🔥 Conférence 128

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Conférence 128

Question

Afin de penser de plus en plus juste, pourrais-tu nous indiquer les concepts et les symboles que Jésus a voulu déposer en nous avec le Notre Père ?

Au-delà de la mort physique et de notre propre attachement pour eux, que deviennent les êtres dans l'autre monde ? Peut-on les aider dans leur chemin ? Et quel rapport gardent-ils avec nous ?

Réponse

Je vous salue et je vous souhaite la bienvenue.

Comme je le précise à chacun de mes discours, que je préférerais d'ailleurs être des dialogues, je voudrais expliquer qu'il ne faut pas venir vers moi pour attendre des informations supérieures à celles que vous connaissez déjà, attendre un enseignement, attendre une direction de pensée, attendre une méthode de pensée, une méthode d'évolution, une méthode de méditation ou une méthode pour le savoir-faire ou pour le bien-être.

Je refuse d'ailleurs de donner les méthodes, même si l'on peut décrire certaines trajectoires qui ne varient pas à travers les millénaires et les traditions. Et il est bon de parler des trajectoires en général, mais il faut toujours spécifier que ce ne sont pas des méthodes. Sitôt que l'on donne suffisamment d'enseignement ou de renseignements aux individus pour qu'ils se disent : « Tiens, le lundi matin alors il faut faire cela, le lundi midi ceci, le lundi soir ceci, le mardi matin cela et le dimanche soir cela ». On voit aussi un individu qui s'enferme au lieu de se libérer grâce à la spiritualité. On voit un individu qui fait quelque chose de tout à fait contraire, il devient non pas un être en évolution mais il devient un fonctionnement. En fait, toute sa vie ne sert qu'à faire fonctionner une idée, l'idée de la méthode en laquelle il croit, et qui correspond certes à un certain plan de travail mais qui n'est pas le plan de travail pour toute l'évolution. Ce qui veut dire que l'homme doit garder une souplesse très grande. Sinon, à un moment donné, la méthode même qui lui a permis de franchir une certaine étape se referme sur lui et l'empêche d'aller plus loin. C'est pour cela que je ne veux donner aucune méthode, ni même aucun conseil pour l'évolution.

Comme je le dis à chaque fois, je souhaite que nous soyons ensemble, vous silencieusement bien sûr puisque la méthode ne permet pas que nous échangeions, vous silencieusement et moi avec grand bruit puisque j'utilise la parole, mais que nous échangeions nos expériences.

Il se trouve que je suis passée par l'expérience humaine, il se trouve que je suis passé par vos problèmes, qui pouvaient d'ailleurs être bien plus graves que ce qu'ils sont aujourd'hui parce que la société n'était pas encore structurée comme elle l'est aujourd'hui. Même si l'on se plaint de ce que l'on traîne dans ce qu'on appelle le Kali Yuga, même si l'on se plaint de ce que la spiritualité semble être un Eden que l'on ne peut facilement atteindre, si l'on se plaint du fait que les Maîtres ne sont pas nombreux dans les rues, ne se montrent pas, ne viennent pas au secours des hommes, il faut quand même savoir qu'un progrès considérable a été accompli de l'homme vis-à-vis de lui-même. C'est-à-dire maîtrise de l'environnement, structure sociale, prévision pour son confort, prévision pour sa sécurité, des choses qui font que la vie est beaucoup plus agréable aujourd'hui.

Bien sûr, l'épreuve initiatique reste la même à travers les millénaires, mais certaines complications d'un âge à l'autre sont plus sévères.

Donc aujourd'hui, en tant qu'occidentaux en tout cas, vous avez la possibilité de vous consacrer plus amplement à ce que vous appelez la spiritualité, c'est-à-dire à l'approfondissement de certaines pensées, à la maturation de ces pensées. De même, vous pouvez plus longuement qu'à d'autres époques investir, tout en étant dans le professionnel, investir dans le spirituel. Tout cela parce qu'aujourd'hui, vous pouvez faire le choix des professions qui vous conviennent le mieux, alors qu'autrefois, ou du moins selon certains âges, il n'est pas tellement possible de faire ce choix et il faut d'abord parer aux besoins alimentaires, aux besoins de l'habitat.

Bien sûr, on peut trouver de la méditation ou de la spiritualité même dans ses besoins quotidiens, c'est certain, mais lorsque l'individu se développe, et notamment au niveau de son appareil affectif et mental, il est bon qu'il rencontre une société qui lui permette des professions plus spécialisées, notamment celles qui permettent la découverte scientifique ou la philosophie ou le service, tel que tous les métiers de la médecine par exemple. Donc il ne faut pas trop se plaindre de ce qu'aujourd'hui, il semble que la vie soit opaque et dense parce qu'on la situe en Kali Yuga, comme en parlent tellement de personnes.

Il faut savoir que la descente dans la Matière, telle qu'elle se situe dans l'âge appelé Kali Yuga, est en même temps un âge de maîtrise de l'environnement, structure de cet environnement. Si l'homme transpose cette maîtrise jusque dans ses plans supérieurs, c'est à dire qu'il voit en parabole que la vie en bas est la même que la vie en haut, il n'y a absolument pas d'obscuration de l'esprit. Par contre si l'individu se prend à ne considérer que son progrès matériel et délaisse les plans subtils qui le composent, là oui il y a risque d'obscuration de l'esprit, c'est certain.

Mais vous qui êtes en train de chercher quelque chose de spirituel, quelque chose qui vous raccorde à votre source, quelque chose qui ouvre vers une dimension supérieure, cela veut dire que vous arrivez à conjuguer progrès matériel et progrès spirituel. Donc vous êtes bien dans l'époque qu'il vous faut.

Accepter son époque

Il faut savoir accepter son époque.

Beaucoup d'individus voudraient plutôt vivre au Moyen Âge parce qu'ils s'imaginent que l'alchimie y était plus discutée, plus facile, parce qu'on pouvait croiser soi-disant les frères Rose-Croix par exemple. D'autres voudraient vivre en Atlantide, parce qu'à cette époque-là il paraît que, il paraît que... Et d'autres voudraient vivre déjà dans le futur, parce qu'ils supposent qu'à cette époque-là il paraît que, il paraît que... Tout ceci fait que l'on rate les progrès que l'on peut faire aujourd'hui, tout de suite.

Il n'y a pas une époque plus favorable qu'une autre pour la spiritualité.

Il y a des époques plus favorables pour le confort, c'est vrai, pour une meilleure synthèse entre le Matériel et le Spirituel, c'est vrai. Mais quand à la découverte spirituelle elle-même, il n'y a pas une époque meilleure qu'une autre. C'est ici et maintenant que je comprends et je fais un effort, j'ouvre et j'avance.

Beaucoup de personnes se projettent trop dans le passé ou dans un futur tenté de toute sorte de folklore d'ailleurs plus issu des extraterrestres qu'autre chose. Ce qui fait la santé morale d'un disciple... Car pour être un disciple il faut avoir une grande santé morale, on ne peut pas commencer à travailler avec des énergies qu'elles soient physiques, qu'elles soient en provenance de la nature ou en provenance du monde, du mental. On ne peut pas commencer à manipuler ces énergies même petitement si on n'a pas une santé morale d'abord. Et la première étape pour la santé morale, c'est d'accepter mon époque, d'accepter mon incarnation, mon temps, de ne pas faire des fuites où que ce soit.

Chaque fois que je fuis, que j'accorde ma préférence à l'époque égyptienne par exemple et que de façon fiévreuse j'y pense et j'y repense, je crée tout de suite une déviation à l'énergie. Elle ne peut aller nulle part cette énergie, elle sort simplement de moi et elle va rester sans avenir.

Si au moins je propulsais cette énergie vers le futur, cela me servira à quelque chose. Mais vers l'Égypte, à quoi cela sert ?

Même si j'ai vécu en Égypte et dans l'Égypte ancienne, cette incarnation n'a pas besoin de recevoir mon énergie présente, elle a assumé son époque et son travail, elle n'est plus du tout vivante ! Aucun des symboles d'ailleurs que j'ai rencontrés ne peuvent plus me servir aujourd'hui. Car les symboles eux-mêmes ont évolué.

Les Symboles

Chaque symbole correspond à un sens, d'abord physique, puis à un sens qui se développe dans l'occulte. Ce qui veut dire que chaque tradition dispose d'un certain nombre de symboles qui eux-mêmes sont en correspondance avec des sens éveillés. Mais il y a des sens qui vont se réveiller.

Donc, je dois être souple et perméable à la venue de nouveaux symboles, car qui dit symbole dit apport d'énergie. Ce qui fait que pendant des méditations, si je suis un disciple qui va se distinguer, qui va aller plus loin, je vais recevoir des symboles. Et je dois absolument travailler avec ces symboles car ils ne sont pas simplement des œuvres du mental, mais ils sont des énergies qui essayent d'ouvrir des sens occultes, qui vont donner lieu d'ailleurs à une sorte d'exacérbation des sens physiques.

Lorsque j'intègre ce symbole, j'intègre une énergie.

Mais pourquoi est-ce que cette énergie arrive vers moi sous forme de symbole ?

Tout simplement parce que je suis un processus d'identification. Par mon mental, j'identifie tout, je donne forme. Le principe du mental, si on l'observe uniquement dans sa nature cosmique - je ne parle pas de statut humain, restons-en sur le plan cosmique - eh bien je m'aperçois que le mental, c'est celui par qui la forme va exister, c'est lui qui donne forme à des idées, les idées que bien sûr il porte.

Le Plan Supérieur du Mental va se contenter, comme un mantra, de répéter l'idée. Et cette idée va être une clef. À force d'être répétée, cette clef, ce mantra, donne lieu à un son qui descend vers les formes inférieures du mental cosmique, mais cela se passe aussi pour l'homme. Et c'est à cet endroit là qu'il y a la transformation d'un son en une couleur et une forme. Ensuite, cette forme va chercher à prendre une réelle existence, c'est-à-dire qu'elle va devenir un homme si l'homme n'existe pas encore, ou si l'homme existe, elle va essayer à travers l'homme de se canaliser et de se manifester.

Ce qui veut dire que l'homme, l'Humanité - et restons sur la Terre, ne parlons pas des humanités sur d'autres sphères - ce qui veut dire que l'Humanité, sur la Terre, a le devoir de se constituer en groupe de pensée de plus en plus élevée, de façon à pouvoir canaliser la Grande Pensée Divine.

Le Divin

Cette pensée divine est un peu comme dans un état de flottaison dans le Cosmos, et pour venir à complète manifestation, elle a besoin à un moment donné de rencontrer la vague humaine. C'est ainsi que les idées du Divin - je ne dis pas de Dieu, je dis du Divin - les idées du Divin, peu à peu, en étant répétées sous forme mantrique, pour les disciples les plus avancés, deviennent des mantras personnels qui donnent lieu à des inspirations, à l'élaboration de véritables destinées. Et lorsque le disciple soumet entièrement sa vie à ce mantra qu'il porte et dont il est l'incarnation, donc le destin, ce n'est plus la vie de disciple qu'il va vivre, ce n'est plus sa vie, mais il va articuler une des pensées, une des idées du Divin.

Il est important de comprendre cela, et ce n'est pas compliqué à comprendre, mais il est important de le comprendre parce que tout le monde se cherche une mission.

Combien de fois j'entends s'élever la prière : “Seigneur donne-moi une mission ! Seigneur donne-moi la mission de servir, d'aider, de soulager, de ceci, de cela.”

L'individu sent bien que sans mission, sa vie n'a aucun sens, il n'a même pas le plaisir de vivre sa vie.

Pour l'égoïste, la mission sera très personnelle, c'est-à-dire : “Je dois prendre mon plaisir le plus possible et partout où je pourrais.” C'est sa mission. Puis lorsqu'il devient moins polarisé sur sa petite personne, qu'il commence donc à intégrer les principes du disciple, à ce moment-là il réclame une destinée, une mission qui soit un bien pour la communauté humaine.

Mais pour intégrer une mission, il ne faut pas simplement la réclamer, il ne faut pas simplement méditer de longueur pour être à même, de recevoir ceci, de recevoir tel pouvoir et de l'exercer. Il faut pouvoir se vider suffisamment pour recevoir ce mantra divin, qui est en fait une idée divine, qui réclame à venir en manifestation à travers un homme.

Qu'est-ce que je veux dire lorsque je dis il faut se vider ?

Se vider de quoi et comment ?

Si la mission de l'homme c'est un jour d'incarner les Grandes Idées du Divin - car c'est de là qu'il tire son illumination, son bonheur d'exister, ce grand niveau spirituel auquel il pense sans arrêt - si la mission de l'homme c'est cela, il va falloir qu'il se débarrasse de tout ce qui l'empêche d'intégrer cette Idée du Divin.

Et qu'est-ce que c'est qui va faire obstacle ?

Je vous demande là de réfléchir un petit moment et pour réfléchir ou pour comprendre mon discours, essayez de vous rappeler ce que vous avez pensé et réfléchi depuis ce matin. À quoi avez-vous pensé ?

Vous vous êtes fait du souci pour votre fin de mois, vous vous êtes fait du souci pour vos factures, vous vous êtes fait du souci pour les prochaines vacances, pour les cadeaux de Noël, où est-ce que vous allez trouver l'argent, dans quel endroit vous pouvez avoir les meilleurs prix ; vous vous êtes fait du souci pour votre santé ou pour vos relations familiales, vous vous êtes fait du souci pour l'état de vos chakras et par quel stage ou quel séminaire est-ce que vous allez les réparer. Vous avez sans cesse occupé votre espace intérieur, votre pensée avec les objets du quotidien. Ce qui fait que La Pensée Divine, qui est au-dessus de vous, exactement comme votre âme peut être au-dessus de vous, puisque l'âme transporte d'ailleurs La Pensée Divine, eh bien cette pensée n'a pas trouvé un seul endroit où se glisser. La maison était déjà pleine, complètement saturée par une activité trépidante, et comme cette pensée est plutôt de tempérament silencieux, il était normal que dans tout ce vacarme, l'homme ne puisse l'entendre !

Si vous voulez que le Cosmos vous offre une mission, car c'est comme cela que vous le réclamez, comme s'il s'agissait de faire cadeau : “Tiens, toi tu n'es personne, tu t'ennuies, tu te morfons à n'être rien, alors tu réclames le cadeau d'exister grâce à une mission et par une mission.”

Souffrir de la non-existence

Beaucoup d'individus sont dans la torpeur de la non-existence, et ce n'est pas une mission qui donne l'impression d'exister, pas du tout ! Une mission c'est un amas de responsabilités, ce sont des efforts à donner, à heure fixe, à jour fixe, sans qu'aucune considération à propos des faiblesses personnelles ou des envies personnelles ne puissent entraver cet effort. Une mission ce sont des obligations, ce ne sont pas les avantages de la collaboration cosmique, ce ne sont pas les avantages de rentrer dans un groupe, si possible invisible, ce qui rendra les choses encore plus palpitantes !

Ce qui est invisible reste invisible ! On n'aura pas plus de chance de contacter quelque chose d'invisible du fait que l'on va se trouver missionné, où l'on est capable de voir l'invisible ou on ne l'est pas, c'est tout. La mission là, entre ces deux facultés, ne joue aucun rôle !

Beaucoup d'individus en deviennent sinistres tellement cette non-existence leur pèse sur le cœur. Il faut comprendre que cela vient d'un autre malaise et que le fait de réclamer une mission et de la recevoir n'empêchera pas ce malaise, pas du tout. On peut être missionné et se sentir vide. Avoir quand même ses doutes, avoir ses torpeurs, avoir ses limites, avoir ses aveuglements et ses problèmes.

La mission n'est pas la baguette d'illumination qui permet de tout arranger, d'avoir tous les passeports possibles pour régler tous les problèmes possibles. Ce ne sont pas des passes au droit qui s'exercent entre les Maîtres et leurs disciples, au contraire ! Plus l'individu est missionné, plus il va être éprouvé et moins le Maître viendra l'aider. Car au cours de l'épreuve, c'est l'individu lui-même qui doit faire ses preuves. Il ne doit pas sans arrêt puiser dans l'assistance du Maître parce qu'au jour de l'initiation, le disciple sera seul, il ne disposera plus du manteau du Maître. Non !

Donc réclamer une mission pour ne plus sombrer dans la non-existence n'est pas la solution.

Si vous souffrez de cette sensation de non-existence, cela vient tout simplement du fait que le lien avec les vérités supérieures, avec l'âme, avec vos corps subtils, ce lien n'est pas assez communicatif. Il vous faut davantage construire ce lien plutôt que de vous trouver une mission trépidante et tonitruante. Comme par exemple devenir un grand saint, un grand bienfaiteur, un grand humaniste ou de se faire crucifier pour l'Humanité.

Enormément d'individus, parce qu'ils n'aiment pas leur vie, l'offrent à Dieu et pensent l'offrir en sacrifice pour une mission. Mais en fait, sitôt qu'ils pourraient devenir un peu heureux, ils récupéreraient vite leur sacrifice parce qu'ils seraient soucieux de vivre leur belle vie qui est enfin arrivée. Ce qui veut dire que vous devez toujours vous méfier de vos motivations et les motivations peuvent parfois être très égoïstes. Elles peuvent être issues du rêve et du désespoir et non pas de l'envie réelle d'aimer et d'aider.

Ce qui caractérise la note du disciple, c'est que le jour où il prend Dieu à témoin pour lui dire : “Aujourd'hui je suis prêt, je veux commencer à travailler pour les hommes.” Il ne réclame pas quelque chose qui lui permettra d'exister et de servir et par ce service d'être heureux. Il est conscient du poids que ce travail représente et ce n'est pas avec un sourire béât qu'il s'offre mais avec un accent sévère de responsabilité.

De quelle manière vous pouvez remplacer cette sensation de vide en vous par une sensation de plénitude ?

Eh bien, tout d'abord il vous faut regarder votre vie et les motivations de votre vie.

Regarder ses motivations

Qu'est-ce qui a motivé votre journée aujourd'hui ?

Aujourd'hui comme c'est un jour de repos, ce qui motivait votre journée c'est d'abord le repos, dormir un peu plus, prendre soin de soi, s'attarder dans la salle de bain, manger un peu plus et manger meilleur, prendre le temps d'écouter soit la famille, soit les moyens de distraction, comme la radio, la musique ou la télévision.

Que seront vos motivations demain lorsque vous allez être au travail ?

D'abord faire face à l'employeur ou au collaborateur, essayer de monter en grade ou essayer de se faire remarquer pour gagner une augmentation, de toute façon gagner de l'argent. Il n'y a en cela aucun problème mais si c'est là la motivation du travail, vous aurez l'impression que votre travail n'est jamais assez bien payé, c'est certain !

Toutes ces motivations sont donc de l'ordre du quotidien et du matériel.

Est-ce qu'un jour il vous arrive de vous lever avec la motivation de rencontrer Dieu ; avec la motivation de construire chaque pensée de sorte qu'elle mène à Dieu ; de construire chaque sentiment de sorte qu'il mène à la paix donc à la divinité ; de faire chaque geste qui vous permette de rencontrer Dieu ?

C'est très rare cela n'est-ce pas ?

Tout le monde veut cependant rencontrer Dieu, tout le monde en a envie mais ce n'est qu'une aspiration qui n'est en fait qu'une compensation face à tout le malheur que la vie distribue grandement à tout individu ! Or il se trouve que les aspirations ressenties par compensation face au malheur ne sont pas les aspirations qui mènent au Divin. Au contraire, de plus en plus de problèmes descendent sur cette personne pour lui faire comprendre quel type d'aspiration peut mener au Divin. Et non pas parce qu'il y a une façon d'invoquer Dieu qui Lui fait plaisir et qui fait qu'Il regarde son enfant sur la Terre mais simplement parce qu'il n'y a qu'une façon de se sortir du matériel, de la personnalité et de ses motivations.

Ce n'est pas que Dieu attend que l'homme joue la musique exacte pour le regarder, c'est uniquement la méthode de sortie qui réclame telle et telle façon de penser, telle et telle façon d'être.

Si toute la journée je ne pense qu'à moi, au moment où je vais vouloir, par une prière ou par une aspiration, rencontrer Dieu, je me sens tellement lourd que je n'arrive pas à décoller ! Je n'arrive pas à méditer, je n'arrive pas à calmer ma pensée. Ce n'est pas étonnant ! Car la pensée c'est exactement comme un muscle, toute la journée je vais l'entraîner à penser à moi, à moi, à moi, à mes problèmes qui sont mes soucis, qui sont mes préoccupations... Alors au moment de la méditation, étant donné que le rythme est pris, le mental va continuer à penser à lui-même, ce qui fait que l'on va être envahi par les problèmes de factures, par les problèmes de ce que l'on se trouve pas beau ou pas assez ceci ou pas assez cela.

Agitation de la pensée

L'agitation de la pensée ne vient pas simplement du fait que le mental est un élément agité en l'homme, mais il continue l'agitation à laquelle l'homme l'habitue.

Si toute la journée je considère que les problèmes que j'ai ne sont pas mes problèmes, mes soucis que j'ai moi, mais ce sont des problèmes qui existent et mon devoir est d'essayer de trouver des solutions, à ce moment-là l'oscillation de ma pensée est beaucoup plus stable. La pensée devient créatrice en cherchant des solutions, elle n'est plus spéculative en train de réfléchir et de macérer son problème. Ce qui fait qu'au moment où je consacre un quart d'heure à la méditation, je contrôle, et bien que le terme soit faux parce qu'en fait je ne contrôle pas, mais il se trouve que la pensée est déjà beaucoup plus calme.

Car dans la journée la pensée ne s'est pas dit : “C'est mon problème, ce sont mes soucis, mes grands soucis ! C'est ma faute, c'est ma très grande faute et j'en deviens très vilain !” Chaque fois que je m'approprie les événements, que je m'approprie les difficultés, que je m'approprie mes bassesses, mes échecs, mes erreurs, mon corps aussi, pour ce qu'il a de beau ou de pas assez beau, je crée une grave perturbation dans la pensée qui se poursuit ensuite dans la méditation parce que c'est pour la pensée une seule et même vie. Il n'y a pas une vie où je peux penser et je me défoule, et puis une vie à un moment où, tiens, je dois dormir parce que monsieur médite pour la pensée, mais il n'y a qu'une seule et même vie qu'il y ait dans cette vie, de l'actif ou du passif, de l'actif ou de la méditation.

Toute la préparation à la méditation doit se faire dans la journée.

Je ne veux pas vous laisser penser que vous devez contrôler votre pensée, bien sûr ce sont des termes que souvent nous avons employés et que d'autres emploieront. Parler du contrôle de la pensée, c'est un concept qui parle à la pensée elle-même, à l'individu que vous êtes. Vous comprenez qu'il y a quelque chose en vous qui doit dominer la pensée et la diriger.

Mais je vous pose une question. Allez amusons nous un petit peu ! J'aime beaucoup m'amuser ! Ce qui m'ennuie profondément avec ce type de travail c'est que je ne peux pas m'amuser avec vous, je suis très limité ! Alors nous allons nous amuser un petit peu.

Réfléchissons ensemble et répondez-moi mentalement. Quand vous dites ou quand vous supposez que vous devez contrôler cette chose étrange qu'est la pensée et que vous dites “je contrôle”, quel est ce “je” ? Quelle est cette partie de vous, comment identifiez-vous cette fonction en vous qui va vous permettre de contrôler cette autre chose très bizarre qu'est la pensée ?

Réfléchissez quelques secondes avant que je réponde.

Il est très bon comme cela de s'entraîner, c'est mieux que de faire des discours, comme ça vous repartez avec quelque chose de vivant !

Si vous découvrez vous-même en le découvrant vous y ajoutez une étincelle de vie et c'est ce qui m'intéresse !

Ce n'est pas de vous décrire les grands plans de l'Univers. À partir du moment où vous repartez avec une connaissance morte eh bien là-haut j'ai l'allure d'un imbécile ! Lorsque l'on se rencontre avec tous les frères pendant le grand cénacle et que l'on me demande combien d'étincelles j'ai allumé et que je dis : “Ma foi, j'ai bien essayé des coups de grisou mais rien n'a pris !” On se moque de moi ! On me dit : “Mais enfin ! Avec ta dialectique que tout le monde te reconnaît, mais enfin avec ces heures et ces heures que tu as à disposition pour parler alors que nous ne disposons que de l'intuition pour circuler à travers les hommes !” Alors je ne veux pas avoir l'air d'un idiot à ma prochaine séance donc faites un petit effort ! Plus il y aura d'étincelles et mieux je serai vu de l'autre côté ! Oh ce n'est pas que je tienne à être bien vu, mais c'est amusant quand même !

Alors, est-ce qu'on a réfléchi ?

Si vous avez correctement analysé, vous vous apercevez que ce n'est pas vous qui allez exercer un contrôle, qu'il y a quelque chose en vous que vous pouvez ou déclencher ou réveiller et que vous allez ensuite diriger pour avoir contrôle sur la pensée. C'est à ce moment-là que vous devez vous poser la question : “Mais qui suis-je alors en vérité ? Parce que ce qui me permet de contrôler et diriger la pensée c'est la volonté, mais moi est-ce que je suis cette volonté ?”

Deux minutes après vous, allez ressentir profondément quelque chose et ce n'est de nouveau qu'une partie de vous, alors vous devez vous interroger aussi et vous dire : “Mais moi est-ce que je suis cette émotion ?”

De la même manière après je vais réfléchir par exemple sur un problème ou sur un livre et je ressens bien cette activité des pensées et est-ce que je suis cette série de pensées ?

Et de ce coup vous voyez que vous êtes une multitude d'activités mais que ce ne sont que des activités.

Où est le véritable Moi alors ? Où est cette vie qui vous fait dire “Je” ?

Essayez de trouver, réfléchissez encore, allez on excite les neurones, allez on se presse un peu !

Où il est ce “Je” ? Où il est ce “Je” ? Où il est ?

Je ne peux pas vous guider plus que cela, où est-ce qu'il est ?

Allez je vous aide un petit peu quand même, on va transformer la question : est-ce qu'il existe ?

Allez on se pose cette question, est-ce qu'il existe ?

Qui a répondu oui ?

Qui a répondu non ?

Le clan des “oui” ont fait erreur. Non, il n'existe pas, le principe du “Je” n'existe pas.

Si alors on contemple l'homme, on voit une multitude d'activités comme l'émotion, la pensée, la volonté, il se trouve que le “Je”, je l'affirme, n'existe pas.

Alors qui est l'homme, qui êtes vous ?

On réfléchit ! Méditez un peu plus profondément !

Qu'est-ce que c'est qui fait que toutes ces activités vous donnent la sensation suffisante pour dire “Je” ?

Vous aboutissez à quoi ?

Si le “Je” n'existe pas, cela veut dire que nous sommes victimes d'un mirage !

Le mirage

Toutes ces activités que je viens de citer sont identifiables sous la forme d'un “moi”, qui va réellement se prendre au sérieux et se dire “moi Pierre”, “moi Jacques”, “moi Joséphine”, mais cela uniquement par l'exercice d'un mirage.

Quelle est la nature de ce mirage ?

De croire que ces activités, à partir du moment où elles peuvent être dirigées, proviennent d'un “moi”.

Car il y a une grande différence entre pouvoir diriger des activités, telles que la pensée, les émotions, et être un “moi”.

Ce n'est pas parce que je suis un pouvoir directeur, ce n'est pas parce que je suis un pouvoir créateur que je suis un “moi”, un petit moi.

Je voudrais que cette notion soit bien claire !

Si je ne suis pas suffisamment conscient de mon pouvoir créateur, à ce moment-là, je rabaisse ce pouvoir créateur, cette volonté, à n'exister que pour apparaître sous la forme d'un petit moi psychologique, un petit moi personnalité. Et dans cette soustraction terrible, ma vie va avoir lieu. Je vais prendre au sérieux et pour moi mes capacités à penser ou mes limites à penser, mes capacités à éprouver ou mes limites à éprouver.

Et je vais, à la suite, être très en colère si je ne me trouve pas assez intelligent, si je ne me trouve pas assez beau, ou je vais être très fier si je me trouve très beau et très intelligent. Et je vais ainsi remplir ce mirage par lequel je fais exister mon moi, ma personne. Je vais saturer cette personne d'éléments complètement faux et ravageurs, comme la fierté, l'orgueil. Et qu'est-ce que la fierté et l'orgueil à ce moment-là ?

Uniquement le plaisir que je tire à me contempler moi-même !

Et il est normal que je tire un plaisir intense à me contempler moi dans ma grandeur, moi dans ma beauté, moi dans mon intelligence, puisque pour l'instant je ne peux pas ressentir la grandeur d'exister en tant que Divinité, la beauté d'exister en tant que Plénitude ! Alors il faut que je tire satisfaction de quelque chose et ce sera dans la contemplation de ma propre image.

Mais cette image n'a même pas la valeur d'un reflet parce qu'il faudrait, pour être un reflet, refléter quelque chose. Ce n'est que l'ombre d'un mirage ! Un mirage puissant qui tient cependant la plupart des humains et même des disciples captifs.

Alors comment allons-nous nous défaire ou comment allons-nous essayer de nous défaire de ce mirage ?

Se défaire du mirage

Car c'est de cela qu'il s'agit.

Si vous voulez travailler pour ce que vous appelez l'illumination ou l'initiation, eh bien c'est justement travailler sur ce mirage, sur la substance de ce mirage.

Tout le monde entoure l'illumination de très grandes idées. On pense que c'est la rencontre avec Dieu, on pense que c'est une purification complète de l'âme et du corps, on pense un tas, un tas, un tas de choses... Ce qui pour nous est le concept qui habille l'illumination, c'est la mort de ce mirage, uniquement.

Ce qui pour nous est le concept qui habille l'illumination, c'est la mort de ce mirage, uniquement.

Donc il ne s'agit pas de gagner quelque chose, de construire quelque chose, d'attraper par ses efforts quelque chose, mais au contraire de défaire quelque chose, de comprendre fondamentalement quelque chose et ce quelque chose, c'est le mirage.

Reprenons.

Je suis une volonté, étant une étincelle Divine et étant à la ressemblance de cette Divinité, je suis une volonté.

La volonté c'est ce qui permet de diriger la substance pour qu'elle devienne une chose créée, manifestée et en mouvement.

Donc le fait que je sois créateur me donne le pouvoir de manipuler la forme, mais aussi de penser la forme.

Lorsque j'ai oublié mon statut Divin par l'incarnation - et on ne va pas expliquer aujourd'hui pourquoi l'on s'incarne, j'en ai déjà suffisamment parlé - mais lorsqu'il y a l'incarnation, donc la distance morale qui se creuse entre le Soi Supérieur et la personnalité, cette volonté créatrice, va devenir une volonté d'exister.

Et comme il se trouve qu'un fossé énorme, un fossé moral, a été creusé entre le Soi Supérieur et la personne, cette volonté d'exister va s'emparer uniquement de la personne. Et la personne va vivre son désir d'exister au niveau de ses besoins quotidiens et plaisir quotidiens. D'où, à la suite, l'attachement car si mon pouvoir d'exister n'existe que en relation avec les objets extérieurs, il est normal que j'y sois attaché. Tout me devient éminemment nécessaire.

Ma voiture me devient nécessaire parce que je montre ainsi ma richesse, ma grandeur, ma supériorité sur les autres, ou bien ma voiture est quelque chose que je cache parce que cela montre au contraire ma pauvreté, mon manque de goût, ma misère, etc. Tous les objets extérieurs, très physiques ou bien psychologiques, deviennent mes façons à moi d'exister. Alors qu'il n'y a qu'une façon d'exister, c'est de laisser l'âme apparaître, tout simplement.

Il n'y a qu'une façon d'exister, c'est de laisser l'âme apparaître.

Et c'est pour cela que malgré tous les objets auxquels je m'attache, malgré toutes les relations auxquelles je m'attache, malgré toutes les influences que je crée pour faire croire aux autres que je suis ceci ou cela, ou que je cache d'être ceci ou cela, eh bien malgré toute cette démonstration, il reste un vide en moi et un malaise ! Et c'est ce malaise que j'essaye de transformer, c'est ce qui motive ma présence dans les endroits dits spirituels.

En fait lorsque l'homme prend réellement conscience de la profondeur de sa mort intérieure, de sa mort spirituelle, il dégage le déclic pour entamer une quête spirituelle !

Celui qui ne sait pas à quel point il est mort n'a pas besoin de Dieu. Et c'est pour cela que les profanes, ou ceux que vous jugez comme étant des profanes, sont si durs d'oreilles. Même si vous essayez avec grand cœur de leur faire comprendre ceci ou cela, même si vous leur faites des démonstrations, même si vous profitez de leurs ennuis pour leur glisser, comme cela, gentiment, l'idée de Dieu ou des Maîtres ou de Shambhala, vous voyez que cela ne fait aucun écho. Pourquoi ?

Parce qu'ils n'ont pas encore réellement senti à quel point ils sont morts et malheureux. Ils croient encore au bonheur partiel qu'apportent les attachements, les possessions, les grandeurs personnelles, etc. Pour l'instant, c'est leur réalité. Il ne sert à rien de les juger. Il ne sert à rien de vouloir non plus absolument les transporter dans une autre réalité. Il faut simplement attendre.

Le disciple qui est en relation avec des profanes de ce genre ne doit pas forcer une autre réalité à entrer, mais il doit imiter la grande patience du Maître et être lui-même patient. Se tenir sur le seuil au moment où il y aura la crise. Car il y a toujours une crise à un moment donné. Bien sûr cette crise peut ne pas arriver pendant cette vie-ci et vous aurez l'impression d'attendre pour rien. Mais si vous êtes vraiment occupé à travailler sur vous-même, vous n'aurez pas l'impression d'attendre d'ailleurs qui que ce soit. Vous serez suffisamment occupé par vos propres limites, par vos propres défauts pour ne pas avoir l'impression d'attendre votre parent ou votre voisin ou votre ami. Vous lui laissez aussi tout l'espace qu'il lui faut, tout le temps qu'il lui faut.

C'est quand on devient vraiment conscient de ses propres limites, de ses propres problèmes, que l'on devient tolérant avec les autres et qu'on leur laisse le droit d'exister tels qu'ils sont, sans vouloir pousser à la perfection et à la transformation.

Le jour où je suis vraiment conscient de la difficulté que j'ai, donc je ne critique plus et je laisse simplement Dieu exister, même si c'est dans ses formes inférieures, mais je le laisse exister. Pour moi il y a suffisamment de travail.

Et mon premier travail aujourd'hui, tout de suite, ici, maintenant, c'est de comprendre fondamentalement quel est ce mirage qui me couvre, quel est ce mirage qui me donne l'impression d'exister en tant que personne, en tant qu'individu. Et pour bien comprendre ce mirage, il faut que je médite profondément la notion de volonté. Je suis une volonté.

Je suis une volonté.

Je suis même La Volonté, c'est-à-dire la Volonté de Dieu, ou Dieu sous forme de Volonté. Tournez le concept comme vous voulez, cela m'est égal !

Puisque je suis La Volonté et que la faille vient de là, je dois analyser ce qui, en cours de route, quelles sont les substances qui, en cours de route, vont venir détourner cette volonté, au point que ce n'est plus une volonté divine, mais une volonté qui devient l'existence d'un moi. Et vous verrez que, un mirage en amène un autre, ce qui permet au précédent de bien s'accrocher, de mieux s'enraciner, de donner donc plus de force à celui qui vient.

Ce qui fait que je crois à mon mirage, ce qu'il installe vraiment après qu'il ait été créé parce qu'il peut être créé et puis il peut se dissoudre, mais il se trouve que lorsque je me lève le matin, irrémédiablement je reprends mon mirage ! Ou lorsque je sors de ma méditation, même si j'essaye de me dilater, immanquablement je reprends mon mirage !

Qu'est-ce que c'est qui le perpétue ?

Eh bien, c'est l'instinct de la possession.

Je le veux mon mirage ! Je le veux absolument !

Bien sûr, je vais jurer de ne pas être conscient. Je vais jurer que ce n'est pas volontairement que je m'accroche à ce désir de posséder mon mirage. Mais cependant, si je ne suis pas dupe, si je suis honnête et si j'approfondis ma méditation, je dois aboutir à cette révélation. C'est vrai, mon mirage, je le veux, je le garde, je le protège même contre les agressions extérieures ! Je le protège contre les agressions du Maître lorsque je rencontre un, un qui justement va vouloir casser ce mirage ! Je le protège contre tout ! Même contre moi-même, lorsque je me prends de spiritualité et que je sais que je dois abandonner mon ego et que je m'y efforce. Cependant, dans un petit coin, je le garde bien au chaud ! On a tellement besoin de lui. On l'aime tellement son petit ego !

L'attachement à son ego

D'où vient cet attachement à son ego ? Pourquoi je le veux ? Pourquoi je veux le posséder ?

Réfléchissons ensemble !

Allez, je vais envoyer la pensée. Débrouillez-vous pour la recevoir ! Allez on fait un petit effort.

On ne fait pas comme au manège où on essaye d'attraper le pompon, ça ne sert à rien ! Au contraire, on se vide ! On tourne sur le manège, on s'assoit sur son cheval et on se vide. On a les bras ballants, les bras de l'esprit ballants et on se vide !

Qu'est-ce que c'est qui me donne envie de posséder, de garder mon mirage ? Qu'est-ce que c'est qui m'y pousse ?

Si je veux si fiévreusement le garder, cela veut dire qu'une émotion énorme me terrasse.

J'ai l'impression que s'il disparaissait d'un seul coup, je n'existerais plus !

Donc c'est la peur !

C'est la peur qui me donne envie de posséder mon mirage, même si dans mes méditations profondes, je comprends absolument que c'est lui mon problème et qu'il faut m'en défaire.

Pourquoi est-ce que j'ai peur ?

Et cette peur doit être bien comprise puisqu'elle perpétue le mirage, donc elle perpétue ma souffrance, tous mes problèmes. Elle retarde mes méditations, délaie mon initiation.

Pourquoi j'ai peur ?

Réfléchissez un petit peu.

Pourquoi j'ai peur de perdre mon ego ?

Pourquoi ?

La première notion qui viendra à votre esprit, c'est parce qu'en fait, on ne connaît pas encore l'âme. Alors peut-être que la psychologie a peur de perdre un terrain connu pour un terrain inconnu.

Poussez un peu plus loin ! La réponse n'est pas fausse mais poussez un peu plus loin.

Qu'est-ce que c'est qui crée cette peur ?

Poussez plus loin !

Peur de l'inconnu... Plus loin, plus loin !

Et vous aboutissez à quoi ?

Eh bien vous vous apercevez que cette peur est issue elle-même de la volonté, volonté d'exister.

Ce qui fait qu'à un moment donné, ce que vous lisiez comme étant de la peur dans vos émotions, n'est plus une peur qui vit au niveau des émotions mais au contraire un ordre avec lequel vous êtes parti dans la Matière. Et lorsque vous montez les plans de la Conscience, lorsque vous poussez en méditation cette interrogation, vous arrivez à un endroit où il n'y a plus la peur. Et non pas parce que vous l'avez dépassée mais parce que vous rencontrez l'ordre de mission que vous avez reçu.

Et cet ordre de mission était : “Je descends dans la Matière et j'accomplis ma mission dans la Matière. Et cette mission est celle d'exister.”

La peur d'exister

Cette mission d'exister, de descendre dans la Matière, veut dire que l'on va franchir un cap. Et ce cap, c'est celui de la manifestation, celui de l'incarnation.

Dans la manifestation, je vais tout de suite rencontrer en tant qu'individu le monde émotionnel. Et cet ordre de mission, c'est-à-dire : “Je descends dans la matière, j'ai le devoir d'exister.” En rencontrant la substance émotionnelle, cet ordre se transforme en la sensation d'un péril. La notion de peur commence à exister. Je veux bien accomplir ma mission mais en même temps, quelque part, puisque je commence à exister, et que je ne suis plus simplement une étincelle semblable à Dieu mais une étincelle qui se rappelle seulement Dieu, mais suffisamment pour ne pas avoir envie de descendre dans la Matière.

Donc cette envie de répondre à la mission, cette envie d'exécuter l'ordre et la mission, confrontée au souvenir de ce que l'on est en tant qu'étincelle Divine, confrontée à la connaissance que l'on a de ce que sera notre voyage et nos souffrances dans la Matière, tout cela d'un seul coup déclenche la peur, la peur d'exister.

J'accomplis ma mission, j'existe oui mais exister cela veut dire tellement de sacrifices ! Et prendre conscience de ce sacrifice déclenche l'origine de la peur.

Et lorsque je continue à descendre dans les plans et que je deviens vraiment un homme, cette peur devient de plus en plus dense, de plus en plus forte et me conduit à m'attacher à tout ce qui signifie mon existence sur Terre, à tout ce qui devait donc être simplement ma mission active. Cela devient des repères auxquels je m'accroche et pas simplement pour remplir ma mission mais pour exister moi-même. Et à ce moment-là, le cercle du piège est bien bouclé et le monde est sûr de tourner, car tous les humains vont se prendre à leur image et faire l'histoire du monde.

Imaginez une éteincelle Divine qui rencontrant l'ordre d'existence en voyant son chemin dans la Matière et en rentrant dans la sphère de l'émotion, ne déclencherait pas l'activité qu'est la peur. Eh bien cet individu, tout en étant même nouvellement arrivé dans la Matière, aurait tout à fait l'allure d'un disciple fort avancé. Car n'ayant pas de peur, il ne pourrait s'attacher à rien du tout ! Donc très facilement, il pourrait contrôler sa pensée. Très facilement, ne pas s'attacher trop amoureusement à des personnes. Très facilement, ne pas faire passer tout le bonheur d'exister à travers le bonheur familial ou le bonheur conjugal. Très facilement, il pourrait se détourner de sa propre individualité. Très facilement, il pourrait méditer.

Alors je vous conseille, pour vos méditations, si vous voulez vraiment avancer, je vous conseille de bien méditer ce concept du mirage et ce concept de la peur.

Vous avez eu terriblement peur ! En tant qu'étincelle Divine, en tant que jeune âme venue de Dieu. Le jour où toute l'histoire a commencé pour vous, vous avez eu terriblement peur. Et pas une peur psychologique, car vous n'étiez pas encore revêtu de l'activité mentale en provenance du cerveau pour pouvoir créer une psychologie. C'est vraiment une peur qui est propre à la descente.

Et cette peur chez certains individus se traduit même par des réticences à l'incarnation, des refus de s'incarner.

Lorsque l'on est une jeune âme, on ne peut pas refuser de s'incarner. La vague de vie a le contrôle sur vous et vous entraîne, exactement comme une goutte d'eau est entraînée par la vague de l'océan. Cependant, lorsque j'ai déjà vécu, lorsque j'ai déjà appartenu à des cycles de vie et que je reviens dans un autre cycle, pour poursuivre mon perfectionnement ou parce que je n'ai pas abouti spirituellement et que donc je dois refaire certains exercices pour cette fois les réussir, à ce moment-là, ayant une meilleure connaissance de la Matière, je peux effectivement, puisque mon moi commence à exister, je peux refuser. Mais, étant donné que la vague de vie tendra toujours à me faire obéir au cycle d'incarnation, au cycle de manifestation, j'ai beau essayer de reculer, j'ai beau essayer de bloquer de toute ma force, à un moment donné, immanquablement, je suis entraînée dans la Matière.

Et comme c'est avec révolte et colère, à ce moment-là, lorsque j'arrive dans la Matière, je peux être très violent.

La violence

Et la violence sur la Terre est née non pas simplement parce que cela fait plaisir à certains humains d'être violent et de régler ainsi leurs comptes, non pas parce qu'ils ont trouvé le moyen le plus rapide pour exercer leur domination, non pas parce que le mal existe dans l'homme et que, éternellement, les Ténèbres et la lumière vont s'affronter à travers le Bien et le Mal sur la Terre. La violence a commencé à exister non pas à cause du Bien ou du Mal et de ce choix que l'homme a toujours entre les deux, la violence a commencé à exister parce que des âmes en provenance de manifestations antérieures sont venues rejoindre le groupe d'âmes humaines pour la première fois sur la Terre, un groupe donc tout frais, tout neuf.

Ce groupe un peu plus ancien, en provenance en fait d'autres sphères de vie, d'autres âges, ne voulant pas retomber de nouveau dans toutes ces souffrances, dans tous ces tâtonnements, mais qui a été précipité de toute façon parce que la vague de vie est plus forte à ce moment-là, ces êtres sont donc venus sur la Terre en étant forts en colère, en étant rebelles et en s'exprimant ainsi : “Puisque je suis venu sur la Terre malgré mon désir, malgré mon vœu de rester en paix de l'autre côté dans les sphères supérieures, eh bien je vais dominer cette Matière ! Puisqu'il n'y a pas moyen de rester tranquille de l'autre côté, puisque l'on m'a forcé à l'incarnation, eh bien je vais dominer ce cheval et je vais lui en faire voir de toutes les couleurs !”

La violence provient toujours d'une colère face à la Matière. Soit parce qu'elle est imposée à l'homme, ou soit parce que l'homme se l'impose lui-même.

Dans quel cas l'homme se l'impose lui-même ?

Dans le cas où lorsqu'il est de l'autre côté et qu'il prépare son incarnation, il veut aller le plus loin possible et le plus vite possible. Alors il dit : “Je vais être bien courageux, je vais choisir telle et telle famille, telle et telle destin, telle et telle karma, telle et telle épreuve. Et ainsi, je vais grandir en compréhension, en facultés, en pouvoir, en maîtrise !” Et puis, lorsqu'il descend un petit peu plus près du fœtus et qu'il revêt toute l'émotion qu'il doit récupérer lorsqu'il revêt le corps astral, à ce moment-là il se met à ressentir la peur, une peur terrible. Et c'est à ce moment-là qu'il ausculte de nouveau, qu'il juge avec un œil différent tout le programme qu'il avait fait de très bonne volonté lorsqu'il n'avait à disposition que sa volonté, la Volonté de Bien. Mais maintenant voilà l'émotion, celle qui donne le sentiment de la souffrance, le sentiment du sacrifice.

Et c'est ainsi que beaucoup d'individus se disent : “Mais non là c'est allé trop vite, là j'ai eu un trop gros appétit, je n'y arriverai jamais ! Ce n'est pas possible !” Et il commence à se retirer, il veut, il désire se retirer.

Et c'est ainsi qu'il peut créer d'ailleurs des complications dans le fœtus, des complications qui n'ont même plus rien à voir avec les épreuves karmiques qu'il a, ou les épreuves spirituelles qu'il s'imposait lui-même pour aller plus loin. Cela devient un fait karmique du fait qu'il est trop sensible à sa peur, la peur que lui inspire sa perception astrale. Et ainsi l'on voit des individus naître avec des déformations ou des malformations, non pas parce que c'est ainsi, c'est leur karma, mais c'est devenu un karma d'ignorance face à la peur, un karma de manque de courage lorsqu'ils ont été confrontés à leur peur. Et c'est un karma immédiat. Et malheureusement ils doivent traîner cette étincelle de karma pendant toute leur vie.

Au fond d'eux, ils ressentent bien qu'il y a une injustice. Certains vivent très bien leur malformation ou leur infirmité. Lorsqu'ils le vivent bien, avec dépassement, c'est parce que l'être intérieur donne en compensation un sentiment de bonheur du fait que la personnalité accepte de se sacrifier pour cette purification nécessaire. Par contre, lorsque l'individu n'arrive pas à accepter son état, n'arrive pas à vivre une réalité supérieure à son état, cela veut dire qu'il conçoit une injustice, qu'aucune compensation intérieure lui est apportée par l'âme. Et généralement ce sont des karmas assez inutiles mais des karmas que l'individu a quand même produit de par son ignorance face à sa peur.

Le refus d'exister est la source des plus gros problèmes, tant physiques que psychologiques.

Et personne ne peut se dire être à l'abri au moment où le fœtus est en formation, au moment où l'on s'approche de la naissance, personne ne peut se dire suffisamment à l'abri de cette peur.

Il n'y a qu'un moyen d'être définitivement à l'abri de la peur, c'est d'avoir suffisamment conscience de l'âme.

Ce qui fait que ces individus ont peur plus ils s'approchent du moment de leur naissance et qu'ils perçoivent donc leur vie grâce à l'astral, ce qui fait que ces individus éprouvent cette peur et sont affolés par elle, c'est parce que, d'un seul coup, ayant franchi le seuil, ils ne se souviennent plus de l'âme. De nouveau le voile se pose et ils ont l'impression d'être simplement des individus.

Pour celui qui, grâce à des traditions, grâce à ses efforts personnels, grâce à la spiritualité, comme vous dites, arrive à prendre suffisamment conscience de l'âme, le moment qu'est la naissance, la descente dans la personne et dans un destin ne représente plus un problème. Au contraire, il y a la certitude de pouvoir maîtriser, la certitude de pouvoir accomplir, la certitude d'avoir la force suffisante.

L'agitation astrale que le disciple de toute façon rencontre au moment où il revient suffisamment proche de son fœtus, il revêt à ce moment-là le corps astral du fœtus, cette agitation astrale n'a plus de pouvoir sur lui. Il est une Volonté qui va soumettre, au contraire, son corps astral à suivre les indications du destin.

Ceci est important. Mais il est certain que l'on ne peut pas, comme cela en deux minutes, se saturer de la certitude de l'âme, se saturer de la conscience que l'on est une âme et que l'on n'oubliera plus cela pendant les naissances. C'est un travail qui s'effectue au fur et à mesure. Ce qui ne veut pas dire que pendant ce temps on court le risque et que les prochaines naissances seront risquées.

À partir du moment où je déclenche un travail, un processus de réintégration - que vous vous appelez évolution, pour nous c'est réintégration - si je déclenche ce processus, je construis petit à petit la perception de ma réalité supérieure, donc de l'âme. Ce qui fait qu'en proportion je diminue le risque de peur, donc de refus, pour ma prochaine naissance.

Assistants cosmiques

Et puis il y a - il ne faut pas l'oublier - il y a tous les assistants cosmiques, c'est ainsi qu'on peut les appeler. Vous les appelez aussi les dévas, vous les appelez aussi les anges gardiens, vous les appelez aussi les assistants de l'évolution, certains les Maîtres du Karma. Tous ces êtres, parce qu'ils ont l'évolution suffisante pour cela, ont le devoir de guider les lumières qui se sont mises à briller. Ce qui fait qu'au moment de la naissance, pour quelqu'un qui aura entamé dans sa vie précédente un processus de réintégration, au moment de sa naissance, cette personne va disposer d'une assistance spirituelle. Exactement de la même manière qu'en bas, dans la clinique ou dans la chambre, il y a les sages femmes, les infirmières ou tout simplement les femmes qui ont l'expérience, de la même manière en haut, pour que la naissance et l'intégration du corps se passent bien, il y a des infirmiers spirituels, ce sont des assistants.

Ils se placent en forme de haies humaines les uns derrière les autres et constituent le canal par lequel l'entité va passer. Et pendant la descente, ces assistants rayonnent l'amour, envoient des mantras qui constituent pour l'entité un véritable champ de naissance. Ce qui fait que cet individu va naître avec bonheur et grâce.

Il prendra connaissance de son destin, verra ce qu'il a à accomplir et à surmonter, mais c'est avec bonheur et grâce.

Et c'est ainsi que certaines mères peuvent affirmer qu'au moment de la naissance de leur enfant, elles ont eu l'impression que les anges chantaient, que l'enfant était porté par les anges et que donc ce doit être un enfant bien spécial. Il faut savoir que l'enfant n'est pas très spécial ou pas plus spécial que tous ceux qui ont fait suffisamment l'effort pour mériter cette assistance. Mais au moment de la naissance, quand la mère est prise d'amour pour cet enfant qui sort d'elle, de ce fait, elle se rend très perceptive à l'âme de l'enfant et elle peut atteindre le plan astral où ces chants peuvent être entendus. Mais ce ne sont pas des chants de louange qui louent la naissance d'un enfant magnifique, ce sont des mantras que les assistants de la naissance chantent pour que la naissance se fasse bien.

Et d'ailleurs sur la Terre, réciproquement, ces chants devraient aussi être chantés par les hommes de façon à aider l'âme, au cas où cette âme ne dispose pas des assistants spirituels de l'autre côté. En chantant des chants spirituels ou des cantiques ou des prières ou des mantras ou tout simplement en chantant votre accueil, la bienvenue vis-à-vis de cette âme, vous pouvez enlever la peur que pourrait éprouver cette entité. L'entité est captivée par les chants de bienvenue. Ça la rassure ! Et c'est exactement ce même besoin d'être rassuré qu'éprouvera plus tard le bébé. Lorsque vous verrez que vous pouvez le consoler avec une petite chanson ou en le prenant dans les bras et en le serrant très fort, en lui disant que vous l'aimez, en lui rappelant votre tendresse.

L'entité qui se trouve dans le bébé, puisque le bébé ne permet pas encore une activité mentale et ne permet exclusivement d'ailleurs qu'une activité astrale, l'entité peut continuer à éprouver cette peur. Elle peut continuer à être terrorisée et faire donc que le bébé est un enfant agité, un enfant qui pleure souvent, qui a du mal à digérer ses aliments ou qui même refuse de s'alimenter. La mère, d'instinct, sent qu'elle doit chanter une chanson, mais si elle est profane elle lui chantera “Au clair de la lune”. Tandis que si elle est un peu plus évoluée, si elle comprend un peu mieux les mécanismes de l'involution et de l'incarnation et des confrontations face à cette peur occulte, elle lui chantera des prières et des mantras.

Et vous verrez qu'ainsi, en peu de temps, l'enfant va se calmer, va démontrer un plaisir à exister, va vouloir se précipiter vers l'apprentissage du langage, des sons, la maîtrise de son environnement avec son petit corps mal habile. D'un seul coup, au lieu d'avoir une entité qui se rétracte et qui a peur, vous découvrez une volonté d'exister chez cet enfant.

Pour l'enfant qui a peur et qui, malgré tout étant prisonnier de son corps et son corps subissant la croissance, cet individu va donc être entraîné dans l'incarnation, dans le fait de devenir un humain et un adulte. Mais étant donné que cette peur l'a traumatisé et qu'elle existe toujours, on verra un adolescent perturbé, psychologiquement mal à l'aise avec les autres, ayant peur de l'énigme que représente la vie, que représente les voyages par exemple, l'inconnu. Ce n'est pas un enfant qui déborde de vie. Ce n'est pas un enfant qui a envie d'apprendre. Au contraire, apprendre lui semble être un effort qui le fatigue, comme s'il devait sortir de lui-même, sortir de sa coquille pour aller voir le monde et apprendre quelque chose, même si ce n'est que d'aller à l'école et d'apprendre des textes. Tout ce qui le fera sortir de lui, tout ce qui réclamera des activités pour qu'il se descentre de lui-même, lui sera pénible. Et c'est ainsi que ces enfants peuvent avoir des difficultés à l'école. Et même s'ils sont parfaitement capables de se retrouver avec donc un destin diminué par rapport à celui qui était prévu, parce qu'ils n'arrivent pas à étudier alors que fondamentalement ils en ont la possibilité.

Comment réparer ces blessures car ce sont des blessures ?

Réparer les blessures de la naissance

Eh bien il faut d'abord en parler clairement aux individus. On ne peut pas magiquement réparer ces blessures pour l'autre. Il faut que l'individu comprenne les processus, les mécanismes de l'incarnation, il faut le lui expliquer.

Puis dans un grand abandon, il faut que l'individu accepte son destin, accepte l'incarnation, accepte le fait qu'il est sorti du sein de Dieu et que pour l'heure il ne pourra plus y rentrer autrement que par la méditation et qu'il doit vivre dans le manifesté.

Si on lui a suffisamment expliqué les mécanismes de l'âme, les mécanismes de l'involution, les mécanismes du frottement avec ce corps astral lorsque l'on revient vers la Matière, il y a de grandes chances pour qu'il accepte, dise “oui !”.

Parce qu'à ce moment-là cette peur peut être contrôlée par la volonté. La volonté devenant intelligente, elle peut dire : “Eh bien désormais je n'ai plus peur de rien. Puisque toutes mes peurs, aussi bien ma peur d'exister, ma peur de me dépasser, ma peur de parler, ma peur de dire ceci, de faire cela, provient de cette peur fondamentale éprouvée à la naissance, puisque j'en suis conscient, eh bien je peux l'abandonner. Exactement comme je peux laisser tomber mon vieux manteau parce que je m'aperçois enfin que je transporte ce vieux manteau depuis dix ans. Mais tant que je ne m'apercevais pas que je transportais ce vieux manteau, eh bien il restait sur moi. Et en été il me tenait trop chaud et en hiver il me rendait engoncé parce que j'y mettais par-dessus mon manteau neuf !”

Le jour où je comprends, où je vois, je peux lâcher.

On peut faire énormément de transformation, de libération grâce à l'éducation, grâce à l'instruction.

C'est pour cela que vous devez, sans forcer votre mental ou votre intellect, vous devez apprendre un minimum de vérités occultes, un minimum de choses à propos des mécanismes de l'âme et de la nature des plans que l'homme traverse afin d'exister. Tout ceci pour aboutir un jour à une maîtrise parfaite.

Et comme je l'ai fait remarquer tout à l'heure, il y a un moyen de définitivement s'écarter de cette peur et c'est en prenant contact avec l'âme.

Prendre contact avec l'âme

Prendre contact avec l'âme est un concept un peu faux. L'énoncé est juste mais la pensée qui est créée dans le mental collectif en ce moment même, ce concept est faux. Il ne s'agit pas pour un homme de prendre contact avec l'âme. Il s'agit plutôt pour l'homme de suffisamment se vider, de suffisamment se déposséder de lui-même, de ses attachements pour pouvoir recevoir l'âme.

En fait l'âme n'attend pas comme cela sur son balcon que le petit Joseph arrive ! Elle n'attend pas comme cela les pieds croisés : “Ah ! Là, le saut à la perche, un peu raté, t'es retombé ! Dommage ! À la prochaine fois !” C'est un peu cynique ! Et si l'âme est vraiment une émanation de l'esprit, une émanation de Dieu, ce cynisme ne peut exister en elle. Au contraire, elle est tout amour, tout secours pour sa personne, pour son petit disciple, pour cet humain qui fait tant et tant d'efforts.

Donc il ne s'agit pas pour l'homme d'essayer maintes et maintes fois durant sa vie tous ces sauts à la perche pour enfin arriver un jour comme Roméo sur le balcon de Juliette et faire sa grande tirade d'amour. “Oh mon âme, ma très belle âme ! Remplis-moi de ta plénitude ! Voguons ensemble dans le cosmos ! Allons voir notre Père !” Si l'on s'imagine des choses pareilles, eh bien on ne pourra pas situer l'effort à l'endroit juste. Pas étonnant que l'on perde encore des énergies ! Et qu'au moment où il s'agit simplement de refrainer sa gourmandise, on n'y arrive pas puisque l'on a gaspillé tant et tant d'énergies dans des concepts complètement faux.

Commençons par penser juste ! Ainsi nous concentrons l'énergie et ainsi la volonté devient grande et ainsi au moment où je dois faire un déclic, un effort, toute l'énergie est là. Et je me découvre avec surprise qu'en étant maître de moi, mais je ne suis pas maître de moi dans le sens où je suis plus fort que les autres hommes, je suis simplement quelqu'un qui a pensé juste et qui, de ce fait, a concentré ses énergies pour l'action et le dépassement.

Penser juste

Comment je dois penser ?

Le petit homme et l'âme, comment je vais penser leur réunion ?

Comme il ne s'agit pas de faire des sauts à la perche, comme il ne s'agit pas de faire les lancers du poids par la télépathie ou la médiumnité, comme il ne s'agit pas non plus de tir à l'arc pour essayer d'attraper quelque chose en retour, il va s'agir tout simplement de se vider.

Qu'est-ce que ça veut dire et comment je dois m'y prendre ?

D'abord, qu'est-ce que ça veut dire ?

Qu'est-ce qu'un homme ?

Nous avons déjà posé la question tout à l'heure.

Qu'est-ce qui fait que moi, petit M, petit O, petit I, qu'est-ce qui fait que moi j'existe ?

Qu'est-ce que je suis vraiment ?

Le matin dès que je me lève, qu'est-ce que je suis ? Je m'aperçois que, tiens, je suis cette émotion qui s'aperçoit désagréablement que je dois me lever à 7 heures. Mais est-ce que c'est moi ? Non ! C'est mon émotion qui est surprise, désagréablement, qui voudrait autre chose.

Puis ensuite, moi, c'est quoi ? Eh bien, c'est le plaisir que j'ai à prendre un petit déjeuner. Moi, c'est le plaisir que j'ai à écouter la musique qui va me redonner un petit peu de sympathie vis-à-vis de la vie. Puis moi, ça va être ma capacité à me rendre sur mon lieu de travail en conduisant mon véhicule. Et puis moi, c'est l'attention que je vais mettre dans le travail. Mais tout ça, ce sont des activités. Ce n'est toujours pas moi, ma vie, mon essence.

Ce sont des notes qui résonnent, des notes sur un clavier qui résonnent à la rencontre de certains événements, obligations ou relations. Mais le joueur du piano, lui, il est tout à fait indépendant. Il n'est pas la musique qui est jouée. Il est le joueur. Et il est même celui qui écoute la musique et qui essaie petit à petit de rectifier les sons pour qu'ils deviennent du silence.

L'évolution, ce n'est que ça, c'est transformer le bruit en silence. Transformer l'égoïsme et l'égotisme en universalité.

Se vider, c'est cela. C'est considérer que tout ce qui en apparence fait mon moi demain, ce ne sont que des activités et pas vraiment moi.

Quand je comprends cela, mon égocentrisme commence à avoir une belle faille. Et cette faille, je peux désormais l'agrandir, l'agrandir, l'agrandir jusqu'à ce que mon égocentrisme n'existe plus.

À partir du moment où tout ce qui est attiré par mon égoïsme ou mon égocentrisme est relâché, abandonné, je deviens à même de me remplir de l'âme. Car ce qui est contraire à l'âme, c'est l'égocentrisme. C'est ce qui remplit le temple de bruit, c'est ce qui remplit le temple de poussière et qui fait que l'âme n'a pas d'espace pour entrer et demeurer.

Tandis que si je relâche ces notions, si je suis simplement une volonté en action, une volonté qui a des problèmes à résoudre - et non pas parce que ces problèmes sont les siens, mais parce que c'est un matériel de travail pour avancer, pour se transformer. Parce que tout est substance qui permet transformation, sublimation - à ce moment-là, je suis non seulement quelqu'un suffisamment vide pour attirer l'âme, mais je deviens une vraie ventouse, un véritable aimant qui va aspirer l'âme ici, sur la Terre.

Et le témoin que je suis, puisque je suis un homme et que j'existe vraiment, le témoin que je suis d'un seul coup va se sentir illuminé.

Mais il n'y a pas que toi qui sera illuminé par la présence et la grandeur de ton âme. Ton âme t'illumine par sa grandeur, par sa beauté, par son éternité. Mais toi aussi tu illumines ton âme ! Elle aussi va expérimenter une forme d'illumination en provenance de toi. Et quelle est illumination que tu lui apportes ? L'illumination de la sagesse, de la connaissance et du perfectionnement possible grâce à toi.

Ce n'est pas à sens unique ! Tiens, voilà un homme suffisamment décentré de lui-même, suffisamment pur...

Parce que pureté veut dire quoi ?

Ce ne sont pas les bonnes intentions, ce n'est pas un cœur rempli d'amour. Pureté, cela veut dire absence d'égocentrisme.

Pureté, cela veut dire absence d'égocentrisme.

Je peux être pure et administrer une fessée magistrale à mon voisin, pourtant cela ne va pas avec le cliché pureté. Cliché pureté insinue plutôt, je vais être tolérante, patiente, très gentille et tout accepter. Cependant voilà que j'administre une grosse fessée. Mais depuis ma pureté, cette fessée ne provient pas d'une colère. Mais c'est le seul instrument évident par lequel je peux aider mon ami, par lequel je peux briser un de ses mirages. Puisqu'il me permet d'intervenir ainsi dans sa vie.

Donc, il n'y a pas simplement un homme suffisamment pur dépouillé d'égocentrisme pour recevoir l'âme et ainsi l'illumination a lieu. Il y a aussi une illumination vécue par l'âme et c'est la sagesse.

Elle rencontre enfin la Sagesse.

La Sagesse

Vous allez me dire que c'est étrange de concevoir les choses de telle manière puisque pour l'homme, s'il veut devenir sage, il s'agit justement de rencontrer l'âme. Alors n'est-ce pas plutôt l'âme qui est le siège de la sagesse ? C'est ce que vous allez me demander !

Je dirais qu'il y a deux sortes de sagesse.

Il y a la sagesse à laquelle l'homme aspire et qui est la sagesse issue de la connaissance des plans subtils, des plans supérieurs, la connaissance de Dieu, la connaissance des Maîtres, la connaissance de la Nature.

Et puis il y a une sagesse qui ne provient que de l'homme malgré qu'il semble être un démon. Et c'est cette sagesse-là que l'âme est venue chercher.

C'est pour elle qu'elle se sacrifie en envoyant encore une fois un rayon dans la Matière, un rayon qui va souffrir, qui va croire par son égocentrisme à sa propre existence et aller même jusqu'à la mort.

Tout ceci pourquoi ?

S'il n'y avait pas une pierre précieuse magnifique à récupérer, à ressortir de cette boue, qu'est l'ignorance et de cette souffrance ? S'il n'y avait pas une pierre précieuse à prendre, pourquoi est-ce que l'âme déclencherait tout cela ? Et pourquoi est-ce qu'avant l'âme, l'esprit déclencherait tout cela ?

Quelle est la sagesse qui vient du règne humain, de l'activité humaine, des souffrances humaines ?

Eh bien, c'est une sagesse qui est maîtrisée grâce à la friction et à son mélange avec la volonté. Cette sagesse devient une création.

Ce n'est plus simplement la connaissance. L'âme est connaissance et qu'est-ce qu'elle fait de sa connaissance ? Si vous existez c'est bien parce que le seul coup toute la connaissance qu'elle possède, c'est un peu comme si cela ne lui servait à rien ! Et par rapport à l'âme qui est Connaissance, comment se fait-il que l'homme soit Action et se caractérise surtout par la Volonté ?

L'âme est donc une sagesse, connaissance passive. C'est-à-dire : je connais les atomes, je connais les chakras, je connais la substance des plans subtils, je connais tous ces fameux secrets initiatiques qui captivent tant le disciple. En tant qu'âme c'est mon savoir. Cependant, en tant qu'âme, même si je connais toutes ces choses, je ne peux pas pour autant fabriquer les mondes, administrer les mondes. Je sais ce qui est l'administration des mondes mais je n'arrive pas à produire l'administration des mondes ou je n'arrive pas à produire la cohésion des atomes. Je suis une connaissance mais un pouvoir éteint. Et ce pouvoir m'arrive en provenance des hommes.

Que représente l'Homme à ce moment-là ?

L'Homme est un être en mouvement. Vous le voyez bien, vous avez même du mal à rester plus d'une heure assis sur une chaise sans bouger. Donc ce qui vous caractérise, c'est un mouvement incessant, rapide, qui est comme un besoin vital. Ce qui fait que pour vous, la méditation est aussi quelque chose de complexe parce qu'apparemment opposée à la nature de l'homme. Il faut rester sans rien faire, sans rien faire physiquement, sans rien faire affectivement, sans rien faire mentalement. Voilà un gros problème !

[...]

Il m'arrive cette autre chose, donc le mieux c'est de faire cela. Ce n'est pas ainsi que l'âme s'instruit grâce à sa personnalité. Ce n'est pas en tirant des conclusions. L'expérience se traduit autrement pour l'âme.

Pour l'homme, c'est vrai dans un premier temps, il va dire : “Tiens, hier j'ai envoyé des gifles à mon voisin, résultat aujourd'hui il me les rend. Moralité : ne pas gifler mon voisin. Cette année, j'ai envoyé mes vœux à toute la famille, ce qui fait qu'à Pâques, tout le monde était content et tout le monde m'a envoyé des cadeaux. Donc, je retiens le code.”

Pour l'âme, ce n'est pas la même façon de s'instruire. Pour l'âme, tout l'intérêt se trouve dans le fait que lorsqu'un homme agit et apprend à agir, même si c'est au niveau humain et même si l'homme tirera une certaine conclusion, l'âme, elle, va puiser des feux et grâce à ces feux, elle va faire entrer son savoir en une phase de volonté qui plus loin donnera lieu à un pouvoir et à l'acte créateur suprême.

Ce qui fait que, au moment même où vous, en tant que personnalité, vous tirez des conclusions à propos de votre expérience, pour l'âme, une toute autre nourriture est en train d'être absorbée. Ce sont les feux. Il est important de comprendre que l'âme réintègre uniquement les flammes réveillées. Sinon, on ne comprend pas pourquoi l'on a des chakras.

Les chakras et les feux

Que sont les chakras ?

Mais ce sont les fours.

S'il ne s'agit pas pour l'âme de réintégrer les flammes réveillées, l'homme n'aurait pas besoin d'avoir tous ces petits fours. Il aurait simplement une pensée, il tirerait des conclusions : “Et voilà, on a renseigné l'âme. Écoute, tu es venue sur la terre, tu ne savais pas comment on plante des fleurs. Moi, je m'y suis entraînée et maintenant je te dis, on les plante comme cela à telle époque et voici le travail est fait.”

Mais comme pour l'âme, il s'agit de réintégrer des feux, il faudra donc que l'homme soit un petit four et déclenche des fournaises.

Les chakras sont des endroits où les feux sont en activité. Certains ont sommeil, certains commencent l'activité, certains sont en belle vitesse de croisière et d'autres sont dans des phases très fortes de combustion.

Car après la combustion, après l'intensification du feu, il y a création de l'éther.

La flamme qui est créée par l'homme ou les petites flammes qui sont créées par les hommes grâce à leur vie, grâce à leurs expériences, lorsque ces flammes sont menées jusqu'au bout de leur purification, cela se transforme en éther. Et c'est à ce moment-là que les chakras commencent à diminuer.

Autant il a fallu du temps, et passé à travers les différentes règnes, à travers les différentes espèces, pour aboutir à la création de tous les chakras que l'on trouve dans l'homme, autant à partir du moment où l'homme a fini de réveiller ses feux, les a poussés à la combustion complète pour déclencher le commencement de l'éther, de la fabrication de l'éther en lui, à ce moment-là, il commence à dissoudre ses chakras. Et c'est ainsi que l'incarnation humaine ne lui est plus nécessaire d'ailleurs. Car il n'y a pas 36 000 façons de s'incarner pour être un être humain. Il y a sept fours, soit sept portes, et ainsi on est un être humain. Mais lorsque l'on commence à dissoudre les chakras, cela veut dire en même temps que l'on s'éloigne du statut humain, des plans qui constituent l'humain, et ainsi l'on remonte dans le Cosmos. Pour aboutir à ne plus avoir qu'un seul chakra d'ailleurs, un chakra qui est là, du début jusqu'à la fin de votre expérience, et qui est le seul chakra où Dieu en personne réside et qui est celui au sommet de la tête.

Le Lotus à Mille Pétales comme certains l'appellent. C'est le chakra qui existe du premier au dernier jour. C'est la présence de Dieu du premier jusqu'au dernier jour. Du premier jour où il commence à être un homme, et du dernier jour où il existe et où il redevient à son nom la lui-même.

Pourquoi ces chakras sont importants et pourquoi est-ce qu'ils permettent la fabrication de ces flammes et l'intensification de ces flammes ? Tout simplement parce que chaque chakra correspond à un plan du Cosmos.

On décrit l'homme généralement comme ayant sept chakras majeurs. Et on décrit l'Univers comme ayant sept plans majeurs.

Il faut savoir qu'il existe d'autres plans en plus de ces sept. Dans certaines traditions d'ailleurs, on parle de huit plans, de neuf plans, de douze plans. Mais disons que ce qui constitue l'homme à destinée humaine, l'homme à destinée initiatique, l'homme qui doit rencontrer son âme, à cet homme-là, on ne parle que des sept plans, des sept grands plans cosmiques.

Ces sept plans, qui sont donc cosmiques, se retrouvent en l'homme par ces petites roues. Ce qui fait que l'homme transporte en lui des morceaux du Cosmos. Ces même morceaux du Cosmos qui réclament justement grâce à l'homme de devenir actif et intelligent, plein de pouvoir. Ces petits morceaux d'Univers, les petits morceaux de ces différents plans se sont projetés, précipités dans l'homme parce que, grâce à l'homme, ils peuvent ainsi redynamiser leur existence. Et non pas simplement être une idée dans l'esprit de Dieu, mais devenir le Pouvoir de Dieu.

Alors vous allez me dire : “Mais quand l'Univers existe, n'est-ce pas là le pouvoir de Dieu qui se manifeste ?” C'est la question que vous allez me poser, n'est-ce pas ? Car elle est très logique ! Et si vous avez quelque intelligence, c'est normal que vous la posiez.

Ceux qui ne l'ont pas posée, c'est simplement parce qu'ils sont déjà fatigués, et on voudrait bien se reposer un quart d'heure ! Eh bien, n'ayez pas de crainte ! Tu ne seras pas jugé ni critiqué, tu peux très bien reposer ton cerveau un quart d'heure et tu te remettras à l'écoute dans un quart d'heure. Peu importe ! Ce n'est pas le sentiment que tu auras raté quelque chose, car ce que j'essaie de te faire passer ce n'est pas un enseignement, ce sont plutôt des visions plus grandes. Et comme je répète toujours les mêmes choses, tu ne rates donc rien en un quart d'heure que tu te reposes.

Alors, pour ceux qui sont restés réveillés, nous continuons et nous allons essayer de bien ressentir, d'éprouver, de voir.

Ces plans cosmiques, projetés en petites étincelles dans un homme dans lequel ces plans existent et essayent de se dynamiser.

Maintenant, pour tempérer la raison, qui devient un vrai démon dès que quelque chose de paradoxal se réveille dans un discours, comment se fait-il que l'existence de l'Univers ne soit pas la manifestation du Pouvoir de Dieu ?

Voilà un problème pour la raison : “Il faut vite le résoudre sinon je vais m'effondrer ! Sinon, de seul coup, je ne vais plus pouvoir en un tout cohérent concevoir l'Homme, les Dieux et le Monde !”

J'aime bien te sentir de cette manière, sur une corde qui tend, qui te donne l'impression que tu vas tomber, parce que c'est à ce moment-là que tu essayes de voler tout seul d'ailleurs et pour moi c'est très intéressant. Mais il faut que je te donne un matériel pour voler.

Alors, la grande question que l'on se pose maintenant, l'Univers est-il la manifestation du Pouvoir de Dieu ?

Je te laisse réfléchir un moment.

...

Qu'est-ce que tu en penses ?

Eh bien, tu vas me dire que selon la logique de mon discours, apparemment l'Univers ne serait pas la manifestation du Pouvoir de Dieu.

Et alors tu me réclames : “Alors de quoi est-il la manifestation ? Où est ce sacré pouvoir de Dieu dont on nous parle tout le temps ? Que je prie chaque matin pour venir transformer ma vie, m'aider à assumer mon destin ? Parce que si tu m'apprends le seul coup que le Pouvoir de Dieu n'existe pas, alors invoquer Dieu n'a plus aucun sens !”

Et c'est là où enfin c'est moi qui rit. D'habitude c'est toi qui rit. Maintenant c'est moi qui rit parce que là tu viens vraiment de faire une blague, comme tu dis toi-même. Tu as enfin compris pourquoi tes prières ne sont pas exaucées ! Tu as enfin compris pourquoi, malgré que tu répètes des dizaines et des dizaines de fois la même pensée positive et que tu t'y acharnes, pourquoi ta voiture neuve n'arrive pas, pourquoi tu ne montes pas en grade dans l'entreprise, pourquoi tu n'arrives pas à faire fondre tes kilos par exemple ou à faire pousser tes cheveux, ou à te rendre les yeux bleus alors que tu les as verts. Tu viens enfin de comprendre ! Eh oui !

“Cet étrange Pouvoir de Dieu alors que j'invoque sans arrêt d'un seul coup, il semblerait donc qu'il n'existe pas. Et que je sois à l'endroit, et cela me fait peur parce que d'un seul coup je comprends que je suis petit. Même si on me promet d'être grand, d'un seul coup je m'aperçois que je suis petit parce que dessus il n'y a plus le toit nommé Dieu qui me protège, qui me couvre, qui me nourrit, qui m'envoie la sève ! Mais où il y est Dieu alors ? C'est ce que je me demande ! Où est-il est passé celui-là ? On en parle depuis le début et en fait où est-ce qu'il se cache ? Si l'Univers n'est même pas la manifestation de son pouvoir et si donc de ce fait je viens de comprendre pourquoi mes prières ne sont pas exaucées, pourquoi est-ce qu'il ne vient pas obéir à mes pensées en tant que pouvoir ? Où est-ce qu'il est Dieu ?”

Et tu as de plus en plus peur et plus tu as peur et plus tu te rapproches de moi et nous allons être bientôt ensemble.

Ose porter ta peur jusqu'au bout et comme dans l'exercice que nous avons fait tout à l'heure tu verras que tu ne fais que franchir une étape où existe la peur et que de l'autre côté de cette étape il n'y a plus la peur, il y a une autre vérité. Mais va jusqu'au bout de ta peur, parce que si tu ne franchis pas cette étape, tu vas rester à un endroit où il y a un petit rocher ou une branche ou ce qui t'apparaît être un recoin où tu peux t'agripper. Et c'est à ce moment-là que tu cherches le gourou, que très vite tu te précipites auprès de tous ceux qui peuvent te garantir que Dieu existe.

Tous ceux qui peuvent te démontrer l'existence de ce Dieu grâce à leur pouvoir par exemple. Leur pouvoir de matérialisation, leur pouvoir de guérison, cela rassure d'être en présence de ces gens parce qu'ils confirment l'existence de Dieu. Ce Dieu invisible, ce Dieu que je ne sens pas là-dedans. Ce Dieu qui me fait peur par son absence !

Continue ta peur, vas-y !

Vois à quel point tu es seul ou du moins à quel point tu te crois seul. À quel point tu te sens démuni du fait que d'un seul coup Dieu n'est plus au-dessus de ta tête.

Mais alors où est-ce qu'il est ? Hein ?

Allez, maintenant je vais te répondre.

Dieu n'est pas au-dessus de ta tête. Il est en toi.

Je ne fais pas un résumé pour conclure mon discours par une vérité après avoir prononcé de nombreuses hérésies. Il est en toi parce qu'ainsi est son destin.

Et c'est alors que tu te trouves confronté au concept de Dieu.

Qui est-il ? Que fait-il ? Que veut-il ? Où est-il qu'il se promène ? Pourquoi il se promène ? Qu'est-ce qu'il fait dans cette histoire ? Et qui sont ceux qui sont alors là-bas de l'autre côté, dans l'Univers, dans le Cosmos, comme régents des planètes, comme régents des directions cosmiques ? Qui sont ces êtres s'ils ne sont pas les représentants de Dieu ?

D'un seul coup que tu entres dans ce que toi tu vas appeler la grande confusion. Et pour nous, c'est l'instant où enfin tu commences à apprendre quelque chose. C'est enfin le moment où tu commences à penser juste, par la confusion que tu crées.

La confusion

Pourquoi ?

Parce que tout ce que l'on apprend quand on est un débutant crée des concepts très linéaires. Dieu est en haut, tout puissant, l'homme est en bas, tout petit, très pêcheur, les anges sont au milieu qui essayent de faire bon ménage entre un Père très exigeant et un enfant très farceur. On essaye en plus, puisqu'on est très enfantin, de s'attirer la bonne grâce des anges, on leur dit : “Surtout ne dire rien au Père parce que s'ils savaient que j'ai fait ça c'est la catastrophe ! J'aurais encore mon pain sec et mon verre d'eau pour la Noël, c'est pas possible !” Toute cette vision très enfantine de la vie et de l'Univers doit s'écrouler.

Le jour où je veux enfin commencer à concevoir juste et à comprendre et à marcher dans le champ des étoiles, il me faut passer par ce terrible instant qui est la confusion.

Et pourquoi est-ce que apparemment je passe dans la confusion ?

Pas parce que tiens, voilà une étape qui s'appelle confusion, mais parce que je dois démenter tous les concepts que j'avais autrefois, que j'ai construits grâce à ces enseignements linéaires.

Enseignements qui sont impératifs, je ne les critique pas comme étant faux et stupides, ils sont impératifs, ils doivent exister tels qu'ils existent tant que l'homme ne peut pas comprendre par l'intuition, tant qu'il n'est pas devenu une perception humide qui va ressentir le Cosmos, tant qu'il n'a qu'à disposition son mental concret et ses conclusions, il lui faut comme cela, des enseignements linéaires. C'est mieux que rien, cela sert à aller quelque part.

Mais à un moment donné la convulsion doit s'exercer, Dieu n'est plus en haut, ce n'est plus le Père, ce n'est plus le Pouvoir, ce n'est plus celui qui administre l'Univers. Dieu est soudain tout le contraire et cela m'est dur à accepter, parce que d'un seul coup si je remets Dieu en question, je me remets en question : mais qui suis-je alors ? Je ne suis plus l'enfant de Dieu, je deviens responsable de Dieu, je suis le Père du Père !

Je suis le Père du Père

Tiens, cela j'ai du mal à l'accepter ! Je préférais savoir que j'avais un Père là-haut qui s'occupait de tout, même s'il m'administrait des punitions par l'intermédiaire du karma et de tous ses agents exécutants. Mais au moins j'avais un Père, cela faisait tellement du bien !

Mais maintenant tu dois être un adulte, si tu veux être un disciple, tu dois mûrir, mûrir en un adulte qui accepte d'un seul coup de ne pas avoir de Père, mais d'être le Père. C'est à ce moment-là que tu renverses toutes les notions, tu ne regardes plus en haut, en invoquant, tu regardes en bas et tu essaies d'aider Dieu.

Le fait que tu sois un homme, que tu sois un mouvement, que tu sois une volonté en mouvement te permet d'aider Dieu. Ta partie Divine, si tu préfères. C'est à toi d'aller la chercher, c'est à toi de te dépouiller de tout ce qui n'est pas la divinité pour permettre à cette divinité enfin de s'exclamer : “Je Suis ! Je Suis !”

Exactement comme un plongeur remonte, remonte et arrive enfin à la surface et reprend sa respiration.

Pour l'âme, c'est la même chose, mais je sens que ça te tracasse, ce n'est pas vrai ?

Oui, tu ne peux pas me mentir, c'est normal, j'ai eu les mêmes tracas que toi.

Témoignage de Pastor

Figure-toi que j'ai été tellement tracassé dans les premiers temps où je recevais ces enseignements, que j'ai même refusé l'enseignement !

J'avais eu la chance d'approcher quelqu'un qui depuis m'a devancé de beaucoup, beaucoup, beaucoup dans la hiérarchie parce qu'il avait cette grande souplesse. Il n'avait pas peur ni de mourir ni d'exister, il n'avait pas peur de plonger que ce soit dans l'existence d'être un Dieu ou dans l'existence d'être un homme ou même dans la non-existence, rien ne lui faisait peur. Il avait complètement vaincu la peur, donc tous les enseignements pouvaient devenir une richesse immédiate et l'illuminer. Tandis que lorsque j'en étais à cet âge-là, et à ce moment-là de mon initiation, il y avait encore en moi de la peur. Parce que j'appartenais à une vague de vie qui était plus enfoncée dans la Matière que celui qui me servait de guide. Donc j'étais encore plus teinté par la vibration astrale de cette peur et il en reste toujours suffisamment pour représenter un problème pendant l'enseignement.

Lorsque j'ai compris que j'étais seul et qu'en plus que d'être seul, j'étais responsable de Dieu, de seul coup l'Univers ne me semblait plus quelque chose qui était bien rangé, bien construit, bien surveillé. Mais cela me semblait être quelque chose, au contraire, qui allait obéir à ma transformation, obéir à ma décadence ou à mon évolution. Et que l'Univers allait obéir en entier donc aussi à tous les autres hommes, à leur décadence ou à leur évolution. Et ceci m'a fait terriblement peur ! J'ai cru devenir fou ! J'ai pris ma tête entre les mains et je suis sortie en courant de cette chômière où l'on m'enseignait. Et je ne voulais plus revenir.

Comme il se trouvait que cette chômière était dans un endroit désert, je n'ai fait que m'enfoncer dans la forêt. Je peux dire que c'est ce qui m'a sauvé d'ailleurs parce que s'il y avait eu à proximité une ville, je me serais très vite replangé dans les affaires quotidiennes. Et j'aurais reculé ainsi de plusieurs incarnations l'occasion d'enfin avoir l'initiation et de comprendre quelque chose. Mais comme autour il n'y avait que de la forêt, que ces grands arbres immenses qui résonnaient mon désarroi et qui semblaient même m'agresser comme pour me punir de mon ignorance, de ma lâcheté. J'ai fini par écouter leurs messages. J'ai fini par voir la lâcheté qu'ils me démontraient. Et je suis retourné tout penot vers la chômière.

Et savez-vous cette chose étrange ? Chose étrange qui fait toujours la source de mon amour, même aujourd'hui, alors qu'il y a très longtemps que tout cela s'est passé. Et mon amour est toujours intact vis-à-vis de mon Maître ou celui qui l'a été à cette époque. C'est que mon Maître était là. Il n'était pas déçu puisqu'il n'a peur de rien. Il n'attend donc rien non plus de personne. Il était là et il continuait à fumer sa pipe tranquillement. Pour lui, c'est comme si je n'étais partie qu'une seconde, alors que j'étais parti des années. Pour lui, c'est comme si je n'avais pas vieilli, alors que je me sentais plus vieux. Il m'a demandé si j'avais faim, si j'avais soif, si j'avais eu des belles saisons, si j'avais vu les fleurs pousser, des choses tellement anodines que je ne pouvais même pas répondre. J'étais comme paralysé par la surprise ! Et en même temps, je sentais un flot d'amour gigantesque m'envahir parce qu'il me semblait qu'il me pardonnait complètement, qu'il ne me critiquait pas, qu'il ne me rabaissait pas et qu'au contraire, il me comprenait profondément.

Au moment où j'ai éprouvé cela, il m'a regardé dans les yeux et il m'a dit : “Oui, je comprends.”

À partir de ce moment, lui et moi, on ne s'est plus quittés. Je n'ai plus jamais eu peur parce que son courage était pour moi sans cesse un exemple. Je n'ai plus jamais senti mon crâne devenir fou face à quelque chose de terrible que l'on m'annonçait, face à des vérités qui sont des fois difficiles à accepter de prime abord. Je lui ai fait toujours une confiance énorme, mais non pas une confiance fondée sur l'amour pour lui parce que lui y était arrivé, parce qu'il était donc la preuve qu'on peut y arriver en n'ayant pas peur. J'avais confiance en lui parce que, d'un seul coup, il m'avait appris à ne plus avoir peur de moi et de mes limites.

Et chaque fois que je sentais que je pouvais me dépasser, grâce à la confiance que j'avais en lui et que je mettais en lui, je sentais qu'en même temps, c'était une limite que je détruisais en moi. Ce n'était pas un acte de foi que je reportais sur lui, mais que c'était une énergie qui me revenait et qui me permettait de détruire une limite qui était en moi. Et ainsi pendant des années, sans cesse et de façon soutenue et courageuse, ensemble, nous avons travaillé.

Il a fait de moi ce que je suis aujourd'hui, mais non pas parce qu'il m'a créé, mais parce que j'ai accepté les indications et qu'ainsi, à la suite de ces indications, j'ai pu me créer.

Si le Maître est aimé, ce n'est pas tellement parce qu'il va dire à l'homme : “Fais ceci, cela est vrai. Fais cela, cela est bien.” mais c'est parce qu'il sait, à un moment donné, par une preuve quelconque qu'il donne, ou par un amour quelconque qu'il diffuse, il sait détruire la peur qui est en soi. Et grâce à cette paix retrouvée, cette plénitude retrouvée, lorsqu'ensuite il dit : “Eh bien, vois-tu, cette substance dans tel plan et de telle nature, en exerçant la cohésion de la pensée ou l'attraction de telle idée, nous obtenons ceci et cela.” Au moment où il le dit, nous ne sommes pas des disciples en train d'apprendre et d'obéir à ce qui est dit, nous ne sommes pas des disciples en train d'apprendre et d'intégrer ce qui est dit. Nous sommes des intuitions, en plein voyage, en pleine perception, autour de la démonstration, car un Maître n'enseigne pas, il démontre, mais il ne peut démontrer qu'à celui dont l'intuition est réveillée.

Parce qu'il ne lui parle pas en langage, il lui propose un voyage grâce à des idées qui s'échangent, grâce à des mots.

La nature de l'homme libéré de la peur est telle que, avec des mots, il arrive à voyager dans le Cosmos. Mais oui ! Parce que les mots sont des idées et les idées appartiennent à des plans. Donc si je n'ai plus peur, lorsque je me mets à penser - et à penser juste bien sûr, parce que la pensée juste se trouve au delà de la peur - à ce moment-là, je monte sur le plan en question et je voyage sur le plan en question ! Et ainsi, il se révèle à moi.

Et je ne suis, à la suite de cela, pas en train d'adorer mon Maître parce qu'il m'a enseigné. J'ai un profond amour parce qu'il a eu le courage de me mettre face à ma peur ! Il a eu la persistance pour me remettre chaque jour face à cette épreuve, et chaque jour avec amour, sans me critiquer, sans me juger, sans me rabaisser, sans m'abandonner.

Si je vous parle de mon ancienne relation en tant que disciple d'un Maître, ce n'est pas pour faire confession de ce qu'était ma vie, mais plutôt pour vous démontrer ce qui doit vivre dans votre cœur, et en même temps pour vous rassurer de ce que vous trouverez si vous passez par-dessus ces peurs.

Mais revenons à notre interrogation.

Où il est Dieu ?

À partir du moment où il n'est plus en haut, le Père remplit de Pouvoir.

Qui est-il ?

Qui est l'Univers ?

Et comment se maintient l'Univers s'il n'est pas maintenu par Dieu ?

Voilà un gros problème.

“La maison était bien rangée, le midi était bien sur 12 heures, 6 heures étaient bien sur le chiffre 6, maintenant on veut me faire croire que le midi est à 3 heures ! Est-ce que ce ne serait pas là des séductions que voudraient exercer du esprit mauvais pour nous entraîner hors du droit chemin ?” Car la raison est pordue, elle essaie toujours de trouver le moyen de se détourner de cette confrontation à la peur. Et elle vous fera croire que le chemin de la sagesse, c'est d'aller vous réfugier dans telle et telle pensée, parce qu'elle ne veut pas être confrontée à cette libération. La raison a besoin de l'ignorance pour exister. Eh oui !

La raison a besoin de l'ignorance pour exister.

La raison c'est la logique de l'ignorance.

“Sois raisonnable !”, c'est ce que l'on vous dit tout le temps. Mais qu'est-ce que c'est être raisonnable ?

Un initié fait des choses qui ne sont pas du tout raisonnables ! Un initié abandonne sa famille, même si on lui dit ta mère est en train de mourir, il s'en va ! Il ne donne pas le dernier baiser d'adieu, il ne va pas manifester sa tendresse, il s'en va, il passe pour un monstre qui n'est pas raisonnable.

Enfin, c'était une petite parenthèse.

Où est Dieu alors et qui est Dieu ?

Et qu'est-ce que l'Univers ? Et aussi que sont les entités qui maintiennent cet Univers ?

Si l'on voulait méditer le sujet en réalité et en détail, il me faudrait des années voir plusieurs de vos incarnations pour vous guider vers cette perception juste. Seulement voilà, nous n'avons plus que quelques minutes, parce que de plus en plus on s'endort et c'est normal !

Donc, comment essayer de percevoir rapidement, succinctement mais pas trop faussement ce qu'est Dieu, ce qu'est l'Univers et qui maintient cet Univers ?

Je vais emprunter à la chrétienté une belle histoire qui résume tout, l'histoire de la crèche.

La crèche

Je vous en ai de temps en temps parlé sans approfondir le sujet. Aujourd'hui, je n'ai pas plus le temps de l'approfondir et comme je vous le dis, il me faudrait d'abord passer par des étapes nombreuses pour vous amener à la perception absolue. Et je vous fais confiance, comme j'ai fait confiance à mon Maître du temps où j'étais son disciple. Je vous fais confiance de méditer vous-même ce sujet, de transporter au travers de votre vie cette méditation et de continuer à l'approfondir chez vous.

Donc, pensons à cette crèche.

Minuit, l'étoile, la grotte, le petit Jésus, l'âne, le bœuf, la vierge Marie, le brave Joseph et tout le village autour qui arrive.

Gardez bien cette image en tête.

Maintenant, pensons en résumé au discours que je viens de faire : Dieu dans l'Homme, l'Homme incarné qui est Mouvement, Action, Volonté qui va de ce fait redynamiser le Père.

Qu'est-ce qui vous apparaît par rapport à la crèche ?

Oublions que cela est l'histoire de Jésus-Christ, sinon nous n'allons rien comprendre. Nous ne parlons pas de Jésus-Christ dans la crèche, nous parlons de l'histoire de Dieu, de l'aventure de Dieu.

Voici un enfant issu de ses parents qui eux-mêmes sont tangibles, la Vierge et Joseph.

Que représente la Vierge ?

La Vierge a porté l'enfant, elle a fait son corps, donc on peut dire qu'elle est la Matière. Elle est aussi bien la matière du Cosmos, qui paraît très éthérée, que la matière physique que l'on peut aujourd'hui toucher.

Et il y a Joseph. Qu'est-ce qu'il est ce Joseph ? Qu'est-ce qu'il représente ?

On l'oublie toujours, on parle toujours de Marie, il est très important de prier Marie, mais ce pauvre Joseph on dirait qu'il n'a servi à rien dans l'histoire !

Et ce n'est pas pour rien d'ailleurs si on oublie Joseph en cours de route. Cela provient d'un malaise qui existe dans l'Humanité, enfin dans l'occidental principalement.

Joseph est généralement l'Homme, mais en tant que fonction représente le mental. Et comme il se trouve que l'Homme se plaît à être un enfant, se plaît à imaginer Dieu, Papa, dans le haut des cieux, il est normal qu'il ne pense qu'à sa mère, donc qu'il se soit complètement fixé, rivé sur la Vierge Marie.

Tandis que Joseph, le mental, celui qui devrait nous mûrir, celui-là on le laisse à la porte parce qu'on veut rester dans les jupes à maman, et dans les bras de papa, sous sa sainte protection.

Bien sûr maman nous raconte des histoires, elle nous dit : “Mais ton père a des grandes affaires à régler, tu comprends, il est toujours dehors pour son travail. Tu comprends, administrer Sirius, administrer la Grande Ourse, administrer le Soleil, c'est un gros travail, alors il est toujours dehors. Mais il revient quand même une fois par an, à la Noël, c'est là qu'on le fête.”

Et c'est là qu'un beau jour, l'enfant qui grandit se dit : “Mais, est-ce qu'elle ne voudrait pas me faire croire encore au Père Noël celle-ci ?” Il a suffisamment grandi pour se dire : “Mais c'est fini, je n'y crois plus !”

Et c'est à ce moment-là qu'il se rappelle du bon vieux Joseph et qu'il se dit : “À quoi sert-il celui-ci ? Qu'est-ce qu'il pourrait m'apprendre ? Quelle est sa fonction ?”

Et si l'homme s'aperçoit qu'il dispose d'un mental, un mental qui va être déterminant pour créer la volonté.

Mental et Volonté

Quand je dis créer la volonté, voilà un concept encore qui dérape vers des idées qui peuvent être fausses. Mais je devrais perdre tellement de temps à vous empêcher de penser faux que finalement nous n'avancerions pas dans la description. Quand je dis créer la volonté, n'oublions pas que je parle d'un pouvoir potentiel rendu effectif. Il ne s'agit pas de créer quelque chose qui n'existe pas.

Par le mental, je vais devenir en apparence une entité, en apparence une individualité, en apparence donc un jeu. Il y a un jeu qui va dire, je veux, je décide, je prends, je désire.

Si au début, ces volontés sont toutes accaparées puisque cette impression d'être un petit moi, d'être une individualité persiste, cette volonté va tout accaparer, satisfaire le petit moi qui a l'impression d'exister. Et puis, on grandit, on se développe, ce moi se désintéresse de lui-même, devient de plus en plus universel et c'est alors que la volonté devient une pure volonté, ce fameux Pouvoir de Dieu que les hommes cherchent en l'invoquant auprès d'un Dieu qu'ils placent en haut.

Tu veux le pouvoir de Dieu ? Ne prie plus ! Dès demain ne sois plus égocentrique, dès demain ne sois plus égoïste et tu verras que ce pouvoir de Dieu, il va être en toi. C'est logique !

Mais en même temps, tu vas faire des efforts pour ne plus être égocentrique, tu vas voir à quel point l'égoïsme est enraciné, à quel point l'égocentrisme est enraciné. Dès demain tu ne seras plus vulgairement égoïste, tu ne seras plus capable de ne prendre que pour toi, tu penseras aussi à partager. Mais l'égoïsme ce n'est pas simplement cela, ce n'est pas que prendre pour soi, l'égoïsme et l'égocentrisme c'est aussi continuer à croire à l'existence de sa propre forme, de sa propre individualité. Et donc ce fameux mirage dont on discutait tout à l'heure.

C'est là que tu t'aperçois que l'homme tout de suite, maintenant peut se débarrasser des vulgarités, des grossièretés de l'égoïsme et de l'égocentrisme, mais qu'il y a certains mécanismes plus profonds, ceux-ci sont plus difficiles.

Est-ce que cela veut dire que tu dois en faire ta croix et supporter ? Cela dépend comment tu considères les choses.

Si tu es négatif, tu vas dire : “Bon eh bien je porte ma croix jusqu'à ce que j'ai suffisamment, par mes expériences, réveillé le pouvoir de Dieu pour qu'ainsi la réintégration totale se fasse.” Ça c'est si vraiment aujourd'hui tu es déprimé.

Si tu commences à comprendre quelque chose, si tu commences à vibrer comme l'un de nos frères, tu ne verras pas une croix à porter, tu verras simplement un Service qui continue. Et si pendant un certain temps ce Service continue à te rendre un peu ou partiellement aveugle, tu n'en es quand même pas dupe ! Tu ne peux pas être complètement aveugle à partir du moment où l'on t'a enseigné. Tu peux être un peu victime, si tu veux absolument utiliser cette idée, mais tu n'es pas dupe ! Donc tu deviens un acteur qui joue avec le matériel qu'il a à disposition, parce qu'il sait qu'il doit mener le jeu jusqu'au bout. Mais tu n'es pas la victime que tu te crois. Tu deviens un acteur ! Et tu prends plaisir à jouer et tu découvres que tu as une multitude de plaisirs accessibles et tout à fait légitimes qu'aucun Dieu ne te refusera, qu'aucun Dieu identifiera d'ailleurs aux attachements ou aux plaisirs de la chair, qui est le plaisir d'exister, le plaisir de rire, le plaisir d'être un humain ! Ça existe le plaisir d'être un humain, mais oui !

Tu dis “non”. Tu dis non pourquoi ? Parce que tu es négatif, parce que tu fais la liste des inconvénients à être un humain, on attrape la grippe, on attrape la coqueluche, on attrape des boutons, finalement on meurt ! Mais qui te dit qu'attraper la coqueluche c'est quelque chose d'aussi grave ? Qui te dit que mourir est quelque chose d'aussi terrible ? C'est ta vision de la chose. Si tu avais conscience de ta mort maintenant, comme tu en auras conscience au moment où tu vas mourir, tu verrais que ce n'est pas une chose terrible, pas du tout ! Alors tu ne verrais finalement pas d'inconvénient à être un humain.

Tu verrais que tu as des devoirs à accomplir, ça c'est certain. Alors des devoirs, c'est un peu ennuyeux. On préférerait ne prendre que les plaisirs, c'est certain. Mais si on voit à quel point les devoirs aboutissent au plaisir d'exister, alors on se dépêche de les accomplir ! Et on se dépêche de remplacer la migraine, la morosité, par l'amour, par une contemplation heureuse de l'existence des autres formes, qui forment des beaux tableaux d'artistes, comme les grands champs, comme les grandes montagnes. Et on prend plaisir à la création.

Puisque pour toi, aujourd'hui il n'y a aucun plaisir à la création, ou tu prends les plaisirs qui n'en sont pas, comme le plaisir de te dire : “Je suis beau, je suis grand, je suis intelligent !” S'il se trouve qu'un jour tu es bête et petit, tu n'as plus aucun plaisir d'exister, n'est-ce pas ?

Mais revenons à notre question fondamentale.

Nous avons vu que Dieu est dans l'Homme, dans l'Univers, parsemé, clairsemé dans tout ce qui existe, il est là. Cependant, je dis, l'Univers n'est pas le Pouvoir de Dieu. Alors qui forme, qui administre l'Univers ?

L'Homme et l'Univers

Voilà une confusion encore. Et ne laissons pas la peur nous mettre dans une voie de garage.

[...]

Que fait l'Homme au milieu ?

L'Homme est l'endroit de l'Univers. L'étape de l'Univers.

Ce n'est pas simplement tiens, un petit homme qui existe sur une planète. L'Homme est l'endroit de l'Univers où l'Esprit de Dieu, ce Grand Esprit auquel tu crois quand tu penses à Dieu, ce Grand Esprit que tu identifies au Pouvoir de Dieu, et le moment où l'homme reçoit cet Esprit de Dieu - non pas simplement comme une étincelle qui va voyager dans l'élément que représente l'Homme, comme l'étincelle s'est clairsemé dans tout l'Univers et voyage dans l'Univers - mais il reçoit cette étincelle comme un héritage Divin à restituer au Divin. Et le restituer en vie, en activité, éclatant de vie.

C'est là que l'Homme, même s'il est profane, est animé par cette intuition étrange, ressent cet impératif étrange de servir à quelque chose. D'avoir un but dans la vie. S'il n'avait pas un but cosmique, il ne se chercherait aucun but sur la Terre. Il se contenterait d'exister.

Les fleurs ne se cherchent pas un but. Les animaux non plus. L'homme oui. Même le plus profane, il a besoin d'un but.

Ce qui fait qu'il [...]

[...] peuvent s'ancrer tous les codes dus à la race, comme par exemple l'instinct de reproduction. Ici cela devient un but en soi. Ce n'est pas simplement reproduire des corps. Cela devient un but pour être heureux. Un but qui signifie pourquoi on est avec l'autre, pourquoi on s'est marié.

Donc on voit ainsi que l'homme n'est pas simplement un petit être issu de Dieu qui se corrompt avec tout ce qu'il peut rencontrer sur la Terre, qui a le devoir d'évolution et puis il retourne à Dieu.

Ce n'est pas à ce titre-là qu'il est l'enfant de Dieu. Pas du tout. Il est le plus purement du monde, Dieu.

Et plus spécialement, au moment où l'Homme existe. Où l'étape, où l'Univers se manifeste en tant que règne humain, en tant qu'Homme. Il est l'endroit où l'Esprit va descendre plus fort près de lui. Va se polariser dans le mental pour pouvoir devenir une Volonté. Qui fait qu'aujourd'hui vous avez envie d'évoluer, qui fait qu'aujourd'hui vous avez envie de suivre des séminaires pour vous sortir de la Matière.

Mais de la même manière que je l'expliquais tout à l'heure, vous interprétez mal cette impulsion. Vous avez l'impression que vous, en tant que personne, vous avez envie de sortir de la Matière. Que vous, en tant que personne, vous avez besoin d'évoluer parce que vous n'en pouvez plus de vivre cette vie quotidienne. Cependant, si vous pouviez lire l'intuition exacte, telle qu'elle arrive dans votre mental supérieur, même si vous en êtes inconscient, vous verriez que vous recevez l'ordre depuis l'Esprit de participer par vos actions à la libération de l'étincelle Divine pour lui permettre de remonter dans les plans.

Maintenant que vous appeliez cela votre propre évolution, c'est affaire de vocabulaire, c'est affaire de concept. Si vous vous sentez plus motivé par ce concept-là en pensant “mon évolution, ma libération”, eh bien utilisez un temps ces concepts. Mais ne soyez pas dupes parce qu'à un moment donné, vous verrez que vous ne pouvez plus penser de la sorte. Vous êtes obligé de penser que vous portez Dieu. Vous allez le ressentir. Ce qui fait que vous ne pourrez plus jamais être un être humain normal. Tout votre devoir iront vers cette couvée.

Ce qui fait que là, oui, vous allez devenir un démon pour les autres.
Là, vous allez faire des choses qui ne sont pas raisonnables du tout.
Là, vous allez abandonner votre vieille mère.
Là, vous allez abandonner votre frère.
Là, au lieu d'aider votre frère, vous allez encore plus l'enfoncer s'il s'agit pour lui justement de comprendre davantage.
Et toutes ces choses ne sont pas raisonnables.

Mais à partir du moment où l'on n'est plus tout à fait humain, on n'est plus raisonnable non plus !

C'est à ce moment-là la nécessité de la libération qui s'impose et qui dicte ses critères. Et cette nécessité ne fait pas partie de la culture de l'Humanité. Donc pour vous, il est ensuite difficile d'être compris par les autres.

Il ne faut pas être déprimé et puis se dire : “Eh bien voilà encore une croix qui s'ajoute à l'autre croix et qui s'ajoute à l'autre croix et l'autre croix.” Et puis s'apercevoir qu'ainsi, on n'arrête pas d'entasser des croix et qu'il faut supporter, se sacrifier ! On est vraiment déprimé aujourd'hui !

Si tu commences à être un peu notre frère, si tu commences à vivre léger avec un bagage léger, avec la joie dans le cœur et sans la peur, tu ne vas pas te dire : “Tiens voilà encore une croix à supporter les autres en plus !” Tu vas au contraire voir que cela est très utile. Car du fait que l'autre ne t'accepte pas tout à fait, ne te comprend pas, te critique, essaye même de t'empêcher de faire telle et telle chose comme tu sais que tu dois le faire, tu t'aperçois que cela teste ta Foi. Que cela éprouve si oui ou non tu as la certitude de telle et telle connaissance, si tu as la maîtrise de telle et telle énergie, si véritablement, définitivement tu es loin de la peur qui adombre le règne humain.

Car qu'est-ce que c'est qui fait que, d'un seul coup, tu vas trouver que la croix est lourde à porter ?

Réfléchis un petit peu.

Parce que de nouveau tu as peur de l'autre, tu préférerais qu'il te comprenne ! Parce que dans son esprit tu veux être un être bien qualifié, bien jugé, bien accepté, homologué, très bon spirituellement, très bon socialement. Mais toi qui entame une quête spirituelle, qui est prêt à faire les choses que même d'autres ne comprennent pas, tu n'es pas prêt, cependant, à assumer leurs critiques, leurs regards, leurs rejets. Tu n'es pas prêt à voir dans leurs yeux le fait qu'ils te traitent de monstre ! Tu veux qu'ils t'aiment, tu veux continuer à faire partie de leur groupe parce que c'est ce qui te permet de ne pas avoir peur. Parce que si on est plusieurs, on se serre les coudes et on n'a plus peur.

C'est une façon illusoire bien sûr d'éloigner la peur, mais c'est ce que les humains font sans arrêt. Et c'est pour cela qu'ils se regroupent, parce qu'ils ont peur s'ils sont tout seuls !

Donc, soit tu es déprimé et tu ajoutes une croix, mais très vite tu réintégreras le groupe des raisonnables. Soit tu es fort, soit tu es décidé à être confronté à cette peur et tu fais quand même ce que tu sens que tu dois faire.

Attention ! Ces indications viennent par l'intuition, ce ne sont en aucun cas des caprices !

Mais continuons encore un peu et ensuite je vous laisse rentrer dans vos foyers.

Continuons un peu la perception, la pénétration vers la vision de cet Univers qui a toute la tête en bas, alors que je lui croyais la tête en haut avec Dieu normalement assis sur son nuage.

Parce qu'à ce moment-là, je me demande, avec l'explication que j'ai eu, je me demande comment l'Univers - non plus qui a créé l'Univers, puisque j'admire que ce sont les anges et les archanges, toutes les Hiérarchies qui sont beaucoup plus avancées que moi qui ne suis qu'un homme maintenant - alors je ne me dis plus qui, je me dis alors comment et pourquoi. Il a bien fallu que de quelque part, puisque apparemment si je suis la logique de ton discours, seul Dieu existe et il existe partout, sous des formes plus ou moins avancées, plus ou moins illuminées, mais il n'y a que Lui qui existe. Donc il n'y a que Lui qui a pu donner l'heure de départ, c'est quand même Lui qui a décidé quelque chose, c'est quand même Lui qui a fait un peu quelque chose !

C'est la question logique que maintenant tu vas me poser.

Si j'avais beaucoup de temps, je pourrais t'aider à penser autrement, mais je ne dispose pas de tout ce temps.

Alors je vais prendre le risque, le risque de te parler, en sachant très bien que de toute façon tu vas construire des idées fausses. Et c'est le risque de l'enseignement fait à court terme. L'important c'est que quand même tu commences à penser un jour et que tu commences à penser à propos de quelque chose, même si c'est un peu faux. Tu as déclenché un processus et toute la Nature convergera vers toi pour te faire penser de manière correcte, de manière plus grande, avec une dimension chaque fois plus ouverte.

Donc, quand est-ce que ça a commencé ?

Est-ce vraiment Lui qui a finalement lancé le ballon, même si ce sont les autres qui jouent la partie ? Les autres comme les anges, les archanges et les hommes.

Ça te démange n'est-ce pas ?

Tu voudrais bien que finalement au début de tout, ce soit vraiment Lui qui existe. Ça permettrait à la boucle de se boucler, à la pyramide de se fermer, au triangle d'exister et à minuit d'être vraiment sur le chiffre 12.

C'est là où pour la première fois, je vais te dire : tu as raison.

Mais pour comprendre, il va te falloir pousser ta méditation très loin pendant des années.

Comprendre pourquoi celui qui est tout, celui qui n'existe pas d'ailleurs en tant que être, comme l'individu identifie l'existence d'un être. Nous parlerons plutôt de substance, sans pour autant lui enlever son aspect sacré et sa conscience qui fait que cette substance est une existence.

Bien sûr, c'est Celui-là qui à un moment donné se retourne dans sa propre peau.

Qu'est-ce que je veux dire ?

Quand je dis peau, je parle de cette Matière éternelle qui n'est pas une matière solide comme celle que l'on rencontre. C'est une matière que l'on pourrait qualifier de spirituelle. Cette Matière, même subtile, très spirituelle, existe en Lui et, cycliquement, la Conscience se retourne dans sa Matière, sa propre Matière. Ce qui donne lieu à une sorte de souffle. D'autres pourraient appeler cela une friction. Cette friction fait que une part de la Matière spirituelle d'un seul coup devient plus dense et devient une Matière Cosmique. Et cette Matière Cosmique devient l'endroit où ensuite un reflet de Dieu ou de cette Conscience va exister. Et c'est ce reflet qui va se fracturer.

Parce qu'à partir de ce jour J - bien que là je ne veuille pas faire l'introduction de la notion du temps, c'est très difficile de discuter de ces choses - à partir de ce jour J, il n'est plus question d'être une Unité, tout va vers la multiplication !

Bien sûr, tous les enfants vont dire : “Mais pourquoi ? Mais pourquoi ? Mais pourquoi ?” Il y a un pourquoi à chaque chose, c'est certain. Mais si vous me terrassez à la suite de tous les pourquoi, à chaque fois qu'une réponse arrive, nous sommes ici pour des semaines, sans que jamais ni vous ni moi n'ayons recours au sommeil ! Encore moins la pause cigarette ! Nous avons encore bien d'autres dialogues à faire ensemble pour qu'au fur et à mesure nous voyons tous les concepts.

Donc le voici que, étant sorti, ou d'une certaine manière sorti, Il se fracture et la multiplication commence.

Maintenant vous allez me dire : “Mais alors d'où viennent tous les anges, tous les archanges, tous les Dieux créateurs, toutes ces Hiérarchies dont tu nous parles si souvent ?”

Eh oui, il faut bien qu'elles existent quelque part. D'où viennent-ils ?

S'il y a eu un moment où tout semblait comme réabsorbé, comment se fait-il que d'un seul coup on les ait recréés ?

Eh bien c'est là où il faut comprendre que l'Univers, puisque l'Univers est la grande idée de Dieu et que les êtres ne sont même que des idées plus ou moins évoluées. Et comme Dieu est une Grande Idée, toutes les petites idées peuvent facilement s'inclure dans la Grande Idée qu'est Dieu. Ce qui fait que l'Univers n'a pas de fin, la vie n'a pas de fin et on peut facilement la qualifier même d'éternelle puisqu'elle recommence sans arrêt. Et cela devrait te faire plaisir !

Puisque chaque fois que par retournement dans Sa peau, chaque fois qu'il y a fracture, multiplication, il y a des étincelles qui sont envoyées dans les aspects les plus bas de l'idée et qui remontent...

Mais certaines n'arrivent pas à remonter jusqu'au seuil de Dieu, certaines restent en cours de route. Vous voyez bien les efforts difficiles que vous devez faire sur vous-même, voyez bien l'inégalité qui existe sur la Terre et même sur la Terre parmi les gens de votre propre race. Vous voyez bien qu'il y a d'un côté les profanes endurcis et de l'autre côté des initiés. Vous voyez bien qu'il y a des clans sur Terre où apprendre l'alphabet pour l'homme est un effort trop difficile, comme s'il n'avait pas suffisamment d'intelligence alors que pour un autre il s'agit déjà de composer des satellites.

Eh bien, de la même manière, dans le Cosmos, il y a des familles d'esprits qui arrivent sur certains plans et stoppent là. Parce que la qualité de leur effort n'est pas suffisante et au moment où il y a de toute façon ce Grand Repos de Dieu que l'on appelle le Pralaya. Toutes ces existences qui ne sont en fait que des idées même, si elles sont vives puisque vous vous existez, eh bien, toutes ces existences sont comme pris dans la Grande Idée de Dieu.

La technologie actuelle me permettra de parler de disques durs et de disquettes. Dieu c'est le disque dur et il y a plusieurs disquettes qui sont les différents plans. Les hommes à eux seuls sont des disquettes et il y a des petites disquettes sur des grandes disquettes, c'est à dire les petits hommes sur des plans. Une petite disquette, par ses efforts, arrive à intégrer un certain nombre d'expériences donc d'évolutions et se situe par exemple sur la disquette rose. Mais il se trouve à ce moment-là, l'énergie dégagée pour la manifestation se résorbe et donc l'on commence ce que l'on appelle un repos, le Repos de Dieu. Il va sans dire que cette disquette, la grande disquette va être rangée dans le disque dur et qu'au moment où de nouveau ce grand rythme du Cosmos redéclenchera l'activité de l'ordinateur, la disquette sortira du disque dur et continuera à exister en tant que disquette et elle reprendra son travail au niveau où elle l'a laissé. Grâce à un manipulateur tout frais, tout neuf, tout jeune qui lui permettra d'aller plus loin.

Et c'est ainsi que la vie n'a pas de fin.

Vie Éternelle

Non pas parce qu'un jour elle aboutit à devenir éternelle, comme le croient les catholiques et certains disciples enfantins, ils se disent : “On existe tous d'un coup, on évolue tous d'un coup et puis on devient tous éternels d'un coup.” La vie est éternelle parce qu'elle n'a pas de fin et que celui qui n'a pas fini sa soupe aujourd'hui, eh bien il la finira demain. Et que demain, lorsqu'il aura fini, il reviendra pour apprendre aux débutants à faire sa soupe, à manger sa soupe. Et puis en ayant aidé à comprendre cela, il passera sur un plan supérieur, il ne sera plus celui qui aide l'élève à faire sa soupe à l'avaler mais il sera celui qui fera pousser les légumes parce qu'il faut beaucoup de force, beaucoup de créativité pour permettre à un légume d'exister. Il faut pouvoir faire entrer les atomes dans une cohésion parfaite qui donne lieu à toute cette manifestation !

La Vie est éternelle parce qu'elle se perpétue.

Alors vous allez me dire : “Mais alors moi, est-ce qu'un jour j'aurai une fin, est-ce qu'un jour je peux me dire : voilà, c'est le moment où je pose mes valises, je rencontre Dieu, je repasse le seuil du manifesté et enfin je suis tranquille et on ne parle plus de tout cela ?”

Ça c'est la raison de nouveau. On est tellement raisonnable qu'on en est très logique, c'est normal.

Et moi je vous pose la question : est-ce que cela a de l'importance ?

Quand Dieu se retrouve lui-même, quand il n'existe plus que lui, est-ce qu'il y a un petit Paul pour se rappeler qu'il a été Pierre, Paul, Jacques, Josephine, Adeline, Prosper, Mérimée et puis qu'il est arrivé enfin au seuil de la manifestation et qu'enfin il est retourné au grand repos ?

Non, il n'y a plus que Dieu !

Nous avons l'impression d'exister, nous avons l'impression de redevenir Dieu, mais en fait il n'y a que Dieu qui existe, que Dieu qui replonge dans son Univers et qui en ressort et qui respire à travers ça !

Le fait que l'on pense qu'éventuellement l'on va donc revenir après avoir été des Grands Maîtres, après avoir été des Grands Anges créateurs, des Grands Archanges, des grands, grands, grands, plus grands que l'on puisse imaginer, le fait que l'on pense à la douleur de revenir, cela veut dire qu'il faut encore travailler l'intuition et que donc l'on ne connaît pas Dieu.

Nous, nous n'existons que pendant le temps de la manifestation. Nous avons la sensation d'exister. Alors que Lui, il existe tout le temps et sans arrêt, aussi bien dans Son repos que dans Sa manifestation. Et c'est toujours Lui qui revient, ce n'est pas toi qui revient. Même après que tu aies fini tout le voyage et toute l'évolution, c'est Lui qui reviendra. Toi, tu n'existeras plus !

J'ai essayé de vous entraîner dans des eaux un peu complexes. Si vous n'avez pas pu me suivre, si vous n'avez pas pu comprendre, ce n'est pas grave. Je ne vous demande même pas de me croire. Je vous ai confié ma propre confusion et ma propre révolte et j'accepte donc la vôtre si vous l'éprouvez, peu importe. Mais le fait même que vous ayez entendu quelque chose, que vous ayez un instant essayé de penser selon ma réalité, définitivement cela vous propulse vers une évolution qui va s'imposer à vous quoi que vous vouliez faire de contraire. Ce qui fait que petit à petit, vous allez être amené à lire soit des livres qui parlent de cette réalité, soit dans vos méditations, vous allez trouver les confirmations de cette réalité, soit vous ne pourrez trouver aucun bonheur à penser ce que vous pensiez autrefois, même si vous ne savez pas encore ce que vous devez penser aujourd'hui.

Et pour conclure d'une manière légère et pour vous rassurer, eh bien en attendant, en attendant de savoir si j'ai raison, en attendant de savoir si je suis un fou complètement délié dans le Cosmos, qui fume peut-être un peu du hasch, qui sait s'il n'y en a pas là-bas ? Eh bien en attendant de savoir si tout cela est vrai ou si je suis un fou et si vous perdez votre âme à venir près de moi, eh bien soyez simplement heureux d'être des hommes, heureux de pouvoir penser, heureux de savoir que vous êtes Dieu, même si pour l'instant il ne vous semble que vous n'êtes que Paul ou que Jacques. Soyez satisfaits des quelques trésors que vous possédez ! Soyez satisfaits des quelques pouvoirs comme le pouvoir de la pensée que vous possédez ! Et comparez-vous aux fleurs ou aux légumes ou aux oiseaux ou aux montagnes, toutes ces choses ne peuvent pas penser. Toi tu penses, c'est un trésor que tu as !

Toi tu penses, c'est un trésor que tu as !

Tu n'as pas encore la Grande Volonté parce que tant que tu penses que tu n'es qu'un être humain, cette Grande Volonté en provenance du Principe du Père, du Principe Cosmique, eh bien cette Volonté tu ne peux pas encore l'exprimer.

Mais au fur et à mesure, par ton mental qui permet les expériences, par ta raison quelques temps, tu vas découvrir que tu n'es pas très intéressé par toi-même en vérité. Tu vas devenir sans égoïsme, sans égocentrisme. Et c'est à ce moment-là que la pulsion du Père va sortir de toi. Et non pas, quelque part du ciel, comme si tu avais rencontré Dieu, mais le Principe que tu transportes et qui est Dieu va pouvoir sortir et jaillir et commencer à prendre en main sa propre Libération.

Libération

Tends-lui cette main !

En te dépouillant de ton égoïsme, tends-lui cette main !

Ton égoïsme n'est pas un péché ou un défaut. Je ne veux pas que tu sortes de cette pièce en pensant cela ! Si tu penses cela, nous n'avons plus rien à faire ensemble, tu n'as rien compris ! Tu as des pensées complètement arriérées ! Qu'il te faut absolument réviser si tu vas être capable de te tenir debout et non plus de ramper comme un singe. Ce sont les singes qui se chargent de pécher !

Pourquoi ?

Pourquoi ce sont les singes ?

Pourquoi je traite l'homme de singe à ce moment-là ?

Parce que je veux faire un trait d'humour ? Pas seulement !

Le singe, dans sa nature, est très soucieux. Il croit qu'il porte le Péché du Monde. C'est pour cela d'ailleurs qu'il obéit à l'homme, qu'on peut l'apprivoiser. Parce qu'il porte une culpabilité. Il me faudrait beaucoup de temps pour te parler de cette culpabilité et puis cela réveillerait en toi peut-être encore plus de révolte que j'ai réveillée maintenant. Alors, je ne vais pas te parler des singes.

Mais sache que ton orgueil, ton égoïsme, ton égocentrisme ne sont pas des péchés, ne sont pas des défauts. C'est un mirage !

Je veux que tu sortes d'ici le cœur léger, frais, que tu sentes la Dignité Humaine.

“Je n'ai pas de péché. Je colporte des mirages. À cause de ces mirages, je fais des erreurs. Je deviens une nuisance pour mes frères et mes sœurs. Et ce n'est pas un péché. Je ne suis pas un homme-singe. Je suis un Homme ! Il faut simplement que je comprenne mon statut d'Homme et surtout mon statut Divin.”

Instruis-toi à propos de ces choses !

Si je n'ai pas réussi à t'instruire ce soir, continue à t'instruire auprès d'autres personnes ou auprès d'autres livres. Peu importe celui qui arrivera à te faire comprendre ces choses. Nous ne sommes pas jaloux du tout entre nous ! Nous ne voulons pas absolument avoir fait le meilleur travail. Lorsque nous nous réunissons dans le cénacle, nous ne nous attribuons pas des bons points. Mais il est vrai que nous considérons le succès. Non pas comme un succès personnel, non pas comme une lumière personnelle, mais ce sont des démonstrations de la maîtrise que nous avons sur votre substance mentale, de la maîtrise que nous avons quant à la compréhension de vos problèmes dans votre réalité, de la maîtrise que nous avons quant aux mots, à la dialectique juste pour vous faire sortir de vos problèmes en vous faisant supposer, percevoir la réalité qui est sitôt après. Cela nous sert en fait de test initiatique. Il n'est pas question de grandeur personnelle, mais bien de travail fait en commun.

Il n'est pas question de grandeur personnelle, mais bien de travail fait en commun.

Mon travail est de vous faire changer l'état d'esprit. Le vôtre est de continuer cette transformation pour que votre Dieu intérieur se réveille.

Dans ce travail, je ne désire pas être votre guide, je ne désire pas être votre Maître, ni même votre grand frère. Ce que je veux, c'est simplement être une source capable de couler, capable d'être bue surtout. Car il y a toutes sortes de sources. Des sources amères, parce que la réalité est souvent amère. Alors si on en parle trop vite, trop fort, trop vrai, elle ne passe pas. Et puis il y a des sources pas claires, parce que certains n'ont pas la vision de la Vérité ou du moins de la vérité qui doit vous être administrée.

Si j'ai une ambition, et je me la pardonne - je ne dis pas que Dieu me pardonne, vous remarquez - si j'ai une petite ambition ou du moins si j'ai une motivation, c'est uniquement d'être une source qui peut être bue par vous. Bien sûr, c'est limité parce qu'elle ne s'adresse qu'à vous, qu'à votre façon de boire et qu'à ce que vous pouvez boire. Je ne prétends pas pouvoir enseigner le monde ni tous les occidentaux. Je ne prétends pas pouvoir enseigner au travers des siècles. Car ce qui est dit aujourd'hui est pour aujourd'hui sortir l'homme de sa torpeur. Ce n'est pas pour le sortir de la torpeur qu'il aura dans 500 ans ou dans 10 000 ans, ce sera une autre torpeur.

Donc je suis conscient que nous ne sommes que des instants, des déclenchements, dans un instant précis. C'est pour cela qu'il ne faut pas vous cristalliser sur moi en pensant que je suis un frère, en pensant que je suis un guide ou un Maître. Je suis cela, c'est vrai, mais pour moi-même ! Je suis mon Maître, je suis mon guide, je suis mon frère. Pour vous, je veux être simplement une source d'aujourd'hui et de maintenant.

Et c'est d'ailleurs pour cela que j'accepte de vous revoir si souvent parce que les jours passent très vite et chaque jour vous avez d'autres problèmes. Chaque jour j'essaye d'y répondre avec d'autres idées.

Envoi

C'est sur ces quelques mots que maintenant je vais vous laisser.

Sur quoi vous devez réfléchir dès demain lorsque vous serez librés à votre vie ?

Essayez, non pas de penser à tout ce que je viens de vous raconter, c'est inutile. Je sais bien que les grands discours plaisent énormément, mais ils sont toujours inutiles. En fait, j'aurais pu vous dire exactement la même chose en trois minutes et en quelques mots.

Tu es victime de ton égocentrisme qui lui-même n'est qu'un mirage.

Essaye dans une méditation profonde et de chaque instant de voir et de t'apercevoir de ton égocentrisme. Et non pas avec la sensation ou la connotation de péché, mais simplement pour voir les mécanismes de la personnalité.

N'y ajoute pas la valeur morale, le jugement moral, sinon, tu es perdu et tu deviens un singe et mon Dieu, tu seras poilu dès demain ! Tu auras beau essayer de t'épiler, les poils reviendront ! Parce qu'un singe, c'est un singe.

Ce qui est très marrant, c'est de voir que la plupart des singes sont venus sur le corps et pas à l'endroit que vous appelez le fessier. Ils ont l'air d'être culs-nus et c'est très marrant pour les humains. Parce qu'encore une fois, ils transportent leur honte. Mais on en parlera une autre fois.

Puisque vous les humains, vous faites le contraire, vous montrez la figure mais vous cachez le fessier, surtout ! Ce qui prouve bien que l'homme n'est pas à l'endroit de la honte mais de la liberté. Qu'il ne porte aucune honte mais qu'il peut s'accorder toutes les grandeurs s'il le veut, s'il me croit un petit peu.

Donc dès demain, observe les mécanismes de la personnalité. Regarde ce qui te fait agir en tant qu'égoïsme et égocentrisme. Ne te juge pas !

Ne te contente pas simplement de constater. Passe à la vitesse supérieure ! Et à l'instant où tu es à même de voir ton égocentrisme, lâche-le ! Exactement comme tu lâches un poids, comme tu lâches un cactus qui te fait mal dans la main. Lâche !

Et pour t'aider à lâcher, rassemble ou tes énergies dans le centre cardiaque, ou tes énergies dans le centre frontal, ou dans le centre à mille pétales au-dessus de la tête, en chantant le mantra ou en priant Dieu. Fais ce que tu veux ! Motive-toi de la manière qui t'es la plus accessible mais fais-le.

Et tu verras qu'en peu de temps, tu seras comme moi, tu marcheras la tête en bas et les hommes ne trouveront pas ça raisonnable !

Je te salue.

(Date de la conférence : 20 10 1991)

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