ta silhouette en méditation, à ta forme qui est en état de méditation. Et tu te penses toi, toi ta forme, en relation avec un rayon, en relation avec une Hiérarchie, tu visualises un chakra en siège, dans ta forme, dans ton corps.
Pour véritablement méditer, nous allons donc évacuer cette première référence : je ne suis pas mon corps !
Mais je ne vais pas me contenter de me le dire.
Pour rompre le charme, je vais essayer de retrouver et d'entretenir la pensée de ma forme primordiale. Et pour cela, je vais penser au triangle. Essayez d'imaginer votre forme comme n'étant qu'un triangle, et non plus un corps avec des jambes, des bras, une tête.
Vous allez voir à quel point la pensée va résister et va persister à envoyer l'image du corps. Gentiment revenez au triangle ! Un triangle que vous sentez être votre seule et unique forme. Vous devez donc être ce triangle et non pas simplement voir un triangle et méditer sur lui.
Lorsque petit à petit j'installe cette réalité supérieure dans mon esprit, je m'aperçois que je ne sens plus mon corps.
Je ne ressens plus son poids, sa chaleur ou sa fraîcheur.
Je suis complètement montée dans la tête. Les énergies vont toutes aller se centrer dans la tête.
Et à ce moment-là, quelle que soit la méditation classique que j'observe, elle ne peut que réussir puisque toutes les énergies sont montées à la tête. Et que, pour être montées, elles ne font pas référence à des illusions comme la mort, la peur, le corps et la personnalité.
En fait, qu'est-ce que méditer, vois-tu ?
Qu'est-ce méditer ?
Méditer, ce n'est pas essayer de monter sur un Plan Supérieur, ce n'est pas essayer de gravir des échelons de la conscience et se placer, voilà, quelque part près de l'âme. C'est abandonner des vêtements trop lourds !
Les vêtements qui sont soit des illusions, comme la peur de la mort que j'ai cité, ou bien des illusions uniquement psychologiques comme la référence à une forme. Sitôt que je libère ma pensée de ces références, elle ne peut que s'introvertir pour se contempler elle-même !
À partir du moment où j'arrête de parler, par exemple, je produis du silence. Et si c'est ce silence qui est la vérité, alors en arrêtant de parler, je m'accorde de contempler la vérité, n'est-ce pas ?
C'est aussi simple que ça !
Lorsque j'arrête d'entretenir tous ces bruits dans ma conscience - par mes croyances, par mes références, par mes illusions, par mes projections - eh bien je me permets ce silence qui est la vérité, et je le découvre !
Toute méditation devrait être réussie immanquablement, puisque le potentiel de conscience est le même chez tout être humain !
Par contre, le degré de bruit est très différent d'un humain à l'autre. Chez certains, il y a de grands tapages, chez d'autres, des murmures.
C'est rare lorsqu'il y a le silence !
Le Silence
Le silence...
Qu'est-ce que ça veut dire ?
Tous ceux qui sont intéressés par la méditation connaissent bien ce problème : le silence.
De quel silence est-ce que je parle ? Hmm ?
La première idée qui viendra dans votre esprit, pour analyser ce silence que je cite, sera l'idée du calme.
C'est pas mal ! Mais c'est pas encore ça.
Vous allez ensuite me dire : “Eh bien c'est la descente dans les couches profondes de la conscience, par la relaxation par exemple.”
C'est pas mal ! Mais ce n'est pas encore ça. Il faut aller plus loin !
En essayant de descendre dans les couches de la conscience, dans la profondeur du calme, si on fait cet exercice authentiquement, eh bien on verra que l'on va s'agiter de plus en plus ! Pourquoi ?
Parce que, sitôt que je vais vouloir me calmer, créer ce calme nécessaire, je vais prendre conscience de tous les bruits qui sont en moi. Et, en fait, les méditations qui sont agitées ne sont pas des méditations ratées, ce sont des prises de conscience. Mais comme l'on décrit si savamment la méditation comme étant une profondeur de l'esprit, un calme de l'esprit, sitôt que l'on voit donc les pensées s'agiter, et bien on les bloque, on les chasse ! Alors que l'esprit, là, révèle ce qui ne va pas !
Toi tu vas appeler cela le manque de contrôle de ta pensée, alors que l'esprit te montre ce qui ne va pas.
Par exemple, tu t'installes pour ta méditation et tu penses à ton petit ami. Tu te vois en train de séduire ton ou ta petite amie. Et lorsque tu termines ta méditation, tu te dis : “Mais je n'ai aucun contrôle sur mon mental. Je ne fais que songer à mon ami et au seing d'amour que j'espère de lui ou d'elle !”
Qu'est-ce que ça veut dire en fait pour un Guide authentique ? Pour un Guide authentique cela ne veut pas dire que tu manques de contrôle. Cela veut dire que tu atteins le calme suffisant pour que ton esprit te révèle ton trouble affectif, ton attachement. Que vas-tu faire désormais avec cette révélation ?
Parce qu'il est vrai que tu ne vas pas cesser d'être attiré par ton ami. C'est vrai qu'en plus tu prévois d'épouser ton ami. Et que donc cela sera une part importante de ton destin. Cependant, en même temps qu'il ne faut pas minimiser cette expérience puisque c'est une part de ton destin, il ne faut pas t'y attacher énormément. Il ne faut pas être ensorcelé par le phénomène. C'est cela que te révèle ton esprit.
Ton esprit ne te dit pas : “Désormais demain sois froide et renie le monde affectif !” Ton esprit te révèle un attachement trop important qui n'est pas le véritable amour que tu devrais expérimenter avec ton ami. Qui est simplement le monde de la séduction et du ravissement.
À partir du moment où tu conçois les choses de la sorte, non seulement tu as une plus grande capacité à aimer ton ami, mais tout en aimant ton ami profondément, tu peux aussi bien entrer dans les méditations les plus profondes aussi ! Et je dirais que, à partir du moment où tu vis la chose comme je la décris, l'amour que tu portes à ton ami devient une énergie qui propulse ta méditation plus loin !
Alors qu'aujourd'hui, puisque ce n'est pas le véritable amour mais bien une séduction éprouvée, un ravissement éprouvé, eh bien cette énergie perturbe ta méditation et t'envoie sans arrêt les scènes, les pensées dans la tête.
Toi tu vas appeler cela une méditation ratée. Pour nous il s'agissait en fait d'un contact avec les couches inférieures de ton âme. Ton âme qui essaye de te parler par image et qui se dit : “Voilà regarde et bien en fait tu ne penses qu'à cela, tu ne penses qu'à lui, tu ne penses qu'à elle et ça ne va pas, vois-tu, ça ne va pas ! Moi dans ma méditation je ne peux pas supporter ce brouhaha, cette confusion ! Alors pour une fois que tu es à l'écoute - puisque toi aussi tu veux méditer à ce moment-là - puisque tu es à l'écoute, eh bien je t'envoie le message : il y a trop de séduction et ce n'est pas l'amour.”
C'est cela que te dit ton âme.
De la même manière, observe chacune des pensées qui entrent dans ta méditation.
Et par l'exemple que je viens de te décrire, qui est quelque chose d'assez classique, découvre les révélations que te fait ton âme à propos des différentes séductions qui sont en toi et différents éparpillements donc qui existent en toi.
À partir du moment où tu fais les choses comme je viens de les décrire, et considérant la question qui m'a été posée à propos du karma. Tu prends conscience de la ligne directrice de ton destin présent, une ligne qui est fabriquée depuis longtemps dans les autres vies.
Karma et vies antérieures
Et c'est ainsi que, petit à petit, au fur et à mesure des méditations qui deviennent de plus en plus réelles, de plus en plus profondes, il y a révélations de tes incarnations passées. Exactement comme il y a des rêves, dans ton esprit, la nuit. Tu prends connaissance d'une substance que tu as développée dans une autre vie et automatiquement ton esprit revoit les événements par lesquels dans une autre vie tu as développé cette force qui te revient aujourd'hui.
Je sais que sur ce thème du karma, les esprits vont en train de penser qu'il y a des dettes, qu'il y a des châtiments, que l'on a fait de mauvaises choses, que l'on doit compenser aujourd'hui. Si l'on est un enfant simple, on va se contenter de cette définition. Cependant, si l'on veut comprendre un peu mieux comment va le monde, il va falloir développer la pensée.
On voit bien que le Mal est progressif. Pour celui par exemple qui s'intéresse aux réincarnations, qui a quelques expériences à ce sujet, cet individu verra bien que, par exemple, une personne qui vient la consulter va révéler plusieurs incarnations où le Mal a connu une progression. À chaque expérience, les blocages sont devenus plus nombreux, les mésententes aussi plus nombreuses, les confusions plus nombreuses. Le mal s'est donc développé pour aboutir à un individu qui est un problème pour la société ou pour sa famille ou tout simplement pour lui-même à cause du malheur qu'il a à exister. Et c'est ainsi que l'on s'aperçoit que le Mal se développe, comme le Bien se développe.
Alors il faut redéfinir la nature du mal.
La nature du Mal
Pour bien comprendre ce que je viens d'expliquer mais aussi pour comprendre la nature du karma, nous allons devoir travailler sur cette valeur morale qu'est le Mal.
Mais qu'est-ce que le Mal ? Hmm ?
Quand vous, vous faites une estimation du Mal, qu'est-ce que le Mal ?
Dans votre esprit, le Mal va être le mal que je fais à quelqu'un, le danger dans lequel je le mets, la peine que je lui fais, le massacre que je produis dans sa vie, l'éparpillement que je crée... Tout ceci, ce sont des références traditionnelles mais ce ne sont pas des explications. Car en fait, si l'on observe certaines de vos actions que vous jugez comme étant mauvaises, parce qu'ayant produit un choc chez quelqu'un, lorsque l'on repère l'effet exact de votre action, on s'aperçoit que ce choc souvent était salutaire et que cela a donné lieu à un dépassement, à une évolution. Et c'est alors que votre moralité doit se développer, pour s'apercevoir qu'il y a donc des chocs qui sont salutaires et des chocs qui sont nuisibles.
Bien sûr, on va un peu plus loin lorsqu'on développe une moralité, mais l'on n'en devient pas sage pour autant !
À nos yeux, en fait, il n'y a aucun Mal !
Il n'y a aucun Mal !
Même à l'instant où un tyran s'empare de la vie de milliers de personnes pour les massacrer. Il n'y a aucun Mal !
Pour l'esprit de l'homme du quotidien, cette affirmation est insupportable ! Car effectivement pour lui il y a un Bien et un Mal, et il cherche la justice ! Parce qu'il cherche à ordonner son monde et il pense que s'il laisse tout s'accomplir, il n'y aura finalement que de l'injustice bientôt sur la Terre. Et qu'il est donc nécessaire qu'il y ait une loi, donc une référence à ce qui est Bien et à ce qui est Mal.
Et pourtant, moi, je viens de te dire, malgré le nombre de siècles d'existence de cette loi, de ces références au Bien et au Mal, cette justice en laquelle tu crois, malgré ces siècles d'existence, est-ce que l'Ordre est apparu sur la Terre ? Est-ce que les tyrans sont moins nombreux ? Est-ce que l'exploitation a disparu ? Est-ce que les hommes sont frères ? Hein ?
Non !
Tu vois bien que non ! Les sociétés ont beau être structurées, elles ont beau avoir des lois précises. Le Mal court toujours ! Les meurtres ont lieu, les guerriers font la guerre, les marchands d'armes vendent leurs armes et les exploiteurs exploitent !
Cela veut dire quoi ?
Cela veut dire que tout système qui tentera de créer une protection vis-à-vis des excès d'actions des autres, tout système, malgré son intention de se protéger, n'arrivera jamais à se protéger ! Jamais !
Les sociétés que l'on connaît aujourd'hui sont très développées en matière de lois, de droits et de châtiments. Cependant, il y a des crimes horribles partout ! Dans les sociétés les plus civilisées, des crimes horribles ont lieu. Comment cela se fait ?
Cela veut bien dire que le système, même s'il existe, ne peut pas protéger la société, ne peut pas protéger les individus parce que même si la loi existe, elle n'est pas ressentie par celui qui a l'intention de commettre un crime. Il s'en moque, lui, il a une autre loi ! Sa loi est, par exemple, d'escroquer, sa loi est de tuer, sa loi est de voler ! Et la loi qu'a créé la société, les gens bien-pensants, les gens qui veulent protéger, eh bien cette loi-là, il s'en moque, il fait prévaloir la sienne ! Même si, à la suite de ces méfaits, la police l'attrape et le punit, ce n'est pas pour autant que l'homme est changé ! L'homme reste ce qu'il est !
Qu'est-ce que l'on doit comprendre là-dedans ?
L'on doit comprendre que l'action n'est jamais chose facile ! Et que l'on aboutit un jour à une action que l'on va juger nuisible pour les autres, parce qu'effectivement, on va prendre quelque chose à l'autre - soit sa possession, soit même sa vie. Mais il faut comprendre que cela a été une lente construction. On ne devient pas un monstre du jour au lendemain ! On ne devient pas un escroc, comme cela, en une seule vie, simplement parce que la mère nous a giflé ou que le père a été absent de l'éducation ! On ne devient pas un tyran simplement parce qu'on a été malheureux dans sa petite enfance ou parce que l'on aime régner absolument. Le voleur, le tueur, le violeur aussi, le tyran, toutes ces choses se construisent petit à petit, de vie en vie, lentement. Autant que l'on construit le Bien, on construit le Mal.
Autant que l'on construit le Bien, on construit le Mal.
Il y a donc une responsabilité individuelle et collective à la construction de ces monstres que vous appelez les criminels et les tyrans. Eh oui ! Une responsabilité commune !
Je ne veux pas dire : c'est la faute à tout le monde ! Je dis qu'il y a une responsabilité commune.
Laquelle ?
Responsabilité commune
La responsabilité qui a été partagée pendant un grand nombre de vies, c'est celle de l'illusion.
L'illusion de ce rêveur qui veut rêver et qui donc va croire le fabricant de rêve.
L'illusion de celui qui a peur de mourir et qui donc va chercher un chef auprès duquel se mettre à l'abri.
Tout ce que j'ai décrit depuis le début du discours.
Chaque fois que vous êtes faible et indépendant et que, donc, vous permettez à un autre soit de régner sur vous, de prendre des décisions pour vous, d'avoir un pouvoir sur vous, vous le favorisez à devenir peut-être, quelque part un jour, un monstre.
Alors que si dès aujourd'hui vous vivez de manière indépendante, de manière responsable, si vous assumez votre expression, vous ne pouvez permettre à personne d'avoir le pouvoir sur vous !
Et immédiatement, l'autre doit développer cette même indépendance, cette même responsabilité puisqu'il ne peut pas jouer sur vous de son pouvoir illusoire. Il ne lui reste plus qu'à se gérer lui-même ! Se policer lui-même ! S'administrer lui-même !
Chaque fois qu'un grand tyran apparaît par exemple, la plupart des individus réagissent en disant : “Mon Dieu ! Quel homme horrible ou quelle femme horrible !” Et très vite on invoque Dieu pour qu'il répare cette erreur de la Nature ! Pour qu'il intercède afin de protéger l'Humanité et les pauvres victimes ! C'est une réaction typiquement humaine, mais ce n'est pas la réaction d'un homme éclairé, un homme qui connaît le fonctionnement de la vie.
Chaque fois qu'un tyran apparaît sur la Terre, c'est un défi pour les hommes ! Un défi qui dit : “Vas-tu te réveiller ? Vas-tu conquérir ta responsabilité ? Vas-tu conquérir ton individualité ou vas-tu continuer à rêver sous l'ombre de ce rêve ?”
En l'occurrence, ce rêve n'est pas agréable puisqu'il s'agit pour toi de risquer ta vie, par exemple, si tu es dans le pays d'un tyran ! Mais c'est peut-être pour toi aussi le seul moyen d'être face à ce défi et de prendre vraiment l'énergie à bras le corps pour te réveiller !
Donc où est le Mal ? Hein ? Je te le demande !
Maintenant c'est moi qui te pose la question.
Où il est le Mal ?
Est-ce que tu ne vois pas au contraire que l'initiation est partout ! Même dans les endroits que tu juges les plus douloureux ou les plus inhumains ?
L'initiation est partout !
C'est l'initiation qui est partout.
Lorsqu'il y a des crimes qui sont commis - comme je te l'ai expliqué, la création d'un criminel est quelque chose de progressif - pour toi qui es uniquement un observateur, qu'est-ce que cela devrait t'inspirer ? Eh bien cela devrait te porter à analyser le mécanisme de la création de ce criminel. Le mécanisme aussi de la société dans laquelle il ne peut ou il ne veut que exercer le crime. Et ainsi, tout le système se révèle à toi ! Et tu connais fondamentalement une société : ses valeurs, ses bassesses. Et ainsi, à cause d'un criminel, tu arrives à parfaitement te situer dans une société et à la connaître.
Pour un esprit de synthèse - comme est mon esprit et celui de tout mon groupe - le Mal n'existe pas.
Et c'est pour cela que vous êtes tellement désarçonnés en voyant que l'on ne réagit pas lorsque des grands criminels s'incarnent et saccagent la planète, saccagent les hommes, les femmes, les enfants, la paix entre les nations... Vous êtes tous surpris, vous vous interrogez, vous vous dites : “Mais s'il y a un Être Divin, s'il y a une Hiérarchie Divine, ce n'est pas possible qu'ils permettent cela ! Ils doivent intervenir, ils devraient le faire ! Pourquoi est-ce qu'ils n'interviennent pas ?”
Si tu te poses cette question, c'est parce que tu n'as pas compris la logique de l'intervention du Mal - de ce que toi tu appelles le Mal - et qui est en fait un défi pour l'Homme !
Le Mal est un défi pour l'Homme !
Je ne voudrais pas faire durer mon discours trop longtemps, mais je voudrais rappeler une chose que j'ai un petit peu expliquée, c'est nécessaire pour le discours ici.
Un jour, j'ai expliqué que le Grand Initiateur n'était pas un être de Lumière, mais sans doute un être de Ténèbre, et qu'en fait le plus grand des initiateurs sur la planète était celui que l'homme redoutait le plus et qu'il appelle le Diable.
Le Diable
Pourquoi ?
Pourquoi est-ce que moi qui ne parle que d'Amour, de Lumière, de rayonnement, d'Évolution, pourquoi est-ce que je cite d'un seul coup, contrario de tous les a priori, le Diable ?
Est-ce que je deviens fou ? Non !
Ou alors c'est que la Vérité, de temps en temps, approche la folie ! Je ne sais pas si vous allez oser être fou avec moi !
Souvent c'est le prix de la sagesse et les hommes raisonnables se détournent ! La raison ne va pas avec la sagesse, car l'homme raisonnable sent bien qu'à un moment donné il y a une frontière, celle de la folie, de l'inacceptable, de l'invraisemblable ! Et c'est là la grande sélection pour entrer dans le Temple !
Cela ne veut pas dire qu'il faut être prêt à croire n'importe quoi ! Comme je l'ai dit tout à l'heure, il y a un grand paradoxe dans l'évolution ! En même temps qu'il faut être prêt à franchir cette barrière de l'invraisemblable, de ce que la raison va juger comme étant la folie, cela ne veut pas dire qu'il faut croire n'importe quoi.
Alors, voilà de nouveau un discours désossé. Cela veut donc dire que d'un côté il va y avoir un discernement, un discernement qui est tangible, qui va s'élaborer sur le connu, sur le “j'ai vu ça, expérimenté ça, j'ai vu la conclusion de cela, et cette conclusion c'est la vérité.” Et en même temps il y a toute une part déraisonnable pour l'esprit qui s'est construit au fur et à mesure par les expériences quotidiennes.
Donc quelque part le discernement va rencontrer une folie pour se déclencher en sagesse.
Comme je le dis si souvent, il y a donc un point d'apesanteur et un point de pesanteur, d'attraction.
Le point d'attraction, qui est le point en relation avec le manifesté, va attirer à lui toutes les expériences. C'est un aimant ! Il attire les expériences et donc il va les produire, les vouloir, et engager la personnalité dans les expériences. Tandis que le disciple, qui est un endroit de synthèse - n'oublions pas ! - va sentir en lui aussi s'ouvrir un point d'apesanteur, un point où tout existe déjà, où il n'y a pas besoin de conquérir.
Pour le disciple débutant, c'est un petit casse-tête, un paradoxe ! Mais sitôt qu'il va penser en Trinité, comme j'ai essayé de vous le faire comprendre depuis le début du discours, alors il arrive facilement à vivre dans ces deux royaumes. Un royaume plein de pesanteur et un royaume plein d'états de grâce.
Mais revenons à mon idée, sur laquelle je bouclerai le discours ce soir et qui est cette affirmation du Diable comme étant notre initiateur sur la planète.
Généralement, dans l'esprit du disciple bien-pensant, il y a les guides et les Maîtres, les dirigeants de la Hiérarchie, et puis un peu plus loin, très loin, Dieu. Le disciple pense franchir tranquillement, comme un bateau remonte une rivière, les étapes de l'initiation. À chaque initiation, il imagine un guide magnifique et lumineux qui lui administre une énergie.
Je ne veux pas dire que l'initiation lumineuse n'existe pas. Mais avant l'initiation lumineuse, il y a la confrontation ténébreuse !
Avant l'initiation lumineuse, il y a la confrontation ténébreuse !
Et l'on ne peut pas obtenir l'initiation lumineuse sans être passé par cette confrontation ténébreuse. Et c'est pour cela que, à notre avis, le Diable, ou l'Adversaire, comment on le nomme aussi, est un initiateur.
Lorsque je suis face à la somme de mes illusions, lorsque je suis face à la somme de mes distortions, de mes projections, de mes désirs, c'est face à ma masse ténébreuse que je me trouve. Face à l'Adversaire, face au Diable, comme les religions l'ont toujours appelé !
Et cette confrontation, donc cette prise de conscience, si elle s'effectue, aboutit, au passage à l'initiation lumineuse, à ce que le disciple imagine donc, l'entrée dans un monde magnifique où on va ouvrir ses chakras.
Chaque fois que l'on va être confronté à la masse d'illusions qui est dans l'individu, on est face à l'Adversaire.
Lorsque cela se passe à l'état individual, le disciple comprend un petit peu mieux. Il dit : “Tiens, je viens de rencontrer aujourd'hui mon égoïsme, ma jalousie, mon ambition...”
Mais il ne faut pas oublier qu'il y a une évolution planétaire, une évolution collective, une évolution de groupe, une évolution familiale, une évolution nationale. Et qui est l'Adversaire à ce moment-là ?
C'est l'Autre !
Ce n'est plus simplement une masse qui est en nous que l'on peut voir à n'importe quel moment, face à laquelle on peut aussi négocier. À partir du moment où l'on appartient à un groupe, l'Adversaire, celui qui va représenter la masse d'illusions du groupe, cela va être l'Autre.
Un individu qui, par la suite de ces réincarnations, a développé le Mal - ou disons la déviation - suffisamment profondément, les illusions suffisamment en grand nombre, pour un jour, en fait, être l'incarnation des masses d'illusions et de déviations de tout un peuple, ou d'une famille, ou d'un groupe, ou d'un égrégore de pensées, etc.
Lorsqu'à travers les siècles, je construis une société, parce que, par exemple, je me réincarne toujours pour en être le président. Et que je forme mes ministres à mon image, avec mes opinions, mes convictions. Je vais donc développer un système qui me ressemble profondément ! Qui va refléter tous mes défauts, mes qualités aussi et mes illusions. Mes ministres, que j'ai formés, vont aussi être le reflet de mes illusions, de mes qualités, de mes défauts. Et lorsque, au travers de quelques cycles, ce groupe que j'ai formé, puisqu'il existe, va lui aussi rencontrer les étapes de l'évolution, eh bien je vais découvrir un adversaire. Et cet adversaire va être un être humain ! Un être humain qui a eu, lui aussi, le malheur de développer autant de défauts que moi ! Les mêmes illusions que les miennes ! Et d'un seul coup, cet être existe et me jette tout à la figure !
Pour moi, c'est un défi ! Soit je comprends qu'il est mon reflet, qu'il est une sorte d'incarnation de ce qu'au travers de plusieurs siècles, j'ai moi-même développé. Et si je comprends ça, je peux me débarrasser de l'ennemi, car il a accompli son rôle initiatique. Il se désagrège complètement à ce moment-là !
Soit je ne comprends rien du tout ! Je pense être le meilleur, le plus fort ! Je pense avoir raison chaque fois que je pense, chaque fois que je parle ! Et, à ce moment-là, mon ennemi continue d'exister. Et même si je trouve un moyen de le faire taire, un autre ennemi qui lui ressemble, parce qu'ils sont des milliers à travers le monde, un autre ennemi va se lever. Jusqu'à ce que je comprenne que cet ennemi est la masse de mes illusions. Mais mes illusions non pas individuelles, les illusions collectives que j'ai fabriquées en tant que responsables d'une nation, d'une activité, qu'elle soit économique, financière, philosophique ou autre.
Bien sûr, les cycles individuels sont plus rapides. Je peux m'apercevoir dès demain de l'égoïsme que j'ai construit juste à cet instant précis, en ce moment. Demain, je peux en prendre conscience. Lorsque j'observe l'évolution des collectivités - et Dieu sait qu'il y en a plusieurs, il y a la collectivité de l'économie, la collectivité de l'enseignement, la collectivité des religions, la collectivité de la philosophie, la collectivité de la science - lorsque je juge donc ces collectivités, le cycle est beaucoup plus long ! Je ne peux pas voir un effet dès demain ! Je le verrai dans dix ans, ou dans trente ans, ou dans un siècle... Mais un jour, quelqu'un va incarner la somme de ces contradictions que j'ai véhiculées pendant tant et tant d'incarnations. Et pas simplement moi, mais aussi tous mes frères et soeurs qui font partie de la collectivité !
Cela veut dire quoi ?
Eh bien, cela veut dire que tant que je suis un rêveur et que je réclame donc un fabricant de rêve, en même temps que j'alimente ce fabricant de rêve pour exercer son pouvoir, je préfabrique celui qui sera le destructeur de mon rêve, celui que j'aime tant. Celui pour lequel je suis capable de m'abaisser face au fabricant de rêve. Donc, sitôt que je fabrique le Diable, je fabrique le bon Dieu ! Et sitôt que je fabrique le bon Dieu, je fabrique le Diable.
Sitôt que je fabrique le Diable, je fabrique le bon Dieu ! Et sitôt que je fabrique le bon Dieu, je fabrique le Diable !
C'est ce que je veux vous faire comprendre.
Mais si je suis un authentique disciple et presque un initié, et que je vis depuis ma trinité, et que je pense depuis ma trinité, il n'y a plus le Diable ou le bon Dieu. Je ne peux plus créer de Diable puisque je ne crée plus de Bon Dieu. Je vois tout simplement un univers en manifestation avec des rêveurs, avec des collectivités qui fabriquent des systèmes remplis de défauts comme de qualités. Et je vois ces systèmes et ces collectivités, un jour, terminer leur cycle, être face à leurs illusions. Et par cette prise de connaissance, un autre système plus élaboré vient à la surface. Et j'observe tout cela, et j'appelle cela l'évolution.
Tandis que quelque part sur la planète, un homme va se dire que la vie est bien compliquée, qu'il y a le Bien, qu'il y a le Mal, qu'il y a le bon Dieu qui s'en fous, qu'il y a le Diable qui en profite. Et que lui, le pauvre homme, est là, coincé entre ces deux mondes, et qu'il ne peut pas changer le monde. Parce que si Dieu ne se met pas de la partie, comment est-ce que moi, Pierre, ou Paul, ou Monique, je vais pouvoir faire avec ma petite tête, mes petites mains et mon petit cœur ! Hmm ? C'est cela que pensent les hommes !
Or si, depuis ta Trinité, tu vois que telle est l'action du monde, quelle est le déroulement de l'action, et que ton travail, ce sera d'apprendre aux autres à avoir l'action la plus juste, et non pas d'éduquer à propos de Dieu, ou à propos du Diable, à propos de ce qu'il faut faire, ne pas faire, mais simplement développer l'action juste, l'idée juste.
Eh bien, c'est vrai, à ce moment-là, tu peux changer le monde !
C'est vrai, à ce moment-là, tu peux intervenir !
À ce moment-là, tu peux faire en sorte qu'il y ait beaucoup plus de bonnes actions que de mauvaises actions, de meilleurs karmas que de mauvais karmas !
Mais tant que tu ne comprends pas toi-même que tout repose sur le choix de l'action juste, la pensée juste, alors tu ne peux pas enseigner. Tu seras un moraliste !
Tout repose sur le choix de l'action juste, la pensée juste.
Le moraliste
Et il y en a beaucoup des moralistes.
Il y a le bon Dieu qui est tout blanc, il y a le Diable qui est tout noir, et puis il y a le monde qui est gris, avec des hommes qui sont eux aussi gris. Et puis, si on est un peu plus philosophe, on dira : “Bon, les hommes ne sont pas tous gris, ils ont une part blanche et une part noire ! Et de temps en temps, c'est la noire qui prend le dessus. Mais la blanche est toujours là, il ne faut pas s'inquiéter !”
Quelles que soient les systèmes qu'ensuite tu créeras pour quand même croire à l'évolution, croire à l'existence de Dieu, croire à l'existence du Bien, tous ces systèmes s'effondreront face à ce qui arrive dans le monde ! Tu diras : “Ça ne colle pas ! Ça ne joue pas ! Il y a là une logique que je n'arrive pas à exercer ! Dieu existe, je le prie tous les matins, et je ne suis pas le seul. On est des millions dans le monde, et qu'est-ce qui se passe ? Il y a la guerre, de nouvelles maladies, des martyrs par milliers dans le monde, des tremblements de terre où ils ne sont même pas nécessaires au renouvellement de la croûte terrestre, où cela ne fait que périr les gens !”
Tu t'aperçois, ainsi, de toute la contradiction qu'il y a entre ta croyance et l'effectif d'une réalité.
Et c'est ainsi que si tu es un peu intelligent, tu t'assois dans un coin et tu dis : “Mais finalement, je ne sais pas si je ne me trompe pas. Peut-être que Dieu n'existe pas. Peut-être, il y a des Maîtres, c'est vrai, des êtres qui ont réussi à sublimer leur nature, mais eux, ils semblent nous avoir oubliés eux aussi.” Et tu t'enfermes dans la solitude !
Tu aboutis à cette solitude parce que, dès le départ, tu construis un monde où il y a le Bien, le Mal, une moralité où le Bien est connu et le Mal répertorié, une religion où il y a un Diable et un bon Dieu, et tout un système de prière et d'invocation où l'on demande à Dieu de venir ficeler le Diable !
Si, dès le début, tu acceptes le monde, tu acceptes cet espace qu'il représente pour l'expérience, si dès le début, tu acceptes que l'expérience de l'autre puisse être, c'est vrai, catastrophique - pas simplement pour toi, mais des fois aussi pour une collectivité - mais que par l'expérience catastrophique de l'Autre, il y a pour toi un moyen de te dépasser, alors tu deviens un philosophe, alors tu es au-delà des religions. Tu es un être de science et de conscience.
C'est ça, le disciple !
Je ne dis pas que d'un seul coup, tu vas pouvoir tout expliquer, que tu pourras expliquer pourquoi dans tel pays il y a la guerre, dans tel autre il y a la tyrannie, pourquoi à telle grande réunion internationale, de nouveau, il y a eu l'échec... Tu ne pourras pas tout expliquer techniquement, tu vas pouvoir tirer profit de toutes les situations comme des moyens de dépassement.
Et si tu arrives à les voir, pour toi-même, comme des moyens initiatiques, tu arriveras aussi à inspirer cette vision à la collectivité. Et ainsi, très vite, une collectivité peut se détacher de ses tyrans, de ses fabricants de rêves. C'est automatique !
Je ne voudrais pas te quitter sur une note plus ou moins amère pour ton intellect. Une note qui mélange le Diable, le Bon Dieu, un Bon Dieu qui n'existe pas vraiment, un Diable qui semble prédominer. Je ne veux pas mélanger tes convictions pour mieux te les arracher. Ce n'est pas mon but.
Je veux simplement te faire prendre conscience d'une contradiction qui est dans l'esprit général. Quand cet esprit, s'élabore sur la moralité, ou avec les principes religieux. Pour arriver à concevoir malgré tout le monde, tu vas sophistiquer ta moralité et tu vas dire : “D'accord, bon, il y a Dieu, je ne peux pas m'empêcher d'y croire ! Mais comme il n'a pas l'air de venir très souvent, ni de prendre soin de nos affaires, j'imagine que c'est parce qu'il se trouve dans le Plan du non-manifesté ! Tous les livres de la cabale me l'indiquent, et je connais son nombre et je connais le nom de son Plan.”
Bien sûr, on peut sophistiquer l'intellect, on peut pousser plus loin chaque fois la barre de la connaissance afin que la conscience ne voie pas la contradiction flagrante qui existe ! Mais un jour ou l'autre, cette contradiction se voit et l'on en retombe d'autant plus haut, avec d'autant plus de douleur ! Et c'est cette douleur que refusent les chefs religieux, lorsque d'un seul coup apparaît ce que, vous, vous appelez un nouveau Messie, un nouvel enseignant ou un nouvel enseignement. Parce que ce nouvel enseignement semble renier de fond en comble ce que l'on estime être l'ancien, mais qui est appelé "la tradition". Et c'est ainsi que de cycle en cycle, il y a toujours des groupements humains qui refusent les plus grandes vérités, les vérités de mieux en mieux élaborées et expliquées, parce qu'elles semblent renier les bases des anciennes vérités.
Et donc elles apparaissent comme des hérésies ! C'est normal !
Un nouvel enseignement ou disons une nouvelle dimension de l'enseignement, cette nouvelle dimension apparaît comme une hérésie, c'est vrai. Mais c'est parce qu'autour de l'ancienne dimension de l'enseignement s'est développé toute une moralité, une structure qui en fait sclérose le développement de l'intelligence.
Et tout le brio, tout le talent d'un disciple, c'est de savoir constamment défaire en lui les anciennes structures. Une ancienneté qui peut dater d'il y a 200 ans, 20 ans ou 2 minutes ! Il faut savoir démonter le temps, quel que soit le temps !
Il faut savoir démonter le temps, quel que soit le temps !
Bien sûr les convictions que l'on transporte depuis plusieurs vies vont être plus fortes, plus résistantes à la destruction que les convictions que l'on a bâti il y a 2 minutes. Mais si c'est véritablement la Libération que tu cherches, tu auras toute l'énergie pour le faire !
Et c'est en procédant à cette destruction que, véritablement, tu pourras méditer ! Alors que pour l'instant tu investis tes énergies ailleurs ! Tu crois que tu dois construire ton évolution. Construire l'ouverture des chakras. Le chakra s'ouvre tout seul ! Sitôt que tu n'as plus l'illusion qui lui fait l'obstacle, le voile et l'inconscience ! Quand tu enlèves cela, le chakra s'ouvre puisque l'énergie peut circuler !
Alors que pour l'instant tu t'y prends dans le sens inverse ! Tu essayes de faire monter les énergies, par des mantras, par des respirations, par des plongées profondes dans différents états de la conscience, en espérant que les énergies déclenchées ouvrent les chakras ! Bien sûr, tu peux déclencher des énergies par ces procédés ! Bien sûr, tu peux ouvrir tes chakras ! Mais il faut savoir que ce ne sera pas toujours pour ton bien !
Si tu n'as pas combattu ou vu les illusions qui fermaient tel ou tel pétale, à l'instant où tu transportes l'énergie pour ouvrir un tel ou tel chakra, eh bien le chakra va brûler ! Il brûle ! C'est un peu comme si tu forçais une porte ! Et cette pression exercée pour que la porte s'ouvre quand même, cela crée du feu et ça te brûle !
Quelquefois le feu peut contribuer à te faire voir l'illusion qui est en toi, mais quelquefois tu ne vois pas l'illusion et tu te consumes ! Tu deviens malheureux ou malade, tu deviens insensé ou peureux, de plus en plus ! Quelque chose ne tourne pas rond ! Tu es brûlé. Et tous ceux qui sont clairvoyants pourront voir dans ton aura cette grande déchirure par laquelle l'énergie sort ! L'énergie que tu perds et qui ne sert à personne !
Donc si tu veux le plus sûr moyen d'ouvrir tes chakras : essaye chaque jour, par les expériences, de découvrir les limites qui sont en toi, les illusions que tu transportes, les égocentrismes qui te caractérisent. Et, lorsque tu les vois, ne sois pas honteux et ne te combats pas toi-même ! Regarde-les profondément ! Exactement comme tu regardes un paysage dont tu veux te souvenir. Et c'est en regardant profondément la chose que tu la démystifies. Tu enlèves son pouvoir !
Tandis que si tu te mets à avoir honte trop vite, tu n'as pas le temps d'aller jusqu'à la racine et de l'arracher par la conscience que tu fais descendre. Tu laisses la conscience comme cela, en superficie, une conscience qui a vu, qui a eu peur, qui s'est vite refermée. Et ensuite petit à petit, avec ces réactions, on construit l'orgueil et en quelques incarnations, on aboutit à une personnalité extrêmement orgueilleuse et cette personnalité orgueilleuse va faire du Mal !
Et cela a commencé où ? Cela a commencé plusieurs vies avant, avec la honte, la honte de soi.
“J'ai vu que j'étais jaloux et puis ça m'embarrassait, alors j'ai vite refermé et je me suis trouvée les raisons d'être jaloux ! J'ai vu que j'étais ambitieux et puis cela m'a pas plu du tout, parce que j'ai écouté les sermons philosophiques, et ce n'est pas bon, alors j'ai vite refermé la conscience et je me suis trouvée les raisons d'être ambitieux ! Je me suis expliqué que la société ne permettait pas que l'on vive, si on n'avait pas d'ambition, qu'on ne pouvait pas être gagnant sans ambition, etc.”
Lorsque tu vois quelque chose, lorsque tu t'aperçois de quelque chose, ne le regarde pas avec ton égo, celui qui va être rempli de honte et vite refermer la bouteille ! Regarde la chose avec toute ta conscience, jusqu'à sa racine ! Et en y plongeant la conscience, la conscience suffit. Elle est un médicament en soi, elle exorcise !
Tu n'as donc plus appris à t'efforcer, à ne plus être ceci, à te contrôler pour ne plus faire cela. Le fait que tu aies plongé la conscience dans cette réalité enlève ce qui te gêne !
La Conscience
La conscience, c'est cette grande force que tu cherches, c'est celle qui donne l'impulsion de la transformation.
Pour l'instant, tu cherches une force à exercer sur toi-même, te contraindre à ne plus faire ceci ou à faire cela, parce que c'est meilleur. Tu essaies de trouver dans ton potentiel d'énergies de quoi accomplir cette transformation par toi-même ! C'est faux ! Tu vas t'y épuiser et même tu vas devenir un monstre ! Parce que le jour où tu seras fatigué, tu laisseras se défouler en toi tout ce que, jusqu'à présent, tu as essayé de retenir. Essaye au contraire de regarder avec ta conscience, car la conscience c'est la Force, la conscience c'est la Volonté, la conscience c'est le pouvoir de transformation, c'est l'alchimie !
La conscience c'est la Force, la conscience c'est la Volonté, la conscience c'est le pouvoir de transformation, c'est l'alchimie !
“Donnez-moi un levier et je soulèverai le Monde !”, a dit un de vos grands personnages. Pour compléter l'image, je te rajoute que pour toi, le levier c'est ta conscience, ta capacité à voir, à être témoin. Sitôt que tu te permets cela... Ce n'est pas la question d'un degré initiatique qui fait que d'un seul coup on peut descendre jusqu'en soi et voir, c'est une permission que l'on s'accorde, une permission que la s'accorde. Sitôt que l'on n'a plus peur de soi, sitôt que tu n'as plus peur de voir que tu es jaloux, ambitieux, tu es capable d'aller voir ces choses en toi.
Alors réfléchis sur ce qui fait peur ! Pourquoi tu as peur de voir que tu es jaloux, ambitieux, vicieux même ? Hein ? Pourquoi tu as peur ?
Tu as peur d'aller voir ces choses parce que tu espères être autre chose ! Hmm ?
Tu veux être gentil, généreux, bon, magnifique, détaché, spirituel ! N'est-ce pas ? Alors d'un seul coup aller voir que tu es vicieux, sexuel, pas généreux du tout, attaché, ambitieux, orgueilleux, c'est une catastrophe ! C'est une folie pour ton esprit ! N'est-ce pas ?
Et pourquoi est-ce que tu as peur d'aller voir ces choses ? Hein ? Pourquoi ?
Pourquoi est-ce qu'il te faut absolument construire une autre image que celle de ta nature ?
C'est un fait naturel que tu sois ambitieux. Pourquoi tu es ambitieux ? Parce qu'il y a quelques incarnations, tu étais un peu mou et tu t'es aperçu que c'était toujours les autres, alors, qui avaient le droit de manger, le droit de s'habiller, le droit de voyager et un jour tu en as eu assez, tu as eu la colère et tu as dit : “Désormais ce droit est le mien aussi et je vais le conquérir !” Alors est-ce que c'est un défaut ? Non ! C'est une réaction de ta nature face à une collectivité qui allait plus vite que toi, qui osait davantage que toi. Alors regarde ta nature telle qu'elle est, telle qu'elle s'est développée et si tu es un disciple, corrige-la gentiment !
Donc n'essaie pas d'être quelque chose de spirituel avant de t'être aperçu de toutes les déviations qui existent en toi et qui se sont construites au fur et à mesure des incarnations, des réactions, des frictions que vous avez eues les uns avec les autres, les individualités avec le système, les maris avec les femmes, les enfants avec les parents... Ce sont toutes ces frictions qui construisent vos déviations ! Qui font ce que vous appelez aujourd'hui vos défauts ou aussi vos qualités ! Et c'est à cause de ces déviations que, d'un seul coup, vous construisez une image. Parce que être en état de déviation est insupportable pour l'esprit ! Surtout un esprit qui a eu le malheur de se faire moraliser, que ce soit par les philosophes ou les religieux ! Un esprit qui a eu le malheur d'accepter qu'il y a le Bien, le Mal, le Diable et le Bon Dieu ! Et moi qui suis un homme du commun, un homme donc plutôt à tendance gentille et prétentieuse, je vais vouloir être du côté du Bon Dieu donc je vais être beau, généreux, détaché. Et je vais donc refuser de voir toutes les déviations que, par mes anciennes frictions, j'ai construits ou que les autres ont le pouvoir de construire en moi.
Et sache que, pour nous, la véritable évolution c'est de prendre conscience de ses déviations et de revenir sur la voie.
La véritable évolution c'est de prendre conscience de ses déviations et de revenir sur la voie.
Et ce n'est qu'en voyant les déviations qui sont en toi que tu peux rejoindre la voie. Cette voie spirituelle que tu cherches tant à coups de bol de riz complet, de mantra, de méditation en lotus et je ne sais quoi d'autre !
Tu n'as besoin d'aucun Maître en fait ! À partir du moment où tu t'étudies toi-même, où tu es l'objet de ton étude, tu n'as plus besoin d'aucun Maître ! Et c'est à partir du moment où tu n'as plus besoin du Maître, tel que tu le conçois aujourd'hui, c'est-à-dire le Maître dans l'alignement de Dieu, le Grand Père des hommes. C'est à ce moment-là que le Maître apparaît. Oui !
Il se dit : “Tiens, la pensée de cet être est correcte. Il ne pense plus de façon moraliste : le maître, protecteur, initiateur, Dieu, le Père des hommes. Il se sait comme étant l'objet de sa propre étude et il s'étudie. C'est un homme libre. Et à cet homme libre, je peux donner le flambeau de la vérité !” Et c'est ce qui se passe à ce moment-là.
Alors maintenant, tu sais pourquoi les Maîtres ne sont pas monnaies courantes dans le monde, du moins en révélation, en extériorisation. Il y a tellement de gens qui pensent encore de manière assistée : le Maître comme étant l'objet de l'obéissance et Dieu comme étant l'objet aussi de l'obéissance. Tant que la Pensée Juste n'est pas devenue la pensée de la collectivité, le Maître restera un mystère et ne sera partagé que par les rares qui peuvent le croiser. Cela deviendra un acte de foi dans les différents groupes philosophiques. On croira au Maître, même si on ne l'a jamais vu, mais pour soi, en fait, cela restera un mystère. Et c'est ce mystère qui te ronge ! Qui t'empêche de dormir tranquille, de méditer tranquille ! Et c'est ce mystère qui élève ta prière, ta prière qui supplie de rencontrer un Maître ! Hmm ?
Alors je te donne un chemin très court !
Tu veux rencontrer le Maître, il y en a suffisamment sur Terre, je te le dis. Il y en a suffisamment même dans vos villes et qui sont suffisamment impliquées dans la vie politique ou sociale, qui sont directement accessibles. Mais je vous en prie, cessez de penser comme vous pensez ! Et essayez de vous comporter comme je viens de le décrire ! Si j'ai réussi à me faire comprendre.
Je ne prétends pas avoir réussi, mais j'espère.
Car si vous avez réussi, dès demain vous pouvez rencontrer un Maître. Même s'il n'est pas de cette ville, il apparaîtra.
Bien sûr, les apparitions sont diverses ! Cela peut être, d'un seul coup, l'établissement d'une certitude en soi. Ou cela peut être, au contraire, une force qui vient en vous et qui d'un seul coup vous établit dans une ligne directrice. Ou cela peut être une apparition. Ou cela peut être une rencontre effective. Tout dépend, ensuite, de ce que vous avez à faire et de ce qui est le plus pratique à produire sur l'instant.
Et toutes ces rencontres dépendent aussi des liens anciens. Si dans d'autres vies vous avez croisé, par exemple, un disciple avancé, ce disciple a fait du chemin depuis, admettons qu'il soit devenu un Maître. Il y aura un certain lien, même faible, mais un certain lien qui motivera un amour plus spécifique de lui à vous. Et lors de votre ouverture, c'est plutôt celui-ci qui va venir vers vous qu'un autre.
J'ai essayé de couvrir à peu près les sujets qui sont présents dans l'évolution d'un disciple. Qui sont en même temps des obstacles, parce que des défis pour l'intelligence, des remises en cause, des redéfinitions. Tout ce que je vous demande désormais, ce n'est pas tant de travailler sur ce que je viens de dire, ce n'est pas de mémoriser ce que je viens de donner. Ce n'est pas non plus de faire un travail d'intégration. Ce que je vous demande c'est de repérer des mots-clefs et de vous en souvenir au moment où vous agissez, au moment où vous pensez, au moment où vous tirez des conclusions, au moment où vous vous fabriquez des principes. Rappelez-vous les quelques mots-clefs - ils sont peu nombreux - de façon à ce qu'avec ces leviers, vous puissiez enlever ces boules pesantes.
Et ainsi j'aurais peut-être servi à quelque chose. Car des fois j'en doute, voyez-vous, j'en doute profondément !
Le doute
Eh oui, le doute existe dans le cœur d'un guide, c'est certain ! On se lance comme cela dans une action, on ne sait pas même toujours très bien où l'on va aller ni comment on va y aller ! On se lance parce que l'action c'est cela, c'est oser ! On peut prévoir bien sûr un certain nombre de phénomènes parce que l'on connaît la nature humaine. Mais en fait, on peut rencontrer en cours de route une multitude de surprises, une forme d'imprévisible. Il y a les bonnes et les mauvaises surprises. Il y a les dépassements soudains que vous, vous vous permettez, ce qui donne raison à notre travail. Et puis il y a les blocages, soudain aussi, que vous créez et qui détruit complètement notre investissement !
Donc quelquefois je me demande si mon action est la plus juste, si je ne devrais pas m'occuper depuis mon Plan Éthéré des formes pensées que vous créez, de manière à ce que, par pressions et oppressions, ces formes pensées entrent dans vos esprits comme de nouveaux principes. C'est comme cela aussi que l'on opère les mutations des sociétés, les mutations de la moralité, de la philosophie, de la religion, de la science... Mais de temps en temps travailler par les formes pensées nous ennuie et on essaye de gagner du temps, si je peux m'exprimer de la sorte. On essaye de devenir plus effectifs pour soulager la misère, pour soulager de cette douleur que le disciple ressent, à cause du silence, de l'incommunicabilité entre les deux Plans lorsqu'il n'arrive pas à s'élever.
Mais parfois, malgré nos efforts, on s'aperçoit que l'on n'est pas reçu. Parce qu'il y a une réelle incommunicabilité. Définitivement lorsque l'on se trouve sur le Plan Mental Concret on a du mal à ressentir les réalités d'un monde que, vous, vous jugez supérieur, et qui est tout simplement la Réalité. Donc, toutes ces communications peuvent paraître utiles comme complètement grotesques. Tout dépend avec quel cerveau on écoute, avec quelle oreille on écoute.
Si on juge toutes ces informations depuis le cerveau concret, celui qui connaît la dure loi du monde, ce cerveau-là ne va pas admettre. Il va partir, en pensant que c'est une philosophie parmi tant d'autres !
Tandis que ne serait-ce qu'une seconde, si j'arrive à réveiller en vous cette Trinité et à vous faire vibrer, une seconde seulement, d'après la vision de cette Trinité en vous - et là est mon seul exercice ! - alors je n'aurai pas parlé pour rien ! Mais là est mon seul exercice !
C'est pour cela que je spécifie à chaque fois que je ne parle pas pour enseigner, mais bien pour faire vibrer une seconde seulement cette Trinité ainsi que sa vision ! Et ainsi, à ce moment-là, vous savez exactement de quoi je parle et pourquoi je parle ainsi !
Bien sûr, pour cela, j'utilise les mots, j'utilise les concepts, j'utilise le monde de la pensée. Avec une pensée, j'en casse une autre qui est trop vieille et j'essaye d'en faire germer une qui est plus grande ! Mais dans ces chocs et ces entrechocs, entre les vieilles et les nouvelles pensées, les petites et les grandes dimensions, il y a tellement de résistance que, parfois, eh bien, c'est parler pour ne rien dire. Mais tant pis !
Pendant quelque temps encore, utilisons ce temps. En fait, autant que vous me le permettrez, sitôt que je n'aurai plus la permission de votre part, eh bien, je retournerai à mon travail invisible et vous devrez créer en vous cette communication. Et vous verrez que vous devrez utiliser exactement les outils dont je parle. Et c'est là qu'on se reverra, peut-être, dans quelque temps !
Essayez donc de sentir plutôt que d'intégrer l'enseignement qui vient de moi.
Je me moque de vous enseigner ! Je me moque que vous vous rappeliez de ce que je dis ! Je veux que vous ayez vécu un instant votre Trinité !
Et si par hasard vous réécoutez mes paroles, que ce soit aussi uniquement dans ce but ! Car si une personne essaye de mémoriser l'enseignement, comme un enseignement que l'on doit savoir, je détruirai sa mémoire ! Et c'est très facile ! Je n'ai qu'à semer le doute, un simple doute ! Et automatiquement, la personne s'en ira à toutes les jambes vers d'autres enseignants, sans ne rien comprendre non plus à ceux-là. Car une fois que le doute est installé, mon Dieu, qu'il dure longtemps !
Comment est-ce qu'on envoie le doute ?
Est-ce que je vais voir que Pierre-André commence à mémoriser des données et à en faire un enseignement sclérosé ? Non, je ne m'intéresse pas à Pierre-André ! Je ne sais même pas où il est, ce qu'il fait, à quoi il ressemble ! Cependant, dans mon Ciel, puisque c'est autour de ma Parole qu'il se cristallise, je sens un cri qui est poussé. Je vois une Lumière qui devient Ténèbre, qui se replie sur elle-même. Et à ce moment-là, j'envoie une pensée en direction de cette Lumière et de ce cri. J'envoie le doute, simplement le doute ! Et chaque fois que vous allez douter de quoi que ce soit, sachez que c'est en fait une réaction saine, un besoin de vous décristalliser de vos anciennes croyances ! Non pas un doute qui remette en cause tout ce que vous savez, un doute qui vise uniquement les anciennes croyances !
Chez les plus faibles, bien sûr, le doute va être radical et il va tout détruire. Mais chez ceux qui sont plus développés, plus intelligents, le doute va aller exactement à l'endroit où il y a cette cristallisation et cette limite, et il exorcisera la limite.
Alors, je vous en prie, ne faites pas de moi un enseignant ! Sinon vous recevrez du bâton !
Permettez-moi d'avoir une relation saine avec vous, et uniquement, de petit à petit, de vous sensibilisez à cette Trinité. Pour cela, permettez-moi de jongler avec les pensées, avec vos concepts ! Laissez-moi prendre vos idées, les démonter, les remonter un peu plus haut, un peu plus loin ! Et ne serait-ce qu'un instant, expérimentez comment l'on vit à cet endroit qui est un peu plus haut, un peu plus loin et où je vous ai posé. Et s'il vous semble que la vie est meilleure, eh bien, restez-y !
Mais si après expérience vous n'êtes pas bien, cela ne vous plaît pas, eh bien retournez là où vous étiez ! Peu importe ! Mais au moins goûtez un instant. Et chaque fois que vous écoutez ma parole, essayez cette souplesse.
Un instant, pensez avec ma pensée. Et si vous vous apercevez que la vie est meilleure, restez-y !
Je vous en prie, restez-y !
Moi j'y reste, voyez-vous ! C'est que, donc, elle doit être confortable !
(Date de la conférence : 24 05 1991)
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