S'ouvrir à la Lumière

Psychologie Cosmique

04-05-90 — 1/4

S’ouvrir à la Lumière.
Rester dans le juste milieu.

 

Question :

Pourriez-vous définir le travail de l’aspirant à travers les différentes phases du chemin de l’évolution, c’est-à-dire le chemin de probation, le sentier du disciple, le sentier de l’initiation.

Je vous salue.
Soyez les bienvenus dans ce dialogue et comme je le dis à chaque fois, et comme je suis en terre nouvelle, je vais le dire encore plus fort aujourd’hui. Je préfère que cela soit un discours de cœur à cœur plutôt que d’esprit à esprit.

Comme je le dis à chaque fois, je ne voudrais pas que vous soyez venus ici avec des oreilles prêtent à écouter tout ce qui va être dit, comme s’il s’agissait surtout de prendre des informations. Au contraire, essayez de situer l’écoute dans votre cœur.

Qu’est-ce que cela veut dire ?
Situer l’écoute dans le cœur ne veut pas dire qu’il ne faudra pas écouter les paroles, ni juger la parole, ni intégrer l’idée. Mais il faudra surtout essayer de s’ouvrir. Comment s’ouvre-t-on ?

On s’ouvre en ayant une attitude intérieure propre à l’ensemencement. Il y a beaucoup des choses mystérieuses sur la voie du disciple, et je rejoins là, la question qui m’est posée.

Comment évoluer, quel est le chemin de l’aspirant, quel est le chemin qui mène en fait des ténèbres à la lumière, et plus loin que la lumière, au nom de Dieu ?

Comment s’ouvrir pour petit à petit reconnaître cette lumière, s’ouvrir à la lumière, faire un avec la lumière. Reconnaître la lumière, là est un gros problème pour le disciple. Beaucoup d’individus lisent énormément de livres, certains plus chanceux ont en plus des expériences, d’autres ont certaines épreuves qui les renforcent, qui les nourrissent. Cependant, le moment où l’on ouvre un livre, où l’on écoute un discours, où l’on a une épreuve, une expérience, le disciple, l’aspirant et même parfois certains jeunes initiés se retrouvent quand même devant une énigme : reconnaître le bon comportement, reconnaître ce qui est juste, le vrai, la voie, la lumière.

Dans un premier temps, c’est à la résolution de cette énigme que va travailler le disciple, reconnaître le bon comportement. Celui qui est donc testé par la lumière elle-même, pour savoir si la lumière en entrant dans cet individu saura y trouver une place propice pour un rayonnement, ou si au contraire, en y rentrant, la lumière va brûler l’individu et le handicaper pour de nombreuses incarnations.

Il faut donc, chaque fois que l’on fait un pas, non pas être content de s’être instruit, d’avoir vu autre chose, expérimenté quelque chose de nouveau, il faut chaque fois mesurer la part de possibilité de choix que l’on a pu acquérir.
En étant dans telle ou telle expérience est-ce que j’ai pu obtenir un mûrissement nécessaire pour le reste de mon développement. C’est-à-dire, est-ce que j’ai appris à juger, est-ce que j’ai appris à voir jusque dans le cœur des choses. Si l’expérience ne me donne pas cette occasion, ce discernement nouveau, je ne peux pas appeler cette expérience une expérience initiatrice. C’est tout simplement une expérience qui vient vers moi et qui un jour peut être blanche et le lendemain noire. Cela n’a rien à voir avec un impact initiatique.

En ce sens il faut que certains disciples cessent de regarder la marque initiatique derrière chaque mouvement de la vie. Comme si, exprès pour l’aspirant, la vie se faisait tout entière initiatique, rien que pour lui.
La vie est ce qu’elle est, et l’aspirant qui regarde sous chaque pierre la marque de l’initiation, est une marque en fait d’égocentrisme. Il regarde que lui aspirant est éveillé sans cesse à chaque seconde par la lumière initiatique et que cette lumière le baigne à chaque seconde et qu’à chaque seconde cette lumière trouve le moyen de lui faire comprendre quelque chose et de l’emmener quelque part. C’est de l’égocentrisme à l’état pur. Et lorsque l’on traîne de l’égocentrisme dans la spiritualité cela devient très vite de l’orgueil, puis plus loin, cela peut aboutir à la magie noire.

L’égocentrisme est donc une épine qu’il faut très tôt et très vite retirer du pied du disciple si l’on veut qu’il puisse marcher longtemps et d’une manière correcte et sur le chemin qu’il faut.

Il ne faut pas sans cesse imaginer que les maîtres vous regardent, que le guide est là derrière vous pour tester ceci, tester cela. Quelle importance à donc un disciple au point que le Maître soit sans cesse en train de regarder ce qu’il fait, de le juger, de lui tendre une initiation, une épreuve, un dépassement. Ce qui ne veut pas dire que l’on ne doit pas avoir à l’esprit la présence du Maître, le test envoyé par le Maître ou la lumière initiatrice. Il faut simplement rester dans le juste milieu.

Autant il faut être conscient de la valeur initiatique que contient la vie, tout événement, il ne faut pas pour autant rendre toute la vie initiatique et en faire donc un immense égocentrisme. Rester dans le juste milieu.

Comment rester dans le juste milieu ?

Là, en fait, repose toute la réussite de l’aspirant. Rester dans le juste milieu, c’est obtenir la vision juste, et tout se passe donc par la vision du cœur et non pas par la vision de la tête. La tête ne va pas savoir si toute la vie est tout entière initiatique, chaque fois que je vais étendre le linge, éplucher une carotte, réparer ma voiture elle ne va pas savoir si le moment initiatique demeure dans tel ou tel autre événement. La tête ne sait rien. La tête avance une fois que le cœur a donné la direction, et à partir de ce moment-là, on peut véritablement se fier à ce que la tête ordonne, ou aux implications qu’elle envoie.

Un jugement peut être fait parce qu’il est méthodique et on peut se reposer avec succès sur la méthode une fois que l’on a trouvé l’endroit où on doit se diriger. Mais faire appel uniquement à la méthode, par exemple aux informations accumulées en lisant un livre, donc tout ce qui sera au niveau de la tête, trouver le chemin grâce à ce qu’il y a dans la tête est une méthode peu sûre. Tout simplement parce que la tête est un endroit d’énergie sèche.

L’énergie sèche est une énergie qui se propulse en avant sans savoir si là est en fait un bon endroit. C’est d’ailleurs pour cela que les personnes nées sous le signe du bélier sont réputées pour être têtues. Elles s’enfoncent dans n’importe quelle situation sans savoir si la situation est valable ou pas. Tout simplement parce que les natifs de ce signe ont une projection d’énergie plus forte au niveau de la tête. Mais la tête n’est pas l’endroit du jugement.

Donc, si je démarre une action depuis la projection de l’énergie sèche, je peux avoir cinquante pour cent de chance que ce soit bon, comme cinquante pour cent de malchance que ce ne soit pas bon. On ne peut pas laisser comme cela au hasard la réussite de la voie spirituelle.

Donc, pour être certain de la démarche, de la direction à choisir, il faut s’en remettre à un autre pouvoir directeur. Si la tête n’est pas un pouvoir directeur mais un pouvoir d’énergie, alors où est le pouvoir directeur ?

Je dirais que tous les tests qu’endurent les aspirants, tous les événements auxquels ils ont à faire face, se situent justement à ce niveau-là, prendre contact avec le pouvoir directeur qui existe en l’homme, et pas uniquement dans l’aspirant, mais dans tout homme, même le plus profane.
Tous les hommes ont la même histoire. Il n’y a pas d’un côté ceux qui ont de la spiritualité et de l’autre ceux qui n’ont que leur travail. Ça, c’est faux, c’est une vision dualiste de l’univers qui ne fait que créer de plus en plus de séparation entre les hommes, et cela fait des blessures. Il y a autant de pouvoir initiatique dans un travail profane, qu’il y en a à être prêtre, moine dans un monastère.

Combien de qualités un travail profane peut réveiller ?
Un grand nombre, les mêmes que cultive le moine dans un monastère.

Donc, il y a ceux qui vont choisir une voie active en restant dans le monde et ceux qui vont choisir une voie contemplative en se retirant du monde. Mais c’est la même voie, il y a simplement un temps pour chaque chose, et comme par hasard, une fois vous êtes dans l’actif et une autre fois dans le contemplatif. Donc, il ne sert à rien de chercher celui qui a le plus raison.

Souvent l’aspirant qui commence la voie et qui est honnête, loyal, absolu, vis-à-vis de la voie, se dit : Est-ce que je ne ferais pas mieux d’entrer dans un monastère plutôt que de perdre du temps dans la société ; de me lever pour aller travailler chaque jour ; éventuellement risquer d’être amoureux ou amoureuse, de fonder un foyer et d’avoir des enfants. Est-ce que tout ceci ne me fait pas perdre du temps et est-ce que ce ne serait pas plus expéditif, plus pur, d’être ascète ou de rentrer dans un monastère ?

Il faut savoir que la question se pose à tout le monde, et c’est normal, puisque le monde semble si séparé qu’il faille faire un choix. Donc il n’est pas stupide de se poser la question. Par contre il est stupide de se forcer ou d’aller dans une voie pour la seule raison d’aller plus vite, ou pour des motifs puristes et se dire : là c’est mieux qu’ailleurs. Aucun lieu est le meilleur, mais l’homme fait toute la différence du lieu, qui de ce fait devient meilleur ou pire.
Donc, lorsque vous devez faire un choix, la vie contemplative, retirée et une grande indépendance vis-à-vis de la société, ou bien la vie active où vous vous investissez, vous assumer un travail, le choix ne repose pas sur le type de spiritualité que vous voulez pour vous-même, le moine ou le travailleur, mais sur les énergies qui vous composent.

Donc il faut se connaître soi-même. À moins que vous ne disposiez d’une foi immense et que le choix pour vous ne se pose même pas, mais dans d’autres cas où il y a réflexion et hésitation, alors il faut que vous appreniez à vous connaître.

Ce qui fait qu’en observant vos énergies, en regardant que vous êtes très motivés pour l’action, que vous avez envie de faire les choses pour les autres, que vous avez envie de rayonner à l’endroit où il y a des problèmes, où il y a des profanes, où il y a des gens à qui parler et à l’endroit où il se trouve, toutes ces motivations font de vous un être social. Ce qui ne veut pas dire que votre spiritualité va être diminuée, ou au contraire plus difficile à vivre.

Toutes les difficultés ont des degrés égaux. Lorsqu’une épreuve arrive au moine dans son monastère et lorsque la même épreuve arrive à quelqu’un qui travaille dans la société, la difficulté est la même, et la méthode pour s’en sortir sera la même. Et je dirais que celui qui se trouve dans la société a l’avantage d’avoir des amis et de pouvoir communiquer avec ses amis. Celui qui se trouve dans le monastère souvent ne peut pas communiquer. Il est seul avec son problème.

Ce qui ne veut pas dire qu’il sera plus méritant que l’autre. Je dis simplement que quelque fois selon les ordres, ils ont d’avantage de chance de réussir ou pas selon qu’il y a la collaboration des frères ou pas. Tandis que dans la société il y a forcément un frère qui sera là prêt de vous. L’amour est plus vivant, et je ne critique pas l’église, ni les ordres, les épreuves sont simplement dans un climat un peu différent, même si le degré de difficulté est le même.

Donc, lorsque l’on se trouve dans la vie et que l’on est éprouvé par la vie qu’attend-on de nous ? Et qui attend quoi et de qui ?
Car le disciple veut bien être testé, chacun admet que l’épreuve existe, mais moi je vous pose une question : Pourquoi acceptez-vous l’épreuve ? Est-ce que c’est parce que tant de Saints en ont parlé ? Est-ce c’est parce que tant d’initiés vous ont dit, vous ont confirmé que les épreuves existaient ?

En fait, vous êtes purs comme des enfants qui viennent de naître et vous ne devriez rien connaître du chemin.
Qu’est-ce qui vous dit que l’épreuve existe ? Parce que quelqu’un l’a rencontrée ?
Mais qui vous dit que vous allez avoir la même expérience que l’autre ?
Vous pouvez très bien conclure que l’épreuve était pour les autres. Qu’est-ce qui vous rend si sûr qu’à un moment donné forcément vous serez éprouvés dans votre chair, votre sexe, vos émotions, vos attachements, dans votre santé, dans votre travail.
Pourquoi systématiquement, même si l’aspirant qui ne connaît rien, rencontre-t-il tout ce cheminement ?
Pourquoi est-ce qu’il préétablit de lui-même la liste des problèmes qu’il va rencontrer ?
Pourquoi se met-il dans un climat de peur ?

Ce qui fait qu’en regardant l’aura d’un aspirant très doux, très gentil, on sait qu’en peu temps on peut obtenir de lui quelque chose de très bien.
Mais voila, intéressé par la spiritualité, il commence à lire, il commence à aller écouter des discours, il commence à croire certains de ses frères ou sœurs qui parlent d’épreuves, d’initiations, et lorsqu’il rentre chez lui, il regarde sa femme et il se dit : « Mais j’aime ma femme, je veux rester loyal et intègre vis-à-vis de ma femme et de mes enfants. Comment est-ce que je pourrais me sentir arraché, comment est-ce que je pourrais arriver à ne plus aimer, ou à être lointain vis-à-vis d’eux. »

D’un seul coup dans son esprit se lève un obstacle, le détachement vis-à-vis de l’être aimé, et à cet obstacle se lève une question. L’aspirant a raison de se poser la question, il a raison de douter qu’il soit capable d’abandonner sa femme pour Dieu ou pour un Maître. Il a raison de douter qu’il soit capable de s’éloigner de ses enfants, de les abandonner aux sorts de la vie. Il a raison, parce qu’aujourd’hui, à l’instant où il se pose la question, il se trouve dans un état d’humanité sensible. Ce qui fait que depuis ce niveau, cet étage-là, il ne peut pas envisager de vivre en rejetant sa femme, en rejetant ses enfants, en se moquant de son travail, de la guerre dans le monde, de la famine.

Lorsque l’on se trouve à un endroit de l’éveil de la vie, cette corde est si sensible que l’on devient différent de tous les autres hommes qui manquent de sensibilité, qui manque de sentiments et à qui cela enlève de la noblesse. Il est normal lorsqu’on se trouve à cet endroit de l’arc tendu, que l’on ne se sente pas capable, ne serait-ce que par loyauté et fidélité, d’abandonner les êtres aimés et en plus des êtres qui comptent pour soi.

Ce qui fait que pour ce genre de disciple à ce niveau de réflexion, je dis une chose simple, ne t’inquiète pas, aucun Maître, aucun Dieu, aucune force cosmique ne va t’obliger à t’éloigner de ta femme, vis-à-vis de laquelle tu es utile, de tes enfants que tu dois élever, chérir et éduquer. Ne t’inquiète pas. Simplement si tu suis bien notre discours tu vas apprendre comment faire toutes ces choses avec un même amour, le même engagement, sans avoir peur de les perdre ni même de les garder.

Le détachement c’est donc un événement dans la compréhension, un événement qui permet de rompre la peur.
Le disciple pose le détachement là où il n’est pas et c’est courant dans la vie des disciples. Depuis des millénaires c’est comme cela et il faut corriger et cela prend du temps. Dans la vie occidentale cela peut donner de graves accidents puisque l’occidental est plutôt moulé et programmé pour vivre en société, surtout à l’heure actuelle. Ce qui pose la spiritualité en adversaire lorsque l’on regarde la vie et que l’on doit la vivre.

Alors faisons une belle alliance et pour se faire il faut comprendre avec justesse. Ce sont les mauvaises compréhensions qui débouchent sur les divorces, les abandons soit de la vie sociale, soit de la spiritualité. Travaillons donc un petit moment au niveau de la compréhension de cette notion qu’est le détachement.

Tous les disciples débutants qui lisent quelques livres, qui entendent de mauvais professeurs, qui, en fait, sont très brutaux vis-à-vis d’eux-mêmes puisqu’ils s’imposent les lois qu’ils parlent, tous les débutants pensent que le détachement c’est le rejet : « Je ne dois pas m’attacher sentimentalement de quelque chose. Je ne dois pas avoir envie de posséder quelque chose. Je dois être sur la terre qu’avec des sandales et l’air frais qui me soulève les cheveux. »

Lorsque l’on regarde toutes les nécessités de la vie, l’organisation de la société, lorsque l’on contemple simplement l’ordre de la vie qui est justement de prendre compagne, compagnon, faire des enfants pour que des âmes puissent venir et y trouver des expériences, donc lorsque l’on regarde l’ordre naturel de la vie et de la planète, la spiritualité qui prône le détachement abusif, sans savoir quelle est la nature du détachement, rompt en fait l’ordre naturel de la vie. C’est pour cela que tant de disciples se mettent dans un climat de peur, de déséquilibre et n’arrivent pas à travailler comme il se doit, parce qu’ils deviennent adversaires de leur propre vie, de leur harmonie de l’équilibre cosmique lui-même.

Alors comment s’aligner pour préparer une méditation si perpétuellement on se trouve en adversaire vis-à-vis du cosmos ?

C’est impossible, et méditer à ce moment-là n’apportera aucun fruit. Au contraire cela renforcera le problème.
Alors, travaillons la compréhension et vous verrez que chaque chose viendra à sa place, comme dans les jeux que vous inventez, lorsque vous voulez mettre en place toutes les couleurs du cube.

Qu’est-ce donc le détachement et l’aspirant doit très tôt comprendre cette notion sinon il va souffrir et il va se rebeller un jour contre Dieu immanquablement. Il va lui dire ta liste de réclamations est beaucoup trop longue, écoute se sera pour le prochain train, moi je ne prends pas celui-là. Et c’est normal, il a raison.

Parlons donc de ce qui est juste, Qu’est-ce que le détachement ?

Essayez de ressentir le mot avant que je vous dise ce que nous nous en pensons. Essayez dans votre cœur de plonger un petit peu pour y trouver ne serait-ce qu’une meilleure impression. Et c’est là l’instant de spiritualité, ce n’est pas ailleurs ni à un autre moment. C’est à ce moment-là où en rentrant en vous-même il y a une petite connexion, une impression qui vient. Vous pouvez appeler cela l’intuition si vous voulez, nous nous appelons cela la voix de l’âme.

Lorsque l’âme peut commencer à parler, lorsqu’elle commence à avoir droit à la parole en fait, cela veut dire que le disciple est prêt à véritablement marcher et cette fois-ci de manière vraiment spirituelle, alors qu’avant il était un imitateur de toutes sortes de choses.

Rentrez en vous-même et restez dans le milieu, comme je vous l’ai dit tout à l’heure. Ne pensez pas que ce soit ne plus apporter d’importance à quoi que ce soit, ne pensez pas que c’est en apporter beaucoup mais d’une manière différente, comme un amour sublimé. Ne vous inventez pas de fausses notions que vous ne pouvez ni expliquer aux autres ni à vous-même. Ce n’est, qu’en fait, mettre du brouillard sur du brouillard, pour être tellement dans le brouillard que l’on ne va plus nulle part finalement.

Donc restez avec des concepts simples, des concepts que vous pouvez expliquer à vous-même et que vous pouvez expliquer aussi aux autres, et si possible que l’on peut expliquer en un seul mot. Moins vous aurez de mots pour dire les choses et plus ce que vous aurez à dire sera vrai.

Comme j’ai envie de m’amuser, vous allez me dire : « Mais toi qui parles pendant deux ou trois heures, où est ton taux de vérité. » Bien sûr je parle longtemps, mais il faut dire que c’est mon travail. Je ne parle pas pour que vous écoutiez. En fait je parle avec les mots qui sont déjà dans votre cœur, mais que vous n’entendez pas encore. Ce qui fait qu’à force de les répéter et de les réentendre, un jour vous allez entendre en vous-même. Un répétiteur n’a que ce rôle-là. Répéter pour qu’un jour une faille se fasse en vous et que vous entendiez.

J’ai employé le mot répétiteur et non pas instructeur. Il faut s’amuser avec les concepts, les mots. Beaucoup de personnes ont des mots trop grands, trop larges, trop profonds et pourtant ils ont des idées si étroites. C’est terrible. Ce sont chaque fois les personnes qui ont les idées les plus étroites qui ont les mots les plus larges. C’est normal, c’est une loi. La projection opère de cette manière-là.

Alors il y a les Maîtres, il y a les instructeurs, il y a les grands professeurs de philosophie, il y a tous ces grands personnages qui savent tout, qui disent tout, qui apprennent aux autres. C’est le paysage que l’on contemple si l’on se place de l’autre côté, si l’on est celui qui écoute. Et pourtant je te l’affirme, il n’y a ni Maîtres, ni instructeurs, ni professeurs. Personne n’est capable de t’instruire.

Tous ceux qui œuvrent ne sont que des répétiteurs d’une sagesse antique qui est vivante, qui est en toi, mais que tu n’entends pas encore. Ce qui fait que pour habituer ton oreille à la voix de ton âme le répétiteur répète ce que ton âme te chante déjà. Et si tu acceptes d’écouter avec ton cœur, comme je te l’ai dit tout à l’heure, tu t’entraînes à prendre conscience de ton âme.

C’est pour cela que je ne veux pas que tu viennes m’entendre. Je n’ai jamais voulu être un instructeur et je ne le serai jamais. Il n’est pas question que j’instruise les hommes, et je vais donner deux raisons pour cela.
La première est que ce que je sais de toute façon est incompréhensible pour la plupart des humains. Donc, je ne peux pas instruire sur ce que je sais, sur ce qu’est ma réalité, la nôtre, nous qui sommes là-bas.
Deuxièmement, je ne suis pas esclave de cette illusion de m’imaginer être instructeur, puisque tout homme est la sagesse vivante et incarnée. S’il m’est donc donné un peu de lumière, je ne vais pas l’utiliser pour tomber dans cette erreur. Vous m’accordez le fait, n’est-ce pas ?
J’ai attendu assez de temps depuis que je vous aie demandé de rentrer en vous-même, qu’avez-vous donc trouvés ?

Lancez-moi vos paroles par l’esprit. Qu’est ce que le détachement ?

Sublimation, contemplation de la réalité, dissipation du brouillard, dissipation de l’illusion. Celui qui a trouvé dissipation de l’illusion a gagné ce soir que je lui serre la main, plutôt que je lui serre le cœur, parce que c’est cela et rien d’autre.

Alors que l’on mette dans la corbeille le fait de se détacher de son épouse, de son époux, des enfants, des amis, du travail, de la maison que l’on aime bien, de la responsabilité que l’on a au travail, parce que certains vont voir l’attachement jusque dans le sens de la responsabilité. Tous ces concepts qui ont été mis dans le détachement sont des concepts faux qui éparpillent l’énergie spirituelle du disciple. Énergie qui ensuite manque pour avancer, pour méditer, pour comprendre les livres. Pas étonnant qu’il se sente ralenti et que quoi qu’il fasse, quel que soit le temps qu’il utilise pour méditer ou entendre, il a l’impression de ne pas avancer. Et beaucoup se disent, voici quinze ans, vingt ans, trente ans que je suis sur le chemin et je n’ai pas l’impression d’avoir compris quelque chose.

Alors je te dis que ta réflexion est juste, mais tu te trompes si tu te critiques toi-même en te disant : « je n’ai pas le niveau qu’il faut ». Moi je te dis, que l’énergie doit être employée correctement sans dispersion. Donc, ce n’est pas que tu sois esclave de ta limite, mais il te manque l’énergie nécessaire, tu l’as éparpillée dans des fausses conceptions.

Toute pensée devient une entité dans l’aura de l’individu. Donc quand une pensée arrive à vivre dans l’aura de l’individu, comme une mère porte l’enfant, cette pensée pour vivre va soutirer de l’énergie. Ceci est la première cause de dispersion.

Ensuite lorsqu’un individu se met à croire à un principe, à un concept, il a la mauvaise habitude de continuer à y croire toujours, inflexiblement il ne change pas. Ce qui fait qu’il va faire de mauvais choix, et les mauvais choix vont l’entraîner dans de mauvaises situations, et les mauvaises situations vont entraîner dans de gros malheurs et les malheurs dans des pertes d’énergie. Parfois dans des reculs de la foi, dans des cessations de l’activité spirituelle, ou de la méditation.
Alors il va croire que c’est le ciel qui lui est tombé sur la tête, que le ciel lui a réservé tout une traînée d’épreuves. Le ciel ne lui a réservé rien du tout. Par contre à lui-même il s’est réservé beaucoup de choses.

Le détachement c’est donc dissiper l’illusion. Est qu’est-ce que l’illusion ?
Voila un mot très grand, très large, mystérieux comme la vie elle-même, parce que justement toute la vie à pour but de former le disciple à ne plus tomber dans l’illusion.

Tout aspirant doit bien méditer sur ce sujet-là, qu’est-ce que l’illusion ?

Même si je vous en parle un petit peu ce soir, je ne vais qu’essayer de défricher les notions de base, et je vous donne comme devoir de continuer à méditer sur ce sujet. Prenez une feuille de papier et écrivez ce que vous pensez sur ce sujet et revenez dessus le lendemain, puis le surlendemain. Et vous verrez qu’au bout de quelques jours votre vision sera un peu différente, qu’elle tendra vers un perfectionnement, vers une épuration et c’est ce mouvement-là que je veux que vous compreniez ce soir.

Lorsque vous écrivez une fois, deux fois, trois, quatre fois vos sentiments, vous verrez que chaque jour passant l’énergie de cette pensée, de ce sentiment, va tendre vers une purification, une élévation, une sortie du tunnel. Il faut que vous soyez bien conscients de ce mouvement pour que vous découvriez en vous-même un grand appui et une grande confiance.

Vous allez découvrir qu’en vous-même il y a tous les processus d’épuration, d’élévation mais qu’il faut simplement prendre le temps de les regarder, prendre conscience de leur cheminement, au lieu de dire le temps fera la chose, ce que je n’accepte pas aujourd’hui, je l’accepterai dans deux jours. Il ne faut pas croire que le temps efface. Le temps n’efface rien.

Et j’en prends pour preuve la continuité des complexes, des traumatismes. Quelqu’un qui est complexé à l’Âge de quatorze ans à cause d’un accident, d’un événement, se retrouvera tout aussi complexé à soixante ans face aux mêmes genres d’événements ou un événement qui suscite l’éveil du même blocage. Donc, le temps n’efface rien du tout.

Par contre il y a un apaisement de la conscience qui fait qu’apparemment on peut juger que le temps a arrangé les choses. Mais ce n’est pas le temps, c’est simplement la pensée subconsciente qui est venue calmer une pensée objective ou un sentiment. Autrement dit, c’est l’intervention de l’âme.

Ce qui a donc été acquis par l’âme comme raisonnement dans d’autres incarnations à ces moments-là, petit à petit cet acquis vient et calme une réaction objective actuelle. Mais on ne peut pas sans cesse vivre sur l’acquis du passé, alors il faut bien prendre conscience des mouvements actuels. Ces mouvements actuels sont très discernables, mais il faut s’arrêter un petit moment et regarder le phénomène avoir lieu, comme vous vous arrêtez pour voir un avion décoller.

Si vous prenez le temps d’observer, vous allez prendre conscience en vous-même, et Dieu sait que le disciple en a besoin. Un disciple ne peut pas avancer et n’ira nulle part s’il n’a pas confiance en lui. Lorsque je parle de confiance, il ne faut pas s’enfoncer dans un comportement abusif de trop se faire confiance, si bien que l’on devient incapable d’être autocritique, de se remettre en cause. On croit que l’on fait tout bien du premier coup, que l’on a forcément toujours raison.

Comme je l’ai dit si souvent la spiritualité paraît très difficile, pourquoi ?

Non pas parce qu’elle a une difficulté en elle-même, non pas parce qu’elle est faite et taillée que pour les vainqueurs, mais simplement parce qu’elle s’appuie sur un paradoxe, et le plus dur, est de résoudre ce paradoxe. C’est ce dont nous avons parlé tout à l’heure à propos du détachement : « Est-ce que je dois rejeter ou est-ce l’affaire d’un amour sublimé. » Il y a le bien et il y a le mal, le chaud et le froid.

Toutes les choses qui vous paraissent opposées, et pourtant, lorsque vous lisez les livres de philosophie, vous apprenez qu’il n’y a pas d’opposé, qu’il n’y a que des complémentaires. La dualité n’existe pas, tout est unité. Et voila, on met encore un concept faux sur un autre concept que l’on avait déjà imaginé faussement.

Alors le disciple se dit : « Il y a la dualité, mais Dieu a bien fait les choses, et à un moment donné pour nous soulager de toutes ces émotions, il a mis l’unité. Ce qui fait que lorsque l’on a bien bataillé avec la dualité du monde, si l’on sort vainqueur, il nous a réservé l’unité et là, tout est terminé. »

Cette conception du monde n’a aucune logique, elle ne tient pas debout, elle ne mène nulle part. Ou tout est dualité ou tout est unité, on ne peut pas dire qu’il y a les deux. Il faut regarder les choses comme si c’étaient des perles et que vous essayez d’enfiler un fil au travers de chaque perle. Il faut que chaque perle ait son trou, et le trou au bon endroit.

Si j’imagine que l’univers est une dualité, je dessine une perle d’une certaine façon, et je lui mets un trou à un certain endroit. Et puis en lisant des philosophies plus avancées, je conclus que tout est unité, je dessine une autre perle d’une autre manière avec un trou à un certain endroit. Comment est-ce que je peux enfiler les deux perles, elles ne sont pas de la même nature, elles n’ont pas le trou au même endroit, comment vais-je composer mon collier de la sagesse ?

Impossible, et c’est là, la difficulté apparente de la spiritualité. C’est la difficulté que rencontrent tous les disciples lorsqu’ils se noient dans des notions, lorsqu’ils emploient des grands termes qui cachent d’autres grands termes tout aussi faux les uns que les autres, non pas dans l’énonciation mais dans les concepts que l’on s’en fait.

Je vous dirais simplement une chose, c’est qu’il parait qu’il y a une dualité comme il parait qu’il y a une unité, mais en fait, rien de la dualité et rien de l’unité existent. Voilà un autre problème.

Qu’est-ce qui existe en fait ?
Si ni l’unité ni la dualité existent qu’est-ce qui existe ?

En parlant de ce qui existe vraiment on va résoudre tous les problèmes. Il faut séparer deux notions primordiales : le manifesté et le non manifesté. Or, tout le monde confond les éléments du manifesté avec les éléments du non manifesté. Tout le monde se dit : « Dieu est Unité », et lorsqu’on le remet dans son cosmos, on ne comprend pas. On se met à tout confondre sitôt que l’on veut identifier le non manifesté qui est la nature de chaque chose, avec sa peau manifestée qui est en fait son manteau d’énergie. C’est son côté technique je dirais pour employer une image que tout le monde recevra. Il y a donc d’un côté la nature de Dieu et de l’autre le pouvoir de Dieu, la technique.