
C'est le moment de l'année où tout s'achève, où tout meurt, mais en même temps où tout se transforme dans un feu d'artifice de couleur. Ce soir, nous n'avons pas de questions particulières, mais nous sommes ouverts et confiants que vous allez pouvoir répondre aux questions des personnes dans la salle.
Bonsoir,
Je vous souhaite la bienvenue.
Comme je le dis à chaque fois, je voudrais spécifier que vous n'êtes pas ici pour écouter un guide, vous raconter l'histoire de l'Univers. Vous n'êtes pas non plus ici pour en devenir le disciple et en colporter partout les informations. À chaque fois, je le répète, mais je ne le répéterai jamais assez, parce qu'il faut répéter souvent ce qui en fait est un automatisme chez l'homme. Il faut répéter de manière à ce que cet automatisme puisse petit à petit laisser la place à des intuitions plus grandes.
Ce qui est automatique chez l'homme, c'est de chercher le Père. Plus tard, quand il est un peu plus mûr, il ne cherchera que le Grand Frère, mais de toute manière, il cherchera une autorité. Et pour essayer petit à petit d'affaiblir cet automatisme, que je n'ose pas appeler instinct, car l'instinct est purement quelque chose d'émotionnel, alors que l'automatisme est déjà répertorié dans le mental.
L'instinct est purement quelque chose d'émotionnel, alors que l'automatisme est déjà répertorié dans le mental.
Mais à force de répéter, je finirai par affaiblir cet automatisme et petit à petit, peut-être, vous arriverez à être un peu plus libre.
Je sais bien que des fois, cela paraît déplaisant lorsque j'insiste sur le sujet, et pourtant c'est le plus grand bien que je puisse vous faire. Petit à petit, si vous arrivez à concevoir quelle est la nature exacte de l'autorité des guides, automatiquement, vous allez vous libérer non seulement de vos défauts, mais aussi de la Matière toute entière. Car c'est en imaginant un schéma hiérarchique où le plus grand essaye de soumettre le plus petit, où le plus petit obéit au plus grand, c'est en imaginant cela que vous n'arrivez pas à devenir autre chose que l'humain quotidien que vous êtes. Et dans la peau duquel, d'ailleurs, vous n'êtes pas bien du tout ! Car immanquablement, à un moment donné, vous avez envie de faire ce qui vous plaît. Et c'est pour cela qu'en cachette, vous vous permettez, comme si d'ailleurs, comme Dieu sur un nuage envoyait son regard partout pour vous suivre et comptabiliser vos petits défauts. Mais voilà que l'on se cache derrière un petit buisson pour gentiment faire ce que l'on a envie de faire, comme si l'on voulait fuir le regard et le jugement.
Or, il se trouve que l'on n'est jamais observé par l'œil de Dieu ou l'œil de sa Justice. Il se trouve que tout ce que l'on fait, on le fait à soi, pour soi ou simplement contre soi. Il n'est pas une loi inscrite quelque part et qui attend d'être obéi, d'être suivi à la lettre. S'il existe une Loi, c'est uniquement parce que la Vie, pour exister, pour avoir lieu, a suivi un certain nombre d'exigences. Il n'y a pas 36 000 manières de fabriquer la Vie et de la maintenir. Elle dépend de certains équilibres.
Pour l'homme donc, il s'agit tout simplement de découvrir ces équilibres et non pas d'obéir à une loi.
Ce qui fait qu'en spiritualité, lorsqu'il se dit : “Je vais devenir un disciple pour évoluer, pour même plus tard devenir un initié”, il ne faut pas qu'il imagine devoir obéir à des lois.
Il doit au contraire, petit à petit, par l'expérience qui est la vie, découvrir des équilibres. Et c'est en même temps ce qu'il y a de plus facile et de plus difficile à faire.
De plus facile parce qu'en fait, il n'est pas coupable de commettre des erreurs, d'avoir des défauts et ainsi un grand poids est enlevé. Mais c'est difficile car il s'agit pour lui d'une observation quotidienne. Et surtout, il faut qu'il arrive un jour à concevoir exactement ce que veut dire s'assumer et être responsable de soi.
Et si cela paraît évident du point de vue matériel, professionnel, du point de vue spirituel l'homme est tout à fait en enfance et la responsabilité n'est pas évidente pour lui. Et ainsi, on voit dans les groupements spirituels ou dans les différentes religions, s'amasser de plus en plus d'individus qui se comportent comme des enfants et qui en fait n'utilisent pas la force que la spiritualité permet de découvrir.
Toute spiritualité qui en fait vous asservirait, ferait de vous, les disciples chéris et bien aimés d'un Dieu puissant qui vous regarde et vous juge, toutes ces spiritualités ne font que vous affaiblir, non pas simplement pour cette vie-ci mais même pour plusieurs vies. Et il faut bien comprendre cela de façon à ne pas transporter cette dépendance et cette faiblesse dans d'autres vies, alors que vous êtes ici pour faire un effort sur vous-même et conquérir davantage de liberté et de maîtrise. Donc, il ne faudrait pas faire la chose inverse.
Malheureusement, il se trouve que les religions - du moins certaines - ont affaibli l'homme au lieu de le construire. Ce qui ne veut pas dire que la religion est coupable car quelle que soit l'interprétation que les prêtres ont pu faire de certaines religions, l'homme qui écoute le prêtre a toujours le recours à son intelligence et il doit assumer cette responsabilité. Ce qui fait que même s'il existait de par le monde des religions aberrantes, ensorcelantes, eh bien, il reposerait toujours sur les épaules de celui qui écoute de faire le bon choix.
C'est pourquoi il est plus important en fait d'éduquer l'homme que de le spiritualiser.
Avec une bonne éducation, on peut faire un disciple. Avec une spiritualité plus ou moins bien comprise et qui a passé à travers des siècles d'interprétations et de soustractions, ce n'est pas forcément dans ces milieux-là que l'on va faire un disciple. Et pourtant, une simple et bonne éducation permet de faire un disciple.
Pourquoi ?
Parce que la spiritualité repose avant tout sur une pierre d'importance qui est le discernement, l'analyse, le bon sens tout simplement.
Le premier pas en spiritualité ce n'est pas “la Grande Foi” dont on parle tant.
La Foi
Je sais bien que la plupart des religions s'assoient pesamment d'ailleurs sur la foi et vous demandent cette foi. Et vous menacent même soit de l'enfer, soit de la mort éternelle si cette foi ne s'éveille pas dans votre cœur.
Il faut comprendre que la Foi c'est ce que l'on découvre au bout du chemin et non pas au début. Il est donc complètement absurde de demander dès les premiers pas quelque chose qui est comme un or que l'on aura extrait de la carrière, lorsque l'on sera arrivé au bout du phénomène spirituel. Cependant, pendant des siècles il aura été facile de demander aux hommes cet acte de foi.
Mais est-ce de la foi ?
L'histoire prouve bien, les réactions humaines prouvent bien que ce n'est pas de la foi que les hommes ont exprimé à travers les siècles puisque les religions ont engendré énormément de fanatisme, d'inquisition, d'étroitesse d'esprit. Toutes ces choses ne sont pas les composants de la Foi car la Foi est Amour, Tolérance, Grandeur, Fraternité.
Donc ce n'est pas la Foi que les hommes ont découvert ou donné à la religion dans laquelle ils entraient. C'est uniquement un engagement, c'est une sorte de contrat moral qu'ils signaient avec le groupement dans lequel ils entraient.
Pourquoi est-ce qu'ils entraient dans de tels groupements ?
D'une part, à cause de la pression sociale. Il faut comprendre qu'à travers les siècles, les différentes religions sur les différentes parties du monde ont exercé leur pouvoir et un pouvoir qui touchait même la vie individuelle. Non pas parce que cela conditionnait une culture mais parce que si Untel ne manifestait pas sa foi ou sa générosité envers l'Église, eh bien, il se trouvait comme séparé de la communauté, critiqué en tout cas, peut-être même isolé pour sa profession et même lorsqu'il pouvait faire appel à un médecin. Donc il était important d'appartenir à un groupe de pensée, à un groupe religieux qui était de rigueur à cette époque-là et ceci a touché toutes les civilisations.
Il y avait ensuite la peur que si Dieu éventuellement existait, il valait mieux suivre ses recommandations, donc obéir au prêtre qui en était l'intermédiaire.
Et ces deux arguments ont suffi pour alimenter les religions à travers les siècles et aussi passer par-dessus leurs aberrations comme par-dessus leurs crimes.
Aujourd'hui, si l'occidental se sent assez mûr pour devenir un disciple et un disciple qui se veut de “la nouvelle vague” comme on dit aujourd'hui, il faut qu'il comprenne absolument qu'appartenir à un groupe spirituel ne lui accordera aucun état de disciple. Répéter un mantra ne lui accordera aucun état de disciple. Faire tous les jours sa méditation ne lui accordera aucun état de disciple.
À partir du moment où il fera toutes ces choses pour avant tout faire ce que le groupe fait, comme pour être sous la protection et dans l'identité du groupe, eh bien toutes ces choses seront vaines. Apparemment elles apporteront quelques fruits, comme un certain bien-être, une plus grande relaxation, on pourra un petit peu d'ailleurs arranger sa santé ou ses peines sentimentales avec ces exercices, mais en aucun cas l'état de disciple n'est atteint pour autant.
Le Disciple
Ce qui qualifie le disciple, c'est avant tout une nature mentale qui se veut être tout imprégnée de Bon Sens et de naturel. Le disciple c'est avant tout quelqu'un qui va travailler chaque matin, qui accepte de labourer son champ, qui ne grogne pas parce que cet ouvrage est à accomplir. C'est aussi quelqu'un qui ne fait pas de différence entre le travail social et le travail spirituel. Il vit les deux d'une même manière et voit un prolongement de la spiritualité dans sa profession et il sait se servir des deux mondes.
Le disciple c'est quelqu'un qui voit le monde comme une expression commune d'une seule âme, ce qui fait que les différentes races, les différentes cultures, les différentes religions, même les différents systèmes économiques, ne sont que des diversités de cette expression qu'est l'Âme Une, l'Âme du Monde.
Dans son esprit il a enfin enlevé, fait dissoudre les illusions de la différence, les illusions de tout ce qui peut nous faire penser en tant que racisme, en tant que différences d'opinions. À partir du moment où l'unité est dans la vision, elle entre dans le cœur.
À partir du moment où l'unité est dans la vision, elle entre dans le cœur.
C'est pour cela qu'il est bon en fait de parler des idées, même si ce ne sont pas les idées qui permettent de découvrir Dieu ou d'obtenir un état divin. Il est quand même bon de discuter des idées les meilleures à partager depuis la tête. Car petit à petit ces idées descendent dans le cœur, c'est un peu comme un programme que l'on se répète.
À force de le répéter, comme un mantra, cela finit par devenir soi-même. Lorsque je m'efforce de développer l'idée la plus juste, l'idée la plus grande, et ceci soit parce qu'on me l'a enseigné, soit parce que je fais un effort sur moi-même. Eh bien, c'est comme si je plantais une graine, le lendemain encore une graine et encore une graine. Et toutes ces graines, petit à petit, exactement comme un tartre se dépose dans un verre, toutes ces graines vont descendre jusque dans le cœur et commencer à germer.
Je ne peux pas espérer me développer si je ne prends pas soin des pensées, c'est impossible. Car les pensées sont comme des moules qui vont petit à petit former les sentiments de mon cœur et les convictions de mon cœur. La pensée et le cœur sont en étroite relation et je ne parle pas ici de la voi dans le yoga, de la voie de la tête et de la voie du cœur. On ne peut pas séparer ainsi l'homme.
Bien sûr, l'on va, pour certaines personnes, travailler plus spécialement avec le mental ou plus spécialement avec le cœur. Mais il n'empêche que, quelles que soient ces deux voies, je vais de toute manière me servir un petit peu des deux à la fois.
Il est donc important, pour notamment l'Occidental aujourd'hui, qui est un être intellectuel, qui pense énormément, qui réfléchit, qui analyse, qui critique aussi beaucoup, il est donc important pour l'homme d'aujourd'hui d'apprendre à calmer sa pensée. Et je ne parle pas de maîtrise tout de suite, mais calmer. Et d'apprendre à choisir la meilleure pensée.
Je ne parle pas de contrôle parce que le contrôle est très difficile. Tant que, en moi, certaines émotions ne sont pas encore épurées ou transformées par les épreuves de la vie, je ne peux pas espérer avoir sans arrêt le contrôle sur ma pensée. Parce que de la même manière qu'une pensée va créer un sentiment, des sentiments que par exemple les situations m'inspirent, vont créer un état de pensée et je vais ensuite philosopher.
Par contre, j'ai le choix et je préférerais que vous remplaciez le mot contrôle, le mot maîtrise, par l'idée du choix.
Le Choix
Si je m'aperçois que j'ai la liberté de choisir entre une pensée négative qui va non seulement agresser mon voisin, agresser le monde, mais aussi et bien entendu, revenir vers moi. Car je m'instruis à propos des Lois de l'Univers et l'on m'a dit que la pensée est un rayonnement et qu'elle revient toujours à son envoyeur, parce que l'Univers est un grand miroir qui va faire une réverbération.
À partir du moment où je suis instruit à propos de cette Loi, eh bien je me mets dans la position de choisir.
Ne parlons pas de contrôle, oublions cela, soyons souples et joyeux ! Si nous voulons marcher longuement sur le chemin spirituel et sûrement et remporter toutes les étapes, imaginons que c'est un chemin de joie et non pas un chemin avec toutes les stations qu'a pu connaître le Christ pour aboutir finalement à la crucifixion. Il faut plutôt penser à un chemin de joie et s'imaginer qu'à chaque étape, eh bien nous allons disposer du choix. Et grâce à ce choix, le contrôle va pouvoir s'exercer d'une manière qui me semblait inaccessible autrefois.
De la même manière, je m'aperçois que donc en pensant en termes de choix et non plus en termes de contrôle, je décrispe mes énergies et j'arrive ainsi à avoir une maîtrise sur moi-même.
Il va sans dire que je ne vais pas pouvoir accéder à ce choix chaque fois. Parce que j'aurai à certains moments des émotions plus fortes que d'autres et même si je me crée cet espace où la notion de choix existe, mes émotions seront tellement fortes que je vais vouloir quand même aller dans le sens de mes émotions.
Mais si je garde dans l'esprit que le chemin est un chemin de joie, je ne suis pas coupable, je n'ai donc pas à me cacher vis-à-vis de la Loi. J'ai qu'à très vite me promettre, le lendemain, de réussir. Il ne faut pas que je considère mon premier échec comme l'échec cuisant de ma vie ou de ma journée. Simplement il faut que je pense que la vie est un grand champ d'entraînement et qu'il faut s'échauffer, qu'il faut s'assouplir.
Un athlète commence par faire trois fois le tour du stade avant qu'il puisse remplir sa performance. Eh bien, la vie c'est la même chose, il faut s'échauffer. Prendre d'abord un premier contact avec l'événement et ainsi on s'aperçoit quel est à peu près le terrain sur lequel on se trouve.
Ensuite, même si l'on échoue, si l'on réussit d'un certain degré, car il y a plusieurs degrés dans l'épreuve, donc l'épreuve va revenir plusieurs fois, on croit s'en être débarrassé joyeusement et puis on la voit revenir parce qu'en fait c'est un autre degré de la compréhension qui doit être découvert.
Et c'est ainsi que pendant très longtemps le disciple est talonné par, par exemple, ce qu'il pourrait appeler “le problème affectif”. Alors qu'il n'y a pas un problème affectif, ce n'est pas un échec, ce ne sont pas des échecs successifs que le disciple rencontre mais chaque fois une autre dimension de cette réalité affective. Pourtant il aura l'impression de patauger, de chaque fois revenir dans ce marécage et cependant ce n'est jamais au même point. Donc il lui faudra être en alerte parce que, à chaque rencontre, il aura quelque chose de nouveau à découvrir et à propos de lui et à propos de la vie.
Lorsque j'ai pris un premier contact, je fais un petit peu le tour du sujet. Je commence donc à me préparer un certain discernement, une certaine analyse et puis paf, de nouveau la vie envoie une expérience. Là je suis un petit peu plus impliqué dans l'action, je me le permets puisque je n'ai pas peur. La première fois j'essaye de fuir très vite parce que je m'aperçois que cela sent le roussi, et que je n'ai pas la maîtrise, que je risque peut-être quelque chose. La seconde fois je peux même prendre plaisir parce que je m'aperçois que ce n'est pas si terrible. Et c'est là où je me permets, même et très courageusement, d'aller dans la douleur.
Expérimenter la douleur est une affaire de courage. Et pourtant pour le disciple débutant qui aura lu quelques livres, il vous jurera que c'est affaire de folie ! Il vous dira que c'est un manque de discernement, que son voisin s'est abimé dans une affaire passionnelle parce qu'en fait il est très charnel, parce qu'en fait il n'est pas assez évolué... Et pourtant il faut du courage pour être passionnel. Mais oui ! Parce que l'individu voit bien qu'il va souffrir.
La Passion
La passion est d'ailleurs une souffrance. Au premier instant où elle démarre, elle commence déjà à être ce feu brûlant qui consume tout. Ce n'est pas du bonheur, c'est une souffrance.
Mais l'individu y va quand même. Bien sûr il en tire un certain plaisir ou ce que l'on pourra identifier être un certain plaisir. Et cependant c'est une souffrance. Mais il est assez fort, parce qu'enrichi déjà d'une première expérience, soit dans cette vie-ci, soit dans d'autres. Et il ose donc aller au bout de l'expérience.
Il ne faut jamais arrêter un être passionné. Si on peut lui parler, on peut essayer de lui faire voir la situation depuis l'intellect, depuis le mental, donc avec un petit peu plus d'assurance, éventuellement de maîtrise. Mais en aucun cas on ne peut arrêter et on ne doit arrêter à n'être passionné.
Pourquoi ?
Eh bien parce que le phénomène de la passion n'est pas cette chose reprochable qu'imaginent les disciples débutants.
Si l'individu est attiré pour vivre une expérience, c'est avant tout parce qu'il doit vivre la vie. Et, dans un premier temps, il est bon que les êtres humains vivent leur vie avant qu'ils ne se retirent de la vie pour devenir complètement des disciples et des initiés.
Très tôt, l'individu, dès qu'il entend parler de spiritualité, veut abandonner la Matière, abandonner le Monde pour ne se consacrer qu'à Dieu ou à sa sacro-sainte initiation. Cela est fort louable, je ne le critique pas ! Simplement, il faut savoir que deux minutes après, ce même individu est comme pris d'envie de manger ceci ou d'aller à tel spectacle ou finalement de se marier et d'avoir beaucoup d'enfants ou finalement d'avoir de l'argent, comme tout le monde. Et lorsqu'il va se trouver pris par ses envies, il va essayer de se justifier. Et lorsqu'il voudra de l'argent par exemple, il y a beaucoup d'argent, il se justifiera en disant que finalement le monde ne fonctionnant que de la sorte eh bien il en faut.
Il ne faut jamais chercher de justification.
Lorsque l'on a envie de quelque chose, il faut avoir le courage moral d'assumer cette envie. Il y a un but d'expérience là-dedans, que ce soit la passion amoureuse, la passion de la possession du monde par l'intermédiaire qu'est l'argent ou autre chose. Il faut savoir assumer cette envie. Pourquoi ?
Parce que si je suis courageux, pour assumer cette envie je trouve à disposition beaucoup plus d'énergie pour maîtriser cette expérience. Alors que si j'en ai à moitié honte, alors que si je la refoule à moitié, eh bien je me trouve un peu en terrain découvert et je ne peux pas maîtriser cette action.
Et c'est à ce moment-là que la chose, l'envie, le désir a un pouvoir sur moi. Car c'est comme si j'allais au devant de la chose avec une seule jambe, un seul bras, un seul œil. Je ne vais pas pouvoir travailler comme il faut avec un seul bras, ni marcher correctement avec une seule jambe.
Ce n'est pas l'expérience qui est interdite, absolument pas ! En spiritualité, il faut au contraire tout expérimenter.
En spiritualité, il faut tout expérimenter.
Et si la spiritualité se déroule aussi dans l'incarnation, aussi sur la Terre, dans le matériel, cela prouve que l'expérience fait partie intégrante de l'initiation. Il ne faut donc surtout pas refuser les expériences, ni les faire à moitié.
Cependant, il faut y aller honnêtement et courageusement. De cette manière, l'individu participe à l'expérience, s'enrichit de l'expérience et maîtrise le fruit de l'expérience. Au lieu de confondre le fruit de la Terre et le fruit du Ciel, et d'oublier le fruit du Ciel justement.
Le Ciel et la Terre
L'homme a cette dimension extraordinaire.
Il peut vivre autant dans le Ciel que sur la Terre.
Il peut être autant de Dieu que de la Terre.
Il peut être autant méditation que action.
Et je voudrais que vous compreniez cette extraordinaire faculté de l'homme.
Être en même temps une méditation et une action. Je voudrais que vous ressentiez cela profondément. Pour que dès demain, votre vie ne soit pas simplement une suite malheureuse de tentations, mais une suite extraordinaire d'expériences que vous pouvez maîtriser. Même si quelquefois, vous vous trompez, peu importe, recommencez ! Une fois que vous connaissez par une première approche l'épreuve ou la situation, eh bien il vous sera très facile de la maîtriser. C'est certain.
Sitôt que vous avez en tête l'action et la méditation, vous êtes un être complet. Et cet être-là, oui, va pouvoir aussi bien vivre dans le monde et y être intelligent, aussi bien qu'il pourra vivre dans son intérieur divin et y être performant. Mais il suffit qu'il me manque quelque chose pour que l'autre aspect de la vie soit bancal.
Par exemple, si j'oublie mon côté spirituel et que je suis complètement dans le matériel, eh bien malgré tout ce que je pourrais posséder, je serai malheureux, vous connaissez l'histoire. Et de la même manière, il existe des disciples qui se disent tout à fait spirituels, mais qui cependant ont toujours une certaine tristesse. Parce que finalement ils aimeraient bien avoir un peu plus de confort, ils aimeraient bien pouvoir un peu plus voyager, etc. Et pourtant leur méditation, si puissante d'après eux, n'arrive pas à combler ce petit vide.
Il faut être action et méditation.
Et quand je dis “il faut être”, cela ne veut pas dire que dès demain, c'est un ordre, vous devez vivre comme cela. Si vous avez reçu ce conseil comme un ordre dans votre cœur, cela veut dire que psychologiquement vous fonctionnez encore d'après le concept du disciple et de l'autorité. Et ça, il ne le faut pas ! Du moins pas dans la relation que vous souhaitez entretenir avec moi. Je ne le veux pas du tout ! Car comme je le dis si souvent, si je me trompais en vous faisant croire, en vous inspirant, une autorité, eh bien je devrais tout de suite cesser absolument mon travail. Car ce n'est pas du tout ce que j'ai prévu de faire, ce n'est pas du tout ce que les autres frères qui m'entourent m'ont demandé d'accomplir. Et ce n'est pas du tout ce qui est prévu pour vous, pour votre libération.
Il faut au contraire, petit à petit, savoir inspirer à l'homme le juste degré de son indépendance, mais aussi le juste degré de son devoir.
Indépendance et Devoir
Et c'est parce que vous interprétez mal le sens du devoir qu'immanquablement vous retournez au concept de l'autorité.
Il vous semble devoir obéir alors que vous avez simplement des devoirs à accomplir et ce n'est pas la même chose.
Quand un enfant n'est qu'un enfant et qu'il est sous la responsabilité de son père, son père essaie de lui enseigner comment on est un homme. Par son éducation il lui apprend la politesse, il lui apprend quelquefois un métier, il lui apprend comment on se sort de certaines histoires. Et ces leçons viennent vers l'enfant, dans un premier temps, comme étant des ordres auxquels on obéit. Cependant pour le père qui administre cette éducation, pour lui qui est adulte et qui connaît la vie, qui y est plongé, pour lui c'est un art de vivre. Pourtant pour l'enfant ce sont des ordres auxquels il faut obéir. Et quelquefois cela le rend même grognon.
Eh bien dans la spiritualité c'est la même chose.
Lorsque l'on traîne à être un enfant psychologiquement, l'on croit qu'il y a Dieu le Père, l'autorité. Ou bien la Hiérarchie parce que si l'on est un petit peu plus renseigné, que l'on a lu certains ouvrages, eh bien en dessous de Dieu on met les Kumaras, on met la Hiérarchie. Et l'on imagine tout de suite devoir obéir à un grand nombre de personnes ! Avant il n'y avait que Dieu, maintenant il se trouve qu'il y a tous les Kumaras de l'Univers, les Hiérarchies, Dieu sait ce que cela nous cache encore !
En fait l'homme ne doit aucune obéissance. Simplement il doit petit à petit, par l'éducation que permet la vie, découvrir ses devoirs et apprendre à les assumer. Que vous appeliez cela ensuite la spiritualité, le Chemin, peu importe ! Mais je vous assure que ces concepts-là, ces mots-là sont lourds à porter.
Cela m'est difficile d'articuler ces mots-là tellement ils sont faux, tellement ils transportent des concepts qui vous alourdissent et n'inspirent rien ! Tellement en fait ils vous abétissent ! Tellement ils vous rendent encore plus dépendant d'une idée à propos d'un Dieu autoritaire !
Il faudrait effacer tous les mots, effacer tous les concepts pour découvrir que l'homme, sur la Terre et grâce à l'incarnation, apprend une éducation. Une éducation qui a pour but de lui enseigner ses devoirs.
Quel devoir as-tu en venant au Monde ?
Toi qui cherches toujours à être missionné, toi qui prie tous les matins pour que Dieu t'envoie une mission, pour que Dieu fasse de toi un grand humaniste, quelqu'un qui va aller sauver les hommes ou enseigner les hommes, ou guérir les hommes. Mais tu as déjà cette mission ! Pas besoin que Dieu te la donne, pas besoin que Dieu t'offre un don, le don de l'esprit, le don du magnétisme ou le don de je ne sais trop quoi, pour que tu puisses faire quelque chose. Puisque tu es vivant, tu as déjà cette mission. Simplement il faut que tu découvres les moyens d'être capable de l'assumer. Et ce n'est pas en ayant un don que tu vas être capable !
Je vais te montrer à quel point tu es enfantin.
En pensant à la nature des dons, notamment des dons psychiques bien sûr, tu as l'impression que, en ayant un petit extra, tu vas pouvoir ainsi faire plaisir à Dieu le Père et favoriser la blancheur de ton âme. C'est pour cela que tant d'individus sont fiévreux pour développer des dons psychiques, parce qu'ils ont l'impression qu'ainsi ils ont un passeport direct avec la Hiérarchie ou avec le bon Dieu. Et que c'est ce bon Dieu et cette Hiérarchie qui va utiliser cet humain pour accomplir ce que la Hiérarchie veut ou ce que Dieu veut. Et de nouveau on voit un enfant qui dit au Père : “Papa, je ne comprends rien à ce qui se passe sur cette planète ! J'ai toujours pas compris l'histoire. Mais si tu me branches, automatiquement je recevrai ta parole ou je recevrai ton énergie ou je recevrai ceci ou cela et tu pourras faire à travers moi.”
Et où est ton effort là dedans ? Hein ? Où est ton effort ?
Et quand je dis effort, je ne veux pas dire que Dieu ou la Hiérarchie n'utilisera que l'individu qui aura fait l'effort. Pas du tout !
Quand je parle d'effort, je parle de compréhension.
Il ne s'agit pas de s'offrir pour qu'une intelligence, pour qu'une entité ou pour qu'un collège de guides ou pour que la Lumière descende sur le disciple et que ce disciple puisse servir d'intermédiaire. Ce n'est pas comme cela que les choses fonctionnent, pas du tout !
Le disciple n'est pas, par exemple, une casserole vide et qui parce qu'elle est vide, Dieu va pouvoir y mettre son eau. Il faut savoir que le disciple représente un système de fusion.
Fusion
Lorsque l'on prend des aides extérieures, comme la Hiérarchie ou comme Dieu ou comme des guides, le disciple existe. Il est une vie, il est une lumière, il est une couleur, il est un son. Et on ne peut pas d'un seul coup effacer tout cela, c'est impossible. Mais petit à petit, par sa compréhension, le disciple a la possibilité de fusionner avec la couleur qui est directement au-dessus de lui, qui représente son niveau directement supérieur avec cette couleur, avec ce son, avec ce guide, avec cette Hiérarchie. Et par la fusion de ces deux, il se passe alors une réaction extraordinaire qui pour nous est le miracle, qui est le travail en commun, la collaboration entre l'Homme et l'Ange, l'Homme et son Âme, l'Homme et un Maître, l'Homme et un Guide, l'Homme et Dieu.
Mais il ne s'agit pas d'un disciple qui dit : “Seigneur, voilà, je suis ici, prends-moi !” Pas du tout ! Cela ne peut pas avoir lieu comme cela, cela ne pourrait avoir lieu qu'à la mort, au moment où l'on rend complètement son corps. Mais il se trouve que tant que le disciple est vivant, ses corps subtils se situent autour de son corps.
Tant que le disciple est vivant, ses corps subtils se situent autour de son corps.
Et même s'il fait des efforts terribles pour soumettre son égo inférieur, eh bien ces corps subtils continueront à être en résonance et il faut absolument que ces corps subtils restent en résonance, parce que c'est par leur intermédiaire que la fusion va avoir lieu.
Il vaut mieux donc penser et porter tous ses efforts sur la compréhension, sur l'élargissement des conceptions, plutôt que, chaque matin, se crever la peau, se crever la panse, se crever l'esprit à dire : “Seigneur, je me vide, Seigneur, je m'abandonne à toi. Prends-moi !” Il arrive cependant quelquefois qu'à force particuler cette intention, l'intention devienne tellement forte qu'à un moment donné il y a une échappée extraordinaire et éventuellement on peut rencontrer la Lumière ou un Guide. Mais l'expérience ne peut pas se répéter à longueur de journée et ni même à longueur de vie, c'est une fois.
Tandis que si, par les expériences quotidiennes, mes efforts quotidiens, j'agrandis mes conceptions, je transforme mes conceptions, eh bien cette collaboration devient constante ! Il n'y a pas un moment où je dois, à la suite de grandes incantations finalement aboutir à la Lumière, non. C'est au moment où je me recueille qu'il y a la Lumière. Je n'ai pas besoin d'un grand effort, d'un long recueillement. Simplement l'intention suffit puisqu'elle va se reposer sur des concepts purs, sur une pensée déjà élevée.
Il est donc important de travailler les conceptions. Mais non pas parce que le disciple doit être quelqu'un d'intellectuellement développé, d'intellectuellement, je dirais, performant. Il n'est pas nécessaire d'être performant intellectuellement. Et là j'insiste parce que beaucoup de personnes ensuite se plaindront : “Ah mais j'ai lu tel et tel livre, mais il est tellement hermétique, mais c'est tellement difficile, finalement je n'y arrive pas !”
La clarté des conceptions, la grandeur des conceptions ne reposent pas sur le brio intellectuel. À savoir si je peux ou non comprendre les textes hermétiques, la cabale, la doctrine secrète, les textes tibétains ou tout autre texte qui me viendrait à l'esprit.
Ce que je dois essayer de comprendre c'est avant tout tout ce qui touche à l'Unité. Et tous les livres en parlent dès la première ligne et ceci est clair à comprendre. Il ne faut pas faire un effort intellectuel puissant, l'imaginaire, la vision suffisent.
Mais pour déclencher cette vision, pour déclencher cet imaginaire, il faut que certaines de mes émotions soient purifiées. Je ne peux pas supposer, pressentir ce que peut être l'Humanité en tant que Âme Unie si je suis encore profondément égoïste et égocentrique, absolument pas !
Par contre si je suis encore égoïste et égocentrique cela ne m'empêchera pas d'être religieux, pas du tout ! Parce que je vais arranger l'histoire à ma manière, comme cela a été fait pendant des siècles.
Par contre si je veux véritablement être spirituel, donc dépasser la religion et prendre l'essence qui se trouve dans la religion, eh bien je m'aperçois que je dois être face à certaines émotions grossières. Et ce premier vis-à-vis n'est pas agréable. Parce que si je fais des pas dans la spiritualité, si je fais une démarche, c'est avant tout parce que je veux avoir une meilleure image de moi. Je veux me sentir du côté des élus, du côté des gagnants, du côté des bons, du côté des gentils ! J'ai absolument besoin, j'ai essentiellement besoin de sentir que je suis gentil ! Toute image négative à propos de moi-même est insupportable ! Et pourtant j'en ai énormément des images négatives quant à moi-même. Bien sûr, c'est normal ! C'est pour ça d'ailleurs que désespérément j'essaye d'appartenir au clan des gentils. Mais il faut savoir que dans la réalité le clan des méchants comme le clan des gentils, ça n'existe pas ! Il y a le clan des égoïstes et ignorants ou le clan des éveillés. C'est tout !
Ignorants, égoïstes et éveillés
Qu'ensuite l'on appelle cela, et éventuellement les méchants et les gentils c'est une affaire morale, mais en rien une affaire de Sagesse ou de Connaissance.
C'est d'ailleurs pour cela que pour un initié il est facile de pardonner. Non pas parce qu'il a le pouvoir de passer par dessus tout le mal qu'on pourrait lui faire, tous les ennuis, les tracas, les tortures. Mais parce qu'il sait bien que la torture qui lui est administrée par ce frère, lui est administrée que parce que ce frère est ignorant et puissamment égoïste, donc d'une certaine manière victime d'une grande illusion.
Si le méchant existait vraiment, il n'y aurait pas de possibilité d'évolution. L'homme aurait définitivement choisi son clan. “Voilà, dès ma première action mauvaise, eh bien j'appartiens au clan des mauvais.” Il n'y aurait pas de pardon possible car comment peut-on pardonner à un méchant ? C'est impossible ! S'il est mauvais, il faut l'éliminer de l'espace, c'est certain. Ce qui fait que le pardon est possible, ce qui fait que l'évolution est possible, c'est que, en soi, l'idée du mal n'existe pas.
Un mal peut apparaître du fait de l'ignorance et de l'égoïsme. Cette ignorance et cet égoïsme peuvent être poussés jusqu'à une extrême folie. Et c'est le cas par exemple chez les assassins, chez les guerriers, chez tous les escrocs. Bien sûr, cela existe et c'est dommage !
Mais en aucun cas ces actions doivent être appelées le Mal. Pour nous c'est ignorance, égoïsme.
Est-ce que cela veut dire que dès demain vous devez être comme des moutons et tout accepter ? Non, pas du tout !
À partir du moment où vous savez qu'il y a des plus ignorants que vous, des plus égoïstes que vous et qu'à cause de cela, cela peut aboutir à de grandes nuisances, que vous pouvez être attaqué, eh bien il vous faut développer le discernement. Tout cela pour très vite deviner qui est l'égoïste, qui est l'ignorant et donc quel genre de préjudice il risque de vous porter. Et sitôt que vous pouvez pressentir cela, eh bien vous pourrez faire justice. Mais non pas justice au sens où vous avez le droit vous-même de faire justice. Mais vous allez faire justice dans le sens où vous serez imprenable, où vous allez chaque fois pouvoir esquiver la chose. Ou bien si un jour vous êtes frappé, eh bien il faut savoir assumer ou bien il faut savoir servir un petit peu de terrain d'expérience en fait pour l'autre et s'enrichir de plus d'indépendance.
Donc on ne peut pas dire que la vie soit simplement le théâtre où les Ténèbres et la Lumière s'affrontent, où le Bien et le Mal s'affrontent.
Il se trouve qu'il y a une planète qui permet une vie physique. Les individus qui viennent en incarnation doivent, par les situations, découvrir des conceptions. Et cette conception, de la même manière qu'elle est conception intellectuelle, devient l'endroit de conception spirituelle.
[...]
“J'engendre ma divinité.” C'est le même mot et c'est la même création.
Au fur et à mesure que je passe dans les situations, dans les expériences, je suis stimulé, d'abord dans certaines émotions qui ensuite créent des pensées rudimentaires, par exemple : je suis un enfant, je vais à l'école, mon voisin me prend mon goûter. Ça m'embête terriblement parce qu'il se trouve que j'ai faim et que je vais retourner en classe avec le ventre vide. Première agression dans ma vie. Je m'aperçois que l'autre est un voleur de goûter et qu'à cause de lui, j'ai le ventre creux.
Donc, à la prochaine récréation, je fais attention. Sitôt que l'un m'approche, je vais faire un pas en arrière et bien serrer mon sandwich. Ça, c'est certain !
Ce qui veut dire que dans un premier temps, étant donné que je suis rentrée à l'école avec quelque chose de très physique, la faim dans le ventre, j'en ai déduit une émotion, créé une émotion qui est d'abord [...] Parce que j'ai faim et je ne veux pas que l'autre me prenne mon sandwich. Dans un premier temps, je ne pense pas que l'autre a faim lui aussi. Je me dis : “moi j'ai faim donc je vais protéger mon sandwich la prochaine fois.”
Prochaine étape, prochaine récréation. Je fais un pas en arrière si je vois mon camarade venir vers moi. Je tiens bien mon sandwich, donc mon camarade comprend qu'il ne peut pas. Moi, je vais être dans ma crise de possession. Mon sandwich, je l'ai bien là et je le déguste. Et je le montre, je montre mon grand plaisir. Tandis que l'autre va se recroqueviller sur lui-même et vivre ce grand abandon. Lui aussi, il a la faim au ventre.
Pour moi, la prochaine étape, c'est de comprendre que l'autre aussi avait faim. Bien sûr, il s'y est mal pris. La première fois, il me l'a volé. Il m'a causé un préjudice parce que j'ai eu faim. Mais si j'ai un peu mûri, si j'observe correctement cet autre frère qui a faim, alors mon développement prochain et naturel sera de partager le sandwich et d'aller lui en offrir.
Et toute la vie vous offre ce développement.
Bien sûr, c'est un exemple simple. Il s'agit de deux enfants et d'un sandwich. Mais toute la vie, même la vie d'adulte, même la vie de vieillard, toute la vie est composée par cette progression.
Donc dans un premier temps, l'adulte est égoïste. Il veut tout pour lui. Même s'il est soi-disant très mûr, même s'il a soi-disant une profession extraordinaire qui demande de l'intelligence, etc., du développement intellectuel. Cela n'empêche pas son égoïsme. C'est d'abord tout pour moi. Et s'il peut éprouver ce sentiment de tout pour moi, c'est parce que dans un premier temps, dans une autre vie, eh bien on ne lui a rien donné. Et on ne lui a rien donné parce que les autres étants un peu plus avancés que lui ont bien vu qu'à celui-ci, le tout neuf, tout jeune, on pouvait tout prendre. Et ainsi, dans la courbe des différentes vies, on voit une jeune âme venir naïvement sur la Terre et se laisser déposséder de tout, absolument tout, par sa naïveté.
À ce moment-là, réaction de l'intelligence qui s'offusque et qui dit non. Création de l'égoïsme qui permet une première sécurité. Il faut comprendre que l'égoïsme a ceci de bon, qu'il permet la survie de l'individu. Car en fait, si l'égoïsme n'existait pas, eh bien la plupart des individus pourraient mourir affamés ou pourraient mourir du fait qu'ils n'ont pas les moyens de gagner leur vie parce qu'ils ne sont pas assez combatifs.
Dans un deuxième temps, cet égoïsme devient une prison. L'autre s'aperçoit que dans son égoïsme, eh bien il devient seul. Parce que du fait qu'il ne donne rien à personne, tout le monde le quitte. Car la vie étant un partage, il ne peut pas faire que recevoir. Et lorsqu'à un moment donné, pendant une incarnation, il éprouve puissamment cette douleur de la solitude, c'est le mouvement inverse qui se passe en lui. Il commence à donner et il donne de plus en plus. Et à ce moment-là, il va même jusqu'à donner ce qui lui est nécessaire. Et il se retrouve un peu comme dans le cas du naïf, la jeune âme, qui se laisse déposséder de tout. Mais cette fois, c'est avec une intention. Ce n'est pas simplement parce qu'il ne connaît pas le monde. Au contraire, c'est parce qu'il le connaît et il donne.
Mais de nouveau, ce n'est pas assez juste. Car se déposséder de tout et vis-à-vis de tout le monde, ce n'est pas un comportement qui est juste. Il faut encore savoir donner. Et c'est la prochaine étape de la compréhension.
Savoir donner
Quand je dis qu'il faut savoir donner, je ne dis pas qu'il faut savoir donner de façon à en préserver suffisamment pour soi-même. Ce n'est pas cette idée-là que je veux exprimer. Je parle simplement de donner juste ce qui est nécessaire à l'autre et de ne pas se déposséder de ce qui de toute façon ne servirait pas à l'autre et qui donc va vous manquer injustement.
Si vous vous dépossédez de quelque chose qui va beaucoup servir à l'autre, alors il n'y a pas d'injustice vis-à-vis de vous-même. Au contraire, à ce moment-là, et en très peu de temps, le flux de la vie, l'abondance va remplacer ce que vous avez donné. Bien sûr, cela va le remplacer pas forcément sur un plan matériel, si vous avez donné matériellement. Le plus souvent c'est spirituellement que le remboursement est fait, mais vous avez quelque chose.
Tandis que si, par excès de cœur, vous vous dépossédez de ce qui de toute façon ne sert pas vraiment à l'autre, alors pour votre éducateur dans l'invisible, il y a là le signe que votre discernement doit être encore aiguisé. Et donc il n'envoie pas l'abondance depuis le Ciel, de la façon à ce que vous puissiez éprouver le manque de la chose.
Et c'est l'interrogation la plus délicate qui viendra à l'esprit du disciple : “Tiens, j'ai envie de donner, je veux donner, je me pousse aussi à donner parce que je sais que cela est beau, que cela est bon et que je veux authentiquement faire plaisir à l'autre et en plus marquer des points là-haut du côté de Shambhala. Simplement, voilà que je me suis dépossédé et que maintenant cela me manque terriblement et pas parce que j'en ai envie mais parce qu'il me le faut pour vivre, parce qu'il me le faut pour continuer mon travail.”
Lorsque vous donnez quelque chose et que cela vous manque terriblement, cela veut dire que vous devez travailler le discernement. Ce n'est pas mauvais que vous ayez donné, mais réfléchissez à la nature de ce que vous avez donné, à la quantité et au moment où vous l'avez donné. Essayez aussi de voir la personne à laquelle vous avez donné et si cela n'était pas autre chose qu'il fallait offrir. Et à ce moment-là, la Vie utilise votre action qui partait d'un sentiment spirituel, et même au risque de vous rendre apparemment moins spirituel la prochaine fois, la Vie utilise votre action pour vous faire réfléchir.
Ce qui fait que la prochaine fois ayant réfléchi, peut-être vous serez moins généreux. Apparemment c'est moins spirituel et cependant c'est encore plus spirituel parce que quand vous allez donner, ce sera avec une intelligence absolue, à bon escient, dans la quantité qu'il faut, au moment qu'il faut et à la personne qu'il faut.
Tous ces jeux d'équilibre sont des jeux délicats. Et bien sûr, le disciple y perd un petit peu son latin comme vous dites vous-même. Parce que qui dit jeu délicat dit forcément que l'on est ennuyé parce que l'on ne va pas trouver tout de suite le poids exact. On ne va pas comprendre tout de suite ce qu'il faut vraiment penser, vraiment aimer.
Mais comme je vous le dis si souvent ce n'est pas la vérité qui compte, maintenant que vous êtes dans l'incarnation, votre première mission c'est de vivre !
Votre première mission c'est de vivre !
Si vous commettez des erreurs, si vous êtes un petit peu trop large ou un peu trop généreux ou un peu trop “bête” comme vous dites vous-même, eh bien regardez ceci non pas comme des défauts mais comme les tempéraments de votre action. Et puisqu'il vous faut accéder à l'équilibre pour devenir spirituel, eh bien essayez de redimensionner vos actions, redimensionner donc vos conceptions.
Action, conception, cela va ensemble.
Action - Conception
Pour que je puisse agir, il faut que j'aie une pensée à propos de l'action que je vais faire.
Par exemple, si je veux devenir quelqu'un qui dès demain va nourrir tous ceux qui ont faim, c'est avant tout une idée que j'ai mûrie. Je me suis rendu compte que les hommes ont faim. Je l'ai compris. Et profondément dans ma tête avant, et ensuite mon cœur a senti, s'est réveillé et a voulu faire quelque chose. Mais tant que en pensée je n'ai pas vraiment réalisé ce qu'est la faim et que des hommes meurent de faim, alors mon cœur ne suit pas, mon cœur ne se réveille pas.
C'est pour cela que quelquefois on s'imagine que les hommes ont le cœur épais, le cœur dur, le cœur froid. C'est vrai, mais ce n'est pas par manque d'amour. On confond toujours la froideur du cœur et le manque d'amour. Bien sûr, on peut raccourcir la dissertation et puis appeler cela manque d'amour, mais on n'aura pas compris la psychologie humaine.
Si le cœur est éteint, c'est aussi parce que la capacité de voir le monde et de le réaliser, cette capacité est minime.
Bien sûr, tout le monde entend parler - ne serait-ce qu'à la radio ou à votre moyen moderne de communication qu'est la télévision - vous entendez parler des gens qui ont faim. Et même, on vous les montre mourir pratiquement en direct. Cependant, entre voir une chose et la réaliser, il y a tout un monde. Un monde qui veut dire que la pensée dort ou bien est réveillée.
Sitôt que je réalise, le cœur suit et tout mon travail sur la Terre, tout l'effort de la matrice qu'est la Terre, toutes ces convulsions par lesquelles elle m'oppresse pour éveiller mon esprit, toutes ces convulsions sont faites pour que je réalise. Et d'abord que je réalise par la pensée, c'est très important.
Ce qui me différencie par exemple du règne inférieur qu'est le règne animal, c'est bien parce que je pense. Et si j'ai cette qualité en plus par rapport au règne animal, c'est bien parce que là est la clé pour moi de sortir de mon état d'abord mi-animal et aussi de mon état humain pour devenir donc divin. C'est là la clef !
C'est le premier tour de clef qui compte, c'est le plus important. Parce que cela ouvre sur un espace extraordinaire où ensuite le cœur va pouvoir s'épanouir magnifiquement.
Si j'essaye de dire à votre bon cœur : “Messieurs-dames”, je n'arrive pas à ouvrir le bon cœur de ces messieurs-dames. Si je suis un mendiant dans la rue et qu'apparemment je suscite le bon cœur de monsieur et madame, il ne faut pas croire que c'est le bon cœur qui ne se réveille. Pas du tout ! C'est plutôt que je suscite par le regard des autres passants, je suscite un jugement. “Tiens toi, affreux égoïste, affreux avare, tu ne m'as rien donné !”
En tant que mendiant peut-être je ne pense pas cette chose, mais celui qui passe et qui est bien habillé et qui a des chaussures neuves, celui-là a peur qu'on le pense à son propos, que les autres passants qui passent et qui eux ne payent pas que ceux-là le pensent. Ce qui fait qu'au moment où je donne ma pièce à ce mendiant, je m'achète en fait, la plupart du temps, une bonne image dans l'esprit des passants qui passent tout simplement. Et il y a comme cela une fausse générosité que l'on s'achète soit dans l'esprit des passants qui passent, soit dans l'esprit vis-à-vis d'un Dieu que l'on imagine ou auquel on croit. Mais il faut savoir que cette fausse générosité ne rapporte jamais de Lumière, ne nous revient jamais. Car étant donné que l'Univers est un grand phénomène de réverbération, je reçois exactement ce que j'ai émis.
Si j'ai donc émis en fait un égoïsme déguisé, eh bien je ne vais recevoir qu'un égoïsme déguisé et demain je vais me faire voler. Tiens, comment cela se fait ? Hier, j'ai donné la pièce à un mendiant. Avant-hier, j'ai donné un gros billet à une association. Et comme si ce n'était pas suffisant, voilà que l'on me cambriole ! Mais où est la justice là-dedans ? Est-ce que Dieu ne voit pas tous mes efforts ? Est-ce que Dieu n'a pas vu ma générosité ? Et l'on se demande quel mauvais sort un sorcier vaudu a pu nous jeter ? Ou est-ce qu'il s'agit là du mauvais œil que nous aura envoyé un amant désavoué ? Et ici, on commence à chercher où peut être le mal. Alors que c'est tout simplement l'énergie que l'on a rayonnée qui était égoïste et qui nous revient en tant qu'égoïsme. J'ai donné pour acheter ma bonne conscience, alors on vient me voler mon matériel, c'est normal. Parce que j'ai essayé de voler le Ciel à ce moment-là. Chaque fois que je veux m'acheter ma bonne conscience, je vole le Ciel.
Chaque fois que je veux m'acheter ma bonne conscience, je vole le Ciel.
Et on ne peut pas voler le Ciel. Alors en retour, et pour nous faire réfléchir, la pression, la matrice qui est la Terre, cette pression nous enlève quelque chose. Tant qu'il y aura quelque chose à enlever, la Terre viendra et pressurisera l'individu pour extirper la chose. Et ce n'est pas toujours agréable parce que cela peut quelquefois aboutir à des drames. Et sitôt que l'on est pris dans le drame, eh bien, on n'a pas envie de s'imaginer que l'on a été le créateur de ce drame. Et pourtant, pourtant c'est la vérité.
Mais cela ne veut pas dire qu'on aura créé le drame dans cette vie-ci. On l'a souvent créé, d'ailleurs, avant. Et si même toute la première partie de la vie présente se sera déroulée d'une manière magnifique, extraordinaire, ce n'était en fait que pour nous donner les forces d'assumer cette création que l'on a commis autrefois et qui va venir dans les jours suivants comme et sous la forme de ce que vous vous appelez un karma. Tout cela chaque fois pour extirper la mauvaise intention, la mauvaise générosité, la fausse conception en fait.
L'homme n'a pas à obéir à des lois comme je viens de le dire. Cependant, il est prisonnier quand même de quelque chose. C'est qu'il n'a pas le droit de mentir.
L'homme n'a pas le droit de mentir.
On lui accorde une multitude de choses, on lui accorde une multitude de plaisirs, mais il y a quelque chose qui ne lui est jamais accordé ! Même s'il le supplie, même s'il vend son âme pour cela, il n'a pas le droit de mentir.
Il vaut mieux qu'il fasse quelque chose en disant : “Voilà Seigneur, j'ai décidé de faire cela. Si cela te dérange, tu tournes les yeux, mais moi j'ai envie de le faire !” Il vaut mieux qu'un disciple se comporte de la sorte plutôt que de mentir et de mettre un tablier pour faire quand même ce qu'il veut par derrière.
Cela c'est très important.
Je dirais que c'est la qualité première, la qualité de fond qui doit animer le disciple : l'honnêteté.
Et quand il s'agit d'honnêteté, il s'agit aussi de la capacité d'assumer ses erreurs, d'assumer ses envies, d'assumer ses plaisirs, d'assumer ses grossièretés. Et quand je dis “assumer”, cela ne veut pas dire imposer aux autres, imposer au Monde, imposer face à l'Âme. Mais tout simplement dire : “Excuse-moi, cela me plaît, je sais bien qu'il y a d'autres réalités, mais pour l'instant j'aimerais m'amuser à ceci, m'amuser à cela.” Et si l'homme y va avec l'esprit du jeu et sans être pour autant un enfant enfantin, mais s'il y va avec l'esprit du jeu, alors il est sûr non seulement de pouvoir s'enrichir de l'expérience mais en plus de pouvoir la maîtriser. Alors que s'il se cache à moitié, s'il se trouve une fausse moralité, un faux ceci, un faux cela, alors cela devient au contraire un vice. Dès qu'il y a le mensonge, il y a le vice, même pour la chose la plus anodine !
Dès qu'il y a le mensonge, il y a le vice, même pour la chose la plus anodine !
Ce qui fait que même boire de l'eau peut devenir un vice d'esprit. Si je m'imagine que, par exemple, je n'ai droit qu'à trois verres d'eau par jour, que je veux faire pénitence à propos de quelque chose, et qu'il se trouve que j'ai beaucoup marché ou que j'ai mangé fort salé et j'ai besoin aujourd'hui de dix verres d'eau. Mais je me suis imposé les trois sous prétexte de pénitence, ce qui fait que moi je crée un conflit terrible. Et je me dis : “Eh bien il ne faudrait boire que trois verres, mais j'ai tellement mangé salé qu'il me faut dix verres.” Sitôt que je soulève la justification, je crée automatiquement quelque chose de faux, et un mensonge, et un vice.
Tandis que si je pars de l'idée que ce n'est pas de me priver d'eau qui va m'aider à me purifier, eh bien le jour où j'aurai mangé trop salé, je pourrais boire même vingt litres d'eau, il n'y aura qu'un problème.
Il y a donc toute une conception du monde et de l'effort spirituel à redéfinir.
La pénitence, le mensonge et le vice
D'où est venue l'idée de pénitence ?
Parce que le jour où l'homme a inventé l'idée de la pénitence, il a créé le mensonge, il a créé le vice et il s'est retrouvé bien prisonnier avec lui-même dans cette sombre histoire.
Avec au-dessus un Dieu qui semble, piafé d'impatience, en attendant ses meilleurs disciples. Et cela est insupportable ! Et cela est avant tout injuste ! Car Dieu soi-disant est un Père qui aime avec égalité tous ses enfants donc pourquoi est-ce qu'il récompenserait ses meilleurs fils ? Il y a là une contradiction majeure !
Et celui qui a un petit peu développé son Bon Sens, sa réflexion ne pourra pas vivre dans cette contradiction. Donc il a de fortes chances de redevenir athée. Eh oui ! Et c'est comme cela que l'on se demande pourquoi quelqu'un qui est apparemment un bon penseur avec les idées justes, qui a apparemment une grande intelligence est cependant athée. On se dit : “Mais avec la sensibilité qu'il a, avec le jugement qu'il a, avec les qualités qu'il a, il ne pourrait que être spirituel. Et le voilà qui refuse Dieu et qui ne veut même pas en parler.”
Eh bien, il faut savoir que cet individu va passer malheureusement toute une vie à rejeter l'idée de la divinité, de la spiritualité parce qu'il l'a dans une autre vie beaucoup trop expérimentée et de la fausse manière. Bien sûr, peut-être, grâce à cela il aura développé quelques qualités, ce qui lui permet aujourd'hui d'être un athée avec de bonnes qualités. Mais de toute façon il lui faudra recréer l'équilibre primordial. Donc il aura à apprendre à peu près les mêmes choses que celui qui est très égoïste et matérialiste.
Ce n'est jamais facile d'apprendre, même si l'on se trouve déjà de l'autre côté et c'est peut-être même plus dur parce que l'on se dit : “Mais finalement je ne suis pas si mauvais que cela, je suis même plutôt bon. Alors pourquoi est-ce qu'il mérite tel et tel problème ?” Eh bien, c'est que la conception est à étudier.
Donc quand l'individu invente, crée la pénitence, c'est avant tout parce que, d'un seul coup, se trouvant humain, il a voulu inventer des passes droits. Il a voulu inventer des moyens rapides de retrouver sa blancheur originelle, des moyens très sûrs de retrouver sa pureté, de retrouver la bonne relation, la bonne entente avec ou Dieu ou sa conscience. Et chaque fois que l'on imagine ce processus, l'on devient piégé. Et l'on pense que les moyens avec lesquels on va faire pénitence sont des moyens qui auront du pouvoir, une capacité de purifier notre individu. Cependant il n'en est rien. Car boire trois verres d'eau ou manger des bols de riz ou même jeûner tout en répétant des mantras, ce n'est pas cela qui purifie l'individu, ce n'est pas cela qui l'élève. Et cela j'insiste énormément. Il faut absolument le comprendre, sinon l'on ne saura pas porter l'effort au juste endroit et donc on va s'épuiser.
Parce qu'au bout de dix ans que l'on aura systématiquement chaque vendredi jeûné, ou chaque week-end jeûné, ou à chaque équinoxe ou chaque solstice que l'on aura jeûné et que l'on ne se sera pas vu spécialement transfiguré, eh bien un beau jour on est très en colère. Et l'on va chercher soit des moyens plus forts et s'abîmer peut-être dans la magie, soit l'on va carrément refouler toutes les techniques et se dire : “Après tout si rien ne marche, eh bien autant que je reprenne ma cigarette, ma pipe, mon verre de whisky !” Alors qu'il est dommage de laisser choir une telle volonté, simplement il faut savoir la poser au bon endroit.
Et poser la volonté au bon endroit, c'est là tout l'acte de l'intelligence.
Poser la volonté au bon endroit
La volonté a besoin de l'intelligence pour s'appliquer. À quoi sert une grande volonté si on va l'appliquer n'importe comment ? Ça ne sert à rien ! C'est au contraire dépenser de l'énergie. Et c'est de toute manière se promettre une incarnation où les choses seront toutes à recommencer. C'est dommage !
Donc gardons notre volonté là comme un potentiel et pendant un certain temps développons la conception, le Bon Sens. De façon à ce qu'au moment où la trajectoire du Bon Sens rejoint la trajectoire de la volonté, eh bien on voit une flèche extraordinaire s'élever dans le Ciel pendant une méditation. Et voilà un disciple qui retourne à Shambhala, c'est tellement facile à ce moment-là !
On ne peut pas imaginer que des privations puissent servir à la purification, pas du tout ! Par contre, si ma conception est juste et qu'en plus je pratique une certaine ascèse à un certain moment, alors à ce moment-là, ayant déjà l'esprit clair et ordonné, je peux purifier ma matière pour la subtiliser, et ainsi faire monter l'énergie - ce que l'on appelle aujourd'hui Kundalini - faire monter l'énergie dans les centres supérieurs. Car en fait l'ascèse a cela pour but, déplacer l'énergie d'un centre à l'autre.
Manger soudainement du riz complet ou soudainement se mettre au jeûne pour se purifier le caractère, cela ne rime à rien, cela ne purifie rien ! Mais sur une idée pure, sur un caractère pur, c'est-à-dire bien ordonné. Ensuite purifier la matière, alors là, oui le travail est extraordinaire. Là, oui, je peux sans danger faire monter l'énergie et petit à petit m'acheminer vers l'illumination, c'est facile !
Et c'est une chose qui au contraire est très dangereuse tant que je n'ai pas ordonné mes conceptions et mes émotions. Même si je parviens par toutes sortes de techniques à déplacer Kundalini soudainement, eh bien lorsque Kundalini se débâcle ainsi dans une pièce où il y a toutes sortes d'émotions qui hurlent, qui crient, qui sont comme des fantômes qui se courent les uns après les autres, et qu'ensuite cette Kundalini rencontre des pensées qui sont elle aussi tout en débâcle, à ce moment-là, la Kundalini va brûler parce qu'elle va tenter de se débarrasser de ces impuretés.
Elle est arrivée, c'est une grande flamme - ne l'oublions pas, c'est le feu de l'esprit, c'est le feu du Cosmos - et lorsque cette flamme va rencontrer toutes ses scories, toutes ses impuretés, elle va brûler. Mais si elle brûle, on va le sentir et on va en avoir les traces, les blessures, et des fois même des traces indélébiles pour plusieurs années, voire même pour la vie entière. C'est ainsi que l'on peut même s'abîmer dans la folie.
Ce n'est pas parce que soudainement, tiens, Kundalini est monté et puis il ne fallait pas parce que le petit chakra n'était pas habitué. Tu comprends, il dormait encore un peu, il aurait fallu que je le prévienne. Il ne s'agit pas de cela.
Tous les chakras sont absolument prêts à recevoir Kundalini. Mais oui ! Ils sont servis de moyen de descente dans la Matière, alors pensez donc s'ils peuvent servir de moyen de remonter ! S'ils ont pu servir de canal à cette même Kundalini pour descendre jusque dans la Matière. Si le feu est passé une première fois, il peut remonter ! Alors, permettez que je rie lorsque j'entends parler du développement des chakras. Voilà !
Et c'est une grande idée. Hein ? On se développe le chakra cardiaque. On se développe le chakra frontal. On se développe le chakra coronal. On se développe les chakras des mains pour qui veut devenir magnétiseur ou je ne sais quoi. En fait, on ne fait que développer de plus en plus de rêveurs, de plus en plus de bêtises, de plus en plus de non-sens !
Les chakras étaient là même avant que l'Homme existe. Parce que les chakras sont en fait les roues de vie de l'âme. Ce ne sont pas les centres de l'Homme. Ce sont les roues de l'âme et il se trouve que l'âme, en se projetant et pour exister dans la Matière, va passer par ces petites roues qui lui servent de point d'ancrage dans la Matière. Ce ne sont pas les chakras de l'Homme ! Si l'Homme possède un chakra, c'est uniquement son anus, rien d'autre. Vous êtes assis dessus autrement dit. Eh oui !
Pourquoi ?
Parce que pour le corps, c'est une des fonctions les plus importantes que de pouvoir éliminer. Si on ne peut pas éliminer, on s'empoisonne complètement et donc on meurt.
L'homme apparemment existe.
Cependant, ce qui fait exister l'homme, c'est avant tout son corps. Il a bien sûr un jour et finalement, à cause des expériences, une psychologie. Mais il vaudrait mieux commencer enfin à comprendre et à intuitionner qu'il s'agit toujours de la psychologie de l'âme plutôt que de continuer à croire qu'il s'agit de la psychologie humaine. Voilà !
Il n'existe pas de psychologie humaine. Même si on en parle beaucoup, même si on vous fait cette concession. Parce que c'est vrai que l'on ne peut pas tout chambourler d'un coup, c'est certain. L'homme va se sentir un peu vide, un peu étranger à lui-même, complètement déboussolé !
Il n'y a pas de psychologie humaine parce que l'homme n'existe pas.
Il y a un corps, une Matière et un Esprit qui descend dans cette Matière. Simplement pendant un certain temps il se trouve que cet Esprit descendu dans la Matière, étant jeune, n'arrive pas tout de suite et à s'ajuster au monde et à se rappeler qu'il est Dieu dans le monde. Donc apparemment, pendant un certain temps puisqu'il est comme une vie en pointillés, il aura l'impression d'être simplement un humain.
Qu'est-ce qu'un humain ?
Mais qu'est-ce qu'un humain en fait pour nous, pour moi ?
Eh bien un humain, c'est uniquement la succession de fractions de conscience. Et je dis bien “succession”, parce que que cela vous plaise ou pas, que vous vous en rendiez compte ou pas, vous n'êtes pas conscient - et je ne parle pas au niveau spirituel, être réveillé spirituellement ; je parle, ne serait-ce qu'au niveau cérébral - l'homme n'est pas conscient de manière continue, non.
Je prends pour preuve le fait que depuis que j'ai commencé mon discours, tour à tour la plupart des individus se sont reculés de temps en temps dans la suspension, le rêve, la Lune, comme vous dites vous-même. Pourquoi est-ce que vous partez si facilement dans ce que vous appelez “dans la Lune” ? Pourquoi ?
Tout simplement parce que la pulsation de la conscience, le rayonnement de la conscience en provenance de l'âme n'est pas un flux continu. Non, pas du tout. Pourquoi ?
J'aimerais bien que vous réfléchissiez un petit moment et celui qui est électricien va me comprendre tout de suite et il pourra trouver tout de suite.
C'est en l'âme que demeure la nature qu'est la conscience, le pouvoir d'être conscient.
L'humain, comme je l'ai dit, n'existe pas. Il y a un corps et il y a donc une âme et son pouvoir d'être consciente en elle-même, dans son Ciel, mais aussi dans la Matière. Ce qui va faire l'existence apparente de l'homme et de sa psychologie, ce sont uniquement ces fractions de conscience. L'homme, s'il existe, c'est uniquement parce que la conscience est en discontinuité. Une fois que la conscience sera en continuité, l'homme, celui que vous avez l'impression d'être, disparaît. Et apparemment vous aurez ce que vous vous appelez la grande initiation et vous redeviendrez Divin. On peut rappeler tout cela comme étant le Chemin initiatique, mais en fait il s'agit là d'un fonctionnement.
Je ne veux pas rendre les choses très froides et d'un seul coup vous dire : “Eh bien, tu sais, la spiritualité, cela n'existe pas. Tu t'es absolument trompé. Tu t'es inventé une belle histoire. Il s'agit d'un fonctionnement ou chimique ou électrique...” Je ne veux pas résumer les choses à cette terrible froideur, pas du tout !
Ce qui nous plaît dans la spiritualité et ce pour quoi nous la tolérons et quelquefois nous la renforçons, c'est qu'il y a de la poésie. Oui ! Et cette poésie est magnifique parce qu'elle permet de déclencher quelquefois la vision vraie, la vision spirituelle. La spiritualité et sa petite histoire devraient être prises comme un conte magnifique, comme une œuvre d'art magnifique, une façon poétique d'exprimer la vie et son fonctionnement. Seulement sitôt que je m'éloigne de cette performance artistique, de cette poésie, pour en faire un credo, une religion, à ce moment-là je perds toute la beauté puisque je deviens horrible dans mon comportement.
Mais je reviens à mon histoire car il est important que vous le compreniez.
L'âme seule est la conscience.
L'âme seule est le pouvoir d'être conscient dans son Ciel et dans la Matière.
Seulement il se trouve que lorsque sa matière, et quand je parle de matière, j'inclus le corps, les émotions et les pensées. Car en fait tout ceci est du matériel, parfaitement ! Même si en apparence les émotions et les pensées appartiennent à des corps plus subtils, parce que l'on identifiera cela en corps astral et en corps mental-inférieur, en fait tout cela fait partie du Plan Physique.
Lorsque donc cette matière grossière et un peu plus subtile n'est pas suffisamment domestiquée, pas suffisamment annoblie, pas suffisamment rendue sensible, la conscience de l'âme ne circule pas dans cette matière de façon continue.
Pourquoi ?
Eh bien parce que cela créerait des blessures. Cela brûlerait les tissus, aussi bien physiques, qu'émotionnels, qu'intellectuels. Et il ne faut pas. Il faut que par l'adaptation, la capacité de résonance de ces corps inférieurs puissent recevoir la note entière de la conscience qu'est l'âme.
Donc avant que cette résonance complète soit possible, le courant est envoyé de manière discontinue. De cette manière, il n'y a pas de surchauffe, donc pas de court-circuit, donc pas de problème. Et c'est là l'origine de vos évasions. C'est ce qui fait que vous êtes des êtres d'automatismes. C'est ce qui fait que vous allez dans la Lune pendant les conférences, pendant les cours, ou même pendant que vous êtes occupé à lire un livre, ou à regarder un spectacle, ou à préparer un repas. C'est ce qui fait aussi que, à l'intérieur d'une action, vous pouvez penser à une autre qui vous plaît davantage et ainsi créer le fantasme, etc.
Si par mes compréhensions, chaque fois plus larges, qui donnent donc lieu à des sentiments aussi plus grands, donc plus spirituels, donc à des méditations qui révèlent plus le Divin, si de cette manière, je prépare toute ma matière à recevoir la vibration extraordinaire qu'est la conscience de l'âme, puis un beau jour, je suis une conscience en continue.
Et là est le Devoir de l'Homme.
Le Devoir de l'Homme
Et son devoir est de le faire non seulement sur lui-même, mais aussi de l'apprendre à ses frères plus jeunes. Car l'Univers a ceci d'extraordinaire. Il est un grand partage.
L'Univers est un grand Partage
On ne peut pas simplement avoir compris pour soi-même. Toute compréhension est une nourriture et il faut savoir le donner à l'autre.
Et je dis bien “savoir le donner à l'autre”. Il ne faut pas donner tout de suite la Vérité. Elle serait trop lourde. Mais simplement commencer, exactement comme au restaurant, par une entrée, généralement affréchissante, exotique, amusante, de façon à mettre en appétit.
Ensuite, il faut laisser un moment de repos. Et là généralement, la mort est bienvenue, c'est-à-dire que pendant toute une vie, on apprend ces choses plaisantes et réconfortantes, comme l'éternité de l'âme, les guides qui viennent nous chercher après la mort, etc. Donc, la certitude que l'on va survivre. Puis la mort va servir de petit entracte où l'on va assimiler cette première sagesse.
Puis le banquet continue. De nouveau, on s'installe dans un corps et cette fois-ci, c'est le plat de résistance que l'on reçoit. Et le plat de résistance est agrémenté de plusieurs mets. L'on aura un peu de tout, un peu de tous les légumes, un peu de tous les épices. Et là, la vie paraît plus longue et paraît plus riche. Mais de nouveau, il faudra faire l'entracte et penser à assimiler tout cela. Et cela va se passer de nouveau pendant une longue mort.
Puis l'on revient et l'on prend le dessert. Le dessert est comme l'entrée. C'est un grand moment de joie. C'est aussi le moment où l'on sait que l'on porte pour la dernière fois la cuillère à la bouche. Et qu'après, ce sera la longue digestion jusqu'au prochain repas. Mais qui ne sera pas le même, pas dans le même restaurant. Parce que l'on n'y vient pas deux fois.
Cela veut dire quoi ?
Cela veut dire que quand l'on a expérimenté tout ce qu'il faut sur un Plan, eh bien l'on n'y revient pas. Lorsque l'on a tout expérimenté sur le plan physique, on n'y revient pas. L'incarnation n'est plus nécessaire.
Lorsque l'on porte cette dernière nourriture physique à la bouche, pour le disciple il s'agit de prendre la dernière leçon que peut offrir la Terre.
Apparemment, dans le cas du banquet, on va avoir le droit de manger, alors que dans l'initiation il va falloir au contraire rendre l'égo à la Terre. Se débarrasser de cette grande illusion qui est l'égo. Faire le don absolu de soi.
Il va falloir rendre l'égo à la Terre.
Mais non pas au sens où l'on va se donner à l'Humanité dans une grande vie humanitaire. Mais plutôt où l'on va enfin faire tomber ce mirage qui est avant tout un mirage intellectuel. Eh oui ! Il ne faut pas oublier que le mirage s'exerce parce que je pense à lui et je crois à lui. Donc mon intellect est prédominant dans l'histoire. En même temps qu'il a été l'instrument par lequel je me suis identifié à mon corps et au monde, il est l'instrument par lequel je vais pouvoir repartir de cette illusion. C'est la même porte qui sert pour l'entrée et pour la sortie.
Et le jour où je comprends cela, eh bien je découvre une grande maîtrise, en même temps qu'une grande joie, même si je ne peux pas encore accéder aux grands vertiges de la méditation, aux grandes rencontres avec Bouddha ou Dieu sait qui. Eh bien j'ai quand même la possibilité d'être libre ! J'ai quand même la certitude qu'un jour ou l'autre je vais être totalement comme Bouddha.
Si j'identifie bien mes instruments et que je sais à quoi je peux les employer, eh bien je peux commencer à travailler bien sûr, n'est-ce pas ? C'est logique !
Alors s'il y a une spiritualité et une éducation dans la spiritualité, c'est bien pour vous apprendre quels sont les instruments à votre disposition et quel est le travail que vous pouvez exécuter avec ces instruments. Et dans toute spiritualité, comprendre l'instrument qu'est la pensée, c'est une éducation importante, primordiale même !
On ne peut plus simplement dire à l'homme : “Eh bien, aie la foi et tu seras sauvé !”, parce que non seulement c'est faux et c'est faux depuis toujours, ce n'est pas suffisant, mais en plus c'est troubler son esprit. C'est lui faire croire qu'à partir du moment où il aura la foi, même s'il pense de manière vicieuse, de manière critiquable, par une pénitence, eh bien, et puisqu'il a la foi, il pourra racheter son péché. Et on ne peut jamais racheter un péché ! L'Univers étant un système de réverbération, l'on reverra toujours venir vers soi ce que l'on a pensé ou éprouvé, c'est immanquable.
Donc faire supposer que la foi va tout effacer et que la pénitence va tout effacer, eh bien non seulement c'est dire une bêtise, mais c'est induire l'individu dans un système complètement faux. C'est en même temps lui retirer la possibilité de s'apercevoir, d'étudier quel instrument est la pensée, quel instrument est la critique, quel instrument est le jugement.
Si on l'avait davantage instruit quant à la pensée, sa nature et son risque, l'Humanité n'en serait pas où elle est aujourd'hui, je vous l'assure, pas du tout.
Bien sûr, on peut supposer que tout est prévu. Et je sais que je dérange terriblement quand je dis : tout est prévu, oui, mais... Cela rend mal à l'aise ! Parce que si l'on n'a pas pu prévoir ce qui s'est passé hier, cela veut dire que demain n'est pas très certain non plus et l'homme n'aime pas ça ! Il se sent tout de suite en insécurité et la Terre n'est plus très solide. Qui sait si elle ne va même pas sortir de son orbite ? Tout devient catastrophique !
Bien sûr, on peut prévoir des grandes lignes directrices parce que lorsque l'on connaît le cœur humain et que l'on voit à quel point il est égoïste, à quel point il est ignorant, eh bien l'on peut parier dix francs, qu'à coup sûr, il va plutôt se passer ceci que cela. Mais ce sont plutôt des paris, eh oui ! La plupart des prophéties sont en fait des paris sur le fait que l'on connaît la nature humaine et qu'il va plutôt se passer ceci que cela. Et le jour où les hommes arrivent à démentir les prophètes, eh bien ce jour-là, nous serons très heureux.
Le jour où tous les prophètes auront tort, ils auront vraiment été des prophètes, parce qu'ils vous auront enseigné comment maîtriser votre vie pour que leurs prédictions ne s'établissent pas. Et si le prophète a une raison d'être, c'est bien celle-là : pour vous prévenir du pire qui puisse arriver si vous continuez simplement à vivre comme vous vivez sans faire aucun effort et en vous laissant aller à votre nature.
[...] ne se réveille pas. Et que s'il y a cette prophétie, c'est avant tout une alerte, un avertissement. Donc on a en fait le moyen. Parce qu'une prophétie est toujours envoyée suffisamment tôt, non pas pour que les hommes aient bien peur, se préparent à une terrible catastrophe, mais plutôt pour que l'homme ait la possibilité d'intervenir, de remodeler le monde autrement.
Si la prophétie est donnée, c'est uniquement pour cela, ce n'est pas pour vous dire : “Eh bien voilà, pour toi, le 15 août, je t'ai concocté une petite catastrophe, tu m'en diras des nouvelles !” Pas du tout !
Et que fais-tu de ton idée que Dieu et que tous les Maîtres sont des êtres pleins d'amour qui ne veulent que le bien de l'Humanité ? Et que fais-tu de la nature des anges qui soi-disant sont là pour sauver l'Humanité ? Comment peux-tu faire cohabiter cette contradiction ? Tout ce peuple ardent et puissant qui aime et qui veut sauver l'homme et une prophétie qui dit : “eh bien finalement, ils sont peut-être puissants, mais ils ont quand même prévu [...]”
[...] qui détruirait même l'existence de Dieu ! Car Dieu a eu la mauvaise idée de créer l'Univers par réverbération et par reflet. S'il créait une contradiction, eh bien lui-même en serait prisonnier et détruit, automatiquement.
Par exemple, s'il avait eu la mauvaise idée de créer le Diable, mais quel cauchemar est-ce qu'il a pu vivre pendant la première nuit du premier jour ? Le voilà, première nuit du premier jour, il a un cauchemar, peut-être il a trop mangé la pomme, ça c'est certain, il ne doit pas y avoir qu'Adam qui a croqué la pomme à mon avis ! Dieu a dû la croquer aussi, et cela s'est mal passé. Indigestion, la nuit, cauchemar, et le voilà qui crée le Diable. Mais si le Diable avait été créé par Dieu, si le Diable avait été ne serait-ce que toléré par Dieu dans son existence, admettons pour qu'il existe une épreuve pour l'Homme, eh bien cela aurait automatiquement et instantanément détruit Dieu lui-même. Parce que l'Univers étant une grande réverbération, eh bien le chaos serait intervenu tout simplement !
Donc le Diable n'a pas été ni créé par Dieu à la suite d'une indigestion, ni toléré par Dieu à la suite d'un laxisme. Il s'agit là de découvrir une autre loi que l'on n'appellera plus le Diable, que l'on n'appellera plus les ténèbres, mais une loi d'équilibre. Une loi d'attraction et une loi de répulsion. Une loi de contraction et une loi de dissolution.
Si on observe tout cela sur un plan physique, pas de problème. On voit simplement des mondes se former et des mondes se dissoudre. Des minéraux exister et de l'eau couler. Mais sitôt que l'homme commence à exister et qu'il va interpréter tout cela sur un plan moral, alors on voit d'un seul coup le Diable et le Bon Dieu exister. Et là c'est très dérangeant parce qu'en force d'y croire on finit par le fabriquer ! Et c'est ainsi que sur le balcon - puisque je vous parle souvent de mon balcon n'est-ce pas - eh bien c'est ainsi que sur mon balcon on voit passer de véritables sorcières sur de véritables balais et on se dit : “Mais ce n'est pas normal, nous on n'a jamais fabriqué cette chose ! D'où cela sort ?”
Et l'on projette un peu notre sensibilité et l'on voit quoi ? Eh bien on voit ce fameux pénitent, eh oui ! Ce fameux religieux, tout anxieux d'appartenir au diable par les péchés qu'il commet. Et on le voit en train d'essayer de racheter son âme. Mais en essayant de racheter son âme, il a tellement peur du Diable qu'il finit par le créer. Et il crée comme cela une multitude de petits diables, de petites sorcières qui ensuite d'ailleurs lui donnent volontiers le coup de balais. Et l'on se demande pourquoi on a mal au dos ?
D'où vient le mal de dos ?
On l'appelle le mal du siècle, est-ce que parce que l'on est toujours assis ? Pas forcément. Bien sûr, quelquefois, toujours assis et mal assis, mais pas forcément. Le mal de dos vient souvent de ce que l'on se reproche soi-même, de toutes ces petites sorcières que l'on fabrique par les reproches que l'on se fait. Et les reproches que l'on se fait, parce que l'on voudrait avoir bonne conscience, parce que l'on voudrait être meilleur disciple, parce que l'on craint l'enfer, parce que l'on craint les retards initiatiques, parce que l'on craint le ne pas plaire au Maître, parce que l'on craint l'échec et l'échec initiatique.
Et toutes ces petites sorcières s'amusent à grimper le long de la colonne vertébrale et s'amusent à donner leur coup de balai. Elles se disent : “Tu as peur ? Tu aimes pleurer ? Eh bien voilà, je t'en donne encore plus !” Parce que les petites sorcières ont ceci de sympathique, que si elles voient que vous aimez la souffrance, eh bien elles vous en donnent !
Il faut à un moment donné savoir dire non, pour que ces petites sorcières disparaissent, pour que les coups de balai disparaissent et pour que le dos retrouve tout son équilibre et toute sa vitalité. Et ainsi vous verrez que vous n'avez plus mal au dos, plus jamais !
Simplement cela veut dire aussi que l'on s'assume et que l'on fait tout le travail dont je viens de discuter !
La vie d'un homme n'est pas si compliquée.
On a l'impression tout le temps que la spiritualité est quelque chose d'hermétique, qu'il y a des choses compliquées à comprendre, en ésotérisme, en cabale et puis on diversifie les sciences. Ensuite on se dit : “Mais en plus il y a l'astrologie, en plus il y a la numérologie, en plus il y a l'alchimie.” Et on n'en finit pas de croire que la Connaissance est quelque chose qui n'est réservé qu'aux plus intelligents. C'est faux.
Bien sûr, il faut un certain développement cérébral pour pouvoir facilement manipuler certains concepts, mais cela ne veut pas dire que la sagesse nous est fermée. Pas du tout !
La Sagesse
La Sagesse ne dépend pas du cérébral.
À partir du moment où l'on a déjà un fond intérieur, un fond qui permet certaines largesse d'esprit, un fond qui permet une certaine honnêteté quant à l'analyse que l'on peut faire de soi-même. Un fond qui permet une certaine intelligence pour se voir tel que l'on est. La sagesse peut venir très vite même si l'on ne peut pas dire pourquoi les cristaux sont des cristaux, pourquoi les dinosaures ont existé, quelle est la nature exacte du Soleil, combien il existe de Hiérarchies, quel est le petit nom du Kumara assis à la droite du Seigneur. La sagesse ne provient pas de cela, ne peut pas être construite par cela.
Seulement il faut s'entendre et il faut savoir, une bonne fois pour toutes, qu'une certaine performance intellectuelle est nécessaire pour au moins avoir développé ce fond de bonnes intentions. Eh oui ! Et c'est à ce moment-là que l'on retrouve la nécessité dont je parlais tout à l'heure, la nécessité de pouvoir réaliser vraiment les choses que l'on voit, les choses que l'on entend.
Parce que le fait de les voir et de les entendre ne veut pas dire qu'on les aura comprises ou que l'on les aura véritablement vues. C'est comme si cela appartenait à l'autre monde, le monde des autres.
La famine, cela appartient au monde des autres, au monde des affamés, au monde du tiers-monde, au monde sous-développé, ce n'est pas le mien. Le chômage, cela appartient au monde des autres, celui des chômeurs. Les problèmes de santé, cela appartient au monde des autres, le monde des malades. Ce qui fait qu'à un moment donné, je réalise pleinement la faim, ce n'est pas parce que, tiens, j'ai une grande tendresse pour un petit africain que j'ai vu en direct à la télé, mourir de faim. Mais c'est avant tout parce que mon esprit aura absolument et réellement vu cette vérité. Alors mon cœur a pu naître.
Alors pendant un certain temps, c'est vrai, l'humain doit d'abord se développer cérébralement et intellectuellement.
Il arrive à un certain seuil où il peut donc réaliser son monde, ses nécessités, ses défauts. Il peut donc mesurer les actions qu'il peut faire par rapport aux nécessités du monde et aux défauts du monde. Et c'est à ce moment-là que cette formidable machine spirituelle, cette extraordinaire machine de pouvoir qu'est le centre cardiaque se met en fonctionnement. Parce que sitôt que je vois la nécessité, que je peux mesurer ce que je peux faire et le faire avec pouvoir, même si c'est petit, le cœur se met à fonctionner, me donne l'intuition, l'inspiration, crée tout autour de moi pour que cela puisse avoir lieu et la chose se fait et elle porte des fruits.
Tandis que tant que les problèmes sont les problèmes du monde des autres, eh bien je ne trouve pas les moyens d'intervenir. Je ne trouve pas l'inspiration, je ne trouve pas l'intuition, et puis c'est quelque chose que j'oublie très vite parce que moi-même, moi-même j'ai mes problèmes, eh oui ! Ne les oublions pas ! J'ai mes factures de fin de mois, j'ai mes soucis de sécurité sociale, mes soucis de retraite et si j'attrape le cancer - pensez donc, c'est tellement répandu de nos jours - Ah ! Vous comprenez tous ces petits soucis, cela me prend du temps, donc je ne peux pas penser aux autres.
Il ne vous est pas d'ailleurs demandé de penser aux autres. Et je voudrais bien qu'une bonne fois pour toutes, qu'on arrache de l'esprit le sentiment de fraternité basé uniquement sur “je dois penser aux autres”, parce que c'est fraternel, parce que c'est spirituel, parce que c'est ce qui m'est demandé. Je ne dois pas penser aux autres ! Absolument pas ! Et d'ailleurs si je me mets à penser à l'autre parce que je me sens coupable de quelque chose, coupable que l'autre existe de telle et telle manière, eh bien je n'empêcherai pas le bandit de venir cambrioler ma maison. Eh non ! Et on ne comprend pas, comme je l'ai dit tout à l'heure.
Au moment où je pense à l'autre, cette pensée doit provenir du fait que je me sens être l'autre, que je sais que je suis aussi l'autre et que l'Âme du Monde est une seule et grande âme qui se manifeste à travers une multitude d'êtres humains. Ça c'est la base de la vraie fraternité.
Il ne s'agit donc pas de penser que l'on est tous frères ! Et vous le savez très bien. Toutes les religions l'affirment, toutes les religions se sont entretuées et aujourd'hui même cela continue. Et pourtant, on demande à ces hommes de penser que tous les hommes sont frères. On ne peut pas penser cela.
Par contre, on peut penser qu'il ne faut pas avoir d'ennemi. Et cette ouverture est capitale !
Parce que, comme je vous l'ai dit tout à l'heure, sitôt que une pensée devient juste, le cœur trouve là un grand espace où il peut barboter, où il peut enfin s'ouvrir, où il peut enfin faire passer son énergie en un courant un peu plus continu. Car c'est ça qui manque à l'homme, c'est le courant continu de la conscience pour savoir qu'il est Divin, pour se rappeler ses qualités et les manifester.
Donc pour la pensée, il est impossible vu la vie que l'on a autour de soi, vu les guerres, les escroqueries, les assassinats, les viols, les vols qui ont lieu, je ne peux pas penser, moi qui suis un disciple débutant ou un homme religieux, je ne peux pas penser que tous les hommes sont frères. Je peux faire un effort pendant un certain moment, puis si demain je suis le cambriolé, je vais être en colère et je vais me dire : “Mais Seigneur, décidément, je peux être frère avec tout le monde, mais pas avec celui-là. Celui-là, ce n'est pas possible ! Hein ? Ce n'est pas possible qu'il soit mon frère. En plus, je le connais ! En plus, on médite ensemble dans le même groupe. C'est une trahison donc !” Parce que l'on peut faire de beaux discours, on peut rappeler à son voisin, à lui, qu'il faut être frère avec tous les hommes tant que c'est lui qui est cambriolé, n'est-ce pas ? Mais quand c'est soi-même, c'est autre chose !
Donc, les stimuli en provenance des différentes situations ne favorisent pas de penser “tous les hommes sont frères”. Par contre, on peut penser que nous ne sommes pas ennemis et que les autres hommes ont droit à l'erreur, même à une erreur qui semble être scandaleuse, comme le fait de tuer, le fait d'être un grand barbare.
Ce qui ne veut pas dire que l'on tolère l'existence des barbares et des assassins ! Attention ! Cela veut dire que, parfois, trop prisonnier d'un mirage trop délirant, on peut aboutir à ce genre de folie extrême. C'est une possibilité. Il ne faut pas le tolérer, mais il ne faut pas se mettre à haïr non plus, car on est tout autant dans l'erreur que l'assassin. Il faut savoir que cela peut arriver à cet extrême.
La haine, c'est le moule dans lequel on va fabriquer l'ennemi. Sans la haine, je ne peux pas penser que l'autre est mon ennemi. Ce n'est pas possible.
Cela ne veut pas dire que si je veux être un disciple, je vais éprouver de l'amour pour mon assassin ou pour l'assassin de la personne que j'aimais le plus au monde. J'ai trop de chagrin. Je viens d'être trop torturé. Je ne peux pas aimer cet individu. Par contre, je peux penser qu'il n'est pas mon ennemi ! Qu'il est peut-être celui qui m'a retiré ce que j'avais de plus cher au monde, mais il n'est pas mon ennemi. Je n'ai pas à éprouver de l'amour, mais je ne dois en aucun cas éprouver de la haine ! Et ça c'est quelque chose d'aussi difficile que de se mettre à éprouver de l'amour et c'est pour cela qu'on n'y arrive pas.
Être neutre, c'est parfois plus dur que de passer de la haine à l'amour en se rappelant des grands slogans religieux ou philosophiques.
Je dois me rappeler que les autres ne sont pas mes ennemis. Et lorsque je crée cette ouverture dans la pensée, c'est là que le cœur vient à mon secours pour mettre l'amour.
Tout cet amour que je ne peux pas fabriquer moi-même par une bonne intention, même religieuse, issue de mes convictions spirituelles. Il faut que je laisse l'amour apparaître parce que je fais le neutre dans la pensée. Et cet amour ne sera pas un amour porté vers celui qui m'a agressé. Je ne vais pas aimer l'assassin d'un de mes parents, non. Je vais découvrir en fait ce qu'est véritablement l'Amour.
Le véritable Amour
Le disciple confond souvent tout avec rien et rien avec tout.
Il est important de comprendre cela. Il est important parce que sinon on ne sait pas quel effort faire !
Par exemple, dans le cas que je viens de citer, si je dis qu'il ne faut pas en vouloir aux ennemis, l'individu va penser qu'il faut aller jusqu'à aimer l'ennemi. Or, l'Amour ce n'est pas cela.
Ce n'est pas ce sentiment que vous imaginez, que vous ressentez pour quelqu'un que vous aimez et qu'il va falloir donner à celui qui vient de tout vous enlever. Pas du tout !
Quand vous aimez quelqu'un, cela est un sentiment, une vibration issue d'une communication. Mais je ne peux pas avoir de communication avec celui qui vient d'assassiner mon bien-aimé ou ma bien-aimée. Pas de communication.
Et je te rassure dans le sens où l'amour ce n'est pas cette vibration extrême, née de la communication avec celui que je peux aimer. Cela c'est un sentiment. Très beau, mais un sentiment.
L'Amour c'est le neutre.
Ce n'est rien de prédéterminé. Ce n'est rien de prédestiné ou de préconçu.
Si je peux identifier l'amour et dire l'amour c'est le souci que je porte à mon voisin pour qu'il aille bien. L'amour c'est la tendresse que j'ai pour le compagnon avec lequel je suis. L'amour c'est toute la prévoyance dont j'entoure ma compagne. L'amour c'est... L'amour c'est... À partir du moment où je fais ces identifications, je suis sûr que ce n'est pas l'Amour.
Ce sont des communications harmonieuses qui répondent aux besoins de l'autre. Car généralement si j'aime, par exemple mon époux ou mon épouse, c'est parce qu'il y a une multitude de communication possible. Et ces communications m'envoient des informations. Par exemple, je sais que mon épouse, pour être tranquille, doit avoir tel style de vie. Je dois l'appeler de tel petit nom affectueux. Je dois manifester tel et tel geste. Je dois la rassurer quant à ceci ou à cela. Et, en répondant à toutes ces nécessités, je réconforte, j'approfondis, je maintiens l'amour. Je le lui certifie. “Voilà, puisque je te fais toutes ces choses, tu as la démonstration que je t'aime.” Ce qui fait que mon épouse lit aussi en moi toutes les informations que je peux envoyer, toutes mes nécessités. Elle y répond et ainsi, en y répondant, en se comblant l'un l'autre, on appelle cela de l'amour.
Mais en fait, l'amour d'un couple qui se dit bien chanceux, bien heureux, bien amoureux, c'est uniquement le confort. Eh oui ! Ce n'est que du confort. On a eu la chance, à un moment donné, de trouver quelqu'un qui sait lire nos informations, nos messages, répondre à ces nécessités. Cela nous crée donc le confort d'exister. Et ce confort, ce bien-être, on l'appelle l'amour qu'il y a dans le couple.
Mais le véritable Amour, celui que l'on pourrait appeler spirituel, c'est autre chose.
Le véritable Amour ne va pas être prédestiné, préconçu. Il ne va pas essayer de lire ce qui fait plaisir à l'autre. Parce que des fois, il semblera même faire un déplaisir. Et c'est là où l'amour que se porte les amoureux est complètement différent de l'Amour que porte un maître à son disciple.
Les amoureux tentent de se faire plaisir, de se rassurer essentiellement. C'est la brique fondamentale de leur amour. “Je te rassure parce que tu as peur et que tu es seul au monde. Et je te fais plaisir pour rendre la vie plus jolie.”
Le Maître vis-à-vis de son disciple va au contraire parfois être obligé de lui faire apparemment de la souffrance, de lui faire apparemment des chagrins, des peurs, des obstacles. Parce que l'Amour du cœur du Maître est un amour qui ne va pas prendre en compte ce qui te fait plaisir, ce qui fait ta sécurité. Mais il va prendre en compte ce qui fait ta libération.
Et si tes peurs et tes plaisirs sont des obstacles à ta libération, eh bien c'est justement là qu'il va travailler, justement là qu'il va chercher à te déstabiliser.
Bien sûr, c'est un langage tout différent du langage de ton époux, de ton épouse ! Eh oui, bien sûr ! C'est pour cela que le disciple qui court à pantalon retroussé, à toute vitesse, dans tous les endroits du monde où l'on sait qu'un jour un Maître a pu passer, en espérant que le Maître c'est celui qui enfin va lui donner la grande certitude quant à Dieu, la grande certitude quant aux vérités qui ont été écrites, la grande expérience de l'illumination, eh bien tu te trompes mon pauvre ami !
Et tu te trompes lourdement, tristement, tellement tristement qu'un jour même tu vas être malheureux. Tu vas croire que tout ce que l'on t'a raconté n'était qu'une vaste histoire ! Parce que le véritable Maître ne te rassure pas quant à l'existence de Dieu.
Au contraire, il te dit : “Peut-être !”, il ne te dit pas “Dieu existe.”
Le disciple rentre, le maître est en train de boire du thé. Le feu crépite dans la cheminée, à chaque histoire j'y tiens beaucoup. Le disciple arrive et s'agenouille pour prendre aussi sa tasse de thé, car c'est souvent la cérémonie qui permet le meilleur échange, prendre une boisson en commun. Parce que la boisson, même si c'est un élément physique, symbolise avant tout l'eau de l'Esprit, donc la Connaissance. Si l'on partage un breuvage en commun et que l'on le fait d'une certaine manière, en observant une certaine attitude intérieure, les eaux de l'Esprit vont aussi se partager entre le maître et le disciple.
Donc voilà que le disciple est prêt de son maître et lui pose cette question, qui pour lui est une catastrophe intellectuelle, une grande interrogation métaphysique, la question de sa vie, le défi de sa vie. Et il lui dit : “Écoute, j'ai lu un peu de tout, j'ai réfléchi, j'espère à peu près bien, en tout cas beaucoup. Et je me pose la question, je me demande, qu'est-ce que c'est Dieu ? Est-ce que c'est une entité ? Est-ce que c'est une vaste conscience qui ne peut même pas savoir que les enfants existent et ont besoin de lui ? Est-ce que c'est simplement une grande machinerie extraordinaire, certes, mais une grande machinerie, une suite d'énergie ? Est-ce que c'est ce fameux vide dont parlent certains ? Ou est-ce que c'est véritablement un père ? Est-ce qu'il existe ?”
Et le maître tourne sa tasse encore une fois. Il caresse un peu sa barbe, parce qu'il faut qu'il crée la surprise dans l'esprit du disciple. Ce n'est pas qu'il veut faire languir, comme moi je vous fais languir si souvent, c'est qu'en vous faisant languir, en vous promenant un petit peu autour du pot, on peut, mais de façon plus exacte et plus forte, créer la surprise dans votre esprit. Et à ce moment-là, le Maître répond « peut-être ».
Secrètement, le disciple est en colère. Et il cache cette colère, mais on ne peut rien cacher au Maître. Mais c'est là que le Maître lui-même se cache pour ne pas éclater de rire ! Le disciple pense de façon secrète : “Mais qui est-il celui-là ? Il ne sait même pas répondre à cette question. Je me demande pourquoi il y a tous ces individus, tous ces disciples qui se présentent à sa porte. Mais qu'est-ce qu'ils peuvent bien apprendre auprès de lui ? Il ne sait que dire « peut-être », « mais oui », « peut-être ben si », « peut-être ben que non ». C'est un breton ou c'est un guide ?” Et à ce moment-là, il se lève nerveusement et il décide de réfléchir encore un peu par lui-même et de ne plus fréquenter ce Maître.
Les jours passent et puisqu'il se met à réfléchir par lui-même, il s'aperçoit de sa propre puissance de raisonnement. Et il s'aperçoit, du fait qu'il se pose désormais la bonne question, que les questions précédentes n'existaient pas et que donc on ne pouvait y apporter aucune réponse. Et le jour où il s'aperçoit que l'on ne peut apporter aucune réponse aux questions que l'on se pose dans les étapes préliminaires, à ce moment-là, il retourne vers le guide, il le regarde et il ne dit plus rien. Ou peut-être simplement, mentalement, un Aum, très révérencieux, silencieux au possible pour ne pas perturber le rayonnement que va émettre le Maître.
Parce qu'à ce moment-là, le Maître va rayonner. À ce moment-là où il va pouvoir faire expérimenter la lumière et la plénitude à ce disciple. Et pourquoi ?
Parce que le disciple aura arrêté de penser. Eh oui ! Il aura arrêté de se poser les questions. Il aura arrêté de se demander quelles sont les mensurations du Bon Dieu. Quelle couleur il peut avoir, quel son il émet, avec quel matériau il construit, pourquoi il construit et où tout cela va !
Alors vous allez me dire que si on se pose ces questions, c'est naturel puisqu'on a une pensée. Et que ceux qui ne se posent pas ces questions sont d'affreux matérialistes qui ne pensent qu'à eux-mêmes et qui détruisent le Monde. Et que donc c'est un moindre mal que de se poser les questions à propos de Dieu. Voilà !
Tu as raison, c'est un moindre mal. Mais il ne faut pas rester dans cette étape. Il faut savoir que la pensée va se poser toutes sortes de questions, va chercher toutes sortes de mesures, de couleurs, de sons, de confirmations. Mais qu'en aucun cas les informations qui viendront ne seront la Vérité. Et donc amuse-toi, exactement comme tu joues au tennis, amuse-toi à lancer la balle et à la recevoir. Tu te poses une question, tu lis un livre, tu reçois une réponse. Mais il faut que cette réponse te serve à renvoyer la balle encore plus loin, exactement comme au tennis. Parce que ce n'est qu'au moment où tu auras renvoyé la balle tellement fort et tellement loin qu'elle ne redescend plus par terre ni dans le filet, que, là, tu seras véritablement dans la bonne conception.
Alors on commence par se poser de petites questions, puis on passe à de plus grandes questions. Et ces grandes questions sont dérangeantes.
Les questions à propos de Dieu, à propos de l'âme. Tous les disciples sont dérangés intérieurement, parce qu'ils veulent bien croire à l'âme, ils l'ont peut-être expérimentée ou intuitionnée quelquefois, mais en fait pour eux cela reste une grande inconnue. Et, constamment, ils se posent la question, qu'est-ce que l'âme, de quoi elle est composée, comment elle se manifeste. Et ils essayent de mémoriser les grands et beaux manuels qui parlent de cela, mais qui en fait ne sont que des descriptions, non pas données pour que l'homme mémorise et se réfère à ce qu'est l'Âme, mais ce sont des descriptions qui sont données pour permettre à l'homme d'élever sa pensée de manière à arriver à l'endroit où l'intuition existe. Et c'est complètement différent. Cela n'a plus rien à voir.
Beaucoup trop de disciples essayent de mémoriser les livres, d'apprendre les livres, de comprendre les livres. On ne peut pas comprendre techniquement. Bien sûr, on peut avec brio retenir ce qui est écrit et refaire une description technique, et avoir l'impression d'avoir tout compris, donner l'illusion d'avoir tout compris. C'est certain. Et beaucoup d'individus sont pris dans ce piège.
Cependant, les livres ne sont faits, ne sont donnés que pour accéder plus ou moins à l'idée la plus juste. Et depuis ce seuil, commencez la perception spirituelle.
Est-ce qu'il faut alors, pour arriver à ce seuil, à cette idée la moins grossière, la moins fausse, donc à peu près la plus juste, est-ce qu'il faut s'efforcer de mémoriser les livres ? Parce que même si l'on sait que c'est une étape illusoire, est-ce qu'il faut la franchir de cette manière-là, en mémorisant, en s'efforçant de connaître ?
Je te dirai que tu n'es pas obligé de tout mémoriser, tu n'es pas même obligé de tout comprendre. Simplement, tu dois quand même essayer de comprendre le minimum de ce qui est donné, ça c'est certain. Quant à mémoriser, non, pas du tout. Car tu auras beau essayer de mémoriser pendant toutes tes jeunes années, le jour où, comme tous les individus, tu commenceras à vieillir, tu commenceras à avoir des trous de mémoire, eh bien ton acquis cérébral va disparaître. Il ne restera de ton acquis cérébral que ce qui se trouvait suffisamment sur le seuil pour, au moment de la mort et de la grande assimilation spirituelle que permet la mort, pour prendre ces informations et en faire une instruction qui sert au développement intérieur.
Mais malheureusement, de la façon dont s'instruisent les individus, très peu d'informations peuvent passer du contexte cérébral à la vie intérieure. Et qu'est-ce qui se passe à ce moment-là ? Étant donné que rien n'est perdu, ces informations ne sont pas détruites. Ces informations, exactement comme tous les codes que l'on aura créés pendant la vie, les codes, c'est-à-dire les choses que l'on aura imprimées dans notre mémoire astrale, dans notre propre akasha. C'est-à-dire les choses que l'on aura pensées, les choses que l'on aura bien faites, mal faites, les choses que l'on aura bien apprises, mal apprises, bien stockées, bien mémorisées, toutes les interprétations que l'on aura créées, toutes ces informations, à partir du moment où elles ne peuvent pas servir de nourriture à l'âme, restent comme des codes dans l'Akasha de la planète ou demeurent en même temps l'akasha de chaque individu, c'est-à-dire la mémoire de chaque individu, dans une mémoire collective. Et au moment où il y a de nouveau l'incarnation, au moment où l'on va regrouper tous les codages que l'on aura marqués pendant différentes vies, on va retrouver cet acquis, c'est certain. Mais ce ne sera pas un acquis spirituel, ce sera de nouveau un acquis cérébral.
Alors, qu'est-ce qui va se passer ?
Eh bien, il va se passer à ce moment-là, un versement de cette énergie cérébrale dans les enveloppes de ce que vous appelez le moins inférieur, donc la personnalité.
Et l'on aboutit ainsi un jour à la formation d'un égo qui, même s'il s'intéresse ardemment à la spiritualité, est cependant très fortement orgueilleux et orgueilleux jusqu'à la paranoïa. Et c'est ainsi que l'on voit des gens s'improviser comme de grands gourous, proclamer à travers le monde qu'ils sont le nouveau messie, le nouveau Bouddha, le nouveau ceci, le nouveau cela.
Comment cela se peut ? Comment est-ce que cette folie peut s'installer ? Ce n'est pas parce que d'un seul coup, tiens, la mouche yoga les a piqués, mais comme malheureusement ils avaient un peu trop bu en même temps, alors les voici complètement déviés.
C'est une folie qui se construit petit à petit par des dépôts et des dépôts qui se mettent uniquement dans le cérébral.
Alors toute l'aspiration spirituelle est intacte, elle se reporte de vie en vie, mais en même temps, les choses uniquement cérébrales se reportent dans le cérébral, qui surgonfle, qui surgonfle, qui rencontre un égo de plus en plus sûr de lui et un beau jour, on en aboutit à ce fanatique, à ce délire.
Il ne faut donc pas s'étonner si ces individus existent. Il ne faut pas se poser la question : “mais comment cela se fait ?”
Ils ont pourtant lu les livres sacrés. Ils répètent eux-mêmes les grandes phrases, qu'apparemment ils ne comprennent pas puisqu'ils ne les appliquent pas. Pourquoi est-ce qu'ils ne réalisent pas ? Eh bien parce que cette folie s'est installée. Et pour que cette folie cesse, il faut qu'en fait elle soit exprimée. Et une fois que cette saturation cérébrale se sera complètement vidé en une vie, l'homme recrée cet équilibre et il repart à zéro dans sa vie prochaine. Où là effectivement il aura quelque chose à donner, où effectivement il sera authentique, il sera humble et sans histoire.
Il y a comme cela beaucoup de choses à éclaircir mais je ne veux pas rentrer dans tous les détails de ce qui fait vos interrogations, de ce qui fait vos surprises. Mais avec le petit matériel que je vous donne de ci, de là, vous pouvez facilement comprendre tous ces comportements énigmatiques, toutes ces contradictions.
Donc la pensée ou le cérébral est un instrument capital à développer mais il ne faut pas seulement le développer. Il faut surtout, et pendant qu'on le développe, rester souple. Savoir que l'on reçoit une réponse, faire son petit bout de chemin avec, mais surtout ne pas oublier que ce n'est que la vérité d'une étape.
Je sais que les hommes ne sont jamais contents lorsque l'on dit cela.
Ils se disent : “Mais nous on n'est quand même pas des cochons, même si on nous a traités de cochons dans la Bible. On n'est tout de même pas des cochons, on voudrait la Vérité !” Et c'est vrai qu'il est très inconfortable de se faire traiter de cochons. Mais il n'y a en fait en cela aucune insulte. Car si l'homme connaissait la nature spirituelle du cochon, il serait très content. Eh oui !
Qu'est-ce qu'un cochon ?
Évolution du règne animal
Eh bien, chaque animal a une évolution particulière. Il n'y a pas simplement l'évolution du règne animal. Chaque animal est particulier, a une qualité propre. Et si le chien n'existait pas, l'homme aurait pour ami le cochon. Parce que le cochon est un animal très doux, particulièrement intuitif, très naïf, c'est certain, mais calme. Il est de tous les animaux celui, avec le dauphin, qui se rapproche le plus de la nature enfantine de l'homme. Et c'est pour cela que l'on pourrait en faire un ami.
Mais il faudrait enfin le reconnaître comme un ami, prendre la patience, pendant quelques générations, de cultiver cette relation pour que cela devienne, je dirais, un code, dans le code génétique de la famille des cochons. De façon à ce que lorsqu'un jour un petit cochon arrive au monde, que ce soit tout naturellement qu'il se dirige vers l'homme et qu'il lui fasse des gros câlins comme le chien sait le faire.
Aujourd'hui, si un cochon vous rencontre, il s'en va à toutes jambes dans l'autre direction. Pourquoi ?
Parce que cela fait des générations et des générations et des générations de cochons que le cochon se transmet l'information : “Attention, l'homme est notre assassin.” Seulement le cochon est un grand rêveur et un grand idéaliste. Il se dit : “Fuyons, mais on ne sait jamais, peut-être qu'un jour l'homme sera moins cochon que moi et il finira par être mon ami.” Ce qui fait que le cochon ne devient jamais un fauve et vous ne risquez pas de vous faire dévorer par lui.
Mais comme il y a toujours un bon frère et un mauvais frère, c'est-à-dire un bon frère tout naïf qui est resté enfantin et un plus costaud qui s'est dit : “Mais l'autre avec sa naïveté n'a fait que s'attirer des ennuis, donc moi je vais devenir, parce que plus intelligent, plus agressif.” Alors il y a notre ami le sanglier. Et celui-ci a décidé de garder ses poils, il a décidé de garder ses crocs pour se défendre contre l'homme et même il est capable d'attaquer l'homme.
Cela ne veut pas dire qu'un beau jour, la nature a créé le cochon et le sanglier et que l'un allait être naïf et que l'autre allait être méchant. Pas du tout ! Il y avait simplement un ancêtre commun, que je ne vais pas nommer puisque cela n'intéressera personne puisque l'on ne retrouvera pas ce spécimen. Mais un ancêtre qui n'était ni tout à fait un cochon, ni tout à fait un sanglier. Et d'après les expériences des différentes familles qui se trouvaient en différents endroits géographiques, avec le temps, avec les siècles, cela a donné un peu plus de sangliers ou cela a fabriqué un peu plus de cochons.
Ce qui veut dire que même chez l'animal, il y a une forme de choix, il y a une forme d'éducation, il y a une forme d'intelligence qui lui permet de dire : “Attention ! Celui-là c'est l'ennemi naturel.” Et pour toute sa descendance, il va transmettre l'information et au fur et à mesure des millénaires, il y a une maîtrise de son environnement et aussi une transformation de sa matière pour faire face à son ennemi naturel.
Tandis que celui qui, l'ancêtre, qui peut être un peu plus doux ou parce qu'il a d'autres expériences en une autre partie de la planète, se dit : “Mais l'homme est mon ami.” Et cela donne ainsi lieu à l'existence du cochon, tout rondelet, tout rose, que vous connaissez si bien.
De la même manière, pour tous les animaux, il s'est passé la même chose.
Méchanceté et Gentillesse
En fait, on ne peut pas dire qu'un seul coup sur la Terre sont apparus les animaux agressifs, les fauves, et les animaux qui avaient le destin de se faire manger, les gentils. Il n'est pas apparu le dauphin d'un côté et le requin de l'autre, la baleine bleue d'un côté et l'orque, la baleine tueuse de l'autre, les mauvais enfants et les bons enfants, les chats sauvages, les lions et les chats que l'on pouvait apprivoiser.
Si la nature s'était constituée de la sorte, de nouveau elle aurait implosé par sa propre contradiction. Exactement comme Dieu aurait été détruit par sa contradiction, comme j'ai dit tout à l'heure.
Qu'est-ce qui à un moment donné a fait que le requin existe, le dauphin existe, le lion existe et le chat domestique existe, comme l'homme méchant existe et l'homme bon existe ? si j'avais le temps, je me servirais de ce sujet comme interrogation et je te poserais des questions, je te ferais réfléchir pendant toute une semaine. Je te demanderais de me renvoyer ta copie et on en discuterait mais je n'ai pas le temps. Alors, je vais essayer de t'instruire un petit peu et en raccourci.
Tu t'es toujours posé cette question, n'est-ce pas ? Et cela reste une énigme. Alors tu passes sur cette plaie douloureuse et tu te dis : “Ma foi, c'est peut-être l'expression des contraires. Le jour, la nuit, peut-être des forces ténébreuses, des forces lumineuses qui ont chacune le droit de création. Donc, eh bien dans la foulée, il y a le dauphin et le requin.” Tu as beau essayer de dissiper ta douleur, cependant elle est toujours là.
Parce qu'il faut que je te raconte une petite histoire et ainsi, comme je viens de le raconter, entre le disciple et le Maître, tu t'apercevras qu'il y a des questions que tu ne peux plus te poser parce qu'elles n'existent pas. Il y a donc une petite information que tu dois savoir.
Si l'on imagine une origine de la manifestation de la vie sur la Terre, une manifestation physique, il faut savoir que cette origine n'était pas différenciée en Bien ou en Mal, en agressivité et en passivité, en requin et en dauphin. La notion morale de Bien ou de Mal, l'action, bonne ou mauvaise, n'existait pas. Simplement, l'Homme ainsi que tout le règne qui l'accompagnait, c'est-à-dire le règne minéral, le règne végétal, le règne animal, étant donné que tous ces règnes vivent en résonance avec l'évolution de l'Homme, tous ces règnes attendaient le choix magistral de l'Homme pour devenir, oui ou non, une nature, oui ou non, scindée en requin et en dauphin. C'est l'Homme qui a fait ce choix.
Ce n'est pas la Nature qui s'est inventée des épines sur la rose, des herbes qui servent à la drogue et qui détruit aujourd'hui la jeunesse. On pourrait se demander, puisque l'on peut faire de la drogue avec toutes ces choses, pourquoi est-ce que les Architectes ont planté ce pavot, n'est-ce pas ? On pourrait se poser la question ! Car si le pavot n'avait pas été inventé, pas été créé, on n'aurait pas pu en tirer de la drogue. Si les pieds de haschich n'existaient pas, on n'aurait pas pu en tirer de la marijuana. Et ainsi on peut reposer la responsabilité sur les créateurs, les grands Architectes de l'Univers et se demander pourquoi sans arrêt dans la vie humaine, on retrouve ce risque du mal, ce risque de la destruction. Et l'on retombe dans cette grande contradiction qui fait que le disciple pleure et a envie d'abandonner Dieu, parce qu'il lui dit : “Mais, j'ai fait tous les efforts possibles, j'essaye d'être meilleur que les autres, mais voici que tu as rempli le monde de tant de tentations. [...]”
Un père ne fait pas cela, un père ne fabrique pas de pistolet, ni la balle qui va dedans. Pour ne pas pousser ces responsabilités toujours sur les créateurs qui ne sont pas responsables, pour ne pas déclencher cette grande révolte vis-à-vis de Dieu qui malheureusement n'y est pour rien, il faut connaître une chose. Et pour le connaître, il faut s'informer sur l'historique de l'Humanité.
Mais instruire sur l'historique de l'Humanité - tu remarques comme je te fais attendre de nouveau - instruire sur l'historique de l'Humanité est quelque chose de délicat car il faut aller à l'encontre de toutes les idées reçues, de tout ce qui est votre éducation actuelle. Et quelquefois il est plus dur de parler de l'historique de l'Humanité que de faire croire à l'homme que Dieu existe, malgré toutes les contradictions qu'il peut rencontrer dans la vie de tous les jours.
Alors, parlons enfin de cet historique.
Historique de l'Humanité
Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
Si on imagine un jour où la manifestation physique a commencé, il faut voir l'esprit de l'Homme comme n'étant pas composé du Diable et du Bon Dieu, du Bien et du Mal, donc de cette terrible épreuve. Si le Bien et le Mal existaient en lui, il existerait aussi dans l'Univers et cela ferait imploser l'Univers.
Par contre, ce qui existe en lui, comme je l'ai dit tout à l'heure, ce sont deux énergies. Un énergie qui attire et une énergie qui renvoie.
Le fait qu'il soit composé de ces deux énergies, et je le répète, une contraction, une dissolution, une attraction, une répulsion, cela veut dire qu'il a un pouvoir créateur équivalent à ces énergies. Et que d'une part, il va pouvoir compacter ou qu'il va pouvoir éthériser, qu'il va pouvoir attirer ou renvoyer. Et cela veut dire quoi du point de vue du pouvoir créateur ?
Eh bien, cela veut dire que sur les atomes ambiants, sur les formes éthériques et astrales, qui ne sont que des coques vides à l'origine de l'Humanité, qui ne sont que des coques vides, un peu comme des moules, un peu comme les coques que vous formez vous-même lorsque vous pensez à des choses, que vous désirez des choses. Eh bien, sur ces coques astrales et éthériques, l'Homme, en manipulant plus ou moins bien cette énergie de contraction et de répulsion et de dissolution, va plus ou moins densifier les atomes du corps astral et du corps éthérique de ce qui existe à côté de lui et qui plus tard sera une fleur, un légume ou un animal.
Et qui dit compacter, dit assombrir la conscience, dit, donc, faire un courant de conscience qui va passer d'une manière très discontinue, comme je l'ai dit tout à l'heure. Et quand la discontinuité est profonde, lorsqu'elle est grave, lorsqu'elle équivaut presque à une surdité, eh bien la créature qui va vivre, qui va s'épanouir, sera agressive. Parce que comme je l'ai dit tout à l'heure, discontinuité veut dire manque de conscience, donc égoïsme dès que quelque chose m'est retiré.
Et ce qui caractérise l'agressivité du monde animal et que l'on retrouve aussi dans le monde humain, ce qui le caractérise, c'est ce que vous vous appelez l'instinct de survie. Tout le monde doit manger sur la planète. Le ver de terre, l'oiseau, la mouche, même le microbe doit manger. La preuve, il vous dévore ! Tout le monde doit manger. Et lorsque cette nécessité est interprétée par les centres les plus bas, à l'endroit où donc l'énergie de la conscience arrive d'une manière affreusement discontinue, où donc la création de l'égoïsme va être extrême, eh bien l'agressivité va être extrême et aboutir à une violence extraordinaire. Ce qui fait que les roquins ont des grandes mâchoires, les loups ont des crocs et les humains sont des escrocs. Dans la foulée, l'Homme s'est aussi abaissé à être de la même manière !
Par contre, pour certaines âmes, certains esprits dans la foulée de la descente, soit parce qu'ils étaient plus anciens - et là, pour expliquer pourquoi ils étaient plus anciens, je vais de nouveau devoir aller à l'encontre des idées préconçues - s'ils sont plus anciens, cela veut dire qu'ils ont déjà existé et existé sur d'autres planètes, dans d'autres cycles d'expression. Ou bien sur la même planète, c'est-à-dire toujours la Terre, mais dans des cycles plus anciens, lorsqu'elle n'était pas encore dans son développement physique et où quelques expériences sont quand même possibles lorsque l'on se trouve sur les Plans Supérieurs.
Il se trouve que parmi les plus habitués au pouvoir créateur, donc à la manipulation de ces énergies yin et yang, comme tu peux l'appeler aussi, eh bien il y a eu des créations plus favorables. Ce qui fait qu'à partir de ce poisson, qui est un peu comme en fait un cobaye, eh bien, que l'on a pu faire aussi un dauphin. C'est très facile de faire un dauphin. Il suffit d'être un créateur heureux et plein d'humour. Et regardez comme la tête du dauphin l'exprime bien. Et regardez comme le dauphin est reconnaissant que son créateur ait été ce jour-là bien luné et en très bonne humeur. Parce qu'ainsi il peut vivre une vie heureuse de dauphin très content et très gentil. Et le dauphin en est tellement reconnaissant que quand il voit l'homme, il est spontanément son ami. Parce qu'il vient le remercier. Il lui dit : “Merci de m'avoir fait une vie si agréable.”
Tandis que que fait le requin ? Le requin se dit : “Tiens, voilà deux jambes qui gigotent dans l'eau, allons voir si c'est un bon beefsteak !” Et pourquoi est-ce que le requin identifie l'homme à son repas du jour ? Parce qu'il n'a aucun respect pour lui. Pour lui tout peut faire vendre. Parce que le requin a un niveau de conscience très bas. Mais aussi parce qu'il en veut à l'homme de l'avoir créé requin. De l'avoir enfermé dans cette vibration très dense de la vie. D'en avoir fait un Diable qui se tapit dans le fond des mers.
Mais heureusement que la famille des créateurs qui avaient été capables de créer les dauphins ont vu qu'un certain groupe humain qui n'arrivait pas à cette fabrication heureuse, commençait à créer des requins agressifs. Donc très vite ils ont essayé d'intervenir sur ces coques qui commençaient à descendre dans la manifestation pour devenir physiques. Et ils ont pu transformer, exactement comme un manipulateur arrive à rattraper un programme qui est mal parti sur un ordinateur, ils ont réussi à rattraper certaines informations, certains codes, ce qui fait que, dans la famille des requins, il y en a qui ne sont pas du tout violents et qui n'attaquent pas l'homme. Mais l'homme, instinctivement, se défend de tous les requins. Parce que qui sait celui qui appartient à cette famille terrible qui dévore les hommes ?
Qu'est-ce que cela veut dire tout ce que je vous explique ?
Qu'est-ce que cela veut dire ?
Qu'est-ce que je suis en train de vous faire comprendre ?
Réfléchis !
Je viens de te dire que l'Homme est Créateur.
L'Homme est Créateur
Je viens de te dire qu'il a créé son monde, qu'il a créé les épines du rosier, qu'il a créé les requins, les dauphins, les mammouths, les dinosaures, toutes ces choses pour lesquelles tu t'interroges. Il a créé les papillons et donc aussi les microbes, eh oui ! Les virus !
Tout le monde se demande dans la création : “Que viennent faire ces microbes et ces virus ?”
Car de nouveau, si l'on imagine que Dieu est le Père des hommes, que Dieu est le Créateur de l'Univers et de toutes les planètes, on se demande : “Mais, comment un Père, qui aime ses enfants, va créer ces créatures si vicieuses que sont les microbes et les virus au point que cela peut tuer ses enfants ?” Non sens ! Implosion !
Il n'y a toujours pas eu d'implosion donc il n'y a pas de non sens.
Donc, qui a créé les microbes ? Qui a créé les virus ?
Toujours en suivant le même processus. Eh oui !
Que sont les microbes ? Que sont les virus ?
Ces corpuscules, si étranges, ressemblent étonnamment aux corpuscules de la vitalité. Eh oui ! C'est de la vitalité inversée, c'est-à-dire de la destruction.
En suspension dans l'air, vous trouvez les globules de la vitalité. C'est ainsi qu'on les appelle maintenant. Ce sont des petits points qui composent le prana.
Le prana
Il y en a d'ailleurs de plusieurs sortes. Différents degrés de luminosité qui émettent différents sons. Il y a des particules qui, à cause de leur couleur, leur son, leur vibration, vont s'engouffrer dans la rate.
D'autres particules vont s'engouffrer dans d'autres chakras ou tout simplement passer par tous les pores de la peau. Certaines de ces particules sont en provenance directe du Soleil et le Soleil en émmet de plusieurs catégories. D'autres sont en provenance des étoiles, donc des planètes. Il y a des particules en provenance de Vénus. Vous recevez un prana vénusien, comme vous recevez un prana martien et cela se voit dans votre terme astrologique. Tout simplement.
Vous recevez aussi un prana en provenance de la Terre lorsque vous promenez dans la nature et que vous subissez son rayonnement.
Et vous fabriquez votre propre prana. C'est-à-dire qu'une fois que vous recevez tous ces pranas, tous ces globules de vitalité, selon l'interprétation que vous en faites ou selon l'alchimie dont vous êtes capable, vous fabriquez un prana qui vous est typique et qui constituera soit votre santé, soit votre maladie, votre rayonnement ou bien vos différents manques. Et automatiquement, vous allez subir les effets du type de prana que vous êtes capable de vous fabriquer.
S'il vous manque quelque chose, s'il vous manque de l'ardeur, s'il vous manque de la santé, s'il vous manque de ceci ou de cela, pensez à fabriquer un prana différent et non pas à prendre des vitamines. Les vitamines ne servent à rien. Apparemment, elles peuvent aider un petit peu pendant le temps où l'on est ignorant, où l'on ne sait pas se fabriquer un prana différent.
Se fabriquer un prana différent est facile. Lorsque l'on sait que le prana provient de tous les corps de l'Espace, du grand corps qu'est la Terre, et aussi de notre propre corps, celui que l'on se fabrique soi-même, eh bien l'on arrive ainsi à mieux travailler pour le composer. Exactement comme quand on sait faire du vin, on sait mesurer les ingrédients.
Et c'est à ce moment-là où l'on s'aperçoit qu'il faut être le fameux Disciple dont parlent les traditions. Parce que si l'on veut se fabriquer un très bon prana en provenance de Vénus, par exemple, on s'aperçoit qu'il faut avoir une certaine maîtrise sur le corps, la sensualité, sur certaines émotions. Et si l'on veut un prana favorable en provenance de Mars, on s'aperçoit qu'il faut apprendre une certaine maîtrise quant aux réactions physiques, à la nervosité du corps, à la pulsion purement physique. Et donc, apprendre à maîtriser la Matière. Etc., etc.
Ce qui veut dire que plus je me développe au sens spirituel et plus je suis à même de transformer tous ces pranas qui me viennent en différents points de l'Espace et d'en faire, non pas un prana qui va tomber lourdement dans mes chakras inférieurs pour devenir de la sexualité, pour devenir de la violence physique ; Vénus devient du sexe, Mars devient de l'agressivité. Tout cela pourquoi ? Parce que ces énergies vont tomber lourdement dans mes centres les plus égoïstes, comme je l'ai dit tout à l'heure, les plus opaques, donc je deviens ce requin, que j'ai d'ailleurs fabriqué avant que je sois totalement un homme.
Mais plus je me développe, plus je suis à même de vivre, donc, l'aspect supérieur de ces énergies, comme vous dites vous-même, et plus ces énergies vont aller vers les centres supérieurs. Ce qui fait que d'un seul coup, le prana de Vénus est source d'inspiration musicale, artistique ou bientôt vision cosmique, etc. pour toutes les énergies.
Mais revenons à mon petit discours de tout à l'heure.
Qu'est-ce que je voulais vous dire ?
Eh bien je voulais vous démontrer que l'Homme n'est pas celui qui est tombé, comme cela, dans l'auberge qui est la Terre pendant que le bon Dieu fabriquait l'Univers et fabriquait toutes les contradictions de l'Univers, faisait toutes ces gaffes donc, sans correction possible, à charge de l'Homme de réparer les erreurs de Dieu apparemment. Il ne s'agit pas de cela. Et si tu m'écoutes et si tu veux bien me croire encore un certain temps, tu seras obligé absolument de croire que tu es Dieu.
Et non plus de te poser la question : “Qui est Dieu”.
Mais tu es Dieu.
Et non plus te demander si tu es alors un Dieu parfait ou imparfait mais un Dieu en manifestation.
Continuons.
Qu'est l'Homme ?
Bien, on s'aperçoit que l'Homme n'est pas le rejeton d'un Père Divin ou pour ceux qui ont un peu plus lu les rejetons des Kumaras, les Grands Architectes de l'Univers. Pas plus que les rejetons des Seigneurs un peu plus bas que les Kumaras, ou pas plus que des rejetons d'un seigneur encore plus bas.
Parce que si l'on n'est pas les fils de Dieu, alors il faut bien que l'on soit les fils de quelque chose ! Alors accorde-moi d'être au moins le fils de la bonne ! N'est-ce pas ? C'est souvent ce que la psychologie humaine - même si pour nous elle n'existe pas, cependant, pendant un certain temps, elle fait mine d'exister - c'est souvent ce que la psychologie humaine nous supplie : “Laisse-moi être le fils de quelque chose, la créature de quelqu'un, la création de quelque chose !” Eh oui ! Parce que c'est plus facile ! Cependant, il n'en est rien !
Qu'est l'Homme ?
L'Homme est une légion.
L'Homme est une légion
Il n'est pas un homme dans le Cosmos. Non.
Ce sera peut-être un petit peu compliqué pour toi, mais essaye de faire un effort. Là, oui, je te demande un effort cérébral.
L'Homme est une légion.
Cela veut dire qu'il y a une collectivité. Légion égale collectivité.
Et lorsque l'on se trouve dans le Cosmos, collectivité veut dire Vie Une et diversité de cette Vie.
Tu peux te l'imaginer facilement en pensant que, dans un ashram, tous les frères sont différents, mais sont unis parce qu'ils ont la vision spirituelle de l'Unité et qu'ils travaillent tous pour la même chose, ont au même moment la même inspiration et font le même travail.
De la même manière, là-haut, et au lieu de penser que c'est quelque chose qui vient grâce à l'évolution spirituelle qui devient acquis, eh bien là-haut, c'est quelque chose qui existe comme un état normal et latent.
Une légion, c'est une entité - bien que je n'aime pas trop employer ce mot parce que, tout de suite, tu vas créer un concept très fini, une entité localisable et finie - je préfère le mot légion parce que tu as moins construit de concept autour de ce mot, et tu n'arrives pas à finir l'individu, à finir l'entité. Cette légion, à partir du moment où elle existe - et je ne vais pas, on ne va pas expliquer ce soir pourquoi, comment elle vient à la vie, sinon, nous en avons pour plus que toute la nuit, vois-tu ? - Et permets-moi de démarrer le discours à ce moment-là où la légion se met à exister.
Cette légion peut être appelée une légion d'anges. Ce qui fait que dans le Cosmos, vois-tu ? Les anges et les hommes, eh bien, on ne fait pas tellement la différence. C'est bonnet blanc et blanc bonnet, comme tu dis toi-même. On ne sait pas tellement ce qui va devenir un ange de ce qui va devenir un homme parce que la Vie est Une et qu'il n'y en a qu'Une de Vie.
Seulement, il y a des légions plus anciennes, plus entraînées à la création, et qui vont être des légions qui vont précéder les légions plus jeunes qui n'ont pas l'habitude encore de la création.
Et ne me pose pas tout de suite la question : “pourquoi est-ce qu'elles sont plus jeunes ?” Je t'ai dit, je ne peux pas y répondre ce soir. Ce sera l'occasion d'un autre débat. Sinon, cela va tout compliquer et on ne pourra pas avancer.
Donc, il y a des légions plus anciennes qui commencent à descendre les premières et qui, grâce à leur rayonnement, leur capacité créatrice, composent et sont, et pas simplement créent la trame de l'Univers, mais composent et sont la trame de l'Univers.
Comprends bien que l'Univers est l'expression d'une grande vie, de La Vie. Et qu'en aucun cas, Dieu, ou les légions ne peuvent prendre un matériau quelque part stocké dans une cave, ils pensent la création, ils prennent le matériau et construisent quelque chose. Non.
La Vie est le Pouvoir, son propre pouvoir de conception et elle est aussi son propre matériau de construction. C'est-à-dire que ces légions de constructeurs, ce Pouvoir Créateur, parce que lorsque l'on veut comparer cela avec des traditions plus religieuses, on appellera cela le Pouvoir Créateur de Dieu. Mais pour nous, il s'agit là des légions créatrices, tout simplement, qui sont Dieu lui-même, mais aussi quelque chose hors de Dieu.
Donc, ces légions ne vont pas simplement utiliser un matériau qui, comme cela, traîne dans l'Espace. Elles sont en même temps le matériau de construction. Ce qui fait qu'en même temps que vous êtes dans l'Espace, vous êtes à l'intérieur d'un Grand Être. En même temps que vous marchez sur la croûte terrestre, vous marchez sur un Être. En même temps que vous allez peut-être un jour marcher sur Vénus, vous allez marcher sur un Être et dans un Être. De la même manière que par le dédoublement, vous pouvez vous transporter dans le plan éthérique des différentes planètes, eh bien vous transporter là aussi, de nouveau, dans un Être.
Ces plans ne sont pas simplement des étages qui existent dans le Cosmos, mais ce sont les vies intérieures, les étages intérieurs d'un Être chaque fois plus grand ou d'une légion chaque fois plus grande, plus créatrice.
Donc, revenons à l'Homme et à la Terre. Pour exister, il a fallu que ces légions plus anciennes précèdent l'Humanité ou précèdent les créateurs plus jeunes qui allaient devenir l'Humanité, qui allaient avoir droit, enfin, à cette expérience. Ces jeunes anges trépidants qui allaient enfin pouvoir venir à la vie. Et c'est ainsi que ces légions plus anciennes se sont proposées pour être et le matériau et la pensée qui allaient diriger le matériau.
Selon leur ancienneté, ces légions se sont distribué le travail. Certaines sont devenues des galaxies, d'autres dans les galaxies des voies lactées. En la voie lactée, un Soleil et autour de ce Soleil, des planètes bien précises. Et plus la collectivité créatrice est jeune et plus elle se retrouve à la tête d'un monde restreint. Une collectivité ancienne et performante se retrouve à la tête, par exemple, d'une galaxie. Tandis qu'une collectivité plus jeune, moins performante, va se retrouver à la tête simplement d'une planète ou, sur la planète, à la tête d'une nation.
Ce qui veut dire que la Vie n'est pas simplement : tiens, quelque chose qu'un Dieu créé qu'il met en fonction. La Vie, c'est une grande histoire où l'on ne voit plus très bien ni le début ni la fin. Et non pas parce que je vais vous raconter une histoire de chinois où par abstraction, on ne considérera ni début, ni fin. Mais tout simplement parce que tous les temps se mélangent et vivent à l'intérieur les uns des autres.
Puisqu'une hiérarchie plus ancienne sert de ventre et de matrice à une hiérarchie plus jeune, qui elle-même contient une hiérarchie encore plus jeune, une légion encore plus jeune. Où peut-on alors discerner le commencement ? C'est impossible !
L'esprit humain voudrait bien, exactement comme des poupées russes sont empilées les unes dans les autres, l'esprit humain voudrait bien arriver à un moment donné où cette petite poupée est bien la première poupée, même si elle est minuscule, même s'il faut prendre le microscope : “Seigneur, s'il te plaît, je t'en supplie, dis-moi qu'il en existe une qui est bien le début de tout, qui est le commencement et qui est la première poupée. Donc même si j'admets par abstraction qu'il y a des légions dans d'autres légions, dans d'autres légions, légions, légions, cela doit bien commencer quelque part, n'est-ce pas ?” C'est ce que tu voudrais bien entendre.
Je voudrais bien te répondre de la sorte. Je voudrais bien que le monde soit aussi simple que celui que tu me décris. Malheureusement, ton système contient un grave défaut. C'est que si le système existait tel que tu le décris, il aurait une mort certaine. Et tu ne serais donc pas là aujourd'hui.
Ton système, donc, ne pouvant pas vivre, tu dois l'abandonner. Parce qu'un jour ou l'autre, tu éprouveras le sentiment de la mort. Et même si l'on t'a dit que tu étais éternel, eh bien tu auras peur de la mort quand même.
Le Temps, les dimensions
Ce qui veut dire que le temps, quand nous disons le temps n'existe pas, ou l'Univers n'a ni début ni fin, ça ne veut pas dire que par abstraction il faut te mettre au-dessus du temps, de l'Espace. Il faut venir fou s'arracher les cheveux et penser que le temps n'existe pas et n'est qu'une illusion. Pourtant, le temps passe. Pourtant, je vieillis. Pourtant, je meurs. Pourtant, il y a une évolution. Et cela se fait à travers le temps.
Pour défaire cette contradiction, il y a un moyen bien simple. C'est de t'apercevoir que si le temps, tel que tu l'imagines, devait exister comme tu l'imagines, cela voudrait dire qu'il y a sans arrêt une mort qui intervient et qui ne permet aucune renaissance. Parce que quelque chose qui aboutit à son évolution devrait périr en l'état. Donc, rester figé dans son état. Un chien ne pourrait pas aller plus loin que le chien le plus magnifique du monde. Un humain ne pourrait pas aller plus loin que l'humain le plus magnifique du monde. Or, l'esprit qui anime le groupe animal passe un jour dans le groupe humain et l'esprit qui anime le groupe humain passe un jour, ou retourne un jour aux légions divines. Comment cela se peut ?
Bien sûr, tu peux faire une pirouette intellectuelle et te dire : “Bon. Peut-être le temps n'existe qu'à certains endroits, puis dans une autre dimension, il se transforme en quelque chose de plus spacieux et confortable.” Ce n'est plus moi le chinois à ce moment-là, c'est toi qui fais des pirouettes !
Il faut penser que toutes les dimensions existent en même temps. Et que donc il n'y a qu'un seul et même temps. De la même manière qu'il n'y a qu'une seule et même dimension. C'est ce qui permet à toutes les dimensions d'exister en même temps.
Il n'y a qu'une seule et même dimension. Qu'est-ce que je veux dire ?
Quand je dis il n'y a qu'une seule dimension, ça veut dire qu'il y a l'Espace. Ça c'est sûr et certain. Et dans l'Espace, toutes les dimensions. Donc une seule dimension et toutes les dimensions.
En même temps que l'on voyage dans le plan éthérique, eh bien l'on voyage dans l'Espace. Il y a un Espace qui est contenu à l'intérieur de la pensée, de nouveau, d'une légion.
Alors où est-ce que l'on se déplace ? Je vous le demande ! N'est-ce pas ?
C'est ainsi que l'on arrête de voyager et que l'on commence à créer soi-même. Parce qu'il est beaucoup plus joli et satisfaisant de devenir un créateur que de voyager dans la création d'un autre !
Il est beaucoup plus joli et satisfaisant de devenir un créateur que de voyager dans la création d'un autre !
Que représente donc l'Homme ?
L'Humanité, la légion humaine
Il représente, il est, une particule de cette légion fantastique qui est devenue l'Humanité. Et qui a été précédée par une légion plus ancienne qui a commencé à préfabriquer le Monde. Mais ces légions n'avaient pas le droit, du fait que ce Monde n'était pas le leur et n'allait pas être le leur, ces légions n'avaient pas le droit de fabriquer solidement le monde. Mais simplement de tracer des plans. Exactement comme un professeur vous donne le plan général. Et c'est à vous de repasser, en un trait défini, le trait esquissé du maître, puis les détails qui vous intéressent à l'intérieur du plan. Il s'est passé la même chose.
Une légion plus ancienne a préfabriqué la Terre sur le plan d'abord de la pensée, mais ces légions ne pouvaient pas descendre de plus bas parce qu'elles n'allaient pas habiter les régions inférieures. Le relais a donc été passé ensuite à une légion qui, elle, parce que cela était son degré d'avancement, pouvait préfabriquer le monde éthériquement. Et cela s'est arrêté là.
Ensuite, il fallait passer le relais à la légion humaine.
Est-ce que la légion humaine a débarqué ainsi sur la Terre sans avoir été éduquée, un peu comme on lancerait un jeune ignorant dans un magasin face à des moyens de construction ? Non. Parce que dans ce cas-là, de nouveau, il y aurait implosion.
Il faut savoir que la légion Humanité avait quand même une idée de ce qu'était la création puisqu'étant encore consciente de sa divinité, étant encore consciente de la nature des énergies telles qu'on peut l'être en haut.
Vous allez me poser la question : “Mais pourquoi est-ce que les légions viennent sur la Terre, n'est-ce pas ? Puisque ce sont des légions qui ont d'abord ce sentiment d'Unité que nous devons retrouver, qu'apparemment nous n'avons plus, même si nous l'avons eu. Ce sont des légions en plus qui sont en relation avec les énergies créatrices qui les composent, et qui peuvent en faire des mondes. Pourquoi est-ce qu'elles viennent se perdre dans un humain qui d'un seul coup n'a même plus le pouvoir magnétique ?”
C'est la question, la grande énigme que tu te poses tous les jours.
Eh bien, je vais inverser ta vision et je vais te dire : le pouvoir qui semble appartenir à cette famille, à cette légion et qui ensuite devient une famille humaine, ce pouvoir est en fait surtout un pouvoir potentiel et c'est tellement potentiel que tu en vois d'ailleurs les dégâts, les requins, les dauphins, les lions, les chats domestiques, les rhinocéros, les petits castors.
Il y a une connaissance, il y a une forme de maîtrise mais qui n'est pas une maturité absolue. Et pour obtenir cette maturité, il est nécessaire de descendre dans la Matière. Quand je dis descendre dans la Matière, je veux dire être confronté aux résultats des créations et avoir le pouvoir de corriger.
Et de civilisation en civilisation, les humains obtiennent ce pouvoir de se corriger. Et c'est pour cela que chaque civilisation, toutes celles qui vous ont précédé étaient nécessairement moins avancées que la vôtre. Chaque civilisation avance, même si des fois l'on a des doutes, même si des fois il semble que l'on est plus féroce qu'autrefois, même si des fois il semble que l'on est moins spirituel qu'autrefois. Il y a cependant d'autres instruments que l'on développe et qui n'existaient pas autrefois.
Mais j'ai l'impression de vous avoir un peu brouillé les cartes. Eh oui ! J'ai cette désagréable impression de vous avoir éparpillés, troublés, déboussolés. Que d'un seul coup on ne sait plus dans quel casier mettre Dieu, Jésus-Christ, les Maîtres. On ne sait même plus exactement ce que j'ai pu enseigner les autres fois. Quand je disais que l'Homme est Dieu, que Dieu est réenfanté par l'Homme, cela semblait suivre une ligne toute directe, n'est-ce pas ? Dieu, les anges qui aident Dieu, qui aident l'Homme, l'Homme qui redevient Divin et qui permet à Dieu de se retrouver.
Bien sûr, lorsque l'on commence à expliquer les détails, il semble que d'un seul coup par rapport à la généralité que l'on enseignait, il semble qu'il y ait une grande confusion, peut-être même des contradictions. Mais ce n'est que parce qu'il est difficile à la pensée, de passer d'une vision générale, car Dieu dans la Matière qui redevient Dieu par l'intermédiaire de l'Homme et de la vie initiatique, c'est une généralité. Mais il faut voir aussi les détails de cette création, de cette réalité qu'est la Vie. Et dans un premier temps, les détails semblent brouiller les cartes et contredire la généralité. Mais c'est avec un petit peu d'exercice et en replaçant après chaque détail à sa bonne place que vous apercevez qu'une grande pyramide de connaissance se dresse en vous à ce moment-là.
Je n'ai pas voulu vous perturber. Je n'ai pas voulu vous éparpiller et d'un seul coup vous faire poser la question : “Mais où se trouve Dieu dans tout cela ? Où se trouve ma place ? Qui a finalement créé l'Univers ? Qu'est-ce qu'il fait, ce sacré bon Dieu dont on me parle à chaque fois et qui semble, comme un poisson que l'on ne peut tenir dans les mains, disparaître ?”
Si je devais tout expliquer, je te le dis, cela me prendrait beaucoup de temps, mais laisse-moi te dire ceci, même si peut-être je prends un risque en le disant, parce que peut-être cela rendra la sauvonnette encore plus glissante, alors que moi je le dis pour que tu puisses marcher un peu plus droit.
Puisque je t'ai parlé des légions créatrices, des légions qui se succèdent, certaines plus anciennes, certaines plus jeunes. La question de “Qui est Dieu” va revenir !
Qui est Dieu ?
Est-ce que Dieu - je te pose la question parce que j'ai presque peur de te parler de ce sujet. Il n'est pourtant pas terrible mais j'ai peur de tes pirouettes de chinois, vois-tu ? Parce que tu es beaucoup plus chinois que moi ! - Je te pose la question : t'est-il possible, gentiment et calmement, de t'imaginer que Dieu, non pas puisse être jeune et moins jeune, vieux et moins vieux, mais que peut-être il peut s'exprimer par vagues successives ?
Si tu arrives à accepter cela, la prochaine question va être - et je serais bien embêté que tu sois si intelligent - la prochaine question va être : “Mais quand Dieu passe à manifestation, quand Dieu naît en quelque sorte, quand cette vague arrive - et ces vagues sont successives, je te suis bien - mais quand la dernière vague arrive, et qui n'est pas la dernière de la dernière, mais qui est la dernière créée présentement, se peut-il que cette vague qui vient de Dieu et qui est Dieu soit une vague de la jeunesse de Dieu ? Donc un Dieu qui, apparemment, ne sait pas trop comment vivre dans son propre Univers ? Alors que l'on m'enseigne que Dieu c'est le Pouvoir, l'omniprésence, l'omniscience, l'omnipotence. Qui est cet Être auquel on me fait croire pour me rassurer ? Qui sera celui qui vient me chercher pour l'éternité et qui me pose dans le paradis ?”
C'est la question que tu vas me poser. Bien sûr !
Alors pour pas que tu tombes dans ce piège, pour pas que tu aboutisses à cette interrogation qui est inconfortable, parce qu'on ne peut pas imaginer un Dieu que l'on décrit à corps et à cris, Grande Connaissance, Grand Pouvoir et Grande Sagesse et qui s'avère être un débutant dans l'Univers, n'est-ce pas ?
Alors je vais te demander de ne pas être aussi logique. Quelquefois la logique fait du mal, vois-tu ? Quelquefois elle empêche la maturité et la sagesse.
Demande-toi si, lorsque Dieu vient à manifestation, lorsqu'il sort de lui-même, s'il n'est non pas sa propre jeunesse dans un Univers qu'il doit connaître, mais si ce qui se manifeste hors de Dieu n'est pas déjà suffisamment différencié de Dieu, pour être, en apparence, comme un jeune Dieu et donc un jeune Dieu inexpérimenté ?
Ne mets pas Dieu partout systématiquement, paf, comme un gros cube. Pense à une chose c'est que la manifestation crée la différence. Eh oui !
La manifestation crée la différence.
Qui dit différence, dit création du processus, que toi tu appelles le temps, même si tu l'imagines très souple comme celui que je viens de te décrire, il y a la notion de temps.
Sitôt qu'il y a la notion de temps avec la notion de différence, même si tout cela est souple et très abstrait, automatiquement cela veut dire qu'il y a une jeunesse, une maturité, une dissolution. C'est inévitable.
Mais quand je dis jeunesse, je ne veux pas dire ignorance. Eh non !
Voilà encore un endroit où tu dois ne pas être logique tel que la logique de ta civilisation te fait l'être. Parce que si l'on remonte la jeunesse de l'Humanité, eh bien l'on s'aperçoit que l'Humanité avait beaucoup plus de pouvoir, vivait d'une manière plus spirituelle et avait la sensation d'être cette fameuse légion dont je parle, alors que maintenant tu n'as l'impression que d'être un homme. Donc jeunesse ne veut pas dire ignorance, mais jeunesse veut dire, quand même, une certaine maturité à acquérir quant, en tout cas, au pouvoir de construction.
Ce qui veut dire quoi ? Si je voudrais essayer après avoir démoli ton château de cartes de te redonner un semblant de structure pour que tu te refasses un petit château pour vivre à l'aise demain matin. Eh bien cela veut dire que à l'origine, l'homme est un ange.
L'Homme est un Ange
En plus de Dieu. Il est Dieu en manifestation sous forme d'Ange. Cet Ange devient un Homme. Et un homme qui va connaître la vie que vous avez.
Cet homme ne redevient pas, simplement un ange, un grand ange, un bel ange, créateur et bien mûr. Il redevient Dieu.
Donc, je suis Dieu, je deviens un Ange, qui devient un Homme, qui redevient Dieu !
C'est la notion importante à comprendre. Sinon on ne sait plus d'un seul coup où caser les véritables anges, ceux dont on parle tant dans toutes les religions ou même dans la cabale, et on ne sait plus situer l'être humain.
Alors, pour redonner de nouveau un petit peu d'ordre dans le grand chaos que je viens de commettre : qui sont ces anges, dont on parle dans les traditions et dans la cabale aussi, mais aussi dans les religions indiennes et autres ?
Il faut comprendre que ce que l'on appelle ange, ce sont les légions créatrices plus anciennes que la légion humaine qui est en manifestation. Pendant un temps, il y a donc une vague de vie, une légion, parce qu'une vague de vie, donc une vague de manifestation, c'est une légion. Il y a une vague de vie qui va s'exprimer et qui va précréer le monde et qui va passer le relais à une vague de vie qui a le droit de précréer le monde un peu plus bas, jusqu'à donner le relais à la personne vraiment concernée : l'Humanité.
Mais qu'est-ce qui se passe ?
Les légions qui ont, comme cela, précréé le monde ne vont pas de seul coup se laver les mains et partir ! Elles ont participé à cette création, elles sont co-responsables de ce qu'elles ont créé et de ce que l'Humanité en a fait. Donc ces légions vont rester là, toutes proches. Et c'est ce qui donne lieu et vérité à ces affirmations de différentes religions quand on parle des différents anges ou des différentes légions créatrices.
Et il y a même, en préparation, derrière vous, une autre vague de vie qui a servi de matériaux inférieurs pour les légions créatrices.
Par exemple, il y a des vagues de vie, des vagues de particules de conscience qui ont servi à la création de ce que vous pourrez appeler des règnes inférieurs, comme par exemple la croûte terrestre et ses minéraux, ou comme les éléments qui composent la terre, l'eau, l'air, le feu, etc. Comme je vous l'ai dit tout à l'heure, tout est vivant et tout est créé parce qu'une collectivité se donne comme un matériau et anime ensuite cette forme. C'est ce qui permet d'ailleurs à la forme d'évoluer.
Alors que sont les vagues de vie qui en ce moment animent les éléments qui sont autour de vous, même l'air que vous respirez ? Eh bien ce sont des vagues de vie qui vont devenir humaines plus tard et généralement sur une autre planète.
Ce qui veut dire que, d'un seul coup, la maison est bien rangée.
Il y a en effet différents niveaux de conscience. On peut reprendre les anciens clichés, on peut reprendre les anciennes connaissances et on peut simplifier en repensant les anciennes connaissances. Et on peut simplifier en repensant : il y a différents niveaux de conscience qui donnent lieu à différentes manifestations et enfin un jour l'Homme existe et redevient Dieu.
Il y a différents niveaux de conscience qui donnent lieu à différentes manifestations et enfin un jour l'Homme existe et redevient Dieu.
Mais chaque fois que vous voudrez aller un petit peu plus dans le détail, il vous faudra passer par cette grande peur du chaos qui détruit un petit peu tout ce que vous avez appris. Mais pour le redimensionner un peu plus haut. Ce n'est pas de la destruction, c'est un réaménagement.
Quel Univers je veux vous faire intuitionner lorsque je vous dis ces choses ?
Je voudrais vous faire comprendre d'abord la nature de Dieu, même si votre perception sera dans un premier temps cérébrale.
La nature de Dieu
Dieu ce n'est pas simplement Dieu-le-Père, c'est aussi une grande expérience qu'est La Vie.
Vous-même quand vous débarquez dans la vie, dans votre vie, vous êtes jeune et l'expérience vous rend mûr. Eh bien l'Espace pour Dieu, c'est son expérience qui le rendra mûr.
C'est sûr lorsque je dis ces choses, cela perturbe quant à l'omnipotence, l'omniscience de Dieu. C'est là que l'on s'aperçoit qu'il faut parler inévitablement de deux Dieux.
Et voilà que de nouveau le chaos s'installe, n'est-ce pas ? Eh oui !
Des fois j'hésite, j'hésite terriblement à aller plus loin dans mes explications. Mais comme il se trouve que j'aime bien être logique, que j'aime bien être, je dirais, une très bonne analyse dans mon discours et permettre une élaboration de la pensée qui soit juste, j'ai horreur de m'arrêter en cours de route et je m'oblige à aller jusqu'au bout.
Deux Dieux
Qu'est-ce que cela veut dire quand je dis qu'il faut penser qu'il y a deux Dieux ? Je vous demande de me suivre un petit moment encore et ensuite je vous rendrai à vos foyers.
Comment mettre en équilibre les affirmations des plus grands sages qui disent Dieu est tout Pouvoir, Dieu est toute Lumière, Dieu est la Création Suprême, et toutes les affirmations que je viens de faire et dont d'ailleurs vous pouvez retrouver des traces et des informations dans certaines traditions, ce n'est pas une nouveauté que j'exprime là ? Comment faire se concilier ces deux aspects ?
Parce que si vous éprouvez une sensation de chaos et de malaise, c'est bien parce qu'il y a apparemment une contradiction. L'affirmation des plus illuminés et l'affirmation de certaines traditions que je confirme en vous racontant cette histoire.
Tout ceci : deux Dieu. Qu'est-ce que je veux dire ?
Deux Dieu différents ? Deux Dieu opposés ?
Non, pas du tout.
Deux natures à Dieu ?
Tu n'es pas très loin, tu brûles mais ce n'est pas tout à fait cela. Je voudrais bien te laisser avec cette idée mais comme tu es intelligent, tu vas réfléchir et tu aboutiras de nouveau à un non-sens. Ce n'est pas exactement deux natures qui composent Dieu mais il y a dans la Divinité, la Réalité qu'est Dieu, cet aspect immuable, extraordinaire et éternel, cette omniscience, cette omnipotence. Malheureusement, tout ce potentiel ne peut pas passer à manifestation, eh non ! Et c'est pour cela que, d'un seul coup, ce qui se réveille dans les eaux de l'Espace, dans la matrice d'une planète, dans la matrice d'une légion plus ancienne et plus expérimentée, eh bien c'est un Dieu tout jeune et immature.
Mais où il y a une soupape de sécurité, c'est dans le fait que cet acquis, cette Divinité Absolue, cette omnipotence, cette omniscience, cette omniprésence, ne passe pas à manifestation - comme je te l'ai précisé - par contre, cette particule va se carapater, s'entourer d'un sédiment pour pouvoir traverser l'Espace et non pas faire partie du voyage mais à un moment donné être la clef d'une étape du voyage.
Cela veut dire quoi ?
Eh bien cela veut dire que ces deux Dieux, un non-manifesté et un manifesté, ces deux Dieux vont dans l'Espace, dans les différentes matrices. Puisque l'un est plus jeune, inexpérimenté, parce que tombé dans l'espace et tombé dans le temps, même si c'est un temps très souple.
Par contre, le Dieu non manifesté et qui restera éternellement non manifesté, ce Dieu-là continue à exister en lui-même, pour lui-même. Et c'est justement ce que l'on te propose de rejoindre quand on te parle de spiritualité. Et c'est vers ce Royaume, cet espace qui est en toi-même, que tu as envie de retourner lorsque tu es motivé par la spiritualité.
Mais sache qu'à ce moment-là, tu vas étonnamment - et c'est là le miracle, vois-tu, de l'Univers, tu es le seul à pouvoir faire cela - tu vas étonnamment repasser dans ton Royaume non manifesté. À l'intérieur de toi, sans arrêt, tu vas franchir le seuil entre le jeune Dieu inexpérimenté qui est le manifesté, et le Dieu éternel de toute Sagesse, sans âge ou avec tous les âges qui est le non-manifesté.
Et au fur et à mesure que tu vas grandir et t'entraîner par la méditation, tu vas franchir à l'intérieur ce seuil.
De la même manière, la légion que tu composes et qui est la légion humaine va, au fur et à mesure, passer par toutes les planètes, au fur et à mesure passer par toutes les initiations et non plus simplement, là, les mineures ou les majeures terrestres mais aussi les majeures solaires. Et ensemble cette légion - ensemble, c'est-à-dire avec tous ses composants - à ce moment-là cette légion va passer elle aussi le seuil du non-manifesté, donc retourner à, véritablement, son Dieu originel, comme cela te plaît de te rassurer qu'il existe.
Et comme cette grande légion n'est qu'un composant d'une légion encore plus grande, qui elle-même, à un moment donné, va repasser le seuil, eh bien l'on voit à quel point, effectivement, l'on peut un jour penser qu'il y a une forme de début et une forme de fin à l'Univers. Mais non pas au sens où tout recommence parce que tout a été tué, mais parce que les légions qui ont été créées, qui arrivent en vagues ininterrompues pendant tout le temps où l'Univers existe, eh bien ces légions, vagues ininterrompues, viennent, vivent et n'arrivent pas toute à maturité au moment où il y a le Repos.
Donc il faut que le temps ré-existe pour que ces vagues de vie continuent leur maturité. Mais qui dit nouvelle vie pour ces vagues de vie dit aussi arrivées de nouvelles vagues de vie. Donc on n'arrête jamais le processus. Et on ne peut pas l'arrêter parce que - et là il est très amusant de discuter avec toi de toutes ces notions de temps - parce que cela n'a jamais vraiment commencé depuis un point particulier, mais cela est, tout simplement.
Peut-on dire qu'une eau coule d'une source parce qu'elle a un courant ? Je te pose la question. Peut-on dire qu'elle coule d'une source parce que tu la vois être en ruisseau ?
Si tu sais que la source provient d'une nappe souterraine énorme, par exemple, tu ne vas pas penser que la source est le point d'émergence, que la source est ce qui crée l'eau, tu sais qu'il y a une nappe souterraine. Et la nappe souterraine, tu vas t'interroger, tu vas te dire : “mais d'où elle vient ?” Et tu ne vas pas pouvoir faire une combine en pensant que c'est de l'eau qui a été dessalée en provenance de l'océan. Parce que les océans eux-mêmes proviennent du ciel, eh oui, proviennent du ciel. Donc il a fallu d'abord qu'il pleuve. Et d'où vient cette pluie ?
Eh bien cette pluie, c'est justement le pouvoir condensé d'une certaine légion. Eh oui ! Une légion qui ne sait pas faire autre chose que de pleuvoir, parce que c'est nécessaire pour la légion plus avancée qui s'appelle les hommes et qui auront besoin de boire, qui auront besoin d'eau pour faire pousser la nature. Et une fois qu'une légion aura suffisamment servi cosmiquement pour être la pluie qui tombe, eh bien cette légion passera à une expression plus grande.
Et c'est pour cela que, en toi, dans ton corps, tu retrouves tous les éléments. Ce n'est pas simplement parce que tu es un produit de la Nature, de la planète, et que donc tu retrouves de l'eau parce qu'il y a de l'eau dans la planète. Tu retrouves de l'eau parce que tu as anciennement maîtrisé, véhiculé, et été l'expression, le matériau même de ce phénomène ou de cet élément, pour une humanité qui avait droit à ce moment-là à son expression humaine. Tu as rapporté avec toi tous les éléments dont tu as été le matériau. Et en étant le matériau de base de cet élément, tu en ramènes donc un certain code génétique. Tu me comprends ? Là c'est facile.
Code génétique
Ce code génétique devient effectif lorsque tu deviens un humain. L'eau est d'abord pour toi une réalité physique. Tu es ce que l'on appelle l'esprit de l'eau, l'élémental de l'eau. Mais lorsque tu deviens un homme, l'eau n'est plus simplement une affaire d'élémental, car tu ne peux pas être ton propre élémental. Un autre élémental va te servir, il est à ton service. Tu vas vivre l'eau d'une manière supérieure, c'est-à-dire en tant qu'émotion. Puis, si tu as de la chance et que tu grandis, en tant qu'Esprit, en tant que Connaissance.
De la même manière, tu auras été du feu et tu retrouves le feu en toi. Et tu ne peux avoir ce feu que si tu l'as pleinement été et été que cela.
Je ne voudrais pas t'avoir trop perturbé avec ces histoires. Il faut simplement un peu de temps pour mettre les choses en place.
Pour réfléchir un peu plus profondément, aide-toi avec tes camarades pour réfléchir.
Je veux te rassurer, je te quitterai là-dessus.
Ta spiritualité
Ce n'est pas parce que je t'ai donné ces détails que dès demain tu dois vivre dans le trouble et ne plus savoir penser à propos de ta spiritualité, de ton chemin.
Les pensées qui sont aujourd'hui des pensées nouvelles, qui te perturbent, que tu ne peux maîtriser, travaille-les. Aie simplement l'esprit de recherche.
Aujourd'hui, tu as pour nourriture la version de la spiritualité qui te plaît, celle dont tu es capable. Eh bien garde-la ! Garde cette base, ce fondement, parce que cela ne te sert à rien d'être perturbé, tu n'iras nulle part. Simplement, bien assis, bien ancré sur une base solide qui te sert de nourriture et qui t'envoie son rayonnement, lance-toi en même temps un petit peu plus loin, même si c'est déstabilisant pendant un temps. Lance-toi un petit peu plus loin pour continuer ta recherche et ne pas t'asseoir pesamment sur des articles qui deviennent de plus en plus faux parce que, malgré toi pratiquement, tu évolues.
Déséquilibre
Pour ne pas te trouver à un moment donné vers des non-sens qui feraient ta douleur, eh bien accepte le déséquilibre. Tu sais ? Ce déséquilibre du funambule qui est sur la corde raide. Si tu es négatif, tu appelleras cela le déséquilibre. Mais si tu es positif, si tu as compris quelque chose à ce que je t'ai dit, tu appelleras tout cela la recherche d'un plus grand équilibre.
Quand le funambule est sur sa corde et qu'il lève un pied, apparemment il est déséquilibré. Mais c'est vrai ! C'est vrai. Cependant, sitôt qu'il aura fait le pas, qu'il aura allongé le pas, et qu'il l'aura reposé un peu plus loin, de nouveau son équilibre existe. Et c'est cela la spiritualité. C'est cela le chemin, c'est cela l'effort que tu dois faire. Ce n'est pas d'un seul coup de ficeler à cette corde, de mettre toute sorte de sécurité, de pilotis, de piliers, Dieu sait quoi, d'inventer même des montgolfières pour être sûr que cela tient bien en bas, que cela tient bien en haut et que tu ne risques rien même si ça craque. Cela, c'est la religion, ça, vois-tu ? Mais cela ne permet pas l'évolution.
Tu dois te permettre l'inconfort que crée le fait de lever un pas et d'allonger ce pas.
Mais quel bonheur, crois-moi ! Quel bonheur tu auras lorsque tu auras retrouvé ton équilibre un pas plus loin ! C'est extraordinaire !
Parce que lorsque tu auras franchi sept pas... Il y a sept nœuds sur la corde.
Allez, je vais faire un petit peu des légendes, comme cela tu auras de quoi réfléchir jusqu'à la prochaine fois.
Il y a sept nœuds, donc sept pas à faire. Et au bout du septième, tu n'as pas à faire un pas de plus. Tu n'as pas à faire un pas dans le vide. Étant donné que tu viens des anges et que tu es un ange, eh bien voilà que les ailes te poussent tout simplement. Eh oui !
L'idée des ailes n'est pas simplement un art, une poésie, une jolie idée. Ces ailes existent vraiment dans le dos de l'homme. Mais ce ne sont pas des belles ailes de papillon pour voler dans l'Espace ou dans le Temps ou dans la Conscience. Ce sont les puissants rayonnements d'énergie. L'énergie yin et l'énergie yang enfin en plein rayonnement et en parfait équilibre !
Et à ce moment-là, lorsque ces deux énergies sont en parfait équilibre, tu es, toi, de nouveau l'androgyne, donc le disque posé au milieu de ces deux ailes magnifiques. Et tu es Dieu ! Tout simplement.
C'est l'histoire que je te souhaite !
J'ai peut-être eu l'impression, de temps en temps, de te raconter un conte de fées, et que tu m'écoutais par complaisance ou parce que l'image te plaisait. Je ne voudrais pas insister, mais il serait bon quand même que tu travailles les idées dont je viens de discuter.
Tu peux en trouver des traces, tu peux en trouver des explications, même si parfois elles sont un peu confuses. Mais la confusion est très bonne parce qu'elle te permet de réfléchir. Les vrais livres, les bons livres ne sont jamais écrits en clair, ne sont jamais structurés. Ils sont tout embrouillés, comme disloqués, comme à volonté, tout démembrés. Pourquoi ?
Tout cela pour permettre à l'homme de fabriquer son propre jugement. Mais pas parce que l'homme doit se le fabriquer, mais parce que ce n'est que dans l'effort qu'il accède à cette réalisation dont je parlais tout à l'heure. Sinon, on peut répéter mille fois la même chose, cela n'est pas compris. Ce n'est qu'au moment où il fait un effort qu'il peut comprendre. Pourquoi ?
Ce n'est que dans l'effort que l'homme peut comprendre.
Effort, Concentration, Intégration
Ce n'est pas l'effort méritoire ! Arrête d'être un si bon catholique ! Ce n'est pas l'effort méritoire.
L'effort est important. Pourquoi ? Parce que quand il y a effort, il y a condensation de la conscience. Il y a d'un seul coup une concentration extraordinaire et le courant ne passe plus. [...]
[...] continue mais d'un seul coup, d'une manière continue.
Un courant qui par exemple oscillait d'une certaine manière, en un certain nombre de fractions, se compacte d'un seul coup, à l'intérieur de la même seconde, d'une façon extraordinaire. Donc le niveau de conscience monte, donc ce que tu lis, d'un seul coup, tu peux le comprendre. Tu me comprends maintenant ?
Ce n'est pas l'effort méritoire. Jette ces vieilles idées à la corbeille !
Effort veut dire : je me compacte ; je me concentre ; j'active, exactement comme lorsque je cours, j'active ma circulation du sang, donc je suis en même temps rempli d'énergie, donc je peux faire un plus grand effort. Eh bien, l'effort, la concentration permet exactement la même chose.
À la circulation du sang de l'âme, à la circulation de sa conscience, est beaucoup plus forte, donc d'un seul coup, de venir jusqu'à ta conscience objective.
C'est ce que je te souhaite.
Et je dois dire que, en tous mes dialogues, j'essaye de te stimuler à cet effort. Parce que quelquefois, je te parle de choses un peu difficiles et tu es obligé de te compacter, de te condenser. Si bien que, la minute d'après, il y a un grand relâchement et que le voilà parti dans la Lune, mon cher frère. Mais c'est une Lune que je te pardonne ! Parce que c'est la Lune de la détente. Ce n'est pas la Lune du courant discontinu, qui n'arrive pas à exister, qui n'existe que de quelque temps. C'est la détente.
Après la concentration, il y a le bonheur d'exister, tout simplement.
Puisque tu as fait un grand effort, que d'abord tu es venu ici, qu'ensuite tu as essayé de m'écouter, de me comprendre. Eh bien, sitôt que tu vas rentrer chez toi, offre-toi une belle détente. Offre-toi un grand moment de jeu. Et tu verras à quel point, ainsi, l'intégration de ce que je viens de te donner sera plus facile.
Ne commets pas l'erreur de tout de suite repenser à tes soucis, tout de suite te remettre à l'étude. Non.
Fais un moment de repos dans la détente et la joie, dans l'amusement.
Ainsi, l'intégration va se faire.
D'abord, dans des zones de la conscience que tu ne peux pas connaître. Que toi tu identifies pour l'instant au subconscient et à l'inconscient. Et une fois que les informations sont passées de ton niveau objectif à ton niveau subjectif, à ce moment-là, tu peux de nouveau revenir à l'objectif. Tu auras beaucoup plus d'intuition.
Parce qu'en ayant laissé le temps aux informations d'aller dans le niveau subjectif, là, elles sont maturées par l'âme qui les réoriente, les réorganise, et au moment où toi, en tant qu'objectivité, tu te mets à reconsidérer le sujet, c'est avec, soudain, une maturité.
Il faut laisser vieillir le vin, vois-tu, dans le tonneau pour qu'il devienne du bon vin. Pour la connaissance, c'est la même chose.
Alors amuse-toi ! Non seulement c'est bon pour toi, mais c'est bon pour ta sagesse aussi.
Maintenant, je vais te laisser aller.
J'aurais, vois-tu, mille choses encore à te dire. Oui. Même si tu aurais envie d'écouter, parce que je sais que tu es plus volontaire que tu ne le crois. Et tu voudrais bien que cela se prolonge plus longtemps. Mon canal, d'ailleurs, pourrait faire fonction, c'est certain. Si ce n'est que le lendemain, il y aurait une petite usure de la voix, mais l'énergie pourrait fonctionner. Seulement, il faut savoir qu'il n'est pas bon de discuter trop longtemps de ces choses. Parce qu'il faut assimiler.
Il ne sert à rien de discuter longtemps, parce que c'est comme donner un peu trop. Et donc, on va oublier. Je ne veux pas que tu oublies.
Non pas parce que je ne veux pas parler pour rien et devoir répéter, je répète sans arrêt, et souvent les mêmes choses. Mais il est bon pour toi que tu assimiles de façon à pouvoir progresser. Si je te donne quelque chose supplémentaire, avant que tu aies pu assimiler, il y a rejet.
Il n'y a pas simplement un oubli passager, un sommeil. Tu oublies. Et lorsque je vais reparler, tu vas rejeter.
Parce que c'est un peu comme quelqu'un, vois-tu, qui a trop mangé, qui n'a pas encore digéré. Mais je le force à manger, donc il va vomir. C'est certain.
Fais-moi confiance quant au rythme d'instruction. Parce que si tu penses très fort, c'est certain, je ne vais pas pouvoir partir. D'une certaine manière, tu as pouvoir sur moi, c'est vrai. C'est certain. Par le fait que tu me veux, par le fait que tu poses encore des questions et que tu veux obtenir la réponse, et en plus que tu dis que tu m'aimes, tu peux arriver à me faire tenir là pendant même des jours !
Pour te le prouver, je serai prêt d'ailleurs à l'expérience. Si ce n'est que mon canal devrait quand même aller faire pipi de temps en temps, vois-tu ? Eh oui ! Mais je voudrais bien te faire la démonstration pour que, d'un seul coup, tu vois quel grand ange tu es, quel magnifique Espace est l'Espace, et quelle dilatation extraordinaire est le Temps.
Agrandis ton temps !
Allez, vas-y !
Lâche-moi !
Comme en montgoflière, coupe les amarres !
Bien sûr, certains me disent : “Je voudrais bien t'avoir, te voir, ou pouvoir dialoguer un peu plus, en privé pendant la méditation. Donne-nous une petite combine, une petite recette.” C'est souvent la question qui monte. C'est souvent le petit ballon que je vois monter.
Comme je te l'ai dit, il ne s'agit pas pour toi de monter vers moi comme si tu montais vers un être. Les choses se passent d'une manière plus simple. Par ton âme, tu as accès non seulement à ce que tu imagines être moi, mais aussi à plus grand que moi et à tous ceux qui sont comme moi et avec moi.
L'Univers est une Grande Vie. Même si je t'ai parlé de toutes ces légions, ces légions cependant ne composent que les atomes d'une grande et immense Vie, que tu appelles Dieu. C'est surtout cette Vie-là que tu dois chercher à contacter. Ce ne sont pas tellement ni les guides, ni les Maîtres, ni même les légions.
Bien sûr, c'est sympathique. Il y a des informations qui peuvent passer. Des mises en garde, fort utiles. Mais tu dois avant tout découvrir l'Univers.
Maîtres incarnés sur Terre
Nous, on ne peut que t'aider. Et nous découvrir ne représente pas quelque chose d'extraordinaire. La preuve, tu l'as déjà fait et tu ne nous as même pas reconnus ! C'est vrai ! C'est vrai ! Ne dis pas : “Oh non, quand même, il ne faut pas exagérer ! Si j'avais vu un guide, un grand guide, je l'aurais remarqué !”
Eh non, pas forcément. Il faut avoir la vision spirituelle beaucoup, beaucoup, beaucoup développée pour s'en apercevoir. Pourquoi ?
Parce que ce n'est pas un pouvoir extraordinaire qui sort du Maître. S'il le veut, il peut le rendre extraordinaire. S'il le veut, il peut le rendre manifesté. Mais s'il n'a pas la mission d'être manifesté, il va tout garder à l'intérieur. Non pas pour ne rien donner, mais pour ne pas déranger. Pour ne pas créer des remous différents. Ou bien s'il te voit faire un effort particulier et que tu ne l'as pas reconnu, mais qu'il veut bien s'engager vis-à-vis de toi, c'est lui qui va se révéler à toi. Mais encore faut-il que tu acceptes. Des fois, ce n'est pas toujours accepté.
Alors, je te l'affirme : il y a de par le monde, en chair et en os, suffisamment de Maîtres pour que tu ne te sentes pas seul.
Tu en as croisé. Tout le monde en a croisé un jour ou l'autre. Pourquoi ?
Parce qu'il y a des Maîtres de toutes sortes.
Il y a des Maîtres qui vivent comme des moines dans les temples. Et il y a des Maîtres qui sont dans les affaires les plus actives du pays, même à la tête de certaines entreprises. Eh oui, cela paraît aberrant ! Eh oui, aberrant ! Et on se demande bien lesquels cela pourrait être, parce qu'en fait, on ne parle que de ceux qui font le plus de scandales, parce qu'ils sont soit égoïstes, soit des escrocs, soit des avares. Et on ne parle pas de ceux qui sont des extraordinaires bienfaiteurs, on ne parle pas de ceux qui font avancer le monde. Ils n'ont aucun intérêt à devenir plus visibles, bien sûr. Ils préfèrent travailler secrètement et passer simplement pour des gens très bien.
Donc ne pense pas que les Maîtres sont choses très lointaines. Ne cherche pas à faire de la télépathie, même, avec eux. Parce que tu peux directement aller leur parler, c'est plus facile. Je te l'assure !
Par contre, tout ton Royaume intérieur, ça, oui, cherche à le contacter !
Tout ton Royaume intérieur, ça, oui, cherche à le contacter !
Tiens, on en parlera la prochaine fois, bien que j'en ai déjà parlé.
Allez, maintenant il faut que tu me laisses.
À la prochaine fois.
Je te salue.
(Date de la conférence : 07 11 1991)